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Revue de presse 30 juillet 2021


Gestion de l’infodémie sur la COVID-19 : Promouvoir des comportements sains et atténuer les effets néfastes de la diffusion d’informations fausses et trompeuses

Déclaration conjointe de l’OMS, des Nations Unies, de l’UNICEF, du PNUD, de l’UNESCO, de l’ONUSIDA, de l’UIT, de l’initiative Global Pulse et de la FICR.
"La maladie à coronavirus (COVID-19) est la première pandémie de l’histoire dans laquelle la technologie et les réseaux sociaux sont utilisés à grande échelle pour permettre aux individus d’être en sécurité, informés, productifs et connectés. Dans le même temps, la technologie sur laquelle nous nous appuyons pour rester connectés et informés permet et amplifie une infodémie qui continue à affaiblir la riposte mondiale et compromet les mesures de lutte contre la pandémie.
Une infodémie est une surabondance d’informations, tant en ligne que hors ligne. Elle se caractérise par des tentatives délibérées de diffuser des informations erronées afin de saper la riposte de santé publique et de promouvoir les objectifs différents de certains groupes ou individus. Les informations fausses et trompeuses ainsi diffusées peuvent nuire à la santé physique et mentale des individus, accroître la stigmatisation, menacer de précieux acquis en matière de santé et conduire à un non-respect des mesures de santé publique, réduisant par là-même leur efficacité et compromettant la capacité des pays à enrayer la pandémie.
La diffusion d’informations fausses coûte des vies. S’il n’existe pas un climat de confiance et si l’on ne diffuse pas des informations justes, la population n’utilisera pas les tests de diagnostic, les campagnes de vaccination (ou de promotion de vaccins efficaces) n’atteindront pas leurs objectifs et le virus continuera à se propager."
Lire le texte de l'OMS

Pass sanitaire : ce que contient le projet de loi adopté définitivement par le Parlement

"Après quatre jours et quatre nuits consécutifs de débats parfois houleux, l’Assemblée nationale et le Sénat ont trouvé dimanche soir un accord sur l’extension du passe sanitaire.
Le projet de loi, qui prévoit l’extension du passe sanitaire (vaccination complète, test PCR négatif ou certificat de rétablissement) aux lieux de loisirs accueillant plus de 50 personnes, la vaccination obligatoire pour les soignants ou encore l’isolement pour les personnes testées positives au Covid-19, devrait entrer en vigueur « début août », conformément à la volonté initiale de l’exécutif."
Lire l'article du Monde

La Miviludes reçoit de plus en plus de signalements

"La mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, qui vient de publier son dernier rapport d'activité, alerte sur une forte augmentation des témoignages sur des dossiers de plus en plus graves, en particulier dans le domaine de la santé, notamment depuis le début de la crise sanitaire.
Des dérives dans le domaine de la santé, aggravées par la crise sanitaire "On assiste à une recrudescence des propositions trompeuses et dangereuses qui peuvent séduire des personnes angoissées, fragilisées ou déstabilisées par la crise sanitaire", observe la Miviludes, citant plusieurs exemples : renforcer ses défenses immunitaires en jeûnant, bain de lumière "métatronique", répétition de séries précises de chiffres, ou encore "protections" pratiquées par téléphone."
Lire l'article sur franceinter.fr

Crise sanitaire : « Maintenir le lien social quoi qu’il en coûte » (Podcast SMS)

"Au sommaire de ce numéro : l'actualités des 7 derniers jours ; un décryptage des effets de la crise sanitaire sur le travail social avec le sociologue Marcel Jaeger, spécialiste reconnu du travail social ; Enfin, l’éditorial de la rédaction questionne cette semaine le lien entre transition écologique et enjeux sociaux".


Mieux accompagner le retour en famille des enfants placés

La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié le 12 juillet une recommandation, "Améliorer l’accompagnement des enfants à la sortie des dispositifs de protection de l’enfance : le retour en famille".
L’objectif principal de cette recommandation est de fournir aux professionnels une démarche méthodologique et pratique qui permette de sécuriser le retour en famille.
Quelques principes pour un retour sécurisé :
  • Le processus de retour en famille doit être progressif
  • Il est inscrit dans une démarche écosystémique
  • Il s’appuie sur des évaluations régulières, pendant le placement et lors du retour
  • La consolidation des compétences parentales est un facteur déterminant de l’opportunité et de qualité du retour
  • L’avis de l’enfant doit être pris en compte à chaque phase du processus
  • L’implication des professionnels, parents et enfants doit être la plus constante et franche possible."

Lire la recommandation


Revue de presse 23 juillet 2021


Podcast des ASH : Prostitution des mineurs : «la fragilité du lien d’attachement rend vulnérable»

L’interview de Bénédicte Lavaud-Legendre, juriste et chercheuse au CNRS présente ses recherches sur la prostitution des jeunes, notamment celles des jeunes placés à l'ASE. Elle décrit des signes révélateurs des signes qui doivent alerter : les fugues, l'irritabilité, les addiction, les changements d'attitudes...
Bénédicte Lavaud-Legendre pointe des parcours de vie marqués par de multiples ruptures (avec une dimension trangénérationnelle : de multiples ruptures également du côté des parents). Ce qui produit un attachement instable, désorganisé. elles voient comme un sauveur celui qui va leur proposer de devenir belles, riches... Une nouvelle vie qui a l'air séduisante.
Acceder au podcast

À lire si vous ne savez pas quoi penser des vaccins COVID19

Dominique Dupagne présente ainsi un dossier de fond : "Si je n’étais pas moi-même médecin, j’avoue que je serais bien en peine de me faire une opinion sur la vaccination COVID19 ! Entre les informations contradictoires et souvent inquiétantes qui circulent sur internet, les conflits d’intérêt des experts, les mensonges des autorités sanitaires et le souvenir de la vaccination contre la grippe A/H1N1 de 2009, il faut vraiment être d’un naturel confiant pour n’avoir aucune doute sur l’intérêt de cette vaccination !
Le but de cet article n’est pas de vous convaincre de vous vacciner. De toute façon, vous risquez de devoir "y passer" du fait des contraintes croissantes imposées aux non-vaccinés. Je souhaite juste vous donner des éléments pour vous aider à réfléchir, à vous faire votre propre opinion."
Je propose de retenir le conseil de départ :"Lorsque vous lisez une information sensible, la première question que vous devez vous poser est de savoir qui parle : quels sont ses liens d’intérêt financiers ou affectifs, ses compétences, son passé ? Répète-t-il ce qu’il a lu ailleurs sans avoir creusé le sujet ? Son point de vue est-il neutre ou sous influence ? Tant que vous n’avez pas la réponse à ces questions, je vous invite à n’accorder aucun crédit à ce que vous entendez ou lisez."
Lire l'article deatoute.org

Communiqué du CAU sur les expulsions

Le collectif Associations Unies (CAU) publie un communiqué : "Expulsions : les pouvoirs publics doivent tout mettre en œuvre pour éviter de nouvelles souffrances sociales".
Depuis la fin de la trêve hivernale des expulsions le 1er juin, les remontées de terrain issues des associations du Collectif des Associations Unies témoignent d’une multiplication des expulsions d’habitats informels et des risques d’expulsions locatives sans solutions adaptées et pérennes sur les territoires. Ces expulsions interviennent malgré les diverses mesures prises par le gouvernement pour limiter leur impact : maintien des capacités du parc d’hébergement d’urgence ouvertes pendant la crise sanitaire et l’hiver (43 000 places) a minima jusqu’à mars 2022, abondement des Fonds de Solidarité Logement et du Fonds d’indemnisation des bailleurs, instruction aux préfets visant à ne pas expulser les ménages locataires sans solution d’hébergement ou de relogement.
Dans un contexte de fragilités sociales et économiques importantes, et à une période où les possibilités de faire valoir les demandes d’aides ou de recours ont été réduites du fait des restrictions sanitaires, impactant de fait les possibilités d’accès et de maintien dans le logement, 30 000 ménages locataires et 20 000 habitants de lieux de vie informels risquent potentiellement de perdre leur logement ou leur abri dans les semaines et mois à venir.
Lire le communiqué


Revue de presse 16 juillet 2021


Covid-19 : la ruée sur la vaccination se poursuit après l’annonce de l’extension du passe sanitaire

"Depuis le discours d’Emmanuel Macron lundi, plus de 2 millions de rendez-vous pour la vaccination anti-Covid-19 ont été pris sur la plate-forme Doctolib.
Les Français se bousculent toujours sur les sites de rendez-vous médicaux, à la suite de l’allocution télévisée d’Emmanuel Macron, lundi 12 juillet. Le gouvernement a rendu obligatoire la vaccination des soignants et assimilés, et a annoncé l’élargissement du passe sanitaire à la plupart des lieux publics.
Les autorités s’inquiètent de la progression du variant Delta, deux fois plus contagieux que le précédent variant majoritaire, alors que le nombre de cas positifs a bondi à près de 7 000 mardi soir, un niveau plus vu depuis début juin. Ce chiffre pourrait flamber à 35 000 nouvelles contaminations début août en l’absence d’efforts pour limiter la circulation du virus, selon une récente modélisation de l’Institut Pasteur".
Lire l'article du Monde

Plan jeunes : deux millions de bénéficiaires en un an

"La ministre du Travail a défendu, le 8 juillet, le bilan du plan "jeunes" lancé en juillet 2020. Doté de neuf milliards d’euros sur deux ans, il a permis de financer notamment 1,8 million d'embauches et 24 000 formations sur des métiers "social, soin et santé". Reste à savoir quel sera le budget alloué pour 2022. « Un an après le lancement du plan, nous pouvons dire qu’il a porté ses fruits. Plus de deux millions de jeunes ont bénéficié d’une des solutions du plan depuis juillet dernier ». Pour Élisabeth Borne, ce programme « un jeune, une solution », qui compile une palette de dispositifs (aides à l’embauche, formations, accompagnements, aides financières aux jeunes en difficulté…), a rempli sa « mission ».[...]
Il est vrai que le gouvernement n’a pas lésiné sur les moyens et a sorti son portefeuille : neuf milliards d’euros ont été déboursés pour ce dispositif sur les années 2020-2021, dans le cadre de France relance.
Lire l'artile du Média social

PROTECTION DES ENFANTS : LE PROJET DE LOI ADOPTÉ

"Les députés ont adopté en première lecture, jeudi 8 juillet, le projet de loi relatif à la protection des enfants. Le gouvernement a fait valoir des apports en séance, le texte étant considéré comme trop peu ambitieux par les oppositions et certains acteurs associatifs ou institutionnels.
Répondre aux critiques. C'est avec cette volonté que le gouvernement a introduit deux nouveautés lors de l’examen en séance du projet de loi relatif à la protection des enfants, alors que l'examen en commission avait laissé paraître certaines insuffisances. En premier lieu, pour les enfants placés, le principe de non-séparation des frères et sœurs, sauf en cas de dysfonctionnement relationnel au sein de la fratrie. Une mesure saluée par tous les bancs de l’hémicycle, et adoptée à l’unanimité. Par ailleurs, un autre amendement gouvernemental a souhaité assurer, pour les jeunes qui sortent de l’aide sociale à l’enfance (ASE), un accès prioritaire aux bourses et hébergements étudiants, ainsi que la systématisation de la garantie jeunes. Pour ceux qui ne poursuivraient pas d’études, les départements devront être en mesure de proposer des contrats jeunes majeurs. Cette mesure, qui vise à mettre fin aux sorties sèches du dispositif de l’ASE, laissant trop souvent des jeunes livrés à eux-mêmes, a également été adoptée à l’unanimité.
Lire l'article de lcp.fr

Précarité étudiante : à Paris, les files d’attente pour la distribution alimentaire ne faiblissent pas

"L’association Linkee, qui prépare des colis avec des invendus alimentaires, vient en aide à 15 000 étudiants d’Ile-de-France depuis un an, notamment à Ground Control, dans l’est de la capitale.
La pluie s’abat sur le préau de l’ancien entrepôt de la SNCF, où plus de 200 étudiants font la queue. Ce soir du 13 juillet, c’est à Ground Control, lieu culturel et branché de l’est parisien, que la distribution a lieu. Le principe : sur présentation de sa carte, tout étudiant inscrit en amont sur le site de l’association Linkee peut recevoir gratuitement un colis de 7 à 8 kilos de produits bio, issus des invendus des supermarchés, chaînes de vente à emporter et autres cantines collectives – dont les stocks s’écoulent plus ou moins bien en fonction du recours au télétravail.
« Chaque année, 10 millions de tonnes d’aliments partent à la poubelle », rappelle Julien Meimon, fondateur de Linkee en 2016. Sur les étals, des choux rouges, du fenouil, des ananas, des avocats et des œufs permettront de cuisiner pendant plusieurs jours. Parfois, des chefs bénévoles remettent eux-mêmes aux étudiants leurs petits plats.
Depuis un an, l’association essaime auprès de 15 000 étudiants ces marchandises dans vingt points de distribution en Ile-de-France, des « tiers-lieux » tels des bars ou espaces culturels, qui rendent le moment moins formel. En plus d’un colis, chacun peut bénéficier des conseils d’associations présentes sur place, pour trouver un logement, rencontrer un psychologue ou encore se faire couper les cheveux par une coiffeuse bénévole."
Lire l'article du Monde


Revue de presse 09 juillet 2021


Vers une Garantie jeunes vraiment universelle ?

"Le principe est décidé mais quelles en seront les modalités précises ? Alors que cela fait six mois que le gouvernement a indiqué qu’il entendait rendre la Garantie Jeunes universelle, Emmanuel Macron, qui veut annoncer une mesure forte à destination de la jeunesse mais ne souhaite pas étendre le RSA aux moins de 25 ans, s’apprête à préciser les contours du futur dispositif.
Mise en place sous forme expérimentale en octobre 2013, puis étendue par vagues successives avant d’être généralisée à tout le territoire en 2017, la Garantie jeunes est destinée aux jeunes qui ne sont ni en emploi, ni études, ni en formation – les fameux « Neet » (1) – et qui sont précaires. Pour faciliter leur retour à l’emploi, elle allie une allocation et un accompagnement intensif d’une durée d’un an, démarrant par une phase collective et se poursuivant avec un suivi individuel des immersions en entreprise.
Salué pour son efficacité, ce diptyque allocation-accompagnement améliorerait le taux d’emploi des bénéficiaires de 10 points, onze mois après leur entrée dans le dispositif, selon une étude de la Dares publiée en 2019."
Lire l'article de La Croix

A l’Assemblée nationale, de timides avancées pour la protection de l’enfance

"Critiqué pour son manque d’ambition lors de sa présentation initiale, le projet de loi sur la protection de l’enfance a finalement réservé quelques surprises lors de son passage à l’Assemblée nationale.
Le texte, voté en première lecture jeudi 8 juillet, contient plusieurs dispositions visant à améliorer le sort des quelque 330 000 jeunes suivis par l’aide sociale à l’enfance (ASE) : l’encadrement de l’hébergement hôtelier, la modernisation du métier de famille d’accueil, ainsi que des mesures concernant les mineurs dits non accompagnés (MNA), ces jeunes étrangers qui arrivent seuls en France et sollicitent une prise en charge auprès des services départementaux, chefs de file de la protection de l’enfance.
Sur ce dernier volet des MNA, Adrien Taquet, le secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’enfance, avait pris un engagement fort et réclamé de longue date par les associations du secteur : interdire le placement des jeunes dans des hôtels sociaux, des lieux où ils vivent souvent livrés à eux-mêmes, loin de leurs éducateurs, en proie à la violence, aux trafics, voire à la prostitution."
Lire l'article du Monde

Protection de l’enfance : polémique sur le « fichier » des mineurs non accompagnés

"Le projet de loi sur la protection de l’enfance arrive en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale ce mercredi 29 juin. Près de 500 amendements sont déposés pour demander, notamment, la réécriture des articles qui concernent l’accueil des mineurs non accompagnés.
[...] Ce projet de loi renforce, en fait, « la suspicion à l’encontre des mineurs non accompagnés », rétorque la Fondation Apprentis d’Auteuil, rejointe par l’ensemble des associations du secteur et la Défenseure des droits. Toutes dénoncent la généralisation du fichier d’aide à l’évaluation de la minorité (AEM) dont dépend ou non la prise en charge du jeune par la l’ASE".
Lire l'article de La Croix

Libérer la parole sur les violences faites aux enfants placés

"En 2018, 187 000 mineurs et jeunes majeurs étaient pris en charge par les services de l’Aide sociale à l’enfance. Leur placement est motivé par la nécessité de les protéger de la violence familiale ou de pallier la défaillance ou l’absence des parents. Dans le cadre d’une recherche sur l’accès à l’autonomie de ces jeunes, nous avons mené des entretiens auprès d’une centaine d’entre eux dans la période qui suit leur sortie de placement.
Lors de ces échanges, environ un jeune sur trois a évoqué de façon spontanée des faits s’apparentant à de la violence lors du placement. À partir d’un document de travail publié par l’INED, nous proposons de dresser un état des lieux de cette violence en tentant d’analyser les rapports sociaux conduisant à ces situations".
Lire l'article de The conversation
Lire le document de travail de l'INED

« Les Français ignorent que 40 % d’entre eux n’héritent de rien »

"Voilà que l’« impôt sur la mort » refait surface ! La réforme des droits de succession est l’un des sujets que les hommes politiques au pouvoir se gardent bien de proposer, par crainte d’un rejet quasi unanime de l’opinion. Qu’à cela ne tienne, la commission présidée par Olivier Blanchard, ex-économiste en chef du Fonds monétaire international, et Jean Tirole, Prix Nobel d’économie, l’a proposée dans le rapport sur les « grands défis économiques » remis mercredi 23 juin à Emmanuel Macron. Et elle l’a fait au nom d’une juste cause : la réduction des inégalités à la naissance, très forte dans un pays où les destinées sont tracées dès le plus jeune âge.
Un « impôt sur la mort » ? Justement non. Dani Rodrik et Stefanie Stantcheva, les deux professeurs d’Harvard cosignataires du chapitre sur les inégalités, plaident pour une refonte qui taxe les vivants. « La logique d’égalité des chances implique de s’intéresser non pas à ceux qui donnent mais à ceux qui reçoivent, en retenant comme base imposable le montant total reçu par le bénéficiaire », écrivent-ils. Cet impôt progressif à assiette très large aurait peu d’exonérations, aujourd’hui très généreuses pour l’assurance-vie et la transmission d’entreprises importantes".
Lire l'article du Monde

Les complotistes et le business du Covid-19

"Le cas du site France Soir inquiète le gouvernement, comme l'a montré un tweet de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot. Un homme d’affaires a fait de l’ancien journal de référence, qui ne compte plus aucun journaliste aujourd'hui, un site internet complotiste à la faveur de l’épidémie. Cet homme, Xavier Azalbert, un entrepreneur, affirme cumuler plus de 3 millions de vues mensuelles sur son site, et "gagner de l'argent" avec "son" France Soir.
Un exemple parmi d'autres de la façon dont la complosphère s'est emparée du Covid, et de façon lucrative. Le Covid est tout simplement le plus gros accélérateur des théories conspirationnistes sur la planète".



Revue de presse 02 juillet 2021


Jean-François Delfraissy : "On aura une 4e vague, beaucoup plus nuancée que les 3 premières"




Code de la justice pénale des mineurs. Version Avril 2021

Le ministère de la justice met en ligne un Powerpoint à destination des pofessionnels,expliquant le nouveau Code pénal des mineurs.
Article Préliminaire : « Le présent code régit les conditions dans lesquelles la responsabilité pénale des mineurs est mise en oeuvre en prenant en compte, dans leur intérêt supérieur, l'atténuation de cette responsabilité en fonction de leur âge et la nécessité de rechercher leur relèvement éducatif et moral par des mesures adaptées à leur âge et leur personnalité, prononcées par une juridiction spécialisée ou selon des procédures appropriées. »
Lire la présentation

Psychiatrie, la grande oubliée de la médecine française

"Alors qu'un tiers des Français souffre de troubles psychiques, l’image de la psychiatrie française n’est pas flatteuse : on parle de patients négligés, de soignants épuisés, d’étudiants démotivés, et de conditions de travail dégradées.
En ville, psychologues et psychiatres sont débordés. Et à l’hôpital, où des mouvements de grève avaient déjà affecté de nombreux établissements avant la pandémie, la crise a bien sûr aggravé les difficultés. Un tiers des Français souffriraient de troubles psychiques ou de dépression.
En janvier, le Président Macron a annoncé la tenue d’assises de la psychiatrie et de la santé mentale. Initialement prévues au début de l’été, elles viennent d’être repoussées au mois de septembre. Annonce faite lors d’une conférence avec des pédopsychiatres, ce qui n’a rien d’anodin, car ce secteur est particulièrement déshérité.
Ecouter l'émission de France inter

Pr Frank Bellivier : « La psychiatrie, parent pauvre de la médécine française »

Extrait : "Quel est l’état de santé de la psychiatrie française ?
C’est le parent pauvre de la médecine française. Un retard historique a été accumulé. L’offre de soins a été plutôt stagnante alors que la demande dans les vingt dernières années a été croissante. Elle était auparavant dédiée à la prise en charge des grandes pathologies mentales. Elle doit répondre désormais à des demandes diverses depuis les psycho-traumas comme les violences faites aux femmes et aux enfants, les troubles anxieux, le burn-out… etc.
C’est certes une bonne nouvelle. Ce mouvement permet une déstigmatisation de la discipline associée à une démocratisation du recours au soin psychique. Mais il se produit alors que l’institution hospitalière a traversé une disette budgétaire avec une offre de soins qui n’a pas suivi. D’où une discipline en tension. Ce constat a été établi de manière répétée par de nombreux rapports.
Pour autant, un plan de réformes a été proposé seulement au cours des dernières années, sous l’impulsion d’Agnès Buzyn. Ont suivi la publication d’une feuille de route santé mentale et psychiatrie et la création d’une équipe dédiée au suivi de sa mise en œuvre. L’engagement du gouvernement en faveur de la santé mentale sous l’impulsion d’Olivier Veran va crescendo".
Lire l'interview

Actes journée technique Psychiatrie santé mentale et parcours des personnes vulnérables

Les actes de la journée technique Psychiatrie santé mentale et parcours des personnes vulnérables sont désormais disponibles.
"Quelle complémentarité et coopérations entre les champs sanitaires, social, médico-social ?"
"Le matin, des tables rondes avec différents experts qui nous partagent leurs regards et leurs expertises à la fois sur les bonnes pratiques et sur les plans territoriaux de santé mentale. L'après-midi, des retours d’expériences sur certaines pratiques et dispositifs innovants mis en place sur certains territoires. C’est une journée qui est principalement organisée autour de la charte des bonnes pratiques qui a été construite conjointement entre les trois organisations (GEPSo, AdESM, ANPSCME)."
Télécharger les actes.
Regarder le Replay
Telecharger la charte de bonne pratique Psychiatrie, santé mentale et social, médico-social
Acceder au dossier du GEPSO


Revue de presse 26 juin 2021


« A travers l’abstention, c’est la capacité des politiques à changer la vie qui est mise en doute »

"Le niveau historiquement bas de la participation au premier tour des régionales du 20 juin est le symptôme de la rupture d’une majorité de Français avec la parole publique et le système représentatif, estime dans sa chronique François Fressoz, éditorialiste au « Monde »".
[...] La montée du consumérisme, l’érosion des valeurs communes qui autrefois transcendaient l’individualisme ne sont pas étrangères à cette tentation de plus en plus affirmée du retrait électif. Contenter l’électeur, lui prouver que l’action politique a un effet concret sur sa vie est devenu une mission quasi impossible. Pire, les promesses de renouvellement de l’offre politique portées par Nicolas Sarkozy en 2007 puis Emmanuel Macron en 2017 à l’occasion d’élections présidentielles à fort enjeu ont contribué à entretenir le désenchantement faute d’avoir été suivies d’effet. Au bout du compte, c’est bien la capacité des politiques à changer la vie qui est mise en doute, dans un système de décision et de représentation qui, loin de se simplifier, s’opacifie. Au niveau local, l’action des différentes collectivités reste très mal identifiée et au niveau national, la superposition de trois clivages – gauche-droite, ouvert-fermé, peuple-élite – complexifie la donne."
Lire l'article du Monde

Régionales et départementales 2021 : « Le taux d’abstention historique questionne le rôle que l’Etat laisse jouer aux collectivités territoriales »

"Tribune. Le taux d’abstention historiquement haut du premier tour des élections régionales et départementales (bien qu’elles aient pourtant été organisées le même jour, ce qui devait inciter les citoyens à se déplacer) a, bien sûr, de multiples explications d’ordre « politiste » ou sociologique : désenchantement, méfiance récurrente vis-à-vis du personnel politique, crise démocratique et désintérêt pour des élections qui « ne changeront rien », absence d’une offre politique malgré un nombre de listes/candidats toujours plus important, la sortie du couvre-feu…
Mais, à côté de ces arguments, ce taux d’abstention a vocation également à questionner les entités au cœur de ces élections. Les collectivités territoriales, depuis longtemps déjà, ne parviennent pas à attirer, à attiser la curiosité citoyenne, à mobiliser les électeurs. Hormis peut-être les communes – mais pour lesquelles on note aussi une érosion du taux de participation –, elles ne semblent pas intéresser les citoyens ou plutôt, elles sont si méconnues qu’elles en deviennent transparentes. Pourtant, en 1982, la décentralisation devait permettre un renouvellement de la démocratie notamment locale, par le biais de la démocratie représentative et la nécessité de « conseils élus » comme l’exige l’article 72 de la Constitution.
Presque quarante ans plus tard, ces aspirations à une démocratie locale redynamisée se heurtent à une démocratie participative toujours balbutiante et surtout à ce qui semble être un désintérêt de la part des citoyens pour les élections de ces conseils territoriaux.
Désintérêt qui peut s’expliquer par le fait que les élections nationales, et principalement l’élection présidentielle, vampirisent les autres rendez-vous électoraux, invisibilisant les enjeux qui ne sont pas nationaux, et considérant comme quantité négligeable les questions locales. L’élection présidentielle a une capacité d’absorption politique, dangereuse pour les autres élections qui semblent dès lors très secondaires et dans l’incapacité de produire une décision politique, une action politique".
Lire l'article du Monde

Michèle Créoff : « Les droits des enfants ne pèsent pas bien lourd en ces jours d’élections départementales »

"Tribune. Coïncidence du calendrier ou pas, la protection de l’enfance aurait pu être un des sujets de ces élections territoriales, puisqu’elle relève de la compétence des départements et que les insuffisances de cette politique n’en finissent pas de défrayer la chronique. Violences dans les établissements, placements illégaux dans des hôtels, crise des mineurs non accompagnés, carence de vigilance et d’action des services de l’aide sociale à l’enfance (ASE) dans le cadre des infanticides, abandon au triste sort de la rue des jeunes adultes sortant du dispositif de protection de l’enfance. Sans parler des débats sociétal et législatif sur la grande révélation de la banalité de l’inceste et de la pédocriminalité dans toutes les sphères sociales.
En même temps, M. Adrien Taquet, secrétaire d’Etat chargé de l’enfance et des familles, dépose en urgence un projet de loi sur la protection de l’enfance [qui doit être examiné à l’Assemblée nationale en juillet] pour clore un très, très long cycle de consultations et de divers dispositifs partenariaux, sous l’égide du gouvernement, censés enfin réformer la machine.
Pourtant, cette politique, qui dit si bien ce que notre société est prête à concéder pour enfin protéger les plus vulnérables d’entre nous, les enfants, n’intéresse pas au-delà de réactions émotionnelles et indignées."
Lire l'article du Monde

Le Podcast des ASH

"L’historien Hervé Guillemain, spécialiste de la psychiatrie et des maladies mentales, offre un éclairage sur les liens lents à se mettre en place entre cette spécialité médicale et le travail social".


Dérèglement climatique : l’humanité à l’aube de retombées cataclysmiques, alerte le GIEC

"Pénurie d’eau, exode, malnutrition, extinction d’espèces… La vie sur terre telle que nous la connaissons sera inéluctablement transformée par le dérèglement climatique quand les enfants nés en 2021 auront 30 ans, voire plus tôt, alerte un projet de rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de l’Organisation des Nations Unies (ONU), dont le contenu a été dévoilé, mercredi 23 juin, par l’Agence France-Presse. Le rapport définitif doit paraître le 9 août.
Quel que soit le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les impacts dévastateurs du réchauffement sur la nature et l’humanité qui en dépend vont s’accélérer, assurent des centaines de scientifiques rattachés au GIEC, et devenir douloureusement palpables bien avant 2050.
« La vie sur terre peut se remettre d’un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes, note le résumé technique de 137 pages. L’humanité ne le peut pas. »"
Lire l'article du Monde

« Dyslexique », « hyperactif », « HPI »… Ces diagnostics qui se multiplient en milieu scolaire

"« Dyslexique », « précoce », « troubles de l’attention » : nous avons tous déjà entendu au moins un de ces termes, le plus souvent pour qualifier un enfant rencontrant des difficultés dans le cadre scolaire.
Ces « diagnostics scolaires » sont décrits, explorés et soutenus par des chercheurs et praticiens de différentes disciplines (psychologie, neuropsychologie, psychiatrie, etc.) et bénéficient d’une variété de prises en charge à visée rééducative (psychomotricité, orthophonie, ergothérapie, etc.).
Au sein même du champ scientifique, ces diagnostics ne font pas consensus : l’approche principalement neurologique du TDAH (trouble du déficit de l’attention/Hyperactivité) y est critiquée, les effets et les limites des diagnostics de troubles dys- et de HPI (haut potentiel intellectuel) y sont interrogés. [...] Cette médicalisation des difficultés scolaires est paradoxale : en effet, tendre vers la réussite de tous les élèves passerait par un étiquetage de plus en plus exhaustif des difficultés rencontrées par chacun.
On peut difficilement critiquer un discours visant à aider les enfants en difficulté au nom de plus d’égalité, avec pour objectif de soutenir leur accroche à l’école et aux apprentissages. Cependant, il existe bien un paradoxe fort entre la volonté de faire réussir chaque élève et, en même temps, le découpage de plus en plus fin des catégories que l’on va attribuer à ces élèves.
Ce découpage va de pair avec un quadrillage de dispositifs de plus en plus serré : repérages précoces, prises en charge, adaptations pédagogiques allant jusqu’à l’adaptation des examens terminaux. Ces catégories ne sont donc pas sans effet sur ces élèves et les adultes qui les accompagnent. [...] Une enseignante souligne que « dès qu’il y a une difficulté on cherche un trouble », résumant l’idée aujourd’hui dominante qu’une certaine part des enfants relève de troubles (diagnostiqués ou non) depuis le début des années 2000".
Lire l'article de The Conversation


Revue de presse 19 juin 2021


Le Projet de loi relatif à la protection des enfants

Le projet de loi a été présenté au Conseil des ministres du 16 juin 2021 par Olivier Véran, ministre des solidarités et de la santé, et par Adrien Taquet, secrétaire d’État chargé de l’enfance et des familles. Le gouvernement a engagé la procédure accélérée sur ce texte.
Voici sa présentation sur le site "Vie Publique" : "Le projet de loi entend améliorer la situation des enfants placés à l'aide sociale à l'enfance (ASE) : interdiction des placements à l'hôtel, normes d'encadrement des foyers, mesures sur les mineurs isolés étrangers. Il modernise aussi le métier des assistants familiaux (familles d'accueil) et la gouvernance nationale de la protection de l'enfance".
Lire le dossier sur le projet de loi

Quel avenir pour les enfants protégés suite à la crise sanitaire ? pour un projet de loi ambitieux soutenu par la recherche scientifique

"Suite à la parution d’un projet de loi relatif à l’enfance qui sera présenté ce mercredi 16 juin au Conseil des Ministres, plusieurs membres du conseil scientifique de l’Observatoire National de la Protection de l’Enfance ont souhaité prendre la parole afin de soutenir un projet politique d’envergure visant à promouvoir les droits des enfants et des familles.
Il apparait en effet essentiel pour notre société d’investir dans sa jeunesse, dans « le monde d’après », en offrant une place pour tous les enfants et toutes les familles, y compris les plus fragiles.
La communauté scientifique souhaite attirer l’attention du Gouvernement sur les effets contreproductifs que pourrait avoir une loi qui ne porterait pas une ambition forte s’appuyant sur la connaissance des enfants en danger, de leurs familles et des professionnels qui les accompagnent.
Lire la trbune sur Mesopinions.com

« La grande pauvreté n’est pas considérée comme une problématique centrale des politiques éducatives »

"Alors que trois millions d’élèves ont des parents pauvres, les études internationales montrant l’incapacité de l’école française à corriger les inégalités sociales se multiplient. Face à ce constat, quels sont les éléments qui permettent de sortir de la fatalité ?
C’est à cet objectif ambitieux que s’attelle l’ouvrage Grande pauvreté, inégalités sociales et école. Sortir de la fatalité (Editions Berger-Levrault, 256 pages, 29 euros) dirigé par le sociologue Choukri Ben Ayed, et préfacé par l’historien et ancien recteur Philippe Joutard.
Ce livre aux nombreuses signatures (enseignants, chefs d’établissement, chercheurs, analyste à l’Organisation de coopération et de développement économiques, représentant de collectivités, etc.) établit un intéressant état des lieux statistique et historique des inégalités au sein de l’école et de la manière avec laquelle l’institution prend en compte, ou pas, la question de la pauvreté des élèves qui poussent ses portes. Mais il les met surtout en perspective avec des témoignages d’expériences de terrain inspirantes, à la manière de l’ouvrage Territoires vivants de la République (La Découverte, 2018). On y parle de mixité sociale, de changement des représentations des enseignants sur la pauvreté, de climat scolaire ou encore de la place des parents à l’école".
L'article présente un entretien avec Choukri Ben Ayed.
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L'accès aux formations avec Parcoursup

"Voilà déjà trois ans que lycéens et étudiants peuvent choisir, parmi toutes les formations initiales proposées sur Parcoursup, de se préparer aux métiers d’assistant de service social, d’éducateur de jeunes enfants, d’éducateur spécialisé, ou d’éducateur technique spécialisé.
Cette inscription au catalogue des études supérieures rend-elle ces orientations plus attractives ? Difficile, à vrai dire, de comparer avec le fonctionnement antérieur, où les candidats devaient se présenter directement à chaque établissement convoité : désormais, les aspirants peuvent multiplier leurs vœux, en quelques clics, avant de choisir parmi les réponses positives.
De 2019 à 2020, du moins, la formation d’éducateur spécialisé gagne en candidatures. En 2019, ils étaient déjà 30 044 postulants à avoir confirmé leur vœu d’une telle orientation. En 2020, ils étaient presque 3 000 de plus ! A l’arrivée, pourtant, les écoles n’avaient pas plus de places à leur proposer : elles n’auront pu intégrer, via Parcoursup, que près de 1 candidat sur 10, avec exactement 3 142 admis – contre 3 334 en 2019. La formation des éducateurs de jeunes enfants, elle, arrive en seconde position des vœux, avec près de 18 000 candidats, un niveau stable sur les deux années.
En revanche, pour devenir assistant social, les vocations des plus jeunes s’effritent. Les établissements auront enregistré moins de 12 500 vœux confirmés en 2020, contre 15 802 en 2019. Et cette filière devient du même coup encore moins sélective : cette fois, 2 044 élèves, soit 16 % des candidats, auront pu être admis - contre 2 132 intégrés, soit 13,5 %, en 2019. Parcoursup ne paraît pas donc freiner la désaffection pour le métier d’ "AS", notée depuis déjà plusieurs années."
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Revue de presse 12 juin 2021


Assistantes sociales : le grand malaise d'une profession

"On est aussi invisibles que le public dont on s'occupe"
"Un mois après la mort d’Audrey Adam, cette assistante sociale de 36 ans tuée dans l'exercice de son métier par un octogénaire lors d'une visite à domicile, nous sommes retournés dans l'Aube pour rencontrer ses collègues et les travailleurs sociaux encore bouleversés par ce drame.


« Nous ne supportons plus les déclarations mensongères, voire délirantes, au sujet des mineurs isolés étrangers »

"Tribune. Dans une interview publiée le 25 mai par Le Figaro, le sénateur (LR) Henri Leroy, « préoccupé par l’insécurité et les coûts engendrés par les mineurs isolés », a annoncé la création d’une énième « mission d’information sur les mineurs non accompagnés (MNA) », devenus les boucs émissaires idéaux en cette période préélectorale. Il est facile de s’en prendre à ces jeunes qui ne votent pas, ne se plaignent jamais et qu’aucune mission d’information ne s’est donné la peine de rencontrer.
Nous sommes des avocats d’enfants. Nous intervenons dans tous les départements de France auprès de tous les enfants, quelles que soient leurs origines sociales et géographiques.
Nous connaissons bien les enfants dits MNA et nous ne supportons plus de lire dans la presse les déclarations inexactes, mensongères, voire carrément délirantes de personnes mal informées ou malveillantes à l’égard des enfants étrangers, comme celles du sénateur qui se fait l’écho de quelques-uns des mensonges les plus couramment exploités et partagés sur ces mineurs.
Nous dénonçons ces discours démagogiques, que nous voulons démentir ici point par point.
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Dans la revue « Dedans Dehors », étudier en prison, « un combat » de plus

"Notre société « refuse de regarder ses prisons en face » : tel est le constat que dresse Dedans Dehors, la revue de l’Observatoire international des prisons dans son éditorial. La dignité des détenus est, trop souvent, mise à mal.
L’éducation en prison, sur laquelle ce numéro de mars se penche, en est un bon exemple. Car ce droit fondamental s’y matérialise mal. Pourtant, les « besoins sont immenses » : la majorité des détenus est sans diplôme.
Mais l’éducation est la dernière roue du carrosse : les contraintes logistiques et sécuritaires l’emportent. Le scolaire est même « l’otage de considérations disciplinaires » et celui du bon vouloir des surveillants. Surtout, les moyens sont largement insuffisants : les locaux, les enseignants et le matériel manquent cruellement".
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Que faire face à l'isolement social des aidants ?



"Ils seraient environ 11 millions en France à jouer un rôle d'aidant. Accaparés par leur tâche, fatigués par les journées à rallonge, inquiets, parfois culpabilisés, ils sont beaucoup plus exposés au risque d'isolement, qui peut prendre des formes graves.
Constitué en 2015 et rassemblant 27 structures, le collectif « Je t'aide » demande aux pouvoirs publics de faire de l'isolement une priorité d'action afin de lutter contre tous les risques inhérents à cette situation (dommages pour la santé, coûts sociaux, etc.).
À cette fin, il formule dix propositions d'action. Outre une grande campagne de sensibilisation, le collectif souhaite que tous les professionnels en contact avec ces personnes soient formés au repérage des aidants et à leur orientation vers des structures ad hoc. "
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Revue de presse 5 juin 2021


Un projet de loi sur la protection de l’enfance arrive à l’Assemblée nationale en juillet

"Annoncé depuis plusieurs mois, le projet de loi visant à « améliorer la prévention et la protection de l’enfance » sera examiné en première lecture à l’Assemblée nationale la première quinzaine de juillet. Le texte devrait être présenté en conseil des ministres d’ici au 16 juin, selon le secrétariat d’Etat à l’enfance, qui le considère comme « une étape supplémentaire pour garantir véritablement aux enfants un cadre de vie sécurisant et serein, et aux professionnels un exercice amélioré de leurs missions ».
Plusieurs mesures sont prévues pour améliorer le sort des quelque 330 000 jeunes suivis par l’aide sociale à l’enfance (ASE). Parmi elles : l’interdiction des placements hôteliers, une pratique décriée mais ayant cours dans plusieurs départements – ces derniers sont les chefs de file de la protection de l’enfance, une compétence territorialisée depuis la décentralisation. En janvier, après la diffusion d’un nouveau documentaire télévisé accablant sur la prise en charge des enfants placés, le secrétaire d’Etat Adrien Taquet avait annoncé vouloir mettre un terme à l’accueil dans des hôtels. Selon le document de présentation du projet de loi, des exceptions (urgence, mise à l’abri) seront cependant prévues par décret et « strictement encadrées avec des exigences renforcées d’accompagnement éducatif ».
D’après un rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) paru en 2020, le nombre de mineurs protégés hébergés à l’hôtel pourrait se situer entre 7 500 et 10 500, dont une immense majorité de mineurs isolés étrangers. Le projet de loi contient par ailleurs plusieurs dispositions qui visent directement ce public : l’obligation pour tous les départements de recourir au controversé fichier d’aide à l’évaluation de la minorité afin d’« éviter le nomadisme administratif », ainsi qu’un nouveau mode de répartition de ces jeunes sur le territoire."
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Tribune : « Comment s’occuper d’enfants en danger si les professionnels sont malmenés ? »

"A la suite du suicide de l’un de leurs collègues, des professionnels du service d’investigation éducative de Strasbourg pointent des dérives en matière de protection de l’enfance, et en particulier la mesure judiciaire d’investigation éducative (MJIE). Dans une lettre ouverte adressée aux responsables de l’association gestionnaire, aux magistrats du Bas-Rhin et aux représentants de la PJJ, ils rappellent que le manque de temps et l’urgence dégradent leurs modalités d’intervention, et donc leurs conditions de travail."
Lire la tribune sur le site des ASH

L’aide sociale à l’enfance à bout de souffle

"Surcharge administrative, turnover dans les structures, fermeture de places et augmentation des mesures de placement… Si les difficultés des travailleurs sociaux datent d’avant le Covid-19, la crise sanitaire a considérablement dégradé les conditions de travail.
En France, environ 330 000 jeunes relèvent de la protection de l’enfance. De la simple mesure éducative jusqu’au placement, cette mission est dévolue aux départements depuis les lois de 1983 sur la décentralisation, et en grande partie assurée par le secteur associatif. Educateurs spécialisés, psychologues, assistants familiaux (les « familles d’accueil ») et sociaux… L’année de crise sanitaire a éprouvé nombre de ces professionnels qui se retrouvent bien souvent exsangues, au bord du burn-out, désespérés face au dévoiement de leur mission.
Alors qu’un projet de loi sur la protection de l’enfance arrive à l’Assemblée nationale en juillet, les piquets de grève se multiplient au niveau local, comme ce fut le cas déjà en 2018-2019. Fait inédit, un mouvement de grève nationale des familles d’accueil a été lancé le 20 mai à l’appel de la CGT-Services publics, pour réclamer une revalorisation de leur statut.
Lire l'article du Monde

Les accompagnants d’élèves en situation de handicap en grève et en colère : « Se lever pour moins de 800 euros, c’est insultant »

"Petites mains de l’école inclusive, elles sont en majorité des femmes dans le cortège parisien et dans la profession. A l’échelle nationale, les AESH sont 110 000, soit 10 % des effectifs de l’éducation nationale. En poste depuis deux ans maintenant, Carole [qui a souhaité garder l’anonymat] ne peut pas se contenter de son salaire de 737 euros net par mois. « S’il n’y avait pas les aides de l’Etat, impossible pour moi de joindre les deux bouts », témoigne la quadragénaire, qui cumule un autre travail en plus de son contrat de vingt-quatre heures par semaine payées au smic.
Une situation que partagent beaucoup de ses collègues, qui se retrouvent dans l’obligation de cumuler plusieurs emplois. « Nous demandons à ce que ces contrats soient considérés en temps plein afin d’avoir une rémunération décente », revendique Manuel Guyader, représentant SUD-Education dans l’académie de Paris. Une revalorisation salariale qui permettrait d’améliorer aussi la cote du métier d’AESH, dont les besoins sont encore importants. En tout, 385 000 enfants en situation de handicap sont accueillis en classe ordinaire depuis la rentrée 2020."
"La volonté de professionnaliser la mission n’a pas mis fin aux recrutements sous contrat, au travail à temps incomplet, à des rémunérations au minimum de la fonction publique, à une formation quasi inexistante et à une dégradation des conditions de travail qu’a amplifiée la création des Pôles Inclusifs d'Intégration Localisés (PIAL)".
Lire l'article du Monde

Décrochage des plus modestes : les inégalités de patrimoine se sont creusées en 20 ans

"Une France à deux vitesses. Dans une étude publiée ce jeudi 27 mai, l’Insee décrit une hausse des inégalités de richesse depuis 20 ans, sous l’effet d’un décrochage des plus modestes. Selon les données de l’institut, le patrimoine brut moyen détenu par un ménage français s’élevait à 254.400 euros début 2018.
Ce chiffre recouvre d’importantes disparités : les 20% les moins dotés ne détenaient que 850 euros en moyenne, contre 830.000 euros pour les 20% les plus aisés. A eux seuls, ces derniers détenaient ensemble près des deux tiers du patrimoine total. A noter que ces statistiques intègrent les actifs immobiliers, financiers (comptes courants, épargne), et les titres de propriété des entreprises, mais pas les produits de consommation durables (voitures, bijoux…). Et excluent les dettes détenues par les particuliers, dont le poids est plus élevé chez les ménages pauvres que chez les plus aisés."
Lire l'article de Marianne
Lire l'étue de l'INSEE

Psychiatrie, la folie ordinaire (4 épisodes)

"La maladie psychiatrique prend souvent une place prépondérante dans la vie des patients et pour leur famille. Comment la vivent-ils ? Quels sont leurs parcours et leurs souffrances ?
Quelle est la vision de la folie dans notre pays ? Quelle place pour les émotions, les angoisses, les désirs, les douleurs ? Dans un récit à plusieurs voix, Brigitte, Lee, Mathieu, Lola, ou Monsieur T. décrivent leur vision de la maladie, la première hospitalisation, le liquide froid de l’anesthésie qui descend dans la gorge et ce corps qui se transforme.
Ils se font beaucoup rire. Beaucoup pleurer aussi en se rappelant les nombreux hôpitaux par lesquels ils sont passés. Une crise, la rupture et l’hospitalisation, avec toujours ce même couloir et cette odeur indescriptible. Un traitement qui ne fonctionne plus, la pression qui monte, on tente alors l’usage de la force, attaché, les électrochocs peuvent alors commencer.
Face à l’hôpital "notre bande" s’associe par la parole et s’entraide pour survivre".
Ecouter l'émission


Revue de presse 27 mai 2021


Travail social, profession(s) à risque

"Depuis début 2021, deux travailleurs sociaux sont morts dans l’exercice de leur fonction. Plus qu’une augmentation des violences, ces crimes témoignent des risques pris par de nombreux professionnels au quotidien, largement sous-estimés. Beaucoup attendent que leur engagement, parfois au péril de leur vie, soit reconnu à sa juste valeur par les pouvoirs publics.
Des meurtres, des tentatives de meurtre et d’innombrables agressions physiques et verbales : vous n’êtes pas dans une série policière mais dans la part sombre du travail social. Qui fait les comptes ? Personne.
Quelques heures passées à décortiquer la presse locale suffisent pourtant pour constater l’ampleur d’un phénomène trop souvent cantonné à la rubrique des faits divers, étouffé presque, qui ne suscite ni mobilisation politique ni médiatique d’ampleur. Or les faits sont là."
Les travailleurs sociaux ont tous en tête le meurtre à Nantes en 2015 de l’éducateur Jacques Gasztowtt par un père de famille, puis celui de l’éducatrice Marina Fuseau à Poitiers en 2017, par une femme déclarée irresponsable pénalement.
Depuis début 2021, la profession déplore deux nouveaux meurtres : celui de Cyril Pierreval, chef de service dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada) de Pau le 19 février, et celui le 12 mai de la gestionnaire de cas Audrey Adam, dans l’Aube."
Lire l'article du Media Social

Covid-19 : près d’un actif en emploi sur deux a subi une dégradation de ses conditions de travail depuis le début de l’épidémie

"Selon une vaste enquête du ministère du travail, les professions très féminisées – du monde de la santé à l’action sociale, en passant par l’enseignement – ont particulièrement été fragilisées depuis le déclenchement de la crise sanitaire.
La crise sanitaire a provoqué une dégradation, générale ou partielle, des conditions de travail pour un peu plus de 40 % de personnes en emploi. C’est l’un des principaux enseignements de l’étude publiée, vendredi 28 mai, par la direction chargée de la recherche (Dares) au ministère du travail. Le phénomène a été particulièrement net dans des professions très féminisées – du monde de la santé à l’action sociale, en passant par l’enseignement.
Conduite au premier trimestre, l’enquête repose sur un échantillon d’un peu plus de 17 000 individus exerçant une activité. Les situations s’avérant extrêmement diverses, la Dares a procédé à un classement des sondés en quatre sous-ensembles, selon les incidences de l’épidémie de Covid-19."
Lire l'article du Monde

Podcast ASH : Evaluation : "passer notre temps à gratter du papier"

"Claire Champod, éducatrice spécialisée, partage son expérience de travailleuse sociale qui, au fil de sa carrière, a vu croître de façon exponentielle le temps qu’on lui demandait de consacrer à la production de rapports. Des évaluations en partie nécessaires selon elle, mais dont la surabondance nuit au suivi des publics"
Ecouter le modcast

Offre de répit aux proches aidants : le cadre national d'orientation est fixé

"Le cadre national d'orientation relatif à l'offre de répit pour les proches aidants de personnes handicapées ou âgées a été transmis aux agences régionales de santé. Ce nouvel outil doit leur permettre d'organiser cette offre sur leur territoire.
La diversification et l'accroissement des solutions de répit pour les proches aidants des personnes âgées ou handicapées sont l'une des priorités de la stratégie nationale « Agir pour les aidants ». À cette fin, une enveloppe de plus de 52 millions d'euros est consacrée à cette mesure sur la période 2020-2022. Les directeurs généraux des agences régionales de santé (ARS) disposent désormais du cadre national d'orientation précisant les principes généraux relatifs à cette offre de répit et à l'accueil temporaire."
Lire l'article du Média Social

Crack à Paris : « Il faut s’inspirer des expériences passées, pas des perpétuelles idéologies répressives »

"Tribune. Face à une situation de plus en plus dégradée de vente et de consommation de crack dans l’espace public du 19e arrondissement parisien, la décision a été prise, le 17 mai, de repousser les personnes usagères et revendeuses dans un jardin public du 18e arrondissement, le jardin d’Eole.
L’objectif affiché est de contenir la scène ouverte sur un espace et des horaires restreints (de 19 h 30 à 1 heure du matin), le moins en proximité possible avec les habitations. Cette décision fait suite à une longue série de déplacements des scènes ouvertes depuis l’émergence de la consommation de crack en Ile-de-France au début des années 1990, dont la place Stalingrad était déjà le principal point d’attache. A cette différence que le nombre de personnes usagères de drogues augmente et que leur situation sociale, sanitaire et psychiatrique se dégrade, décennie après décennie, rendant la cohabitation dans l’espace public toujours plus difficile."
Lire la tribune sur le Monde.fr

INSEE. Revenus et patrimoine des ménages. Édition 2021

"En France en 2018, 1,9 million de personnes sont en situation de grande pauvreté et 170 000 sont susceptibles de l’être. Parmi les 1,9 million de personnes vivant en logement ordinaire, en habitation mobile ou sans domicile en situation de grande pauvreté, 35 % sont des enfants, 7 % ont 65 ans ou plus. 24 % vivent dans les DOM, dont 10 % à Mayotte et 14 % dans les quatre autres DOM. De plus, 79 000 personnes vivant en Ehpad ou autre établissement sanitaire ou social et 86 000 vivant en cité universitaire ou foyer ont des revenus particulièrement faibles et sont donc susceptibles d’être en situation de grande pauvreté.
Pour les personnes vivant en logement ordinaire, la grande pauvreté est définie comme la combinaison de faibles revenus et de privations matérielles et sociales sévères. Leur niveau de vie médian est équivalent à 43 % de celui du reste de la population. Elles déclarent sept fois plus de privations matérielles et sociales que les personnes non pauvres."


Revue de presse 20 mai 2021


"En France, le désenclavement des populations immigrées et de leurs descendants est urgent"

"L’INSEE a mis en lumière une mortalité deux fois plus importante pour les étrangers que pour les Français durant l’année 2020, conséquence de la première vague du Covid-19. Ce chiffre frappant pourrait révéler d'autres données : 38 % des immigrés en France sont pauvres – 44 % pour ceux qui viennent d’Afrique – et le taux de chômage est de 19,3 % pour les actifs nés hors de l’Union européenne.
Plus de la moitié des ménages d’immigrés africains et maghrébins vivent dans des quartiers où le logement social dépasse les 25 %, le plus souvent dans les anciens bassins industriels, aujourd’hui en déshérence. Les enfants d’immigrés sont trois fois plus touchés par le chômage que les autres. La situation des immigrés et de leurs enfants en France aujourd’hui est le reflet des échecs des orientations politiques, économiques, idéologiques des partis qui se sont partagé le pouvoir depuis 40 ans.
Lire l'article de Marianne

« Il faut reconnaître le rôle des travailleurs sociaux dans le fonctionnement de la société »

"Le 12 mai, une assistante sociale de 36 ans a été tuée lors d’une visite à domicile, dans le département de l’Aube. L’Association nationale des directeurs d’action sociale et de santé a exprimé, dans un communiqué, son émotion, sa tristesse, mais aussi sa colère. Interview d'Anne Troadec, présidente de l’Andass et directrice générale adjointe du pôle social. "On ne peut être que triste qu’une jeune femme, maman de deux enfants, soit tuée dans l’exercice du service public. C’est un acte qu’il ne nous revient pas de qualifier, pénalement j’entends, mais qui est incompréhensible. On n’a pas l’habitude d’être en colère, mais il n’y a eu aucune réaction des médias ou du gouvernement ! Nous ne sommes pas là pour opposer les publics, mais on voit encore que les travailleurs sociaux, qui sont surtout des femmes, méritent rarement la même attention que les autres.
Ce sentiment rejoint la question de gestion de crise, notre colère face au peu de reconnaissance des deuxième ou troisième lignes, qui se sont occupées des plus vulnérables pendant la crise".
Lire l'article de la gazette des communes

Les places d’hébergement d’urgence créées pour les sans-abri pendant la crise sanitaire sont prolongées

"Précipité par l’épidémie de Covid-19, l’effort consenti pour aider les sans-abri va se prolonger pour dix mois au moins. Le gouvernement a annoncé, vendredi 21 mai, qu’il garderait les 43 000 places d’hébergement d’urgence, créées depuis le premier confinement, ouvertes jusqu’à fin mars 2022.
Au total, plus de 200 000 sans domicile fixe sont actuellement hébergés dans des centres d’hébergement ou des hôtels. Maintenir les places créées depuis mars 2020 va coûter 690 millions d’euros, ce qui doit porter le budget annuel consacré à l’hébergement d’urgence à 2,9 milliards, selon le ministère.
Cette décision suspend surtout la gestion des places « au thermomètre », décriée de longue date par les associations. Le délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, Christophe Robert, salue ainsi la fin d’un « mode opératoire inhumain », qui consistait à abriter les plus précaires l’hiver avant de les renvoyer chaque printemps dans la rue."
Lire l'article du Monde

Covid-19 : pour le rapport Pittet, « la bonne recette du déconfinement n’existe pas »

"L’épidémiologiste suisse Didier Pittet a remis, mardi 18 mai, à Emmanuel Macron une évaluation des « forces » et « faiblesses » de la stratégie française face à la crise sanitaire. Parmi ses principales critiques, un défaut de prise en charge des personnes en Ehpad.
Avec son équipe, Didier Pittet a basé les comparaisons entre pays sur leurs excès de mortalité, sans retenir les nombres de cas détectés qui peuvent être incomplets. Ils en concluent qu’à impact sanitaire équivalent, les plus de 85 ans ont été plus fortement affectés en France qu’au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, mais beaucoup moins qu’en Espagne ou en Pologne. Et « contrairement aux autres pays qui avaient subi le choc initial, cette situation s’est dégradée lors de la deuxième période », soulignent les auteurs. Parmi les quarante propositions formulées en fin de rapport figure ainsi celle-ci : « Améliorer le dispositif de prise en charge des personnes âgées en établissement », notamment en renforçant la médicalisation des Ehpad et en systématisant l’appui hospitalier."
Lire l'article du Monde


Revue de presse 12 mai 2021


La Covid-19 a « démultiplié » la précarité selon une étude remise au Premier ministre

A la demande du Premier ministre, le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale publie une étude sur l’évolution de la pauvreté depuis le début de la crise sanitaire et sociale liée à la Covid-19.
Extrait : "La crise sanitaire, économique et sociale que traverse le pays est d’une grande violence. Cette violence transpire des mots de ceux qui la subissent, comme elle est soulignée par les premiers éléments d’analyse dont nous disposons aujourd’hui, un an après le premier confinement.
Cette crise est violente parce qu’elle frappe, plus durement encore, ceux qui déjà connaissaient la pauvreté et l’exclusion. Elle l’est aussi parce qu’elle fait découvrir la pauvreté, les privations, à des personnes qui s’en croyaient préservées. Elle met, enfin, à rude épreuve nos services publics, notre protection sociale et nos mécanismes de solidarité nationale.
Face à cette pauvreté démultipliée, une réaction puissante des pouvoirs publics est indispensable. Il s’agissait, en tout premier lieu, de répondre à l’urgence. Il s’agit maintenant aussi de se prémunir des effets dévastateurs de long terme induits par la progression de la pauvreté et l’apparition de nouvelles formes de misère.
Lire le rapport

Mal-logement • La vague d’après Covid

"En Europe, 4% des personnes déclarent avoir été sans abri une fois dans leur vie. Le 6ème regard sur le mal-logement en Europe, publié par la Fondation Abbé Pierre et la fédération européenne des associations nationales travaillant sur le sans-abrisme (FEANTSA), pointe l’absence de toute visibilité sur cette situation. Il n’existe pas de données précises au niveau européen. « C’est un scandale sans nom », tranche Freek Spinnewijn, directeur de la FEANTSA. Il propose de prendre le modèle parisien pour mettre en place dans les grandes capitales européennes un comptage sur une nuit des personnes sans abri afin d’avoir au moins une estimation de la situation.
Explosion du nombre de personnes à la rue
Le rapport alerte : « Le nombre de sans-abri, vivant dans des conditions de vie indignes et contraires aux droits humains les plus fondamentaux, a atteint des niveaux inégalés dans de nombreuses villes européennes, témoignant de la saturation des systèmes d’hébergement dans toute l’Europe ». La pandémie n’a fait que renforcer cette réalité et les dispositifs d’urgence sont en constante augmentation. A Dublin et en Irlande, leurs budgets avaient déjà triplé entre 2014 et 2018. En France entre 2019 et 2020, le budget de l’urgence a augmenté de 200%. Signe d’une politique à courte vue qui s’attaque peu aux racines du problème.
Et « quid de la fin des mesures liées à la pandémie si aucune mesure politique n’est prise, alors de plus en plus de gens vont demander de l’aide à un système d’urgence déjà dépassé, cela devrait déboucher sur une augmentation du nombre de personnes sans abri à la rue », décrypte Chloé Serme-Morin de la FEANTSA. Le rapport préconise, entre autres, le développement de la politique du Logement d’abord qui semble faire ses preuves là où elle est mise en place.
Lire l'article de Lien social
Lire le rapport "6° regard sur le mal-logement en Europe"

Fin de la trêve hivernale : les associations se préparent au pire

"Alors que la trêve hivernale doit prendre fin le 31 mai, la Fondation Abbé-Pierre et la Confédération nationale du logement réclament une nouvelle prolongation du dispositif. En attendant, les associations apportent une aide juridique aux locataires menacés d’expulsions.
Peu importe leur parcours professionnel ou ce qui les a amenés à solliciter l’aide de l’Espace solidarité habitat (ESH) de la Fondation Abbé-Pierre, dans le XXe arrondissement de Paris, tous ont un point commun : une pochette de documents sous le bras, plus ou moins bien ordonnés ou complets. Quittances de loyer, avis d’imposition, attestations de la CAF, pièces d’identité, etc. des papiers indispensables pour que les juristes puissent les conseiller au mieux. Car dans quelques semaines et jusqu’au 31 octobre, les expulsions pourront reprendre, après un répit accordé aux ménages précaires en raison de la crise du Covid, pour la deuxième année consécutive".
Lire l'article de Libération


Revue de presse 5 mai 2021


Après un an de Covid, la précarité des jeunes stagne toujours et leur santé mentale se dégrade

"La Fédération des associations générales étudiantes publie ce dimanche une enquête montrant que les difficultés rencontrées par les jeunes durant cette la crise sanitaire ne cessent de s’accumuler. Et alerte sur l’inefficacité des mesures déployées par le gouvernement.
Plus d’un an de pandémie au compteur, et un bilan à tirer. Ce dimanche, la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) publie une enquête au titre évocateur : «Un an après : l’urgence d’agir pour ne pas sacrifier la jeunesse». Commandée auprès de l’institut de sondage Ipsos, elle retrace les problématiques concernant l’ensemble des jeunes : étudiantes et étudiants, stagiaires, mais aussi les personnes à la recherche d’un emploi ou actives. L’occasion pour l’organisation étudiante d’analyser l’évolution des difficultés des jeunes, et d’évaluer les mesures prises par le gouvernement pendant la crise sanitaire pour les accompagner."
[...]Au niveau académique, l’enquête met en lumière un mouvement inquiétant : 94 % de la population étudiante déclare que la crise a provoqué un décrochage des études, contre 84 % lors de la première enquête. «Une augmentation qui montre l’incapacité des services universitaires à s’adapter au distanciel», souligne le président de la Fage, déplorant les promesses non tenues concernant le recrutement de tuteurs pour accompagner les étudiantes et étudiants : «Seulement la moitié des postes prévus ont été pourvus, et beaucoup de jeunes n’étaient pas informés sur ce dispositif.»
Les jeunes ayant fini leurs études ne s’en sortent pas mieux. En effet, 8 personnes interrogées sur 10 considèrent que la période actuelle handicape leur recherche d’emploi. Un chiffre élevé qui ne faiblit pas avec le temps, puisqu’il a même augmenté de 3 points depuis la dernière enquête de la Fage. Pour lutter contre ces difficultés, la Fage défend la généralisation de la «garantie jeunes» pour l’ensemble des moins de 25 ans."
Lire l'article de Libération

Au pied de la tour Eiffel, des jeunes migrants isolés à la dérive

"Ils ont quitté le Maroc ou l’Algérie pour fuir le quotidien d’une existence sans espoir, ignorant que le pire les attendait dans les rues parisiennes. La drogue, l’alcool, le dénuement.
Polytoxicomanes et imprévisibles, ces enfants, que l’on appelle « mineurs isolés marocains » (même s’ils ne sont pas tous mineurs, contrairement à ce qu’ils prétendent, et pas tous marocains), ont fait leur apparition il y a un peu plus de quatre ans dans le quartier de la Goutte-d’Or, à Barbès, dans le 18e arrondissement de la capitale.
Plus récemment, ils ont investi le Trocadéro et le quartier huppé de l’Ouest parisien qui l’entoure, semant le désordre, la violence et la peur. Vols à l’arraché, cambriolages… Au dernier trimestre 2019, le commissariat de police du 16e arrondissement comptait une vingtaine de gardes à vue liées aux activités délictueuses de cette population. En 2020, malgré le confinement, 400.
Leurs journées, ils les passent à avaler des cachets de Rivotril (benzodiazépine bon marché dont l’usage a été détourné pour devenir une drogue de rue), boire et voler : colliers, portefeuilles et téléphones portables. Leurs nuits, ils les passent à avaler des cachets de Rivotril, boire et cambrioler : bistrots, commerces et pharmacies. Le tout, ponctué de séances de selfies au pied de la tour Eiffel, large sourire aux lèvres, liasses de billets à la main, pour faire croire aux copains restés au pays qu’ils ont la belle vie. Et entretenir ainsi le fantasme d’un avenir meilleur, sur le sol européen."
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Sur le cannabis, un rapport parlementaire défend « la légalisation avec un contrôle de l’Etat »

Cette position, qui contredit la politique répressive toujours défendue par le gouvernement, est étayée dans ce document de 300 pages réalisé après des centaines d’auditions et une consultation citoyenne.
Les arguments ne sont pas nouveaux mais sont étayés par une centaine d’auditions menées en un peu plus d’un an et une consultation citoyenne qui a réuni 250 000 contributions, l’une des plus importantes menées à l’Assemblée nationale. « Quand on regarde les données, ce qui a été fait dans d’autres pays et les effets de nos politiques publiques en matière de lutte contre les drogues depuis cinquante ans, on voit bien que ça ne fonctionne pas », soutient la rapporteure qui dit regretter « les approches politiques et idéologiques » qui dominent encore aujourd’hui sur les drogues.
Les aveux d’impuissance des pouvoirs publics à endiguer la consommation croissante de cannabis et ses effets délétères sur la santé et la sécurité sont égrainés au fil des 300 pages de ce rapport parlementaire. Absence de politiques de prévention, saturation des systèmes judiciaires, mobilisation excessive des forces de l’ordre… Le rapporteur général de cette mission d’information, Jean-Baptiste Moreau (LRM, Creuse), et l’un des plus actifs sur le sujet côté LRM, est lui tout aussi sévère.
« Le tout répressif est un échec total, estime-t-il. On n’a pas arrêté de durcir la loi, de mettre davantage de forces de l’ordre sur le trafic de drogue et, au final, nous sommes devenus les plus gros consommateurs de cannabis en Europe. Donc expliquer encore aujourd’hui qu’on va rester dans le statu quo et mobiliser davantage de forces de l’ordre, ce n’est plus possible. »
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Revue de presse 26 avril 2021


« La majorité des problèmes de santé mentale débute avant l’âge de 14 ans »

"La majorité des problèmes de santé mentale débute avant l’âge de 14 ans. Ils sont d’autant plus susceptibles d’impacter l’avenir de l’enfant qu’ils ne sont pas détectés, ni traités, ce qui est actuellement le cas d’une large proportion d’entre eux, comme le souligne un récent rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Délais interminables
La liste du mal-être et des souffrances des jeunes est loin d’être exhaustive, sans oublier ni l’explosion actuelle des besoins des jeunes, amplifiés par le contexte épidémique, et qui augure des besoins durables de soins, ni les questions essentielles des maltraitances, qui elles aussi requièrent notre intervention du fait des répercussions psychiques.
Pour l’heure, en France, pour environ 200 000 enfants qui auraient besoin de soins, seuls 600 pédopsychiatres (deux fois moins qu’il y a dix ans) sont disponibles. Cet état de fait entraîne des délais d’accès aux soins interminables et insupportables pour les patients et leurs familles. A cela s’ajoutent des capacités d’hospitalisation toujours insuffisantes et très inégalement réparties."
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Covid-19 : un forfait psy pour les enfants et les adolescents déprimés, annonce Emmanuel Macron

"A l’issue de sa visite dans le service de pédopsychiatrie du CHU de Reims (Marne), Emmanuel Macron a annoncé, mercredi 14 avril, la mise en place d’un forfait de dix séances prépayées chez un psychologue pour les enfants dont la santé psychique est affectée par la crise du Covid-19.
« Nous avons aujourd’hui un problème de santé qui touche nos enfants et adolescents, qui se rajoute à l’épidémie », a déclaré le chef de l’Etat au cours de sa rencontre avec des soignants du CHU de Reims. Il était accompagné du ministre de la santé, Olivier Véran, et du secrétaire d’Etat en charge de l’enfance, Adrien Taquet. Le chef de l’Etat est venu visiter le service de pédopsychiatrie pour rencontrer médecins et jeunes patients, constater le fort impact psychologique de la crise.
« Il faudrait doubler, voire tripler les effectifs », l’a alerté, à son arrivée, la chef du service de pédopsychiatrie, qui lui a précisé que les consultations avaient doublé depuis septembre. Il faut maintenant huit mois d’attente pour obtenir un rendez-vous. « On est fatigué, ce n’est jamais fini, on est très sollicité en permanence », a précisé Anne-Catherine Rolland, la chef du service. Le président a longuement échangé avec une jeune fille qui s’était enfoncée dans la dépression et avait été hospitalisée en février. Elle lui a dit qu’elle redoutait un nouveau confinement. « On fait tout pour [l’éviter] », lui a répondu Emmanuel Macron.
Le recours aux urgences psychiatriques a augmenté de 40 % en 2020 et 40 % des parents ont déclaré avoir observé des signes de détresse chez leur enfant lors du premier confinement, en raison notamment de la contrainte d’enfermement et de l’absence de relations sociales liée à la fermeture des écoles, selon la présidence."
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Expression : une liberté en voie d’extinction ? Avec Monique Canto-Sperber

"La liberté d’expression est le sujet d’ardentes polémiques depuis plusieurs années.
D’un côté, l’abondance de commentaires, d’analyses « à chaud » et de polémiques donnent l’impression d’un brouhaha permanent. De l’autre, de nombreuses voix s’inquiètent de l’apparition de nouvelles formes de censures qui émaneraient de la société civile elle-même et redoutent la « cancel culture ».
Des juristes s’inquiètent quant à eux des appels à durcir la législation dans le cadre de la lutte antiterroriste et redoutent que l’État ne finisse, au nom de la protection de la liberté d’expression, par s’en prendre à cette dernière. Dans un essai dense, Sauver la liberté d’expression, la philosophe Monique Canto-Sperber retrace l’histoire de ce principe moral, élevé au pinacle du système de valeurs dans nos sociétés libérales. Elle rappelle que pour de nombreux auteurs fondateurs de nos modèles politiques comme le philosophe John Stuart Mill, c’est de l’échange public et contradictoire qu’émerge le progrès intellectuel et, éventuellement, la vérité.
Mais peut-on tout dire ? Les débats sur la caricature et la satire ont posé la question quasi-philosophique de l’adéquation entre la liberté et le respect. Et la multiplication des discours de haine en ligne a fini par nous obliger : la question de la limitation de la libre parole ne peut plus être esquivée. Le même John Stuart Mill soulignait aussi que le tort causé à autrui constitue bien une limite à la liberté d’expression. Mais à qui revient-il alors de définir le préjudice ? Les récentes censures de tweets de Donald Trump par des plateformes numériques contraignent les institutions à trouver une réponse adéquate. Monique Canto-Sperber propose d’éclairer ces questions enchâssées et de nous aider à les considérer avec la distance, le calme et savoir du temps long nécessaires. "
Ecouter l'émission sur franceculture.fr

Fracture numérique : «Comment ont fait ces gens pour survivre ?»

"Dans le quartier populaire de la Goutte-d’Or, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, des stages sont proposés pour apprendre les bases de l’informatique.
Une salle. Des gens assis sur des chaises, devant leurs écrans d’ordinateur. Ils rament, peinent, soupirent. Ce sont des personnes qui vivent au quotidien la «fracture numérique». Et viennent ici tenter de remédier à leurs lacunes. Envoyer un mail, ouvrir un dossier, se connecter sur un site…
Moussa Kanté, 33 ans, est médiateur numérique à l’Espace Goutte-d’Or, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Il passe entre les tables, prodigue des conseils, attentif aux moindres gestes, patient. Grâce à lui, les «stagiaires» s’améliorent : ils se plantent, se relèvent, apprennent."
Chaque année, 350 à 400 personnes sont formées : des quinquagénaires, mais aussi des plus jeunes, dans la vingtaine, des migrants notamment. «Dans leurs pays, ils n’ont pas eu accès à cet outil. Les ateliers sont réservés aux gens de l’arrondissement, notamment ceux du quartier, qui sont prioritaires. Autrement, on les réoriente vers l’espace numérique de leur arrondissement ou une médiathèque.» Avec l’accès «usager», les stagiaires peuvent revoir, pendant quelques heures, ce qu’ils ont appris en formation. D’autres reviendront se perfectionner lors de stages «vie privée». Ils y apprendront à gérer les documents administratifs, à chercher des informations ou à se méfier des arnaques en ligne… «On va également découvrir le fonctionnement des réseaux sociaux, Facebook et Twitter, organiser des stages smartphones…» Pour épauler Moussa Kanté, il y a Winnie, 22 ans, médiatrice également, en service civique. Elle s’étonne encore : «Je me suis demandé comment ces gens ont fait pour survivre. Ils ne savaient même pas comment démarrer un ordinateur… J’ai été franchement surprise, je ne savais pas qu’il y avait un si grand fossé.» Winnie reprend son souffle : «Pour la plupart d’entre eux, cela fait vingt ans qu’ils travaillent. Quand ils tombent dans le chômage, ils découvrent qu’ils ont besoin de l’informatique. Ce qui les sauve, c’est l’utilisation du smartphone. Le peu qu’ils savent du téléphone les aide. Et la chance qu’ils ont, c’est d’être à Paris. A la campagne, je ne sais pas s’ils ont des structures qui peuvent les accueillir. A partir du moment où ils sont ici, ils ont dépassé la honte d’être mal à l’aise avec l’informatique.»
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En trois ans, plus de 18 000 mineurs étrangers ont disparu en Europe

Entre 2018 et 2020, quelque 18 000 enfants et adolescents étrangers non accompagnés ont disparu en Europe. Ce nombre, accablant, est aussi approximatif : des Etats – dont la France – ne collectent pas de données précises sur ces disparitions de jeunes migrants et d’autres n’ont fourni que des estimations partielles pour 2020.
L’organisation Lost in Europe, un projet de journalisme d’investigation international regroupant des professionnels de sept pays, a collecté des informations auprès d’une trentaine d’Etats, membres et non membres de l’Union européenne (UE). Elle les a ensuite soumises, en mars, à des experts qui sont arrivés à la conclusion qu’en l’espace de trois ans les autorités avaient perdu la trace d’au moins 18 292 mineurs étrangers non accompagnés (MENA).
D’abord abrités dans des centres d’accueil, certains ont probablement rejoint un membre de leur famille. D’autres ont trouvé un travail au noir ou ont été contraints au travail forcé pour rembourser leur dette à l’égard de leurs passeurs. D’autres encore ont été victimes de groupes criminels, dont des réseaux de traite des êtres humains : des filières de prostitution de jeunes Nigérianes ont notamment été mises au jour dans plusieurs pays.
C’est en Italie (5 775 disparitions recensées), en Belgique (2 642), en Grèce (2 118, nombre arrêté à la mi-2020) et en Espagne (1 889) que les disparitions sont les plus nombreuses. Faute de statistiques, on ne sait rien de ce qui se déroule en France, en Grande-Bretagne ou en Roumanie. Lost in Europe relève cependant la fragilité de ces données. Parce que, dans certains pays de première arrivée, des enfants sont enregistrés en tant qu’adultes ou que d’autres transitent par des pays qui ne les enregistrent pas. En revanche, un mineur quittant, par exemple, un centre en Espagne pour gagner les Pays-Bas sera compté deux fois. En fait, les échanges de données entre les pays de l’UE concernant ces jeunes sont presque inexistants. Comme, apparemment, la prise en compte de leur situation."
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Revue de presse 19 avril 2021


Les « chèques psy » pour étudiants, un dispositif jugé « bancal », souvent « très complexe », parfois « indécent »

"La mesure d’urgence du gouvernement est ralentie par des lourdeurs administratives, un tarif peu attractif pour les psychologues... Au 10 avril, seuls 905 rendez-vous avaient été pris.
Le 21 janvier, Emmanuel Macron annonçait la création du « chèque psy » le 1er février, pour que tous les étudiants heurtés par la crise puissent consulter un psychologue sans avoir à débourser un centime. Cette mesure doit notamment permettre aux jeunes qui n’ont pas accès aux consultations des services de santé universitaires (SSU) – soit parce qu’ils sont loin, soit qu’ils n’y sont pas rattachés, ou que les délais d’attente sont trop longs – d’obtenir une prise en charge gratuite à proximité, en libéral.
Trois mois plus tard, les professionnels impliqués continuent de se débattre avec un dispositif qu’ils jugent tantôt « bancal », souvent « très complexe », parfois « indécent ». Lourdeurs administratives, système peu attractif pour les praticiens, communication balbutiante : le « chèque psy » peine à prendre son essor. Au 10 avril, 905 étudiants dans toute la France avaient pris rendez-vous avec un psychologue via le dispositif."
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Le collectif "Les Morts de la rue" rend hommage à 535 disparus en 2020

"Gérard, Massemba ou Célia font partie des 535 personnes mortes dans la rue en 2020, dont le décès a été recensé. Le collectif "Les Morts de la rue" a organisé, le 30 mars, un rassemblement au parc des Buttes Chaumont, à Paris, pour leur rendre hommage.
Le soleil était présent à cette manifestation en souvenir des personnes mortes dans la rue en 2020. Malgré les conditions sanitaires, le collectif « Les Morts de la rue » a en effet souhaité organiser ce rassemblement, dans le parc des Buttes-Chaumont à Paris, en plus d'un événement numérique autour de vidéos.
En 2020, ce sont 535 personnes sans abri dont le décès a été signalé au collectif, avec une moyenne d'âge de 49 ans.
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Protéger les enfants et les adolescents de la prostitution; Volet 1 : comprendre, voir (se) mobiliser

L’ONPE publie le 15 avril 2021 le premier volet d’un dossier thématique relatif à la prostitution des mineurs intitulé Protéger les enfants et les adolescents de la prostitution.
La prostitution juvénile est décrite depuis au moins une dizaine d’années comme un phénomène en expansion, revêtant des formes nouvelles qui contribuent à une banalisation de ces violences sexuelles sur mineurs et à rendre complexes leur repérage et leur prise en charge. Face à ce constat émergent des besoins, mais aussi des savoirs, ainsi que des réponses institutionnelles et associatives.
L’ONPE a rassemblé des contributions de chercheurs et d’acteurs de terrain confrontés à cette problématique (magistrats, policiers, professionnels des départements, du secteur associatif, de l’éducation nationale…) pour mettre à disposition des connaissances qui soutiennent la capacité des acteurs de la protection de l’enfance à se mobiliser et à intervenir ensemble."
Acceder au dossier de l'ONPE

Lutte contre la pauvreté : le gouvernement va verser 100 millions d’euros à des associations avant l’été

"C’est l’un des volets du plan de relance. Le gouvernement va verser « avant l’été » 100 millions d’euros à des associations en lutte contre la pauvreté, pour les aider à « amorcer » ou déployer de nouveaux projets solidaires, a annoncé, mardi 13 avril, le ministre des solidarités, Olivier Véran.
L’action des associations est « déterminante pour qu’à cette crise épidémique ne s’ajoutent pas des drames humains », a souligné le ministre. Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 35 % des ménages les plus modestes avaient perçu une dégradation de leur niveau de vie à l’issue du premier confinement.
La somme va être répartie entre des associations ayant répondu à l’appel d’offres lancé en novembre par le gouvernement. Trente-trois projets ont été retenus au niveau national, qui se partageront un tiers de l’enveloppe globale. Le reste, soit 66,5 millions d’euros, a été ou sera attribué à 576 projets d’envergure régionale."
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Revue de presse 12 avril 2021


Protection de l’enfance • Collecter les données

"L’observatoire national de protection de l’enfance (ONPE) souhaite sensibiliser les professionnels et acteurs départementaux sur l’importance de mieux connaître les parcours des enfants en protection de l’enfance, pour adapter les réponses. Or l’analyse de ces parcours repose sur le transfert de données par les départements via le dispositif Olinpe : Observation longitudinale, individuelle et nationale en protection de l’enfance.
"C’est le seul dispositif qui permet d’avoir non pas une photo à un instant T mais une vision dynamique, en temps réel et sur plusieurs années, des parcours des enfants avec les mesures prises, leur durée, les changements, etc.", explique Anne Oui, chargée de mission à l’ONPE. "Bien que ce dispositif existe depuis 2011 et ait été renforcé en 2016, plus de la moitié des départements ne nous transmettent pas leurs données, ajoute Camille Lucchini, chargée d’étude, car tous ne sont pas équipés du logiciel permettant d’extraire ces données de leurs fichiers et n’ont pas actuellement les moyens humains nécessaires".
Une meilleure connaissance de ces parcours permettrait pourtant d’améliorer les réponses des politiques publiques : "Adapter l’offre de service en matière de placement, d’intervention à domicile, mieux travailler sur la continuité des prises en charge, mieux connaître les causes et problématiques de la première prise en charge", détaille Anne Oui."
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Voir la vidéo de l'ONPE

Covid-19 : 99.135 morts en France, la situation continue de se dégrader à l'hôpital

"Selon les dernières données de Santé publique France publiée lundi, la France compte 99.135 morts du Covid-19 depuis le début de l'épidémie dans le pays. A l'hôpital, les patients continuent d'affluer avec plus de 800 personnes supplémentaires prises en charge lundi par rapport à dimanche. Plus de 5.900 patients se trouvent actuellement en réanimation.
Le nombre de morts du Covid-19 en France depuis le début de l'épidémie est désormais de 99.135, dont 73.011 enregistrés à l'hôpital et 26.124 en Ehpad. Ainsi, 385 décès supplémentaires ont été rapportés lundi par Santé publique France par rapport au dernier bilan."
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Détenus malades psychiatriques : le dr Canetti alerte sur un recours trop systématique à l'isolement




Beaucoup plus fort en THC, le nouveau cannabis accroît le risque de dépendance

"C’est une évolution qui s’est faite à bas bruit et qui commence à inquiéter les autorités sanitaires. La litanie des annonces de saisie de cannabis en France masque une autre réalité : la hausse très significative du THC – le tétrahydrocannabinol, la molécule à l’origine des effets psychotropes –, ainsi que la poursuite de l’expansion des produits de synthèse. Plusieurs agences régionales de santé (ARS) ont tiré la sonnette d’alarme, ces derniers mois. Ces produits entraînent un risque de dépendance accru et leurs effets peuvent, dans certains cas, entraîner une hospitalisation.
Selon les chiffres du service national de la police technique et scientifique (PTS), le taux moyen de THC dans la résine de cannabis saisie par les services répressifs a triplé en vingt ans. « Jusqu’aux années 2000, celui-ci tournait entre 6 % et 8 % », explique Céline C., experte juridique en produits stupéfiants, ingénieure et chef de la section stupéfiants du laboratoire de police scientifique de Lyon. Il a ensuite progressé doucement jusqu’à l’année 2010, « qui est une année charnière ».
Depuis, la concentration de THC dans la résine de cannabis a bondi de 11 % en moyenne, à « 28 % en 2019 ». Il arrive parfois que les services de la police scientifique détectent des taux grimpant jusqu’à 50 %, voire plus, pour du cannabis présenté sous une autre forme dans le produit final. C’est le cas par exemple du BHO, pour « butane hash oil », qui consiste à extraire de l’herbe de cannabis avec du gaz butane, une huile très pure pouvant atteindre 80 % de THC."
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Revue de presse 4 avril 2021


Revue Rhizome 79 – Les visages de l’écoute

"Ce numéro de Rhizome interroge ce qu’est l’écoute, en particulier en réponse à la souffrance psychosociale. Il expose différents « visages » de l’écoute, qui sont autant de manières de la pratiquer que de personnes concernées par cette écoute. Des intervenants sociaux, chercheurs, professionnels du soin, pair-aidants, interprètes, présentent leur réflexion sur cette activité fondamentale.
Qu’elle soit formalisée dans des lieux dédiés, téléphonique, psychologique, l’écoute est une activité souvent promue, mais rarement caractérisée, ce que ce numéro ambitionne de faire."
Acceder au N° de Rhizome

Sédentarité : des initiatives pédagogiques pour atténuer la souffrance des étudiants

"De nombreuses études alertent sur les effets de l’enseignement à distance et de l’isolement sur la santé mentale des jeunes. Entre stress, crises d’angoisse, sous-alimentation, et sédentarité, le monde étudiant est très touché par les mesures de confinement prises pour lutter contre la pandémie de coronavirus.
Face à cet état de fait, les équipes responsables de l’éducation physique et sportive dans les grandes écoles et universités s’efforcent de mettre en place des pédagogies innovantes pour aider les étudiants à mieux gérer leur vie physique, et les inciter à rester actifs, tout en créant du lien.
Au Canada, l’étude de l’USask (Université de la Saskatchewan) souligne les effets néfastes des contraintes sanitaires, et des confinements à répétition sur le mode de vie des étudiants. Les préjudices sur la santé physique et mentale sont significatifs et avérés. Les résultats présentés dans la revue Applied Physiology, Nutrition and Metabolism, soulignent l’urgence de la situation et la nécessité d’utiliser de nouvelles pédagogies incitatives soutenant l’activité physique régulière des jeunes.
En France, le constat est tout aussi alarmant. À la fin du premier confinement, l’étude CoviPrev confirmait déjà une dégradation, problématique, de la santé mentale des jeunes (18-24 ans), avec une prévalence des états dépressifs et anxieux.
Dans le même sens, l’Observatoire de la Vie étudiante a également réalisé une enquête sur la vie d’étudiant confiné. Elle montre que la crise sanitaire a eu un impact sur leurs conditions de vie et sur leur cursus académique. Les signes de détresse psychologiques ont été dans l’ensemble plus nombreux dans la population étudiante pendant cette période de confinement, de même que la consommation d’alcool ou le renoncement aux soins. Les restrictions liées à la crise sanitaire jouent sur le moral des étudiants et sur leur niveau de performance cognitive.
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Revue de presse 31 mars 2021


Les quartiers prioritaires sont les grands perdants de la crise sanitaire

"En juillet 2020, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie une étude réalisée durant la période de confinement sur les liens entre le Covid-19 et les inégalités sociales de santé. Sans étonnement, ce double évènement (pandémie et confinement), démontre que les éloignements en matière de santé – ou d’accès aux services de soins plus généralement – et les éloignements urbains se conjuguent.
Les QPV ont payé un lourd tribut à la Covid-19, pour des raisons variées : difficulté d’être en télétravail pour des populations employées dans les services à la personne par exemple, promiscuité familiale dans de petits appartements lorsqu’ils ne sont pas vétustes, pauvreté et chômage rendant les accès aux services de soins moins évidents, absence de services publics comme privés de santé dans certains quartiers, problèmes de mobilité, etc."
Lire l'article de the conversation

Un titre de séjour pour tous les jeunes majeurs ex-ASE

"Vous trouverez dans ce billet :
- la chronique de la manifestation "Jeunes majeurs étrangers" à Clermont du 26 mars à 15h avec avec des nouvelles de Madama et à la fin de cette partie, le témoignage en direct de deux jeunes majeurs étrangers Lire l'article de Médiapart

Garantie jeunes : assouplissement des conditions d’entrée dans le dispositif et augmentation des crédits des missions locales

"Elisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion a réuni ce lundi les membres de l’Union nationale des Missions Locales (UNML) et les représentants des 440 missions locales en visioconférence pour leur confirmer l’augmentation des crédits alloués aux organismes en 2021 afin d’accompagner le déploiement des 200 000 Garantie jeunes prévues dans le plan « 1 jeune, 1 solution ». Elle leur a également annoncé l’assouplissement des conditions d’entrée en Garantie jeunes et des modalités de mise en œuvre par les conseillers des missions locales.
En 2020, plus de 600 000 jeunes ont rejoint un parcours d’insertion vers l’emploi du plan « 1 jeune, 1 solution ». En 2021, le Gouvernement prévoit près d’1 million de solutions d’insertion aux jeunes les plus éloignés de l’emploi, parmi lesquelles 200 000 places en Garantie jeunes, doublant ainsi le nombre d’entrées disponibles pour les jeunes.
Pour atteindre ces objectifs, les missions locales seront dotées de crédits d’une ampleur inédite. 140 millions d’euros supplémentaires leur seront ainsi allouées en 2021, pour un budget total de 495 millions d’euros. 455 millions d’euros seront versés dès le mois de février, afin de permettre aux missions locales de déployer rapidement l’ensemble des dispositifs et de recruter le personnel nécessaire à cet effet. Par ailleurs, conformément à la demande des missions locales et compte tenu de la crise sanitaire, les indicateurs de performance relatifs à 2020 ne seront pas pris en compte dans le versement des moyens de fonctionnement pour 2021.
Pour faciliter le déploiement des 200 000 places en Garantie jeunes, Elisabeth Borne a également annoncé des évolutions liées aux conditions d’entrée et aux modalités de mise en œuvre de ces parcours.
Ces assouplissements porteront sur les critères de non-imposition, de ressources et de durée des parcours. Ainsi :
- Un jeune n’aura plus nécessairement besoin de se déclarer fiscalement autonome pour bénéficier de la Garantie jeunes. Le conseiller de la mission locale pourra, à titre exceptionnel, attester lui-même de sa situation de précarité et de rupture vis-à-vis de sa famille."
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La garantie jeunes pourrait devenir un droit

"Le conseil d’orientation des politiques de jeunesse formule vingt-neuf recommandations pour que la garantie jeunes soit demain la porte d’entrée de tous les parcours d’accompagnement des jeunes en situation de précarité. Cette évolution pourrait constituer une étape vers la garantie jeunes universelle.
L’onde de choc économique de la crise sanitaire causée par le Covid-19 frappe les jeunes avec force. Or en 2017, il y avait déjà 22 % des jeunes de 18 à 29 ans vivant seuls, hors étudiants, parmi les pauvres. Jusqu’à 25 ans, ils n’ont droit à aucun minimum social.
En parallèle du plan de relance « Jeunes », Sarah El Hairy, secrétaire d’État chargée de la jeunesse et de l’engagement, a demandé au conseil d’orientation des politiques de jeunesse (COJ) en octobre 2020 ses recommandations pour faire évoluer la garantie jeunes.
Lire l'article de la gazette des communes


Revue de presse 21 mars 2021


Ce que le Covid-19 fait à nos ados

"Profondément marquée par la crise du coronavirus mais longtemps négligée, la jeunesse confinée a souffert. Le confinement a pu s'annoncer comme une bonne nouvelle, mais beaucoup ont déchanté. Des ados lèvent le voile sur leurs traumatismes."
Ecouter l'emission

Les entreprises sans seniors, une spécificité française

"Avec la crise économique, les vagues de départs touchant les plus de 50 ans se multiplient. En 2020, les nouveaux inscrits à Pôle emploi de cette catégorie d’âge représentaient les deux tiers du volume des ruptures de contrat enregistrées dans les plans sociaux. Les conséquences économiques et sociales sont majeures." A noter : le taux d'emploi des 55_64 ans est de 53% en France ; 66,2% au Royaume Unis ; 69,7% aux Pays-Bas; 72,7 % en Allemagne ; 79,2% en Suède...
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« Addictions : se débarrasser du regard moralisant » (Podcast ASH)

Au sommaire de ce nouveau numéro des ASH :
- Les actualités des 7 derniers jours
- Une interview de Guillaume Quercy, directeur national des activités au sein de l’association Addictions France. Il nous explique combien la dépendance à des substances crée, pour les publics concernés, un empilement de problématiques et la nécessité d’une prise en charge pluridisciplinaire.
- L’éditorial de la rédaction est consacré cette semaine à la violence entre bandes de jeunes et à leur perception médiatique biaisée."


L’archivage des dossiers en protection de l’enfance : la dernière note technique de la CNAPE

"Le traitement des archives par les structures de protection de l’enfance ne peut se réduire à un débat juridique. Garantir une conservation durable et sécurisée de chaque dossier relève avant tout d’un enjeu éthique pour les enfants accompagnés.
Cela suppose pour chaque association de définir une politique d’archivage efficiente et ce, en collaboration étroite avec les services départementaux d’archives compétents. Il s’agit d’une condition nécessaire pour rendre effectif le « droit à connaître son histoire », affiché comme objectif de la stratégie nationale de prévention et de protection de l’enfance 2020-2022.
Par ailleurs, l’archivage contribue également à la qualité de l’accompagnement en permettant une meilleure évaluation des situations et une continuité dans la mise en œuvre des mesures de protection."
Acceder au dossier

Virage numérique dans le secteur médico-social - Grands enseignements des acteurs de terrain

"Cette publication présente une synthèse des enseignements, des retours d’expérience et les facteurs clés de réussite pour préparer une généralisation de l’usage du numérique à l’ensemble du secteur médico-social. 30 acteurs du secteur médico-social et des professionnels de structures ont été interviewés pour proposer des retours d’expériences concrets sur les différentes thématiques de la feuille de route : déploiement des services socles, mise en place de plateformes numériques, innovation, gouvernance, etc.
Ils concernent aussi bien les établissements que les services et apporteront un éclairage à tous ceux qui doivent piloter et développer opérationnellement un projet numérique dans le médico-social."
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Revue de presse 14 mars 2021


Que dit le plan de relance pour loger les populations vulnérables ?

"La crise sanitaire a mis en exergue le rôle et l’importance de l’habitat et du bâti, notamment pour les populations les plus vulnérables. Outre un dispositif pour l’immobilier hospitalier, le plan France relance prévoit une aide à l’investissement à destination des Ehpad ainsi qu’un soutien exceptionnel à l’hébergement et au logement.
Restez chez vous. L’injonction a tourné en boucle sur les ondes radio et à la télévision pendant les deux périodes de confinement. Mais où et dans quelles conditions ? Dans un logement insalubre ou surpeuplé, dans la rue ou un hôtel, comme les quatre millions de personnes mal-logées ;à domicile et isolées comme les 650 000 personnes âgées qui n’ont vu personne de mars à mai ; dans un établissement médico-social, dans un centre d’hébergement non organisé à cette fin.
La crise sanitire a confirmé avec acuité le rôle et l'importance tant de la qualité de l'habitat et du bati, que du nombre de logements et des solutions pour mettre à l'abri et accompagner les personnes."
Lire l'article de la Gazette santé-social

Sciences-Po Grenoble : une semaine de tempête médiatique sur fond d’«islamo-gauchisme»

"Sciences-Po Grenoble pensait avoir touché le fond après l’affichage non revendiqué, le 4 mars sur ses murs, des noms de deux de ses enseignants accusés d’être des «fascistes» aux penchants islamophobes. Si les auteurs de l’affiche restent inconnus jusqu’ici, la situation a tourné cette semaine au lynchage médiatique pour cet institut d’études politiques (IEP). Sans que sa communauté étudiante et enseignante, tétanisée, ne soit en mesure de calmer la tempête.
L’affiche accusatrice a suscité un tollé national, d’autant que des syndicats étudiants locaux ont relayé momentanément et très «maladroitement» comme l’a reconnu l’Unef, une photo du collage. "
Lire l'article de Libération

Angus Deaton : « Le Covid-19 disparaîtra mais aux Etats-Unis, l’épidémie de “morts de désespoir” va sans doute continuer »

"Est-ce parce qu’Angus Deaton avait reçu, cette année-là, le prix Nobel d’économie pour ses travaux antérieurs sur l’extraordinaire enrichissement de l’Occident au XIXe siècle (La Grande Evasion, PUF, 2015) ? Toujours est-il que l’article qu’il publie avec sa collègue à l’université de Princeton, Anne Case, le 8 décembre 2015, dans la prestigieuse revue scientifique de l’Académie nationale des sciences américaines attirera tant d’attention qu’il engendrera − ce n’est pas si fréquent pour une publication académique − un scandale politique, puis judiciaire.
Une plongée dans les statistiques de santé leur permettait en effet de démontrer que le taux de mortalité des Américains blancs « non hispaniques » âgés de 45 à 54 ans était en hausse constante depuis 1999, à l’inverse de celui des autres catégories de population. La cause la plus massive − mais pas la seule − de cet inquiétant phénomène était la prescription massive par les médecins d’antalgiques contenant des substances addictives − les opioïdes ou opiacés."
Lire l'article du Monde

Précarité : la métropole de Lyon veut expérimenter un Revenu solidarité jeunes

"Le dispositif doit être proposé ce lundi 15 mars au conseil métropolitain pour que les premiers versements aient lieu dès le mois juin. Les acteurs locaux voient dans cette aide un moyen de sécuriser le parcours des jeunes les plus précaires."
Lire l'article des ASH


Revue de presse 07 mars 2021


Rapport:"Le Travail Social au défi de la crise sanitaire"

Impact de la crise sanitaire de la COVID-19 sur les organisations et les pratiques professionnelles des travailleurs sociaux
Rapport coordonné par Marie-Paule Cols à la suite de la saisine interministérielle du 5 octobre 2020
Extrait : "Ce travail d’exploration de l’impact de la crise sanitaire et en particulier l’impact du confinement sur les pratiques professionnelles des travailleurs sociaux nous a permis de tirer un certain nombre d’enseignements dont le gouvernement et l’ensemble des pouvoirs publics doivent se saisir, afin de définir un commun souhaitable et nécessaire pour préserver la cohésion de notre société et prendre soin de chacun de ses membres.
Les premières semaines de confinement, centrées sur une approche exclusivement sanitaire ont mis en évidence l’hétérogénéité territoriale du système de pilotage. Elles ont pu également révéler la plasticité et l’adaptabilité des organisations en termes de simplification et de transversalité.
Il a fallu aussi faire le constat d’un travail social impensé de la crise sanitaire, de son invisibilité et de sa faiblesse pour conduire le dialogue avec la puissance publique. En dépit de cette situation, les travailleurs sociaux et leurs institutions sont, dans leur grande majorité, restés présents, et ont pu résister pour atténuer les effets dévastateurs de cette crise sur les plus vulnérables. Ainsi des professionnel.le.s se sont engagé.e.s pour maintenir le lien social et développer de nouvelles pratiques d’accompagnement, d’autant plus efficacement lorsqu’ils ont pu être soutenus par leur hiérarchie, et en particulier par l’encadrement intermédiaire.
La crise sanitaire a été un accélérateur des transitions et un révélateur des capacités des travailleurs sociaux, qu’il s’agisse des usages numériques, de la dynamique d’aller-vers, des pratiques de médiation, d’agilité pour s’adapter au contexte, ou encore de leur rôle essentiel pour éviter les situations d’isolement et de détresse.
Souvent, elle a été l’occasion d’une plus grande proximité relationnelle et d’une plus large place faite à la confiance, confiance aux personnes de la part des travailleurs sociaux, mais aussi plus grande confiance accordée aux professionnels de la part de leur hiérarchie.
Télécharger le rapport

Lien social : Rompre avec les préjugés

"Si les maladies psychiques font peur, c’est parce qu’on ne les connaît pas vraiment.
Les vidéos proposées par les 18e Journées de la schizophrénie du 13 au 20 mars dans le cadre du Prix « Arts Convergences » ne peuvent que sensibiliser et démystifier ce handicap en présentant la réalité vécue par les personnes concernées.
STIGMA, de Yvonne Quenum et Mehdi Housni
Voir les vidéos ur le site de Lien social

Islamo-gauchisme : « Nous ne pouvons manquer de souligner la résonance avec les plus sombres moments de l’histoire française »

"Près de 200 universitaires du monde anglophone, parmi lesquels Arjun Appadurai, Judith Butler, Frederick Cooper et Ann Stoler, et plusieurs organisations universitaires dénoncent la « chasse aux sorcières » menée par la ministre Frédérique Vidal.
"Tribune. Nous écrivons pour exprimer notre profonde consternation devant la récente requête de la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique Vidal, demandant au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) de diligenter une enquête sur les agissements « islamo-gauchistes » dans les universités françaises.
Nous regrettons qu’après le passage par le gouvernement français d’une loi sur le « séparatisme » ayant déjà accentué la stigmatisation de musulmans en France, ce soit désormais aux universitaires d’être accusés de polariser les débats publics. L’idée que l’on puisse surveiller des enseignants-chercheurs sous prétexte du « dévoiement militant de la recherche » est dans les faits une menace directe de censure qui nous inquiète à plus d’un titre.
Tout d’abord, l’Etat n’a ni le droit ni la compétence pour censurer les travaux d’universitaires qui s’appuient sur leur expertise pour contribuer à l’avancée du savoir dans nos sociétés. C’est un précédent dangereux qui ne saurait être toléré dans une société démocratique.
L’argument selon lequel des universitaires, soi-disant « islamo-gauchistes », risquent de diviser la société est dans les faits un effort visant à diffamer nos collègues. Cette attaque est de surcroît justifiée au nom de la protection de la République face à l’alliance supposée entre une partie de la gauche et un groupe religieux.
Nous ne pouvons manquer de souligner la résonance avec les plus sombres moments de l’histoire française, et notamment avec un discours attaquant les « judéo-bolcheviques » qui déjà servait à créer l’amalgame entre engagements politiques et religieux."
Lire la tribune sur le Monde.fr


Revue de presse 28 février 2021


HCTS : Les effets de la crise Covid-19 sur les pratiques des travailleurs sociaux : Aspects éthiques et déontologiques

Ce document du Haut Conseil du Travail Social, "s'adresse en priorité aux travailleurs sociaux, à leurs encadrements et à leurs directions.
Il vise à rappeler des conflits de valeurs ayant soulevé des questionnements éthiques à l'occasion de la crise en cours et notamment pendant la période du premier confinement.
Les informations et expériences recueillies par les membres de la commission ont permis de recenser plusieurs grandes tensions éthiques et des réponses qui ont été apportées.
La crise sanitaire s'étant installée et, jouant les prolongations pour de longs mois, il est important d'en tirer des enseignements pour le présent et l'avenir.
Lire le document du HCTS

Covid-19 : l’exécutif prépare un tour de vis local pour éviter un confinement national

"Pour éviter une nouvelle flambée épidémique, le gouvernement a acté le retour à une stratégie territoriale, avec des mesures ciblées sur les territoires les plus touchés.
Le vent a bel et bien tourné. Après avoir fait preuve d’optimisme, l’exécutif se trouve contraint d’opérer un nouveau tour de vis face à la résurgence de l’épidémie de Covid-19.
« Après plusieurs mois marqués par un plateau se situant entre 15 000 et 20 000 cas par jour, le virus gagne de nouveau du terrain depuis une semaine », a déploré le premier ministre, Jean Castex, jeudi 25 février, lors d’une conférence de presse, en pointant les plus de 30 000 nouveaux cas enregistrés, la veille."
Lire l'article du Monde

Rixes mortelles en Essonne : « Les réseaux sociaux sont la grande nouveauté des violences entre bandes »

"Après la mort de deux adolescents, le sociologue Marwan Mohammed, spécialiste des jeunesses urbaines, rappelle que les affrontements entre groupes de jeunes sont « un phénomène cyclique ».
Question : Lundi, « Le Parisien » rapportait qu’une note de la Préfecture de police comptabilisait trois morts et 280 blessés, en 2020, à la suite d’affrontements entre bandes dans l’agglomération parisienne. Y a-t-il une hausse de ces actes ?
Mohamed Marwan : Pour avoir une réponse définitive, il faudrait être en mesure d’avoir un appareil d’enregistrement sur le long terme de ces phénomènes, dans ses différentes dimensions (violences, déscolarisation, absentéisme), mais aussi d’avoir un recensement homogène pour l’ensemble du territoire. Il y a aussi des manifestations de ces conflits difficiles à mesurer. Seule la partie visible des rivalités est connue, il y a parfois des blessés graves qui ne sont pas identifiés comme résultant d’un affrontement de bandes.
Les chiffres que donne la Préfecture de police, évidemment, ce sont toujours trois morts et 280 blessés de trop, mais il faut aussi prendre du recul : en 2020, à Chicago, aux Etats-Unis (2,7 millions d’habitants contre 2,2 pour Paris), il y a eu plus de 700 morts, dont 300 mineurs, et plus de 4 000 blessés. Ce sont en majorité des fusillades liées à des rivalités entre gangs."
Question : Les violences entre bandes ont toujours existé dans les grandes métropoles, mais les réseaux sociaux modifient-ils la manière dont se construisent ces rivalités ?
Mohamed Marwan : Les réseaux sociaux sont la grande nouveauté : il y a une digitalisation des conflits. D’une part, leur naissance se joue désormais également dans la sphère numérique et peut déborder sur l’espace public. Auparavant, les conflits naissaient en présentiel, maintenant ils peuvent naître en virtuel.
Le deuxième effet, c’est la temporalité : l’affrontement est désormais suivi en temps réel par des centaines de personnes. Troisième effet des réseaux sociaux : ils créent un espace numérique des réputations. Auparavant, elle se construisait dans l’espace physique, entre le collège, le lycée, le bus scolaire… Tout cela existe toujours, mais, aujourd’hui, les faits et le prestige sont aussi commentés, notés, évalués en ligne.
Le dernier effet, c’est le fait que les belligérants se mettent en scène. Dans le cas de Yuriy [un adolescent de 15 ans violemment agressé et laissé pour mort dans le 15e arrondissement de Paris], on a vu une première vidéo circuler, montrant des jeunes issus de son quartier, qui tabassent un adolescent de Vanves. Ils se filment et s’expriment face à la caméra, en parlant non pas qu’à lui, mais à son quartier et à ses copains. On a une forme de scénarisation, pas forcément pensée à l’avance, mais qui est là."
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États-Unis : la nouvelle Grande Dépression. Avec Angus Deaton et Anne Case

"Alors que les États-Unis viennent d’atteindre le demi-million de décès liés au coronavirus, une menace plus grande s’étend sur une certaine frange de l’Amérique : les morts de désespoir.
L’Américain blanc non-diplômé se meurt. C’est le constat d'une étude menée par deux économistes, Anne Case et Angus Deaton - prix Nobel d’économie 2015 qui révèlent une augmentation des suicides et des morts liées au désespoir chez cette population des États-Unis. En cause : le capitalisme qui aura détruit des emplois, réduit les salaires et déconstruit le tissus social et communautaire.
Cette épidémie de « morts de désespoir » se traduit également à travers la désormais célèbre crise des opioïdes, liée à un système de santé plus que défaillant. Mais des solutions existent, Anne Case et Angus Deaton en proposent dans “Morts de désespoir. L’avenir du capitalisme” (PUF, 2021)."
Ecouter l'émission sur France culture.fr


Revue de presse 21 février 2021


Pau : un responsable d’un centre d’accueil de réfugiés tué à coups de couteau

"La victime, un homme de 46 ans, est morte peu après l’agression. L’auteur présumé, un demandeur d’asile soudanais de 38 ans, a été interpellé.
Un responsable d’un centre d’accueil de réfugiés et demandeurs d’asile (CADA) de Pau, dans les Pyrénées-Atlantiques, a été tué vendredi 19 février à coups de couteau par un demandeur d’asile soudanais que la France s’apprêtait à expulser. La victime, chef de service « asile » au sein du centre géré par l’association Isard COS et âgée de 46 ans, est morte des suites de ses blessures.
Son agresseur présumé a été interpellé sans incident, selon une source policière. Cet homme de 38 ans est connu de la police : « Son casier judiciaire fait apparaître deux condamnations exécutées pour faits de violences commis en 2017 », selon le parquet. Il était, en revanche, inconnu des services de renseignement : l’attaque n’est pas considérée comme terroriste, selon une source proche du dossier. Il ne vivait pas au centre, mais y avait été pris en charge par le passé."
La victime, Cyril, était « un travailleur social expérimenté, chef de service depuis 2015 avec une longue expérience de l’accueil des demandeurs d’asile. Il devait gérer des situations délicates et difficiles », a déclaré Elias Philippe, directeur du CADA. Il a remercié « les salariés présents qui ont œuvré pour maîtriser l’individu », qui pourtant, a-t-il dit, « n’était pas dans une situation de violence particulière avant le drame », lorsqu’il s’est présenté au centre."
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L’université d’Amiens dépassée par la détresse psychologique de ses étudiants

"Selon une enquête de l’université picarde, les trois quarts des étudiants présentent des signes de détresse psychologique, et un sur cinq a eu récemment des idées suicidaires.
A Amiens, le service de santé universitaire de l’université de Picardie Jules-Verne (UPJV) est un petit bâtiment en briques rouges, au milieu du campus. Dans la salle d’accueil, des affiches de sensibilisation contre les violences faites aux femmes ou pour le port du masque habillent les murs. Plus loin, on aperçoit les bureaux des personnels médicaux et administratifs – une vingtaine de personnes au total. Les étudiants y viennent pour des consultations courantes, des tests Covid, mais aussi, de plus en plus, pour obtenir un soutien psychologique.
« Les consultations chez nos psychologues ont augmenté de 30 % depuis la rentrée 2020, il y a désormais un mois d’attente », explique Delphine Guérin, directrice du service de santé, en faisant visiter les lieux. Les personnels rencontrent de nombreux jeunes épuisés mentalement, fragilisés par l’isolement social des cours à distance, par des difficultés financières et l’angoisse générée par la situation actuelle. Une nouvelle psychologue vient d’ailleurs d’arriver. Delphine Guérin espère pouvoir recruter une seconde personne pour passer à deux équivalents temps plein… pour 32 000 étudiants."
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François Dubet : « L’égalité des chances exige d’abord de savoir ce que nous offrons aux vaincus de la compétition méritocratique »

"Pour lutter contre les inégalités, l’accès aux grandes écoles des meilleurs élèves des établissements les moins favorisés n’est pas suffisant, estime, dans une tribune au « Monde », le sociologue François Dubet, pour qui la réduction des inégalités sociales reste le moyen le plus sûr de parvenir à une réelle égalité des chances."
Pendant que nous agissons contre la clôture sociale, culturelle et parfois sexuelle, du recrutement de l’ENA, de Sciences Po et de quelques grandes écoles, des inégalités scolaires bien plus lourdes nous laissent relativement indifférents.
Depuis plus de vingt ans, toutes les comparaisons internationales nous apprennent que l’école française est non seulement inégalitaire, mais qu’elle accentue l’impact des inégalités sociales. Elle creuse les écarts entre les classes sociales, et ceci dès le départ. L’enquête TIMSS de décembre 2020 montre que le niveau des élèves français en sciences et en mathématiques est le plus faible d’Europe, et que ce niveau baisse régulièrement. Mais après un bref moment d’inquiétude et d’indignation, nous tournons de nouveau le regard vers le seul recrutement des élites, comme si l’avenir du pays se jouait là bien plus que dans les inégalités scolaires « banales » qui finissent par aller de soi.
Il est vrai qu’il est plus facile et moins coûteux de faire entrer quelques centaines d’élèves méritants dans les bonnes écoles que de réduire les inégalités de performances entre les élèves et les grands écarts de valeur des diplômes qui séparent les « bons » établissements et les autres, les grandes écoles et les premiers cycles universitaires, les formations rentables et celles qui le sont moins ou pas du tout.
Tout se passe comme si, nous sentant incapables d’agir sur l’architecture même du système scolaire, nous pensions que le seul problème était de fonder la légitimité des élites pendant que les autres, ceux qui n’ont pas assez de mérite, seront abandonnés à leur sort et confrontés au handicap de l’absence de qualification, à la lente dévaluation des diplômes « de masse », et à la crise de l’emploi.
L’égalité des chances est un principe de justice incontestable, mais elle n’est pas toute la justice scolaire parce qu’elle exige d’abord de savoir ce que nous offrons aux vaincus de la compétition méritocratique, même dans le cas où cette compétition serait un peu plus équitable."
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ASH : Justice pénale des mineurs : un pas de plus vers le tout répressif (Podcast SMS)



Lien social : Assistants familiaux • Une réforme à la peine

"Toujours dans l’attente des « conclusions de la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) du 5 février à partir des propositions d’un groupe de travail mis en place en 27 février 2020, et constitué d’assistants familiaux, d’employeurs et de représentants de l’État, les associations présentent leurs demandes : « la prise en compte de leur demande de salaire à temps complet au SMIC pour le premier enfant placé ;
celle de la révision de la formation rendant la présentation du diplôme d’État obligatoire ; l’harmonisation des conditions d’agrément ; le respect de la présomption d’innocence en cas de dénonciation de violences de la part d’un enfant et le maintien du salaire jusqu’au jugement (qui blanchit les professionnels dans 95 % de cas) ; l’uniformisation au niveau national de la reconnaissance des assistants familiaux (sur laquelle 35 % des départements ont bien avancé) ; l’abolition de leur précarité : quand un enfant part, alors que le département a réservé une place, le professionnel qui a aménagé sa maison, investi dans l’achat d’un grand véhicule, ne perçoit plus de salaire. Les associations réclament aussi la mise en place de modules de formation communs avec les autres travailleurs sociaux".
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Oubliés du Ségur : l’intersyndicale du privé rue dans les brancards

"Le Ségur doit s’appliquer de la même manière à tous les personnels des secteurs sanitaire, médico-social et social, quel que soit leur statut – public, privé non lucratif, commercial – et quel que soit leur métier. Telle est la revendication des huit organismes réunis en intersyndicale alors que les professionnels du secteur public médico-social et social public recevront 183 euros net par mois de mieux au 1er juin. À ce stade, pas de mobilisation nationale en préparation mais d’autres moyens d’actions sont réfléchis."
Ce qui coince, ce sont les différences de traitement des personnels selon leur appartenance à la fonction publique hospitalière ou territoriale, au secteur associatif ou commercial, selon le lieu de leurs interventions, au domicile ou en établissement, selon leurs métiers"
Lire l'article de la Gazette santé-social

Un rapport de la Cour des Comptes sur les parcours de soins en psychiatrie

"En lien avec les chambres régionales des comptes, la Cour a cherché, à partir des nombreuses données disponibles et de visites et contrôles sur site, à décrire et comprendre la répartition et l’allocation des moyens entre les différents types de patients concernés par les soins de santé mentale et de psychiatrie (du simple mal-être aux troubles psychiatriques plus sévères).
Le constat principal est celui d’un offre de soins diverse, peu graduée et insuffisamment coordonnée. Pour y remédier, la Cour formule sept recommandations, visant notamment à définir une politique de soins plus cohérente et à renouer avec la pratique des soins inclusifs initiée dans les années 1960, dans une logique de qualité de l’accompagnement et de dignité des patients". Notons une distinction effectuée au début du rapport :
"Le champ de la psychiatrie et de la santé mentale est très vaste. Il convient de distinguer :
  • d’une part, le besoin en soins de « psychiatrie », qui couvrent le champ des troubles psychiatriques tels que répertoriés dans la classification officielle (CIM10) et font l’objet du présent rapport ;
  • d’autre part, le besoin de soins en « santé mentale », qui répond à des symptômes passagers, souvent en réaction à des conditions sociales ou à des événements de vie. Ces derniers ne correspondent pas à des troubles psychiatriques et ne nécessitent pas de soins de cette discipline mais plutôt une prise en charge «psychosociale»."
Cette distinction est ensuite affinée, avec trois catégories :
- "les troubles dits « légers » ou « modérés » (la plupart des troubles dépressifs et anxieux), relativement fréquents, qui concernent presque un tiers de la population en termes de prévalence3 sur la vie entière (et un quart environ pour l’année en cours)".
- "La « détresse psychologique » ou le « mal-être » qui sont des symptômes passagers, très fréquents, souvent consécutifs à des évènements négatifs et qui n’entrent pas à proprement parler dans le champ de la psychiatrie" ;
- Les troubles « sévères », moins fréquents (1 % pour les troubles psychotiques dont les troubles schizophréniques, 2 à 3 % pour les troubles bipolaires, auxquels s’ajoutent les formes sévères des autres troubles, soit au total 7 à 8 % sur la vie entière), qui demandent des parcours de soins plus complexes, impliquant une ou des hospitalisations et, pour certains d’entre eux, une réinsertion longue qui dépasse le seul champ sanitaire".
Acceder au rapport et à la synthèse


Revue de presse 14 février 2021


Lien social : Une pétition contre la précarité étudiante

"Une réforme réorganise le mode de calcul des aides personnalisées au logement (APL). Jusque-là évaluées à partir des ressources de l’année précédente, depuis le 1er janvier, elles se calculent en fonction des revenus des douze derniers mois et seront réactualisées tous les trimestres. Cette modification est profitable pour les personnes voyant ces aides augmenter, pas vraiment pour ceux qui subissent leur effondrement brutal, voire leur disparition. Et ce sont les jeunes étudiants qui sont les premiers touchés par cette situation. Certains, déjà précaires constatent que cette aide qui entrait pour une part non négligeable dans leur budget (270 euros pour les uns, 390 euros pour ceux en contrat d’apprentissage) se réduit à zéro ! Parmi les jeunes qui cumulent des jobs il y a encore ceux qui ne gagnent pas assez pour une prime d’activité mais trop pour des APL !
Clémentine Beguier, étudiante en apprentissage de première année d’études pour devenir Éducatrice Spécialisé à Poitiers a lancé une pétition qui aujourd’hui dépassait les 23 000 signatures pour demander un moratoire sur l’application de la réforme pour les étudiant(e)s précaires qui sont aujourd’hui impacté(e)s négativement par elle."
Lire l'article de lien social

Exclusions scolaires

Comment un élève peut-il se retrouver exclu définitivement de son établissement scolaire ? Les causes peuvent varier, mais le protocole reste le même. Un avocat et une conseillère principale d'éducation racontent deux histoires d’exclusion scolaire, quand les enfants n’ont plus leur place à l’école.
Ecouter l'émission sur franceculture.fr

Comprendre le phénomène des bandes et ses évolutions

"Le 15 janvier dernier, dans le quartier de Beaugrenelle, à Paris, un adolescent a été violemment agressé par d'autres jeunes. Ce passage à tabac, dont la vidéo a largement circulé sur les réseaux sociaux, a de nouveau braqué les projecteurs sur le phénomène des bandes.
Un phénomène que j'ai eu l'occasion d'observer lors de mes recherches ethnographiques du début des années 2000 puis lors de collaborations avec des équipes d’éducateurs de la prévention spécialisée, que j’accompagnais en « travail de rue », toujours dans des quartiers prioritaires de la politique de la ville et principalement dans des cités HLM de banlieue, depuis 2006 jusqu'à aujourd'hui. Au cours de ces recherches, j’ai observé un espace public très peu investi par les habitants.
Au tournant des années 1980-90, François Dubet et Didier Lapeyronnie comparaient le contrôle social adulte dans les quartiers populaires d’une vieille ville ouvrière (Seraing, province de Liège, en Belgique) à celui des nouveaux quartiers de logements sociaux en France :
"La rue était une aire soumise au contrôle diffus des adultes, chaque voisine pouvait ‘jeter un œil’ sur les enfants et surtout, elle se donnait le droit d’intervenir dans ce monde relativement ‘accordé’ par des normes communes. À Seraing encore, les adultes interpellent directement les adolescents qui se livrent à des jeux intempestifs ; chacun connaît les jeunes et ne se prive pas de menacer les plus turbulents d’en parler à leur père’. Ce contrôle social s’étiole dans les nouveaux quartiers.
Comment intervenir auprès d’enfants dont on ne connaît pas les parents, dont on souhaite souvent ignorer l’existence et dont on veut se démarquer afin de préserver son image et son quant-à-soi ? Aussi, très vite, les jeunes apparaissent-ils comme des étrangers et comme un groupe plus ou moins menaçant, un groupe dont les réactions sont imprévisibles et face auquel il importe de se protéger. Avec la disparition de la rue, tous les espaces intermédiaires entre le public et le privé s’étiolent.
Le privé se replie sur l’appartement qui devient une forteresse, et le public devient hostile. De ce point de vue, les jeunes et les enfants paraissent être les seuls véritables habitants de la cité, les propriétaires des espaces ouverts comme les parkings, les pelouses, les caves et les cages d’escaliers »."
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Violences sexuelles sur mineurs : pourquoi la question d’un âge légal de consentement fait débat ?

"Le Sénat vient d’adopter à l’unanimité en première lecture une proposition de loi fixant un âge de non-consentement du mineur à 13 ans pour les infractions sexuelles les plus graves (viol, agression sexuelle).
Cette volonté de poser un interdit sociétal clair est une réponse au « rendez-vous manqué » de la loi du 3 août 2018, dite loi Schiappa, qui ne posait pas clairement la question.
Elle revient en force, relancée par l’affaire Duhamel et le mouvement #MeetooInceste sur les réseaux sociaux.
Néanmoins cette proposition de loi sur le consentement continue de susciter le débat comme l’illustre la campagne #Avant15anscestnon."
Lire l'article de the conversation


Revue de presse 7 février 2021


Le Covid-19 a percuté une jeunesse étudiante déjà fragilisée

"Beaucoup d’étudiants connaissaient des difficultés, que la crise est venue aggraver, selon les résultats de l’enquête de l’Observatoire de la vie étudiante
Avant la pandémie, de nombreux étudiants présentaient déjà de grandes fragilités économiques et psychologiques. Et même si la situation « semblait s’améliorer », la crise sanitaire a « provoqué un coup d’arrêt brutal, qui aura des effets sur le long terme », explique Monique Ronzeau, présidente de l’Observatoire national de la vie étudiante (OVE), qui publie jeudi 28 janvier les résultats de cette vaste enquête, dont la dernière édition remontait à 2016. Ainsi, dès le printemps, une part importante de jeunes témoignaient de difficultés économiques : 26 % estimaient « ne pas avoir assez d’argent pour couvrir leurs besoins mensuels » : c’est beaucoup, mais c’est trois points de moins qu’en 2016. « On commençait à percevoir les effets des différents plans étudiants », observe Monique Ronzeau. Une tendance qui a été balayée par le premier confinement, puisque 36 % de ceux qui travaillaient ont alors perdu leur activité, avec une baisse mensuelle de revenus de 274 euros en moyenne. Les étudiants étrangers et les plus âgés sont les plus touchés."
Lie l'article du Monde

Inceste : au-delà du bruit médiatique, entendre la tragique banalité du phénomène

"Comme trop souvent l’actualité fonctionne sans mémoire du passé et sans histoire. Les toutes récentes révélations de Camille Kouchner, qui accuse dans un livre son beau-père Olivier Duhamel d’avoir abusé de son frère jumeau, suscitent un torrent médiatique et des réactions étonnées, comme si la chose – l’inceste – et son émergence dans l’espace public constituait une nouveauté.
Pourtant, les chiffres sont là : selon une enquête Ipsos publiée en novembre 2020 un Français sur 10 serait victime d’inceste même si, rappelons-le, les chiffres, en particulier en matière de criminalité sexuelle, ne sont pas toujours probants. Ce week end en outre, les témoignages d'incestes se sont multipliés sur les réseaux sociaux sous le nouveau hashtag #Metooinceste.
En fait, il a fallu attendre, la fin du XXe siècle pour que l’inceste devienne un sujet de discussion publique. Le Monde ne commence à consacrer des articles à la judiciarisation de l’inceste, c’est-à-dire à des procès pour attentats à la pudeur sur moins de 15 ans commis par un ascendant, qu’en mars 1974, ouvrant le feu de manière très significative avec une affaire d’inceste rural."
Lire l'article de the conversation

« La misère nous tombe dessus tous les jours » : la gendarmerie au quotidien à Migennes, dans l’Yonne

"Violences conjugales, cambriolages, petits trafics de drogue… dans cette région de l’Yonne, surnommée le « triangle des Bermudes » par les gendarmes, les refus d’obtempérer deviennent la norme. Les membres de la brigade de cette commune n’en gardent pas moins la foi."
Lire l'article du Monde

Enfants placés

"Ils sont environ 150 000 chaque année en France à être placés dans des structures collectives, des familles d'accueil dans le cadre de la Protection de l’enfance.
Que deviennent les filles et les garçons qui ont été pris en charge par cette institution ? Dix, quinze, quarante ans après la fin du placement, qu’ont-ils dû traverser pour s’en sortir ? Comment l'ont-ils vécu hier, et comment le raconter aujourd’hui ? Avec quels repères, ces enfants qui n’ont pas grandi avec leurs parents, se sont-ils construits ?
Enquête auprès d’« anciens » devenus adultes et pour certains, parents à leur tour. L’ombre portée de leur enfance différente plane-t-elle toujours sur leur vie de tous les jours ? Vivent-ils avec la crainte de la répétition de leur vécu dans leur vie actuelle ? Quel est leur ressenti, leur bien être et leur mal être, arrivent-ils à être heureux ?
Les anciens enfants placés constituent à la fois le cœur et le moteur de ce documentaire.
Ecouter l'émission sur France Culture


Revue de presse 31 janvier 2021


Le gouvernement va interdire l’hébergement en hôtel des enfants placés

"Cette loi, prévue pour améliorer le sort des mineurs confiés à l’Aide sociale à l’enfance, devrait entrer en vigueur début 2022, a annoncé, mercredi, l’entourage du secrétaire d’Etat chargé du dossier, Adrien Taquet.
Interdiction des placements à l’hôtel, nouvelles normes d’encadrement, aides à l’insertion à 18 ans : le gouvernement compte faire voter cette année une loi pour améliorer le sort des mineurs confiés à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), a annoncé, mercredi 27 janvier, dans la soirée, le secrétaire d’Etat chargé du dossier, Adrien Taquet.
« Nous allons inscrire dans la loi l’interdiction du placement des enfants dans les hôtels », a dit M. Taquet sur France 3, lors d’un débat diffusé après une enquête de « Pièces à conviction » sur les défaillances de l’ASE. « Il y a un texte de loi en préparation » qui sera aussi l’occasion d’« inscrire pour la première fois dans la loi des normes de taux d’encadrement » pour les lieux accueillant des mineurs de l’ASE, a ajouté le secrétaire d’Etat."
Lire l'article du Monde

Patrice Huerre : "Je vois de plus en plus de personnes qui s'auto confinent psychiquement"

"Avec la perspective d'un troisième confinement et son effet sur le moral des Français, Patrice Huerre pédopsychiatre des hôpitaux et psychanalyste répond aux questions de Mathilde Munos"


Covid-19 : dans les hôpitaux, une troisième vague paraît inéluctable

"De plus en plus de malades en réanimation, reprise de la déprogrammation, nouveaux transferts de patients… Les signaux d’alerte se multiplient partout en France malgré le couvre-feu généralisé.
Sommes-nous arrivés au point de bascule à l’hôpital ? Ce fameux point d’inflexion, où la courbe s’emballe, avec des patients du Covid-19 qui affluent à un rythme effréné, menaçant les établissements de saturation ?
L’indicateur hospitalier est scruté de toutes parts, tant il apparaît crucial dans le passage à des mesures de confinement plus strictes, et dans leur acceptation. Sur le terrain, si la situation n’est pas homogène, les signaux d’alerte se multiplient.
Une certitude générale : le niveau de tension reste élevé et la tendance est à la hausse. La barre des 3 000 malades en réanimation a été franchie cette semaine, quand le nombre de patients hospitalisés s’élevait à 27 169 personnes, mercredi 27 janvier. Soit des niveaux similaires à ceux atteints entre la fin octobre et le début de novembre 2020, mais à un rythme bien différent de celui de l’automne, avec ce « plateau montant » ou ce « faux plat » décrits par les autorités sanitaires depuis le début de l’année."
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Revue de presse 24 janvier 2021


Évaluation globale de la situation des enfants en danger ou risque de danger : cadre national de référence

La Haute Autorité de santé publie le premier cadre national de référence pour l’évaluation globale de la situation des enfants en danger ou risque de danger. Il fait suite à une demande de la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), et du secrétariat d’État en charge de l’enfance et des familles auprès du ministre des solidarités et de la santé, dans le cadre de la stratégie nationale de prévention et de protection de l’enfance, et du plan interministériel de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux enfants."
Ce cadre de référence s’adresse aux conseils départementaux, et plus précisément aux professionnels des Cellules de recueil, de traitement et d’évaluation des informations préoccupantes (CRIP) chargés de réaliser l’analyse initiale des informations préoccupantes reçues, aux professionnels des équipes pluridisciplinaires d’évaluation chargés de réaliser les évaluations des situations et à leurs cadres. Il s’adresse également à tous les professionnels et institutions qui contribuent au dispositif de recueil et de traitement des informations préoccupantes, en premier lieu aux acteurs intervenant auprès des enfants et adolescents :
- Acteurs de la petite enfance (crèches, haltes-garderies, assistants maternels)
- Acteurs des établissements scolaires publics ou privés
- Acteurs du secteur sanitaire:
- intervenant en libéral;
- intervenant en milieu hospitalier (notamment dans les services des urgences, de pédiatrie, de maternité et dans les UEAD)
- Acteurs du secteur médico-social accompagnant des enfants en situation de handicap (IME, ITEP, SESSAD…)
- Acteurs du secteur de la protection de l’enfance (prévention spécialisée, centres maternels et parentaux, AEMO, MECS, foyers de l’enfance, assistants familiaux…) et de la protection judiciaire de la jeunesse (STEMO, STEI…)
- Acteurs du secteur des loisirs (activités périscolaires, centres de loisirs, associations et clubs, colonies de vacances…).
- Les professionnels qui accompagnent des parents sont également susceptibles d’émettre des informations préoccupantes. En lien avec leur expertise, ces mêmes professionnels peuvent également contribuer au traitement des informations préoccupantes. Il s’agit des :
- Acteurs du secteur sanitaire (là encore, en milieu hospitalier ou en libéral)
- Acteurs du secteur médico-social accompagnant des adultes (SAVS, SAMSAH, ESAT, Foyers d’hébergement, Foyers de vie...)
- Acteurs du secteur social (services sociaux départementaux de proximité, CRIP d’autres départements, services de tutelle, CHRS, FJT, résidences accueil, CADA…)
- Acteurs de la police et de la gendarmerie
- Acteurs de la justice,Etc.
D’autres personnes contribuent également au dispositif de recueil des informations préoccupantes : un certain nombre d’informations préoccupantes sont émises par les enfants / adolescents concernés eux-mêmes et par leur entourage (enfants / adolescents et adultes, au sein de la famille proche ou élargie, parmi les amis, les voisins)."
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Garantie jeunes • Ouverte à tous ?

"Sommes-nous à la veille de la création d’un RSA jeunes ? Pas tout à fait, mais le rapport intitulé « La Garantie jeunes de demain, un droit ouvert à tous les jeunes », remis le 7 janvier à la ministre du Travail, contient des avancées.
Ce rapport du conseil de l’orientation des politiques de jeunesse (COJ), rédigé par Antoine Dulin, formule des propositions pour « faire de la Garantie jeunes un véritable droit à l’accompagnement de tous les jeunes ». Le dispositif qui combine accompagnement renforcé et versement d’une allocation de 450€ est actuellement réservé aux jeunes « NEETS » - ni à l’école, ni en formation, ni en emploi – de 16 à 25 ans, en situation de précarité.
Élargir l’accès et lever la limite de durée
Le rapport propose de lutter contre le non-recours au dispositif par des assouplissements financiers et administratifs, puis d’adapter le dispositif aux situations et profils des jeunes : l’élargir à l’ensemble des publics dits « en difficulté », l’ouvrir aux jeunes en situation de handicap jusqu’à 30 ans, permettre la prise en charge de besoins spécifiques (jeunes sortant de formation, réfugiés, etc.), et fluidifier la transition vers des dispositifs d’insertion comme les écoles de la deuxième chance. Le rapport suggère également de prolonger l’allocation et l’accompagnement au-delà d’un an, jusqu’à l’autonomie du jeune, son entrée en emploi ou formation."
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Pourquoi les assistantes sociales de polyvalence de secteur ont tant de travail ?

"Il faut le reconnaitre : être assistant(e) social(e) en polyvalence de secteur n’est pas une sinécure. Ce sont elles qui reçoivent les allocataires du RSA et doivent signer avec eux des contrats d’insertion ou des contrats d’engagements réciproques. Mais il n’y a pas que cela. Même si parfois des personnes accompagnées se plaignent de ne pas être assez ou correctement aidées, on ne compte plus le nombre de dispositifs, notes de services et consignes qu’il leur faut appliquer. Dans certains départements ce sont entre 30 et 40 procédures différentes qu’un(e) seul(e) et même assistant(e) social(e) doit être en capacité de mettre en œuvre. Parfois cela va au-delà."
Tentons de lister les domaines et les dispositifs qu’il leur faut savoir maîtriser :
Le Logement : SIAO, DALO, DAHO, FSL (accès, maintien, énergie ), contingent préfectoral, demande de logement HLM, CCAPEX, enquêtes préfecture pour la prévention des expulsions
L’insertion : L’accès au droit RSA- orientation, le contrat d’insertion, les Aides individuelles à l’insertion (AII, AIF, AIPC) activation des références et correspondances, demande d’accès à un emploi aidé…
La protection de l’enfance : enquêtes sur demandes du JE ou rapport de signalement, les « soit transmis » du procureur, les informations préoccupantes, les MAESF, les aides financières enfances familles (aides aux projets, aides subsistance…)
Les adultes vulnérables : MASP, demandes de curatelles, tutelles, coordination PA-PH, liens avec le CLIC…
Les jeunes : demandes de FAJ, CSAJ, Permis jeunes, emplois avenir, activation dispositif mission locale…"
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Revue de presse 18 janvier 2021


« La France a un problème avec l’inceste » : avec #metooinceste, des dizaines de milliers de Tweet libèrent la parole

"Le mot-dièse a réuni de nombreux témoignages, ce week-end, en réaction à la publication du livre de Camille Kouchner « La Familia grande ».
Muriel Salmona a passé le week-end sur son portable. Des heures durant, la psychiatre spécialiste des violences faites aux femmes et aux enfants a consulté compulsivement les dizaines de milliers de Tweet publiés avec le mot-dièse #metooinceste. Elle a regardé éclore les histoires de tous ces Français, connus ou inconnus, petits comptes à quelques followers créés pour l’occasion, ou gros comptes leaders, qui racontent publiquement les agressions dont ils se disent victimes à 5, 8 ou 13 ans, par leur père, grand-père, frère, oncle ou cousin.
« Ça concrétise ce que l’on sait déjà, il y a tellement de victimes en France. C’est une bonne nouvelle, elles arrivent à parler, ça veut dire qu’elles se sont senties en sécurité pour affronter le poids du secret », s’enthousiasme la soignante. Elle-même a pour la deuxième fois évoqué les propres faits dont elle a été victime, pour montrer « que ce sont les personnes les plus saccagées qui se battent, les plus abîmées qui tentent de remettre le monde à l’endroit »."
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le podcast SMS réalisé par la rédaction des ASH

Au sommaire de ce nouveau numéro :
- Les actualités des 7 derniers jours dans notre secteur.
- Un décryptage sur les certifications professionnelles et leurs blocs de compétences avec Céline Coulon de l'Inter-Régionale des formatrices et formateurs en travail social.
- Enfin, l’éditorial de la rédaction est présenté par Antonin Amado, qui interroge cette semaine nos représentations sociales.


Essonne : une place pour les enfants polyhandicapés à l’école ordinaire

"L’école primaire Anne-Franck des Molières, dans l’Essonne, a inauguré en septembre la première unité d’enseignement externalisée polyhandicap d’Ile-de-France. Elle accueille six élèves âgés de 6 à 11 ans."
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La haine en ligne

"Un jour, Marion poste une vidéo sur internet pour dénoncer le harcèlement de rue. Julie, elle, écrit un article sur les gérants d'un bar à cocktail vantant l’esprit colonial. Ni l’une ni l'autre ne se doutent qu’elles vont devenir les victimes d’un véritable déferlement de haine en ligne."

Universités : vers un déclin de l’empire américain ? Qualifiée tour à tour de tragédie, de contre-révolution, d’effondrement de la démocratie, la récente occupation du Capitole par les supporters de Donald Trump en réaction aux résultats des élections présidentielles a été vue comme le révélateur d’un malaise plus ancien et profond.
L’opinion publique mondiale semble découvrir la rupture définitive entre d’un côté des élites éclairées, cosmopolites et mondialisées, et de l’autre des classes moyennes et populaires réactionnaires : la face lumineuse et la face obscure de l’Amérique.
On en a tenu pour responsables tour à tour les populismes, les médias, l’économie capitaliste, le néolibéralisme. Et si les racines de la fracture étaient aussi à rechercher du côté du système éducatif ?" A méditer : "la baisse des inscriptions au cours de la dernière décennie serait plus importante pour certains groupes, notamment les noirs et surtout, parmi les blancs, les étudiants d’origine rurale." Je joins à ce sujet un 2° article pointant ce fait : "seuls 10 % des élèves étudiant dans les 146 meilleurs universités des États Unis, soient issus de la classe moyenne inférieure."
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Revue de presse 9 janvier 2021


« Notre droit n’est plus en mesure de sauver des vies » : la bureaucratie française, coupable idéale des ratés de la vaccination

"Le document compte 45 pages, cinq chapitres, quatre annexes et un luxe de détails, allant de la taille des aiguilles requises à la procédure visant à s’assurer du consentement des patients avant de leur injecter le précieux vaccin contre le Covid-19. Fallait-il 45 pages à en-tête du ministère de la santé pour guider un personnel de santé déjà soumis à un code de déontologie et, a priori, coutumier de piqûres en tout genre ?
Alors que la pandémie continue de flamber, décimant chaque semaine des centaines de Français, le guide de l’organisation de la vaccination distribué aux établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et aux unités de soin de longue durée est venu illustrer l’une des causes présumées de la lenteur de la vaccination contre le Covid-19 en France : la bureaucratie.
[...] L’administration, et en particulier celle du système de santé, est décrite comme un millefeuille d’institutions prisonnières les unes les autres de protocoles, de règles et de précautions, qui priveraient l’ensemble de cohérence, de pragmatisme et de bon sens. Après le raté des masques, l’échec des tests, les critiques envers la stratégie vaccinale confirment les défaillances d’une organisation incapable de répondre à l’urgence sanitaire.
A chaque fois, la logistique déraille et la communication, confuse et maladroite, alimente la défiance du grand public. Les failles du système de santé sont d’autant plus criantes qu’ailleurs, notamment à Bercy, la fonction publique a su se mobiliser pour déployer des aides massives et inédites en un temps record, sans tomber dans les travers habituels de formulaires à remplir ou d’attestations à fournir.
La France compte 93 000 administrations (Etat, Sécurité sociale, collectivités territoriales) qui peuvent dépenser de l’argent public, contre 15 000 en Allemagne, rappelait la Cour des comptes dans son dernier rapport de novembre 2020."
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Des origines de l'inceste à la libération de la parole

"Deux ans après MeToo, la parole des victimes de violences sexuelles continue de se libérer. Ces derniers jours, l’occasion a été donnée de reparler d’un grand tabou : l’inceste".


Cour des comptes : La politique en faveur du « logement d'abord »

"Particulièrement ambitieux, le plan « logement d'abord » 2018-2022 adopté en septembre 2017 est intervenu dans un contexte d'exigences fortes. Son principe consiste à favoriser un accès direct à un logement pour les personnes sans domicile et à centrer l'accompagnement sur les besoins des bénéficiaires. Avant même la crise sanitaire, près de 300 000 personnes se trouvaient sans domicile (dont environ 40 000 sans abri), estimation qui a plus que doublé depuis 2012. Les dépenses publiques consacrées à l'hébergement d'urgence ont très fortement augmenté sur la période récente et atteignaient plus de 4 Md€ en 2019. L'aide publique au logement social s'élève, elle, à 15 Md€. Si les premiers résultats du plan montrent une dynamique favorable, avec un accroissement des accès au logement, ils restent globalement en-deçà des attentes et des objectifs chiffrés, alors que la crise sanitaire renforce sa nécessité. La Cour formule quatre recommandations pour en accroître l'efficacité."
Lire le référé de la COur des Comptes

Faire de la garantie jeunes un « droit ouvert à tous »

"La Commission d'orientation des politiques de jeunesse propose d'ouvrir l'accès à ce dispositif bien au-delà des seuls 16-25 ans "ni en emploi ni en éducation ni en formation". L'accompagnement pourrait aussi dépasser la logique de "l'emploi d'abord".
Doubler le nombre de bénéficiaires de la garantie jeunes en 2021, avec rien moins que 200 000 places mises à leur disposition : cet effort a été annoncé par Jean Castex, le 26 novembre dernier, pour amortir le choc économique du Covid-19. Encore faut-il que les intéressés se saisissent de ce dispositif d’accompagnement vers l’emploi, assorti d’une allocation d’un montant maximal de 497 euros par mois... Et voilà pourquoi le Conseil d’orientation des politiques de jeunesse (COJ) avait été chargé, cet automne, de proposer des retouches à cet outil, afin « d’en faciliter l’accès à tous les jeunes qui le souhaitent ». L’instance consultative y répond, dans un rapport remis le 7 janvier : elle recommande de transformer ce dispositif en « un droit ouvert à tous les jeunes »."
Lire l'article du Média social

La CAF peut désormais collecter et verser les pensions alimentaires

"Pour son premier déplacement de l’année, Emmanuel Macron devait se rendre, mardi 5 janvier, à la Caisse d’allocations familiales (CAF) de Tours. L’occasion pour le président d’échanger sur les contours de la nouvelle réforme du versement des pensions alimentaires avec des familles monoparentales. Ces dernières, formées à 85 % par des femmes, constituent aujourd’hui un foyer sur quatre en France. En exposant leurs difficultés financières au grand jour lors de la crise des « gilets jaunes », elles avaient mis sur le devant de la scène le problème des impayés de pensions alimentaire."
Lire l'article du Monde

Politiques antiterroristes : quel rôle pour la recherche ?

"Avant 2015, les sciences sociales avaient déjà produit des connaissances solides sur les effets des politiques gouvernementales en matière d’attentats terroristes.
De nombreuses recherches avaient alors clairement démontré l’influence de deux facteurs : les interventions militaires à l’étranger et les politiques discriminatoires à l’égard des populations minoritaires.
Le premier facteur, l’interventionnisme militaire, a été mis en avant dès le début des années 2000 par les premiers travaux statistiques comparant l’occurrence des attentats terroristes à travers le monde.
L’un des articles scientifiques les plus cités sur le terrorisme, « The strategic logic of suicide terrorism » datant de 2003, montre que les attentats suicides commis jusqu’alors sont presque toujours reliés à un contexte d’occupation militaire étrangère.
(...)Concernant la discrimination à l’égard des populations minoritaires, les études publiées avant 2015 s’avéraient également solides. À partir du projet « Minorities at Risk » – élaboré par un groupe de chercheurs de l’Université du Maryland – qui collecte, dans le temps, l’évolution du degré de discrimination des minorités dans différents pays du monde, plusieurs publications avaient montré que la discrimination de minorités conduit à une augmentation d’attentats terroristes.
Les attentats sont plus nombreux dans les pays présentant une minorité linguistique ou religieuse spécifique connaissant une situation économique défavorable et une sous-représentation dans la sphère politique."
Lire l'article de the conversation

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