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Revue de presse 8 juin 2020


Patrick Boucheron : "La jeunesse a payé un prix extravagant à cette crise"

"Pour entamer ce "Monde d'après", Patrick Boucheron tire le bilan, d'un point de vue historique, de ce confinement : "On est ramené aux conditions singulières de l'expérience, chacun confronté à sa propre solitude (...) On a pas tous les mêmes fondations, sûres, et il est temps de descendre à la cave pour voir les dégâts (...) Il y a un gouffre qui s'ouvre devant nous, la responsabilité politique c'est l'autre temps, qui vient"."


Our cities only serve the wealthy. Coronavirus could change that

"Urban spaces have always catered to the needs of the elite but the community reaction to the pandemic shows it doesn’t have to be this way"
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Revue de presse 1 juin 2020


L'admission en formation de travail social fondée sur le seul examen du dossier de candidature

"Un décret et un arrêté publiés au Journal officiel le 26 mai prévoient des modalités dérogatoires d’admission, pour la session 2020, aux formations de certains diplômes de travail social."
"Par dérogation à l’article D. 451-28-5 du code de l’action sociale et des familles, les modalités d’admission dans les formations aux diplômes du travail social conférant le grade de licence mentionnés au 16o de l’article D. 612-32-2 du code de l’éducation peuvent, pour la rentrée 2020, être fondées sur le seul examen du dossier de candidature.Ces modalités d’admission s’appliquent à tous les candidats à une même formation d’un établissement.
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Lien social : Crise sanitaire • Mineurs abandonnés

« Si il n’y avait pas eu les associations et les collectifs, nous aurions eu des mineurs qui mourraient de faim et seraient à la rue en pleine crise sanitaire », Clémentine Bret, référente mineurs en danger de Médecins du Monde ne cache pas sa colère. Déjà abandonnés en temps normal, les mineurs en procédure pour faire reconnaître leur minorité et leur isolement se sont retrouvés totalement livrés à eux-mêmes pendant le confinement.
Malgré les nombreuses alertes, aucune aide, ni hébergement n’a été proposé à ces mineurs. Pourtant, le 22 mars, le secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’enfance, Adrien Taquet, l’assurait : « évalué mineur ou majeur, chaque jeune qui le demande sera mis à l’abri ». Une annonce sans effet."
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ANAS, Travail social apprendre du confinement #2.Accompagner autrement les familles et la parentalité



Explosion du nombre d’appels au 119 pendant le confinement

"On savait que la fréquentation du 119 (numéro d’appel d’urgence de l’enfance en danger) avait augmenté au cours du confinement. Et les chiffres du rapport final le confirment : une hausse exponentielle avec 97 542 appels entrants du 18 mars au 10 mai 2020, soit une augmentation de 56,2 % par rapport à la même période l’an dernier. Ces appels, quand ils peuvent être décrochés, sont alors triés, pris en charge par les équipes du Snated (renforcées pendant la période) ou réorientés vers d’autres numéros d’urgence et associations partenaires. Ainsi, les écoutants du 119 ont pu traiter 6 044 appels pendant le confinement, c’est 17 % de plus que l’an dernier à la même période.
Dans les faits, les écoutants ont davantage eu recours aux services de premiers secours (police, gendarmerie, Samu) à la suite des appels traités, dont le nombre a explosé de 113,5 % par rapport à 2019 et traduit des situations de danger imminent. Parmi les appels traités, plus de la moitié (55 %) ont donné lieu à la transmission d’informations préoccupantes aux services de la protection de l’enfance des départements, un chiffre en augmentation de 30,4 % par rapport à l’an dernier.
Parmi les chiffres clés, on note aussi une augmentation des appels de mineurs, 1 245 sur la période dont près d’un millier qui alertaient sur leur propre situation. Les appelants majoritaires restent cependant les parents et, en troisième position, avec une hausse notable, les voisins (16,6 % contre 10,3 %). Le Snated attribue cette augmentation des appels à une campagne de communication renforcée sur tous les supports."
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De nouvelles manifestations ont tourné à l’émeute à Minneapolis, les Etats-Unis sous le choc des violences policières

"Les images sont tragiquement familières. La mort d’un Afro-Américain aux mains de la police ; les manifestations de colère qui tournent à l’émeute ; la mobilisation de la garde nationale. L’enchaînement des événements a pour théâtre cette fois-ci Minneapolis, dans le Minnesota. Tout part de l’interpellation musclée d’un Noir de 46 ans, le 25 mai. La scène, filmée par un témoin, est difficilement soutenable. George Floyd est jeté au sol et un policier s’agenouille sur son cou. « Je ne peux pas respirer », répète-t-il. Ni ses suppliques ni celles des personnes qui assistent à la scène ne sont entendues. Puis, le corps de George Floyd s’immobilise. Lorsque les secours interviennent, le policier, Derek Chauvin, est toujours juché sur lui.
La réaction de la municipalité a été rapide : les quatre policiers ont été licenciés sur-le-champ. Le policier incriminé avait fait l’objet de dix-huit plaintes liées à son comportement. [...]Cette routine sanglante est vérifiée par les chiffres. Le nombre de personnes tuées par la police aux Etats-Unis en 2019 s’est élevé à 1 004, selon la comptabilité du Washington Post, qui ne recense que les morts par armes à feu. Un chiffre supérieur à celui enregistré en 2018 (992) et qui concerne de manière disproportionnée les Afro-Américains."
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Pourquoi l’Allemagne fait figure d’exemple dans sa gestion de l’épidémie de Covid-19

"Avec un des taux de mortalité les plus faibles d’Europe, l’Allemagne s’en sort remarquablement bien jusqu’à présent dans sa gestion de la crise sanitaire. Comment l’expliquer ?
Que dire de l’action d’Angela Merkel, que l’on donnait finie politiquement il y a encore quelques mois ? Système hospitalier particulièrement bien équipé, tests massifs : on vous explique les raisons du succès allemand dans le dernier épisode de « Pandémie », le podcast du Monde consacré à la crise engendrée par le coronavirus."
Ecouter le Podcast


Revue de presse 24 mai 2020


Violences conjugales : le huis clos accélère la prise de conscience

"Face à la montée des violences intrafamiliales lors du confinement, les associations spécialisées dans l’accompagnement des femmes victimes dressent leurs constats. Parmi les axes de travail pour les mois à venir : améliorer la prise en charge des violences psychologiques, déployer d’autres formes de médiation ou encore veiller aux personnes invisibilisées, femmes en situation de handicap et LGBT+ en tête. Jocelyne Vaysse vient d’enchaîner cinq appels dans la matinée… Médecin praticienne hospitalière et psychologue à la retraite, elle est écoutante de la ligne téléphonique dédiée aux victimes de violences de l’association Femmes pour le dire, femmes pour agir (FDFA). « Rendue presque aveugle par les coups de monsieur », une femme de 76 ans lui a assuré « avec beaucoup d’énergie » vouloir divorcer. Une autre a témoigné d’un mari alcoolisé, devenu plus violent avec le confinement. La période a ceci de particulier que « l’enfermement avec monsieur ou avec une famille délétère fait émerger des prises de conscience, et fait dire à nombre de femmes : “Cette fois-ci, je divorce, je porte plainte”, alors même qu’elles subissent ces situations depuis des années », expose Jocelyne Vaysse. Avec le déconfinement, le départ du domicile se profile. Sur ce sujet, « nous nous attendons à une grande vague d’accompagnement », abonde Thomas Humber, cofondateur de l’association En avant toute(s) et éducateur spécialisé de formation.
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Confinement : avec les enfants des foyers

"Dans le huis clos des foyers de l’Aide sociale à l’enfance, le confinement est une épreuve durement ressentie. Enfants placés et éducateurs racontent le poids du quotidien et les tensions intimes et collectives."
NB : en complément de cette émission, sur le site de l'émission ("les pieds sur terre") figure une lettre : "Quand Nadia se sent triste, elle écrit des lettres la nuit. Elle a accepté d'en partager une".
Nadia a 17 ans et ce qu'elle écrit éclaire bien la vie en foyer et les enjeux de la sortie de l'ASE et le poids de l'incertitude des "contrats jeunes majeurs": la perspective de se retourver à 18 ans sans aucun soutien.


« Après le confinement, assurer la continuité relationnelle plus que la continuité pédagogique »

"Si la fermeture des écoles a souvent été « éprouvante » et « déstabilisante », « nombreux sont les élèves à retirer aussi des éléments positifs de cette période », notamment dans la relation avec leurs professeurs, expliquent dans une tribune au « Monde » les enseignantes-chercheuses Pascale Haag et Muriel Epstein.
[...]Assurément, cette période aura été éprouvante pour les élèves qui sont dans les situations les plus précaires, ceux qui n’ont pas facilement accès aux équipements informatiques et dont les familles ne sont pas en mesure de les accompagner dans leurs apprentissages. Mais l’analyse des premières réponses de ces élèves du CP à la terminale montre aussi qu’ils sont nombreux à retirer des éléments positifs de cette période : ils constatent qu’ils gagnent en autonomie, sont moins stressés, mangent et dorment mieux, apprécient de pouvoir travailler à leur rythme et sont heureux de passer plus de temps en famille. Un lycéen de terminale considère ainsi que « pour le travail, ce confinement est presque parfait ». Une élève de CM2 partage ce constat : « Je suis libre et je me sens plus apaisée et je peux choisir ce que je souhaite apprendre. »
[...]La situation invite ou contraint l’enseignant à changer de posture. Pour certains élèves, le changement ne va pas dans le sens d’une amélioration des relations : l’enseignement à distance est difficilement vécu par un tiers des répondants, en particulier l’absence de cours et de relations personnalisées. C’est ce qu’expriment deux lycéens dans leurs commentaires : « Il y a trop de cours balancés dans mes e-mails et [les profs] s’attendent à ce qu’on s’enseigne tout seul », « Je ne m’y retrouve pas dans le travail, j’ai l’impression de tout découvrir à la dernière minute, trop de mails, trop d’informations différentes et incomplètes. » Une collégienne résume laconiquement : « Que des devoirs, pas de cours ! ». A l’école primaire aussi, certains élèves souffrent du manque de contact et peuvent se sentir délaissés.
A l’inverse, un tiers des participants ont le sentiment de communiquer mieux qu’avant avec les enseignants et se sont sentis bien accompagnés depuis le début du confinement : « Plus de communication et de compréhension », résume une collégienne. Près de 30 % des élèves souhaitent même qu’une partie des cours se poursuive à distance après la reprise !"
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Confinement et protection de l’enfance : les premiers chiffres

"Ce mercredi 20 mai, la Drees publie une première photographie de la gestion et des conséquences du confinement dans les établissements et services de l’aide sociale à l’enfance. Parmi ses constats, l'organisme relève une augmentation importante de la quantité de travail pour les professionnels présents pendant cette période. [...]Pour pallier le manque de personnel, l’ASE a reçu un renfort important de bénévoles. Ainsi, en plus de leurs réseaux habituels, les structures ont accueilli une part de nouveaux bénévoles, dont une immense majorité d’étudiants en travail social : ils représentaient 67 % des nouveaux bénévoles dans les établissements. Si la Drees souligne que la continuité pédagogique a pu être assurée dans l’immense majorité des cas, les résultats de son enquête pointent aussi le manque dans certaines structures de matériel informatique disponible pour les jeunes. [...]Contrairement à la scolarité, le suivi médico-psychologique a été plus difficile à mettre en œuvre : dans un quart des établissements ces suivis n’ont pas pu être assurés. La fermeture de certains lieux comme les IME (instituts médico-éducatifs) ou les Itep (instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques) expliquent en partie cette absence de suivi. L’enquête permet aussi de relever une forte disparité dans la disponibilité des masques : la moitié des établissements en disposaient pour l’ensemble du personnel en contact avec les jeunes (non malades) alors que, dans un quart des établissements (hors lieux de vie), il n’y en avait pas du tout pour ces mêmes professionnels".
Lire l'article des ASH

Assistants familiaux : premier bilan du confinement par l’ONPE

"« Le travail des assistants familiaux est salué, les directeurs soulignant leur capacité à faire face à leur responsabilité d’accueil, voire à accueillir plus d’enfants que d’habitude ou sur des durées plus longues, pour pallier la défaillance de structures du médico-social » relève le document.
Malgré la fermeture des ITEP et IME dès le début du confinement dans plusieurs départements, « vécue comme un « choc » » qui s’est répercuté « particulièrement sur les assistants familiaux », très peu d’enfants ont été réorientés, très peu de relais ont été sollicités. Les professionnels ont spontanément annulé leurs congés prévus pour assurer leur mission.
ÉQUIPEMENT SANITAIRE DÉFAILLANT
Permanence téléphonique, intervention de travailleurs sociaux au domicile, communication massive de consignes : plusieurs départements témoignent d’un renfort de soutien aux assistants familiaux pendant cette période. Toutefois ce recueil de témoignages confirme que la question de l’équipement en matériel de protection sanitaire « a été un énorme problème dans plusieurs départements ».
DES ENFANTS PLUS APAISÉS
Autre enseignement déjà soulevé par les fédérations représentatives des assistants familiaux : le constat « d’enfants plus apaisés sur le plan affectif, n’étant plus ballotés d’un endroit à l’autre et vivant à leur rythme dans un contexte protégé ». Des psychologues observent ainsi que le cadre du confinement « imposé à tous est apaisant » et émettent l’hypothèse que cette stabilité de l’environnement de proximité est « favorable aux enfants ayant des troubles de l’attachement ».
Lire l'article de lassmat.fr

Un nouveau départ franco-allemand pour l’Europe

"Editorial du « Monde ». L’Europe, dit-on, ne progresse que par les crises. Une fois encore, l’adage se vérifiera si les propositions inédites faites conjointement, lundi 18 mai, par la chancelière allemande et le président français sont acceptées par les vingt-cinq autres Etats de l’Union européenne. La pandémie de Covid-19 et le séisme économique qu’elle provoque, le pire jamais enduré par l’UE, pourraient alors lui faire franchir un pas décisif, non seulement dans le sens d’une plus grande solidarité budgétaire, mais aussi vers une politique de santé mieux coordonnée et une souveraineté mieux partagée dans des domaines industriels stratégiques."
Lire l'article du Monde

Le gouvernement accélère la création d’une branche dépendance au sein de la Sécurité sociale

"Le gouvernement tire les conséquences de la crise du coronavirus, qui met à mal les finances de notre Etat-providence et souligne l’ampleur des besoins pour la prise en charge des personnes âgées. Alors que la dette sociale devait être remboursée en 2024, cette échéance va être repoussée de neuf années supplémentaires. C’est l’une des mesures phares contenues dans deux projets de loi, organique et ordinaire, auxquels Le Monde a eu accès et qui confirment des informations dévoilées par Les Echos, mercredi 20 mai."
Lire l'article du Monde


Revue de presse 17 mai 2020


L’ouest de l’Europe face à ses nouveaux pauvres : l’épidémie de Covid-19 fait basculer des milliers de familles dans le dénuement

"Dans les pays les plus touchés par le Covid-19, la demande d’aide alimentaire s’est accrue de 25 % à 30 %. Le chômage et la perte de revenus ont fait basculer des milliers d’Européens dans le dénuement.
Pour la première fois depuis sa création en 1971, une équipe de Médecins sans frontières (MSF) intervient au Royaume-Uni, une autre en Allemagne. Dans la capitale britannique, onze employés de l’ONG, en partenariat avec un hôpital universitaire londonien, fournissent ainsi depuis le 11 avril un soutien médical et logistique aux sans-abri, devenus encore plus vulnérables avec la pandémie de Covid-19.
Et cette aide inclut, désormais, des nouvelles populations qui ont perdu leur emploi – ou un job précaire – avec la fermeture des bars, restaurants et commerces, et dont les conditions de logement, la promiscuité, sont devenues sources aggravantes de contamination."
Lire l'article du Monde

"Ça apporte plus de stress que d'information" : comment l'emballement autour des études scientifiques sur le coronavirus trouble public et chercheurs".

"Si le cas de l'hydroxychloroquine est le plus emblématique, une partie de la communauté scientifique s'inquiète plus largement de la communication parfois prématurée des chercheurs et du manque de prudence des médias."
Ce texte explique que le nombre d'articles sur le covid-19 a tellement augmenté, passé de 13.500 à 25.000 en deux semaines, que le processus scientifique de validation par les pairs est débordé. Les chercheurs mettent donc leurs articles en pré-publication ("pre-prints"). Le problème est que les média traitent de la mème façon les articles validés par les pairs et ceux qui sont en attente d'une validation.Certains scientifiques s'expriment avant même d'avoir les résultats des essais cliniques.
Ainsi Yves Sciama pointe, concernant la chlorochine, "Que le président américain cite ce traitement et que le nôtre se rende à Marseille, juste sur la base de 'preprints', c'est incroyable."
Lire l'article sur Francetvinfo.fr

Assistantes familiales : les grandes inquiétudes du déconfinement

"Les assistantes et assistants familiaux accueillent la moitié des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance. Ces quelque 45 000« familles d’accueil » sont en première ligne depuis le début de la crise sanitaire. Pour ces professionnels, le déconfinement soulève beaucoup de questions. Entretien avec Michèle Babin, chargée de mission au sein de la Fnaf (Fédération nationale des assistants familiaux), qui fédère plus de 2 000 acteurs du secteur."
"Michèle Babin : Leur inquiétude concerne actuellement le retour à l’école des enfants qu’elle ont en charge. Certaines assistantes familiales sont des personnes dites à risque, de par leur âge ou leurs pathologies. C’est aussi parfois le cas de leurs conjoints, alors il existe une réelle crainte d’être contaminée par un enfant qui aurait été en contact avec le virus à l’école. Par ailleurs, on nous fait part de situations où des départements veulent obliger les assistantes familiales à remettre les enfants en classe, alors que c’est censé être sur la base du volontariat. Sur ce point, Adrien Taquet, secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’enfance, a précisé les choses. Si les parents de l’enfant placé ne veulent pas le remettre en classe, leur choix sera appliqué. En revanche, s’il y a désaccord entre les deux parents, le juge des enfants sera contacté et devra trancher. C’est important que les parents aient voix au chapitre à ce sujet. Mais si, dans plusieurs départements, les inquiétudes des assistantes familiales ne sont pas prises en compte, quelques-unes envisagent d’appliquer leur droit de retrait. Il faut se figurer que certaines ne sont pas sorties depuis des semaines et se font même livrer les courses pour plus de précautions, lorsque le niveau d’anxiété est à son maximum."
Lire l'article des ASH

Paroles de soignant.e.s. Épisode 32 | Christophe, éducateur spécialisé auprès d'enfants autistes




La catastrophe du Covid-19 dans les Ehpad

Manque de masques, manques de tests, moindre accès à l'hôpital, de nombreuses causes expliquent que plus de la moitié des morts du Covid-19 provient des EHPAD.
"Dans les Ehpad, la crise du Covid agit comme un révélateur du manque des moyens chronique auxquels font face ces établissements. Rencontre avec le fils d’une résidente décédée, un directeur d’Ehpad, qui a connu une hécatombe dans son institution, et une salariée en colère."


ARIFTS Pays de la Loire - Actus du secteur social - Covid 19

L’association régionale pour l'institut de formation en travail social (ARIFTS) des pays de la Loire anime un site d’actualité sur le COVID 19 avec une veille documentaire très riche sur la façon dont le travail social s’adapte et réfléchit à la situation actuelle.
Article de fonds, témoignages, vidéo… un site à visiter régulièrement. Exemple de vidéo trouvée sur ce site, une vidéo de Yapaka : "Covid-19 : comment soutenir la confiance entre adultes quand la peur sanitaire est envahissante ?"


Acceder au site de l'ARIFTS


Revue de presse 10 mai 2020


Les universités devront privilégier les cours à distance l'année prochaine

"Les dates de la rentrée ne seront pas décalées dans l'enseignement supérieur, mais les cours dans des amphithéâtres bondés ne seront plus possibles.
La ministre de l'enseignement supérieur laisse beaucoup de latitude aux universités qui n'ont pas toutes les mêmes contraintes, en fonction de la configuration des bâtiments ou du nombre d'étudiants. Cela dépendra aussi de la situation sanitaire en septembre. Mais elles doivent anticiper dès maintenant, surtout s'il faut lancer des travaux pendant l'été, équiper des salles en systèmes de visioconférence. L'idée serait de maintenir un maximum de cours à distance, ce que les professeurs ont déjà fait depuis mars.
Les cours en amphi pourraient avoir lieu avec moins d'étudiants pour respecter les distances. Le professeur ferait son cours en direct ou serait enregistré pour les autres étudiants qui suivraient de chez eux à partir d'une plateforme. C'est une organisation qui fonctionne déjà par exemple pour les étudiants en médecine très nombreux. Et ce sera nécessaire pour les étudiants internationaux qui ne pourront pas forcément venir en France dès le premier semestre.
Les cours en amphi représentent environ un tiers du temps de formation. Le reste ce sont les TD, les travaux dirigés où les étudiants sont en plus petits groupes mais dans des salles plus petites. Là aussi, il faudra sans doute dédoubler les effectifs, avec un groupe A en présentiel, un groupe B à distance, imaginer des systèmes pour que les professeurs puissent répondre aux questions des étudiants. L'enjeu sera d'éviter que les jeunes décrochent, surtout en première année, ceux qui arrivent à l'université".
Acceder à l'article su Franceinter.fr

information STRATÉGIE DE DÉCONFINEMENT

Dans la présentation de sa stratégie de déconfinement, le gouvernement présente tout d'abod la carte active de circulation du virus, qui abouti à dinstinguer des organisations différentes selon que le département est classé en zone rouge, orange ou verte, ceci pour trois critères : la circulation active du virus; a tension hospitalière sur les capacités de réanimation ; le taux de couverture des besoins en tests.
L'objectif affiché est " préserver un équilibre entre la nécessité de reprendre l’activité économique et celle de préserver la santé des Français."
Acceder au site du gouvernement

2017-2020 : comment la France a continué à détruire son stock de masques après le début de l’épidémie

Cet article est le 5° d'une série, "Aux racines de la crise sanitaire française".
Aux racines de la crise sanitaire française 5|5. La colère le dispute à la stupéfaction, en cette dernière semaine du mois de mars. En pleine crise du Covid-19, alors que la France est confinée, les conseillers du premier ministre, Edouard Philippe, découvrent, consternés, que depuis plusieurs semaines, des millions de masques issus des réserves étatiques, dont une part non négligeable était sans doute utilisable, sont consciencieusement brûlés… Ces fameux masques dont la population a tant besoin, et dont les stocks ont fondu dans des proportions phénoménales au fil des ans depuis 2009. Matignon fait aussitôt stopper le processus de destruction, mais l’épisode offre un saisissant raccourci de ce « désarmement sanitaire » dont le pays paie lourdement le prix aujourd’hui, et dans lequel le pouvoir actuel, notre enquête l’atteste, porte une lourde part de responsabilité."
Lire l'article du Monde

Paroles de soignant.e.s. Vincent, psychanalyste, il soigne les soignants

"Il s’appelle Vincent Hein, il a 49 ans. Il est psychanalyste à Paris et Marseille. Vincent et d’autres confrères ont décidé de monter une plateforme d’écoute pour les soignants, dès le début de la crise du Covid. Rapidement, ils se rendent compte qu’il est impératif de soutenir le personnel médical, pas seulement lors de coups de fil ponctuels, mais au cours de véritable séances régulières, fréquentes et gratuites. Vincent essaie chaque jour de soigner les soignants. Si vous êtes soignant et que vous souhaitez joindre cette plateforme, vous pouvez appeler le 06.13.74.04.14."


Revue de presse 03 mai 2020


Les diplômes de travail social de 2020 à conclure par le contrôle continu

Askoria a mis en ligne La note de la direction de la cohésion sociale, ainsi qu'une foire aux questions
Il y a donc une "annulation de toutes les épreuves terminales, écrites et orales, pour tous les diplômes délivrés au titre de l’année 2020. En lieu et place des notes attendues suite aux épreuves terminales, propositions de notes fournies par les établissements, au vu des différentes évaluations conduites lors du parcours de formation des candidats. Les notes obtenues pendant le confinement ne sont pas prises en compte.
Il n'y a "pas d’obligation de rendre les productions écrites prévues de la part des apprenants. Ces derniers seront néanmoins incités, lorsque cela leur est possible, à rendre ces travaux directement à leur établissement de formation, afin de faciliter le suivi pédagogique par l’équipe pédagogique de l’établissement.
Il n'y aura "pas de valorisation spécifique de l’engagement au sein de la réserve sociale puisque tous les étudiants n’étaient pas en situation de pouvoir s’engager. En revanche cet engagement pourra être signalé dans le dossier de l’étudiant et venir à l’appui de son étude par le jury".
A noter : Askoria donne aussi des informations aux structures accuillant les stagiares, aux employeurs et aux intervenants occasionnels
Accede au site d'Askoria

ASH.Travail social : l’aménagement du passage des diplômes interroge

"Les questions des étudiants et formateurs se multiplient depuis que la direction générale de la cohésion sociale (DGCS) a transmis ses consignes pour adapter le passage des diplômes du travail social. Toutes les épreuves terminales sont annulées, au bénéfice d’un contrôle continu. Or la mise en place s’annonce disparate entre les écoles.
En lieu et place des épreuves écrites et orales de certification habituelles, la DGCS (direction générale de la cohésion sociale) demande, dans un mail adressé aux rectorats le 20 avril, de déterminer l’obtention des diplômes du travail social sur la base de « propositions de notes fournies par les établissements, au vu des différentes évaluations conduites lors du parcours de formation des candidats ». Ces consignes de la DGCS visent à s’adapter aux perturbations provoquées par le confinement et aux mesures sanitaires en vigueur. Mais l’application d’un tel contrôle continu risque d’être « très acrobatique », prévoit Julien Parent, coprésident de l’Interrégionale des formatrices et formateurs en travail social (IRE), par ailleurs formateur à l’Ecole européenne supérieure en travail social.
De fait, un certain nombre de centres de formation et de filières ne fonctionnent pas sur un système de notation, mais plutôt de validation. « Dans mon école, je valide des semestres sans mettre de notes : le contrôle continu n’existe pas », témoigne Julien Parent. Parmi les étudiants, le flou règne. La Fédération nationale des étudiant.es en milieu social (FNEMS), après avoir sondé plus de 800 d’entre eux, a synthétisé leurs interrogations majeures. Transmis à la DGCS, le document relaie les problématiques propres à des filières spécifiques : par exemple, les moniteurs-éducateurs ou les conseiller.ères en économie sociale et familiale « n’ont pas de notes : par conséquent, sur quoi va se baser leur contrôle continu ? »
La question de la cohérence nationale du diplôme se pose. "
Lire l'article des ASH

Le souci de l’autre, un retour de l’éthique du « care »

"La crise due au coronavirus a mis en lumière les activités du soin et du service à l’autre, surtout exercées par des femmes socialement défavorisées. Depuis trente ans, des recherches féministes n’ont eu de cesse de faire reconnaître ce travail invisible.
La crise sanitaire « décape notre regard, rend visible une réalité habituellement tissée dans l’ordinaire de nos vies », constate Pascale Molinier, chercheuse en psychologie sociale, auteure de Le Care monde. Trois essais de psychologie morale (Lyon, ENS Editions, 2018). Pour la philosophe Sandra Laugier, codirectrice de l’ouvrage Le Souci des autres, éthique et politique du care (Editions de l’EHESS, 2005), « le fait que des individus s’occupent d’autres, s’en soucient et ainsi veillent au fonctionnement ordinaire du monde, tout cela va de soi en temps normal, on ne le voit pas. Il y a quelque chose d’extrêmement nouveau dans le fait de prêter attention aux personnes dont on tenait pour acquis qu’elles étaient là pour servir, et dont la fonction apparaît aujourd’hui comme centrale dans le fonctionnement de nos sociétés ».
Lire l'article du Monde

Le handicap face au Covid-19 : "On se sent abandonné"

"Céline Martinez, maman d'un enfant handicapé mental, craque. Son petit dernier, William, 11 ans, est atteint du syndrome de Prader-Willi, qui occasionne notamment un défaut de satiété - le poussant à vouloir manger continuellement - et des crises de colère intense. Habituellement accueilli par un Institut médico-éducatif (IME) dans les Hauts-de-Seine, William se retrouve désormais toute la journée à la maison, puisque son établissement est fermé, du fait de l'état d'urgence sanitaire. "Nous, aidants d'une personne handicapée, on se sent abandonné", déplore t-elle.
"Ce confinement a réduit à néant tout ce qu'on a mis en place depuis une dizaine d'années, avec un enseignement spécialisé. Aujourd'hui, mon enfant est en perte de repères, il n'a pas d'activités, j'ai réussi à en mener pendant un mois, à lui faire la classe, mais aujourd'hui mes forces m'abandonnent. Mon enfant ne supporte pas le vide, si je ne suis pas reposée, à l'écoute, il ne va pas bien ; dès que je vais passer un coup de fil par exemple, les cris, voire les coups vont redoubler" explique t-elle."



Trois méthodes simples pour ne pas céder à l'anxiété




Coronavirus : la crise peut devenir une catastrophe humanitaire pour les travailleurs de l’économie informelle

"Les pertes de revenus de ces travailleurs devraient atteindre 60 % à l’échelle mondiale, selon l’Organisation internationale du travail. La chute pourrait s’élever à 81 % en Afrique et en Amérique latine.
L’ampleur de la crise économique et sociale dépassera probablement ce qui était prévu il y a encore peu. Dans un nouveau rapport, publié jeudi 29 avril, l’Organisation internationale du travail (OIT) revoit à la hausse ses prévisions de pertes d’heures travaillées. Dans une précédente étude, il y a trois semaines, la baisse du temps effectivement travaillé avait été estimée à 4,5 % au premier trimestre 2020, comparé au quatrième trimestre 2019, ce qui équivaut à 130 millions d’emplois à plein temps. Pour le deuxième trimestre, le repli atteindra 10,5 %.
« On continue de perdre des emplois à une vitesse extraordinaire. Nous avions estimé cette perte à 195 millions pour le deuxième trimestre. Aujourd’hui, nous tablons plutôt sur l’équivalent de 305 millions de postes supprimés », annonce Guy Ryder, le directeur général de l’OIT, qui regroupe les représentants des gouvernements, des employeurs et des travailleurs de 187 Etats membres.
« La prochaine pandémie sera la famine »
L’OIT insiste sur l’extrême gravité que fait peser cette crise sur le secteur de l’économie informelle, soit 2 milliards de travailleurs dans le monde. Quelque 76 % d’entre eux (1,6 milliard) sont « fortement affectés par les mesures de confinement, dans les secteurs les plus touchés ». Ces travailleurs, majoritairement des femmes, n’ont aucune possibilité de travail à distance, ne disposent généralement pas de protection sociale et ont un accès limité aux services de santé. Pour eux, les pertes de revenus devraient atteindre 60 % à l’échelle mondiale, mais la chute pourrait s’élever à 81 % sur les continents où ce secteur est le plus important, en Afrique et en Amérique latine.
« Sans réaction internationale pour aider ces pays les plus défavorisés, qui n’auront pas les moyens de soutenir cette économie informelle, cette catastrophe deviendra un drame humanitaire, prévient Guy Ryder. Sinon, comme a alerté le Programme alimentaire mondial, la prochaine pandémie sera la famine. »
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Revue de presse 26 avril 2020


Pourquoi les travailleurs sociaux sont-ils oubliés de cette crise ?

Tribune de Vanessa Julien, psychologue clinicienne à la la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) et psychanalyste. Extrait : "L’étymologie du mot «confinement», si elle renvoie à la question de la «limite», n’est pas sans résonner justement sur la place des marginaux sur les bords de nos sociétés. Les professionnels qui font le choix de travailler auprès d’eux sont aussi touchés par cette mise au ban. Les récentes lois sur le handicap accompagnant les mouvements de nos sociétés prônant l’inclusion de tous pourraient nous leurrer sur notre capacité à intégrer tous ceux qui ne rentrent dans aucune case identitaire.
La mère alcoolique qui bat son enfant, le psychotique qui défèque au milieu de sa chambre d’hôtel financée par des services sociaux, l’adolescent délinquant qui multiplie les vols de sacs à main, le criminel qui est incarcéré pour le meurtre de sa femme, le gamin qui tape ceux qui l’entourent tellement il se sent persécuté, le sans-papiers shooté au Tramadol qui serait prêt à tuer pour un paquet de pilules.
Tous ces êtres en survie, ces corps abîmés, ces âmes torturées incarnent dans notre imaginaire «les étrangers radicaux», ceux auxquels on se convainc que l’on ne ressemblera jamais. On évitera soigneusement de les approcher de trop près de peur d’être contaminés par leurs étranges destinées."
"Pendant que les hôpitaux débordent de situations dramatiques, les services sociaux, les foyers de l’enfance, les prisons, contiennent la détresse de personnes encore plus isolées depuis la crise sanitaire. Pourtant, les travailleurs sociaux continuent de les accompagner dans l'ombre sans protections ni moyens supplémentaires".
Lire l'article de Libération

Jean-Pierre Rosenczveig : « L’école participe de la protection de l’enfance maltraitée »

"Face à l’augmentation des signalements d’enfants en danger pendant le confinement, l’ex-président du tribunal pour enfants de Bobigny insiste sur le rôle clé du 119 et du service social rendu par l’école.
Lire l'interviews dans les ASH

Dans les Ehpad, « le plus important, désormais, c'est le temps humain »

"Mis en place il y a plus d’un mois maintenant, le confinement n’est pas sans conséquences. Elles sont autant physiques que psychiques. C’est pourquoi, après avoir obtenu le retour des familles, les acteurs du grand âge demandent celui des professionnels secondaires tels que les kinésithérapeutes ou les psychologues.
Le 19 avril, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, annonçait la réouverture progressive des Ehpad (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) aux familles. Une mesure saluée par la majorité des professionnels du secteur. « Cette décision très encourageante, compte tenu du nécessaire prolongement du confinement sur les semaines à venir, devra également permettre d’en adapter les modalités afin que les kinésithérapeutes et bénévoles puissent également ré-intervenir », a par exemple souligné l’AD-PA (Association des directeurs au service des personnes âgées) dans un communiqué.
Et son président, Pascal Champvert, de demander expressément « la mise en place d'une réelle présence de psychologues ». « Dans les établissements et les services à domicile, nous risquons d'avoir des gens qui vont mourir d'autres choses que du coronavirus, des effets secondaires du confinement. Ils vont mourir à domicile de l'isolement. Ce soutien psychologique est nécessaire et il faudra qu'il soit pérenne », justifie-t-il."
Lire l'article des ASH

En contexte de confinement, comment soutenir les parents et prévenir la maltraitance?




Les leçons de la pénurie de tests

"Le système administratif français n’a pas su s’adapter avec la rapidité de décision et l’agilité qu’exigeait la production de tests dès le début de l’épidémie. Ce retard aura coûté cher. [...] Pour les tests comme pour les masques, la France ne manque ni de compétences ni de bonne volonté pour les produire. On a vu fleurir ces dernières semaines à travers toute la France des ateliers de couture et mille initiatives, nombre de laboratoires ont proposé leurs services pour activer la réalisation de tests. Mais, soudainement mis en tension, le système administratif, davantage formaté pour la gestion, a eu le plus grand mal à s’adapter. Toutes sortes de lourdeurs sont apparues, qui n’étaient pas seulement liées à la nécessité de s’assurer de la fiabilité des tests : respect excessif des procédures, désir de protéger telle ou telle citadelle, ou manque de dialogue entre les préfectures et les agences régionales de santé.
Près d’un précieux mois a été perdu ; ce n’est qu’à la mi-avril que le gouvernement est parvenu à rassembler enfin tous les acteurs publics et privés au sein d’une « cellule de tests »."
Lire l'article du Monde.fr

In a Paris banlieue, coronavirus amplifies years of inequality

"Seine-Saint-Denis has long been one of France’s poorest areas, but the pandemic has laid bare social rifts as never before"
"France has now been in coronavirus lockdown for six weeks, and has seen more than 21,000 deaths from the virus. But social distancing in the neuf-trois, the deprived Seine-Saint-Denis département north of Paris, looks very different from in Saint-Tropez, where billionaires in a gated compound were reported last week to be paying for private Covid-19 tests.
“We are locked down in our inequality,” said the Seine-Saint-Denis MP Alexis Corbière. “The virus has just amplified the problems the banlieue has had for a long time. It has revealed how wide and deep the social fracture really is.”
For decades le neuf-trois has broken records: the poorest area of mainland France, with more than 28% of residents – a large number of them immigrants – living below the breadline; the highest unemployment – up to 40% in some districts; the most social housing – 10% of which is sub-standard; and inadequate public services. Even before the pandemic it was a grim symbol of France’s inequalities in wealth, opportunity and living standards.
Now, as the virus hits the most vulnerable, those rifts are clear as never before. In March, the national statistics institute, Insee, found the death rate in Seine-Saint-Denis up 62% on the previous year and reported undertakers saying they were overwhelmed.
With 1.6 million inhabitants, making it one of France’s most densely populated departments, Seine-Saint-Denis has the lowest number of doctors per head, but the highest rates of obesity and diseases including cancer, diabetes and asthma."
Lire l'article du Gardian


Revue de presse 19 avril 2020


Coronavirus : Emmanuel Macron annonce une prolongation du confinement jusqu'au 11 mai

"Alors que les Français sont confinés depuis le 17 mars dernier pour lutter contre la propagation du Covid-19, Emmanuel Macron a prononcé sa quatrième allocution depuis le début de la crise sanitaire. Le chef de l’État a annoncé une prolongation du confinement au moins jusqu'au 11 mai prochain pour "ralentir la propagation du virus".
Les écoles rouvriront progressivement au 11 mai
Emmanuel Macron s'est aussi prononcé sur la reprise des cours pour les élèves. "A partir du 11 mai, nous rouvrirons progressivement les crèches, les écoles et les lycées." Les étudiants, eux, ne reprendront pas les cours "physiquement" jusqu'à l'été. Les lieux rassemblant du public tels que les restaurants, les cafés, les hôtels, les cinémas, resteront fermés après cette date. "Les grands festivals et les évènements avec un public nombreux ne pourront se tenir au moins jusqu'à mi-juillet", a précisé le président, avant d'affirmer que la France sera en mesure de "tester toutes les personnes présentant des symptômes" à la date du 11 mai. A partir de cette date, tous les Français auront un "masque grand public" pour entamer le déconfinement."
Acceder au dossier de France info

Logement social : face au Covid-19, s’adapter aux ménages en difficulté de paiement

"Le règlement des loyers dans le logement social s’opère entre le 25 et le 30 du mois. « Les difficultés liées aux impayés vont apparaître dans les semaines et mois à venir », soulève Thierry Asselin, directeur des politiques urbaines et sociales à l’Union sociale pour l’habitat (USH). La situation des foyers soumis à une baisse de ressources immédiates due au chômage partiel ou au non-accès aux dispositifs de soutien suscite une « vive crainte » à la Confédération syndicale des familles (CSF), affirme son secrétaire confédéral, Romain Biessy. En outre, « le budget est déjà bien impacté par le poste alimentation » pour les familles dont les enfants mangeaient jusqu’ici à la cantine avec des tarifs préférentiels, constate-t-il".
Les problèmes d’impayés dans le parc social ne sont, certes, pas nouveaux. Chaque année en moyenne, « 800 000 ménages rencontrent une difficulté de paiement ponctuel d’un mois, et 270 000 de plus de trois mois », précise Thierry Asselin. Prévenir ces situations fait partie des missions des bailleurs. « Le principal reste d’établir une prise de contact immédiate afin d’éviter que le foyer ne se retrouve isolé avec ses difficultés », pointe le responsable de l’USH. Depuis le début du confinement, nombre d’entre eux ont mis en place des cellules inédites de recueil des situations délicates."
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« L’âpre combat d’une équipe médicale face à un virus indomptable » : quand un infectiologue raconte ses indignations

"Chronique. Le matin tôt, avant de partir sauver des vies à l’hôpital, le professeur Louis Bernard écrit. L’aube ne va pas tarder, le café coule dans la machine : stylo à la main, le praticien relate sa journée de la veille au service des maladies infectieuses du CHU de Tours, unité qu’il dirige depuis 2009. Publié sur le site Internet de France Bleu Touraine, son « Journal d’un médecin » n’est qu’un témoignage parmi d’autres au milieu du grand feuilleton national des ravages du Covid-19, qu’offrent à lire les médias depuis le début de l’épidémie. Celui-ci prend aux tripes, il émeut et bouscule. Louis Bernard a la plume aussi acérée que la lame d’un bistouri.
Ecrits au présent, ses courts billets racontent l’âpre combat d’une équipe médicale face à un virus indomptable, qualifié, ici, d’« araignée tissant inexorablement sa toile au milieu des poumons », là de « loup » frappant aux portes des bergeries que sont les Ehpad. Agé de 57 ans, le professeur Bernard dépeint également une autre bataille, celle qu’il mène au jour le jour contre un ennemi de l’intérieur : les normes, ces « fichues normes » qui l’empêchent d’exercer la médecine comme il le souhaiterait, dans l’urgence d’une situation exceptionnelle."
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Le blog "Coronavirus, journal d'un médecin

EHPAD : de la lutte contre le coronavirus vers la refonte du système ?

"La crise du coronavirus sera-t-elle le déclic qui nous conduira à repenser notre politique de prise en charge du grand-âge ? Nous en discutons ce matin avec le Dr. Hugues Bensaid, gériatre et coordonnateur en Ehpad dans les Hauts-de-Seine."


INITIATIVES - Recueillir les témoignages des plus précaires

"Dans le cadre des dispositions d’urgence prise pour limiter la propagation du coronavirus, risque est grand que notre parole, celle des personnes en situation de précarité, ne soit pas suffisamment prise en compte alors que nous subissons, à la rue ainsi qu’au sein des établissements et services qui nous accueillent, de multiples difficultés liées aux mesures de confinement.
Une démarche de participation numérique mise en œuvre et animée par le réseau CRPA-CNPA vise à solliciter les témoignages des personnes en situation de précarité touchées par les effets des mesures prises dans le cadre de la pandémie Covid-19.
Cette démarche a pour objectif de créer une interface entre décideurs publics et personnes concernées en rendant davantage visible la perception des personnes concernées de la situation présente
Cette plate-forme comprend des témoignages collectés par les délégués régionaux et nationaux des Conseils de Personnes Accueillies /accompagnées, ainsi que de personnes ressources, en situation de précarité, d’associations porte-voix, partenaires du réseau des CRPA."
Lire l'article sur Lien social

A Paris, l’infortune des « confinés dehors »

"Dans les quartiers du nord et de l’est de la capitale, sans-abri et toxicomanes errants sont les dernières âmes qui vivent dans les rues désertes. [...] Dans une tribune parue le 9 avril dans Libération, un collectif d’associations a décidé d’alerter sur la situation des usagers de drogues, les « grands oubliés » du Covid-19. « La crise actuelle agit en révélateur des manquements de notre société vis-à-vis de ses membres les plus vulnérables, et met en lumière les limites d’un système basé sur la prohibition et la répression », écrivent ces professionnels du monde associatif.
La docteure Elisabeth Avril, directrice du centre Gaïa, la salle de consommation de drogue à moindre risque jouxtant l’hôpital Lariboisière, fait partie des signataires. Beaucoup des personnes que reçoit l’association « vivent de la manche, mais aujourd’hui, en raison du confinement, ça ne leur rapporte plus rien », explique-t-elle. Elles sont sans domicile fixe pour la plupart. Début avril, une soixantaine d’entre elles ont été relogées grâce à la solidarité de quelques hôteliers.
Les plus autonomes – entre 70 et 100 par jour depuis le début du confinement – se déplacent jusqu’au centre Gaïa pour accéder à un traitement de substitution. Le chiffre de fréquentation de la salle a décru à l’initiative de la direction en raison de la nécessité d’observer les gestes barrières et la distanciation sociale. Les usagers n’ont ni masque ni gel, l’équipe de Gaïa peinant déjà à en avoir pour elle, mais rentrent désormais un par un. Ils doivent patienter à l’extérieur, ce qui les rend encore un peu plus visibles pour les riverains.
La moitié sont accros au Skenan, un antalgique composé de sulfate de morphine utilisé contre le cancer et moins risqué que l’héroïne de mauvaise qualité. Les plus précaires se rabattent sur de la drogue bon marché vendue autour de la gare de Nord, dont le parvis paraît avoir été abandonné. Seuls quelques chauffeurs de taxi, de rares bus et le kebab Oasis du Nord poursuivent leurs activités. Les devantures du McDonald’s, du Burger King et de la célèbre brasserie Art déco terminus Nord, tous fermés, sont squattés par des sans-abri couchés dans la saleté.
De chaque côté de l’entrée de la gare, rue de Dunkerque, les dealeurs, eux, continuent leurs affaires à ciel ouvert. « On peut y trouver facilement un petit caillou de crack pour 12 euros, de quoi se faire un ou deux shoot à la pipe en ce moment, mais c’est de la “pharmacie”, avec moins de 2 % de coke dedans. Ça bouche les artères et la descente est hyper dure », dit Hervé, un usager de la salle Gaïa, la quarantaine abîmée. « Nous, on est à la rue, on a besoin de notre came, coronavirus ou pas », ajoute-t-il.
[...] « La crise sanitaire rend visibles ceux qui étaient jusque-là invisibles et fait ressortir les inégalités. On ne voit plus qu’eux car il n’y a plus qu’eux dehors, les confinés dehors, constate Louis Barda, coordinateur des programmes de Médecins du monde à Paris. La situation est très compliquée, car l’Etat se repose trop sur le secteur associatif, dont l’activité a baissé avec le confinement. Les SDF sont surexposés à la maladie. »"
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Revue de presse 12 avril 2020


Coronavirus : « Il faut cartographier les cas de porteurs du virus et renforcer la surveillance là où existent des clusters »

"Renaud Piarroux, chef du service de parasitologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, prône un suivi étroit des cas sur le terrain, parallèlement au confinement, afin d’éviter une deuxième vague de contamination.
Professeur à la faculté de médecine de Sorbonne Université, chercheur et chef du service de parasitologie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Renaud Piarroux avait révélé que le camp des casques bleus népalais déployés en Haïti après le séisme de 2010 était bien la source de l’épidémie de choléra qui avait ravagé l’île moins d’un an après, faisant 10 000 morts. Il avait aussi proposé une approche de la lutte communautaire par des équipes d’intervention rapide, ce qui a permis d’éliminer ce fléau. Face à l’épidémie de Covid-19 en France, cet épidémiologiste de terrain plaide pour une approche ciblée sur les cas et l’application de mesures de suivi étroit des contacts.
[...] La France n’a pas adopté la stratégie de certains pays qui ont déployé des équipes pour identifier les cas, rechercher les porteurs du coronavirus dans leur entourage, isoler tous les porteurs parallèlement au confinement. Cette méthode implique de nombreux tests, des enquêtes épidémiologiques et l’isolement de toutes les personnes qui pourraient être porteuses du virus.
Aujourd’hui, quand un malade vient aux urgences à l’hôpital et qu’il ne remplit pas les critères d’une hospitalisation, il repart avec une fiche donnant quelques consignes, une invitation à s’inscrire sur Covidom [application gratuite de suivi à domicile], mais on ne lui donne pas de masques, ni de solution hydroalcoolique. Ainsi, il est susceptible de contaminer d’autres personnes sur son trajet ou à son domicile. S’il n’est pas isolé, on a des chaînes de transmission, comme en témoigne la survenue de nouveaux cas trois semaines après l’entrée en vigueur du confinement. Il faut identifier et isoler les malades et les porteurs.
Lire l'article du Monde

COMMUNIQUÉ – Associations et avocats demandent des mesures contraignantes pour assurer la protection des MNA

"36 Associations et syndicats s’associent à 88 avocats d’enfants et adressent une lettre ouverte au Premier Ministre pour l’alerter sur la situation dramatique de nombreux mineurs isolés qui, malgré les mesures prises par le gouvernement, continuent à être laissés sans protection.
Les obstacles à l’accès à une protection effective pour les mineurs isolés existaient avant la crise sanitaire, ils perdurent aujourd’hui. Les quelques mesures prises ces derniers jours et les recommandations adressées aux conseils départementaux ne suffisent pas à préserver tous les enfants de la rue lors des différentes étapes de leur parcours. Les nombreux exemples cités dans la lettre démontrent que :
  • certains départements continuent de leur refuser l’accueil provisoire d’urgence lorsqu’ils se présentent pour demander une protection, en violation de la loi.
  • d’autres mettent fin à leur prise en charge après avoir remis en cause leur minorité.
  • des ordonnances de placements provisoires prises par les juges des enfants ne sont pas exécutées.
  • les enfants et adolescents dont la minorité a été contestée avant la crise doivent survivre dans la rue, des campements ou des squats et sont exposés à tous les dangers.
L’épidémie de Covid-19 renforce immanquablement les risques rencontrés par ces jeunes dont l’état de santé est déjà fragilisé : impossibilité de respecter les mesures de confinement, accès insuffisants à l’alimentation, à l’hygiène et à l’eau, carences d’informations adaptées sur les gestes barrières et les précautions à prendre, difficultés d’accès aux soins.
Lire le communiqué sur Lien Social

Coronavirus : aux Etats-Unis, le lourd tribut des Afro-Américains

"La proportion des Noirs emportés par l’épidémie dépasse de beaucoup leur part dans la population. En cause, des professions plus exposées et plus de précarité.
[...] "le directeur de l’Institut national des allergies et maladies infectieuses, Anthony Fauci, devenu la figure médicale la plus respectée dans cette crise, selon un sondage publié mercredi par l’institut Morning Consult, a apporté des éléments de réponse. « Nous avons un problème particulièrement difficile d’exacerbation d’une disparité en matière de santé », a-t-il admis. « Nous savons, littéralement depuis toujours, que des maladies comme le diabète, l’hypertension, l’obésité et l’asthme affectent de manière disproportionnée les populations minoritaires, en particulier les Afro-Américains », a-t-il noté.
« Malheureusement, lorsque vous regardez les antécédents de santé qui conduisent à un mauvais résultat avec le coronavirus, ce qui mène les gens dans les unités de soins intensifs, ce qui nécessite une intubation et conduit souvent à la mort, ce ne sont que ces mêmes comorbidités, qui, malheureusement, sont disproportionnellement répandues dans la population afro-américaine », a-t-il expliqué. « Nous sommes donc très préoccupés par cela. C’est très triste. Il n’y a rien que nous puissions faire pour le moment, sauf pour essayer de leur prodiguer les meilleurs soins possible afin d’éviter ces complications », a conclu M. Fauci."
Lire l'article du Monde

SOUTIEN A LA PARENTALITE

"Adrien Taquet, en lien avec la Caisse Nationale d’Allocations Familiales, annonce un plan d’actions pour aider les parents pendant la période de confinement.
Parmi les dispositifs annoncés figurent la création d’un fonds de soutien aux associations, le lancement d’un centre de loisirs en ligne et la création de ressources utiles et faciles d’accès pour soutenir les parents en période de confinement.
La période actuelle de confinement liée à la gestion de l’épidémie COVID-19 constitue une situation inédite de temps passé en famille, qui peut contribuer à renforcer le lien parents-enfants. Mais cette situation peut également exacerber les tensions familiales, de conflits ou mettre les parents en difficulté quant à leurs pratiques éducatives.
A ce titre, quatre grands types de besoins des parents ont été identifiés par les acteurs de terrain dont le réseau des caisses d’allocations familiales :
  • Un besoin d’information et de réassurance sur la pandémie de Covid-19 et la manière d’en parler aux enfants ;
  • Un besoin d’idées, d’activités éducatives et ludiques pour occuper les enfants durant la journée et notamment trouver une alternative aux écrans ;
  • Un besoin d’appui en termes d’accompagnement à la scolarité ;
  • Un besoin d’accompagnement, d’appui, d’écoute et de conseils en matière de soutien à la parentalité, pour prendre du recul sur ses pratiques, souffler et trouver les réponses pour faire autrement avec ses enfants.

Lire l'article sur le site du ministère

Ecole à la maison : « Qui sont les 800 000 élèves “perdus” ? »

"« La fracture numérique ne peut pas à elle seule expliquer le décrochage d’entre 5 % et 8 % des élèves depuis le début du confinement, selon Pascal Plantard, professeur d’anthropologie des usages des technologies numériques à l’université Rennes-2.
Extrait : "Le confinement cristallise les inégalités entre les cultures numériques « ordinaires », plutôt associées aux loisirs, et la culture numérique scolaire. Il est donc primordial de comprendre les pratiques numériques des jeunes pour réduire l’opposition entre ces deux types de culture numérique.
Par exemple, on ne peut pas passer à côté du phénomène Fortnite lorsqu’on réfléchit à la situation des enfants de 8 à 12 ans. De même qu’il faut savoir qu’en sortant de la « culture de la chambre », très présente dans TikTok, pour la tranche 12 à 14 ans, Snapchat est ensuite très utilisé au collège et favorise l’entre-soi des collégiens. S’il demeure au lycée, il est plus ou moins délaissé au profit d’Instagram.
Il devient aussi essentiel de savoir que les tutoriels sur YouTube sont vécus comme une « seconde école » par les familles modestes (Pasquier, 2018). Et, d’après la recherche Ineduc, que ce sont les élèves qui ont les moins bons résultats scolaires qui, avant le confinement, allaient chercher le plus sur Internet des ressources pour leurs devoirs.
Lire l'article du Monde/a>


Revue de presse 5 avril 2020


A l’Ehpad des Quatre-Saisons, la vie et la mort au jour le jour

"Florence Aubenas, grande reporter au « Monde », a passé les onze premiers jours de confinement dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis. Face à la progression de l’épidémie de Covid-19, le personnel tente de faire face, entre peur et abnégation.
[Les Quatre-Saisons, où vivent 65 résidents, fait partie des quelque 7 000 Ehpad que compte la France. Dans cette maison de retraite de Bagnolet, en banlieue proche de Paris, le quotidien a été totalement bouleversé, à partir de la mi-mars, par les mesures de protection contre le virus. Les visites étant interdites, récit de la vie confinée.]
Un grand reportage avec des humains plein d'humanité, en première ligne face au virus.
Lire l'article de Florence Aubenas

Soignants dans la tempête

"Elles sont infirmières, psychiatres, kinés et médecin de campagne. Paroles de quatre soignantes en première ligne, où l'on se demande, entre autre, si les applaudissements entendus chaque soir leur apporte soutien, réconfort, ou bien agace ce personnel médical en manque cruel de moyens."



Coronavirus : avec la crise sanitaire, les travailleurs invisibles sortent de l’ombre

"Le Covid-19 les a fait surgir au grand jour. Alors que l’économie du pays est clouée au sol, caissières, livreurs, agents de nettoyage, ouvriers de chantier, conducteurs de métro, auxiliaires de vie, ces travailleurs invisibles apparaissent enfin pour ce qu’ils sont : des rouages essentiels de la vie du pays, sans lesquels point de commerces, de transports ou de services aux personnes.
Alors qu’une partie des salariés s’installent dans le télétravail, ils et elles n’ont pas d’autre choix que de continuer à aller travailler, parfois de nuit, souvent en horaires décalés, toujours au risque d’attraper la maladie. Quatre d’entre eux ont déjà perdu la vie, comme le rappelle la fédération CGT des commerces et services dans une lettre ouverte adressée à la ministre du travail Muriel Pénicaud, le 31 mars. Et des centaines d’autres sont contaminés. « Cette crise fait apparaître une forme de pénibilité que l’on n’imaginait plus : celle d’être exposé à un risque sanitaire létal dans le cadre de son activité professionnelle », souligne le sociologue Julien Damon, professeur associé à Sciences Po. « Cette exposition à des risques majeurs n’était plus tellement prise en compte dans l’évolution de notre droit du travail, on l’avait un peu oubliée. »
Selon une note de l’OFCE publiée lundi 30 mars, 8,4 millions de personnes en France peuvent travailler à distance, de leur domicile : la moitié sont des cadres, les autres sont employés qualifiés ou appartiennent aux professions intermédiaires, comme les enseignants. Et, à l’inverse, 18,8 millions de salariés, ouvriers ou employés pour l’essentiel, ne peuvent effectuer leur travail à distance. Pour certaines personnes interrogées, il existe une certaine fierté à continuer à aller au travail, que ce soit pour ne pas laisser tomber les « copains » ou les personnes dont elles s’occupent, pour contribuer à assurer le service public. Mais c’est aussi un non-choix. Droit de retrait difficile à faire appliquer, nécessité de faire rentrer un salaire coûte que coûte. Beaucoup y vont la boule au ventre, avec la peur de tomber malade, de contaminer leur famille."
Lire l'article du Monde

L’usine bretonne qui alimentait la France en masques : histoire secrète d’un saccage industriel

"Alors que la France manque cruellement de masques face à la pandémie de nouveau coronavirus, une entreprise française, installée en Bretagne, qui pouvait en fabriquer jusqu’à 200 millions par an, a fermé en 2018 après avoir été rachetée par un groupe américain. Qui est responsable de ce fiasco ?"
Cet article décrit très bien l'association d'un Etat désinvolte et d'une société américaine prise d'un délire managérial aigu et l'efficacité de cette association pour détruire une entreprise d'intérêt public.
Notons le point commun entre l'attitude de l'Etat et du groupe Honeywell dans cette affaire : une vision gestionnaire à court terme.
Lire l'article de France Culture

Blanquer: "Nous avons perdu entre 5 et 8% des élèves"

"Paris (AFP) - Jean-Michel Blanquer a estimé mardi qu'"entre 5 et 8% des élèves" ont été "perdus" par leurs professeurs, qui ne peuvent pas les joindre pour assurer la "continuité pédagogique" souhaitée, deux semaines après la fermeture des écoles pour lutter contre le coronavirus.
"Il y a un grand risque" que la situation actuelle "creuse les inégalités", a reconnu le ministre de l'Education nationale sur Cnews, entre les familles qui ont la possibilité de faire la classe à la maison et les autres.
Pour y remédier, il a détaillé plusieurs dispositifs qui doivent permettre d'"aller chercher des élèves": "On estime que c'est entre 5 et 8% des élèves, d'après nos premières évaluations, que nous avons en quelque sorte perdus depuis deux semaines".
Un accord a notamment été passé avec La Poste, qui "va permettre à chaque professeur d'envoyer à partir de son ordinateur un document imprimé à un élève qui n'a pas d'équipement numérique ou qu'il n'a pas réussi à joindre autrement", a-t-il détaillé.
Par ailleurs, des tablettes peuvent être distribuées par des collectivités locales ou des associations aux familles qui n'ont pas d'équipement informatique, a rappelé le ministre."
Lire l'article du nouvelobs.com

« Pour les plus démunis, le système tient mais avec de graves insuffisances »

En pleine crise sanitaire causée par le coronavirus, le président de la Fédération des acteurs de la solidarité, Louis Gallois, alerte sur la situation des sans-domicile et des migrants.
Louis Gallois, président de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), réclame la mise à disposition de nouveaux lieux pour mettre à l’abri les sans-domicile et juge catastrophique la fin de l’enregistrement des demandes d’asile. Il plaide pour que les plus démunis ne soient pas les grands oubliés une fois la crise liée à l’épidémie de Covid-19 passée." Extrait : "Sur le plan de l’hébergement, qui accueille 110 000 sans-abri dans des structures dédiées, 50 000 dans des chambres d’hôtels et 100 000 dans les circuits réservés aux demandeurs d’asile, le système tient grâce à l’engagement des salariés : entre 60 % et 70 % d’entre eux sont au travail, alors qu’ils ne sont pas correctement protégés car nous manquons cruellement de masques et de gel hydroalcoolique. Chaque jour, je constate leur engagement et leur créativité. C’est une fierté. Un grand merci à eux."
Lire l'article du Monde

« Le visio-machin, je n’y connais rien » : la fracture numérique en France aggravée par le confinement

"A l’heure où certains ne peuvent pas envisager le confinement sans écran, des millions de Français doivent composer avec un manque d’équipement informatique ou des difficultés d’usage, renforçant leur sentiment d’exclusion."
"Gwenaelle a dû se débrouiller pour récupérer ses attestations de déplacement dérogatoire dans les pages de La Nouvelle République et auprès de sa voisine. Frédéric, lui, s’est rendu au Super U, et Stella à la blanchisserie où elle travaille. D’autres ont pu compter sur les distributions du centre social de leur quartier pour leur en déposer dans la boîte aux lettres. Du village de Villentrois-Faverolles-en-Berry (Indre) aux quartiers populaires de Trélazé (Maine-et-Loire) et Strasbourg (Bas-Rhin), tous racontent cette même « galère » pour savoir comment obtenir et renseigner le précieux sésame, devenu nécessaire pour justifier ses trajets pendant le confinement. Plus compliqué encore quand on n’a ni ordinateur ni imprimante, ou qu’on est peu à l’aise avec l’écrit.
L’obtention de ce « bout de papier » est révélatrice à elle seule de l’exclusion numérique que subissent des millions de Français, soudain aggravée par le confinement."
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Lien social en accès libre

Découvrez le Numéro 1270 : "Pédopsychiatrie • Un secteur asphyxié"
"Une demande en forte augmentation d’un côté, des baisses d’effectifs et des fusions de services de l’autre… les professionnels de la pédopsychiatrie se trouvent confrontés à un dilemme : comment faire plus avec moins ?"
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Videos - Ressources pour les professionnels (Covid-19)

Yapaka, magnifique outil belge de prévention de la maltraitance, met en ligne de nombreux livres (gratuits et téléchargeables), de nombreuses vidéos. Actuellement le site propose des "points d'appui pour les professionels dans le contexte du Covid 19".
Extrait : "Cultiver le lien social aide à se mobiliser dans un esprit solidaire. Les expériences émotionnelles de chacun sont aussi influencées par nos affiliations. Nous sommes engagés dans nos identités professionnelles, auprès de collègues, coordinateurs, institutions, fédérations, autant de relais et de sources potentielles de soutien. Aussi, chacun de sa place professionnelle et citoyenne tient un rôle important pour maintenir et créer du lien entre les personnes et également entre les personnes et l’institution. Cette logique collective nous invite à nous appuyer sur les ressources des groupes et des communautés d’appartenance. Elle ne chasse pas l’importance du repérage des besoins individuels, mais elle les raccorde à tous ceux qui les partagent de près ou de loin, afin de créer un sentiment d’union là où l’événement peut venir instaurer le règne de l’isolement et de la défiance envers autrui. ".
La vidéo ci-dessous est un exemple :


Acceder aux vidéos sur Yapaka.be


Revue de presse 29 mars 2020


Coronavirus : l’urgence absolue de créer des structures de prise en charge des patients peu symptomatiques

"Les spécialistes de santé publique s’alarment : le risque, en confinant chez eux des malades plus légèrement atteints, est de transmettre le virus à leur famille, créant ainsi des milliers de « clusters » intrafamiliaux. Il faut, d’urgence, organiser leur accueil dans des centres d’hébergement ou des hôtels.
Des dizaines de milliers de personnes malades mais ne nécessitant pas d’hospitalisation immédiate sont aujourd’hui confinées à domicile, où elles sont prises en charge par des médecins libéraux. Déjà 42 000 au 22 mars, selon l’estimation de Santé publique France dans son rapport hebdomadaire. Combien depuis ? Combien la semaine prochaine ? "
Il y a là une urgence absolue. Si l’on ne fait rien, les hôpitaux des régions les plus touchées seront débordés au point qu’ils ne pourront même plus servir de lieux de consultation pour ces patients « suspects ». Un engrenage infernal s’ensuivra, avec la multiplication de ces contaminations intrafamiliales ou entre amis.
Les pouvoirs publics, les grands groupes hôteliers, les groupes de services d’aide à la personne doivent se mobiliser sans tarder. Chaque journée de perdue, ce sont des milliers de contaminations qui auraient pu, qui auraient dû être évitées. Il y a aujourd’hui en France 660 000 chambres d’hôtel inoccupées."
Lire l'article du Monde

Coronavirus : suivez la propagation de la pandémie en France et dans le monde

"Retrouvez la situation en France et à l’étranger, pays par pays, synthétisée par « Le Monde » en carte et en graphiques, et actualisée tous les matins.
Si l’épidémie de Covid-19 fut longtemps quasi exclusivement contenue en Chine continentale, ce n’est désormais plus le cas. Autour du 20 février, trois pays ont enregistré une hausse spectaculaire du nombre de cas sur leur territoire : la Corée du Sud, l’Italie et l’Iran, avec des progressions spectaculaires. Début mars, la France, l’Espagne, l’Allemagne et les Etats-Unis ont enregistré le même envol du nombre de cas, confirmant que l’épidémie s’était installée sur leur territoire."
Accédez aux cartes

Coronavirus : le difficile décompte des morts au jour le jour

"A partir de la semaine prochaine, une estimation des décès en Ehpad viendra s’ajouter au bilan des hôpitaux. Les morts à domicile échappent, eux, aux statistiques en temps réel.
Lire l'article du Monde

Les visiteurs de prison s’inquiètent du confinement dans le confinement

"La pandémie de Covid-19 rend la vie des personnes détenues extrêmement difficile. Elles vivent une situation de confinement exceptionnel dans le confinement qui est leur condition habituelle.
Les visiteurs de prison n’ont plus accès aux parloirs. Après avoir été fortement limitées, les visites des proches aux parloirs, les parloirs familiaux et unités de vie familiale ont été, eux aussi, suspendus. Les activités socio-culturelles et d’enseignement, le sport en salle, les cultes et la formation professionnelle sont suspendus. L’accès au travail, d’abord conditionné à l’application de précautions sanitaires, est maintenant aussi suspendu.
La tension provoquée par les mesures de confinement au sein des établissements et le sous-effectif des personnels pénitentiaires occasionné par la pandémie rendent plus difficile, en retour, la vie quotidienne des personnes détenues. Les uns et les autres, personnes incarcérées et membres du personnel, doivent gérer l’anxiété d’un confinement collectif dans un espace réduit et, dans beaucoup de cas, surpeuplé."
L’Association Nationale des Visiteurs de Prison, ANVP, et l’ensemble des visiteurs de prison expriment leur solidarité à ceux qui souffrent de cette situation, les personnes détenues et leurs familles, comme les personnels pénitentiaires et leurs familles.
L’ANVP se félicite des mesures prises par le gouvernement en faveur des personnes détenues : un abondement à leur compte téléphonique afin de maintenir les liens familiaux, la gratuité de la télévision afin d’atténuer l’effet de la suppression des activités, ainsi qu’un accroissement de l’aide aux plus démunis afin de pallier l’impossibilité de travailler.
La situation d’entassement dans les prisons, avec, dans les maisons d’arrêt, un nombre important de détenus dormant sur des matelas au sol, additionné au stress de l’épidémie et au manque cruel d’activité est génératrice de tensions pouvant facilement virer à la violence."
A lire sur l'actu de Lien social

Covid-19 : la protection de l’enfance toujours désarmée

"Comme chaque semaine, une audioconférence s’est tenue le 25 mars entre les acteurs de la protection de l’enfance et leur secrétaire d’Etat, Adrien Taquet. Contrairement à la semaine précédente, la tension s’est invitée dans les débats, les masques étant le point d’achoppement.
C’était la deuxième réunion de ce type, avec une différence notable par rapport à la première : tous les acteurs de la protection de l’enfance – structures collectives, services à domicile et assistants familiaux – étaient présents à cette audioconférence avec Adrien Taquet et les membres de l’équipe du secrétaire d’Etat chargé de ce secteur. Une heure trente d’échanges pour faire le point sur la situation après dix jours de confinement dans une ambiance un peu moins sereine, à en croire certains participants.
Un point de blocage
Après avoir dressé un bilan des actions menées par son secrétariat d’Etat, Adrien Taquet a entendu les différents intervenants, pour ceux qui ont pu s’exprimer. Le point qui a soulevé le plus d’attente est celui des masques de protection, comme la semaine précédente. Là-dessus, Adrien Taquet a vite recadré ses interlocuteurs : ce sont les soignants qui sont prioritaires. Une réponse qui n’a pas satisfait Salvator Stella, président du Cnaemo (Carrefour national de l’action éducative en milieu ouvert) : « Nous comprenons qu’il y ait une priorité au sanitaire, mais la question n’est pas celle-ci. Comment fait-on pour continuer à travailler en protection de l’enfance ? Il faut aussi entendre que les mesures-barrières ne peuvent pas suffire lorsqu’on est dans un appartement exigu ou encore lorsqu’on doit se déplacer avec la famille en voiture. » Malgré ces arguments, Adrien Taquet n’a laissé que peu d’espoir d'obtenir des masques, laissant perplexes les professionnels.
Un positionnement qui risque de poser problème selon Fabienne Quiriau, directrice générale de la Cnape (Convention nationale des associations de protection de l’enfance) : « Même les professionnels, qui sont engagés dans leurs missions, vont certainement commencer à avoir peur, car ils ont des familles".
Lire l'article des ASH

La police tout aussi désarmée



Le dénigrement du masque en Europe suscite la consternation en Asie

"Le port préventif du masque a contribué à juguler les contaminations dans les pays développés d’Extrême-Orient, où l’appel à ne pas en porter en France si l’on n’est pas malade est vu comme une grave erreur."
Le confinement généralisé de la population en France, après l’Italie et l’Espagne, rend perplexes les pays développés d’Asie. Ceux-ci voient tout à coup des sociétés aux économies sophistiquées n’avoir comme seule solution pour contrer l’explosion des contaminations que de recourir à une méthode primitive, au coût économique immense, que seule la Chine autoritaire, la première touchée par l’épidémie, a dû mettre en œuvre.
En serions-nous arrivés là si nous n’avions pas regardé de haut les mesures prophylactiques mises en place par les tigres asiatiques ? Celles-là même qui ont permis à Taïwan, Hongkong, la Corée du Sud et Singapour, et aussi, jusqu’à aujourd’hui le Japon, de se protéger d’une propagation exponentielle du virus. Voire, comme pour la Corée du Sud, de la juguler."
Lire l'article du Monde

La France en pénurie de masques : aux origines des décisions d’État

Cet article explique bien par quelles étapes, "Au principe de précaution : stocker pour être sûr d’avoir en cas de crise, car c’est vital, s'est substitué la logique : être sûr de ne pas trop stocker car c’est essentiel de ne pas dépenser plus qu’il ne faut."
Les logiques gestionnaires,référées aux logiques marchandes, ont entrainé la création d'une chaine d'irresponsabilité. "Par une approche bureaucratico-comptable, s’éloignant de toute vision politique anticipatrice, on a oublié, étape par étape, les alertes sanitaires majeures qui prévalaient à ces choix de stocks préventifs de masse."
"Ceci oblige les actuels membres du gouvernement à expliquer péniblement, au détriment des recommandations de l’OMS et à rebours des cas asiatiques, que le masque ne sert à rien pour une grande partie de la population ou qu’on ne sait pas s’en servir. Et que ce serait donc à propos que l’État n’adopte pas une stratégie « asiatique » de protection de ses citoyens par des masques et du gel de désinfection massivement distribué, couplée à des tests massifs.
Les autorités placent aussi de nombreux travailleurs et leurs employeurs face à une injonction contradictoire : « nous vous demandons d’aller travailler » mais « nous ne pouvons pas vous fournir les moyens garantissant votre protection minimale »."
Lire l'article de The conversation

Coronavirus : au Royaume-Uni, examens de fin d’année annulés et diplômes attribués en contrôle continu

"En raison de la fermeture des lycées à partir de lundi, les candidats se verront attribuer des notes à l’équivalent du baccalauréat en fonction de leurs résultats pendant l’année.
Les épreuves du General Certificate of Secondary Education (GCSE) sanctionnant la fin du collège (autour de 16 ans) et celles du A Level, validant la fin des études secondaires, n’auront pas lieu. Elles devaient commencer dès la mi-mai pour le A Level. Pour autant, les diplômes seront bien validés, a annoncé le premier ministre, Boris Johnson, mercredi 18 mars, sans préciser d’emblée comment. Mais en promettant que « cela sera[it] fait d’une manière juste et qui protège les intérêts des écoliers ».
« C’est la première fois dans notre histoire que l’on supprime les examens, cela montre la gravité de la situation », a reconnu la première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, vendredi. L’Ecosse a annoncé des mesures similaires à celles prises par l’Angleterre.
Plus encore que le GCSE, surtout utile pour les enfants quittant l’école à 16 ans, le A Level permet l’entrée dans les universités. Ces dernières sélectionnent en général les élèves par avance, sur la base de leurs notes en contrôle continu et d’entretiens, mais les admissions définitives ne sont validées que s’ils décrochent le diplôme, avec, si possible, des « A + » ou des « A », pour avoir une chance d’intégrer les très prestigieux collèges d’Oxford ou de Cambridge."
Lire l'article du Monde


Revue de presse 22 mars 2020


Des étudiants en renfort dans les établissements face au covid-19

"Les élèves en travail social sont finalement autorisés à poursuivre leurs stages - en cas d’accord de leur structure et de leur école. Mais des étudiants se mobilisent aussi pour renforcer les établissements en tension, en CDD ou sous d’autres formes.
D’un côté, des personnels contraints d’abandonner leurs établissements sociaux et médico-sociaux, ces tout derniers jours, pour cause de maladie, de vulnérabilité face au coronavirus, ou encore d’enfants à garder. Et de l’autre, des étudiants en travail social, particulièrement motivés pour aider les plus vulnérables face à la pandémie, et pour certains, déjà en stage auprès d’eux. Les premiers pourront-ils donc être remplacés par les seconds ? La réponse a d’abord été négative, à la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS).
Après l’annonce par Emmanuel Macron de la fermeture des établissements scolaires et universitaires, l’administration centrale a en effet relayé la consigne, le vendredi 13 mars, à l’attention des centres de formation en travail social. Dès le lundi 16, ils ne devaient plus accueillir d’élèves, et si possible organiser l’enseignement à distance. Les épreuves de certification, également, devaient être reportées. Et quant aux stages, ils devaient être, purement et simplement, annulés.
« Nous avons réagi très fortement », raconte Diane Bossière, la déléguée générale de l’Unaforis, l’union nationale des acteurs de formation et de recherche en intervention sociale. « Tous les établissements et services faisaient déjà face à une pénurie de personnels ! » Sur son compte twitter, Olivier Huet, le directeur général de l’École pratique de service social (EPSS), soulignait lui-même l’absurdité de l’équation : au moment même où une partie des personnels est empêchée, voilà donc qu’« on interdit aux étudiants en travail social d'aller en stage, alors qu'ils pourraient être vraiment utiles, pour soutenir les professionnels ».
Mais la DGCS a manifestement entendu les écoles : dès samedi soir elle apportait « des précisions sur la situation des stagiaires ». Certes, les stages peuvent bien « être suspendus si la structure d’accueil du stagiaire l’estime pertinent dans le contexte actuel ». Pour autant, « le stage peut se poursuivre en cas d’accord entre la structure d’accueil, le stagiaire et l’établissement de formation ». "
Lire l'article sur le site lemediasocial.fr

Lien social: "TERRAIN - CORONAVIRUS : APPEL À TÉMOIGNAGE de travailleurs sociaux en ces temps de pandémie"

La revue Lien social a lancé un appel à témoignage aux travailleurs sociaux pour faire remonter la situation des terrains dans les différents champs du travail social.
Ces témoignages montrent, après une première période de banalisation, la brutalité des effets des mesures de confinement, avec la fermeture massive des services et l'absence de protection (masques, gels..) des professionnels restant en première ligne.
Lien social précise comment faire remonter vos témoignages : "Il suffit de nous écrire (1000 signes max.) sur : red@lien-social@com et de nous laisser un numéro de téléphone, une date et une heure pour vous recontacter.Un journaliste peut aussi dialoguer avec vous et mettre en forme votre témoignage."
Lire les témoignages sur le site de Lien social

Coronavirus : « Sauvegardons les droits fondamentaux pendant la crise sanitaire »

"Si rien n’est fait pour les accompagner, les personnes isolées subiront le plus durement la crise sanitaire, estiment dans une tribune au « Monde » Jacques Toubon, Adeline Hazan et Jean-Marie Burguburu.
Dans les circonstances que nous connaissons, les personnes enfermées, isolées, celles qui vivent à la rue, qui ont besoin d’aide sociale pour une partie de leurs besoins fondamentaux, seront les premières à subir une double peine si rien n’est fait pour les accompagner.
Ces mesures jettent notamment une lumière cruelle sur les conditions de promiscuité qui prévalent dans les prisons et les centres de rétention administrative que l’hébergement collectif, une hygiène souvent défaillante et des locaux exigus risquent de transformer en foyers de propagation du virus que l’on voudrait combattre.
Le risque sanitaire touche les hommes, les femmes et les mineurs qui y sont enfermés, ainsi que les professionnels qui les prennent en charge, eux-mêmes susceptibles de transmettre la maladie à leurs proches. En temps ordinaire déjà, nous n’avons de cesse de dénoncer les conditions d’enfermement qui prévalent dans les prisons et les centres de rétention administrative (CRA)."
Lire la tribune sur le Monde.fr

Un dispositif exceptionnel de conciergerie solidaire : « Croix-Rouge chez vous ».

"Pour faire face à cette situation exceptionnelle liée à la crise du COVID-19 et assurer sa mission d’aide aux personnes vulnérables, la Croix-Rouge française a mis sur pied un dispositif exceptionnel de conciergerie solidaire : « Croix-Rouge chez vous ».
Toute personne vulnérable confinée en situation d’isolement social peut appeler 7j/7, de 8h à 20h, notre numéro national 09 70 28 30 00 pour bénéficier :
  • d’une écoute chaleureuse et rassurante de la part d’un professionnel du soutien psychologique,
  • d’informations fiables sur la situation,
  • de la possibilité de commander des produits de première nécessité (denrées alimentaires, produits d’hygiène et d’entretien, médicaments) que des volontaires de la Croix-Rouge leur livreront chez elles en toute sécurité dès le lendemain."

Lire l'article sur le site de la Croix-Rouge

Autisme info service : Comment s’occuper durant le confinement

Autisme Info Service a listé des ressources gratuites pour toute la famille.
La liste est riche : jeux, vidéos, documentaires, expositions, musées virtuels, spectacles en ligne...
Acceder à www.autismeinfoservice.fr

Handicap : une foire aux questions sur le site du ministère

"Pour les adultes et enfants en situation de handicap, la famille et les proches aidants, les professionnels médico-sociaux
Exemple de question : "Je dois m’arrêter de travailler pour garder un proche ?
Réponse : "Les parents qui sont amenés à garder leur enfant handicapé à domicile, du fait de la fermeture de la structure médico-sociale d’accueil, bénéficieront d’une prise en charge par la Sécurité sociale des indemnités journalières (sans barrière d’âge en cas de handicap, alors qu’elle est de 16 ans sinon). Mais quelle est la marche à suivre ?
Vous êtes salarié.e et vous devez vous arrêter de travailler pour garder votre enfant en situation de handicap. Vous pouvez bénéficier d’un arrêt de travail sans jour de carence et sans condition d’ouverture de droits. Votre employeur déclare l’arrêt sur le site declare.ameli.fr et ensuite la caisse de Sécurité sociale gère la mise en place des indemnités journalières sans avoir besoin de revenir vers vous.
Aucun jour de carence n’est appliqué.
Attention : en revanche, si l’établissement médico-social de votre enfant n’a pas fermé, il n’est pas prévu d’ouverture de droit pour un arrêt maladie indemnisé."
Lire l'article des ASH

Coronavirus : les hôteliers mis à contribution pour accueillir des SDF

"Le groupe Accor a déjà proposé de mettre à disposition près d'un millier de chambres pour loger des sans-abri durant la période de confinement. Le gouvernement a discuté ce jeudi avec les groupements d'hôteliers afin d'étendre le dispositif. Un dispositif similaire se dessine aussi pour le personnel de santé.
Avec la crise du coronavirus, les hôteliers ferment des chambres les unes après les autres, faute de clientèle. En parallèle, les 157.000 places d'hébergement d'urgence disponibles en France ne suffisent pas à accueillir tous les sans-abri, qui doivent eux aussi être confinés.
Le gouvernement a donc décidé de faire appel aux hôteliers pour loger des SDF. « Il faut mettre à l'abri le plus de personnes possible qui continuent à vivre dehors », explique le ministre du logement, Julien Denormandie,"et il nous faut un maximum de salles isolées" afin de limiter le risque de contagion".
Lire l'article du journal Les Echos

Aide à domicile : la digue résistera-t-elle au coronavirus ?

"Fragilisée par des années de négligences des pouvoirs publics, l'aide à domicile est en situation délicate depuis le début du confinement lié au Covid-19. Le manque flagrant de masques risque d'empêcher les professionnels de rester au chevet de personnes âgées affaiblies.
Le président de la fédération d'associations d'aide à domicile, l'UNA, rappelle que la consigne officielle est de libérer des lits hospitaliers pour prendre en charge les cas graves du coronavirus. Donc, la société a besoin de professionnels du domicile. Mais ceux-ci sont désarmés pour intervenir, faute notamment de masques. Il réclame pour les structures des consignes claires alors que circulent des informations contradictoires. « Qui est le pilote dans l'avion ? », s'exclame-t-il.
Lire l'article sur le mediasocial.fr

Coronavirus : enfin des consignes pour la protection de l’enfance


"Une fiche de consignes destinée aux établissements et services de la protection de l’enfance a été envoyée le 19 mars aux têtes de réseaux du secteur ainsi qu’aux départements. Des recommandations très attendues par les professionnels, qui déplorent le manque de réactivité de leur secrétariat d'Etat.
Il aura donc fallu attendre le 19 mars pour que la protection de l’enfance bénéficie enfin d'une note de recommandations nationales pour gérer cette crise du coronavirus. Un retard au démarrage qui a suscité beaucoup d’interrogations et d’inquiétudes sur le terrain, alors que, d’un département à l’autre, les décisions prises ont fluctué selon l’appréciation des autorités. Ce document de 11 pages vient ainsi clarifier « la conduite à tenir et les bonnes pratiques à adopter en phase 3 du plan gouvernemental » pour les structures collectives et les acteurs de l’intervention en milieu ouvert.
Egalement destinataires de la note, les départements pourront s’appuyer sur ces recommandations pour orienter leurs actions et décisions en la matière, face à une crise sanitaire inédite. Après un rappel de leurs missions, ils sont incités à mettre en place un plan de continuité d’activité intégrant la continuité du fonctionnement et des missions de la cellule de recueil, de traitement et d’évaluation des informations préoccupantes (Crip). Ils sont également invités à mettre en place « une cellule de crise interinstitutionnelle au niveau opérationnel comme stratégique », pour favoriser, auprès des établissements et services, un appui par le renfort de professionnels et de bénévoles pour des activités éducatives, sportives ou de loisirs, ce qui pourrait s’avérer très utile en cette période de confinement."
La suite de l'article aborde la transformation des droits de visites et les conditions de la continuation de l'AEMO.
NB : "la majorité des professionnels se déclarent prêts à réintervenir au domicile s’ils bénéficient de masques, de gants ou encore de gel hydroalcoolique, ce qui n’est pas le cas actuellement. "
Lire l'article des ASH

Covid-19 : l'impossible calcul du taux de mortalité

Cet article pose "une question très sensible : celle du taux de mortalité. Une récente publication dans la revue The Lancet, qui est la plus prestigieuse revue scientifique médicale – et donc à prendre très au sérieux, en date du 12 mars, revoyait considérablement à la hausse le taux de létalité, le fixant à 5,6% pour la Chine et jusqu'à 15,2% pour le reste du monde, là où l'estimation de l'Organisation Mondiale de la Santé est de 3,4% au niveau mondial.
Pourquoi une telle différence, et pourquoi un hausse aussi dramatique dans cette nouvelle publication ?
En fait, tous ces chiffres posent problème sans exception et sont très loin de la réalité, et voilà pourquoi.
Dans un premier temps, il faut redéfinir ce qu'est le taux de létalité, à ne pas confondre avec le taux de mortalité, qui est le nombre de morts rapporté à l'ensemble d'une population, d'un pays ou du monde. Le taux de létalité est le nombre de morts rapporté au nombre de personnes infectées.
Et c'est là le premier problème. Aujourd'hui, ce nombre de personnes réellement infectées, on ne le connaît pas. On recense les gens qui sont déclarés positifs au SARS-CoV 2, mais d'une part, tous les malades ne sont pas diagnostiqués. Aujourd'hui par exemple en France, les médecins ne demandent un test qu'en cas d'infection sérieuse, à l'hôpital. Et ce dépistage dépend de la politique de chaque pays. Par exemple, en Corée du Sud, où un dépistage massif a été fait, le taux de létalité chute à 0,7% à l'échelle du pays."
Lire l'article sur France culture.fr

Un article de référence en anglais : "Coronavirus: The Hammer and the Dance"

Pour ceux qui ne lisent pas facilement en anglais, un outil très puissant, deepl, permet de traduire facilement et très correctement.
Les schémas de cet article sont par ailleurs très parlants, ainsi que le simulateur.
Vous pouvez aussi lire l'article en français.
"Strong coronavirus measures today should only last a few weeks, there shouldn’t be a big peak of infections afterwards, and it can all be done for a reasonable cost to society, saving millions of lives along the way. If we don’t take these measures, tens of millions will be infected, many will die, along with anybody else that requires intensive care, because the healthcare system will have collapsed."
Extract from this article : "So why is the fatality rate close to 4% ? If 5% of your cases require intensive care and you can’t provide it, most of those people die. As simple as that."
"There are 4 million admissions to the ICU (intensive care unit) in the US every year, and 500k (~13%) of them die. Without ICU beds, that share would likely go much closer to 80%. Even if only 50% died, in a year-long epidemic you go from 500k deaths a year to 2M, so you’re adding 1.5M deaths, just with collateral damage."
Lire l'article de Medium.com


Revue de presse 15 mars 2020


Etude Insee Analyse Île-de-France n°105, « Milieu familial précaire : premier facteur de fragilité sociale pour les jeunes franciliens »

"Plus diplômés qu’en province, les jeunes franciliens s’insèrent mieux sur le marché du travail mais rencontrent des conditions de logement plus difficiles. Ceux issus d’un milieu familial précaire, devenus parents de manière précoce ou élevant seuls leur enfant sont souvent peu diplômés et confrontés au chômage ou à l’inactivité. À Paris, bien que les jeunes soient moins souvent exposés à la fragilité sociale, celle-ci peut se traduire par une pauvreté monétaire plus intense. Depuis la crise économique de 2008, malgré une part croissante d’étudiants, le chômage des jeunes franciliens a augmenté".
Lire l'étude de l'INSEE

Coronavirus COVID-19 : les sites pour s'informer correctement

Le site gouvernemental Info-coronavirus
Santé Publique France
Le site de l'organisation mondiale de la santé
Pour obtenir des conseils, n'appelez pas le 15, mais le Numéro vert : 0 800 130 000

Logement : la trêve hivernale est prolongée de deux mois

"Face à la pandémie de coronavirus, le gouvernement reporte la fin de la trêve hivernale au 31 mai. Les expulsions locatives seront donc interdites deux mois de plus que d’ordinaire.
Le ministre chargé de la ville et du logement, Julien Denormandie, l’a confirmé vendredi 13 mars : les préfets vont recevoir des instructions leur demandant « de surseoir à tout concours de la force publique pour la mise en œuvre des expulsions locatives si une solution de relogement pérenne n’a pas été trouvée en amont ». L’enjeu, a-t-il indiqué, « est d’éviter toute remise à la rue de personnes dans le contexte sanitaire actuel ». "
Lire l'article du Monde

Coronavirus: état des lieux dans le monde le 14 mars 2020

"Le nombre de cas de nouveau coronavirus dans le monde a dépassé les 150 000, dont plus de 5 700 décès dans 137 pays et territoires, selon un nouveau bilan ce samedi soir. La France passe au stade 3 de l'épidémie alors que le virus progresse dans l'hexagone.
Plus de 152 898 cas d'infection sont dénombrés dans 137 pays, dont les plus touchés après la Chine sont l'Italie avec 1 441 morts pour 21 157 cas, l'Iran avec 611 morts (12 729 cas), l'Espagne avec 183 morts (5 753 cas) et la France avec 91 morts (4 500 cas).
En France, le Premier ministre Édouard Philippe annonce que ce samedi dès minuit les cafés, les restaurants, cinémas et discothèques seront fermés. Ces fermetures seront effectives aussi pour tous « les lieux recevant du public » non essentiels. La France est officiellement passée au stade 3 de l'épidémie. Entreprises et administrations sont priées de développer le télétravail pour permettre à un maximum de gens de rester à leur domicile. Le Premier ministre annonce aussi que le 1er tour des municipales aura bien lieu ce dimanche 15 mars « comme prévu »."
La suite du dossier décrit la situation pays par pays.
Voir notamment : Les questions pratiques :
Acceder au dossier de Rfi.fr


Revue de presse 08 mars 2020


Intervention Pr Matthieu REVEST - Covid-19 - CHU de Rennes

N’hésitez pas à relayer cette saine information (ce que demande le CHU de Rennes).



Etablissements publics : nomination des membres de l’instance nationale de médiation

"Le ministre de la santé a procédé à la nomination des membres de l’instance nationale de médiation pour les personnels des établissements publics de santé, sociaux et médico-sociaux, par arrêté publié au Journal officiel le 28 février 2020.
L’instance nationale de médiation pour les personnels des établissements publics de santé, sociaux et médico-sociaux a été instituée par un décret du 28 août 2019. Elle est présidée par le médiateur national, Edouard Couty. Pour rappel, la procédure de la médiation permet aux personnels des établissements sus cités de résoudre des différends qui portent une atteinte grave au fonctionnement normal du service. Les conflits sociaux, les différends relevant des instances représentatives du personnel ou faisant l’objet d’une saisine du Défenseur des droits ou d’une procédure disciplinaire et les différends relatifs à des décisions prises après avis d’un comité médical ou d’une commission de réforme, sont tous exclus du champ de la médiation."
Lire l'article des ASH

Des hommes violents (6/6) : Pierre, un peu de lumière

"Dernier épisode de la série documentaire "Des hommes violents", à la rencontre d'hommes condamnés pour violences conjugales contraints par la justice de participer à un groupe de parole. Entre déni et interrogations du narrateur, Mathieu Palain revient sur la question des masculinités aujourd'hui."



Revue de presse 29 février 2020


Guide pratique du Covid-19

"Le ministère des Solidarité et de la Santé vient de publier un guide méthodologique à destination des établissements de santé, des médecins de ville et des établissements médico-sociaux pour prendre en charge des patients possiblement atteint du coronavirus, maintenant baptisé Covid-19.
Face à l’expansion du coronavirus Covid-19, le ministère des Solidarités et de la Santé diffuse largement depuis le 20 février dernier aux établissements de santé et médico-sociaux et aux médecins de ville un guide méthodologique, Préparation au risque épidémique Covid-19.
Ce guide introduit la méthodologie par les origines du virus, des informations scientifiques, de transmission, de définition des cas et des mesures de prévention.
Il présente ensuite la stratégie nationale de réponse sanitaire en fonction des stades de développement du Covid-19, l’organisation de la prise en charge des patients dans les établissements de santé, les dispositions à mettre en œuvre face aux patients possiblement porteurs du virus et l’orientation des cas avérés vers les établissements habilités.
Le guide explique également la place de la médecine de ville et des soins ambulatoires dans le dispositif de lutte contre le Covid-19 (diagnostic, moyens, actions de première intention et orientation vers une structure habilitée) et rappelle l’importance de la formation et de l’information des personnels concernés.
Très didactique, le guide explique pas à pas toutes les procédures à suivre dans tous les cas de figure et étaye ses explications par des schémas de décision et de prise en charge."
Lire l'article des ASH
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Loïc Monjour : « L’hygiène des mains est une mesure très efficace et peu coûteuse pour éliminer germes, microbes et virus… »

"Pour éviter la propagation des épidémies, le lavage des mains est essentiel, mais les Français sont parmi les moins respectueux de cette mesure élémentaire, souligne Loïc Monjour, ancien professeur de médecine tropicale, dans une tribune au « Monde ».
Le nom d’Ignace Philippe Semmelweis, né à Budapest en 1818, est peu connu. Pourtant, depuis deux siècles, la plupart des femmes à travers le monde, de toutes conditions sociales, bénéficient de sa perspicacité et de ses travaux… Ce génie médical a aboli la tragédie des fièvres puerpérales (après l’accouchement) dans son service de la maternité de Vienne et découvert l’importance de l’asepsie avant le grand Pasteur.
Ses étudiants en médecine pratiquaient des autopsies avant de se rendre à la maternité pour effectuer des examens de femmes en travail ou procéder à des accouchements. La mortalité des parturientes était considérable, et Semmelweis, après une véritable enquête épidémiologique, imposa aux étudiants de se laver les mains avant toute intervention obstétricale, non pas avec du savon, mais avec une solution de chlorure de chaux, une initiative inconnue à l’époque.
Par cette seule mesure, le pourcentage de décès causés par la fièvre puerpérale s’effondra de 12 % à 3 %. Il allait révéler à ses confrères le danger que représentent ces infections que l’on appelle aujourd’hui « manuportées » et « nosocomiales » et l’intérêt de l’utilisation d’un antiseptique pour y parer. Mais, sans appui officiel, n’ayant pas su convaincre, peu à peu, il sombra dans la démence et mourut à 47 ans. L’histoire de cette découverte a été brillamment racontée dans la thèse de médecine de Louis-Ferdinand Céline en 1924 et, comme boire et manger, le lavage des mains est devenu un rituel dans notre vie de tous les jours."
Lire l'article du Monde

L’accompagnement éducatif et social (DEAES) attire de moins en moins d’étudiants

"La Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques vient de publier les résultats de son enquête sur les formations aux professions sociales. Elle a constaté une baisse du nombre d’étudiants inscrits dans ces filières.
Chaque année, la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) mène une enquête auprès des centres de formation aux professions sociales. Elle permet de dénombrer et d’identifier les établissements de formation et de recenser leurs étudiants et leurs diplômés par année d’étude, en distinguant trois filières : domicile, structure et éducation inclusive.
La Drees a ainsi constaté une baisse des effectifs depuis 2010, en particulier dans la filière domicile (-63% entre 2015 et 2018). Dans cette même filière, 16% des inscrits en première année abandonne leur formation. L’hypothèse du manque d’attractivité des professions auxquelles préparent ces formations est donc encore plus prégnante pour cette filière. Quant au nombre de diplômés dans les filières domicile et structure, il est passé de 12 300 à 9 810, soit une baisse de 20 % entre 2015 et 2018.
Sur le profil des étudiants, la Drees a constaté qu’un étudiant sur deux a un niveau inférieur au bac, que les promotions sont très féminisées (88% des étudiants en première année), que 92% des étudiants bénéficient d’une aide financière et que la majorité d’entre eux ont des parents en catégorie socio-professionnelle employés."
Lire l'article des ASH
Lire l'étude de la Drees

RÉFORME Retraites : la triple peine pour les métiers pénibles

"La future réforme de retraites aggravera les injustices liées à la pénibilité de certains métiers, estiment des statisticiens du ministère de la Santé membres du collectif Des chiffres et des luttes.
Et de trois. Après les agents de l’Insee puis ceux de la Dares (ministère du Travail), c’est au tour des statisticiens de la Drees (ministère de la Santé) de rejoindre le mouvement Des chiffres et des luttes, le collectif de mobilisation des agents de la statistique publique contre la réforme des retraites soutenu par la CGT. Ils apportent leur pierre au débat sur la pénibilité et l’espérance de vie, avec ou sans incapacité.
Les ouvriers, grands perdants
« Sommes-nous tous égaux face à l’allongement de la durée du travail ? », s’interrogent-ils dans une note qu’ils viennent de publier. La réponse est dans la question. En dépit des promesses de justice du futur système de retraite universelle à points, un euro cotisé ne donnera pas les mêmes droits à tous, estiment-ils. Tout simplement parce que la pénibilité de certains métiers ne permettra pas de couler le même nombre de jours heureux en retraite."
Lire l'article d'Alternatives Economiques


Revue de presse 22 février 2020


Moi Jeune : «On déménage tout le temps, c'est la galère»

"Six jeunes migrants, tous mineurs et aidés par l'association Utopia 56, racontent leur errance dans le nord de Paris, leur quotidien, et leur désarroi.
Extrait : "«Je suis dehors depuis mars 2019. Ça fait cinq jours que je vis dans une caravane, à Porte dorée. Dans cinq jours, je devrai partir, je ne sais pas où, à Porte d’Aubervilliers encore. Quand tu déménages tout le temps, t’es tout le temps en galère. Ici, en France, on n’est rien. Je ne peux compter que sur des associations comme Utopia 56 et les Midis du MIE. Je suis arrivé en décembre 2018, du Mali. Pendant trois semaines, j’ai dormi à côté d’un pont. Puis la police est venue ramasser tout le monde. Après deux mois en foyer, j’ai reçu un courrier qui m’a dit que les mineurs ne peuvent pas rester dans les foyers de majeurs."
Lire l'article de Libération

Transports parisiens : des personnes à mobilité réduite dénoncent une « assignation à résidence »

"Quinze ans après la loi handicap, les personnes à mobilité réduite peinent encore à se déplacer : environ 60 % du réseau de transport francilien leur est inaccessible.
Le plus simple serait qu’Alexandre Martel reste chez lui. Mais le jeune homme de 24 ans n’est pas du genre à renoncer. A 9 heures, comme chaque matin, il est en bas de sa résidence, dans le 14e arrondissement. Atteint d’une paralysie cérébrale depuis sa naissance, il se rend tous les jours près du stade Charléty, dans le 13e arrondissement, à la délégation de l’APF France handicap, où il se bat pour que les revendications des personnes handicapées soient entendues.
Pour rejoindre le siège de l’association, impossible de prendre le métro : en effet, seule la ligne 14 – neuf stations sur 303, soit 3 % du réseau parisien – est accessible aux personnes en fauteuil roulant. Alors, Alexandre Martel fonce avec son fauteuil électrique jusqu’à l’arrêt de bus le plus proche ; le réseau parisien est entièrement adapté aux utilisateurs de fauteuil roulant : les 4 500 bus en circulation sont équipés de rampes d’accès, que les chauffeurs peuvent déployer.
A l’arrêt Denfert-Rochereau, si la rampe fonctionne correctement et que le trottoir a bien été rehaussé, la descente d’Alexandre Martel est gênée par des poubelles mal stationnées. Il rouspète, avant de retrouver le sourire en voyant que l’ascenseur qui lui permet d’aller prendre le RER B fonctionne. Il suffit que celui-ci soit en panne pour qu’un banal trajet quotidien se transforme en mission impossible."
Lire l'article du Monde

La surconsommation d’opioïdes est liée à la pauvreté, selon une étude

"La pauvreté incite-t-elle à consommer davantage de médicaments opiacés ? Ou ces antalgiques entraînent-ils certains patients dans une spirale d’addiction et de déclin ? Pour la première fois, des économistes se sont penchés sur le cas de la France, et pour eux, dans l’Hexagone du moins, la première hypothèse est la bonne.
Selon leurs calculs, l’augmentation du taux de pauvreté de 1 % dans un département se traduit par une augmentation de 10 % de médicaments opiacés. Ces chercheurs de l’Université libre de Bruxelles (ULB) ont exploité les données de vente d’antalgiques en France entre 2008 et 2017 – jusque-là jamais traitées à l’échelle départementale – et plusieurs indicateurs socio-économiques : le taux de pauvreté (14 % en moyenne dans le pays), le taux de chômage, la densité de population ou le niveau d’éducation. Cette approche leur a permis d’étudier l’influence de ces différentes variables, et de comparer les départements entre eux.
« Ce résultat valide l’hypothèse des “deaths of despair” [morts de désespoir] américains », commente Mathias Dewatripont, l’un des coauteurs de l’étude, qui n’a pas encore été publiée. Conceptualisée par le Prix Nobel d’économie Angus Deaton et sa consœur Anne Case, cette hypothèse explique la surmortalité liée aux drogues et aux médicaments par le blues de la « working class » américaine, prise au piège d’une économie en berne. Aux Etats-Unis, les antalgiques opiacés ont ainsi causé au moins 200 000 décès depuis 1999. Près de 100 milliards de comprimés ont été distribués pour la seule période 2006-2014."
Lire l'article du Monde


Revue de presse 15 février 2020


Alerte sur la souffrance au travail dans l’économie sociale et solidaire

"Dans le livre Souffrance en milieu engagé (1), la journaliste Pascale-Dominique Russo scrute les conditions de travail chez Emmaüs, France Terre d’asile, la Macif ou encore au sein du groupe SOS. Et fait le lien avec les transformations économiques vécues par le secteur.
Sur le papier, l’économie sociale et solidaire, qui regroupe plus de 200 000 associations, mutuelles, coopératives ou encore fondations, est un secteur à part, préservé des vicissitudes de l’économie de marché par trois piliers de valeurs historiques : dans l’ESS, on ne recherche pas le profit, on réinvestit les résultats et on dirige selon le principe un homme, une voix.
Mais comment le vivent les salariés qui y travaillent au quotidien ? Pas toujours très bien, si l’on en croit Pascale-Dominique Russo, qui a mené l’enquête dans un petit nombre de structures comme les associations Emmaüs et France Terre d’asile, le groupe SOS, les mutuelles Chorum ou la Macif. Une enquête dont le résultat nourrit le livre Souffrance en milieu engagé, publié le 20 février.
Après avoir écrit pendant vingt ans sur l’ESS en tant que journaliste, Pascale-Dominique Russo a rédigé pendant huit ans une lettre sur la santé au travail au sein de la mutuelle Chorum, où elle a été témoin de situations qui l’ont poussée à enquêter. Son livre met en lumière de nombreuses situations délétères, où « on observe un réel écart entre la bienveillance supposée de l’univers associatif et mutualiste et la réalité des témoignages ».
À SOS, il est dit que le « petit cercle aux manettes » autour du patron fondateur Jean-Marc Borello impose un « rythme de travail éreintant ». À Emmaüs Solidarités, l’arrivée en 2007 d’un nouveau directeur général, aujourd’hui remercié, se solde par des « placardisations tout à fait inappropriées ». Les tensions finissent par déboucher, en 2010 sur une grève, inhabituelle dans la structure. À France Terre d’asile, il est question « des abus de pouvoir » du directeur général Pierre Henry, d’un « livre noir sur ses agissements », ainsi que d’un procès aux prud’hommes, perdu par l’association en 2017, pour harcèlement moral. À Chorum, une secrétaire, partie en 2013, se fait traiter de « conne » par sa directrice générale. À la Macif, les salariés apprennent par le Canard Enchaîné qu’Alain Montharant, président jusqu’en 2019, a bénéficié d’une augmentation de 160 000 à 260 000 € entre 2018 et 2019.
L’auteur livre surtout une analyse intéressante sur le contexte de transformation dans lequel ces pratiques interviennent. Côté mutuelles, on doit « se hâter de se regrouper pour ne pas disparaître face à la concurrence féroce des assurances » et pour s’adapter à ces « entités gigantesques », se réorganiser sans cesse, comme l’auteur le détaille, à la Macif. Côté associatif, on passe d’un schéma où la subvention prime à un modèle où « la commande publique s’impose peu à peu comme le mode de financement majeur à travers la procédure d’appels d’offres ». De partenaires, les associations deviennent peu à peu sous-traitantes des pouvoirs publics. Avec des conséquences en termes de liberté d’action mais aussi d’abaissement des coûts."
Lire l'article de La Croix

« En France, 63 % des gens qui ont fait de la prison sont condamnés à y retourner »

"Réalisateurs du documentaire « Des hommes », tourné dans la prison des Baumettes à Marseille, Alice Odiot et Jean-Robert Viallet ont voulu montrer l’absurdité du système carcéral.
Lauréats du prix Albert-Londres – lui pour La Mise à mort du travail (2009), elle pour Zambie, à qui profite le cuivre ? (2011) –, Alice Odiot et Jean-Robert Viallet signent pour la première fois ensemble un film documentaire, Des hommes, sur la prison des Baumettes, à Marseille. Leur demande d’accès à l’établissement pénitentiaire remonte à 2013. Elle leur fut accordée en deux temps. Une première fois en 2015, pour un mois, mais sans caméra. Puis, en 2016 avec le droit de filmer. Ils y sont alors retournés, durant vingt-cinq jours, dix à douze heures par jour. Ce que montre Des hommes résulte du long travail élaboré durant ces deux séjours. A. O. : Ce constat est très français : 63 % des gens qui ont fait de la prison sont condamnés à y retourner. L’important de ce qu’on montre est bien cette absurdité du système. Qui ne produit aucun résultat. Qui se veut à la fois punitif et qui est, en même temps, hors la loi. Il suffit de voir toute la drogue qui circule à l’intérieur, le droit du travail qui ne s’applique pas aux détenus. Ceux qui travaillent en prison sont en effet payés deux euros de l’heure."
Lire l'article du Monde

Anne-Marie Moulin : « Les réactions irrationnelles sont le lot de toutes les épidémies »

"Peste, coronavirus ou grippe... les épidémies ont toujours suscité de grandes peurs collectives, nous raconte la médecin et philosophe Anne-Marie Moulin."
Cet article, très instructif, débute par une histoire longue des épidémies et des croyances à leur sujet. Il aborde ensuite les épidémies récentes et les étonnantes différences de réaction politique et publique selon les contextes.
Lire l'article du Monde

Conférence nationale du handicap : la CNSA se mobilise

"Suite à la Conférence nationale du handicap, la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) s’engage pour des délais d’octroi des prestations plus courts, l’école inclusive, le déploiement de solutions adaptées aux personnes ayant des besoins soutenus et la création de places de transition.
Dans son discours d’ouverture de la Conférence nationale du handicap, Emmanuel Macron demandait, entre autres, que l’octroi à vie des droits aux personnes en situation de handicap irréversible soit attribué de façon linéaire sur tous les territoires – “je ne sais pas expliquer que ces droits à vie soient aujourd'hui accordés dans 2 % des cas dans un département et 60 % des cas dans un autre département.
Et donc il faut qu'on marie la simplicité, la proximité qu'offre la présence départementale et les acteurs locaux avec l'égalité des droits républicaines dans le cadre justement de cet accord” – et que les demandes d’allocation adulte handicapé (AAH) soient traitées au maximum dans les trois mois – “qu'au 1er janvier prochain, aucune demande d'allocation adulte handicapé ne soit traitée en plus de 3 mois dans aucun endroit du territoire”. La CNSA s’engage dans ce processus et propose un appui sur-mesure aux maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) avec notamment un renfort de personnel, un appui à la formation et des recommandations sur les conditions structurelles d’une amélioration du traitement des demandes des personnes. La Seine-Saint-Denis et l’Yonne seront départements pilotes pour la mise en place de ces mesures.
La CNSA s’engage également sur l’école inclusive avec le financement d’unités d’enseignement “autisme” supplémentaires et financera la création de 1000 places en Ile-de-France, Hauts de France et Grand Est pour maintenir en France les personnes actuellement forcées à s’expatrier pour se faire soigner, faute de places en France.
La CNSA poursuit par ailleurs ses travaux de développement d’outils numériques et de téléservices pour accompagner les personnes en situation de handicap et leurs proches."
Lire l'article des ASH

Accompagnement sexuel et handicap : « J’ai passé quarante ans sans aucune expérience intime. J’étais dans une impasse »

"Le gouvernement a rouvert cette semaine le sujet sensible des accompagnants sexuels pour personnes handicapées. Cette activité, si elle n’est pas légale en France, existe déjà. Témoignages.
Lire l'article du Monde

Rapport : Le rôle des services d’aide et d’accompagnement à domicile (SAAD)familles auprès des enfants et des parents en situation de handicap

"Les fédérations du domicile ont élaboré ensemble une définition des SAAD familles, indiquant qu’il s’agit d’un dispositif d’aide à domicile des familles qui constitue un outil de prévention auprès des familles à plusieurs niveaux :
  • de prévention généraliste lorsque l’intervention a lieu auprès de familles fragilisées temporairement par un événement de vie ;
  • de prévention ciblée lorsque l’intervention se déroule auprès de familles dans lesquelles un ou plusieurs enfants peuvent courir un risque du fait de la difficulté pour le(s) parent(s) d’exercer la fonction parentale.
La finalité de l’intervention d’aide à domicile, individuelle ou collective, est de renforcer l’autonomie des familles rencontrant des difficultés. Le maintien ou le renforcement de l’autonomie est rendu possible par l’intervention à leur domicile de différents types de personnels qualifiés : les techniciennes et techniciens de l’intervention sociale et familiale (TISF) ou les accompagnants ou accompagnantes éducatifs et sociaux (AES). Ils soutiennent les familles en apportant aide matérielle, éducative et sociale en fonction des besoins. Depuis 2016, le diplôme d’accompagnant éducatif et social (AES) remplace celui d’auxiliaire de vie sociale (AVS). Cependant, dans les SAAD familles, l’usage courant est de parler des AVS, en désignant ainsi davantage leur fonction plutôt que le diplôme.
En préservant l’équilibre des relations familiales, les interventions des SAAD familles participent à la prévention des difficultés sanitaires, familiales ou sociales : à ce titre, elles constituent un levier essentiel en matière de soutien à la parentalité, d’insertion, de prévention en santé ou de protection de l’enfance."
Lire le rapport de la FNAAFP

Les demandeurs d’emplois les plus âgés et les moins diplômés, oubliés de la « société du tout numérique »

"Ne pas savoir chercher une annonce, ou même attacher une pièce-jointe... au moins 13 millions de Français ne maîtrisent pas assez des outils indispensables.
Le 13 mars, l’ex-secrétaire d’Etat au Numérique, Mounir Mahjoubi, inaugurait à Strasbourg le douzième espace de formation « Emmaüs Connect ». Objectif du dispositif : lutter contre un mal qui touche des millions de Français : la « fracture numérique ». Destiné aux personnes qui n’ont pas Internet ou qui éprouvent des difficultés à s’en servir, l’espace d’Emmaüs Connect offre l’accès au matériel connecté et propose des ateliers pour s’initier au numérique.
Car en 2019, tous les Français ne sont pas égaux en ligne. Rédiger un mail, rechercher des informations ou même se connecter relève du parcours du combattant pour bon nombre de concitoyens. Selon la Mission Société Numérique, pilotée par le gouvernement, 13 millions de Français sont victimes d’« illectronisme » : un néologisme servant à désigner l’inaptitude ou le manque de maîtrise des outils numériques pour effectuer des démarches courantes.
En première ligne, les demandeurs emploi. Internet est devenu incontournable, aussi bien pour rechercher un travail que pour percevoir ses droits au chômage. L’inscription à Pôle emploi se fait exclusivement en ligne depuis 2016. « On a formé 3 000 jeunes en service civique pour accompagner ces personnes à l’utilisation de nos nouveaux services, se défend Karine Meininger, directrice des services aux demandeurs d’emploi de l’opérateur public. On a aussi mis en place des postes informatiques en agence et on propose une aide téléphonique »."
Lire l'article du Monde


Revue de presse 08 février 2020


Prévention du suicide : le retard fatal

"Le quatrième rapport de l’Observatoire national du suicide réaffirme le lien entre cette tragédie et les conditions de travail, explique la journaliste du « Monde » Anne Rodier dans sa chronique.
La France compte entre 10 000 et 11 000 suicides par an depuis dix ans. Combien d’entre eux sont-ils liés au travail ? Le quatrième rapport de l’Observatoire national du suicide, à paraître prochainement, ne l’indique pas, « parce que c’est impossible, explique Christian Baudelot, sociologue et coauteur du rapport avec le psychiatre Michel Debout. Il y a un blocage énorme des entreprises pour en parler. Les directions se refusent toujours à comptabiliser et à communiquer sur les suicides. Alors même qu’elles sont soumises à des transformations radicales ».
Les drames des dix dernières années (Technocentre Renault, France Télécom, La Poste) n’ont pas suffi à briser le tabou. L’intérêt du rapport de l’Observatoire national du suicide est de parler et de faire parler de ce phénomène multifactoriel en réaffirmant son lien avec les conditions de travail. Solitude, qualité de travail « empêchée », surengagement, surcharge mentale, sont au nombre des facteurs de risques suicidaires. La politique de prévention est au nombre des solutions."
Lire l'article du Monde

Violences envers les femmes : faut-il inscrire l’emprise dans la loi ?

"L’Assemblée nationale votait la semaine dernière, en première lecture, une proposition de loi «visant à protéger les victimes de violences conjugales».
Fallait-il introduire dans la loi la notion d'emprise difficile à prouver devant les juges ? Deux juristes en débattent."
Lire l'article de Libération

Rester père après une séparation, un défi

"La communication entre les ex-conjoints et le respect de la place de chacun sont des principes essentiels pour maintenir le lien entre le père et l’enfant.
Selon une étude de l’Insee publiée en 2015, un million et demi d’enfants voient très peu leur père (moins d’une fois par mois) et 500 000 enfants ne le voient plus du tout. Dans la majorité des cas, les enfants de parents séparés résident principalement chez leur mère. Néanmoins, la résidence alternée est accordée au cas par cas, dans l’intérêt de l’enfant. Plutôt rare pour les enfants de moins 2 ans, elle devient plus fréquente quand l’enfant grandit, atteignant son pic entre 11 et 14 ans.
Les liens entretenus avec le père sont souvent mis à mal lorsque les ex-conjoints sont en conflit, chacun d’eux pouvant être tenté de faire « payer » l’autre. Avec le risque que l’enfant devienne un otage, un enjeu de pouvoir entre ses parents. Dans ce cas, ces derniers peuvent être incités, par un avocat ou un autre professionnel, à se tourner vers un espace de médiation familiale pour maintenir entre eux la communication et prendre ensemble des décisions dans l’intérêt de leur progéniture.
[...] Dans sa pratique de médiatrice familiale, Sabrina de Dinechin constate chez les pères une « vraie peur » de « perdre le quotidien » de leur enfant, de ne plus être au courant de rien. La peur de se faire évincer, ce qui entraînerait à terme, selon eux, « la perte du lien ». Aussi la médiatrice insiste-t-elle sur « la responsabilité qui incombe à chaque parent de faire en sorte que la relation entre l’enfant et l’autre parent existe, se passe bien et soit de bonne qualité ». La difficulté, remarque Sabrina de Dinechin, c’est que « beaucoup de mères séparées de leur conjoint ne veulent pas endosser cette responsabilité et ce, au détriment des besoins de l’enfant, dont celui d’avoir ses deux parents pour grandir ».
En tout état de cause, souligne la médiatrice, chaque ex-conjoint aura à cœur d’éviter de dire du mal de l’autre en présence de l’enfant, même de façon non verbale (soupirs, yeux levés au ciel…). Une bonne communication fondée sur la bienveillance et le respect de la place de chacun est une base essentielle à la construction ou au maintien des liens avec le parent à distance, le père le plus souvent."
Lire l'article de La Croix

Tous les ans, je signe des attestations à l’adresse de mon domicile » : les enseignants face à la précarité étudiante

"Un vendredi soir de décembre, il est 19 heures lorsqu’un vigile de l’université de Lille découvre une étudiante camouflée dans un recoin. Gênée, elle lui raconte que ses parents l’ont mise à la porte, et qu’elle cherche juste à dormir au chaud pour le week-end. « De sa propre initiative, l’agent de sécurité lui a payé l’hôtel pour deux nuits, relate Emmanuelle Jourdan-Chartier, enseignante et vice-présidente chargée de la solidarité. Nous lui avons remboursé les frais avancés. » Plusieurs fois par semaine, l’élue est sollicitée par des enseignants et par des secrétaires administratifs lui signalant que tel ou tel jeune rencontre de grandes difficultés.
Avec 70 000 étudiants, l’université de Lille est l’une des plus grosses facs de France. Si elle accueille 38 % de boursiers sur critères sociaux (un chiffre qui correspond à la moyenne nationale), ce taux frise les 50 % sur le campus Pont-de-Bois, siège des sciences humaines et sociales. Outre les aides du Crous, cette année, 403 étudiants sont éligibles à une aide spéciale de l’université, contre 222 en 2018, soit 81 % de plus."
Lire l'article du Monde

Nuit de la solidarité : quand Paris compte ses sans-abri

"Dans la nuit de jeudi à vendredi, près de 2 000 bénévoles accompagnés de travailleurs sociaux ont parcouru les rues de Paris, les couloirs du métro ou les parkings souterrains pour recenser les personnes SDF.
Ils sont encore plus invisibles que ceux qui dorment dehors : toutes les nuits, environ 300 sans-abri se réfugient sur les quais et couloirs des stations du métro parisien. Dans la nuit de jeudi à vendredi, une opération de recensement des personnes sans domicile fixe a été menée dans la capitale. A l’initiative de la mairie de Paris, près de 2 000 volontaires accompagnés par des travailleurs sociaux ont sillonné la ville, les réseaux RATP et SNCF, les parkings sous-terrains, les bois de Boulogne et Vincennes, mais aussi les hôpitaux et les talus du périphérique, pour rencontrer et décompter les personnes qui dorment dans ces espaces publics. En surface, Paris a été découpé en 384 secteurs, parcourus par autant d’équipes, qui ont sillonné toutes les rues de manière à procéder à un recensement le plus précis possible."
Lire l'article de Libération


Revue de presse 1 février 2020


Revenu universel d'activité : "les critères retenus auront une portée politique"

“Quelles sont les conditions d’élaboration et de mise en oeuvre du revenu universel d’activité que les citoyens considéreront comme justes et acceptables ?” Voilà la question sur laquelle va travailler un jury citoyen durant deux fins de semaine, les 1er et 2 février, et les 22-23 février prochains. Le futur revenu universel d’activité fusionnera les prestations sociales actuelles en une aide unique. Il doit faire l'objet d'un projet de loi en 2021, pour une mise en oeuvre en 2023.
Le sociologue Nicolas Duvoux explique un des enjeux importants de cette future prestation, la situation des 18-25 ans sans soutien parental : "c'est un des grands trous dans la raquette du système des minima sociaux, puisque les moins de 25 ans sont aujourd'hui la seule partie de la population qui n'a pas accès à une prestation de droit commun. Il y a, sur ce sujet, une mobilisation associative et au-delà. Et c’est un enjeu d'autant plus important qu'il fait ressortir la question de l'individualisation ou de la familialisation des prestations sociales. C’est-à-dire quels revenus sont pris en compte pour le calcul des aides.
Aujourd'hui, les jeunes n'y ont pas accès et c'est justifié par l'idée qu’ils bénéficient d'une solidarité dérivée de la part de leurs parents. A travers la question des jeunes se pose donc celle des critères sur lequel on accorde ces prestations.
Lire l'article sur Franceculture.fr

Ehpad : un tiers des seniors en détresse psychologique

"Une enquête de la Drees(Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques), réalisée entre 2015 et 2016, compare l’état de santé psychologique des personnes âgées vivant à domicile et en maison de retraite.
Un résident sur deux souffre de fatigue, de lassitude ou d'épuisement
En 2015, 590 000 seniors ont été accueillis dans des établissements spécialisés : maison de retraite non médicalisée, Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) ou unité de soins de longue durée.
Parmi les plus de 75 ans, un tiers des résidents d'établissements sont en situation de détresse psychologique (signes de dépression ou d'anxiété), contre un quart des seniors vivant à domicile."
Ces chiffres témoignent d'un mal-être chez les personnes âgées placées en maison de retraite qui peut en partie s'expliquer par la dégradation de leur état de santé. Il s'agit bien souvent de la cause majeure de leur entrée en établissement pour 91% des résidents.
Le manque de disponibilité des proches (20%), l'isolement social (9%) ou encore la perte d'un conjoint sont d'autres raisons de leur entrée en institution. Ainsi, les trois-quarts des résidents sont des femmes et 73% d’entre elles sont veuves, contre 34% des hommes."
Lire la suite sur Vie-publique.fr

Lutte contre les violences faites aux enfants : installation du comité de suivi stratégique 2020-2022

"Le comité de suivi stratégique du plan de lutte contre les violences faites aux enfants 2020-2022 a été installé mercredi 22 janvier par Adrien Taquet, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, chargé de la protection de l’enfance, à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant.
Le comité de suivi stratégique du plan de lutte contre les violences faites aux enfants doit veiller à la mise en œuvre du deuxième plan de lutte. Plan qui s’inscrit dans la continuité du premier (2017-2019) tout en élargissant son champ aux violences subies par les enfants dans tous leurs milieux de vie.
Ce plan s’articule autour de six axes : sensibiliser, former et informer ; libérer la parole, favoriser le repérage et signalements ; mieux protéger les enfants au quotidien ; mieux accompagner les enfants victimes ; prévenir le passage à l’acte et éviter la récidive et développer les enquêtes et la recherche.
Pour ce faire, le plan prévoit notamment de développer des unités d’accueil pédiatrique “enfance en danger” pour recueillir la parole de l’enfant victime et lui offrir une prise en charge globale ; évaluer et définir un parcours de soins gradués des enfants victimes de violences ; mettre en place cinq nouveaux centres de prise en charge du psycho-traumatisme et contrôler les antécédents judiciaires des professionnels exerçant une activité au contact habituel des mineurs."
Lire l'article des ASH

Prisons : le douloureux rappel à l’ordre européen

"Editorial. La Cour européenne des drois de l’homme a condamné la France pour avoir soumis des détenus à des « traitements inhumains ou dégradants ». Un arrêt qui vient sanctionner la schizophrénie de la politique carcérale française.
Trois personnes vivent entassées dans 9 m2, des matelas ajoutés jouxtent la cuvette des W-C, parfois des rats traversent les coursives, et les punaises colonisent les lits. L’état de surpopulation de certaines prisons françaises n’est pas digne du pays des droits de l’homme. Le constat n’est pas nouveau. Mais la condamnation infligée à la France, jeudi 30 janvier, par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour avoir soumis des détenus à des « traitements inhumains ou dégradants » et enfreint leur « droit à un recours effectif » contre cette maltraitance, sonne comme un nouveau et humiliant rappel à l’ordre.
Déjà condamnée sur plusieurs cas individuels, la France se trouve cette fois montrée du doigt pour une situation endémique. En décidant de joindre les plaintes de trente-deux détenus soutenus par l’Observatoire international des prisons, la Cour de Strasbourg, gardienne des droits de l’homme depuis l’après-guerre, sanctionne des années, voire des décennies, de cécité et d’impuissance politique. Après l’Italie, la Roumanie et la Hongrie, la CEDH presse la France de faire cesser cette situation, et sa politique carcérale est de fait placée sous surveillance."
Lire l'article du Monde.fr

Le nombre des sans-abri en France progresse plus vite que les efforts pour les reloger

"La Fondation Abbé-Pierre publie son rapport annuel, et pense qu’environ 250 000 personnes vivaient en centre d’hébergement d’urgence ou d’accueil des demandeurs d’asile.
Le rapport 2020 sur le mal-logement égrène de tristes données. Publié par la Fondation Abbé-Pierre jeudi 30 janvier, il agrège les remontées des acteurs de terrain, qui font état notamment de l’aggravation des conditions de vie des familles et des enfants.
Le Collectif des associations unies, par exemple, alertait fin novembre 2019 sur les 500 à 700 enfants qui n’avaient aucune solution d’hébergement le soir, en Ile-de-France. Selon le Centre d’action sociale protestant, 158 bébés sont nés en 2019 dans la rue, à Paris, contre 100 en 2018, et 49 en 2017. Le Samusocial de Paris héberge chaque soir 20 000 enfants en hôtels. Le Collectif des morts de la rue a recensé 495 décès en 2019 (un chiffre encore provisoire) après 683 en 2018.
Au total, la France compte quatre millions de personnes mal logées mais il n’existe aucun chiffre précis et récent concernant les sans-abri (qui dorment dans la rue, les parcs, les jardins ou les hôpitaux) ou les sans-domicile personnel. La Fondation Abbé-Pierre estime que, fin 2019, environ 250 000 personnes vivaient en centre d’hébergement d’urgence ou d’accueil des demandeurs d’asile."
Lire l'article du Monde

25e rapport sur l'état du mal-logement en France 2020

"Personnes âgées, jeunes en début de carrière et de parcours résidentiel, personnes migrantes, célibataires, couples séparés… Tout le monde peut vivre seul à un moment dans sa vie, comme c’est le cas désormais de 35 % des ménages en France.
La montée en puissance de la mono-résidentialité est portée par trois évolutions démographiques majeures : le report par les jeunes des engagements dans la vie adulte et dans l’établissement conjugal, les ruptures conjugales plus fréquentes et enfin le vieillissement des populations qui laisse souvent des personnes seules pendant de longues années. Le phénomène n’est pas récent, mais il gagne en ampleur et aggrave la distorsion entre le besoin de logements abordables et l’offre disponible. Il est en grande partie à l’origine de la pénurie de logements dont souffre notre pays dans les zones tendues.
Cette solitude croissante, qu’elle soit momentanée ou habituelle, choisie ou subie, expose particulièrement les personnes les plus vulnérables au mal-logement.
Le mal-logement est également lui-même une cause d’isolement : impossibilité ou honte à l’idée de recevoir chez soi, séparation des membres de la famille ou éloignement de son réseau imposé par les réponses institutionnelles et les difficultés d’accès au logement…"
Lire le dossier de synthèse
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Les chiffres du mal-logement


Revue de presse 25 janvier 2020


Féminicide le combat des enfants

"Yannick, Françoise et Laurence Le Goff avaient 15, 13 et 10 ans quand leur père a tué Josiane, leur mère, devant leurs yeux.Trente-six ans plus tard, l'Etat leur demande de payer la maison de retraite de leur père. Un choc."

Rappelonsà cette occasion que si ces situations existent c'est parce que la justice n'applique pas l'article 378 du code civil, qui devrait être examiné systématiqement après un féminicide : "Peuvent se voir retirer totalement l'autorité parentale ou l'exercice de l'autorité parentale par une décision expresse du jugement pénal les père et mère qui sont condamnés, soit comme auteurs, coauteurs ou complices d'un crime ou délit commis sur la personne de leur enfant, soit comme coauteurs ou complices d'un crime ou délit commis par leur enfant, soit comme auteurs, coauteurs ou complices d'un crime sur la personne de l'autre parent."



Parcours d'insertion de personnes migrantes ayant vécu en bidonville en France

"La DIHAL est chargée du suivi de l’application de la circulaire interministérielle du 26 août 2012 relative à l’anticipation et à l’accompagnement des évacuations de campements illicites, et apporte son soutien aux acteurs de terrain qui doivent la mettre en œuvre. Tout en rappelant la nécessité de faire respecter le droit et la sécurité des personnes, cette circulaire prévoit que des mesures soient prises le plus en amont possible pour l’accès au logement, à la santé, à l’emploi et à l’école des occupants.
En France, entre 15 000 et 20 000 personnes vivent en campements illicites et bidonvilles. Elles sont pour la plupart migrants intra-européens originaires de pays membres de l’Union européenne qu’ils ont quittés pour des raisons principalement économiques. Ces formes d’habitats particulièrement indignes et souvent dangereuses, installées sans droit ni titre sur des espaces publics ou privés, soulèvent des questions liées à l’ordre public, à la sécurité des personnes et à l’accès aux droits fondamentaux. Mais elles posent aussi fondamentalement la question de l’insertion, en France ou dans leur pays d’origine, des personnes qui y vivent. C’est en apportant des réponses à cette question que nous pourrons atteindre, sur le long terme, l’objectif de résorption de ces campements et bidonvilles.
L’étude “Du bidonville à la ville : vers la “vie “normale”? Parcours d’insertion des personnes migrantes ayant vécu en bidonvilles en France”, conduite par Trajectoires est une contribution particulièrement éclairante à la construction de ces réponses. Elle ouvre des pistes de réflexion à la fois sur la diversité des parcours et sur l’importance de certains éléments déterminants comme l’emploi, la scolarisation ou l’apprentissage de la langue. Elle confirme, s’il en était besoin, que l’insertion des personnes ayant vécu en bidonvilles n’est pas un enjeu spécifique et propre à une certaine minorité, mais qu’elle est un enjeu classique de lutte contre la grande précarité, et relève de processus, certes longs et fragiles, mais qui peuvent trouver des résultats."
Lire le Rapports de TRAJECTOIRES, squats et bidonvilles

Sanitaire, social et médico-social : vers un socle conventionnel commun

"La nouvelle Confédération des employeurs du secteur sanitaire, social et médico-social privé à but non lucratif – qui regroupe la Croix-Rouge française, la Fehap (Fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne privés non lucratifs), Nexem (organisation professionnelle d’employeurs) et Unicancer – signe deux accords en vue d’un socle conventionnel en commun. Le premier accord porte sur la mise en place de la Commission paritaire permanente de négociation et d'interprétation (CPPNI) et d’une instance paritaire pour assurer le financement des instances paritaires du secteur. L’autre sur la promotion et la reconversion par l’alternance.
Le secteur des activités sanitaires, sociales et médico-sociales à but non lucratif démontre ainsi sa capacité à se structurer dans l’objectif de favoriser sa représentation et de développer le dialogue social, condition indispensable de son évolution et de son attractivité. La Confédération se dote d’une instance de négociation au sein de laquelle sera créé un fonds de financement des instances paritaires qui permettra notamment de financer les réunions paritaires aussi bien nationales que régionales.
Certains métiers du soin et de l’accompagnement souffrent actuellement d’un déficit d’attractivité et d’autres sont en pleine évolution. Un accord a été signé pour développer et favoriser la promotion et la reconversion par alternance de ces métiers en tension."
Lire l'article des ASH


Revue de presse 19 janvier 2020


“Zone interdite” plonge dans le chaos de l’aide sociale à l’enfance

"Selon que vous serez né à Dijon ou à Strasbourg, les placements de l’ASE vous rendront l’existence vivable ou ­encore plus misérable… Tel est l’enseignement qu’on pourrait tirer du documentaire que consacre le magazine Zone interdite à l’aide sociale à l’enfance et à ses foyers, ce dimanche. Dans des ­séquences souvent réalisées en ca­méra cachée, l’enquête de Jean-Charles ­Doria pointe les manquements ­dramatiques de certains centres, qui ajoutent aux maltraitances auxquelles l’ASE est pourtant censée soustraire les mineurs qui lui sont confiés.
Un an après l’édifiant numéro de Pièces à conviction consacré au même sujet, rien ne semble avoir changé… et les violences (absence de projet éducatif, non-signalement de fugues, indifférence coupable en matière de prostitution, atteintes sexuelles, viols, détournements de fonds…) s’accumulent, achevant de saccager des vies déjà bien compliquées."
Lire l'article de Télérama

Populisme : le mot du siècle ?

"De Donald Trump à Jair Bolsonaro, en passant par Viktor Orbán ou Boris Johnson, la déferlante populiste des années 2010 semble bien installée sur la scène politique internationale alors que s'ouvrent les années 2020.
En France, tout le monde ou presque s’est vu affublé de ce qualificatif, à commencer par Marine Le Pen, mais aussi Jean-Luc Mélenchon. Si ce terme a longtemps été brandi comme une insulte, il est aujourd'hui bien volontiers assumé par un nombre croissant de responsables politiques. Le leader de la France Insoumise déclarait dès 2010 "Populiste, moi, j'assume !". Plus récemment, et de manière plus étonnante, Emmanuel Macron déclarait en novembre 2018 "Nous sommes de vrais populistes, nous sommes avec le peuple, tous les jours".
Quelle est l'histoire de ce concept, et quel est son avenir ? Derrière ses nombreux avatars, qu'est-ce qui fait la cohérence du populisme et ce mot a-t-il encore un sens ? Selon quels ressorts s'est-il imposé comme une vague incontournable qui déferle sur de nombreuses démocraties ?
Pour en parler, l'invité des matins est Pierre Rosanvallon, historien, professeur au collège de France, il publie "Le siècle du populisme. Histoire, théorie, critique" aux éditions du Seuil."



En 2018, 4 millions d’enfants mineurs vivent avec un seul de leurs parents au domicile

"En France, en 2018, 68 % des enfants mineurs vivent dans une famille « traditionnelle », 21 % vivent dans une famille monoparentale, et 11 % vivent dans une famille recomposée : 7 % avec un parent et un beau-parent et 4 % avec leurs deux parents. Au total, 28 % des enfants résident donc avec un seul de leurs parents.
Dans les familles recomposées, les enfants vivent moins souvent avec deux adultes en emploi (58 %) que dans les familles « traditionnelles » (68 %).
Les enfants des familles recomposées sont moins présents dans les grands centres urbains, où à l’inverse la proportion d’enfants en famille monoparentale est forte.
La part des enfants vivant en famille recomposée varie de 7 % en Martinique et dans les Hauts-de-Seine à 17 % en Guyane. Les enfants des familles « traditionnelles » vivent plus souvent à l’Ouest et à l’Est de la France, alors que ceux des familles monoparentales sont très présents dans le pourtour méditerranéen et les départements d’Outre-mer".
Acceder au dossier de l'INSEE


Revue de presse 12 janvier 2020


Lien social : "Handicap - Violences décuplées"

"« Dénoncer et agir ». Le Senat vient d’adopter, ce 8 janvier, une résolution pour lutter contre les violences faites aux femmes handicapées. Elles seraient quatre fois plus exposées au risque de violences sexuelles que les femmes dites valides et à 80% victimes de violences selon un rapport de la commission des droits de la femme au Parlement européen paru… en 2007.
Invisibles

« L’absence de statistiques solides fait obstacle à la mise en œuvre de politiques publiques complètes », souligne le rapport d’information du Senat « dénoncer l’invisible et agir », publié en octobre dernier. La résolution s’inscrit dans la continuité de ce rapport et demande l’établissement de statistiques précises. Ces femmes restent « invisibles et inaudibles », note le rapport. Particulièrement en France où il n’existe aucune étude précise sur ces violences spécifiques.
Autonomie
« Les violences menaçant les femmes en situation de handicap sont généralement commises par l’entourage familial ou institutionnel », soulignent les rapporteurs. Les appels reçus par la permanence d’accueil et d’accompagnement dédiée à ces violences confirment que 35% des violences signalées sont faites par le conjoint. La résolution du Sénat soutient que l’une des conditions de protection de ces femmes « réside dans le renforcement de leur autonomie ». Or, elles sont bien plus touchées par le chômage que la population générale et accèdent bien moins souvent que les hommes handicapés à des postes à responsabilité : 1% des femmes en emploi sont cadres contre 10% pour les hommes."
Lire l'article de Lien social
Lire le rapport "Violences, femmes et handicap : dénoncer l'invisible et agir"

Charles Gardou, spécialiste du handicap : « Il n’y a pas de société inclusive sans remise en cause de prés carrés »

"Charles Gardou, anthropologue et spécialiste du handicap, analyse le rapport de notre culture aux personnes handicapées, notamment à travers l’engagement des jeunes handicapés en service civique.
Charles Gardou fait le point sur la place accordée aux jeunes en situation de handicap en France.
Peu de jeunes handicapés s’engagent au service de l’intérêt général à travers le service civique dans notre pays, ce constat vous étonne-t-il ?
Pas vraiment, car notre culture produit chez eux des formes d’autocensure. En effet, on reste enclin à les priver de parole, à s’exprimer en leur nom et, plus globalement, à minorer, si ce n’est à nier, leurs compétences d’expression, de décision, d’action. On a du mal à les reconnaître comme les premiers experts de ce qu’ils vivent, au sens premier d’expertus, « ceux qui font l’épreuve de ». Aussi en viennent-ils à s’autolimiter dans leurs projets d’engagement, d’études, de vie professionnelle.
Que dit encore de notre société leur quasi-absence de la vie associative ?
On a situé la question du handicap du côté de la charité, de la tolérance. Si ces valeurs ne sont pas, bien sûr, à rejeter, elles induisent une asymétrie relationnelle. Chaque culture a sa manière de considérer et traiter ceux qu’elle juge inconformes à l’ordre régnant. Michel Foucault écrivait même que l’on peut caractériser les sociétés par la façon dont elles se débarrassent non pas de leurs morts mais de leurs vivants. On est bien loin de l’idée inclusive !"
Lire l'article du Monde

Discrimination à l'embauche : les résultats de la campagne de testing passée sous silence par le gouvernement

"20% de chances en moins d'obtenir une réponse d'un recruteur pour un candidat d'origine supposée maghrébine par rapport à un candidat au patronyme "franco-français". Les grandes entreprises françaises sont à nouveau épinglées. Le gouvernement ne semble pas pressé de publier les noms des sociétés concernées.
C'était pourtant une promesse de campagne d'Emmanuel Macron. Promesse réitérée lors de son discours de Tourcoing de novembre 2017 sur la politique de la ville. Le président de la République s'engageait alors devant un parterre d'associations de quartiers populaires à poursuivre les "opérations de testing", à "pénaliser les discriminations à l'embauche et à rendre publics les noms des entreprises les plus délinquantes en la matière", faisant allusion à la pratique anglo-saxone du "name and shame".
Deux ans plus tard, une grande campagne de testing a bien été lancée. Elle s'est achevée dans la plus grande discrétion. Ses résultats sont sur la table du gouvernement depuis plus de huit mois, sans qu'aucune communication ne soit pour le moment prévue. Mais l'équipe de chercheurs mandatée pour conduire cette étude publie aujourd'hui ses résultats, que France Inter vous révèle en avant-première.
Lire l'article sur francinter.fr
Lire le rapport


Revue de presse 3 janvier 2020


Lien social :Sans-abrisme - Les associations présentent leurs vœux

"En 2019, cent quarante-six enfants sont nés dans la rue. Onze y sont morts. À Paris, cinq cents mineurs y dorment chaque soir. Face à la réalité insoutenable du sans-abrisme, le collectif des associations unies (CAU) a interpellé le président de la République à la veille de ses vœux, dans un tribune publiée par le Parisien, largement diffusée sur les réseaux sociaux. Il réclame « une action enfin déterminée pour les personnes sans-abri et mal logées » et présente dix vœux pour sortir de la crise.
Les enfants d’abord
Le CAU appelle à des mesures d’urgence pour qu’aucun enfant ne soit contraint de vivre à la rue en janvier 2020 ; à une mobilisation immédiate de l’État, des collectivités et des entreprises pour la mise à disposition des locaux vacants. Il demande aussi la fin du tri des personnes et des familles sans domicile dans l’accès ou le maintien dans l’hébergement.
Il réclame ensuite la résorption des bidonvilles, des squats et des campements indignes ; la mise en œuvre du droit à la domiciliation des personnes sans domicile sur l’ensemble du territoire ; la fin des expulsions avec le concours de la force publique prononcées par les Préfets sans solution alternative digne au 31 mars ; le renoncement à toutes les mesures d’économies réalisées depuis 2017 sur les APL ; l’augmentation du nombre de logements dignes et durables pour les ménages mal-logés ou non logés ; l’attribution de davantage de logements sociaux aux personnes les plus pauvres et modestes et enfin, la mise en place d’un Grand plan national de lutte contre l’habitat indigne.
Lire l'article de Lien social

Vincent, entendeur de voix

"Pendant des années, Vincent Demassiet a entendu des voix qui lui hurlaient des insultes aux oreilles. Grâce à un groupe de parole, il est finalement parvenu à les dompter et s'engage désormais pour ouvrir d'autres espaces de parole sur le territoire français. Depuis l'âge de dix-sept ans, Vincent Demassiet entend des voix. Diagnostiqué schizophrène, il subit pendant quatorze ans un traitement médical lourd, qui n'arrange pas sa situation.
J’étais envahi par des voix. Je vivais isolé chez moi. La seule relation que j’entretenais était avec mon compagnon. Je n’allais plus chez les gens car je m’auto-stigmatisais.
Je faisais 203 kilos, j’avais la tête de travers, un filet de bave et des tics.
"J’ai obligé les voix à me laisser tranquille"
Vincent intègre alors un groupe de parole coordonné par le Réseau français sur l'Entente de Voix (REV). Le groupe lui permet très vite de mieux comprendre ses voix, de les nommer, de les qualifier et, progressivement, de les maîtriser.



Régimes spéciaux : pourquoi le système de retraite français est si complexe

"Pour comprendre l’attachement aux régimes particuliers, que le gouvernement entend supprimer, il faut remonter au début du XXe siècle, une époque où syndicats patronaux comme ouvriers ne voulaient pas d’un système de retraite géré par l’Etat.
En décembre 2019, Edouard Philippe a présenté son projet de réforme du système des retraites. L’un des enjeux principaux de ce texte est la suppression de la quarantaine de situations correspondant soit à un seul régime, soit à une combinaison de plusieurs. L’idée étant de créer un régime universel de retraite. Une ambition qui est loin d’être nouvelle. En 1953 et en 1995, les gouvernements de Joseph Laniel et d’Alain Juppé avaient eux aussi tenté d’uniformiser les régimes de retraite. Sans succès. Par deux fois, la contestation sociale est parvenue à faire reculer les projets gouvernementaux. Pour comprendre cet attachement aux régimes particuliers, il faut remonter au début du XXe siècle, à une époque où syndicats patronaux comme ouvriers ne voulaient pas d’un système de retraite géré par l’Etat."
La vidéo présentée résume bien le dossier qui par ailleurs pointe vers de nombreuses sources historiques.
Accéder a dossier du monde

D'autres mères que la mienne

"Elles ont eu une mère, mais elles ont aussi reçu la marque d’un amour maternel et inconditionnel de la part d’autres femmes. Cathy l'a reçu de sa nourrice, et Mathilde d’une femme qui l’accueillait chez elle. Elles témoignent de ce lien de toute protection, donné sans les liens du sang."



Revue de presse 22 décembre 2019


Le nombre de mesures d’aide sociale à l’enfance a augmenté de 3,1 %

"Fin 2018, 53 % des mesures d’aide sociale à l’enfance (ASE) consistent en des placements de mineurs ou des accueils de jeunes majeurs en dehors de leur milieu de vie habituel. Les autres mesures sont des actions éducatives exercées en milieu familial. En 2018, comme en 2017, le nombre total de mesures d’ASE progresse de 3,1 %, plus fortement qu’au cours des années précédentes : +1,5 % en moyenne entre 2006 et 2016. Cette tendance est portée par la hausse du nombre d’enfants et de jeunes accueillis (+ 5,7 % en 2018), et en particulier par le fort accroissement du nombre de mineurs non accompagnés (MNA) confiés à l’ASE (+24 % en 2018, après plus de 50% en 2017), mais pas seulement. En dehors de l’accueil de MNA, + 2,1 % de mesures de placements ou d’accueils sont déclarées par les départements."
Acceder au dossier sur le site de la DREES

FORUM Lien social- Donner la parole aux enfants placés ou comment faire tomber «l’étiquette».

"Une rencontre entre un ancien enfant placé et un groupe d’adolescents vivant en foyer ? Beaucoup l’imaginent. Ce projet est devenu réalité grâce à une équipe éducative et Jérôme Beaury auteur du livre « Le Bal des Aimants ».
Laura Godefroy : Ce projet avait pour objectif de permettre aux jeunes d’échanger sur leurs ressentis et leurs craintes, de bénéficier d’un dialogue plus concret et d’élargir leur vision de l’avenir et de tous les possibles qui s’ouvrent à eux, permettant à certains de retrouver le goût de l’envie. Cette expérience avait pour nous, travailleurs sociaux, l’ambition d’obtenir de nouvelles pistes de compréhension.
Jérôme Beaury : Nous avons utilisé une pièce au sein de l’accueil de jour de l’un des six foyers éducatifs gérés par l’Association Calvadosienne pour la sauvegarde de l’enfant à l’adulte. La libre adhésion était le point de départ à cette rencontre. L’ambiance y fut d’emblée décontractée. Les règles furent posées d’emblée : écoute, accessibilité, pas de tabou, égalité. Les objectifs rappelés : apprendre à nous comprendre et nous rapprocher les uns des autres."
Lire la suite sur Lien social

Favoriser la professionnalisation des personnes en situation de handicap dans les métiers artistiques : les conclusions du programme Clap Hands

"Clap Hands est un programme Erasmus + initié en 2017 pour développer la professionnalisation des personnes en situation de handicap dans les métiers de l’art et de la culture au niveau européen. Le programme regroupe de nombreux acteurs institutionnels et associatifs en Espagne, en Suède, au Portugal et en France (les Instituts régionaux du travail social de Montpellier et de Perpignan, l’Association Départementale des Pupilles de l’Enseignement Public 66 et l’ESAT artistique la Bulle Bleue). A l’occasion de la conférence finale de Clap Hands du 21 novembre, La Possible Echappée a assisté à ses conclusions pour favoriser la professionnalisation des personnes en situation de handicap dans les métiers artistiques. Retour sur cet évènement.
La pratique artistique présente de nombreux bénéfices pour les personnes en situation de handicap : meilleure confiance en soi, capacité à s’exprimer autrement, changement du regard de la société. L’accès aux disciplines artistiques est pour ces raisons jugé particulièrement important pour les personnes en situation de handicap. C’est une des principales conclusions du programme Clap Hands. Dans tous les pays ayant participé au projet, le constat est le même : il faut faciliter l’accès aux métiers artistiques des personnes en situation de handicap.
Mais, malheureusement, à l’heure actuelle, cette professionnalisation des personnes en situation de handicap reste difficile.
En France en particulier, le personnel médico-social n’est pas assez formé à l’importance de l’art pour les personnes en situation de handicap et l’est encore moins lorsqu’il s’agit d’accompagner une personne pour devenir artiste professionnel. Pourtant, la loi Handicap du 11 février 2005 et certaines dispositions de la loi NOTRe de 2015 ont posé le principe d’accessibilité de tous à la culture."
Lire l'article sur le site de la possible échappée

Guide Polyhandicap, un recueil de bonnes pratiques

"Le guide Handéo "Comprendre le handicap pour mieux accompagner les personnes polyhandicapées et leur famille à domicile", est un recueil de bonnes pratiques pour faciliter l'accompagnement des personnes polyhandicapées par les intervenants du domicile et des proches aidants.
Les personnes polyhandicapées présentent un handicap physique très important et complexe. Elles ont une dépendance totale pour de nombreux gestes élémentaires qui ne fait que s'accroître avec l'avancée en âge : bouger, se laver, manger, se moucher, se gratter, retenir sa salive, se positionner, etc.
Ce guide vous permettra de mieux connaître la complexité du polyhandicap et les problématiques auxquelles les familles font face. A visée pédagogique, ce guide a pour objectif de fournir des repères, orientations et pistes d'actions aux intervenants à domicile qui accompagnent des personnes polyhandicapées afin de renforcer la qualité de leur accompagnement.
Ce guide est issu d'une recherche action-collaborative de Handéo sur "les conditions sociales de l'accompagnement à domicile des personnes polyhandicapées et du soutien de leur proche aidant" (Blondel et Delzescaux, 2019). Il a été construit en concertation avec un Comité de rédaction associant des professionnels de terrain et des représentants des familles et des personnes polyhandicapées."
Lire l'article sur le site de handeo
Telechargez le guide

Procès France Télécom : un tournant dans le droit pénal du travail

"La question de la souffrance au travail a longtemps été niée. Dépressions ou suicides étaient systématiquement renvoyés à des causes relevant de la sphère privée. Puis, il y a quelques années, est apparue la notion de harcèlement moral, considérant que le comportement individuel d’un supérieur hiérarchique pouvait provoquer une dégradation des conditions de travail de ses subordonnés. Mais jusqu’à présent, le système de management en tant que tel n’avait jamais été mis en cause pour la détresse qu’il pouvait causer. De ce point de vue, la condamnation, vendredi 20 décembre, de France Télécom dans ce que l’on a appelé « l’affaire des suicides » constitue un tournant dans le droit pénal du travail, en consacrant la notion de harcèlement institutionnel."
Rappel : il s'agissait, par de mauvais traitements, de pousser les gens à démissionner sans indemnités : "L’enjeu à peine voilé consistait à dégrader suffisamment les conditions de travail pour accélérer le départ de 22 000 salariés et obtenir la mobilité de 10 000 autres sur un total de 120 000. La hiérarchie intermédiaire, elle-même sous la pression institutionnalisée de la direction, était sommée de mettre en œuvre un projet brutal et mal pensé. Sur la période, dix-neuf salariés se sont donné la mort, certains accusant explicitement l’entreprise de les y avoir poussés."
Lire l'article du Monde


Revue de presse 15 décembre 2019


Réforme des retraites : “En réduisant son propre déficit, l’État aggrave celui des caisses !”

"Pour l’économiste Éric Heyer, il n’y a pas de gouffre financier qui justifie la réforme des retraites. Et détricoter le modèle social français alors que les inégalités primaires sont de 26 % est une bien mauvaise idée. Explications.
Avant que la réforme des retraites ne soit clarifiée par le gouvernement, un épais brouillard et une défiance profonde ont gagné les esprits des Français. Mais de quoi cette réforme est-elle le nom, et l’inquiétude des Français, le symptôme ? La réponse d’Éric Heyer, directeur du département Analyse et Prévision de l’Office français des conjonctures économiques, enseignant à Sciences Po Paris et à l’Université de la Méditerranée.
Cette réforme des retraites est-elle d’inspiration libérale, comme certains l’affirment ?
Les premières décisions du gouvernement Philippe – ordonnances sur le marché du travail, réforme de l’assurance chômage, fiscalité du capital… – l’étaient beaucoup plus ! Cette fois, il y a trois réformes en une : dans la première, le gouvernement essaie d’unifier et universaliser le système des retraites, en alignant les 42 régimes existants sur le privé. Dans la seconde, on passe d’un système d’annuités à un système par points. Et dans la troisième, on affirme qu’il va falloir jouer sur certains paramètres pour combler les déficits. Aucune de ces réformes n’est libérale en soi : on reste dans un système par répartition reposant sur la solidarité, et dans un monde où la mobilité du travail augmente, entre le public et le privé par exemple, le régime universel rend beaucoup plus efficace la préservation de ses droits. Le problème, c’est qu’il pourrait aussi s’avérer plus injuste.
Dans quelle mesure ?
Quand vous unifiez le système, ceux qui avaient un régime de retraite plus avantageux deviennent perdants. Or, on avait signé un contrat avec eux, qui leur demandait d’accepter des conditions de salaire plus basses parce qu’ils bénéficieraient à terme de conditions de retraite plus avantageuses. Typiquement, un professeur sait que son salaire n’augmentera pas beaucoup tout au long de sa carrière, mais que sa retraite sera un peu plus favorable que dans d’autres métiers.
Si demain on lui retire cet avantage sans compensation, c’est la double peine. Et pour le moment, le gouvernement n’est pas très clair sur le sujet des compensations".
Lire l'article du Monde

« Ils ne comprennent pas ce qui leur arrive » : l’Etat multiplie les difficultés administratives pour les demandeurs d’asile

"Chaque année, l’administration refuse ou supprime à des milliers de demandeurs d’asile le bénéfice des conditions matérielles d’accueil, qui leur ocroient un logement et une allocation.
Il a du mal à se faire comprendre. Dans le bureau du centre social de la porte d’Aubervilliers, au nord de Paris, voilà plusieurs heures qu’un bénévole de la Ligue des droits de l’homme (LDH) étudie sa situation. Wahid (le prénom a été modifié) ne parle pas français. Ce demandeur d’asile érythréen de 25 ans explique, entre deux quintes de toux, qu’il dort dans la rue. Cela n’a pas toujours été le cas.
Lorsqu’il est arrivé en France, il y a sept mois, Wahid a été orienté vers un centre d’hébergement dans le Cher. Comme tout demandeur d’asile, il a eu droit à une aide financière de 6,80 euros par jour. Jusqu’à ce que, cet été, il s’absente plusieurs jours, pour se rendre à Paris « faire des courses ». A son retour, « le directeur du centre m’a dit que je n’avais pas le droit de rentrer », raconte-t-il. Pour s’être absenté de son lieu d’hébergement, Wahid a perdu le bénéfice des conditions matérielles d’accueil (CMA) offertes aux demandeurs d’asile, y compris son allocation de subsistance. « Ça fait des mois que je suis sans toit et sans argent », dit-il, implorant de l’aide."
Lire l'article du Monde

En Europe, la tragédie des jeunes migrants exploités par des réseaux clandestins

"Selon l’ONG Missing Children, plusieurs autorités nationales auraient perdu la trace de près de 30 000 mineurs arrivés dans l’UE entre 2014 et 2017.
C’est l’une des réalités cachées de la question migratoire en Europe, et pas la moins préoccupante : selon l’organisation Missing Children, qui regroupe une trentaine d’associations issues de 26 pays, les diverses autorités nationales ont perdu la trace d’au moins 30 000 mineurs arrivés dans l’Union entre 2014 et 2017. Un nombre qui serait très en deçà de la réalité selon l’ONG qui les estime « beaucoup plus nombreuses ».
Dans un rapport publié en 2017, Europol, l’Agence européenne de police criminelle, estimait à 10 000 le nombre de mineurs non accompagnés (MENA) disparus entre 2014 et 2017. Dans une étude détaillée d’une cinquantaine de pages diffusée le 2 décembre, Missing Children multiplie ce chiffre par trois et estime, comme les experts d’Europol, qu’il est encore appelé à croître dans les années à venir : les réseaux criminels, qui exploitent les jeunes migrants pour le travail, la mendicité ou la prostitution sont, d’après cette ONG, de plus en plus actifs un peu partout en Europe."
Lire l'article du Monde

Etre pauvre : comment sortir de la honte ?

"A l’origine de cet épisode, il y a une étude menée à l’université d’Oxford. Elle porte sur l’universalité du sentiment de honte qui accompagne la pauvreté. "La honte est une des causes de la pauvreté", décrit le prix Nobel d’économie Amartya Sen.
La lutte contre la pauvreté est vaine si elle ne prend pas en compte la restauration de l’estime de soi, nous explique Claire Hédon, la présidente d’ATD Quart-Monde dans cet épisode. Il y a l'idée que les pauvres profiteraient du système mais derrière il y a aussi "qu'est-ce que vous avez fait pour vous retrouver dans cette situation ?, donc une question de culpabilité"


« PISA nous révèle une école rigide, qui formate comme elle est formatée »

"Enchaînement des réformes, injonctions ministérielles, poids des disciplines sur la pédagogie, évaluations… « Il ne faut pas s’étonner que l’école française laisse des enfants sur le bord du chemin », estime l’expert international en éducation et ancien inspecteur général Roger-François Gauthier
Tribune. Avec la dernière publication des résultats de PISA, ce 3 décembre, voici donc revenu le temps du commentaire et de la déploration, qui suscite du découragement, qu’on le veuille ou non, pour tous ceux qui concourent à l’éducation en ce pays. On ne cherche plus à cacher, depuis que les enquêtes internationales ont confirmé ce qu’on savait depuis longtemps sans l’éventer, que le système éducatif de ce pays est profondément inéquitable au plan social, avec toutes les menaces graves qu’une telle perte d’espoir dans l’école fait peser sur la société.
Mais, au-delà de ce refrain, la question est bien de savoir pourquoi on ne parvient pas à changer cet ordre si injuste des choses. Si le discours pieux sur l’élitisme républicain est devenu depuis longtemps un modèle d’hypocrisie, il se double aujourd’hui d’un doute sérieux : et si l’école de France montrait, au fil des livraisons de l’étude PISA, qu’elle n’est pas capable de s’améliorer ?
Nous ne prétendons pas, bien sûr, apporter à cette question « la » réponse définitive, mais seulement esquisser un réseau d’éléments qui nous semblent contenir une partie des explications. En partant de ce que nous trouvons dans ces résultats de PISA 2018.
De façon assez banale, beaucoup de commentateurs de ces résultats, et jusqu’au ministre lui-même – qui se souhaitait récemment une longévité inédite pour contourner la difficulté – s’accordent à reconnaître qu’une des fragilités de ce système vient de la succession effrénée de réformes avortées ou retirées avant même d’être mises en œuvre, sans parler de leur évaluation jamais réalisée.
Dépassons ce constat : le problème ne vient-il que du rythme aberrant des réformes ? Ne réside-t-il pas plutôt, d’une façon moins repérée, dans le fait que chaque acteur, des enseignants au ministre, a pris l’habitude d’attendre de la réforme, de la solution qui se manifeste sous forme d’une injonction nationale descendante, qui décide de tout et règle jusqu’aux détails de ce qui doit se faire dans les classes ? Une invitation aux enseignants à ne pas chercher l’efficacité dans leur professionnalisme, mais dans ce qui va tomber d’un en-haut ignoré et intimidant.
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Revue de presse 08 décembre 2019


« Simple ralentissement économique » ? Non, « crise financière bien plus grave qu’un simple trou d’air conjoncturel »

L’économiste Sébastien Laye, dans une tribune au « Monde », décrit notre économie comme « bilancielle », c’est-à-dire que la richesse provient plus de la valeur financière des actifs que de la production effective, engendrant bulles et krachs.
Tribune. Alors que les nuages s’amoncellent sur la croissance mondiale, la question qui taraude les économistes les plus sérieux, et devrait en conséquence nous alerter, est celle de la nature de la prochaine séquence négative du cycle économique : simple ralentissement comme les lois d’airain de l’économie nous en promettent tous les cinq ou six ans après une phase d’expansion ? Ou bien répétition d’une crise financière comme celles du début des années 1990, du début des années 2000 et enfin en 2008, avec des conséquences économiques et sociales bien plus graves qu’un simple « trou d’air » temporaire ?
A la suite de Richard Koo, dans son ouvrage phare The Holy Grail of Macroeconomics (Wiley, 2008), nous pensons que la nature de nos économies a changé depuis trente ans : du fait du retrait des Etats et de la baisse de l’investissement public, et surtout de la financiarisation de nos économies et du crédit, ces dernières sont devenues des économies « bilancielles » : elles ne reposent pas tant sur les bénéfices des entreprises ou les salaires des ménages, que sur les patrimoines des divers acteurs économiques ; elles sont fondées sur la valeur d’actifs, tels que l’immobilier, le stock de liquidités (souvent empruntées), des titres obligataires.
Les bilans sont ainsi de plus en plus étendus par rapport à des revenus et à des rendements à faible croissance. Le pilier premier de la science économique, « les agents maximisent leurs profits », est mort. L’effet richesse est un effet papier : la hausse du cours d’une action ou d’une obligation détermine l’enrichissement d’un acteur économique.
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Réforme des retraites : 48 questions pour comprendre le débat

Les Décodeurs ont décortiqué le système actuel et celui envisagé par le gouvernement, pour vous aider à saisir les enjeux de la réforme.
C’est « la mère de toutes les réformes », « une révolution », un véritable « big bang ». A moins que ce ne soit un « mirage », « une catastrophe », ou même le « hold-up du siècle ». Les promoteurs comme les contempteurs de la réforme des retraites voulue par le gouvernement n’hésitent pas à abuser des superlatifs pour qualifier la mesure, à la veille de la grève du 5 décembre.
Mais de quoi est-il vraiment question ? Que sait-on vraiment de ce projet, maintes fois annoncé et maintes fois repoussé, déjà détaillé dans un rapport en juillet, mais qui fait encore l’objet d’une concertation ? De même, que penser du système existant, à la fois accusé de tous les maux et défendu comme un trésor national ?
Pour tenter d’y voir plus clair et vous aider à vous plonger dans ce débat, Les Décodeurs répondent à 48 questions sur le système actuel et celui qui pourrait le remplacer.
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PISA 2018 : les élèves français légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE, dans un système toujours très inégalitaire

"Une fois de plus, la France peut mieux faire. Dans l’enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis) réalisée en 2018 auprès de 600 000 élèves de 15 ans dans 79 pays et rendue publique par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), elle se classe très légèrement au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (487 points) pour les compétences en « compréhension de l’écrit » – le thème majeur de cette édition.
Avec un score de 493 points, les Français, évalués à partir d’un échantillon de 6 308 personnes représentatives des quelque 750 000 élèves de 15 ans, se situent entre la 15e et la 21e place des pays de l’OCDE. Soit au même niveau que l’Allemagne, la Belgique ou le Portugal… Mais loin derrière les pays les plus performants comme le Canada, la Finlande ou le Royaume-Uni. En « culture scientifique » et en mathématiques, la France est également au-dessus de la moyenne de l’OCDE (495 points contre 489).
Les inégalités sociales restent le point noir des résultats français dans les enquêtes PISA, et l’édition 2018 ne fait pas exception. La France est le pays où l’origine socio-économique explique le plus la progression des scores. L’écart y est de 107 points entre les élèves les plus favorisés (550 points) et les plus défavorisés (443 points), un score largement au-dessus de la moyenne de l’OCDE (89 points). Cette contre-performance classe l’Hexagone dans le palmarès des pays les plus inégalitaires, à un rang comparable à celui de l’Allemagne et de la Belgique.
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L'école fabrique du "séparatisme ethnique et social" (rapport CNESCO)

Cette enquète PISA est l'occasion de citer un rapport du CNESCO pointant le séparatisme social à l'école :
"Notre système scolaire produit du séparatisme ethnique et plus globalement social", constate un rapport du CNESCO (conseil national d'évaluation du système scolaire) daté du 22 janvier, deuxième volet d'une réflexion menée "dans l'urgence" après les attentats qui ont endeuillé la France en ce début d'année. Ces ségrégations se reflètent dans les résultats scolaires des élèves issus de l'immigration mais aussi dans leur ressenti vis-à-vis de l'école, constate le document, qui propose de s'inspirer des politiques de quotas et de mixité sociale développés à l'étranger pour éradiquer les "ghettos scolaires".
Premier constat de ce rapport intitulé "Ecole, immigration et mixités sociale et ethnique" : "les performances des élèves issus de l'immigration se sont dégradées durant la dernière décennie". L'écart avec les élèves français s'est creusé, atteignant un niveau bien supérieur à la moyenne de l'OCDE. "Dans l’absolu, ces contreperformances sont importantes", s'alarme le document : "en France, près de 43% des élèves issus de l’immigration n’atteignent pas le niveau 2 en mathématiques dans PISA 2012, révélant qu’à 15 ans, près de la moitié de ces élèves présentent des difficultés scolaires sévères qui vont obérer leur poursuite d’études." Ces inégalités sont particulièrement marquées au collège et chez les garçons, les filles réussissant globalement mieux que leurs camarades masculins, sauf dans les classes préparatoires et les grandes écoles.
Ces ségrégations s'accompagnent également d'un sentiment d'injustice "plus marqué chez les enfants issus de l'immigration, notamment en matière d'orientation". Ce ressenti est vécu comme lié à des critères d'ordre "ethno-racial", telles que la couleur de peau ou la nationalité.
Lire l'article sur touteduc.fr

Réduire les inégalités à l'école : les préconisations du Cnesco

"Marquée par des inégalités sociales et migratoires fortes et croissantes, associées à un nombre très important d’élèves en grande difficulté scolaire, le système éducatif français met désormais en péril à la fois la croissance économique future ainsi que sa cohésion nationale et sociale.
Le pays doit en urgence réagir désormais, dans un cadre politique consensuel autour d’orientations politiques réellement efficaces et clairement mises en œuvre. Ces préconisations du Cnesco sont en lien avec les travaux réalisés lors de ses conférences antérieures qui se sont toutes attachées, sur certaines dimensions, à la difficulté scolaire et aux inégalités à l’école sur chacun de leur périmètre (conférences sur le redoublement et traitement de la difficulté scolaire, la mixité, la numération, la lecture, …).
Pour ce faire, le modèle éducatif français doit évoluer profondément sur des dimensions cruciales :
Une clarification de sa vision de la justice à l’école : un débat trans-partisan doit être organisé pour pouvoir atteindre un consensus sur la vision de la justice à l’école, au moins dans l’enseignement obligatoire. Les concepts d’équité, de discrimination positive, de socle commun au sortir du collège ne pourront pas s’imposer dans la société française sans une clarification des attentes nationales pour ce niveau d’enseignement.
  • Sa gouvernance : rompre avec une logique de réformes à répétition, peu mises en œuvre dans les classes et miser sur l’expertise des acteurs de terrain (enseignants, chefs d’établissements, inspecteurs, conseillers pédagogiques…) qui accueillent au quotidien les élèves en leur donnant les moyens d’une action pédagogique efficace (formation continue obligatoire, maîtres spécialisés sédentarisés dans les écoles, outils d’évaluation à dimension nationale mis à leur disposition…).
  • Sa transparence : des études et suivis réguliers des ressources allouées à tous les élèves et aux établissements doivent permettre de rendre transparents les phénomènes d’inégalité de traitement, en particulier concernant les phénomènes de ségrégation sociale et d’origine migratoire.
  • Sa logique de traitement de la difficulté scolaire : rompre avec une logique de remédiation pour adopter une approche en termes de prévention (de la difficulté scolaire, de la ségrégation…).
  • Sa capacité à reconnaitre l’élève mais aussi l’enfant en intégrant les différentes dimensions de sa vie à (et dans) l’école : l’enseignement, mais aussi le climat scolaire, les conditions matérielles de vie des enfants les plus démunis. Ces préconisations comprennent des actions à introduire dans l’urgence, car les élèves en difficulté scolaire ne peuvent attendre, mais placées dans un cadre d’évolution de long terme, car les apprentissages se construisent sur la durée."

Lire les préconisations du CNESCO


Revue de presse 30 novembre 2019


L'appli Mon compte formation, mode d'emploi

"Un an après l'adoption d' une réforme de la formation professionnelle , le gouvernement a lancé en grande pompe, le 21 novembre 2019, une « appli » mobile Mon compte formation. « Une révolution », vante la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.
Cet outil, une application téléchargeable sur smartphone et tablette mais aussi un site internet, a pour objectif de simplifier le recours à une formation alors qu'il est souvent difficile de s'y retrouver, de savoir ce à quoi on a droit, et comment procéder. Elle permettra à chaque salarié de trouver, de réserver et de payer la formation de son choix. Développée par la Caisse des dépôts, qui gérera le paiement aux organismes de formation, elle sera comme « le livret A de la formation », explique la ministre.
L'appli proposera uniquement des formations certifiantes ou diplômantes et permettra surtout à chacun de s'inscrire sans avoir à passer par un intermédiaire, comme cela était nécessaire auparavant. Car la loi Avenir professionnel de septembre 2018 a changé plusieurs règles du jeu. Le compte personnel de formation (CPF) n'est plus alimenté en nombre d'heures de formation mais en euros : 500 euros par an (800 pour les salariés non qualifiés), dans la limite de 5.000 euros (8.000). L'équivalence s'est faite au taux d'environ 15 euros l'heure. A noter que les personnes à mi-temps, à 80 % des femmes, bénéficient des mêmes droits à la formation que les salariés à temps plein.
Lire l'article des échos

Face aux discriminations, les musulmans et les minorités demandent l’égalité

"Emmanuel Macron se rendra-t-il à Montfermeil comme le souhaite Ladj Ly, réalisateur primé à Cannes pour Les Misérables ? Ce film lui permettra-t-il – à lui comme à l’ensemble des Français·es – de considérer enfin les discriminations dont sont victimes une part non négligeable de nos concitoyen·ne·s ? Il serait temps.
Le climat de racisme ambiant et la libération de la parole xénophobe a encouragé une série d’humiliations et d’attaques visant directement des personnes de confession musulmane.
Attentat contre une mosquée à Bayonne, humiliation d’une mère portant un foulard et accompagnatrice d’une sortie scolaire à Dijon, propos comparant les femmes voilées à des « sorcières d’Halloween » par un sénateur … La liste est longue.
Ces séquences éprouvantes laissent des traces profondes, sociales, psychologiques, individuelles comme collectives, ainsi que le révèle une enquête que nous conduisons depuis 2015."
Lire l'article de the conversation

La maternité de Lariboisière, vitrine de «la honte»

"A la maternité de Lariboisière, la vitrine de la «honte» se trouve au rez-de-chaussée, dans l’ancienne petite salle d’attente des consultations pédiatriques, à deux pas du service des urgences générales. Ce mercredi soir, elles sont déjà sept, assises à même le sol avec leur nourrisson, entassées avec leurs sacs dans 13 mètres carrés. Abattues, silencieuses pour la plupart. Exceptée Djeneba. Son bébé au sein, la jeune Ivoirienne tente d’attirer l’attention. Elle a accouché le 23 août dernier. La veille, la directrice et les vigiles de l’hôpital sont passés comme tous les soirs entre minuit et une heure du matin pour relever les identités des femmes échouées là. Et lui rappeler à elle que le mois de «mise à l’abri» assuré par l’hôpital est arrivé à son terme. Demain, Djeneba et son nourrisson seront à la rue.
A l’étage de la direction, Marie-Christine Chaux, coordinatrice maïeutique de la maternité, tente de faire bonne figure. Et puis, la cuirasse se fend. «On est dépassés», admet la sage-femme. Mois après mois depuis janvier, le nombre de parturientes relevant de l’Aide médicale d’Etat ou de la CMU grimpe. «Aujourd’hui, cela représente 40% des femmes qui accouchent ici», précise Marie-Christine Chaux. En réalité, plus d’une sur deux, si l’on ajoute celles qui n’ont aucune couverture sociale. Au mois d’août dernier, plus du quart des futures mères accueillies relevaient du 115.
«Le plus difficile pour le personnel soignant, c’est que ce sont des maternités tristes, douloureuses», explique la sage-femme. «Les bébés ne sont souvent pas souhaités et le lien mère enfant pas forcément accepté.» Et puis vient toujours ce moment où il faut signifier aux mères qu’elles doivent partir. Quand bien même les hébergements d’urgence sont partout saturés. «On est là pour les sauver, alors les mettre à la rue avec un nourrisson… glisse la sage-femme. Cela nous renvoie à notre impuissance. Mais on est à l’APHP, on ne fait pas de l’humanitaire.» "
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Revue de presse 17 novembre 2019


« Mois sans alcool » : les associations regrettent le manque de soutien du gouvernement

"Importé d’Angleterre, ce défi consiste à cesser, ou au moins diminuer, sa consommation d’alcool en janvier. Mais cette opération n’a pas pour le moment le soutien de l’exécutif.
Les agapes, autour d’un turbot rôti, arrosées de vin de Champagne, auront duré près de deux heures. Jeudi 14 novembre, Emmanuel Macron a fait une halte pour le déjeuner dans un restaurant étoilé d’Epernay (Marne), en marge d’un déplacement destiné à renouer avec les territoires. L’occasion pour le chef de l’Etat d’échanger avec les représentants du milieu viticole de la région. Et d’aborder avec eux le sujet de l’opération « Janvier sobre », ou « Dry January » (littéralement « janvier sec » en anglais), qui consiste à « expérimenter une pause alcool en janvier », après les fêtes, selon la définition donnée par la Fédération addiction, un regroupement d’associations de prévention, qui espérait voir cette initiative portée par les pouvoirs publics – contrairement à l’industrie viticole, vent debout contre cette initiative.
En sortant du déjeuner avec M. Macron, Maxime Toubart, président du syndicat général des vignerons de la Champagne, s’est fait le porte-parole du chef de l’Etat auprès du site spécialisé Vitisphère : « Vous pouvez faire savoir qu’il n’y aura pas de “Janvier sec”, nous a-t-il dit. » Une version que l’Elysée ne confirme pas. « Le sujet a été évoqué lors de la rencontre, mais le président n’a pas pris parti », affirme-t-on dans l’entourage du président de la République, où l’on renvoie vers la ministre de la santé, Agnès Buzyn. « Ce format n’est pas aujourd’hui validé par mon ministère », a affirmé la ministre sur France Info jeudi 21 novembre. « L’opération “Dry January” renvoie chacun à une approche individuelle, comme un défi, indique au Monde le ministère de la santé. Nous préférons centrer notre communication autour des repères de consommation et sur les populations à risque. »"
Lire l'article du Monde.fr

Droits de l’enfant: «Nous sommes revenus en ce XXIe siècle au temps médiéval des Hôtel-Dieu»

"Pour Antoine Durrleman et Louis Gallois, il s’agit d’une régression sociale majeure qu’en France, on laisse de plus en plus d’enfants vivre dans la rue, expliquent dans une tribune au « Monde », les deux anciens grands commis de l’Etat.
Tribune. Ce n’est pas à l’autre bout du monde que cela se passe. C’est dans les rues de nos villes, c’est sur leurs trottoirs, que chacun peut en faire le constat dramatique : jamais autant d’enfants, de nourrissons, de bébés, de femmes enceintes sans abri. Pas seulement en journée. Aussi les nuits. Les unes après les autres. Pendant des semaines et des semaines. Pendant des mois.
Ce 20 novembre sont célébrés les trente ans de la convention internationale des droits de l’enfant qu’a ratifiée la France. Elle a pris alors l’engagement solennel de protéger tous les enfants des risques de tous ordres qui peuvent les menacer. En ce jour anniversaire, nous voulons le dire haut et fort : notre pays faillit honteusement à cet engagement en acceptant de laisser à la rue toujours plus d’enfants.
Les chiffres sont tragiques. A Paris, 700 enfants en famille sollicitent chaque jour un hébergement au SAMU social en appelant le 115. En vain. Le seul Centre d’action sociale protestant (CASP), qui gère la plate-forme parisienne d’accueil des familles demandeuses d’asile, comptabilise depuis trois mois plus de 400 personnes en famille en permanence à la rue."
Lire l'article du Monde.fr

CGLPL : Avis relatif à la prise en charge des personnes détenues atteintes de troubles mentaux

Depuis sa création, le controleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a relevé à de nombreuses reprises les carences de la prise en charge de la santé mentale des personnes détenues et leurs lourdes conséquences. Il dresse un constat accablant de cette situation et entend réaffirmer le principe d’une égalité réelle d’accès aux soins et de traitement entre les patients détenus et le reste de la population.
Les constats du CGLPL portent sur des situations concrètes : des pathologies lourdes aggravées par l’enfermement et l’isolement, un risque de suicide accru et des conditions de détention qui perturbent l’accès aux soins, nuisent à leur efficacité et, finalement, privent la sanction pénale de son sens. A l’origine de ces situations, trois facteurs principaux peuvent être identifiés : la méconnaissance des pathologies affectant la population pénale, l’insuffisance des moyens institutionnels de leur prise en charge et la banalisation d’atteintes quotidiennes aux droits fondamentaux, parfois de faible gravité, mais récurrentes.
Les pathologies mentales affectant les personnes détenues sont mal connues
Les études épidémiologiques sont anciennes ou partielles
La dernière étude épidémiologique générale réalisée en France sur la santé mentale dans les prisons françaises remonte à 2007. Le CGLPL fait état depuis de nombreuses années de la carence d’une analyse qualitative fine de la souffrance psychique des détenus, de l’évolution des troubles au cours de la détention et des effets potentiellement pathogènes de l’incarcération, et souligne la nécessité de mieux connaitre l’importance des troubles psychiatriques dans les lieux d’enfermement.
Les ministres de la justice et de la santé ont annoncé le lancement d’une étude pour évaluer la santé mentale des détenus. Il est aujourd’hui indispensable d’améliorer la connaissance des pathologies mentales chez les personnes détenues, en l’orientant vers la recherche d’une prise en charge adaptée et la définition d’une politique de soins.
La justice ne dispose pas des moyens nécessaires pour identifier les pathologies mentales
Parmi les principales causes identifiées de la surpopulation carcérale figurent la détention provisoire et la procédure de comparution immédiate, destinée à accélérer la réponse pénale, et qui aboutit fréquemment à des incarcérations immédiates. Or, les personnes souffrant de troubles mentaux ont souvent des difficultés à s’exprimer, notamment sur l’existence d’un suivi psychiatrique. Lorsqu’une expertise psychiatrique est diligentée, elle n’est pas suspensive : la personne est donc susceptible d’être incarcérée dans l’attente des conclusions. Les expertises psychiatriques, qui ne sont systématiques qu’en matière criminelle et qui ne lient pas le juge, concluent en outre rarement à l’irresponsabilité totale.
Les dispositions relatives à la responsabilité pénale dans les situations d’abolition ou d’altération du discernement mériteraient d’être réexaminée afin de mettre le juge en mesure de mieux appréhender la santé mentale des personnes prévenues.
Le personnel pénitentiaire n’est pas formé pour appréhender et gérer la maladie mentale
Certains troubles mentaux préexistent à l’incarcération, tandis que d’autres peuvent survenir au cours de la détention. Dans tous les cas, la maladie mentale affectant la personne détenue introduit une complexité dans sa relation avec le personnel pénitentiaire, que sa formation, axée sur la sécurité, ne prépare pas à la gestion de la maladie mentale. Le personnel de surveillance est mal armé pour comprendre la maladie mentale et mettre en œuvre des modalités de prise en charge adaptées.
Lire l'avis du CGPL

« La nature de l’autorité au sein des entreprises est en train de changer »

"Les salariés en quête de sens et d’autonomie ne peuvent plus légitimer des dirigeants parés de leur seule position hiérarchique et ignorant la réalité du travail, observe Thibaut Champey, lui-même directeur général.
L’ambiance au sein des entreprises serait-elle devenue quasi insurrectionnelle ? 88 % des Français jugent qu’il y a trop de « “petits chefs” abusant de leur autorité » dans les entreprises, selon une étude d’OpinionWay pour Dropbox réalisée en mai ; 54 % des salariés estiment qu’il y a trop de chefs, selon une autre étude d’Opinion Way pour Lumio.
Les salariés sont-ils pour autant en révolte ouverte ? Non. Selon ces études, huit Français sur dix estiment que l’autorité en entreprise est respectée, et les deux tiers des salariés ressentent même le besoin de davantage d’autorité dans l’entreprise. Face à cette contradiction apparente, les directions restent perplexes.
Pourtant, le message est on ne peut plus clair pour qui veut bien l’entendre : il existe bien un ras-le-bol des salariés face à une certaine forme d’autorité - une autorité aveugle, sans connaissance du métier du salarié sur laquelle elle s’exerce, focalisée sur les objectifs plutôt que sur les solutions. Ce manager-là, presque tous les Français en ont connu un et il a souvent été caricaturé. Impulsif, autoritaire, on l’imagine volontiers se gargariser de ses titres et des signes extérieurs de sa fonction. C’est précisément ce que les salariés dénoncent.
La nature même de l’autorité au sein des entreprises est en train de changer. Les fondements traditionnels de la légitimité, tels que le titre, la détention du capital, ou l’âge, sont proches de ne plus valoir un kopeck. Un rapport de force s’est subrepticement inversé : il faut désormais faire preuve de sa compétence auprès des salariés, et d’une capacité à mobiliser les ressources suffisante pour qu’ils suivent le mouvement.
Lire l'article du Monde.fr

Urgences : comment expliquer la crise dans les hôpitaux ?

"Depuis le 18 mars, les grèves s’étendent dans les services d’urgences. Dans des dizaines d’hôpitaux, partout en France, c’est le malaise. Chaque année, 180 000 personnes passeraient la nuit sur un brancard au lieu d’être dirigées vers un lit dans un service spécialisé, ce qui entraîne une surmortalité.
Après trois mois de grève, le gouvernement a répondu en annonçant le déblocage de 70 millions d’euros, dont la majeure partie sera versée sous forme d’une prime de risque. Mais ces mesures seront-elles suffisantes pour résoudre les problèmes structurels dont souffrent les urgences ? Explications en vidéo.


Précarité : près de 20 % des étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté

"Les syndicats étudiants demandent la réévaluation des bourses, après l’immolation par le feu, vendredi, d’un étudiant qui dénonçait sa précarité financière.
Nathalie Dompnier préside l’université Lyon-II, grande fac de sciences humaines de près de 30 000 étudiants. Anas K. est l’un d’entre eux. Près d’une semaine après que cet étudiant de 22 ans a tenté de s’immoler par le feu, le 8 novembre, en laissant un message dénonçant ses difficultés financières, la présidente revient sur ce drame."
L’onde de choc se poursuit après l’immolation par le feu d’un étudiant de 22 ans, vendredi 8 novembre, devant le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) de Lyon, pour dénoncer ses difficultés financières. Une journée de mobilisation s’est déroulée mardi dans plusieurs universités, et les principaux syndicats étudiants, reçus jeudi 14 novembre par le gouvernement, ont demandé une hausse des bourses. Tous dénoncent un accroissement de la précarité étudiante.
A la fin du mois d’août, l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) publiait son rapport annuel sur le coût de la vie étudiante. Résultat : une augmentation de 2,83 % par rapport à 2018, alors que ce coût avait aussi crû de 1,31 % par rapport à 2017. Le coût de la vie étudiante augmente de manière constante depuis près de dix ans, les hausses les plus importantes ayant été constatées entre 2009 et 2012, plongeant un peu plus, à chaque rentrée, les étudiants dans la précarité."
Lire l'article du Monde

Fracture numérique : l'illectronisme touche 17% de la population selon l'INSEE

"Ne pas avoir accès à Internet ou ne pas savoir utiliser les outils numériques représentent un handicap pour près de 17% de la population française, selon une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques(nouvelle fenêtre) (INSEE). Cet illettrisme numérique, appelé "illectronisme" touche en particulier les populations les plus fragiles.
En 2019, 15% de la population n'a pas utilisé Internet au cours de l’année. Ce non-usage est étroitement lié à la fracture numérique. Si l'accès à Internet se développe, des inégalités persistent chez les personnes les plus âgées, les personnes moins diplômées et les ménages aux revenus modestes .
Ainsi, une personne de plus de 75 ans sur deux n'a pas d'accès à Internet depuis son domicile (53%), alors que seuls 2% des 15-29 ans ne sont pas équipés. C'est également le cas de 34% des personnes peu ou pas diplômés (contre 3% des diplômés du supérieur), et de 16% des ménages les plus modestes (contre 4% des ménages les plus aisés)."
Lire l'article sur vie publique.fr


Revue de presse 10 novembre 2019


Médecins du monde : ACCÈS AUX SOINS DES ÉTRANGERS

"Le Premier ministre a annoncé ce matin plusieurs mesures remettant en cause les dispositifs d’accès aux soins des personnes étrangères vulnérables. Ces annonces représentent des reculs sans précédent pour l’accès aux soins de ces personnes. Les demandeurs d’asile sont directement pris pour cible.
Alors qu’ils arrivent souvent en France fragilisés physiquement et psychologiquement à cause d’un parcours migratoire difficile, le Gouvernement décide de les fragiliser davantage et de compliquer encore plus leur accès aux soins. Aucun gouvernement n’avait osé aller aussi loin !
L’instauration d’un délai de carence de 3 mois à partir de l’entrée sur le territoire français pour pouvoir bénéficier de la sécurité sociale (PUMa) vient d’être confirmée. Cette mesure va aggraver l’état de santé de ces personnes. Cela entraînerait également des prises en charge à un stade plus avancé de leur pathologie qui devra être traitée par les Urgences, déjà saturées.
Par ailleurs mettre fin à l’accès aux soins des personnes faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire (OQTF) aura pour conséquence de laisser de nombreuses personnes à la rue sans droits, aggravant leur précarisation."
Lire la tribune de médecins du monde
Voir la présentation des 20 mesures

Emmaüs en résistance aux côtés des migrants : lettre au président de la république

"A l'heure où le gouvernement durcit le ton en matière d'immigration, Emmaüs France, dans une lettre au président de la République, appelle à une politique d'accueil inconditionnel "digne, respectueuse et intégrante" et s'oppose à la politique d'enfermement et d'expulsion.
Monsieur le Président de la République,
Vous savez qu’au-delà de l’activité de récupération et de réemploi, les fondements d’Emmaüs reposent sur l’accueil inconditionnel et la solidarité aux personnes les plus démunies ; à la rue, exclues ou en voie de l’être.
Parmi elles, nombreuses sont d’origine étrangère, hors des prises en charges de l’Etat exceptée l’AME. Elles vivent en situation irrégulière ; souvent entrées dans la clandestinité après un refus de régularisation, elles sont restées parce que venues en France pour y vivre et s’installer, fuyant pour la plupart une vie insupportable voire des risques majeurs mettant en péril leur intégrité ou même leur vie dans leur pays d’origine.
Nous les accueillons dans nos centres d’urgence pour les mettre à l’abri, ou au sein de nos communautés pour y vivre et participer au travail solidaire dans des activités de récupération et de remise en état. Dans tous ces lieux, l’accueil pratiqué est inconditionnel, sans jugement sur le passé ou l’origine des personnes accueillies. Nos communautés, créées il y a 70 ans par l’Abbé Pierre sans préoccupation de statut administratif, sont reconnues aujourd’hui comme un modèle de reconstruction et d’insertion. Elles vivent de leurs ventes et sont indépendantes des subventions des pouvoirs publics, tout en équilibrant leurs comptes. Elles permettent à ces personnes la connaissance, le partage de notre langue, de notre société, de nos coutumes. Elles préparent comme la loi le reconnaît à une possible régularisation après 3 années passées en communauté.
Depuis de nombreux mois, nous constatons une volonté de contrôle de ce public dans nos centres d’accueil, créant des conditions qui mettent en cause l’action des travailleurs sociaux et la qualité de notre hospitalité. Nous constatons également des interpellations de plus en plus fréquentes de compagnons accueillis en communauté, des mises en rétention, voire des expulsions à l’encontre de personnes présentes depuis plusieurs années dans nos structures. Pourtant ces compagnons, qui contribuent à l’activité solidaire des communautés, n’ont rien à voir avec des délinquants."
Lire l'article sur le site d'Emmaus
Lire l'article "Protégeons les sans-papiers ni régularisables, ni expulsables !"

L'Observatoire international des prisons menacé de fermeture

"Après presque trente ans de veille au respect des droits, parfois menacés, en milieu carcéral, l’Observatoire international des prisons (OIP) est en danger. En cinq ans, il a perdu 66% de ses subventions publiques, alors que la surpopulation dans les prisons, elle, augmente. Un désengagement de l’Etat alarmant dans un contexte où le contre-pouvoir que représente l’OIP paraît plus que jamais nécessaire.
Déjà touché par une suppression des subventions régionales ou de certains organismes publics en 2014 et 2015, et une baisse de plus de 50% des dons de fondations privées au titre des avantages fiscaux après la suppression de l’ISF en 2018, l’OIP craint cette fois de mettre la clé sous la porte. Au cours des dernières semaines, le ministère des Outre-Mer et le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), l’un des plus anciens soutiens de l’organisme, ont à leur tour retiré leurs financements. «Officiellement, on ne rentre plus dans les critères. Officieusement, de manière progressive, les pouvoirs publics font le choix de ne plus soutenir les associations qui représentent un contre-pouvoir», dit à Libération Cécile Marcel, directrice de la section française de l’OIP. "
Lire l'article de Libération

Comparutions immédiates : antichambre d’une "justice de classe" ?

Quelle sociologie des audiences en comparution immédiate, enfants de ce qu'on nommait les "flags"? Dominique Simonnot, chroniqueuse judiciaire au "Canard enchaîné", nous en parle dans "Coups de barre" (Seuil, novembre 2019).



Féminicides : une étude inédite détaille les carences judiciaires dans la prévention

"Un lien clairement établi entre féminicides et violences conjugales antérieures, des carences dans le traitement des plaintes et des suivis judiciaires et un défaut d’évaluation de la situation de la victime : tels sont les enseignements d’une étude conduite par le parquet général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).
Erigeant en « priorité absolue » la lutte contre les violences commises au sein du couple, l’ex-procureur général Robert Gelli avait sollicité en mars une analyse sur les féminicides commis dans son ressort, qui regroupe plus de 4,2 millions d’habitants (Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône et Var).
Chargée de ce travail, la substitut générale Isabelle Fort a examiné en détail vingt-neuf dossiers : dix-sept meurtres et douze tentatives de meurtre commis par conjoint ou ex-conjoint entre le 1er janvier 2018 et le 9 septembre 2019. Vingt-six sont des féminicides, trois autres concernent des femmes ayant tué leur conjoint ou ex-conjoint. Son objectif : « Analyser les circonstances, les profils des auteurs et des victimes ainsi qu’identifier les lacunes dans la prise en charge des signalements ou plaintes précédents et les éventuels dysfonctionnements dans la prise en charge ou le suivi des mis en cause. »
Le Monde a eu accès à ce document qui démontre, une fois de plus, que « l’homicide ou la tentative est la suite d’un comportement violent récurrent ». Près de 80 % des auteurs avaient, en effet, déjà commis des violences répétées sur leur conjoint (70 %) ou sur un ex-conjoint (10 %). Mais, dans un bon tiers des cas, ces violences antérieures n’avaient jamais été portées à la connaissance d’un quelconque service d’enquête ou de la justice et cela, alors même que 90 % des familles et des proches n’ignoraient rien de la violence subie par la victime avant les faits criminels."
Lire l'article du Monde

Le « racisme subtil », ou comment de nombreux musulmans font face à une hostilité décomplexée

"Petites phrases, regards de travers, insultes… Beaucoup dénoncent une « libération de la parole » depuis quelques années.
Petites phrases, insultes, regards de travers, grimaces et discriminations font partie du quotidien des musulmans français, qui ont le sentiment de subir les conséquences des crispations politiques et sociales croissantes autour de l’islam, selon les témoignages recueillis par Le Monde. Un climat d’inquiétude que confirme un sondage conduit par l’IFOP, au téléphone, auprès d’un échantillon de 1 007 personnes de 15 ans et plus se déclarant musulmanes, à la demande de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) et de la Fondation Jean-Jaurès, rendu public mercredi 6 novembre."
Lire l'article du Monde.fr
Lire le rappot de la fondation Jean Jaurès

L’Etat et les départements se renvoient la balle sur la prise en charge des mineurs isolés

"Près de 30 000 mineurs isolés étrangers étaient pris en charge par l’aide sociale à l’enfance en 2018, contre moins de 10 000 en 2015, d’après les chiffres du ministère de la justice.
Cette augmentation soutenue des flux d’arrivées de mineurs non accompagnés (MNA), majoritairement en provenance d’Afrique de l’Ouest – Guinée, Mali, Côte d’Ivoire –, a alimenté ces dernières années des défauts de prise en charge et une joute politique entre l’Etat et les départements."
Selon l’Assemblée des départements de France (ADF), la prise en charge des mineurs non accompagnés coûtera 2 milliards d’euros aux collectivités en 2019. « C’était 50 millions d’euros en 2012 », souligne Pierre Monzani, le directeur général de l’ADF, qui évalue la ­contribution de l’Etat à 14 % du total de ces dépenses. Là réside un enjeu majeur de la bataille autour de la prise en charge des MNA.
« La tendance globale au sein des départements est de souhaiter que l’Etat assume complètement la phase d’accueil et d’évaluation », résume M. Monzani. Cette phase correspond à l’évaluation de l’âge du jeune et à sa mise à l’abri, le temps qu’une décision soit prise. D’après le secrétariat d’Etat à la protection de l’enfance, environ 60 % des jeunes évalués sont considérés comme majeurs (cette estimation ne tient pas compte de l’issue des recours devant le juge des enfants)."
Lire l'article du Monde


Revue de presse 3 novembre 2019


GPA : la justice estime que l’intérêt de l’enfant n’est pas de faire primer ses liens biologiques sur ses liens affectifs

"Un enfant conçu par une mère porteuse avec le sperme d’un homme qui a payé pour ce faire 15 000 euros, mais revendu par celle-ci à sa naissance, moyennant la même somme, à un autre, est réclamé par son géniteur." L'article fait le récit du feuilleton judiciaire qui s'en suit. Nous proposons de retenir les arguments de la Cour d'appel : l’« intérêt supérieur » de l'enfant, « au regard de son histoire, n’est pas obligatoirement de voir modifier sa filiation actuelle, pour être le fils de son père biologique, alors que sa vie présente, chez les époux D, qui l’élèvent depuis sa naissance dans d’apparentes excellentes conditions, semble conforme à son intérêt, et même s’il semble de son intérêt aussi qu’il apprenne, le moment venu, la vérité sur ses origines et que soient envisagés d’éventuels contacts avec Alexandre A… ».
Lire l'article du Monde

Réforme de l’assurance-chômage : 850 000 personnes touchées par le durcissement des règles

"De toutes les réformes engagées depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, c’est probablement l’une des plus anxiogènes. Elle l’est, en tout cas, pour les personnes à la recherche d’un emploi. A partir du vendredi 1er novembre, une première série de mesures prises dans deux décrets publiés fin juillet au Journal officiel entre en vigueur : elle porte à la fois sur l’accès à l’assurance-chômage et sur l’indemnisation que celle-ci apporte. Par le biais de ces textes, le gouvernement durcit les règles mais il ouvre aussi de nouveaux droits.
Désormais, pour percevoir une allocation, il faudra avoir travaillé six mois sur une « période de référence » de vingt-quatre mois et non plus quatre mois sur vingt-huit. Les droits à une prestation ne seront par ailleurs « rechargés » qu’à partir du moment où le demandeur d’emploi aura été en activité au moins 910 heures – soit un seuil six fois plus haut qu’aujourd’hui. Enfin, l’indemnisation sera dégressive à partir du septième mois pour ceux qui avaient une rémunération élevée quand ils occupaient un poste (au moins 4 500 euros brut par mois). Voilà pour le volet « main de fer ».
S’agissant des mesures administrées avec un gant de velours, deux d’entre elles correspondent à des promesses de M. Macron durant la campagne présidentielle. Pourront entrer dans le régime les personnes qui ont démissionné en vue d’un « projet professionnel », c’est-à-dire soit la reprise ou la création d’une entreprise, soit une reconversion impliquant une formation. Une commission paritaire régionale vérifiera le caractère sérieux de la démarche. D’autre part, les travailleurs indépendants (artisans, commerçants, etc.) seront éligibles à une allocation spécifique, d’environ 800 euros par mois pendant un semestre".
Lire l'article du Monde

Dépendance : ce que préconise Myriam El Khomri pour revaloriser les métiers du grand âge

"Désolant. Le tableau que brosse Myriam El Khomri dans son rapport sur les métiers du grand âge a de quoi inquiéter. Et cela alors que 92.000 Français supplémentaires devraient bénéficier de l'aide personnalisée pour l'autonomie dans cinq ans, portant l'effectif à 1,48 million de personnes dépendantes.
Les niveaux de rémunération du secteur sont très bas . Deux conventions collectives, celle de l'aide à domicile et celle des établissements privés non lucratifs, appliquent des salaires minimums inférieurs au SMIC. Du coup, certains employés restent au SMIC pendant plus de dix ans. Le taux de pauvreté s'élève à 17,5 % dans leurs foyers, contre 6,5 % chez les salariés en général."
« Pourquoi des métiers si utiles sont-ils si peu valorisés dans notre société ? », interroge l'auteure. « Ces chiffres sont une réalité, inacceptable, et ils peuvent à eux seuls suffire à expliquer la baisse de 25% en six ans des candidatures aux concours d'accès d'aides-soignants », a pour sa part commenté la ministre de la Santé Agnès Buzyn."
Quant aux conditions de travail, elles sont très dures, avec des grabataires qu'il faut soulever, de longues stations debout, des pensionnaires à nourrir en six minutes top chrono… « Nous avons une sinistralité honteuse pour notre pays », souligne Myriam El Khomri : la fréquence des accidents du travail est en effet trois fois plus élevée que la moyenne nationale. Il est encore plus fort que dans le BTP. Il n'est pas étonnant que ce secteur ait du mal à recruter puis à fidéliser les travailleurs.
Pour relever le défi du grand âge, il faudra donc former 352.000 aides-soignants et accompagnants à domicile ou en établissements sur cinq ans, montre le rapport. Autrement dit, chaque année, faire monter à bord 70.500 personnes de plus, le double du flux actuel.
Pourquoi diable un tel chiffre, alors que les besoins annuels de recrutement atteignent 18.500 postes supplémentaires ? « Parce qu'il y a déjà 60.000 postes non pourvus, des départs à la retraite massifs qui se profilent, et près de 8 % de départs chaque année », explique Myriam El Khomri."
Lire l'article des échos

François-Xavier Devetter et Emmanuelle Puissant: « L’attractivité des métiers du grand âge reste peu reconnue »

"Les économistes François-Xavier Devetter et Emmanuelle Puissant pointent les incohérences de la politique gouvernementale en ce qui concerne l’aide à domicile pour les personnes âgées".
"Entre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale et la mission El Khomri sur l’attractivité des métiers du grand âge, les attentes en matière d’amélioration des conditions de travail et d’emploi des aides à domicile sont importantes. Aujourd’hui, la situation est bien documentée, mais elle reste peu reconnue.
Les salaires sont faibles pour de nombreuses raisons : temps partiel généralisé, importantes contraintes physiques et temporelles, charge psychologique conséquente et… salaires horaires faibles. Ils tournent aux alentours de 850 euros par mois en moyenne, pour des femmes qui sont plus souvent que l’ensemble des employées à la tête de familles monoparentales.
Ces difficultés se cumulent et débouchent sur un taux d’accidents du travail extrêmement élevé (supérieur à celui observé dans le bâtiment), des absences fréquentes et une « attractivité » du secteur particulièrement faible. De nombreuses études quantitatives et qualitatives vont dans ce même sens, et pourtant les blocages semblent toujours aussi importants."
Lire l'article du Monde

Le gouvernement dévoile 23 mesures pour combattre "les difficultés hors normes" de la Seine-Saint-Denis

"Le gouvernement a retenu 23 mesures pour venir en aide à la Seine-Saint-Denis, parmi lesquelles une prime de 10 000 euros pour fidéliser les fonctionnaires, le recrutement de 150 policiers ou encore le renforcement des contrôles des logements insalubres, a annoncé Matignon mercredi 30 octobre."
[...]En s'appuyant sur un rapport parlementaire "assez sévère" remis en 2018, des concertations d'élus et un second rapport de synthèse du préfet de Seine-Saint-Denis, le gouvernement a mis l'accent sur cinq axes : l'attractivité des postes pour les fonctionnaires, la sécurité, la justice, l'éducation et la santé. Franceinfo vous résume l'essentiel de ces mesures".
Lire l'article de Francetvinfo

«Violences contre les femmes: n’oublions pas le rôle de l’alcool!»

"LETTRE OUVERTE - Addictologues* et proches de malades alcooliques** s’inquiètent de constater que le rôle de l’alcool et des psychotropes ne semble pas avoir été pris en compte par le Grenelle des violences conjugales. Le Figaro Santé publie leurs lettres ouvertes.
Alors que le gouvernement a décidé, à juste titre, une mobilisation contre les violences envers les femmes et contre les féminicides, il est plus que jamais nécessaire de rappeler le rôle fréquent de l’alcool dans ces phénomènes de violence. Il faut le rappeler et l’expliquer pour mettre en place des mesures efficaces de prévention et de soutien aux victimes. C’est, en lien avec la lettre des associations de patients (publiée à la fin de ce texte), l’objectif de cette lettre ouverte de professionnels et d’experts dans les addictions."
Extraits : "L’analyse des morts violentes au sein du couple survenues en 2018 et plus particulièrement des 121 féminicides, publiée par la délégation d’aide aux victimes, montre que dans 55 % des cas au moins l’un des deux, auteur ou victime, est sous l’emprise d’une substance (alcool, stupéfiants, etc.). Cette situation est très largement connue des personnels de police et de justice, comme des associations de protection des victimes. L’alcool altère les capacités d’autocontrôle, il accroît la négativité, l’impulsivité, l’agressivité et diminue également les capacités de défense chez les victimes.
L’alcool est donc un facteur causal majeur des violences envers les femmes. Depuis une vingtaine d’années, la littérature scientifique s’est considérablement clarifiée sur le sujet. Il existe aujourd’hui un consensus sur son véritable statut causal dans la recherche internationale."

Violences conjugales: quelle situation en France?

Lire la lettre ouverte sur le Figaro.fr

Le nombre de sans-abri morts dans la rue a augmenté de 15% en 2018

"Exposés au vent, au froid, aux agressions, ils sont particulièrement vulnérables. En 2018, au moins 612 sans domicile fixe (SDF) sont morts dans la rue, a annoncé mardi 29 octobre le collectif Les Morts de la Rue, qui recense et analyse ces décès chaque année dans un rapport. Ils étaient 511 un an plus tôt : leur nombre a donc augmenté de 15% en un an.
Des chiffres encore en dessous de la réalité
Le collectif Les Morts de la Rue qui les a recensés n’explique pas cette hausse, qui pourrait être liée à l’augmentation du nombre de sans-abris. Ces chiffres ne sont pas non plus exhaustifs. Ils seraient même très en deçà de la réalité, reconnaît le collectif : "Les vrais chiffres sont six fois supérieurs à ce qu’on avance", affirme Géraldine Franck, membre du collectif.
L'analyse des conditions de ces décès montre aussi la violence de la vie à la rue : ces SDF sont morts en moyenne à "48,7 ans contre 82,18 ans en population générale", et 27% des morts sont liées à "des accidents, des agressions ou des suicides", 36% à des maladies. 4 sur 10 étaient de nationalité française et 3 sur 10 souffraient d’au moins une addiction. Autre chiffre édifiant : parmi ces victimes, il y avait au moins 13 mineurs.
Lire l'article de Francetvinfo.fr

Logements indignes : la petite classe moyenne à la peine

"L’événement avait ébranlé toute une ville, voire tout le pays. Le 5 novembre 2018, dans le cœur de Marseille, deux immeubles s’effondraient, tuant 8 personnes. La question de l’habitat indigne resurgissait alors de la plus violente des manières et nous alertait sur la fragilité de certaines de nos habitations. Un an après, Pour Suite se penche sur cette "spirale" qui conduit à l’insalubrité les copropriétés les moins aisées.
La France compterait 420 000 logements potentiellement indignes. Un chiffre avancé par l’État mais qui s’élèverait à 600 000 selon la Fondation Abbé Pierre. Selon, cette fois, les statistiques de l’INSEE reprises par le député LREM Guillaume Vuilletet dans son rapport sur l’habitat indigne, le pays abriterait 800 000 logements "dégradés".
Ecouter l'émission de France Inter


Revue de presse 27 octobre 2019


La parole aux exclus

"Un collectif de chercheurs dénonce le projet gouvernemental de supprimer l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES)."


Royaume-Uni : trente-neuf corps découverts dans un camion immatriculé en Bulgarie

"Trente-neuf corps ont été découverts dans un camion dans la nuit de mardi 22 à mercredi 23 octobre à Grays, dans l’Essex, à l’est de Londres. Le chauffeur du camion, originaire d’Irlande du Nord et âgé de 25 ans, a été interpellé, a annoncé la police britannique".
Selon les autorités locales, le camion immatriculé en Bulgarie est entré dans la nuit de mardi à mercredi vers 00 h 30 (1 h 30, heure française) au Royaume-Uni par le port de Purfleet sur la Tamise, à l’est de Londres, en provenance de Zeebruges, en Belgique. Dans un premier temps, la police avait expliqué que le véhicule était entré dans le pays le 19 octobre via le port de Holyhead, sur la côte ouest de la Grande-Bretagne, qui dessert Dublin."
Lire l'article du Monde

Retraites : doit-on suivre le modèle scandinave ?

"Au Danemark, tous les efforts convergent vers un seul objectif : rendre les retraités le plus autonomes possible afin de retarder au maximum l'entrée en maison de retraite - toutes financées avec de l'argent public. Pendant trente ans, le pays avait décidé de ne plus construire de nouvelles maisons de retraite, préférant mettre en place un plan efficace de maintien à domicile. Aujourd'hui, moins de 5 % des Danois vivent en maison de retraite, des établissements qui ont été largement rénovés et adaptés aux nouveaux standards de vie des séniors. A Slottet, au nord de Copenhague, également appelé la cité des Anciens, chaque pensionnaire a son propre studio avec coin cuisine. Il a ainsi le choix de participer à la vie en communauté mais aussi de rester dans l'intimité de son petit logement, tout en bénéficiant de soins et d'assistance 24 heures sur 24. Il doit payer un loyer pour lequel il peut bénéficier d'allocations. Mais les soins et les services sont gratuits.
Cette maison de retraités héberge un peu plus d'une centaine de pensionnaires et se veut ouverte sur la vie de quartier : crèches et jardins d'enfants, potagers, parc animalier partagent le même espace. Dans un pays où la population est vieillissante, il est important de ne pas isoler les séniors. Transports publics, rampes d'accès aux bâtiments ou encore portes à ouverture automatique, les infrastructures sont de plus en plus adaptées au troisième âge et aux personnes à mobilité réduite".


La participation des habitants ne va pas de soi

"La Fondation Abbé-Pierre (FAP) Ile-de-France a placé la présentation de son éclairage régional du mal-logement 2019 sous le signe de la participation des habitants. La population francilienne est surreprésentée dans les statistiques du mal-logement. La FAP veut s’attaquer aux conséquences sociales de ces difficultés. En partenariat avec les acteurs de terrain, elle soutient des actions qui impulsent et structurent des dynamiques collectives d’habitants des quartiers populaires et des zones rurales paupérisées pour "changer le regard et rendre acteur". Mais les freins restent nombreux, culturels et personnels".
Acceder au dossier de la Gazette Santé-social

École : terrain sensible ?

"Retour sur le malaise des enseignants et des directeurs d'école : Marion Armengod, journaliste indépendante, et Anne Barrère, professeure des universités, anciennes enseignantes toutes deux, nous parlent de leur expérience et des difficultés du métier".


Revue de presse 20 octobre 2019


Stratégie Protection de l’enfance : Après les incantations, le temps de l’action ?

"Le secrétaire d’État, Adrien Taquet, a présenté le 14 octobre la stratégie de prévention et de protection de l’enfance. Fruit des recommandations des six groupes de travail sur « l’enfance protégée », cette stratégie suscite une réaction en demi-teinte de la part des acteurs qui doutent de la capacité à agir de l’État.
Si des mesures apparaissent positives, comme la création de nouveaux centres parentaux ou le caractère obligatoire de l’entretien prénatal précoce, d’autres laissent songeur quant à leur effectivité. A titre d’exemple, la généralisation des albums de vie pour les enfants confiés est à encourager. Elle faisait d’ailleurs partie des actions de la feuille de route pour la protection de l’enfance 2015-2017.
Cependant, quand près de 20 % des départements n’ont toujours pas mis en place le projet pour l’enfant (obligation légale), la généralisation de l’album de vie apparaît en décalage avec les réalités de terrain.
Outre le caractère incantatoire de certaines mesures, l’UNIOPSS regrette de nombreux manques, qui concernent notamment les jeunes sortant des dispositifs de protection de l’enfance. Les propositions faites dans la stratégie sont ainsi bien en-deçà de l’ambition première de la « proposition de loi visant à renforcer l’accompagnement des jeunes majeurs vulnérables vers l’autonomie ».
Lire l'article de l'UNIOPSS

Hébergement des migrants : le « 115 » sous pression

"Des associations dénoncent le « tri » qu’imposeraient des préfectures pour l’accueil des personnes étrangères.
« Le 115 ? Certains jours, j’appelais quinze fois. Mais ils m’ont demandé d’arrêter : “On ne prend plus de demandeurs d’asile”, disaient-ils. » Alors Thierry Negathe s’est construit une cabane avec des palettes en bois, dans un grand hangar d’une zone industrielle au sud-est de Rennes. Investi il y a un mois, le lieu abrite aujourd’hui quelque 350 migrants.
Thierry Negathe est Camerounais et il a déposé une demande d’asile en août. Il dit n’avoir, depuis, jamais été hébergé par l’Etat. Pas plus que Sokhna, une Sénégalaise de 23 ans, elle aussi demandeuse d’asile, qui a investi une petite pièce du squat rennais, à l’étage, avec son fils d’un an et demi. Arrivée en France depuis un an, elle a été hébergée plusieurs fois par des familles, grâce à une association. « Quand j’appelle le 115, c’est la même réponse, dit-elle. La dernière fois, on m’a demandé si j’étais demandeuse d’asile et on m’a dit qu’il n’y avait plus de place. » « Tous les jours, des gens refusés par le 115 arrivent ici », constate Vincent, membre du collectif qui a investi ces entrepôts privés inoccupés.
La saturation des centres d’hébergement d’urgence n’est pas nouvelle. En Ille-et-Vilaine, environ la moitié des 1 600 appels hebdomadaires reçus par le 115 ne débouchent pas sur une proposition d’hébergement, faute de places. Mais, depuis l’été, un changement est intervenu, sur une consigne explicite de la préfecture. « Pour orienter les personnes, on nous demande de faire une évaluation préalable de leur situation administrative », explique Sophie Randuineau, la directrice du SIAO-35, le service d’accueil et d’orientation dont dépend le 115.
Ainsi, lorsqu’un demandeur d’asile sollicite une prise en charge, le SIAO doit d’abord obtenir une autorisation des services de l’Etat avant d’éventuellement lui proposer un hébergement. Le cas échéant, la personne sera orientée vers un hôtel plutôt qu’un foyer. « Ça change notre travail, on ne répond plus à tout le monde, reprend Mme Randuineau. Les demandeurs d’asile ont peu de chance d’avoir une réponse positive. C’est une forme d’atténuation de l’inconditionnalité. »
Lire l'article du Monde

Ce que révèlent les polémiques sur le voile

"Alors que les polémiques se poursuivent depuis plus d’une semaine sur le port du voile, le président de la République a appelé à ne pas « stigmatiser » les musulmans. Les crispations récurrentes qui parcourent la société française depuis une trentaine d’années ne font que s’accentuer, au rythme des attentats."
"Ces polémiques sur l’islam, et plus particulièrement sur le voile, reviennent à intervalle régulier en France depuis une trentaine d’années et la première « affaire du voile » concernant trois collégiennes voilées, à Creil, en 1989.
« Il y a dans la perception française du voile quelque chose d’épidermique, parce que les Français estiment qu’il renvoie à la condition inférieure de la femme », estime l’écrivaine tunisienne Hélé Beji, qui a notamment publié en 2011 « Islam Pride. Derrière le voile. » (1). Confirmant cette « exception française », le sociologue Didier Lapeyronnie y voit plutôt une marque de « la féminité et de la non-disponibilité des femmes musulmanes ».
Il ajoute que « la France est un pays bizarre, où la religion n’est pas un droit de l’homme mais un problème » : « La Révolution française était antireligieuse, c’est notre fond culturel. »"
Lire l'article de La Croix

Haute-Garonne - La solidarité craque

"Du jamais vu. En Haute-Garonne, depuis le 11 octobre, 21 des 23 maisons des solidarités (MDS) et les services du siège de l’action sociale départementale sont totalement ou partiellement fermés : un droit d’alerte et de retrait a été déposé le 10 au soir par une intersyndicale SUD, CGT, FO.
La mobilisation a débuté le 26 septembre au service de l’aide sociale à l’enfance (ASE) de la MDS de Frouzins. Le trop plein s’est exprimé après un accès de violence d’une jeune fille contre son éducateur. Un passage à l’acte que l’équipe lit au travers de la mauvaise prise en charge de l’adolescente en besoin de soins spécifiques : impossible de trouver une place dans une structure adaptée. « A charge pour les référents ASE de trouver des solutions au jour le jour », explique Marina Lergenmuller, éducatrice à l’ASE et représentante du personnel syndiquée à Sud CT 31. Insupportable pour l’équipe qui décide d’exercer son droit de retrait.
Une situation symptomatique pour les professionnels de la dégradation des conditions d’accueil et de travail dans les structures de solidarités du département. Cette MDS est rapidement rejointe par la MDS de Cazères. Là encore, il ne reste que quatre référents ASE en poste quand ils sont officiellement onze pour répondre aux missions. Intenable. « De nombreuses mesures de protection de l’enfance ne sont pas exercées, les instances pluridisciplinaires ne peuvent pas se tenir et nombre de procédures ne sont pas respectées », avance le syndicat SUD."
Lire l'article de line social

La loi autorise sans ambiguïté les mères qui portent le voile à accompagner les sorties scolaires

"La vidéo montrant un élu du Rassemblement national (RN) agressant une mère de famille voilée qui accompagnait un groupe d’élèves à une séance du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, vendredi 11 octobre, a provoqué un tollé et a relancé par la même occasion le débat autour des accompagnantes en hidjab lors de sorties scolaires.
Profitant de cette nouvelle actualité, les sénateurs Les Républicains (LR) ont soumis une proposition de loi pour interdire les signes religieux lors des sorties scolaires. Le texte sera examiné en séance publique le 29 octobre.
Cette nouvelle polémique a d’abord été relancée par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qui a remis une pièce dans la machine, en déclarant, le 13 octobre, sur BFM-TV :
« Vous avez d’une part ce que dit la loi – elle n’interdit pas aux femmes voilées d’accompagner les enfants – mais, c’est certain, nous n’avons pas envie d’encourager ce phénomène. Heureusement qu’on n’interdit pas tout par la loi. »"
Lire l'article des décodeurs

Départs, amertume : après la polémique sur le voile, le Conseil présidentiel des villes vacille

"Après l'humoriste Yassine Belattar, Mohamed Mechmache président du collectif "Pas sans nous" s'apprête à quitter le Conseil présidentiel des villes. D'autres membres s'interrogent sur le climat ambiant et l'absence du président au sein de cette instance censée rapprocher les quartiers populaires et l'Élysée."
Lire l'article de France Inter


Revue de presse 13 octobre 2019


TRIBUNE : Étudiant-e-s du travail social, un avenir en danger !

"Madame la Ministre, durant l'été́ 2018, sont parus les décrets réformant les formations du social. La volonté́ affichée dans le cadre de la réingénierie des diplômes du travail social est de permettre l’acquisition d’un socle de compétences et de connaissances communes aux cinq formations (éducateurs-trices spécialisé-e-s, éducateurs-trices de jeunes enfants, assistant-e-s de service social, éducateurs-trices techniques spécialisé-e-s et conseillers-ères en économie sociale et familiale).
Cette réforme change le contenu pédagogique ainsi que les modalités d’évaluation, mais surtout la reconnaissance des diplômes qui sera de niveau Bac+3 à partir de 2021, tandis que les promotions précédentes restent reconnues au niveau Bac+2 pour trois années de formation.
Cette réforme, applicable dès la rentrée 2018, n'a laissé que peu de temps aux centres de formations pour la mettre en œuvre. Cette précipitation nous coûte cher. Elle nous laisse sur le carreau.
Vous le savez, les étudiant-e-s passant leur session d'examen au printemps 2020 valident leurs diplômes selon les modalités des réformes antérieures. Ayant commencé leur cursus avant la publication de votre décret, leur formation n’a pas été impactée. Néanmoins, vous avez décidé dans l’article 11 que les modalités de validation des diplômes seront abrogées, c'est à dire supprimées à l'issue de la session d'examen 2020.
Il sera dès lors nécessaire pour les étudiant-e-s n’ayant pas validé ne serait-ce qu’un Domaine de Compétences (DC) de recommencer à zéro, soit au total 6 ans de formation. Pire, c’est durant leur année de passage du diplôme et de ces multiples modalités de certifications que nous l’apprenons.
Le manque de considération que vous portez aux étudiant-e-s du travail social ne peut que nous laisser envisager un avenir sombre dans l’évolution de notre secteur et dans l’accompagnement des publics. De ce fait, vous excluez des étudiant-e-s précaires qui n’auront pas la possibilité de financer 3 ans de formation supplémentaires, ainsi que les personnes ayant suspendu leur formation pour des raisons personnelles ou médicales."
Lire la suite sur le site des ASH

Thomas Piketty : « Pour une économie circulaire »

"Il faut bâtir par la délibération démocratique de nouvelles normes de justice sociale, éducative, fiscale et climatique, qui devront tourner le dos à l’hyperconcentration actuelle du pouvoir économique, estime l’économiste dans sa chronique au « Monde »"
Quand on évoque l’économie circulaire, on pense souvent au recyclage des déchets et des matériaux et à l’usage modéré des ressources naturelles.
Mais pour qu’un nouveau système durable et équitable puisse émerger, c’est l’ensemble du modèle économique qu’il faut repenser. Avec les écarts de richesses qui existent actuellement, aucune ambition écologique n’est possible. La sobriété énergétique ne pourra venir que de la sobriété économique et sociale, et non de la démesure des fortunes et des trains de vie. Il faudra bâtir par la délibération démocratique de nouvelles normes de justice sociale, éducative, fiscale et climatique ; elles devront tourner le dos à l’hyperconcentration actuelle du pouvoir économique. L’économie du XXIe siècle doit au contraire s’appuyer sur la circulation permanente du pouvoir, de la richesse et du savoir.
C’est grâce à la diffusion de la propriété et de l’éducation que le progrès social et humain est devenu une réalité au cours du XXe siècle. Un puissant mouvement de réduction des inégalités sociales et d’accroissement de la mobilité, dont les prémices intellectuelles étaient déjà visibles aux XVIIIe et XIXe siècles, s’est accéléré des années 1900-1910 aux années 1970-1980, grâce à un investissement éducatif sans précédent, un rééquilibrage des droits des actionnaires par ceux des salariés (notamment en Europe nordique), la circulation des revenus et des fortunes par l’impôt progressif (en particulier aux Etats-Unis), et ainsi de suite.
Ce mouvement a été interrompu dans les années 1980-1990, à la suite d’un retour de balancier alimenté par la désillusion postcommuniste et la rupture reaganienne.
Le postcommunisme est alors devenu le meilleur allié de l’hypercapitalisme : des ressources naturelles surexploitées et privatisées au profit d’une minorité, un contournement systématique du système légal par les paradis fiscaux, une suppression complète de toute forme d’impôt progressif."
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Un millier de personnes marchent pour Kewi, 15 ans, tué pendant un cours d’EPS au stade des Lilas

"Le lycéen, poignardé à mort, avait tenté de s’interposer lors d’une rixe due à une guerre ancienne entre quartiers.
Parti de la commune voisine du Pré-Saint-Gervais, le cortège silencieux était massé derrière une banderole « Unis contre la violence, justice pour Kewi ». Il est arrivé à 12 heures à l’endroit où le lycéen avait été poignardé. Deux jours après la mort de Kewi, trois jeunes de 14 et 15 ans ont été mis en examen et placés en détention provisoire pour « assassinat en bande organisée ». « Combien d’enfants doivent mourir pour que les pouvoirs publics agissent pour nos quartiers, gangrenés par la violence ? Il faut que Kewi soit le dernier, le dernier enfant perdu, » a dit le cousin du jeune garçon. Un an plus tôt, Aboubakar, 13 ans, était lui aussi mort lors d’une rixe aux Lilas impliquant des jeunes de quatre villes du secteur."
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Revue de presse 06 octobre 2019


Formation. Du flou dans la réforme

La toile bruisse d’inquiétudes des étudiants en troisième année d’éducateur spécialisé, assistant de service social, éducateur de jeunes enfants, conseiller en économie sociale et familiale, éducateur technique spécialisé. Leur session d’examen qui aura lieu à la fin de l’année scolaire 2019-2020 valide leur cursus encore régi par la réforme de 2007 aboutissant à des diplôme de niveau III. Dernière promotion de l’ancien régime, les promotions suivantes entreront dans le nouveau cadre fixé par l’arrêté du 22 aout 2018 qui revalorise les diplômes au niveau II soit la licence.
Sans filet
Les étudiants s’interrogent : s’ils ne valident pas tous leurs domaines de compétences peuvent-ils encore repasser l’examen en conservant le bénéfice des domaines de compétences acquis pendant cinq ans comme le leur permettait l’ancien système ? Non, répond le texte. Aucun dispositif de rattrapage ou de redoublement ne semble, pour l’instant, prévu. Les étudiants devraient-ils donc reprendre la formation en deuxième année du nouveau diplôme voire tout recommencer ? Aucune information claire. Comment expliquer une telle rupture d’égalité pour les étudiants de cette promotion ? Les formateurs s’interrogent et les écoles attendent des éclairages précis. Sollicitée par Lien Social, la Direction générale de la cohésion sociale explique étudier avec le ministère de l’Enseignement supérieur « les options qui pourraient s’offrir aux étudiants n’ayant pas validé leur diplôme à l’issue de la session 2020 » et souligne qu’une « instruction est en cours de finalisation ».
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"Ce qui me gêne, c’est le traitement différencié selon les nationalités" : des officiers de l'OFPRA témoignent

"Ces deux fonctionnaires de l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et des apatrides) ont accepté de témoigner de la réalité de leur travail au micro de France Inter. Les deux juristes répondent à toutes les questions qui concernent les 300 dossiers de demandes d'asile qu'ils gèrent chaque année.
Nous ne dirons pas grand chose de ces deux officiers de l'OFPRA. En témoignant, ils risquent non seulement de perdre leur emplois, mais aussi théoriquement des sanctions pénales (jusqu'à 3 ans de prison). Il n'a pas été facile de les convaincre de parler, même anonymement (leur prénom a été changé).
Ces deux juristes de formation et leurs 500 collègues ont la lourde responsabilité de délivrer ou pas le précieux sésame qui permet à une personne d'obtenir le droit d'asile. Sur les 122 000 demandes annuelles, 88 000 sont rejetées. Leur métier est donc difficile, souvent méconnu, régulièrement mêlé aux questions relatives à l'immigration. Ils avaient donc à cœur de mettre un peu d'ordre, de droit et de réalité sur ce sujet qu'ils connaissent bien pour le pratiquer depuis plusieurs années.
S'ils ont décidé de parler à un média, c'est en grande partie parce qu'ils pensent tous deux que le droit d'asile, qui relève de la Convention de Genève, est aujourd'hui attaqué en France. Une crainte renforcée par les propos tenus le 16 septembre dernier par le président de la République. Devant les ministres et parlementaires de la majorité, Emmanuel Macron a évoqué un droit d'asile "détourné de sa finalité par des réseaux". "
Lire l'article sur Franceinter.fr

Débat sur l’immigration : Agnès Buzyn défend fermement le principe de l’aide médicale d’Etat

"C’est sûrement la ministre qui était la moins acquise à la cause du débat sur l’immigration, voulu par le président de la République. C’est pourtant celle qui a le plus détaillé, lundi 7 octobre, devant l’Assemblée nationale, les pistes sur lesquelles l’administration planchait en matière de soins aux étrangers. A côté, Jean-Yves Le Drian et Christophe Castaner se sont contentés de brosser de manière très générale leurs ambitions pour œuvrer à la « maîtrise des flux » migratoires.
Face aux députés, Mme Buzyn a d’abord longuement rappelé les principes auxquelles elle est attachée, au premier titre duquel « le droit à la santé pour tous ». « On ne laisse pas des gens périr parce qu’il leur manque le bon tampon sur le bon document », a t-elle résumé. Elle a aussi balayé sèchement les polémiques qui avaient pu fleurir en amont du débat sur les abus de l’aide médicale d’Etat (AME), cette protection sociale destinée à prendre en charge un panier de soins réduit pour les étrangers en situation irrégulière sur le territoire. « Cure thermale, PMA, médicament à service médical rendu faible, ne sont pas pris en charge par l’AME (…).
Les soins à visée esthétique ne sont évidemment pas pris en charge par l’AME », a t-elle rappelé."
Lire l'article du monde.fr

"Sale Gosse" : une plongée dans le quotidien des jeunes suivis par la Protection judiciaire de la jeunesse

"En février 2018, j’ai intégré pendant six mois une équipe de la Protection Judiciaire de la Jeunesse à Auxerre sans savoir ce que je cherchais, sinon comprendre ce lien si particulier qui se noue entre l’éducateur et le délinquant." Mathieu Palain


« J’étais l’Arabe qui venait de loin » : la diaspora maghrébine se raconte sur le divan

"La psychiatre Fatma Bouvet de la Maisonneuve reçoit des patients qui livrent des vies empoisonnées par les discriminations et les préjugés.
Ils sentent « quelque chose » en eux qui leur tord le bide. Un « truc » qui vient gifler leur âme et abîmer leur corps. Une douleur les tourmente, les enlace si fort qu’ils en suffoquent. Un mal-être ? Une dépression ? Une crise d’angoisse ? Un peu des trois. Quelle est la cause de cette mauvaise sensation ? Leur gueule de « métèque ». De par leur apparence et leur origine nord-africaine, ils ont l’impression de se sentir en France comme l’éternel étranger ; de n’être jamais à leur place ; ou de voir leur carrière professionnelle patiner. Quoi qu’ils fassent. Le malaise est profond, au point parfois de ne plus en dormir la nuit. Ce désarroi les a obligés à consulter un thérapeute pour ne pas perdre la tête.
Chaque jour, dans un cabinet médical exigu de Montrouge (Hauts-de-Seine), la psychiatre Fatma Bouvet de la Maisonneuve reçoit, entre autres, des patients issus de la diaspora maghrébine pour parler de leur souffrance. Et le mot est faible… Tunisiens, Marocains, Franco-Algériens, de tout âge et de toute catégorie sociale, ils vivent très mal les préjugés contre les Nords-Africains qu’ils disent subir au quotidien. Des petites remarques anodines aux discriminations les plus crasses, ces femmes et ces hommes n’arrivent plus à faire face aux humiliations. Pour comprendre leur souffrance qui heurte leur identité, il faut s’asseoir près d’eux sur l’une des deux chaises en osier du bureau, garantir leur anonymat et les écouter sur plusieurs séances de trente minutes chacune."
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 28 septembre 2019


Les étudiants en travail social attendent un rattrapage

"Les étudiants en travail social vont-ils revenir gronder aux portes du ministère des Solidarités ? Pour l’heure, depuis l’avenue Duquesne, seule une pétition est en vue, mais elle a déjà recueilli près de dix mille signatures. Une préoccupation tenaille, en effet, les élèves qui viennent d’entrer en dernière année, pour préparer les diplômes d’Etat d’éducateur spécialisé, d’assistant de service social, ou de niveau équivalent. Si jamais ils n’obtiennent pas leurs quatre « domaines de compétences » requis, d’ici cet été, comment pourront-ils donc les rattraper ?
Leurs promotions, en effet, présentent une particularité. Ces élèves se sont engagés, en 2017 pour la plupart, dans des formations aboutissant à des diplômes de « niveau III », c’est-à-dire à bac + 2. Or en 2018, une réforme a revalorisé leurs cinq certifications jusqu’au niveau II, soit au grade de la licence – et uniquement à partir de 2021… Les formations correspondantes, du même coup, ont été revisitées - mais pour tous les élèves admis à compter de 2018. Et malgré des années de discussions, de négociations, et de manifestations, cette réingénierie a fait l’impasse sur ce détail de taille : comment assurer un droit à l’erreur, pour les tout derniers candidats présentant les diplômes « ancienne formule », en 2020 ?
« Habituellement, les candidats ayant échoué, ou pas validé l'ensemble de leur diplôme, ont cinq ans pour repasser les domaines manquants », est-il rappelé dans une pétition des « étudiants en travail social en force », mise en ligne le 25 septembre sur change.org. Mais que proposer concrètement pour les recalés de 2020 ? Doivent-ils être autorisés à tenter, en 2021, les nouveaux diplômes, pourtant reconnus à un niveau supérieur ? Ou leur faudra-t-il reprendre ces études rénovées au point de départ, c’est-à-dire à la première année ? « Nous demandons au ministère des Solidarités et de la santé de respecter nos droits et de prévoir des sessions de rattrapage pour les promotions des travailleurs sociaux 2020 », réclament les quelque 10 000 signataires recensés au 1 octobre."
Lire la suite sur le mediasocial.fr

Le gouvernement dévoile le nouveau «service public» des pensions alimentaires

"Le gouvernement veut passer d’un système de «recouvrement des impayés» à une logique de «prévention des impayés» de pensions alimentaires. Lancé le 1er juin prochain, il pourrait concerner 100.000 personnes durant sa première année de mise en œuvre.
C’était une revendication forte des «gilets jaunes» et une proposition issue du grand débat. «On ne peut pas faire reposer sur les mères seules qui élèvent leurs enfants l’incivisme de leurs anciens conjoints», avait lancé Emmanuel Macron, le 25 avril dernier. Aujourd’hui, on estime que 30 à 40 % des pensions alimentaires sont impayées ou payées de façon irrégulière. Alors que la France compte désormais un quart des familles monoparentales, environ 300.000 parents, des mères dans l’immense majorité, souffrent de ces impayés.
Pour lutter contre ce «fléau», la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, et les secrétaires d’État Marlène Schiappa et Christelle Dubos présentent jeudi le nouveau système de «service public de versement des pensions alimentaires». Ce dernier se fonde sur un service déjà existant, l’agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires (Aripa) des caisses d’allocations familiales (CAF). Dès le premier impayé de pension alimentaire, tout parent peut déjà la saisir. Créée en 2017, l’agence aide au recouvrement de la pension, y compris, via une saisie sur le salaire de l’ancien conjoint. De plus, en cas de non-recouvrement des pensions dues, elle verse une allocation complémentaire: l’allocation de soutien familial (ASF) d’un montant de 115 euros par enfant et par mois.
Les parents isolés qui reçoivent une pension alimentaire inférieure à ce montant peuvent demander à la CAF un complément financier afin d’atteindre cette somme de 115 euros. «Ce système, tel qu’il existe aujourd’hui, ne permet pas de régler toutes les situations problématiques», relève le ministère de la Santé et des solidarités. On estime en effet que les procédures de recouvrement ne concernent que 10 à 20 % des cas d’impayés."
Lire l'article du Figaro

Installation de la commission des 1000 premiers jours de la vie de l’enfant

"Le Président de la République, en présence d’Adrien Taquet, secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, a installé ce jeudi 19 septembre après-midi un comité d’experts chargé de travailler avec l’ensemble des acteurs pour rassembler l’ensemble des connaissances et formuler des préconisations sur les politiques publiques qui peuvent être menées.
Le président de la République a inscrit la question des 1000 premiers jours de l’enfant au cœur de l’action du gouvernement. Les progrès scientifiques, issus de plusieurs champs de recherche, légitiment en effet un investissement le plus précoce possible dans cette période importante de la vie de tout être humain et il est indispensable d’accompagner au mieux les parents pour répondre de manière adaptée aux besoins de leurs enfants.
Acceder au site solidarite_sante.gouv.fr
Le trombinoscope des experts

Handicap : 90 millions pour enrayer les départs en Belgique

"Encore trop de départs, pour certains "forcés", vers la Belgique. Pour enrayer l'hémorragie, le PLFSS 2020 prévoit une enveloppe de 90 millions d'euros sur 3 ans afin de développer des solutions en France pour les adultes handicapés.
Plus de 550 adultes handicapés s'exilent en Belgique chaque année faute de solutions en France tandis que 350 places sont créées par an pour accueillir ces transfuges. Une situation souvent « subie » par les familles qui préféreraient, en toute logique, trouver une solution près de chez elles. Fin décembre 2018, ce sont près de 8 000 Français en situation de handicap (1 500 enfants et environ 6 500 adultes) qui sont accueillis dans des établissements wallons, originaires majoritairement des régions Ile-de-France, Hauts-de-France et Grand-Est."
Lire la suite sur handicap.fr


Revue de presse 21 septembre 2019


Depuis cinq ans, la pauvreté stagne à un niveau élevé

"La France compte cinq millions de pauvres si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian [1] et neuf millions si l’on utilise le seuil à 60 %, selon les données 2017 (dernière année disponible) de l’Insee. Dans le premier cas, le taux de pauvreté (la part de personnes pauvres dans la population) est de 8,0 % et dans le second de 14,1 %. Au cours des cinq dernières années (2012-2017), le nombre de pauvres s’est stabilisé à un niveau élevé.
Après avoir atteint un point bas en 2002-2004, la pauvreté a connu une décennie de hausse continue. La crise financière de 2008 a encore accentué les difficultés économiques des moins bien lotis. Entre 2002 et 2012, le nombre de pauvres, au seuil à 50 % comme à 60 %, a augmenté de plus d’un million de personnes, principalement sous l’effet du chômage. Le taux de pauvreté à 50 % s’est élevé de 6,7 % à 8,5 %, celui à 60 % de 13,1 % à 14,2 %."
Lire le dossier de l'observatoire des inégalités

Laisser le travail se faire

"Le travail est à nouveau « empêché » par les failles du management, explique la journaliste du « Monde » Anne Rodier. La Dares et le baromètre Malakoff Médéric Humanis sur la qualité de vie au travail constatent un recul de l’autonomie des salariés. 30 % d’entre eux estiment ne pas avoir le temps de bien faire leur travail"
"Aux urgences des hôpitaux, les conditions de travail donneraient envie à un mourant de rester chez lui : sous-effectifs soumis à un rythme infernal, manque de lits, des gants qui se déchirent quand l’infirmière s’en saisit, etc. A l’hôpital comme dans tous les secteurs professionnels tant du public que du privé, l’intensité du travail est très élevée. L’enquête que vient de publier le ministère du travail sur l’évolution de l’exposition des salariés aux risques professionnels, révèle que 32 % des salariés du privé sont « en tension ». Et « la pression ressentie par les salariés augmente », a précisé le médecin du travail Nicolas Sandret en présentant cet état des lieux à la direction générale du travail le 9 septembre.
Mais contrairement aux urgentistes, « les salariés se plaignent moins de manquer de moyens matériels pour faire correctement leur travail que de la perte d’autonomie dans l’organisation de leur travail », indique la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares). Un recul confirmé par le baromètre Malakoff Médéric Humanis sur la santé et la qualité de vie au travail publié mercredi 18 septembre. Seul 25 % des salariés y déclarent avoir la possibilité de prendre des décisions. Une déficience qui devrait alerter les DRH."
Car la dégradation du pouvoir d’agir des travailleurs sur les situations et sur eux-mêmes crée « des déséquilibres dommageables à la qualité du travail comme à la santé des travailleurs », explique Philippe Zawieja, chercheur en santé au travail à l’université de Sherbrooke (Canada) et co-auteur du Dictionnaire des risques psychosociaux (Seuil, 2014). La situation critique dans les hôpitaux aujourd’hui, comme à France Télécom hier, nous en rappellent cruellement les enjeux.
Le changement de la nature du travail
Après des années de critiques sur les dégâts des « normes », le travail est donc à nouveau « empêché » par les failles du management, qui a pourtant su améliorer l’ambiance entre salariés. Le nombre de comportements hostiles a été significativement réduit. Ils n’affectent plus que 15 % des salariés, contre 22 % en 2010, note la Dares. Le Baromètre Malakoff Médéric confirme que les entreprises s’occupent de plus en plus du bien-être de leurs salariés. Mais l’accélération du rythme de travail augmente la pénibilité. Les transformations numériques sont passées par là."
Lire la chronique d'Anne Rodier

PMA pour toutes : les « réserves » de l’Académie de médecine sur « une rupture anthropologique majeure »

"A quelques jours de l’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi de bioéthique – dont l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes est la mesure la plus symbolique – un avis de l’Académie nationale de médecine (ANM) apporte du grain à moudre aux opposants.
Dans cet avis officiel, rendu samedi 21 septembre, la société savante estime que « la conception délibérée d’un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure » et n’est « pas sans risques » pour son « développement psychologique » et son « épanouissement »."
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 14 septembre 2019


Le gouvernement annonce une hausse des moyens pour loger les sans-abri en 2020

"Selon les chiffres du gouvernement, le plan "Logement d'abord" a permis à 70 000 personnes sans domicile de trouver un logement durable l'an dernier.
"Le gouvernement augmentera de 45 millions d'euros, l'an prochain, le budget consacré à un programme d'aide au logement durable des sans-abri, a annoncé, vendredi 13 septembre, le ministère du Logement dans un communiqué. Lancé l'an dernier, ce programme ne concerne pas l'hébergement d'urgence, mais a permis à 70 000 personnes de trouver un logement en 2018. "Le plan 'Logement d'abord' entre aujourd'hui dans une nouvelle phase marquée par un soutien financier accru", écrit le ministère.
[...]Dans le cadre du budget, l'Etat va, par rapport à cette année, y consacrer 45 millions d'euros de plus. Ce sont d'abord les moyens liés au financement des pensions de famille et de l'intermédiation locative qui sont relevés. Le gouvernement compte aussi doubler, à 8 millions d'euros, le budget d'un plan de lutte contre les bidonvilles.
Séparément, les bailleurs HLM vont consacrer 15 millions d'euros supplémentaires à un fonds destiné au logement d'urgence, ce qui porte à 60 millions au total la hausse des moyens consacrés au "Logement d'abord" l'an prochain. Par ailleurs, le gouvernement compte faciliter le recensement des personnes sans-abri, "en s'appuyant sur les initiatives locales", alors qu'associations et élus regrettent le manque de statistiques officielles. Les dernières de l'Insee remontent à 2012.
Lire l'article de Francetvinfo.fr

Grève aux urgences : neuf chiffres pour comprendre une crise sociale sans précédent

"Plus de 250 services d'urgences sont toujours en grève, malgré les annonces du gouvernement.
Le traitement de la ministre de la Santé n'a pas suffi pour faire tomber la fièvre sociale. Deux-cent cinquante services des urgences étaient en grève le 9 septembre 2019, jour de l'annonce du plan pour la "refondation des services d'urgences" d'Agnès Buzyn. Dès le lendemain, le collectif Inter Urgences a décidé de maintenir la grève et a appelé l'ensemble des personnels hospitaliers à se mobiliser à l'instar des médecins urgentistes qui ont rejoint le mouvement jeudi 12".
L'article présente neuf chiffres pour comprendre une crise qui se durcit. A retenir parmi ces chiffres : "Le nombre annuel de passages progresse chaque année de 3,5% en moyenne. Au total, les structures publiques et privées ont accueilli 21 millions de patients en 2016, contre 10,1 millions en 1996", et "100 000 lits supprimés en vingt ans".
Lire l'article de Francetvinfo.fr

Premiers secours : voici les gestes qui peuvent sauver des vies

"Selon la Croix-Rouge, 10 000 vies supplémentaires pourraient être sauvées chaque année en France si 20 % de Français en plus étaient formés aux gestes de premier secours."


Un an après le lancement du plan pauvreté, les associations s’impatientent

"Le collectif Alerte demande au gouvernement une revalorisation des prestations sociales.
[...]« Nous partageons les principes de la “stratégie pauvreté”, affirme Véronique Fayet, présidente du Secours catholique, l’une des 37 associations du collectif Alerte. Mais les plus pauvres ne peuvent attendre 2023 qu’elle produise ses effets. Il faut absolument une revalorisation des prestations. Le revenu de solidarité active (RSA) ne représente plus que 40 % d’un smic, contre 60 % à sa création ; les aides personnalisées au logement (APL) ont baissé ; les allocations familiales et les retraites augmentent moins vite que l’inflation… » « Notre philosophie n’est, en effet, pas de tout centrer autour de la revalorisation des prestations, répond Christelle Dubos. Nous insistons sur la reprise d’activité, avec beaucoup plus d’accompagnement, et la création d’un service public de l’insertion. »
Mesures consensuelles
Le plan pauvreté envisage surtout la création d’un revenu universel d’activité (RUA), fusionnant plusieurs aides en une seule pour simplifier les démarches : « Nous avançons précautionneusement car personne ne doit être perdant », assure Mme Dubos. Annoncé pour 2020, il ne sera pas effectif avant, au mieux, 2023. Les associations ne cachent pas leur inquiétude car elles souhaitent que le RUA s’étende à de nouveaux bénéficiaires, notamment les jeunes, tandis que le gouvernement raisonne, lui, à enveloppe budgétaire constante, ce qui implique des perdants."
Lire l'article du monde


Revue de presse 7 septembre 2019


Présentation du rapport Bourguignon sur les jeunes majeurs sortant de l'ASE

Titre du rapport : « La République doit être une chance pour tous : pour un accompagnement sur-mesure de chaque jeune majeur sortant de l’aide sociale à l’enfance vers l’autonomie réelle »
Le site Infomie.net présente le rapport complet, ainsi qu'un résumé présenté à partir du sommaire. Un chapitre porte spécifiquement sur la situation des mineurs non accompagnés (MNA).
Au coeur de ce rapport, ce constat : "En dépit de quelques avancées, la loi de 2016 n’est pas parvenue à garantir l’accompagnement renforcé des jeunes les plus vulnérables".
Des propositions autour de trois idées forces :
"Les propositions de la mission s’articulent autour des trois idées force qui ont constitué le fil directeur des débats et des échanges menés :
  1. La nécessité d’une collégialité et d’un décloisonnement des pratiques à travers l’échange d’informations des acteurs : ce changement culturel est incarné par la création de la Commission locale d’accès à l’autonomie et de Pré-orientation (CLAAP), adossée à un outil de détermination de l’autonomie ;
  2. La création d’un socle minimal de droits à travers le nouveau contrat d’accès à l’autonomie et la mobilisation d’outils complémentaires comme le tiers référent. Cette logique de socle minimal aurait un aboutissement logique à travers l’expérimentation d’un revenu minimal d’activité à destination des jeunes issus de l’ASE ;
  3. La volonté enfin d’adosser les recommandations à des dispositifs existants pour créer un ensemble de droits renforcés : Garantie jeunes, rendez-vous des droits, majoration de bourses universitaires, conventions renforcées avec Action logement, etc".

Concernant les MNA le rapport pointe "plusieurs incohérences dans le traitement des mineurs non accompagnés, notamment concernant l’articulation des trois piliers d’intégration et d’insertion que constituent la délivrance de titre de séjour, l’engagement du jeune majeur dans un cursus professionnalisant et l’obtention d’un contrat jeune majeur : les trois dispositifs ne s’articulent pas toujours de manière satisfaisante mettant parfois en péril, en raison d’incohérences de traitement, de longues années d’investissement social et scolaire de la part des acteurs de la protection de l’enfance, de l’enseignement et du tiers secteur associatif."
A noter : le rapport reprend le positionnement des associations (dont la plupart sont regroupées dans le collectif "Cause majeur") hostiles à la conditions de dix-huit mois d'accueil pour pouvoir profiter des aides prévues pour les jeunes majeurs : "Conformément aux vœux formulés par l’ensemble des acteurs associatifs et le collectif Jeunes Majeurs sur le sujet, la mission préconise de retirer la conditionnalité – introduite dans la proposition de loi à l’article 1er lors des débats des 6 et 7 mai dernier – des dix-huit mois pour ne pas exclure des jeunes de 16 à 17 ans entrant tardivement dans le dispositif de protection de l’enfance afin de leur garantir une égalité de traitement".
Cependant une condition est maintenue, qui probablement alertera les associations : "Partageant la volonté du Gouvernement, et afin de conserver l’esprit de cette conditionnalité, la mission suggère de lui préférer une condition tenant à la possession d’un titre de séjour valide à la majorité du jeune".
Lire le rapport sur le site d'infomie.net

Violences conjugales : les associations haussent le ton

"Alors que s’ouvre le Grenelle des violences conjugales, associations féministes et d’aide aux victimes dénoncent le manque de moyens criant dans la lutte contre les violences faites aux femmes.
Difficile, sous l’emprise d’un conjoint violent, de mettre des mots sur ce que l’on subit, et encore plus de pousser la porte d’une institution pour demander de l’aide. Partant de ces constats, l’association Droits d’urgence mettra en ligne, en octobre, une plate-forme baptisée DroitDirect.fr, en vue de mieux orienter les femmes victimes de violences conjugales.
« Que ce soit en matière de logement, d’emploi ou de droits sociaux, les démarches à mener lorsqu’elles veulent s’autonomiser du foyer conjugal sont nombreuses, note Estelle Mariette, chargée de projets à Droits d’urgence. En raison de leur fragilité psychologique, certaines victimes hésitent parfois à engager ces actions. Et lorsqu’elles le font, si cela s’avère trop complexe ou si elles ne font pas face au bon interlocuteur, elles retournent souvent vivre avec le conjoint violent, alors même qu’elles sont en danger. »
DroitDirect.fr vise donc à sécuriser le parcours de ces femmes, en s’appuyant sur diverses fonctionnalités : fiches d’informations pratiques, cartographie des acteurs locaux de prise en charge... Et surtout un chatbot, autrement dit un agent conversationnel virtuel, qui propose un questionnaire d’orientation et de mise en relation avec le professionnel ad hoc, en fonction de la situation et de son degré d’urgence. Le dispositif est pour l’heure lancé à titre expérimental dans les Hauts-de-France. Mais l’association ambitionne à terme de l’étendre au territoire national.
Lire l'article d'Alternatives-economiques.fr

Scolariser son enfant handicapé, « une bataille permanente »

"Des parents d’élèves racontent les « années de galère » traversées pour permettre à leur enfant atteint de handicap d’aller à l’école. Un droit pourtant inscrit dans la loi depuis 2005. [...]Pour Serge Ebersold, l’école délègue aux parents « la responsabilité de la scolarisation de leur enfant » en les laissant aussi assumer le rôle de coordinateur des multiples intervenants aux cultures et aux temporalités spécifiques (enseignants, accompagnants, MDPH, etc.). Les enseignants référents présents dans les établissements ont souvent bien trop de dossiers à suivre.
Ces différentes charges obligent les parents à jongler dans leur emploi du temps pour assister aux réunions, récupérer l’enfant, monter des dossiers… Selon une étude du service statistique du ministère de l’éducation nationale de 2015, 40 % des mères et 6 % des pères ont réduit leur activité ou cessé de travailler pour accompagner leur enfant handicapé."
[...]Si pour les parents, la difficulté tient surtout au fait de devoir, à échéance régulière montrer que leur enfant « mérite » cette scolarisation et les aménagements qui vont avec, elle ne fait qu’augmenter avec le niveau scolaire. « En France l’école est conçue avant tout comme un lieu d’instruction plutôt que comme un lieu de socialisation éducative », commente la chercheuse. Les familles en témoignent souvent : la « différence » est acceptée plus facilement à l’école primaire « à laquelle on donne un rôle socialisateur », qu’au collège et au lycée où les questions de diplôme et d’orientation deviennent prégnantes.
C’est à partir du collège que « les interlocuteurs [enseignants entre autres] se multiplient et sont dans un turnover permanent », ajoute Nicolas Eglin, lui aussi parent d’une jeune fille handicapée et président de la Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (Fnaseph)."
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 25 août 2019


Pôle emploi, main dans la main avec Deliveroo et Uber Eats

"Aux yeux de Pôle emploi, Uber Eats et consorts sont des employeurs comme les autres. Au début de l’été, des annonces pour recruter des « coursiers partenaires indépendants » pour Uber Eats ont été publiées sur les pages Facebook de plusieurs agences régionales de l’opérateur public. Des offres d’emploi qui n’ont pas manqué de susciter quelques remous sur les réseaux sociaux.
« Vous recherchez un complément de revenus ou une activité à temps plein, avec la liberté d’exercer quand et où vous le voulez ? Participez à la prochaine réunion d’information collective le 24 juin à 14 heures dans les locaux du Pôle emploi de Vierzon », affiche ainsi la page Facebook de l’agence en question. De même, il est possible de trouver en quelques clics des offres directement sur le site de Pôle emploi pour devenir coursier chez Uber Eats.
En plein conflit Deliveroo, alors que les coursiers du service de livraison de repas manifestaient contre leurs conditions de travail, ces annonces ne sont pas passées inaperçues. Sur Facebook et Twitter, des commentateurs se sont émus de voir Pôle emploi relayer des annonces d’une plate-forme connue pour recruter sous le régime d’autoentrepreneur. Une forme d’emploi qui ne garantit aux coursiers ni rémunération minimale mensuelle, ni complémentaire santé, ni allocation chômage."
Lire l'article du Monde

Pas-de-Calais : des locataires relogés à cause de la délinquance du quartier



Les dividendes versés dans le monde atteignent un montant record

"Le montant est historique. Les 1 200 plus grandes entreprises cotées mondiales ont versé, pour la période avril-juin, quelque 513,8 milliards de dollars (463 milliards d’euros) de dividendes à leurs actionnaires, soit une progression de 1,1 %, selon l’étude publiée, lundi 19 août, par l’observatoire de la société de gestion Janus Henderson.
[...]La France a connu une croissance de 3,1 %. « De loin, le plus grand payeur de dividendes en Europe, elle a vu leurs montants atteindre 51 milliards de dollars au cours du deuxième trimestre, un nouveau niveau historique », assure l’étude. Les trois quarts des sociétés françaises prises en compte par l’étude ont augmenté leurs versements par rapport à l’an dernier. Seul EDF les a baissés.
[...]Ces données font grincer les organisations altermondialistes qui participent, cette semaine, au « contre-sommet » du G7. Elles illustrent « les politiques qu’il faut transformer aujourd’hui pour financer l’intérêt général plutôt que rémunérer les actionnaires », a confié à l’AFP Maxime Combes, membre d’Attac. « Les pays du G7 mettent en place des politiques qui favorisent le versement de dividendes, notamment au détriment des salaires », déplore, pour sa part, Quentin Parrinello, de l’association Oxfam France."
Lire l'article du Monde

Le diagnostic de l’autisme dérive, selon une étude

"Le diagnostic d’autisme a tellement dérivé depuis 50 ans qu’il se fait maintenant sur la base de signes de moins en moins marqués, prévient mercredi un chercheur montréalais dans les pages du prestigieux JAMA Psychiatry.
En d’autres mots, précise la méta-analyse du docteur Laurent Mottron, les autistes qui sont étudiés sont de moins en moins différents de la population générale des non-autistes.
« Les autistes qu’on teste maintenant sont de moins en moins différents des personnes typiques, a expliqué à La Presse canadienne le psychiatre de l’Hôpital en santé mentale Rivière-des-Prairies. Mais vraiment de moins en moins, au point que, si la tendance se maintenait, on ne serait plus capables de trouver la moindre différence d’ici cinq à dix ans. On pense que c’est parce que les critères se sont ouverts au-delà du bon sens, au point que ce qu’on appelle autisme aujourd’hui, la différence avec des personnes typiques est impalpable. »
Il précise que sa méta-analyse reprend les résultats de pratiquement tous les autistes qui ont été testés dans le monde depuis 50 ans dans le domaine des neurosciences cognitives et recouvre à peu près l’ensemble de ce qu’un humain peut faire quand il traite de l’information."
Lire l'article de la revue québécoise Le devoir


Revue de presse 18 août 2019


Imbroglio européen autour du sort des 107 migrants à bord de l’« Open Arms »

"L’Open Arms est bloqué depuis dix-sept jours devant l’île italienne de Lampedusa, entre la côte tunisienne et la Sicile, et son errance ne semble pas prête de s’arrêter. Alors que l’Italie refuse de laisser accoster le navire, le gouvernement espagnol a proposé, dimanche 18 août, d’accueillir les 107 personnes restant à son bord dans le port d’Algesiras, à l’extrême sud du pays, face à « l’inconcevable décision des autorités italiennes de fermer tous ses ports ».
Lire l'article du Monde.fr

Mais cette offre a rapidement été jugée « absolument irréalisable » par Laura Lanuza, porte-parole de l’ONG espagnole Proactiva qui opère le bateau humanitaire : « Comment voulez-vous que nous fassions 950 milles, soit environ cinq jours de plus, pour se rendre à Algésiras, le port le plus éloigné de la Méditerranée, avec une situation insoutenable à bord ? » a tweeté dimanche le fondateur de l’ONG, Oscar Camps."

Le juge et l'enfant (dans les coulisses d'un tribunal des mineurs)

"La garde des Sceaux a lancé en février une concertation sur la réforme de la justice des mineurs. Il s'agit de réformer l'ordonnance fondatrice de février 1945. Nicole Belloubet souhaite que cette réforme se fasse par ordonnance, c'est à dire sans débat parlementaire. Rediffusion d'un reportage du 31 mars 2019."


Éradiquer la grande pauvreté d’ici 2030 : les pistes du Cese

"Dans le rapport Éradiquer la grande pauvreté d’ici 2030, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) formule vingt-cinq préconisations visant à lutter contre la grande pauvreté, qui touche au moins 5 millions de personnes en France, en situation de grande pauvreté avec moins de 855 euros par mois. Un constat alarmant : celui que la lutte contre la grande pauvreté patine en France, et doit être relancée au plus vite pour éradiquer ce fléau social."
Accedez au site de l'Observatoire National de la Pauvreté et de l'Exclusison Sociale (ONPES)
Lire le rapport du CESE


Revue de presse 9 août 2019


Après la mission sur les enfants placés, Perrine Goulet, députée de la Nièvre, veut un projet de loi pour "repenser le système"

« La Députée LREM de la Nièvre, Perrine Goulet a rendu en juillet les propositions de la mission dont elle était rapporteure sur l’accueil et l’accompagnement des enfants placés. Elle prévoit de déposer un projet de loi pour « repenser ce système » jugé inégal et souvent inefficace.
(...)Le constat, c’est qu’« il y a autant de politiques de l’enfance que de départements. Certains ne respectent pas la loi, les informations préoccupantes n’ont pas la même valeur partout, le budget dédié va de 5 % à 18 % selon la fibre des élus… J’ai vu aussi de belles choses dans des territoires, qui mériteraient d’être étendues. »
La mission demande donc que l’État remette de l’ordre dans cette compétence des départements, en nommant auprès de chaque préfet un référent protection de l’enfance, « comme pour d’autres politiques ».
Taux d’encadrement et formation accrue Sur l’accompagnement, Perrine Goulet veut faire rentrer les professeurs des écoles dans les foyers, où les enfants sont parfois déscolarisés un temps. « Deux tiers des enfants placés ont déjà un an de retard en sixième. »
Elle souhaite également que l’État légifère sur le taux d’encadrement. « Un éducateur pour six enfants, avec des difficultés psychologiques, ce serait bien. Aujourd’hui, ça peut être un pour douze. »
La formation initiale des assistants familiaux (60 h) est aussi jugée insuffisante, avec « un manque de pratique sur la connaissance de l’enfant ». Même souci pour les éducateurs, métier « à revaloriser ».
Un statut de « parent incapable »
Enfin, Perrine Goulet plaide pour un statut de « parent incapable » (problèmes mentaux, emprisonnement…) qui permettrait aux enfants de prétendre à l’adoption, « plutôt que vivre en foyer jusqu’à 18 ans ». « Quand on sait que le ou les parents ne pourront pas reprendre l’enfant, il faut trouver autre chose, dans l’intérêt supérieur de l’enfant » insiste-t-elle.
La mission n’étant pas une commande du gouvernement, ses membres vont maintenant faire le tour des ministères concernés pour faire entendre ces propositions. « On va déposer un projet de loi », annonce Perrine Goulet pour la suite."
NB : Ce rapport contient en introduction une analyse très discutable: page 17, "qui sont les enfants de l'Ase? Expression régulièrement employée dans la littérature consacrée à ce sujet, « les enfants de l’ASE » désignent non seulement les enfants accueillis enfoyer ou en famille mais également ceux faisant l’objet de mesures de suivi à domicile".
Que l'on désigne comme "enfants de l'ASE" des jeunes placés et sans aucun soutien parental peut s'entendre. Mais l'extension à l'ensemble des mesures traduit une profonde méconnaissance du sens des mesures de protection. Leur but est exactement l'inverse : soutenir les parents pour éviter des mesures de placement, et, quand il y a placement, soutenir le rôle des parents pour permettre un retour en famille.
Lire la brève d'InfoMIE
Lire le rapport


Revue de presse 30 juillet 2019


Dossier spécial : les études de la drees

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES)publie régulièrement de petits dossiers (4 à 8 pages) "études et résultats" qui sont des mines d'informations sur les sujets abordés.
Dans ce dossier spécial nous en présentons quelques exemples.
Nous présentons également une exemple des dossiers de la drees, contenant des études approfondies "réalisées par la Drees à partir de ses enquêtes ou de ses modèles de simulation, des études qualitatives et des actes de colloques".

En 2016, les départements ont attribué 4,2 millions de prestations d’aide sociale

"Fin 2016, 4,2 millions de prestations d’aide sociale aux personnes âgées, aux personnes handicapées, à l’enfance ou au titre de l’insertion ont été attribuées par les départements. Celles-ci ont baissé de 1,3 % en un an, en raison de la diminution du nombre d’aides à l’insertion (-4,3 %), parmi lesquelles, en premier lieu, le revenu de solidarité active (RSA). Le nombre d’aides aux personnes handicapées continue en revanche de progresser (+3,1 % entre 2015 et 2016), tout comme les mesures d’aide sociale à l’enfance (+2,1 % en un an). Les aides consacrées aux personnes âgées progressent faiblement en 2016 (+0,6 %).
Au total, près de 2 millions de prestations d’aide sociale sont attribuées au titre de l’insertion. Elles couvrent essentiellement le revenu de solidarité active (RSA). Les personnes âgées perçoivent 1,4 million de prestations, dont 1,3 million d’allocations personnalisées d’autonomie (APA). Les personnes handicapées reçoivent, elles, 519 000 prestations, dont plus de la moitié correspondent à la prestation de compensation du handicap (PCH).
Enfin, les 332 000 mesures d’aide sociale à l’enfance (ASE) concernent, dans une proportion quasi semblable, les enfants accueillis au titre de l’ASE et ceux suivis dans le cadre d’actions éducatives à domicile ou en milieu ouvert"
Acceder au dossier

Parcours et profils des bénéficiaires de la prestaton de compensation du handicap en 2016

"La prestation de compensation du handicap (PCH), créée le 1er janvier 2006, entend se substituer progressivement à l’allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP). Son objectif est de répondre aux besoins de compensation des personnes en situation de handicap.
Les remontées individuelles de la prestation de compensation du handicap (RI-PCH), réalisées par la DREES en 2017-2018, permettent, pour la première fois, de décrire finement les bénéficiaires et leur parcours (entrée,sortie, ancienneté, etc.) dans cette prestation."
Acceder au dossier

1,2 million de travailleurs sociaux en 2011

"La France métropolitaine compte 1,2 million de travailleurs sociaux, au 31 décembre 2011. 40 % d’entre eux travaillent auprès de particuliers employeurs, comme assistantes maternelles, gardes d’enfants à domicile ou aides à domicile. Les 727 000 travailleurs sociaux restants représentent 531 000 emplois « équivalents temps plein » (ETP).
Avec 383 000 salariés, correspondant à 240 000 ETP, le secteur de la prise en charge des personnes âgées dépendantes constitue le principal domaine d’emploi des travailleurs sociaux hors particuliers employeurs. Viennent ensuite le secteur du handicap avec 123 000 salariés pour 109 000 ETP, l’accueil des jeunes enfants (55 000 salariés pour 37 000 ETP) et la prise en charge des personnes en difficulté sociale (51 000 personnes pour 48 000 ETP).
Les travailleurs sociaux sont inégalement répartis sur le territoire, en particulier les assistants de service social, les conseillers en économie sociale familiale et les salariés relevant de l’éducation spécialisée. Les aides à domicile et les aides médicopsychologiques, travaillant le plus souvent auprès de personnes âgées dépendantes ou en situation de handicap, sont les mieux réparties entre les régions."
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Dossier :Dispositifs et modalités d’accompagnement des personnes handicapées dans les établissements et services médico-sociaux

Ce dossier publie les Actes du séminaire de recherche organisé par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) et l’Institut de recherche en santé publique (IReSP).
Extrait de l'introduction : "À l’origine du séminaire et de l’appel à recherche sur cette thématique, il y avait une question très précise qui était celle de la migration vers la Belgique de personnes handicapées, pour un accueil en établissement, migration perçue et dénoncée comme le signe d’une carence tant qualitative que quantitative des dispositifs d’accompagnement en France.
Cette question opérationnelle, qui interrogeait la possibilité de comparer le fonctionnement des établissements et services en France et en Belgique mais aussi les mobilités résidentielles des personnes handicapées et de leur famille, a ensuite été étendue plus largement aux réponses apportées par les dispositifs d’accompagnement,traditionnels ou innovants, aux besoins des personnes handicapées. La comparaison de la situation française à la situation belge ou à celle d’autres pays reste pertinente."
Acceder au dossier


Revue de presse 19 juillet 2019


Aide sociale à l'enfance : faut-il tout revoir ?

"En France, 340 000 enfants bénéficient d'une mesure de protection et font l’objet d’un suivi socio-judiciaire. Devant le manque de moyens et de personnels, des voix s'élèvent pour dénoncer les dysfonctionnements d’un système à bout de souffle. Comment faut-il repenser l’aide sociale à l’enfance ?"


L’accueil en crèche pour réduire les inégalités sociales ? Il reste encore beaucoup à faire

"Le gouvernement entend promouvoir la mixité sociale en crèche, comme un facteur de réduction des inégalités sociales dès le plus jeune âge. Un colloque organisé le 5 juillet 2019 au Sénat montre qu’il reste encore beaucoup à faire pour que cet accueil soit effectif, et porte réellement ses fruits."
Lire le dossier de la Gazette santé-sociale


Revue de presse 6 juillet 2019


Les travailleurs sociaux de la protection de l’enfance dénoncent leurs conditions de travail

"Educateurs spécialisés, assistants de travail social… ils sont nombreux à regrette le manque de moyens. Une réforme du secteur est attendue à la rentrée."
Avant, chaque semaine, Yves (le prénom de tous les travailleurs sociaux qui ont témoigné a été modifié, à leur demande) partageait avec ses collègues ses inquiétudes autour de son travail, ses difficultés, ses joies aussi. « On avait régulièrement des moments d’échanges qui permettaient d’évoquer en équipe le cas d’une famille, d’un enfant », se souvient cet éducateur spécialisé, qui travaille depuis trente ans dans la protection de l’enfance. Mais en quelques années, ces réunions se sont faites de plus en plus rares, et puis elles ont quasiment disparu. Pas assez « rentables ».
« On passe un temps fou à remplir des tas de documents, ce qui évite de penser les situations, les relations », se désole Yves, faisant écho à nombre de témoignages que Le Monde a recueillis à l’occasion de la tenue des 12e Assises nationales de la protection de l’enfance, jeudi 4 et vendredi 5 juillet, à Marseille.
Une petite centaine de travailleurs sociaux (éducateurs spécialisés, assistants de travail social, animateurs socioculturels…) s’étaient donné rendez-vous jeudi, à l’ouverture, pour alerter sur leurs difficultés, à l’appel de plusieurs syndicats et collectifs. Camille, qui travaille dans un centre maternel où elle accompagne des mères seules en difficulté, était présente : « Dans ma structure, nous sommes une grosse équipe, ce qui permet d’avoir un maillage éducatif autour des familles et de faire un travail de qualité, en amont, pour éviter la dégradation des situations. Mais ça tend à disparaître. Les collègues qui partent à la retraite ne sont pas remplacés, et on est dans une logique où on privilégie l’urgence dans le cas des enfants maltraités, plus la prévention », dénonce-t-elle."
Lire la suite sur lemonde.fr

Les pratiques d’attribution des MDPH en matière de scolarisation

"Depuis la loi de 2005, chaque enfant ou adolescent présentant un handicap doit être inscrit dans l’école ou l’établissement médico-social le plus proche de son domicile. La scolarisation des élèves en situation de handicap dans les établissements scolaires a connu une forte augmentation depuis 2006, passant de 100 000 élèves accueillis à plus de 320 000 en 2017 (Source : Direction de l'évaluation, la prospective, et de la performance DEPP).
L’équipe pluridisciplinaire de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) élabore un projet personnalisé de scolarisation (PPS) pour chaque enfant en situation de handicap en fonction des retentissements liés à son handicap et de ses besoins de compensation. Ce PPS déterminera un parcours dans un établissement scolaire ordinaire éventuellement accompagné de l’appui d’un service médico-social, dans un établissement médico-social ou encore une scolarité partagée entre l’établissement scolaire ordinaire et l’établissement médico-social. Le PPS peut également inclure d’autres formes de compensation comme l’attribution d’un matériel pédagogique adapté, des aménagements de transports, l’attribution d’une aide humaine pour la scolarisation (AHS).
En 2017, 10 % des demandes déposées par les familles auprès des MDPH concernent des demandes d’orientation scolaire et 16 % des demandes d’AHS. En prenant en compte les autres demandes liées à la scolarisation (aménagements pédagogiques ou aménagements de transports), 39 % des demandes « Enfants » concernent la scolarisation."
Lire la suite sur handicpinfos.com

Prison : Privation de libertés, privation de dignité ?

"Au lendemain de la remise du rapport « La nuit dans les lieux de privation de liberté », Olivia Gesbert reçoit Adeline Hazan, contrôleure générale des lieux de privation de liberté qui a remis le rapport et Delphine Boesel, avocate au barreau de Paris, présidente de l'OIP.



Les mineurs étrangers, premières victimes de la loi asile et immigration

"Tribune. Depuis l’adoption de la loi asile et immigration du 10 septembre 2018, les mesures de répression se sont renforcées pour tenter d’éloigner toujours plus les personnes étrangères de notre pays. Parmi les dispositions les plus choquantes : le doublement de la durée maximale de rétention, passant de 45 à 90 jours. Aucun gouvernement français n’avait jusque-là proposé une telle durée de privation de liberté pour décourager les demandeurs d’asiles.
Plus grave encore, cette politique répressive continue de s’appliquer aux mineurs. En 2018, 208 enfants étrangers ont été enfermés dans des centres de rétention administrative en France métropolitaine. En zone d’attente en 2018, uniquement pour l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, 513 mineurs ont été enfermés, dont 134 mineurs isolés.
La situation est si alarmante, que le 25 avril dernier, l’Unicef et 17 organisations lançaient un appel pour dénoncer les conséquences dramatiques de l’enfermement sur les mineurs. En effet, dans les centres de rétention et dans les zones d’attente, ces enfants par essence vulnérables sont délibérément privés de leurs droits et exposés à des formes de violence qui les marquent durablement. Enfermer ces enfants, même sur une courte durée, c’est les exposer à de graves traumatismes physiques et psychologiques."
Lire la tribune sur Libération.fr


Revue de presse 30 juin 2019


« Ma hantise, c’est l’erreur qui mène à la détention arbitraire » : les procureurs, chefs d’orchestre d’une justice en temps réel

"« Le Monde » consacre une enquête en deux volets aux coulisses du système judiciaire. Aujourd’hui, le service du traitement en temps réel, la permanence téléphonique qui permet aux parquets de prendre au plus vite des décisions cruciales en matière de procédure."
Extrait : "La création du service de traitement en temps réel (TTR) remonte aux années 1990. Les plus grandes juridictions entendaient ainsi faire face au volume des affaires à traiter. Depuis, il s’est généralisé à tous les parquets.
Cette permanence téléphonique leur permet de diriger les enquêtes judiciaires confiées aux services de police et de gendarmerie. C’est un peu la gare de triage de la justice, l’endroit où se décide, sans la personne concernée ni son avocat, l’orientation procédurale de son dossier : classement sans suite, alternative aux poursuites, comparution immédiate, ouverture d’une instruction… En octobre 2018, l’Inspection générale de la justice écrivait, dans un rapport, que cet « outil de gestion des flux » était devenu « la principale voie d’entrée des affaires, des crimes aux infractions routières »."
Cet article permet de comprendre le développement des CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité) et son articulation avec les comparutions immédiates.
Lire l'article du Monde.fr

Internet. Son simulateur répertorie toutes les aides sociales

"La start-up quimpéroise Buenforta, dirigée par Johan Hallef, s’est donnée pour objectif de lutter contre la précarité en aidant les bénéficiaires d’aides sociales à mieux connaître leurs droits. Elle vient de lancer un tout nouveau simulateur global.
« Selon une étude que nous avons menée à partir des données de l’Odenore (Observatoire des non-recours aux droits et services), environ 40 % des Français ne bénéficient pas des aides sociales auxquelles ils ont droit », affirme Johan Hallef, dirigeant de la start-up quimpéroise Buenforta. Les facteurs sont nombreux : « La méconnaissance, la complexité de la procédure ou encore la stigmatisation ». Il met en exergue les phrases de certains hommes politiques pour expliquer cette stigmatisation, comme la fameuse diatribe « On met un pognon de dingue dans les minima sociaux » d’Emmanuel Macron, ou encore « La différence entre le travail et l’assistanat est aujourd’hui l’un des vrais cancers de la société » de Laurent Wauquiez.
Toutes les aides possibles
Aujourd’hui, il est possible d’effectuer des simulations de ses droits sur des sites comme celui de la Caf, par exemple, mais rien ne permet une approche globale de toutes les aides possibles parmi plus d’une dizaine d’administrations. Afin d’y remédier, le jeune homme a créé, avec son équipe, un simulateur d’aides sociales."
Lire l'article du Télégramme

La "société inclusive" prônée par l'Etat inquiète les asso

"Le gouvernement le répète à l'envi: il prône l'"inclusion" des personnes handicapées en milieu ordinaire. Mais ce "virage inclusif" inquiète de plus en plus les associations, qui craignent une transition "au rabais" ou au détriment des plus fragiles
Dénonçant une "inclusion au rabais" et une "politique du handicap trop souvent déconnectée des réalités", l'Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei), a récemment demandé au gouvernement un "plan d'actions" pour une "transition inclusive effectivement concertée et solidaire", afin de répondre à l'"angoisse croissante" des familles. "J'ai dit à Mme Cluzel que je ne voulais plus entendre parler de virage inclusif", explique à l'AFP Luc Gateau, son président. "Dans un virage, quand on appuie en même temps sur le frein et sur l'accélérateur, on sort de la route", raille-t-il. Avec la priorité donnée au "milieu ordinaire", de nombreuses familles craignent que leurs enfants, pour qui les instituts médico-éducatifs restent souvent la seule solution, n'y bénéficient plus d'une scolarisation adaptée. Et ce alors même que "les listes d'attente ne cessent d'augmenter" pour y décrocher une place, souligne M. Gateau.
Le risque, pointe l'Unapei, est qu'au final "ne restent plus dans les institutions que les personnes les plus lourdement handicapées".
Lire l'article sur informations.handicap.fr

Overdoses aux opiacés : 90 médecins tirent la sonnette d'alarme

"Les overdoses aux opiacés touchent principalement les personnes qui suivent un traitement contre la douleur. Des médecins signent une tribune pour demander une meilleure information sur l’accessibilité et l’utilisation d'un traitement antidote qui peut sauver des vies.
Efficaces mais potentiellement dangereux, voire mortels. Les antalgiques opiacés soulagent la douleur grâce à leur action sur le système nerveux central. Mais le revers de la médaille est lourd : ces produits ont un très fort potentiel addictif et leur consommation excessive expose à un risque d’overdose. Les opiacés comprennent les médicaments à base de morphine et de ses dérivés (hydrocodone, oxycodone, fentanyl), ainsi que les médicamnts dits opiacés faibles comme le tramadol, les extraits d'opium, la codéine.
"Urgent d’agir"
Aux Etats-Unis, les médicaments opiacés, prescrits massivement, ont déclenché une véritable hécatombe : avec 72.000 morts en 2017, les overdoses aux antidouleurs dérivés de l'opium tuent plus que les accidents de la route et les armes à feu réunis. Une situation qui est, heureusement, incomparable avec la nôtre. Mais "douze millions de Français utilisent des médicaments opiacés, sans être alertés sur leur potentiel addictif et sur les risques d'overdose."
Les hospitalisations pour ce motif ont doublé, les décès triplé", s’alarment 90 médecins dans une tribune publiée dans le JDD (article payant). Les signataires s’inquiètent que la France puisse "à son tour encourir le risque d'une crise sanitaire" et estiment qu’il "est urgent d'agir", alors que "la prise de conscience du corps médical comme des politiques a été tardive, laissant la situation dégénérer en crise majeure de santé publique."
Un constat important est que les personnes concernées par les overdoses ne sont les mêmes : "Il y a plusieurs centaines d’overdoses par an en France. La majorité d’entre elles, jusqu’à il y a deux ou trois ans, concernait les usagers d’héroïne. Désormais, elles touchent en plus grand nombre les patients qui utilisent des antalgiques opiacés."
La tribune alerte sur un " manque d'accès délirant à l'antidote", les décès sont "d'autant plus révoltants que pour sauver le vie des personnes qui font des overdoses il existe un antidote efficace, peu cher et sans effets secondaires : la naloxone."
Lire l'article sur France info.fr

Lucie Caubel a un truc à vous dire

Lucie Caubel alerte sur la santé mentale dans "J'ai un truc à te dire". Cette passionnée de RH a fait de l'insertion professionnelle des personnes handicapées son travail et de la sensibilisation aux maladies psychiques son combat. Voici son message...


Facebook fournira désormais à la justice française les adresses IP des auteurs de propos haineux sur interne

"Facebook a accepté de fournir à la justice française l'adresse IP des auteurs de propos haineux sur internet. Déclaration du secrétaire d'Etat au Numérique dans une interview accordée à Reuters, mardi 25 juin. Cédric O précise que c'est une décision spécifique à la France de la part du réseau social américain. "Ils nous ont annoncé que (...), eu égard aux discussions qu'ils ont eues avec nous, ils allaient transmettre les adresses IP pour les contenus de haine en ligne qui seraient demandées par la justice. Ce qui est une énorme nouvelle."
Lire l'article sur France info.fr


Revue de presse 23 juin 2019


Gilets jaunes : état de la recherche

"Ils étaient 280 000 le 17 novembre dernier. Sept mois plus tard, les "gilets jaunes" ne sont plus que 7 000. Comment ont évolué leurs revendications ? Quel regard portent-ils aujourd’hui sur la mobilisation ? Comment voient-ils la suite ?"


Parcoursup : point sur la phase d'admission

"La phase d'admission de la procédure Parcoursup a commencé le 15 mai 2019 à 19h. Elle concerne cette année 898 054 candidats, dont 639 905 sont des lycéens, 133 057 des étudiants en réorientation et 125 092 des candidats non scolarisés, pour la plupart en reprise d'études. Au total, ces candidats ont formulé 6.9 millions de vœux sur Parcoursup dans plus de 14 500 formations."
NB : L'envoi des propositions d’admission et les délais de réponse sont suspendus pendant les épreuves écrites du baccalauréat du 17 au 24 juin inclus.
Les candidats ont ensuite deux points détapes pour confirmer leur choix : du 25 au 27 juin, après les épreuves écrites du baccalauréat et du 6 juillet au 8 juillet, après les résultats du baccalauréat
Voir les informations sur le site de Parcoursup

Réforme de l'assurance chômage : quatre chômeurs témoignent

"Aline, Germain, Franck et Fabrice sont sans emploi. Ils racontent l'incidence de cette réforme sur leur vie."
Lire la suite sur Libération.fr


Parents aveugles : un documentaire pour lutter contre les préjugés



Revue de presse 17 juin 2019


Accueil des réfugiés et migrants : «Paris est une ville refuge»

"A quelques jours de la journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, la mairie de Paris organise avec plusieurs associations un forum autour de l’accueil des réfugiés et migrants, samedi sur le Champ de Mars. Dominique Versini, adjointe aux Solidarités et à la Lutte contre l’exclusion à Paris, en dit plus à Libération sur cet événement soutenu par le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies.
Extrait : "Le 20 juin s’ouvrira à Paris une «maison des réfugiés». De quoi s’agit-il ? C’est vraiment une première : l’OCDE a fait une étude et n’a pas trouvé d’initiatives similaires ailleurs. Cette maison des réfugiés, qui sera située dans un premier temps dans le XIVe avant de s’installer dans le XIXe, est l’aboutissement de tout le travail qu’on a mené avec les associations et la plateforme réfugiés.
Il nous est apparu nécessaire qu’il y ait un lieu d’information et d’orientation des personnes réfugiées, au sens large, c’est-à-dire aussi des demandeurs d’asile et des dublinés, dès le début de la procédure d’asile. L’Etat au contraire ne propose un accompagnement qu’une fois le statut obtenu.
Entre 2015 et 2018 à Paris, 8 500 personnes ont obtenu le statut de réfugié. Dans ce lieu, géré par Singa et Emmaus Solidarités, ils pourront participer à des ateliers culturels et à des cours de français, mais ce sera aussi le lieu des Parisiens, qui sont invités à venir aider et participer à l’accueil et l’insertion de ceux qui viennent chercher refuge à Paris. La maison des réfugiés sera ouverte sept jours sur sept".
Lire l'article de Libération

Michèle Peyron : "Pour sauver la PMI, agissons maintenant

"Le constat qui ressort à l’issue des six mois de travail de la mission est celui d’une crise majeure de la protection maternelle et infantile dans notre pays. Le rapport pointe tout d'abord l'extraordinaire disparité des moyens, allant de 1 à plus de 300 euros par habitant selon les départements.
Sont ensuite détaillés les facteurs à l'origine d ela crise actuelle :
  • la PMI a été négligée par l’Etat et par l’Assurance Maladie, qui ne l’ont pas investie d’objectifs explicites en termes de taux de couverture depuis la décentralisation ; il a manqué une vision stratégique commune entre les pouvoirs publics et une fonction d’animation et de régulation ;
  • l’Assurance Maladie ne finance la PMI que de manière marginale (35 M€) alors qu’il s’agit d’une politique sanitaire préventive avec un fort retour sur investissement en terme de gestion du risque ;
  • la PMI a longtemps été dépourvue d’une tête de réseau nationale pour se faire entendre, jusqu’à la constitution récente de la plate-forme « Assurer l’Avenir de la PMI » ;
  • le financement local de la PMI par les départements s’est fait au fil de l’eau, de manière inégale, et parfois insuffisante, la PMI étant, faute de financement fléché, en concurrence avec des dépenses obligatoires très dynamiques, notamment les allocations individuelles de solidarité ; la tendance qui se dégage – avec de fortes disparités locales – est celle d’une érosion des moyens de la PMI de l’ordre de -25 % en 10 ans ;
  • confrontée à un déficit croissant de médecins, la PMI a vu ses missions législatives non sanitaires s’accumuler, ce qui a conduit à réduire les moyens dévolus à la prévention alors même que les évolutions sociétales en cours auraient plutôt nécessité de les renforcer (demande accrue de soutien à la parentalité, augmentation de la pauvreté, augmentation des troubles du comportement, familles migrantes sans couverture sociale etc.).
Il en résulte un rétrécissement marqué de l’activité sanitaire de la PMI en direction des publics fragiles
Lire le rapport

Les enfants enfermés ou l’éducation sous contrainte

Une série de quatre émissions sur france culture porte sur les mineurs enfermés : "La Convention internationale des droits de l’enfant et l’ordonnance de 1945 prévoient le caractère exceptionnel de l’emprisonnement. Pourtant 3000 mineurs sont incarcérés chaque année en France dans les maisons d’arrêt, les établissements pénitentiaires pour mineur.es, et des centaines de mineurs étrangers sont privés de liberté en centre de rétention. De plus, la volonté du gouvernement de créer 20 nouveaux CEF, en plus des 51 déjà en activité, révèle la place croissante accordée à la contrainte dans la réponse à la délinquance des enfants et adolescents. Cette série documentaire questionne le paradoxe de l’éducation en milieu fermé, en donnant la priorité à la parole des enfants. "


Justice des mineurs : Nicole Belloubet dévoile les grandes lignes de son projet de réforme

"La ministre de la Justice a annoncé ce jeudi le contenu de son projet de réforme de la justice des mineurs. Elle introduit notamment le principe d'une irresponsabilité pénale avant 13 ans et celui d'une procédure en deux temps."
Lire l'article de Libération


Revue de presse 11 juin 2019


Inégalités • Rapport de classes

« La France est, après la Suisse, le pays d’Europe où les riches sont les plus riches ». Le rapport annuel de l’observatoire des inégalités, paru le 4 juin, appuie sur les différences de parcours selon sa classe d’origine. Si les inégalités « n’explosent pas » grâce à « un modèle social de qualité », les privilèges croissants des plus riches nourrissent le sentiment d’injustice des plus pauvres.
Cette « vague de mépris social », titre l’édito, a notamment alimenté la colère des « gilets jaunes ». « Pourquoi s’obstiner à ignorer que les tensions actuelles sont liées à la domination d’une partie de la société sur une autre ? », s’interroge Louis Maurin, directeur de l’observatoire.
Les 10% les plus riches reçoivent 23,8% de l’ensemble des revenus mais c’est en matière de patrimoine que l’écart se creuse encore plus. Le 1% le plus fortuné possède 17% de l’ensemble du patrimoine et les 10% les plus riches, presque la moitié. À l’autre bout de l’échelle, 5 millions de personnes vivent avec moins de 855 euros par mois.
Un positionnement de classe qui se répercute tout au long de la vie : « Dès les petites classes, l’origine sociale des enfants influence fortement leurs résultats scolaires », note le rapport. Et les enfants de cadres supérieurs sont 2,9 fois plus nombreux que ceux des ouvriers parmi les étudiants.
Dans l’emploi, ensuite, le taux de chômage des non-diplômés est 3,7 fois plus élevé que celui des titulaires d’un diplôme du supérieur. Plus de huit millions de personnes sont en situation de mal-emploi (chômage, CDD, intérim…) et cette précarité est en augmentation depuis 2014."
Lire la suite sur Lien social

Un jeune Français sur dix éprouve des difficultés à lire, selon une étude du ministère de l’éducation

"L’étude repose sur une évaluation en lecture donnée à 713 000 hommes et femmes âgés de 16 à 25 ans dans le cadre de la journée défense et citoyenneté en 2018.
L’étude, qui s’appuie sur des tests conduits auprès des 713 000 participants à la journée défense et citoyenneté (JDC) en 2018, est édifiante. Plus d’un jeune Français sur dix est « en difficulté de lecture » et un sur vingt en situation d’illettrisme, révèle jeudi 6 juin une étude du ministère de l’éducation.
Sur ces jeunes âgés de 16 à 25 ans, 11,5 % « sont en difficulté de lecture », indique une note de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), qui dépend du ministère de l’éducation. Parmi eux, la moitié (soit 5,2 % de l’ensemble) « peut être considérée en situation d’illettrisme », caractérisée notamment par « un déficit important de vocabulaire ». L’autre moitié (6,3 % de l’ensemble) est considérée comme ayant des capacités de lecture très faibles. Ceux-ci ont « un niveau lexical oral correct, mais ne parviennent pas à comprendre les textes écrits »."
Lire l'article du Monde


Revue de presse 4 juin 2019


Lancement des cités éducatives

JM Blanquer et J Denormandie, ministre de la Ville, ont lancé le 2 mai les "Cités éducatives". "L’ambition des Cités éducatives n’est pas d’être un dispositif de plus mais l’occasion de mieux coordonner et renforcer les dispositifs existants", annonce le ministère. Les Cités sont d'abord "une grande alliance des acteurs éducatifs travaillant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville : services de l’État, des collectivités, associations, habitants.
À travers les Cités éducatives, le Gouvernement veut ainsi fédérer tous les acteurs de l’éducation scolaire et périscolaire, dans les territoires qui en ont le plus besoin et où seront concentrés les moyens publics". Ainsi le ministère veut "promouvoir la continuité éducative", "conforter le rôle de l'école", "ouvrir le champ des possibles". Le programme s'inspire d'une politique menée à Grigny. Le budget alloué à l'opération reste modeste : 34 millions par an à partager entre 80 territoires.
Sur le plan éducation, chaque collège tête de réseau disposera de 30 000 euros et un principal sera affecté pour assurer la coordination des politiques. Alors qu'on attend une nouvelle carte de l'éducation prioritaire, le ministère semble redécouvrir les projets éducatifs territoriaux."
Lire l'article du café pédagogique

Ghettos de riches, ghettos de pauvres : les inégalités se creusent en Ile-de-France

Une étude publiée lundi 3 juin par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU), un organisme qui dépend de la région Ile-de-France, souligne combien les inégalités se sont creusées depuis une quinzaine d’années dans la région parisienne.. Ele s'appuie sur des statistiques sur les revenus, les logements, les types de ménages,etc.
"Inégalités entre individus, mais aussi entre départements, communes et quartiers : malgré tous les efforts, toutes les « politiques de la ville », la mixité sociale recule. Avec des « ghettos de riches » de plus en plus clos sur eux-mêmes, et des « ghettos de pauvres » qui s’enfoncent dans les difficultés. D’un côté, les beaux quartiers de l’Ouest parisien comme le 8e arrondissement, Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) ou Le Vésinet (Yvelines). De l’autre, les cités des Misérables.
L’Ile-de-France est de longue date « la région où les inégalités sont les plus marquées, du fait de la concentration de populations très aisées », rappelle l’étude. Depuis le début des années 2000, ce phénomène s’accentue."
Le dossier contient une carte rendant visible la polarisation de la richesse et de pauvreté. "Il reste certes d’importants « espaces mixtes », où se mélangent les différentes catégories sociales. Des communes comme Colombes, Asnières, Clamart dans les Hauts-de-Seine, Joinville-le-Pont dans le Val-de-Marne. Un tiers des ménages franciliens y vit. Mais la période 2001-2015 passée au crible montre surtout « une polarisation toujours plus marquée entre les secteurs aisés et les secteurs pauvres »"
Le prix de l'immobilier, "parfois stratosphériques", sert de ticket d'entrée à l'entre-soi des plus riches, mais produit aussi une gentrification de certaisn quartiers. L'étude observe qu'elle ne concerne pas tous les quartiers d'une ville. Ainsi par exemple à Montreuil les quartiers proche de la capitale s'embourgeoisent pendant que la situation de dégradent dans d'autres quartiers.
Acceder au dossier du Monde.fr


Revue de presse 27 mai 2019


Elections européennes 2019, résumé des résultats



À l'ère numérique, l'attention se perd

"Dans notre société hyperconnectée, marquée par l'infobésité, notre temps d’attention se réduit de plus en plus et la durée de vie des contenus que nous consommons aussi. Chercheurs, journalistes se penchent sur la question et proposent des solutions.



Territoire zéro chômeur de longue durée à Paris : changer les regards

Deux quartiers prioritaires du XIIIe arrondissement de Paris font partie des dix premiers territoires de l’expérimentation Territoire zéro chômeur de longue durée. Depuis sa création en avril 2017, XIII Avenir a permis la création de 53 emplois. Ce sont aujourd’hui 46 salariés en CDI qui participent aux activités variées de cette entreprise à but d’emploi : la création et l’animation de jardins partagés, la collecte et la redistribution d’invendus alimentaires au sein d’épiceries solidaires et centres d’hébergement, la fourniture de services de proximité aux habitants, mais aussi des services de conciergerie pour les entreprises du quartier, la création de mobilier urbain en bois de palettes ou encore la fabrication d’objets à partir de chutes de tissu.
« Le propre de Territoire zéro chômeur de longue durée, c’est d’investir dans des gisements d’activités utiles et non couverts sur le territoire. Les habitants sont acteurs du projet. Nous avons à cœur de mettre en avant cette créativité, ces talents qui résident dans ces quartiers et qu’on avait peut-être tendance à oublier », a souligné la directrice de XIII Avenir, Élisa Lewis. En présence de la maire de Paris, Anne Hidalgo, elle a ainsi pu présenter l’activité de conciergerie locale, dont bénéficient notamment les agents de la Ville de Paris. « Il s’agit de dynamiques de territoire vertueuses. Nous construisons des passerelles entre des mondes, les petits commerçants, les habitants, les travailleurs… »
Atteindre 200 emplois d’ici 3 ans
Les salariés de XIII Avenir « ont en moyenne 4 ans de non-activité professionnelle derrière eux », a précisé le président de l’association XIII Avenir, Olivier Febvre. « Ils sont aujourd’hui regardés différemment par les habitants du quartier, mais aussi par leurs enfants, par les partenaires de l’expérimentation… », a-t-il constaté. L’objectif est désormais « l’exhaustivité, c’est à dire quasiment 200 emplois d’ici trois ans ».
Lire l'article sur le site d'ATD quar monde

Christian Brodhag : « Rapprocher science et démocratie pour relever le défi écologique »

"Pour le promoteur des concepts de durabilité et d’écoconception dans l’urbanisme et l’industrie, éclairer les citoyens par la connaissance scientifique et irriguer l’action publique par les solutions de terrain sont indissociables".
Extrait : "La science est plurielle, segmentée en disciplines, fortement en concurrence sur la reconnaissance, les budgets et les concepts. Cette question peut être illustrée par le lien santé-environnement. Du fait du cloisonnement, à la fois institutionnel et académique, qui oppose le déterministe pasteurien à la logique probabiliste, l’Académie de médecine s’est ainsi opposée à ce que lien environnement et santé soit établi dans la charte de l’environnement…
Si la climatologie et l’écologie établissent des diagnostics, les solutions, elles, relèvent de multiples disciplines : ingénierie, agronomie, économie, sociologie… Elles doivent se combiner dans ce que l’Unesco appelle la science de la durabilité, qui vise la production de connaissances fondamentales, d’applications technologiques, d’innovations socioculturelles, ainsi que de nouvelles formes de gouvernance ou de nouveaux modèles sociaux et économiques…"
Lire la tribune dans lemonde.fr


Revue de presse 18 mai 2019


En France, un enfant meurt tous les cinq jours sous les coups de ses parents

"C'est une étude glaçante révélée par l'IGAS, l'Inspection générale des affaires sociales. En France, un enfant est tué par l'un de ses parents tous les cinq jours en moyenne. Et les chiffres ne diminuent pas au fil des années.
L'IGAS, en partenariat avec l'Inspection générale de la justice (IGJ) et celle de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (IGAENR), a publié le 25 avril dans un rapport, des chiffres nouveaux : en France, un enfant est tué par l'un de ses parents tous les cinq jours. Pour en arriver à ce chiffre, l'enquête a recensé tous les meurtres d'enfants traités par des juridictions françaises entre 2012 et 2016, soit 363 décès. Les enfants les plus jeunes sont particulièrement concernés.
[...]L'étude révèle des similitudes dans ces affaires. Elle pointe "un lien très fort entre violence conjugale et violences commises sur les enfants". La plupart des dossiers montrent chez les parents des addictions et des troubles psychiatriques, comme des troubles de la personnalité. De nombreux parents auteurs d'infanticides "se sont donnés la mort ou on fait l'objet d'un non-lieu pour abolition du discernement", précise l'étude.
Par ailleurs, les auteurs sont "très majoritairement les parents biologiques" des enfants, en précisant que "ce sont principalement les pères qui sont responsables" des morts par syndrome du bébé secoué. Le cas des "néonaticides", les meurtres commis à la naissance, concerne souvent des mères "au parcours chaotique", et des victimes issues de grossesses non suivies ni déclarées".
Lire l'article sur Franceinter.fr

Sortie du rapport "Exilé.e.s : quels accueils face à la crise des politiques publiques ?"

"Plus de 65,3 millions de personnes dans le monde vivent aujourd’hui loin de leur terre natale, dont elles ont été contraintes de s’exiler en raison des conflits armés, des violations des droits humains, de l’absence de perspectives d’avenir. Pour la plupart de ces personnes, tout est à reconstruire, or leurs conditions d’arrivée et de vie sont entravées par des politiques migratoires majoritairement guidées par une approche sécuritaire. Les citoyens, en particulier depuis 2015, sont nombreux à s’engager auprès d’elles sous diverses formes : aides d’urgence, soutien juridique dans l’accès aux droits, actions de plaidoyer collectives...
Pour ces acteurs et actrices mobilisé·e·s en faveur du respect des droits fondamentaux des personnes qui demandent l’asile, le rapport à l’État est un enjeu majeur. A travers ce rapport, la Coordination française du droit d’asile (composée d’une vingtaine d’associations engagées dans l’accueil et la défense de ces personnes) propose à l’ensemble des acteurs de questionner et de mettre en contexte leurs pratiques, et de s’interroger sur les objectifs et les impacts de leurs actions – à moyen et long terme – sur la situation des personnes exilées.
Les étapes clefs de l’arrivée et de l’intégration des personnes exilées sont abordées : l’accès au territoire européen, à l’hébergement et au logement, et enfin à l’ensemble des droits indispensables à leur intégration (apprentissage du français, emploi, santé, etc.)."
Lire le rapprt sur le site du GISTI


Revue de presse 11 mai 2019


Pourquoi le texte sur l’accompagnement des « jeunes majeurs vulnérables » est si décrié

"La proposition de loi, votée à l’Assemblée, a été « vidée de sa substance » selon les associations d’anciens enfants placés.
Avancée notable pour les uns, trahison pour les autres, le vote, mardi 7 mai dans la soirée, de la proposition de loi sur l’accompagnement des « jeunes majeurs vulnérables » vers l’autonomie, qui instaure une prise en charge obligatoire par les départements, n’a pas manqué de provoquer de vifs débats à l’Assemblée nationale, mais aussi en dehors".
Alors que le projet de loi initial prévoyait la généralisation obligatoire des « contrats jeunes majeurs » pour les jeunes jusqu’à 21 ans,un " amendement déposé tardivement par le gouvernement modifie en effet largement l’article premier. Seuls les jeunes ayant été placés pendant dix-huit mois consécutifs, dans les deux ans précédant leur majorité, seront éligibles au dispositif, à leur demande. Sans le formuler explicitement, cet énoncé exclut de fait les mineurs non accompagnés étrangers qui sollicitent la protection de la France et remplissent rarement ces conditions de longévité de prise en charge à leurs 18 ans."
A la reprise de l’examen du texte, mardi, Brigitte Bourguignon assume et même « revendique » le nouveau cadre. « Je n’avais pas envisagé cette condition au départ, toutefois (…) je tire la conviction qu’il ne faut pas pêcher par angélisme », déclare la députée, en évoquant « des filières de passeurs qui se sont organisées pour tirer bénéfice de l’ASE ».
D’anciens enfants placés et des professionnels de la protection de l’enfance manifestent leur désapprobation sur les réseaux sociaux, appelant les députés à ne pas voter cette version de la loi. En vain. Le texte est adopté sans difficulté mardi soir, par 42 voix pour et 8 contre. Seuls les élus de gauche (socialistes et apparentés et La France insoumise) s’y opposent."
Cette situation nous rappelle le précedent qu'a été le projet de RSA jeune. Quand Martin Hirsh avait proposé le projet, 200 000 jeunes étaient concernés. Un amendement déposé tardivement avait limité ce RSA jeunes à ceux ayant travaillé deux ans. La mesure n'a plus concerné que 20 000 jeunes...
Lire l'article du Monde.fr

Thomas Piketty : « L’Europe et le clivage de classe »

Chronique. "Trois ans après le référendum sur le Brexit, et à la veille de nouvelles élections européennes, l’Europe suscite toujours un scepticisme aussi fort, en particulier au sein des catégories sociales les plus défavorisées.
Le mal est profond et ancien. Dans toutes les consultations référendaires depuis un quart de siècle, les classes populaires ont systématiquement exprimé leur désaccord avec la construction européenne telle qu’elle leur était proposée, alors que les classes les plus riches et les plus favorisées la soutenaient.
Lors du référendum sur le traité de Maastricht, en 1992, on constate que les 60 % des électeurs disposant des revenus, des patrimoines ou des diplômes les plus bas ont voté pour le non, alors que les 40 % des électeurs du haut favorisaient le oui, avec un écart assez fort pour qu’au total le oui l’emporte d’une courte tête (51 %). Rebelote avec le traité constitutionnel en 2005, sauf que cette fois seuls les 20 % du haut soutiennent le oui, alors que les 80 % du bas favorisent le non, d’où une nette victoire de ce dernier (55 %). Idem lors du référendum sur le Brexit, en 2016 : cette fois-ci, les 30 % du haut soutiennent le maintien dans l’UE avec enthousiasme. Mais comme les 70 % du bas préfèrent la sortie, cette dernière l’emporte avec 52 % des voix.
Comment expliquer que les votes autour de l’Union européenne se caractérisent toujours par un clivage de classes aussi marqué ? Ce résultat est d’autant moins évident que la structure du vote pour les différents partis a depuis longtemps cessé d’avoir une structure classiste aussi nette, avec les trois dimensions de clivage social (diplôme, revenu, patrimoine) tirant dans le même sens. Depuis les années 1970-1980, les plus diplômés ont nettement basculé pour les partis de gauche dans les deux pays, alors que les plus hauts revenus et patrimoines continuaient de soutenir un peu plus fortement les partis de droite, eux-mêmes en recomposition. En revanche, lors des votes européens de 1992, 2005 et 2016, les élites intellectuelles et économiques des deux camps se sont retrouvées à soutenir l’UE telle qu’elle existe, alors que les catégories modestes de gauche et de droite la rejetaient.
Pour expliquer cette situation, les classes les plus favorisées ont bien une explication : les catégories populaires seraient nationalistes et xénophobes, voire arriérées. Sauf que la xénophobie du peuple n’est pas plus naturelle que celle des élites. Il existe une explication beaucoup plus simple : l’Union européenne, telle qu’elle s’est construite au cours des dernières décennies, s’appuie sur la concurrence généralisée entre territoires, sur le dumping fiscal et social en faveur des acteurs économiques les plus mobiles, et fonctionne objectivement au bénéfice des plus favorisés. Tant que l’Union européenne n’aura pas pris des mesures symboliques fortes pour la réduction des inégalités, par exemple un impôt commun pesant sur les plus riches et permettant d’abaisser celui des plus pauvres, cette situation perdurera.'
Lire l'article du Monde.fr

Joël Pommerat : « Monsieur Blanquer, votre réforme du lycée va dégrader la qualité des enseignements artistiques »

Dans une tribune au « Monde », le dramaturge déplore le peu d’importance accordé, dans la réforme du lycée voulue par le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, aux disciplines « à haute valeur ajoutée » que sont les arts.
"Il y a quelques semaines, j’ai signé une pétition lancée par une association nationale de professeurs, d’artistes et de structures culturelles pour défendre la place de l’enseignement artistique au lycée. J’ai signé cette pétition parce que je voudrais qu’une société comme la nôtre continue à offrir à des jeunes gens lycéens la possibilité de découvrir des œuvres, de rencontrer des artistes, et surtout de pratiquer un art. Je pense que l’école est le lieu propice pour une telle rencontre, et même qu’il s’agit de sa mission. A titre personnel, j’ai pu constater les bénéfices extrêmement concrets de ces enseignements artistiques tels qu’ils ont été pensés et mis en place il y a environ trente ans. Bien sûr, on pourrait faire encore mieux, mais ce qui m’inquiète aujourd’hui c’est le risque qu’on fasse moins bien.
Lire l'article du Monde.fr

Le rapport alarmant de l'IPBES : la biodiversité se meurt, nos modes de vie sont en sursis




Revue de presse 5 mai 2019


« Il y a un lien quasi mathématique entre monoparentalité et pauvreté »

Julien Damon : Il y a un lien quasi mathématique entre monoparentalité et pauvreté. Le point capital, c’est que, par définition, dans une famille monoparentale, il y a un revenu au lieu de deux.
La deuxième chose, c’est que, quand il n’y a qu’un seul adulte dans le ménage, il y a forcément des difficultés plus grandes pour garder les enfants, ce qui crée une tension sur la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. Cela peut conduire à réduire l’intensité du travail, via du temps partiel ou via un renoncement à l’emploi ou à la recherche d’emploi.
À ces niveaux de ressources, tout revenu manquant a un fort impact. Quand une pension alimentaire n’est pas payée, cela crée automatiquement un problème, même si ce n’est pas le principal facteur d’entrée dans la pauvreté.
Lire la suite sur La Croix.fr

Ces jeunes vulnérables, à la rue à 18 ans

"Ce lundi 6 mai, une proposition de loi arrive à l’Assemblée nationale afin d’étendre la prise en charge des enfants placés de l’Aide sociale à l’enfance jusqu’à leurs 21 ans.
Leur situation questionne le passage à la majorité d’une partie de la jeunesse.
Ce 6 mai à l’Assemblée, les députés étudient en séance une proposition de loi déposée par la députée LREM Brigitte Bourguignon, afin que les jeunes sortant de l’Aide sociale à l’enfance puissent être accompagnés jusqu’à leurs 21 ans. Et qu’ils ne viennent plus grossir les rangs des sans-abri. Leur sort en effet commence à être connu. Ces anciens enfants victimes, qui ont été retirés à leurs parents, se retrouvent pour certains à la rue le jour de leurs 18 ans, faute d’avoir eu le temps de se former et d’avoir un métier.
Ils sont le visage d’un phénomène plus vaste : le difficile passage à la majorité d’une partie de la jeunesse française vulnérable, pour qui les 18 ans sonnent comme un abandon. « Il y a un trou dans la raquette de notre protection sociale », reconnaît ainsi l’économiste Henri Sterdyniak. En effet, selon l’Insee, 25 % des 18-29 ans vivent avec moins de 50 % du revenu médian, soit 886 € par mois.
La raison ? « Les âges de la vie se sont décalés de cinq ans et les politiques publiques ne l’ont pas anticipé, reprend l’économiste. Désormais en moyenne, les jeunes commencent à gagner de l’argent à 23 ans, soit largement après leur majorité civique et l’arrêt des aides accordées au titre de l’enfance. De 18 à 23 ans, s’ils ont une famille tout va bien, s’ils n’en ont pas, il n’y a rien de prévu pour eux. »
Lire l'article de La Croix

Les cinq engagements du plan pauvreté




Revue de presse 29 avril 2019


Logement • Critique sévère de l’ONU

« J’ai été choquée de voir une telle misère, des souffrances et du dénuement dans un pays riche comme la France ». Après avoir rencontré les personnes vivant à la rue, en squats, dans les parcs, les hôtels, les campements, les tentes dans les bois ou sous les autoroutes, Leilani Farha, rapporteuse spéciale de l’ONU sur le droit au logement a dressé un constat sévère.
À l’issue de sa visite de 10 jours en France, le 12 avril, elle s’est dite impressionnée par l’existence de nombreux droits en France, notamment le droit au logement opposable, mais étonnée de la contradiction entre ces droits inscrits et leurs applications. Ainsi, elle a rappelé qu’en février dernier, 62 900 personnes prioritaires DALO attendaient toujours leur logement.
Leilani Farha a également testé le 115, attendu deux heures avant d’obtenir quelqu’un, constaté que la ligne était débordée et que beaucoup de personnes n’arrivent plus à le joindre. « 80% de ceux qui sont orientés vers un abri ne pourront y rester qu’une nuit, après quoi, ils devront reprendre le cycle depuis le début ». Dans sa déclaration finale, elle ajoute : « Les pressions qui pèsent sur le 115 ont sapé le caractère inconditionnel du droit au logement et, par là même, ont créé des hiérarchies au sein des personnes défavorisées ».
Lire l'article de lien social

centre éducatif fermé, sanction ou protection ?




Revue de presse 21 avril 2019


François Dubet : le temps des passions tristes

Dans cette vidéo, François Dubet présente son livre, dont voici la 4° de couverture : "
Nous vivons un temps de passions tristes. Ce moment s'explique par le creusement des inégalités, mais surtout par la transformation de leur nature. La souffrance sociale n'est plus vécue comme une épreuve appelant des luttes collectives, mais comme une série d'injustices personnelles, discriminations, expériences du mépris, mises en cause de la valeur de soi. Ne pouvant désigner les adversaires à combattre, les individus sont emportés par un ressentiment dont se nourrissent les populismes de tous bords. Le régime des inégalités multiples engendre une société de la colère. Nous y sommes. Il faut la comprendre, pour être capables de résister aux vertiges de l'indignation.".


"Police, tu l'aimes ou tu la quittes"

"Excédés et fatigués, ils ont préféré quitter la police nationale et se reconvertir pour ne pas sombrer dans le désespoir. Aujourd'hui, ils dressent un portrait sans concession de leur ancien métier. Racisme, violences, carriérisme, pression du chiffre, heures sup, abus... Nicolas et Yann racontent."



28 mesures pour l'insertion des plus fragiles

La fédération des entreprises d'insertion a présenté ce 17 avril, 28 mesures pour faire ensemble, mieux et plus pour les plus fragiles, lors du Printemps de l’inclusion, événement qu’elle organisait à la Fondation Apprentis d’Auteuil, à Paris.
"Ces mesures sont le fruit de plus de six mois de travail au sein de la fédération, entre consultations et réunions, des 550 entreprises d’insertion, des élus et des permanents. Elles ont aussi donné lieu à de nombreux échanges avec les différents réseaux de l’insertion par l’activité économique et les partenaires institutionnels de la fédération. Elles s’articulent autour de trois piliers :


Revue de presse 13 avril 2019


Laurence Boone : « L’égalité des chances doit être une priorité »

"Pour l’économiste en chef de l’OCDE, alors que le pays souffre d’un « fort détérminisme social », l’urgence n’est pas de baisser les impôts mais de mieux cibler les dépenses publiques. Alors qu’Emmanuel Macron s’apprête à présenter de nouvelles mesures pour répondre à la crise des « gilets jaunes », l’économiste en chef de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Laurence Boone, estime que le chantier prioritaire concerne « l’égalité des chances ».
Que faire, en France, pour renforcer la cohésion sociale ?
Le sujet de fond, c’est l’égalité des chances. C’est essentiel car on est très conditionné en France par son milieu de naissance. Le pays est dans le top 3 de l’OCDE pour l’influence du milieu social sur les études. Quelques exemples : alors que 60 % des enfants entre 0 et 2 ans ont accès à un mode de garde formel, c’est le cas de seulement 30 % des enfants dans le tiers de la population le moins aisé. Donc, dès le plus jeune âge, tout un groupe va manquer cette phase d’éveil. Ensuite, une forte proportion des adolescents de 15 ans, comparée au reste de l’OCDE, ne possède pas les connaissances littéraires ou arithmétiques indispensables. Enfin, l’insertion sur le marché du travail est nettement plus difficile pour les personnes moins qualifiées. Or, la France est parmi les pays où les moins diplômés ont le moins d’accès aux formations qualifiantes."
Lire l'article du Monde.fr

« Les travailleurs ubérisés sont les prolétaires du XXIe siècle »

"Pour l’écrivain et enseignant Karim Amellal, l’ubérisation du monde du travail fait voler en éclats tous les acquis sociaux obtenus depuis près de deux siècles.
Dans son dernier ouvrage, La Révolution de la servitude (Demopolis, 2018), Karim Amellal, enseignant à Sciences Po, dénonce les excès de l’économie numérique et ses incidences sur l’emploi. Il appelle à une régulation de l’Etat afin de mieux protéger les travailleurs.
[...]Ce phénomène communément appelé l’« ubérisation » consiste en la mise en relation, par des plates-formes numériques, de clients avec des travailleurs qui nourrissent ces plates-formes de leur force de travail : chauffeurs privés, livreurs de repas à vélo, chargeurs de trottinettes électriques, etc. Cette « économie de plates-formes » a souvent recours à des autoentrepreneurs : des travailleurs qui ne sont pas salariés et n’ont donc pas de contrat de travail. Cela signifie qu’ils n’ont pas d’assurance-chômage, pas de congés payés, pas de congés maladie, pas de salaire minimum, pas de syndicats. Ils cotisent pour une retraite au rabais et n’ont aucune sécurité de l’emploi.
Les risques qu’endossent ces travailleurs « ubérisés » sont loin d’être compensés par leur rémunération, qui reste faible. Prenons l’exemple d’un chauffeur Uber qui travaille quarante heures par semaine. Il perçoit un chiffre d’affaires de 3 680 euros par mois, duquel il faut déduire les charges : la commission prélevée par Uber (la cotisation au régime social des indépendants, le coût de la voiture, etc.), lui reste un salaire net de 560 euros. S’il passe à soixante heures, il gagnera 1 320 euros net par mois – soit un salaire horaire de 5,50 euros, en deçà du taux horaire du smic (7,72 euros).
Lire l'article du Monde.fr

La formation continue à l’aube d’une nouvelle ère

La réforme devrait permettre à chacun d’accéder plus facilement à l’ensemble de l’offre de formation ainsi qu’aux diverses modalités de financement. Universités et grandes écoles s’adaptent.
Rien de plus évident que la nécessité de se former tout au long de la vie. Rien de plus compliqué que le système français de la formation continue. Mais les lignes bougent : la loi avenir professionnel de septembre 2018 le modifie en profondeur, et donne plus de leviers aux individus. La pierre angulaire de ce dispositif est une nouvelle application, qui permettra à chacun de gérer son compte personnel de formation (CPF), désormais monétisé en euros, et d’accéder à l’ensemble de l’offre de formations certifiantes et à des financements. Avec ses 500 euros de crédit annuel sur son CPF – une somme faible au regard des tarifs de certaines institutions – chacun pourra, à partir de la fin 2019, acheter directement un bloc de formation dans une institution, quitte à compléter par d’autres sources de financement."
Lire l'article du monde.fr

Akram Belkaïd - Une autre Algérie est-elle possible ?



"Photographier l'Algérie" : regards croisés de Pierre Bourdieu à Marc Riboud à l'Institut du monde arabe de Tourcoing



Revue de presse 5 avril 2019


Lancement de la concertation sur la protection de l'enfance

"La concertation qui est lancée ce mercredi 27 mars 2019 est issue d’une volonté d’associer l’ensemble des acteurs qui interviennent dans le champ de la protection de l’enfance dans l’ensemble du territoire : départements, établissements publics, administrations, associations, professionnels, représentants des enfants et des familles. Tous ont un rôle à jouer dans la mise en œuvre d’une politique que l’État souhaite davantage réguler pour réduire les inégalités territoriales et répondre aux besoins de l’ensemble des enfants protégés, tout en respectant la décentralisation et les compétences des départements en matière d’aide sociale à l’enfance. La concertation s’appuiera sur six groupes de travail dont les thématiques sont les suivantes :
  1. Sécuriser les parcours de l'enfant : pour éviter les ruptures de parcours et les pertes de chances des enfants protégés.
  2. Développer les modes d’accueil de type familial : pour répondre aux défis de ces métiers et mieux accueillir les enfants.
  3. Mieux accompagner les enfants en situation de handicap : pour répondre aux besoins éducatifs, médicaux et médico-sociaux des enfants qui cumulent mesures de protection et handicap.
  4. Promouvoir l’ambition scolaire des enfants : pour rompre les inégalités de destin, ces enfants vulnérables ont droit comme les autres à une scolarité normale.
  5. Diffuser une culture de la transparence et de la qualité des lieux d’accueil : garantir la sécurité des enfants accueillis et le contrôle des structures.
  6. Renforcer le pilotage de la politique publique et la participation des enfants et de leurs familles : pour une meilleure lisibilité de l’action publique à destination des enfants protégés et pour donner la parole à ceux qui sont directement concernés."

accederau dossier gouvernemental

Inégalités : les écarts de revenus ont augmenté partout en Europe

"Si le Vieux Continent est moins inégalitaire que le pays de Donald Trump, cela tient surtout à son modèle social : dans la plupart des Etats européens, l’accès à la santé et à l’éducation est moins coûteux, voire gratuit. « Les dépenses sociales (santé, éducation, retraite) sont bien plus généreuses en Europe continentale, où elles s’élèvent autour de 28 % du PIB, contre 19 % outre-Atlantique », ajoutent les auteurs.
Plus protecteur, le Vieux Continent n’a, malgré tout, pas échappé au creusement généralisé des écarts de revenus. « Son modèle s’érode peu à peu, notamment à cause de la concurrence fiscale accrue entre les Etats européens, qui a miné la progressivité de l’impôt », expliquent MM. Blanchet, Lucas et Gethin. Exemple : le taux supérieur d’imposition sur les sociétés dans l’Union européenne (UE) est passé de 49 % en moyenne en 1981 à moins de 25 % aujourd’hui. Et la TVA, qui pénalise surtout les bas revenus, a grimpé de 17 % à 21 %. En France, celle-ci représente la moitié des recettes publiques, contre moins du quart pour l’impôt sur les revenus.
En outre, le fossé croissant entre les emplois qualifiés et les jobs précaires, qui s’est encore élargi depuis 2008, a notoirement alimenté le creusement des inégalités de revenus, souligne la Banque mondiale, dans son dernier rapport sur l’Europe. Ces évolutions ont eu une traduction concrète : depuis 1980, les 1 % d’Européens les plus riches ont vu leur revenu moyen croître deux fois plus vite que celui des 50 % les moins aisés. Et aucun pays n’a échappé à la tendance. Pour mieux analyser les dynamiques à l’œuvre, les économistes ont divisé le continent en quatre grandes zones : Europe du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest.
Sans surprise, les pays nordiques sont de loin les plus égalitaires, avant comme après impôts – même si, depuis les années 1990, la progressivité de leur fiscalité s’est dégradée. C’est en Europe de l’Ouest que la part du revenu national captée par les 10 % les plus riches, avant impôts, est la plus élevée : 32,5 % en 2017, contre 31,2 % en Europe du Sud et 29 % en Europe du Nord. En Allemagne, cette part a particulièrement augmenté entre 2003 et 2008. Elle est aujourd’hui de 35 %, soit plus qu’en France (32 %).
Ces écarts de revenus sont toutefois corrigés par le système de taxation et de transferts sociaux. Il permet, en effet, de réduire les inégalités de 29 % en moyenne dans l’Europe de l’Ouest, selon les calculs des auteurs. C’est bien plus qu’en Europe du Sud (23 %) ou dans les pays de l’Est (15 %), où la redistribution est moins efficace.
Lire l'article du monde

Histoires de Trolls et de LOL : internet à l’heure du cyberharcèlement




Le secrétaire d’Etat Adrien Taquet veut sensibiliser les travailleurs sociaux à l’autisme

"Le secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance a annoncé au « Monde » la création d’un groupe de travail destiné à réfléchir à l’accueil des enfants autistes par l’aide sociale à l’enfance.
En marge d’un déplacement au sein d’une crèche parisienne accueillant notamment des enfants atteints de troubles du spectre de l’autisme (TSA), le secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance, Adrien Taquet, a annoncé, mardi 2 avril, le lancement d’un groupe de travail qui portera sur l’accueil des enfants autistes pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE). « La réflexion portera sur trois axes, a confié M. Taquet au Monde. Une action sur l’accompagnement à la parentalité des personnes handicapées, qui associera les personnes elles-mêmes, la mise en œuvre d’une action de formation à l’autisme en direction des travailleurs sociaux mais aussi des personnels de justice, et la généralisation de la mention du handicap du parent ou de l’enfant, en cas d’information aux services de l’aide sociale à l’enfance, afin qu’un regard croisé expert puisse être mobilisé. »
Ce dernier point est destiné à provoquer une collaboration plus étroite, en cas d’information préoccupante ou de signalement, entre l’ASE et les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), interlocuteur incontournable de ces familles. Certaines d’entre elles alertent en effet depuis des années sur le risque de confusion entre les manifestations des troubles de l’autisme et les signes de maltraitance, ce qui peut conduire à des enquêtes sociales. Le groupe de travail aura notamment pour mission d’élaborer un guide destiné à la fois aux parents et aux travailleurs sociaux.
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 26 mars 2019


Lancement du Collectif "Cause Majeur"

« Cause Majeur ! » : la société civile lance un collectif pour soutenir la cause des jeunes majeurs sortant de l’aide sociale à l’enfance (ASE) ou de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ).
Alors que la question des jeunes majeurs revient sur le devant de la scène politique et médiatique – avec dernièrement la mission sur les « bonnes pratiques » confiée par Adrien Taquet, secrétaire d’Etat chargé de la Protection de l’enfance, à Brigitte Bourguignon, par ailleurs auteure d’une proposition de loi sur le sujet –, plus de 15 associations et personnalités qualifiées ont décidé de constituer un collectif de plaidoyer pour soutenir la cause des jeunes majeurs. Ses objectifs : veiller à moyen et long terme à ce que la question de l’inclusion de ces jeunes dans la société devienne un axe central des politiques publiques et que les annonces politiques en faveur des jeunes majeurs soient véritablement mises en place.
Lire l'article sur le site de l'UNIOPS

Jeunes sortants de l’ASE : « Pour la première fois, ils prennent la parole »

"Plusieurs associations lancent, ce mardi 26 mars, un collectif pour les jeunes majeurs sortants de l’aide sociale à l’enfance.Entretien avec Michèle Créoff, vice-présidente du Conseil national de protection de l’enfance, qui salue une mobilisation venue des jeunes eux-mêmes et qui est désormais inscrite à l’agenda politique."
Michèle Créoff : Je me réjouis que des associations très présentes sur le terrain unissent leurs forces sur cette question. Sans la mobilisation des jeunes placés eux-mêmes, peut-être que ce collectif n’aurait pas vu le jour et peut-être que les deux missions parlementaires actuellement au travail n’auraient pas été créées. Depuis quelques mois, en effet, ces jeunes ont fait irruption dans les médias et sur les réseaux sociaux et nous interpellent. Ils se sont organisés, entre autres, dans le collectif #laruea18ans qui a organisé son premier rassemblement public récemment. Je trouve que cette mobilisation est admirable. Eux qui étaient les oubliés du système, ils nous obligent à nous attaquer à cette très grosse injustice qu’ils subissent."
Lire l'article de La Croix

Le Conseil constitutionnel valide les tests osseux pour les jeunes migrants

"Décriés par de nombreux acteurs, ces tests ont été jugés conformes à la Constitution, en raison des garanties que présente l'article 388 du code civil qui les prévoit.
Le Conseil constitutionnel s’est prononcé, ce jeudi, sur la validité des tests osseux, pratiqués à la demande de la justice lorsqu’un doute subsiste sur la minorité d’un jeune étranger demandant à être pris en charge par l’aide sociale à l’enfance. L’avocate d’un Guinéen déclarant avoir 15 ans à son arrivée en France mais non reconnu comme mineur par la justice avait, en appui de son pourvoi en cassation, déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur l’article 388 du code civil qui prévoit ces tests. Lesquels sont décriés, au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant et en raison de leur manque de fiabilité, par des acteurs aussi divers que le Défenseur des droits, l’ordre des médecins, le Haut conseil de la santé publique, le comité des droits de l’enfant de l’ONU, le Syndicat de la magistrature, la Cimade, Médecins du Monde, la Ligue des droits de l’homme…
Mais pour les magistrats, dans la mesure où la marge d’erreur de ces tests est bien prise en compte par le législateur, où seule l’autorité judiciaire peut décider d’y recourir, où selon le code civil ces tests ne peuvent pas être la seule base d’une décision de non-reconnaissance de minorité, et où le doute doit théoriquement bénéficier à l’intéressé, l’article 388 du Code civil ne contrevient pas à la loi fondamentale de la Ve République."
Lire l'article de Libération

Alcool en France : les hommes boivent plus que les femmes, les jeunes plus que les vieux

"Selon une étude publiée ce mardi par Santé Publique France, la consommation d'alcool en France a encore de beaux jours devant elle. Toutefois, sans aller jusqu'à une abstinence globale, les spécialistes estiment que certains repères pourraient permettre de réduire son impact sur la santé.
L'étude s'est intéressée aux habitudes des Françaises et des Français vis-à-vis de l'alcool, mais aussi aux méthodes pour émettre des recommandations à la fois efficaces et accessibles à tous. Car l'alcool, comme le reconnait le Pr Mickaël Naassila, président de la Société française d'alcoologie, est un "acteur essentiel de notre culture et de notre économie", mais aussi un moyen de "se conformer à la norme sociale" et un "lubrifiant social".
Ce qui ne doit pas, poursuit-il, empêcher de réfléchir au meilleur moyen de faire boire moins. Car l'alcool, ce sont aussi "des dommages considérables engendrés pour notre santé et in fine notre société". En 2017, un groupe d'experts a ainsi émis un avis pour développer un nouveau repère de consommation d'alcool : l'idée étant, si l'on ne peut pas imaginer pour l'instant faire disparaître la consommation d'alcool, de lui fixer des limites dans lesquelles le risque pour la santé est réduit.
Ce repère contient trois recommandations :
  • Pas plus de 10 verres standard par semaine
  • Pas plus de 2 verres standard par jour
  • Avoir chaque semaine des jours sans aucune consommation

Lire le dossier de France Inter

L'alcool et les dégâts de l'alcoolisme





Quand Yvonne et Charles de Gaulle font le choix courageux à l'époque de garder avec eux Anne, leur fille trisomique



Vu d'ailleurs : Organisation des services sociaux : au Royaume Uni, c’est l’échelon local qui décide

"Au Royaume Uni, ce sont les councils qui sont chargés de fournir les services sociaux aux résidents. Ce sont eux qui décident qui doit payer selon le type d’aide apporté.
Au Royaume Uni, la santé est dispensée gratuitement mais l’organisation des services sociaux pour les personnes handicapées, les personnes âgées, les sans domicile fixe, ou encore la protection de l’enfance relèvent de la responsabilité de chaque nation constitutive – autorité locale – à savoir l’Angleterre, l’Écosse, l’Irlande du Nord et le Pays de Galle, qui délèguent ensuite aux councils, un échelon encore plus local.
C’est le gouvernement central britannique qui verse aux différentes autorités locales une partie des fonds consacrés à l’aide sociale. Le montant des financements distribués dépend de plusieurs critères notamment du nombre d’habitants au sein de chaque nation constitutive et du nombre de personnes remplissant les conditions pour bénéficier de l’aide sociale. Chaque autorité locale gère ces fonds en toute autonomie.
En Angleterre, 152 councils sont ainsi chargés de fournir les services sociaux à leurs résidents. Ces autorités locales, dont la taille varie aussi bien en nombre d’habitants qu’en superficie, disposent chacune de leur propre budget. Outre l’argent provenant directement du gouvernement central et du National Health Service (NHS) – le système de santé publique, il existe plusieurs façons pour les councils d’obtenir des fonds complémentaires pour financer les services sociaux. En Angleterre, depuis 2015, la taxe municipale consacrée à l’aide sociale peut, à l’initiative de chaque council, être augmentée de 2 ou 3%."
Le système d'aide est payant en fonction des revenus, et il est en crise depuis les coupes budgétaires décidées par le gouvernement : les classes "moyennes moins" ne sont pas aidées cequi est particulièrement difficile pour les retraités ayant de petites pensions.
Lire l'article de la Gazette santé-social


Revue de presse 19 mars 2019


Grand débat national, des hauts et des débats




Pipriac et Saint-Ganton se mobilisent pour les chômeurs de longue durée

"Deux communes rurales du sud Bretagne ont fait partie de l’expérimentation du dispositif Territoires zéro chômeur de longue durée. Deux ans plus tard, le bilan est positif tant pour les demandeurs d’emploi que pour le tissu économique local."
Lire l'article de la Gazette santé-social
Voir le documentaire "Objectif zéro chomeur de zone interdite

TRIBUNE : « Il est temps de réintégrer les vieux dans la cité, au cœur de notre vie commune »

"Face au vieillissement croissant de la population, plusieurs personnalités, parmi lesquelles les anciens ministres Bernard Kouchner et Monique Pelletier, appellent, dans une tribune au « Monde », à une réorganisation de la société, notamment en ce qui concerne la gestion de la dépendance.
Extrait : "En ces temps de grand débat national, il est une inégalité choquante dans notre pays dont nous n’avons pas entendu parler jusqu’ici. Elle concerne nos aînés. Chacun le sait, l’expérimente autour de lui, dans sa famille, son quartier, sa commune : notre société vieillit fortement ; 10 % d’entre nous ont aujourd’hui plus de 75 ans, alors qu’ils n’étaient que 5 % il y a trente ans.
Mais qui les voit, ceux-là, et qu’ont-ils à dire ? Personne ne le sait ou ne veut le savoir. Nous avons tendance à les reléguer aux portes de la citoyenneté. La vie commune leur est, si ce n’est hostile, du moins inadaptée. Ils s’y sentent fragiles, vulnérables, peu à leur place. Alors, ils se retranchent, se taisent, se renferment, veulent disparaître.
Les plus dépendants sont cloîtrés dans ces fameux lieux que l’on appelle Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), et dont on nous apprend jour après jour à nous méfier davantage. Ehpad, une honte française (Plon, 2019), le titre éloquent de l’ouvrage récent d’Anne-Sophie Pelletier sur le sujet, conforte la crainte de ceux qui se disent qu’il leur faudra peut-être finir leurs jours en ces lieux."
Lire la tribune sur le Monde.fr

Femmes et retraités sont nombreux à recourir aux aides alimentaires

"Parmi les 8,8 millions de personnes vivant en France sous le seuil de pauvreté, environ la moitié ont recours à l’aide alimentaire. A l’occasion de leurs 35 ans, les banques alimentaires, premier réseau au niveau national, présentent mercredi 13 mars une étude sur les profils de leurs bénéficiaires, qui sont plus de 2 millions. Cette enquête de l’institut CSA – la dernière du genre avait été menée en 2016 – s’appuie sur quelque 2 000 témoignages recueillis par les associations partenaires.
L’étude dessine les contours de la France des « gilets orange », ce vêtement porté par les bénévoles des banques alimentaires. Une France singulièrement féminine d’abord, puisque 69 % des personnes reçues sont des femmes. Les familles monoparentales, à 85 % menées par des femmes, sont surreprésentées. Elles constituent 33 % des bénéficiaires, contre 8 % de la population générale. Le cumul de plusieurs difficultés (temps partiels subis, rémunérations plus faibles…) fait d’elles, depuis plusieurs années, des figures désormais incontournables de la pauvreté.
L’une des variations observées dans l’édition 2019 porte sur la part croissante d’inactifs chez les bénéficiaires. A la différence de précédentes études qui alertaient sur le phénomène des travailleurs pauvres sollicitant une aide alimentaire, les actifs, qui étaient 23 % il y a deux ans, sont aujourd’hui estimés à 14 %, selon cette étude. Les 83 % d’inactifs qui poussent la porte des épiceries sociales et des lieux de distribution sont pour un tiers chômeurs, mais aussi étudiants, demandeurs d’asile ou retraités. Cette dernière catégorie gagne trois points par rapport à la dernière enquête, ce qui confirme la paupérisation de certains retraités, dotés de faibles pensions."
Un autre élément important de cette enquète est qu'elle montre que le recours à l'aide est de moins en moins ponctuel, ce qui est mauvais signe.
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 12 mars 2019


Les taudis marseillais : comment en est-on arrivé là ?




Défenseur des droits, rapport annuel 2018

"Les 140 000 demandes d’intervention ou de conseil adressées au Défenseur des droits en 2018 contribuent à faire de l’institution un lieu d’observation privilégié des difficultés rencontrées par les personnes dans l’accès à leurs droits, des atteintes portées aux droits fondamentaux et des inégalités persistantes dans la société.
En 2018, 94% des réclamations adressées aux délégués du Défenseur des droits soulèvent une difficulté dans la relation des usagères et usagers avec les services publics. Le Défenseur des droits a donc souhaité consacrer une partie de son rapport annuel d’activité aux réalités révélées par ces réclamations toujours plus nombreuses qui renvoient à des problèmes plus profonds, d’ordre systémique, et à des difficultés d’accès structurelles qui amplifient les fractures au sein de la société.
En France, les services publics jouent un rôle essentiel d’intégration civique et sociale. Empreinte de solidarité, leur action doit assurer l’égalité de traitement des usagers en offrant à tous et particulièrement aux personnes en difficultés, pauvres, défavorisées ou exclues, le même accès aux droits.
Or, la réduction du périmètre des services publics, leur privatisation progressive, leur dématérialisation, la complexité des dispositifs, l’éloignement du contact humain ainsi que la restriction des moyens budgétaires qui leur sont alloués contribuent à créer un sentiment diffus et dangereux de rupture entre les usagers, notamment précaires, et les services publics. Le recul des services publics peut accroître les inégalités auxquelles font face certains publics et aggraver le sentiment de relégation de nombreuses personnes, portant dangereusement atteinte à la cohésion sociale."
NB : je conseille particluièrment la lecture du chapitre "l'accès au droit entravé par la dématérialisation et le silence des administations".
Lire le rapport du défenseur des droits


Revue de presse 3 mars 2019


Aide sociale à l’enfance : un référentiel et des sanctions contre les sorties sèches

"Dans le cadre de la Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, l'Etat vient de présenter un référentiel pour aider les départements à accompagner les jeunes majeurs sortant de l'ASE. 12 millions d'euros sont prévus, mais les territoires qui ne respecteront pas les règles seront sanctionnés.
C’était l’un des points forts des annonces présidentielles en septembre 2018 : dans le cadre de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, les sorties des jeunes à 18 ans de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) ne se feraient plus brutalement. Cinq mois plus tard, Christelle Dubos, secrétaire d’Etat en charge du suivi de la Stratégie, et Adrien Taquet, nouveau secrétaire d’Etat en charge de la protection de l’enfance, ont présenté le 14 février le référentiel pour accompagner les sorties de l’ASE.
« L’élaboration du référentiel est une belle illustration du “choc de participation” prévu par la stratégie pauvreté », a raconté Christelle Dubos. Ce document est en effet issu d’un groupe de travail présidé par Fouzy Mathey, ancienne enfant placée et vice-présidente de Repairs 94, association départementale d’entraide pour les personnes accueillies ou ayant été accueillies en protection de l’Enfance.
« J’ai accepté car la délégation [interministérielle à la prévention et la lutte contre la pauvreté] avait une volonté réelle de “faire avec” les jeunes sortis de l’ASE », explique la jeune femme. Les jeunes étaient d’ailleurs majoritaires dans le groupe, composé également de représentant des départements et des représentants des institutions chargées d’accompagner les jeunes.
Cinq engagements
Christelle Dubos a regretté « le mur » face auquel les jeunes sont confrontés à leurs 18 ans. « Je crois que nous sommes tous déterminés à faire tomber ce mur et à redonner aux jeunes qui sortent de l’ASE les moyens de se dessiner un horizon et de se construire un avenir. » Pour sortir de la situation, le référentiel impose cinq engagements qui devront être suivis par les conseils départementaux."
Lire l'article de la Gazette.fr
Le document de référence: "Accompagner les sorties de l'aide sociale à l'enfance

Grandir en famille dans une chambre d'hôtel

"Les familles constituent une part considérable de la population sans-logement : depuis la fin des années 1990, un nombre croissant d’entre elles, majoritairement étrangères, sont privées de logement et occupent le système d’hébergement.
L’hébergement en hôtel social complète ou supplée, notamment dans les grosses agglomérations, les carences de dispositifs spécialisés dans l’accueil d’étrangers, de demandeurs d’asile en particulier. Pour l’Ile-de-France, en plus des familles hébergées en centre d’hébergement d’urgence (CHU),de réinsertion sociale (CHRS) ou pour demandeurs d’asile (CADA), plus de 21 000 familles ont été hébergées en hôtel social en 2017 (soit 58 247 personnes). Elles étaient un peu moins de 15 000 en 2013 (soit 44 075 personnes). Cette année-là, l’enquête « Enfants et familles sans logement » (ENFAMS2) a permis de décrire les parcours, conditions de vie et état de santé des familles sans logement, en particulier les difficultés d’insertion scolaire et sociale des enfants. Néanmoins, la situation des adolescents n’entrait pas dans le champ de cette enquête. L’objectif de cette étude est de compléter l’enquête ENFAMS, en caractérisant le plus finement possible les existences quotidiennes des adolescents hébergés en hôtel social, leurs modes de sociabilité, leurs façons de s’organiser, de gérer les difficultés et les obstacles qu’ils rencontrent."
Extrait : "L’incertitude permanente sur leur futur résidentiel, couplée aux caractéristiques des lieux environnant leur hôtel, complique alors très fortement l’ancrage dans leur quartier de résidence. Les sociabilités de quartier sont quasiment inexistantes et le rapport des adolescents à leur commune se cantonne à la vie à l’intérieur de la chambre et à la fréquentation de quelques équipements culturels ou sportifs lorsqu’ils existent."
Lire l'étude


Revue de presse 24 février 2019


Nuit de la solidarité : 3 622 sans-abris recensés

"Les premiers résultats de la Nuit de la solidarité 2019 ont été présentés : 3 622 personnes sans abri ont été dénombrées par les 356 équipes déployées à Paris et par les partenaires de la Ville.
L'objectif de ce décompte, mené avec les signataires du Pacte de lutte contre la grande exclusion et 2 000 personnes (400 professionnels et 1 700 bénévoles parisiens) avait pour but de mesurer le nombre de personnes à la rue et d'améliorer la connaissance de leurs profils et de leurs besoins pour adapter les réponses proposées.
NB : une carte très instructive montre les principaux lieux de refuge des sans abris."
Accedez à l'article sur Paris.fr

Hôtel social : des jeunes privés d’une adolescence "ordinaire"

"Entre avril 2017 et mai 2018, les auteurs de "Adolescents sans-logement. Grandir en famille dans une chambre d’hôtel" ont réalisé entre un et six entretiens avec 36 adolescents, dont six résidaient dans l’agglomération de Tour. Les 30 adolescents franciliens ont connu 92 hôtels différents dans 65 communes, selon les données issues du Samusocial de Paris. Mais ce chiffre, déjà révélateur de la mobilité subie par ces jeunes, ne prend pas en compte les autres formes d’hébergement et les changements qu’ils ont pu connaitre en amont ou entre deux hôtels sociaux : hébergement chez un tiers, en campements, en CHRS, en centre d’hébergement d’urgence, en hôtels non enregistrés, ou encore changements de chambre au sein d’un même établissement. Après avoir, pour la plupart, vécu l’expérience migratoire et des ruptures familiales, "à plus d’un titre, l’instabilité résidentielle [...] place [ces adolescents] en situation de vulnérabilité, car ils font face à la quasi-impossibilité de s’en protéger", notent les auteurs de l’étude.
L’hôtel contraint et isole.
Ils ont pu constater, au fil des entretiens, combien la vie en hôtel empêchait les adolescents de s’ancrer dans un territoire, du fait de la mobilité régulière, mais également de l’implantation même des établissements, pour une majorité d’entre eux situés en zone non habitée et souvent éloignés des lieux de scolarisation."
Lire l'article sur le site d'InfoMIE
Lire le rapport du défenseur des droits et l'étude complète

Protection de l’enfance : la HAS publie les résultats de son enquête sur la bientraitance

"En France, en 2016, 299 600 mineurs étaient concernés par une mesure de protection de l’enfance qui se traduit dans environ la moitié des cas par un placement en dehors de leur famille. L’Anesm*, dont la Haute Autorité de Santé a intégré les missions en avril 2018, a lancé une enquête sur la bientraitance dans les structures accueillant des enfants dans le cadre de la protection de l’enfance afin de faire un état des lieux des pratiques et de permettre aux professionnels d’évaluer leurs actions et d’identifier de nouvelles pistes d’action. La HAS publie aujourd’hui les résultats de cette enquête et présente les travaux qu’elle a engagés pour aider les professionnels à améliorer leurs pratiques.
A noter dans ce rapport (page 28), l'importance de la question du délaissement des enfants placés en foyers de l'enfance, ce que montre un sondage portant sur les dix derniers jeunes accueillis dans chacun de ces établissements : "Parmi les dix derniers mineurs accueillis, il y a en moyenne 7,6 mineurs n’ayant reçu aucune visite ou effectué de visite au domicile de l’entourage depuis au moins 3 mois dansles foyers de l’enfance."
Lire l'article sur le site de la Haute autorité de santé
Accedez à l'étude

Loïc Blondiaux : "Il n'y a pas de démocratie sans citoyens qui débattent et qui s'écoutent"




Loi école : ce qu’il faut retenir du texte porté par Jean-Michel Blanquer

"Au terme d’une semaine de débats et de quelque 1 000 amendements, le projet de loi « pour une école de la confiance » a été adopté lors d’un vote solennel à l’Assemblée nationale, mardi 19 février. Le texte comporte quelques ajouts majeurs au projet porté par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Il s’agit notamment de l’adoption d’un amendement déposé par la droite imposant l’affichage des drapeaux français et européen et des paroles de La Marseillaise dans les salles de classe, et de la mesure « parent 1, parent 2 », qui reconnaît les familles homoparentales sur les formulaires administratifs, visant à rassurer l’aile gauche".
Voici les principales dispositions de ce texte : l’instruction obligatoire à 3 ans ; le prérecrutement et la formation des enseignants; la création du Conseil d’évaluation de l’école ; les regroupements école-collège ; des pistes pour une école plus inclusive.
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 17 février 2019


Mineurs non accompagnés : l’ADF appelle à clarifier les compétences entre l’Etat et le département

"Le considérable afflux de mineurs non accompagnés depuis deux ans met en tension le dispositif de protection sans condition auquel ces enfants ont droit dès leur arrivée sur le territoire. En cause les questions du financement, du partage des responsabilités et de l’évaluation de minorité pour laquelle le décret du 30 janvier 2019 instaure un fichier biométrique des jeunes évalués.
L’afflux en France est massif et croissant : + 85 % en 2017 (14 908) et + 14 % pour l’année 2018 au cours de laquelle 17 022 jeunes étrangers ont été reconnus mineurs non accompagnés (MNA).
Des chiffres qui portent le nombre de jeunes suivis par les conseils départementaux à quelque 40 000 au 31 décembre 2018. « Et le mois de janvier 2019 est le plus lourd depuis deux ans avec 2 000 orientations », indique Yasmine Degras, cheffe de la Mission mineurs non accompagnés (MMNA) au ministère de la Justice, à l’occasion du colloque organisé le 8 février par l’École de la protection de l’enfance et le Journal des acteurs sociaux, en partenariat avec l’Observatoire national de l’action sociale (ODAS) et l’Assemblée des départements de France (ADF)."
Lire le dossier de la Gazette santé-social

Mon idée pour la France : « Généraliser les dispositifs d’accompagnement des élèves »

Pierre Mathiot pointe dans cette tribune que "le système scolaire est profondément inégalitaire et il l’est sans doute plus qu’il y a vingt ans.
Ces inégalités sont présentes depuis l’entrée à l’école jusqu’aux diplômes de l’enseignement supérieur et, qu’elles soient sociales, culturelles et géographiques, elles se cumulent souvent. Elles jouent bien entendu contre les élèves de milieux modestes, d’origine étrangère et, aussi, contre ceux qui habitent dans des territoires ruraux éloignés des villes, grandes ou moyennes. Elles fabriquent de l’autocensure, jouent contre l’ambition scolaire, restreignent la mobilité géographique, ce en dépit d’investissements publics souvent massifs destinés à les réduire – 1,7 milliard d’euros par an pour la seule politique dite d’éducation prioritaire.
[...] Parmi ce qu’il faudrait faire plus et mieux il y a la gestion des charnières que constitue le passage en 6e, l’entrée au lycée et l’accès à l’enseignement supérieur. On sait que ces moments clés s’accompagnent de difficultés majorées chez les élèves les plus en difficulté, notamment parce qu’ils sont aussi les plus éloignés de l’environnement scolaire. Or, rater son entrée c’est souvent galérer ensuite, ne pas être en mesure de faire des choix positifs d’orientation vers le lycée ou l’enseignement supérieur. C’est aussi, parfois, on le sait bien, décrocher progressivement pour disparaître purement et simplement du paysage scolaire.
Ma proposition consiste à généraliser les dispositifs d’accompagnement des élèves par des pairs, ou des mentors ainsi que les actions qui permettent aux élèves de construire des projets en dehors des heures de cours mais, bien sûr, en lien avec les enseignements et les professeurs. Ces dispositifs existent ici ou là. Rien au fond n’est vraiment à inventer, tout est à généraliser en commençant bien entendu par les territoires et les établissements qui le justifient le plus, ceux de l’éducation prioritaire et du monde rural « isolé »."
Lire l'article du Monde.fr

Numérisation des emplois : « Il existe un lien fort avec le sentiment d’insécurité économique et les comportements politiques »

"Tribune. Les « gilets jaunes », si divers soient-ils, partagent un certain nombre de traits communs, les fins de mois difficiles, le sentiment d’être pris en étau dans leur vie quotidienne et professionnelle, et une révolte contre les politiques en place. Même s’ils ont un travail, un logement, une voiture, ils sont à la merci du moindre imprévu et voient leur horizon de plus en plus bouché. Cette révolte contre les conditions de vie et d’emploi devenues de plus en plus difficiles pour certains groupes sociaux n’est pas particulière à la France. Elle se retrouve derrière les ruptures politiques à l’œuvre dans la plupart des démocraties des pays développés : montée des partis extrémistes et antisystème dans la plupart des pays européens, Brexit en Grande-Bretagne, trumpisme aux Etats-Unis.
Qui sont ces groupes sociaux ? Le paradoxe déjà souligné à propos des « gilets jaunes » tient au fait que ce ne sont pas ceux qui sont les plus pauvres, les plus précaires qui protestent, mais plutôt ceux qui se sentent menacés de le devenir."
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 10 février 2019


"Gilets jaunes" : peut-on analyser l’histoire en cours ?



En une nuit, 3 622 personnes dormaient dans les rues de Paris

"Lors de la deuxième édition de la Nuit de la solidarité, de jeudi 7 à vendredi 8 février, 3 622 sans-abri ont été recensés dans les rues de Paris soit un peu plus que les 3 035 dénombrés le 15 février 2018, mais dans un périmètre élargi : 353 personnes ont, en effet, été rencontrées dormant dans les parcs, jardins, talus des périphériques et halls d’immeuble du bailleur social Paris Habitat qui n’avaient pas été visités l’an passé.
La maraude a été assurée par 1 700 bénévoles dont 20 % étaient déjà là en 2018, répartis en 353 équipes pilotées par 400 travailleurs sociaux. Les Parisiens ont à ce point répondu « présent » que 400 volontaires qui n’ont pas trouvé place dans les équipes de rue ont, le même soir, participé à des animations et des rencontres dans 22 structures d’hébergement et haltes-nuit.
Les sans domicile fixe (SDF) sont plus nombreux dans les arrondissements périphériques, comme le 12e, avec 140 personnes (125 en 2018), le 13e, 80 personnes (72) et le 14e, 76 personnes (72). Dans le 10e arrondissement, leur nombre a, en revanche, été divisé par deux, passant de 274 à 127, une chute liée à la résorption, par la préfecture, fin janvier, des campements de migrants autour du quai de Jemmapes.
Le 18e accueille, en revanche, 421 personnes, près du double des 246 de 2018, et le 19e en compte 318, contre 215 il y a un an : « La ville avait, l’an dernier, ouvert La Bulle, un centre humanitaire d’accueil de 480 places dont nous avons dû, comme prévu, rendre le terrain pour édifier le centre universitaire Condorcet, explique Dominique Versini, adjointe de la maire de Paris, chargée de la solidarité, de la lutte contre l’exclusion, de l’accueil des réfugiés et de la protection de l’enfance. Nous envisagions d’ouvrir un nouveau centre à La Villette mais l’Etat n’en a pas voulu pour, nous a-t-on dit, ne pas créer d’appel d’air. »
Les agents de la RATP ont, de leur côté, comptabilisé, dans les 246 stations métro et RER, 292 personnes (373 en 2018), ceux de la SNCF, 298 (contre 226) dans les sept gares parisiennes, sans oublier les 100 personnes qui ont passé la nuit dans les 13 services d’urgence des hôpitaux que compte la capitale. Les parkings Indigo abritaient également, ce soir-là, 37 personnes (contre 112), tandis que 24 avaient trouvé refuge dans les halls d’immeuble de Paris Habitat et 74 dans les parcs et jardins."
Lire l'article du Monde.fr

Une pétition contre "la casse annoncée des institutions médico-sociales"

"Les familles d'enfants et de jeunes adultes, en situation de handicap grave, s'alarment de la casse annoncée des institutions médico-sociales, au nom d’une prétendue inclusion. Cet argument masque un choix économique, visant au remplacement de ces établissements par des plateformes désincarnées de services et de prestations.
Nous affirmons, au contraire, que les actuels établissements médico-sociaux sont d’indispensables lieux de vie, de diagnostic, d'éducation et de soins, que personne n'y est enfermé et que les professionnels, fiers de leurs métiers, offrent à chacun au quotidien, les conditions d'une vie digne, accompagnée et durable, en co-construction avec les familles. C'est à leur défense qu'est consacrée cette pétition proposée par des personnes handicapées, des parents, des professionnels, des amis, des universitaires et des élus."
Acceder à la pétititon sur Change.org

Les Nuits de la solidarité, nouvel outil de lutte contre le sans-abrisme

"La Nuit de la solidarité s’installe peu à peu dans le paysage français. Inspiré de pratiques existantes dans plusieurs grandes villes américaines, comme New York et Washington, et testées en Europe à Athènes et Bruxelles, cet événement, qui consiste à faire appel à des bénévoles pour recenser les personnes dormant dehors une nuit donnée, a fait son apparition en France en 2018, à Paris puis à Metz. Cette année, il a déjà eu lieu à Grenoble le 30 janvier et il est organisé le 7 février à Paris. Il aura également lieu le 27 février à Rennes et le 15 mars à Metz."
[...]Comme l’an dernier, près de 1 600 bénévoles formés en début de soirée, encadrés par 400 chefs d’équipes chevronnées, arpenteront les rues, munis d’un questionnaire mentionnant un prénom, l’âge, le sexe, la durée de vie à la rue ou encore les besoins exprimés (logement, repas, douche, soins, démarches administratives, vestiaire, écoute…). L’an dernier, 3 035 personnes sans solution d’hébergement avaient ainsi été décomptées, dont la moitié en errance depuis plus d’un an et deux tiers qui n’appellent jamais le 115."
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Incendie à Paris : en psychiatrie, « le vrai problème se trouve dans la rupture de la chaîne de soins »

"L’incendie d’un immeuble du 16e arrondissement de Paris, dans la nuit de lundi 4 à mardi 5 février, a causé la mort de dix personnes et fait 96 blessés, dont un grièvement. Le profil de la suspecte, qui souffre de troubles psychiatriques, relance le débat sur le manque d’accompagnement des malades en France. Marie-Jeanne Richard, présidente de l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapés psychiques (Unafam), dénonce l’abandon des malades psychiques par la société, qui « crée la répétition des moments de crise ». « Aujourd’hui, on attend que ça dérape, et après on crie au loup », juge-t-elle.
Le parcours de la principale suspecte de l’incendie de la rue Erlanger, ponctué de treize séjours dans un établissement psychiatrique parisien entre 2009 et 2019, est-il une exception ?
Marie-Jeanne Richard : Non, malheureusement, c’est ce qu’on appelle le syndrome de la « porte tournante », c’est-à-dire la multiplication des hospitalisations en urgence. Il s’explique par une difficulté d’accès aux soins, surtout en début de symptômes. Les gens qui ne vont pas bien ont du mal à trouver un clinicien pour les aider, ou à obtenir une place dans des centres médico-psychologiques (CMP) débordés. En moyenne, il faut attendre trois ans pour accéder aux soins.
On est contraints d’attendre que la personne soit en état de crise pour avoir accès à des soins psychiatriques en urgence. Or, un hôpital n’est pas un lieu de vie. C’est souvent surpeuplé, dans des bâtiments dégradés. Quand vous rentrez dans ce lieu-là, surtout en état de crise, vous n’avez qu’une idée : c’est en sortir.
On connaît des personnes pour qui le système de soins a fonctionné. Le médecin généraliste travaillait avec des psychiatres, a pu aiguiller la famille, les orienter vers une association d’aide pour répondre à leurs questions. Un tissu médico-social s’est formé autour de la personne pour l’aider à trouver des solutions. Certains malades mènent leur vie sans passer par la case hôpital, sans connaître de crise majeure. Malheureusement, c’est aujourd’hui l’exception."

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Psychiatrie : des solutions pour sortir de l'état d'urgence



Revue de presse 2 février 2019


Hausse des plaintes pour violences sexuelles

"Selon le ministère de l'Intérieur pour l'année dernière, les plaintes pour viols augmentent de 20% par rapport à 2017. Une hausse également de 17% des agressions sexuelles. Les femmes depuis l'affaire Weinstein sont de plus en plus nombreuses à oser porter plainte."

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Enfants placés, du foyer à la rue

"Dans son rapport annuel, la Fondation Abbé Pierre se penche sur la surreprésentation des anciens enfants placés parmi les sans-abri.
Loïc, 20 ans, ne s’attendait pas à se retrouver à la rue si jeune. Abandonné à deux mois et demi par sa mère, le jeune homme, d’abord placé en foyer, a grandi pendant quinze ans dans une famille d’accueil alsacienne. « J’y étais bien, même si ce n’était pas toujours facile parce qu’il y avait d’autres enfants placés », se rappelle Loïc. Le petit garçon, qui s’implique dès 9 ans dans la caserne des pompiers du village, voit encore son père de temps à autre. Très fragile psychologiquement, il termine sa scolarité secondaire en institut spécialisé.
À 18 ans à peine, à la rue, en plein hiver
Mais ce parcours presque stable vrille quand l’Aide à l’enfance (ASE) lui rappelle, à 17 ans, que son contrat va s’interrompre à sa majorité. «Ils m’ont proposé de retourner chez mon père. Mais là-bas ça s’est très mal passé et il m’a foutu dehors. Je suis alors retourné voir l’ASE mais ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas me reprendre car dans trois semaines je serai majeur.»
[...] Combien sont-ils ces jeunes qui, comme Loïc, se retrouvent sans-abri sitôt quittée l’Aide à l’enfance ? Selon une enquête Elap sur l’accès à l’autonomie de ces jeunes, 8 % de ceux qui sont sortis depuis moins d’un an ont connu un épisode de rue. Selon l’Insee, 26 % des personnes sans-domicile nées en France sont d’anciens enfants placés. Chez les jeunes sans-domicile, cette proportion grimpe même à 36 %. Une surreprésentation qu’a voulu comprendre le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, publié le 1er février, qui zoome sur les parcours des sortants d’institutions, dont l’Aide à l’enfance."
Lire l'article de La croix
Télécharger le 23e rapport sur l’état du mal-logement en France

Protection de l’enfance : quand une enquête de France 3 précipite des décisions gouvernementales

"La télévision fait rarement bouger les lignes de façon significative. L’enquête de “Pièces à Conviction” (France 3) sur les enfants placés, vue par les époux Macron, a pourtant influé sur un processus en cours en l’accélérant.
La diffusion le 16 janvier dernier du magazine d’investigation, Pièces à conviction sur France 3, consacré aux enfants placés (Enfants placés, les sacrifiés de la République), a provoqué des réactions politiques extrêmement rapides. Le gouvernement a annoncé dix jours plus tard la nomination d’un secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’Enfance, et annoncé dans la foulée la mise en place d’une « stratégie nationale », autour d’un secteur qui appellait au secours depuis des années : l’enfance en danger. Alors bien sûr, tout celà était dans les tuyaux, mais le constat terriblement inquiétant de l’enquête de France 3 a sans doute servi d’accélérateur. Au-delà des annonces et promesses, il faudra maintenant suivre de près les mesures concrètes et les améliorations sur le terrain promises par le gouvernement."
Lire l'article de Télérama

Protection de l’enfance : la grande Stratégie nationale toujours attendue…

"Longuement attendue, la feuille de route sur la protection de l’enfance a été finalement présentée ce lundi 28 janvier par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la santé, et Adrien Taquet, tout nouveau secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance. Déclinée en trois grandes orientations, cette feuille de route ouvre une période de concertation qui mènera à une Stratégie nationale pour la protection de l’enfance et de l’adolescence présentée en juillet." La Gazette santé-social, présente les grands axes de la stratégie nationale : renforcer la prévention ; mieux repèrer la maltraitance ; remettre à plat les modes d'accueil ; prévoir un parcours de santé coordonné, pris en charge à 100% par la sécurité sociale pour les enfants placés; plus généralement, repenser la guvernance de la protection de l'enfance.
Accedez au dossier de la gazette des communes

Protection de l’enfance : l’Etat français s’est-il désengagé ?

Dominique Versini présente de façon précise la protection de l'enfance et, face au manque d'informations et aux amalgames dans les médias, cette présentation est utile.
Cependant Dominique Versini fait aussi des amalgames en présentant tous les enfants de la protection de l'enfance comme ayant des parents maltraitants. Voir à ce sujet: Les causes des placements d’enfants et d'adolescents en institutions et familles d’accueil


Sans-abri : les associations re-sonnent l'alerte et réclament la mobilisation des locaux vides

Quinze associations nationales ou engagées en Ile-de-France dénoncent "l'intolérable banalisation de la situation" des hommes, femmes et familles laissés à la rue. Qu'il s'agisse de résoudre la situation particulière des migrants sans hébergement, qui s'organisent en campement, ou des autres sans-abris que les services du 115 ne sont pas en mesure de tous prendre en charge, elles pointent du doigt le défaut de volonté politique de l'Etat.
Accedez aux ASH

Le fichier censé mieux prendre en charge les mineurs isolés a été créé

"Le décret suscite l’inquiétude du défenseur des droits, Jacques Toubon, du Conseil national des barreaux, du Conseil national de protection de l’enfance et de plusieurs ONG."
Protection de l’enfance ou lutte contre l’immigration irrégulière ? Le décret créant un fichier des mineurs isolés étrangers, très attendu par les départements pour alléger le fardeau financier de leur prise en charge, a été publié jeudi 31 janvier, ravivant les craintes des associations d’un tour de vis dissuasif.
Le texte paru au Journal officiel « modifie la procédure d’évaluation » des mineurs non accompagnés (MNA) pour « renforcer le concours de l’Etat », avec un fichier centralisant les évaluations menées dans divers départements. La récente loi sur l’asile et l’immigration avait, dans son article 51, prévu la mise en place d’un tel fichier d’« appui à l’évaluation de la minorité » qui compilera l’état civil, la langue parlée, mais aussi « les images numérisées du visage et des empreintes digitales de deux doigts »."
Le nombre de mineurs non accompagnés a triplé en deux ans, pour s’établir à 40 000 pris en charge fin 2018, selon l’Assemblée des départements de France (ADF). L’institution chiffre à 2 milliards d’euros le coût pour les départements, compétents au nom de la protection de l’enfance.
Concrètement, un département pourra envoyer en préfecture le jeune demandant une évaluation, afin que son identité soit prise et comparée avec les données du fichier. S’il sollicite l’aide de l’Etat, le département devra en échange lui transmettre le résultat de son évaluation pour mettre à jour la base de données. Consultable par certains agents des préfectures, du ministère de l’intérieur et des conseils départementaux, le fichier vise à « mieux garantir la protection de l’enfance » mais aussi à « lutter contre l’entrée et le séjour irréguliers des étrangers en France », précise le décret.
Lire l'article du Monde


Revue de presse 25 janvier 2019


Mineurs isolés étrangers : la Croix-Rouge interpellée

"Un collectif d’ONG et d’associations a adressé à Libération et à Lien Social une lettre ouverte au Président de la Croix-Rouge, critiquant sévèrement ses pratiques en matière d’accueil à Paris des mineurs isolés étrangers.
Nous vous la livrons ci-dessous :
" Monsieur le président,
Nous tenons à vous alerter sur la situation critique des mineurs isolés étrangers à Paris. Nous, associations et bénévoles présents sur le terrain, sommes les témoins quotidiens de situations intolérables tant sur les plans humain, médical et juridique. Nous constatons chaque jour des conditions d’accueil et d’évaluation contrevenant à la réglementation française, aux recommandations du Défenseur des droits et aux principes internationaux régissant les droits de l’enfant. Ces observations concernent le dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers (Demie), dont la gestion a été confiée à la Croix-Rouge française par la mairie de Paris. Les dysfonctionnements de ce service sont la source de souffrances qui s’ajoutent aux parcours chaotiques de ces jeunes en demande de protection.
Humanité, impartialité, indépendance et neutralité, ces principes fondent l’action de la Croix-Rouge. Pourtant, à Paris, nous constatons un écart considérable entre ces principes et la pratique de vos services en matière d’accueil des mineurs isolés."
Lire l'article de lien scial

Le député Adrien Taquet nommé secrétaire d'Etat à la Protection de l'enfance

"Elu député pour la première fois en 2017, Adrien Taquet avait déclaré vouloir «bosser sur les angles morts de la République», notamment les sujets de handicap, autisme ou la condition des détenus.
Le nouveau secrétaire d’Etat devra piloter la «stratégie nationale pour la protection de l’enfance et de l’adolescence», qui doit être présentée lundi après plusieurs mois de reports."
Lire l'article de Libération

DÉMOCRATIE Politique : la défiance n’est pas une fatalité

"La crise des gilets jaunes l’a montré, les Français n’ont plus confiance dans leurs institutions politiques. Alors que l’abstention aux élections présidentielles et législatives est en hausse continuelle depuis des décennies, notamment parmi les classes populaires et les jeunes, le dernier « baromètre de la confiance » du Cevipof mesure l’importance de cette défiance : 69 % des sondés affirment ressentir « méfiance » et « dégoût » vis-à-vis des politiques. La démocratie représentative, la Ve République, le « présidentialisme », les partis... ne convainquent plus nos concitoyens. Quelles solutions pour réenchanter les institutions ? Petit tour d’horizon."
Lire l'article d'Alternatives économiques

Famille d’accueil : une vocation en crise ?

Elles accueillent au quotidien près de 85 000 enfants et jeunes majeurs en France. Les familles d'accueil, que l'on appelle désormais les assistants familiaux, sont de moins en moins nombreuses. Estimées à 50 000 il y a sept ans, elles seraient aujourd’hui environ 45 000.
Selon l'inspection générale des affaires sociales (IGAS), qui a mené une enquête en 2013, "le constat commun à tous les départements, avec des degrés inégaux de gravité, est bien celui du net vieillissement des assistants familiaux face à des besoins qui ne diminuent pas" , et pour cause, le nombre de placements a augmenté de 4,6% entre 2016 et 2017."



Revue de presse 15 janvier 2019


Les audiences de surendettement

Ils ont pris un crédit, un deuxième, puis un troisième pour rembourser les intérêts des deux premiers. Certains n'ont tout simplement pas pu payer les factures d'électricité qui se sont accumulées. Ils veulent rembourser, mais ne savent pas comment s'y prendre puisqu'ils n'arrivent déjà pas à finir le mois.
Au tribunal d'Instance d'Arras, dans le Pas-de-Calais, la juge Véronique Delèlis reçoit les personnes convoquées pour examiner leur situation de surendettement. Elles ont toutes demandé une aide de la Banque de France pour trouver la solution la plus juste : effacement de la dette, nouvelles mensualités, vente d’un appartement..."



La France inégale : écarts de revenus, fluctuations territoriales

"Au coeur du grand débat national proposé par le chef de l'état et mis en avant lors de la mobilisation des gilets jaunes se trouve avant tout la question des inégalités de pouvoir d'achat entre les Français. The Conversation France republie la carte d’Hervé Le Bras : «La France inégale : écarts de revenus, fluctuations territoriales»."
Cet artcile d'Hervé Lebras contient des cartes passionnantes de la pauvreté et de la richesse en France, ainsi que la cate des inégalités de revenus.
Lire l'article de the conversation

Lettre aux Français : "déception" des associations car "il n'y a rien sur la pauvreté, les sans-abri, le mal-logement"




Revue de presse 05 janvier 2019


« Nous dénonçons la non-protection de centaines d’enfants en danger »

Après l'alerte des 15 juges des enfants de Seine-Saint-Denis (voir la revue de presse du 10 décembre), dans une tribune au « Monde », "un collectif de professionnels de la protection de l’enfance appelle les pouvoirs publics à faire de cette thématique une cause nationale.
Extrait : "Nous, éducatrices et éducateurs spécialisés, assistantes et assistants sociaux, psychologues, secrétaires, chefs de service du SIOAE 93 de l’Association vers la vie pour l’éducation des jeunes (AVVEJ), soutenons pleinement la tribune des 15 juges des enfants du Tribunal de grande instance de Bobigny du 5 novembre 2018, dans laquelle ils dénoncent le naufrage de la protection des mineurs en Seine-Saint-Denis.
Professionnels de l’enfance et de la famille, nous rencontrons, à la demande du juge des enfants, des familles dont un enfant se trouve en situation de danger, c’est-à-dire lorsque « sa santé, sa sécurité, sa moralité sont en danger (…), ou que les conditions de son éducation, de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises » (art. 375 et suivants du Code civil). Ces mesures éducatives judiciaires ont pour objectif d’apporter un éclairage au juge sur la situation et l’histoire familiale, d’apprécier la nature et le degré du danger, et d’accompagner l’enfant et ses parents dans les difficultés rencontrées, afin de tenter d’y remédier.
Nous partageons avec les juges des enfants, le constat dramatique d’une impossibilité de mener à bien les missions qui nous sont confiées par l’Etat et le Conseil départemental. Nous sommes confrontés à une quantité grandissante de mesures éducatives qui viennent grossir les listes d’attente de tous ces enfants dont la situation de danger est avérée, et qui constituent des « mesures fictives » pouvant attendre jusqu’à dix-huit mois.
Nous dénonçons la non-protection de centaines d’enfants en danger : près de 900 enfants sont en attente d’une intervention éducative décidée par le juge, dans le département de la Seine-Saint-Denis. La situation devient alarmante : un enfant de 3 ans qui a été signalé par un membre de sa famille, son école ou un voisin, sera – sauf péril imminent – pris en charge par notre service lorsqu’il aura au moins 5 ans. Or le temps d’un enfant n’est pas celui d’un adulte, et sa construction psychique pourra se trouver entravée de manière parfois irréversible à cet âge."
Lire la tribune dans le Monde.fr

Paralysée par la montée des populismes, l’Europe impuissante face au drame des migrants

"Alors que la Méditerranée est devenue la voie de migration la plus meurtrière du monde, les Etats européens semblent incapables de mettre sur pied une politique commune d’accueil. [...] L’accord européen conclu en juin 2018 sur la création de « plates-formes de débarquement » et de « centres contrôlés » n’a toujours pas été mis en application. A quelques mois d’élections européennes où chaque pays redoute une nouvelle montée de l’extrême droite, la paralysie est totale. La seule « efficacité » de l’Europe semble être, vu la chute des arrivées, les accords conclus avec des pays de transit tels que la Turquie et la Libye. Une efficacité discutable, sinon morbide, quand on connaît les conditions de survie dans un pays en guerre comme la ­Libye. Le HCR appelle les pays européens à « sortir de l’impasse ».
Lire l'article du Monde

Les "stylos rouges", des professeurs en colère

"Après les "gilets jaunes", voici les "stylos rouges", un groupe Facebook d'enseignants qui souhaitent dénoncer les conditions de travail dans l'Éducation nationale. Ils promettent des actions concrètes dans les semaines à venir."



Revue de presse 31 decembre 2018


Logement-hébergement : Les associations poussent un cri d'alarme

"Nous [les associations] ne sommes plus capables de dire aux gens dans la rue que leur situation va s’améliorer…", déclarait, ce mercredi 19 décembre, en conférence de presse, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, en tant que porte-parole du Collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement des personnes sans abri et mal logées (CAU). Des témoignages venus du Samu social de Lyon, du SIAO (service intégré de l'accueil et de l'orientation" de Haute-Garonne, ou encore de Médecin du monde sur la question spécifique des personnes exilées à Paris, ont appuyé cet aveu d’impuissance sur le terrain.
"On passe nos journées à dire ‘on est désolé, on n’a pas de solution’ ", raconte Valérie Gratias, assistante sociale de SIAO, à Toulouse. Au 115, le "taux de décrochés" (appels décrochés par un opérateur) est inférieur à 10 %. Et seules 5 % des personnes sans-abris ayant un interlocuteur au bout du fil se voient proposer une solution. "Concrètement, à Toulouse, c’est une cinquantaine d’hommes par jour auxquels on ne peut donner de solution, entre 15 et 20 femmes et entre 50 et 70 familles…", énumère la travailleuse sociale. Quant à la gestion hivernale, ajoute-t-elle, "contrairement à Paris, elle n’a pas du tout été anticipée : les services de l’Etat ont lancé des appels à projet fin octobre. Le plan hivernal n’a donc pas encore débuté…"."
Lire l'article des ASH

Migrants : l’Etat français accusé de « mise en danger délibérée » par plusieurs associations

"Quatorze associations dénoncent « la faillite de l’Etat » dans la protection et la mise à l’abri des migrants, dans une tribune publiée dimanche dans « Le JDD ».
La charge à l’encontre d’Emmanuel Macron et de l’Etat français est lourde. Celle-ci est à la hauteur de la colère exprimée par les associations qui travaillent auprès des migrants. Médecins du monde, le Secours catholique et douze autres associations accusent l’Etat français de « mise en danger délibérée » des migrants, dans une tribune publiée le 30 décembre par Le Journal du dimanche.
« A ce jour, nous ne pouvons que constater la faillite de l’Etat dans l’exercice de sa responsabilité de protection, de mise à l’abri et d’accueil inconditionnel », écrivent les associations dans une lettre ouverte adressée au président de la République.
Que cela soit « à Paris, en Ile-de-France, mais aussi à Grande-Synthe, sur le littoral nord, ailleurs », le sort des migrants « confine à une mise en danger délibérée » critiquent les associations, qui exigent des réponses « à la hauteur de la situation d’urgence ».
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 24 decembre 2018


Défenseur des droits :« Exilés et droits fondamentaux, trois ans après le rapport Calais »

"Le 6 octobre 2015, le Défenseur des droits publiait un rapport intitulé « Exilés et droits fondamentaux : la situation sur le territoire de Calais » dans lequel il dénonçait les conditions de vie indignes et les atteintes aux droits fondamentaux des exilés à la frontière franco-britannique.
Trois ans après, le Défenseur des droits a souhaité dresser un nouveau bilan – élargi aux campements de Grande-Synthe, Ouistreham et Paris – en s’appuyant sur une quinzaine de visites sur place et l’instruction contradictoire des réclamations qui lui ont été adressées. Ce rapport dresse un constat très préoccupant du traitement des exilés sur le territoire français. Le Défenseur des droits relève des atteintes inédites aux droits fondamentaux des exilés et adresse des recommandations aux pouvoirs publics.
Le Défenseur des droits constate que les entraves persistantes à l’entrée dans la procédure d’asile, la saturation des dispositifs d’accueil des exilés, leur manque d’informations et le contrôle de leur situation administrative lors de leur mise à l’abri conduisent les campements évacués à systématiquement se reformer et contraignent les exilés à subir des conditions de vie que le Conseil d’État a qualifiées, en 2016 et 2017, de « traitements inhumains ou dégradants ».
Le Défenseur des droits recommande à l’Etat de se conformer au droit positif et de garantir aux exilés un droit inconditionnel à l’hébergement, des conditions de vie dignes ainsi qu’une prise en charge de leur santé, notamment de leurs troubles psychiques nés d’un parcours migratoire et d’un accueil difficiles. Quant aux mineurs, le Défenseur des droits souhaite l’adoption urgente de mesures favorisant la pérennité de leur mise à l’abri, de leur évaluation et de leur prise en charge. Il est également nécessaire de simplifier les procédures d’asile et de réunification familiale, aujourd’hui trop peu accessibles."
Lire le rapport du défenseur des droits

« Le mouvement des “gilets jaunes” est avant tout une demande de revalorisation du travail »

"Yann Le Lann est maître de conférences en sociologie à l’université de Lille. Spécialiste du travail, il a coordonné l’enquête du collectif Quantité critique, composé de chercheurs et de doctorants de Lille et de Sciences Po Paris, qui a analysé le mouvement des « gilets jaunes » durant un mois. Le sociologue estime que l’identité du mouvement est centrée sur la reconnaissance du travail."
Extrait : "Quel est le positionnement politique des « gilets jaunes » de votre échantillon ?
On a trois blocs quasi égaux de 20 % entre les abstentionnistes et votes blancs, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et ceux de Marine Le Pen. On a vu se confirmer une polarité au sein du mouvement entre la gauche radicale et l’extrême droite, avec, au milieu, une zone grise difficile à cerner. Mais le sentiment que le gouvernement ne respecte plus la souveraineté populaire, qu’il est en rupture avec les intérêts du peuple, unifie ces trois pôles. D’une manière générale, nous avons perçu une défiance totale vis-à-vis de tous ceux qui ont été aux affaires depuis quarante ans."
Lire l'article sur le Monde.fr


Revue de presse 17 decembre 2018


Leurs enfants après eux. Dans le Nord, la protection de l’enfance en mode dégradé

"Depuis le mois d’octobre, les travailleurs sociaux du Nord se mobilisent pour dénoncer les mesures d’économies qui frappent la protection de l’enfance.
Réunis au sein du « collectif dégradé », les travailleurs sociaux accusent le Conseil Départemental d’avoir supprimé 700 places en foyer depuis 2015, laissant les enfants qu’il est censé protéger sur le carreau. Ballottés de foyers d’urgence en familles d’accueil provisoires, certains restent parfois même au domicile familial, malgré les ordonnances de placement des juges pour enfants."


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Pauvreté : comment sortir de la honte ?

"A l’origine de cet épisode, il y a une étude menée à l’université d’Oxford. Elle porte sur l’universalité du sentiment de honte qui accompagne la pauvreté. "La honte est une des causes de la pauvreté", décrit le prix Nobel d’économie Amartya Sen.
La lutte contre la pauvreté est vaine si elle ne prend pas en compte la restauration de l’estime de soi, nous explique Claire Hédon, la présidente d’ATD Quart-Monde dans cet épisode. Il y a l'idée que les pauvres profiteraient du système mais derrière il y a aussi "qu'est-ce que vous avez fait pour vous retrouver dans cette situation ?, donc une question de culpabilité"



Le Cese veut un plan d’urgence pour les SDF

"aute d’un volet Logement, le plan Pauvreté ne répond pas aux besoins des personnes sans domicile fixe. La ministre renvoie au plan Logement d’abord. Face à l’urgence, le Conseil économique, social et environnemental préconise trois axes d’actions immédiates : l’accompagnement, notamment par un maillage territorial d’équipes citoyennes ; la sécurité et la dignité des femmes et des jeunes de plus en plus nombreux à la rue, notamment par la création de haltes de jour et de nuit ; et enfin la production de logements très sociaux pour débloquer le système d’accueil et d’hébergement.
Combien sont-ils ? 143 000, a dénombré l’enquête Insee en 2012. Bien plus, de l’avis des professionnels. La Fondation Abbé-Pierre comptabilise 896 000 personnes privées de logement personnel. C’est ceux-là, qui « dorment dans la rue, dans des sous-sols ou des abris de fortune », que cible le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Son avis, « l’urgence d’agir », présenté en assemblée plénière le 12 décembre 2018, a été adopté par 154 voix pour et 12 abstentions."
Lire l'article de la Gazette santé-social

Les gilets de la Somme

"A la veille de la première manifestation du 17 novembre, cinq "gilets jaunes" de Doullens et Péronne, dans la Somme, reviennent sur les raisons de leur colère et racontent comment l’appel Facebook qu’ils ont lancé a déclenché un mouvement très suivi dans leurs communes."



Gilets jaunes : “La symbolique monarchique s’est retournée contre Emmanuel Macron”, par Annie Ernaux

Comment analyser ce mouvement social inédit qui agite la France depuis plusieurs semaines ? Télérama a proposé à plusieurs artistes de livrer leur regard sur les Gilets jaunes. Voici le point de vue de l’écrivaine Annie Ernaux.
Lire l'article de Télérama

Les analyses du géographe Jacques Lévy et du sociologue François Dubet




Revue de presse 10 decembre 2018


Laurent Mucchielli : Deux ou trois choses dont je suis presque certain à propos des « gilets jaunes »

"À la différence de la plupart des commentateurs que l’on peut entendre tous les jours donner leurs avis dans les médias, il est difficile pour un chercheur de s’exprimer sur un sujet sur lequel il n’a pas enquêté. L’enquête en sciences sociales n’a en effet pas grand-chose à voir avec les reportages télévisés que l’on peut voir ou revoir en quelques clics sur Internet, ni avec les verbatim rapportés ici et là par les journalistes et dont on ne peut pas présumer de la représentativité à l’échelle nationale, ni même à l’échelle locale d’ailleurs.
Plutôt que de se précipiter pour mettre des mots d’allure savante sur des choses mal connues, ou pour fournir des interprétations toutes faites informant davantage sur les représentations de leurs auteurs que sur la réalité qu’ils prétendent éclairer, on souhaite ici partager simplement quelques enseignements tirés d’une expérience de sociologue ayant, dans un passé récent, travaillé sur diverses formes de violences sociales et politiques (notamment les émeutes), ainsi que sur les stratégies sécuritaires (notamment le maintien de l’ordre) déployées à leur encontre par les pouvoirs publics."
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Débat : peut-on encore gouverner à l’heure des réseaux sociaux ?

"Les autorités de l’État et les élus (et pas seulement ceux de la majorité, ne nous leurrons pas) font face à une défiance d’une ampleur inédite, à laquelle il est bien difficile de trouver une réponse, tant les revendications sont à la fois hétérogènes et individualistes (une par sous-catégorie de la population), irréalistes et contradictoires (davantage de services publics, mais moins d’impôts ; plus de croissance, mais moins de concurrence ; plus de sécurité, mais moins de règles), et déconnectées d’enjeux aussi fondamentaux que le réchauffement climatique ou l’endettement du pays.
Comment expliquer qu’on en soit arrivé là aussi vite ? Le premier constat, c’est que la révolte des gilets jaunes n’est qu’un symptôme de plus d’un mal plus profond, celui qui a conduit au Brexit, à l’élection de Viktor Orban, Donald Trump, Matteo Salvini et Jair Bolsonaro, et qui garantit l’inamovibilité de Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan.
Les causes de ce syndrome sont connues : déclin des idéologies, affaiblissement des corps intermédiaires, pessimisme généralisé, peur du déclin (social, économique, industriel, environnemental, culturel, religieux…), crainte des grands changements (mondialisation, migrations, concurrence internationale, terrorisme, métropolisation…) et opportunisme des marchands de peur et de rêve, qui attisent l’angoisse et la haine, fonds de commerce de leurs prospères PME populistes et médiatiques.
A cela s’ajoutent la toute-puissance des réseaux sociaux, qui bousculent les logiques traditionnelles des mobilisations, de la communication, de l’information et du fonctionnement de l’espace public."
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Protection de l’enfance en danger : une journée au Tribunal pour Enfants de Bobigny

"Début novembre, les 15 juges pour enfants du Tribunal de Bobigny publiaient une tribune collective pour dénoncer le manque de moyens humains et financiers qui frappe la justice des mineurs, et plus particulièrement la protection de l’enfance.
En Seine-Saint-Denis, les mesures d’assistance éducatives ordonnées par les magistrats sont soumises à des délais inacceptables, pouvant aller jusqu’à 18 mois, faute d’éducateurs pour les mettre en œuvre. Près de 900 familles sont en attente et 3 893 nouveaux signalements d’enfants en danger sont parvenus au tribunal de Bobigny en 2017, soit 12 % de plus qu’en 2016.
Pourtant, les enjeux sont cruciaux pour toute la société. Car des enfants mal protégés seront des adultes d’avantage vulnérables, plus facilement en proie à toute sorte de violence - physique, sexuelle, et y compris terroriste."
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Revue de presse 3 decembre 2018


Didier Dubasque : "Gilets jaunes : la violence peut-elle être contenue ? si oui comment ?

Analysant la violences des conflits sociaux actuels, Didier Dubasque cite Georges Sorel :"Cette « force que l’on use dans la contestation sociale ou dans la répression des conflits sociaux » a été théorisée en 1908 par Georges Sorel dans un ouvrage intitulé « Réflexions sur la violence » que vous pouvez lire ici. Il était philosophe et sociologue, connu pour sa théorie traitant du syndicalisme révolutionnaire. Il peut être d’ailleurs considéré comme un des principaux introducteurs du marxisme en France. Dans son ouvrage Georges Sorel indiquait que « la violence prolétarienne change l’aspect de tous les conflits au cours desquels on l’observe ; car elle nie la force organisée par la bourgeoisie, et prétend supprimer l’État qui en forme le noyau central ». Il semble que nous ne soyons pas si loin de cette description chez certains activistes actuels."
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PORTRAIT A quoi carburent les gilets jaunes ?

"Après deux journées de protestation, un halo de mystère entoure toujours les gilets jaunes. Qui sont-ils ? Que demandent-ils ? Connaît-on des précédents à ce type de mobilisation ? Historiens, géographes, sociologues : de nombreux chercheurs se sont penchés sur ce mouvement inhabituel pour tenter de répondre à ces questions. Si leurs analyses ne remplacent pas une enquête en bonne et due forme, elles permettent d’y voir plus clair sur une contestation bien plus complexe qu’il n’y paraît. Photo de groupe en quatre points."
Extrait : "Incontestablement, les gilets jaunes ont quelque chose de singulier. Selon l’historien Gérard Noiriel, leur nouveauté réside dans « la dimension d’emblée nationale d’un mouvement spontané » : « Il s’agit en effet d’une protestation qui s’est développée simultanément sur tout le territoire français (y compris les DOM-TOM), mais avec des effectifs localement très faibles », grâce notamment aux réseaux sociaux, mais aussi à la bienveillance des chaînes d’information continue, qui ont couvert la mobilisation avant même qu’elle soit effective. « On peut même aller jusqu’à se demander dans quelle mesure nous ne sommes pas en train d’assister à une forme de prophétie autoréalisatrice », s’interroge le sociologue Alexis Spire."
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« Gilets jaunes » : « La priorité est d’apporter des solutions rapides au recul des services de proximité»

Pour répondre au sentiment d’abandon des campagnes, Dominique Marmier, président national de Familles rurales, dans une tribune au « Monde », suggère à l’Etat de garantir un socle minimum universel de services publics couvrant la santé, l’éducation, la mobilité et le numérique.
La mobilisation des « gilets jaunes », liée à l’augmentation des prix des carburants, exprime une forte colère populaire liée à l’accumulation des taxes et à la baisse du pouvoir d’achat. Elle n’est pas seulement conjoncturelle, mais révèle une cassure structurelle plus profonde.
L’écart se creuse entre une population urbaine vivant dans les grandes métropoles, diplômée, parfaitement intégrée dans la mondialisation et la révolution numérique, et une population vivant à l’écart de ces grands ensembles, dans les territoires ruraux et périurbains, dont les préoccupations quotidiennes divergent du fait du recul des services publics, du manque de solutions de mobilité et de l’explosion des dépenses contraintes.
Au sens large, cette France représente plus de 27 millions de personnes, soit plus de 40 % de la population (Typologie des campagnes françaises, Datar, 2011).
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Revue de presse 25 novembre 2018


Logements indignes, la mort chez soi

Marseille, record d’insalubrité
Triste actualité : déjà en 2015, la fondation Abbé Pierre avait évoqué 40 000 logements indignes marseillais, concernant 100 000 habitants, proportions nulle part vues ailleurs. L’effondrement meurtrier de deux immeubles, le 5 novembre dernier, est venu illustrer ce constat. Arrêtés de péril pris en vain, immeuble visé virtuellement par le plan d’habitat indigne (EHI), copropriété notoirement dégradée… mais le quartier concerné, Noailles, ne compte que 5% de logements sociaux.
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"Gilets jaunes" : "On aurait tort de réduire ce mouvement à l'extrême droite"

Les revendications sont difficiles à saisir car nous ne sommes pas face à un mouvement structuré, porté par des représentations comme des syndicats ou un parti... Ils le disent tous, d'ailleurs : l'augmentation du carburant est finalement un prétexte, la goutte d'eau qui fait déborder le vase, pour exprimer une colère plus générale.
Les discours sont marqués par le sentiment d'injustice. Ce sont des gens qui ont des budgets extrêmement contraints et des fins de mois difficiles, qui peuvent entendre le fait de devoir se serrer la ceinture, mais il faut que la charge soit équitablement répartie. Clairement, il y a le sentiment que ce n'est pas le cas actuellement.
Lorsqu'on parle avec eux, ils disent qu'ils peuvent faire face à quelques centimes d'augmentation sur les carburants, mais ils parlent du coût de la carte grise, de la CSG dans le cas des retraités... Dans ce contexte, ils refusent par exemple de contribuer au renouvellement de la porcelaine de l'Elysée. Cela peut être poujadiste mais ils ont le sentiment réel qu'ils payent pour que les riches s'enrichissent et que les classes moyennes, elles, ne voient rien venir.
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Handicap : malaise dans le secteur « protégé et adapté »

"Salariés sous pression, grèves, conflits… Des travailleurs handicapés et des membres de l’encadrement dénoncent les conditions de travail dans certains établissements et services d’aide par le travail et dans certaines entreprises adaptées.
Pour les personnes lourdement handicapées, les établissements et services d’aide par le travail (ESAT) et les entreprises adaptées (EA) représentent bien souvent la seule porte d’entrée vers l’emploi. Ces structures à vocation sociale, qui composent ce que l’on appelle « le secteur protégé et adapté » ont pour mission d’accueillir les personnes les plus éloignées de l’emploi du fait de leur handicap. Mais tout n’est pas rose au sein de ces établissements. A l’instar des entreprises en milieu « ordinaire », les ESAT et les EA ne sont pas épargnées par des tensions en leur sein."
Lire l'article du Monde

Enfants "cassés", familles d'accueil "épuisées"

""Quand on débute, on s'attend à voir arriver un enfant avec un petit sac sur le dos, un doudou sous le bras, comme dans un film. Et puis finalement, on se prend la misère en pleine figure." Sophie*, 63 ans, est "famille d'accueil" depuis dix ans. Dix enfants ont séjourné chez elle, en Haute-Garonne. Entre 200 et 250, si l'on compte ceux accueillis le temps d'un week-end ou pour les vacances. "
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Revue de presse 18 novembre 2018


Aujourd’hui, 21 000 enfants grandissent à l’hôtel social en Île-de-France.

Manifeste du Samu Social :"L’hébergement à l’hôtel est arrivé à saturation. Avec plus de 40 000 personnes hébergées chaque jour à l’hôtel en Ile-de-France, dont la moitié d’enfants, les capacités hôtelières ne permettent plus d’absorber le flux de nouveaux demandeurs. Ce type d'hébergement doit être transitoire pour les familles, avant qu'elles puissent être orientées vers un logement durable.
Ce que nous proposons :
  • Engager un programme d’accès au logement pour les familles
  • Agir ensemble pour l’avenir des enfants
  • Développer les actions de notre programme "Mieux vivre à l'hôtel"
"
Acceder au site du Samu Social

Patrick Lacoste urbaniste à Marseille : "il faut arrêter avec l'indolence [envers les marchands de sommeil]"



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Revue de presse 11 novembre 2018


Le secours catholique publie son état de la pauvreté en France

"Le Secours Catholique-Caritas France publie jeudi 8 novembre son Rapport statistique annuel État de la pauvreté en France 2018. Constats et analyses sur la précarité issus de l’observation sur l'ensemble du territoire national de plus de 86 000 situations (sur les 1 363 000 personnes accueillies en 2017). Pour son rapport 2018, l'association a également mené une enquête auprès de plus de 3 000 personnes afin de définir la base d'une protection sociale inclusive de tous et en particulier des plus fragiles. "
51% des ménages sont des familles avec enfants dont plus de la moitié de familles monoparentales. Les mineurs réprésentent plus de 40% des personnes accompagnées."
Extrait sur le seuil de pauvreté (60% du revenu médian : "« ce seuil de 1000 € est de moins en moins pertinent ». Notamment parce que le prix des biens qui occupent la plus grande place dans le budget des ménages modestes (logement, énergie, transport) augmente plus vite que l’ensemble. « Les personnes qui sont juste au-dessus vont, à un moment donné, devoir arbitrer entre se nourrir, payer leur loyer ou régler leurs factures. »".
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Prix des carburants : des contradictions sociales surmontables

Dans cet article Jean Gardet critique la pensée unique consistant à augmenter les taxes sur les énérgies fossiles pour en limiter l'usage, et montre l'injustice sociale de cette politique.
"En pourcentage du revenu des ménages après impôt, le poids des dépenses énergétiques est de 15 % en moyenne pour les 20 % les plus pauvres et de 6 % pour les 20 % les plus riches. Pour les carburants, ces chiffres sont respectivement de 4,6 % et 2,4 %. Avec de telles inégalités, les politiques actuelles fondées sur les seuls prix sont « antisociales ». Elles creusent encore les écarts.
À cela s’ajoute actuellement, pour la majorité des gens, la conviction que l’injustice fiscale est de mise dans ce pays et que les choses ont nettement empiré avec le « Président des riches », de sorte que la hausse des prix des carburants est pour certains la mesure injuste de trop, vécue comme telle au quotidien, « à la pompe »."
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L’insertion des immigrés, de l’arrivée en France au premier emploi

La moitié de la population des immigrés d’âges actifs (15-64 ans) est arrivée en France avant 1998. Parmi ceux qui sont arrivés à l’âge de 15 ans ou plus, près de la moitié déclarent avoir émigré pour des raisons familiales.
L’immigration se féminise au fil des années et les femmes sont désormais aussi nombreuses que les hommes à venir étudier en France. La population immigrée est de plus en plus diplômée, pour des raisons qui tiennent à la fois aux niveaux d’études plus élevés atteints par les parents et à la poursuite des études en France de personnes arrivées enfants ou comme étudiants.
Quatre immigrés sur dix ne parlaient pas ou peu le français lors de leur premier emploi en France. Un tiers de ceux qui sont en emploi considèrent qu’ils sont surqualifiés. À caractéristiques égales, le sentiment de surqualification dans le premier emploi occupé en France est plus fort parmi les immigrés qui ne parlaient pas le français.
Parmi les immigrés arrivés en France à l’âge de 15 ans ou plus, un tiers de ceux devenus français ont acquis la nationalité dans les cinq ans qui ont suivi leur arrivée.
Acceder au dossier de l'INSEE

Psychologues et psychiatres réunis à Paris pour un colloque sur la radicalisation

Les États généraux psy sur la radicalisation, organisés par le Centre d’étude des radicalisations et de leurs traitements, se tiennent à Paris jusqu’à dimanche pour savoir où en est la compréhension des mécanismes de la radicalisation, notamment chez les adolescents et la façon de les traiter.
"Toutes les familles sont différentes, "dans leur parcours, dans leur religion ; parfois ce sont des familles très unies, parfois elles ont eu des traumatismes catastrophiques dans le passé, d’autres ont l’air assez banales et assez tranquilles", mais les soignants ont souvent trouvé un phénomène commun, celle d’une emprise familiale autour du jeune. C'est un point de départ pour orienter le travail explique Serge Hefez.
"Toutes ont une connotation un peu, je dirais, sectaire au sens où elles sont très repliées autour de l’adolescent dans des mécanismes d’emprise extrêmement fort.""
Voir l'article de France-Inter

Les expulsions d'étrangers en situation irrégulière en hausse de 20% en 2018

"C'est "une reprise nette des éloignements" pour le ministre de l'Intérieur. Christophe Castaner a annoncé, mardi 6 novembre, devant l'Assemblée nationale, que les expulsions d'étrangers en situation irrégulière avaient augmenté de 20% en 2018. "L'entrée en fonction de ce gouvernement a marqué un tournant" dans la lutte contre l'immigration irrégulière, a affirmé le ministre, qui présentait le projet de budget 2019 de l'immigration.
"Après une hausse de 14% en 2017, nous constatons cette année une nouvelle augmentation de 20% des étrangers quittant le territoire national alors qu'ils ne disposent pas du droit de séjour", a-t-il poursuivi. Il y a eu 14 859 éloignements forcés en 2017, selon les chiffres de la Direction générale des étrangers en France."
Acceder à France-Info

Pourquoi la démocratie vacille-t-elle ?

Dans cet article Kaushik Basu,économiste indien, ancien chef économiste de la Banque mondiale, analyse la multiplication des dirigeants populistes anti-démocrates comme un effet des avancées technologiques et de la mondialisation :
"Nous vivons un tournant historique.
Le progrès technologique rapide (notamment le développement des techniques numériques et de l’intelligence artificielle) transforme la manière dont l’économie et la société fonctionnent. Les nouvelles technologies sont porteuses de nombreux avantages, mais elles posent aussi de graves défis : toute une partie de la population a été abandonnée à un sentiment de vulnérabilité, d’anxiété, voire de colère."
La baisse de la part des salaires dans le PIB est l’une des conséquences des avancées technologiques récentes. Un nombre relativement limité de personnes accaparant une part de plus en plus grande des revenus sous la forme de salaires ou de profits, l’augmentation des inégalités de revenus et de patrimoines suscite un grand sentiment de frustration à l’égard du système économique et politique.
Lire l'article d'Alternatives économiques


Revue de presse 5 novembre 2018


Juges des enfants en Seine-Saint-Denis : « Notre alerte est un appel au secours »

"Nous, juges des enfants du Tribunal de grande instance de Bobigny, souhaitons alerter sur la forte dégradation des dispositifs de protection de l’enfance en Seine-Saint-Denis. Juges des mineurs délinquants, nous sommes, aussi, juges des mineurs en danger. A ce titre, nous devons répondre à l’exigence de protection des enfants, parfois très jeunes, que leur situation familiale met en péril : violences physiques, sexuelles, psychologiques, délaissement parental, négligences dans les soins et l’éducation.
La loi nous permet, dans les cas où une séparation s’impose, de retirer l’enfant de son milieu familial. Elle nous permet aussi d’ordonner des mesures d’investigation ou d’accompagnement éducatif qui permettent, lorsque la situation s’y prête, de la faire évoluer favorablement en maintenant l’enfant dans sa famille, tout en veillant à son bon développement et à son insertion scolaire et sociale.
Les mesures d’assistance éducative, exercées pour la plupart par le secteur associatif habilité, sont actuellement soumises à des délais de prise en charge inacceptables en matière de protection de l’enfance : il s’écoule jusqu’à dix-huit mois entre l’audience au cours de laquelle la décision est prononcée par le juge des enfants et l’affectation du suivi à un éducateur. Près de 900 mesures, soit 900 familles, sont en attente. Nous en connaissons les raisons : un manque flagrant de personnel, lié aux restrictions budgétaires, dans un contexte où la dégradation des conditions du travail éducatif et social en Seine-Saint-Denis rend plus difficiles les recrutements."
Lire la suite de l'appel sur le Monde.fr

Prendre soin...

France Culture rediffuse cette émission de 2016. Hella, Pauline, Farida et Murielle sont aides-soignantes dans une maison de retraite médicalisée (Ehpad) à Marseille. Le résutat de leur témoignage qui montre les liens étroit entre la maltraitance des aide-soignates et celles des personnes agées/ le renvoi; l'interdiction de dire. D'où cette réédition.



USA : ce que cachent les chiffres du chômage

"Les chiffres du chômage aux Etats-Unis sont au plus bas, à moins de 4%. On pourrait ainsi parler du "plein emploi". Mais il y a l'envers du décor, ce que cachent ces chiffres. Plus de 20 millions d'adultes inactifs en rupture sociale ne sont pas comptabilisés dans les statistiques. Par ailleurs, avoir un emploi aux Etats-Unis ne garantit pas de pouvoir en vivre."



Revue de presse 28 octobre 2018


Tribune: Le malaise enseignant mis à nu

Extrait de la tribune d'Hakim Faïdoli, enseignant en lycée professionnel :"La loi du silence est enfin brisée sur les réseaux sociaux ; il a fallu que la réalité dépasse la fiction. Une arme, même factice, pointée sur un professeur et c’est la France entière qui prend conscience du mal-être enseignant. Beaucoup de professeurs repoussés dans leurs retranchements n’osent plus se plaindre du comportement de certains élèves violents ou vulgaires. La peur de se voir reprocher d’être un mauvais professeur est plus grande que l’urgence de porter à la connaissance de la direction des faits gravissimes. Bref, une espèce d’autocensure s’est subrepticement installée dans les esprits.
Cette autocensure s’est développée à la suite de la réaction d’une partie de la hiérarchie qui ne souhaite pas faire remonter les problèmes internes ou inhérents à l’établissement, de peur que l’établissement ait mauvaise presse. J’ai moi-même vu des professeurs, remis en cause dans leur pédagogie, finir par raser les murs suite à une confrontation avec un élève dans le bureau du chef d’établissement."
Lire l'article de Libération

"Violences scolaires : «Le sentiment d’abandon est totalement justifié"

Pour le chercheur Eric Debarbieux, les enseignants sont trop isolés et pas assez soutenus par leur hiérarchie.
"Ancien instituteur et délégué ministériel chargé de la prévention de la lutte contre les violences en milieu scolaire (2012-2015), le chercheur Eric Debarbieux (1), également président de l’Observatoire européen de la violence scolaire, analyse pour Libération ce que révèle le mouvement #PasDeVague.
Que révèle ce hashtag selon vous ? Une fronde anti-Blanquer ou juste un ras-le-bol ? Est-ce un sentiment nouveau dans le corps enseignant ?
Non… Dans une enquête que j’ai menée en 2016 auprès de plus de 12 000 membres de l’éducation nationale (enseignants, CPE, chefs d’établissement, etc.), ils étaient 64 % à ne pas se sentir respectés par la hiérarchie, visant surtout la haute. J’ai publié ces chiffres dans mon livre Ne tirez pas sur l’école ! (Armand Colin, 2017) dans un chapitre intitulé «le grand ras-le-bol des personnels». Ras-le-bol que j’avais déjà noté dans d’autres enquêtes en 2011 et 2013, tant dans le premier que dans le second degré. C’est d’abord un ras-le-bol de la gestion verticale et des effets d’annonce, du «on défait tout et on recommence», mais effectivement aussi actuellement d’un mépris trop manifeste.
Concrètement, y a-t-il une hausse des violences envers les enseignants ?
La réponse doit être extrêmement nuancée. On ne peut certainement pas parler d’une augmentation globale. Mais de difficultés croissantes quand les équipes changent d’année en année et que l’appel à des contractuels augmente dans certains lieux. La stabilité des personnels est un des tout premiers facteurs de protection, or cette instabilité est très forte dans les zones défavorisées. Il faut des équipes stables et «debout». Si les violences physiques contre les personnels n’augmentent pas et restent extrêmement rares, cela ne veut pas dire qu’il faille les minimiser : les victimes, fussent-elles rares, ont besoin d’un suivi fort et de longue durée."
Nous apprécions particulièrement la conclusion de cet interview : "Un sentiment d’abandon ressort du mouvement sur Twitter. Quelle légitimité peut-on lui accorder ?
Il est pour moi totalement justifié. Je me rappelle cette forte phrase de l’ancienne médiatrice de l’Education nationale, Monique Sassier, qui disait que nous avions besoin d’une gestion humaine des ressources… Le système pyramidal qui est tant éloigné de la base est pour moi parfaitement obsolète."
Lire l'article de Libération

Le spectre des « rixes entre bandes » plane sur Paris et ses alentours

"Deux adolescents sont morts dans la nuit du 23 au 24 octobre à Paris et à Sarcelles dans des bagarres de rue. Par rapport à 2017, le nombre de morts a explosé depuis janvier.
(...)Selon Le Parisien, qui publie un rapport des services de police spécialisés, les forces de l’ordre ont dénombré 159 bagarres de bandes en France entre janvier et août, ce qui constitue une légère hausse par rapport à 2017, avec une très forte concentration (plus de 90 %) pour la seule région Ile-de-France. Le nombre de morts a en revanche explosé. En 2017, un seul était recensé. On en compte une petite dizaine déjà cette année."
Lire l'article du Monde.fr

Mathieu Ichou : Les enfants d'immigrés à l'école

"Comment se construisent les inégalités scolaires qui touchent les enfants immigrés ? Alors qu'un enfant sur 4 en France a au moins un parent immigré, et que l'école façonne largement l'avenir professionnel des jeunes, interroger ces inégalités et la construction de la différence est une priorité. C'est aussi un moyen efficace d'interroger les stéréotypes, voir les peurs. Parce que Mathieu Ichou, dans "Les enfants d'immigrés à l'école" (PUF), observe en finesse les différences entre les groupes ethniques et à l'intérieur de ces groupes. Il reconstitue les parcours de ces jeunes et montre l'importance du capital social et culturel acquis avant l'immigration, comme celui de la famille et de la fratrie. Au terme de ce travail de sociologue , tout en nuances, nous touchons du doigt la fabrication de la différence. Et le doigt pointe aussi vers le système scolaire..."
Lire l'article du Café pédagogique

La cour des comptes fait des propositions pour l'éducation prioritaire

La cour des comptes fait un bilan peu flatteur de la politique d'éducation prioritaire : elle n'arive pas à réduire les écarts de résultats scolaires liés aux origines sociales et la France est le mauvais élève de l'OCDE à cet égard. Voici tout d'abord un résumé de ce bilan :
"Cette politique est indispensable pour améliorer l’équité et l’efficacité du système scolaire français. Elle doit être maintenue. Il faut pour autant remédier à la modestie de ses résultats par une analyse de ses causes.
La première d’entre elles tient en une trop faible mobilisation et intensité et à un défaut de ciblage. Ainsi, son outil le plus efficace, la réduction de la taille des classes, a été trop longtemps modeste et insuffisamment orienté vers les REP+ et le premier degré. Les enseignants affectés en éducation prioritaire demeurent les moins expérimentés, l’absentéisme y est plus marqué et les contractuels plus nombreux : l’impact des mesures d’amélioration de l’attractivité des postes et de stabilisation des équipes éducatives a été atténué par les modalités rigides de la gestion des enseignants.
L’absence d’autonomie des établissements, le manque de reconnaissance des réseaux, de responsabilités et de marges de manœuvre confiées aux chefs d’établissement, ainsi que les lacunes du dispositif d’évaluation, ont restreint leur faculté d’adaptation aux réalités locales. Enfin, la labellisation des établissements en réseau d’éducation prioritaire et l’octroi des dérogations à la carte scolaire ont pu encourager les stratégies d’évitement des familles, réduisant encore la mixité des écoles et des collèges et limitant ainsi l’impact de cette politique de compensation."
La Cour formule 17 recommandations réparties en six grandes orientations
Lire la synthèse du rapport
Lire le rapport de la cour des comptes


Revue de presse 21 octobre 2018


341 000 mesures d’aide sociale à l’enfance en cours fin 2017

Cette étude de la Dress gagnerait à être lue par les journalistes et politiques qui confondent une fois sur deux le nombre de meures exercées par l'ASE et le nombre d'enfants placés (52% de smesures).
"Fin 2017, 341 000 mesures d’aide sociale à l’enfance (ASE) sont mises en œuvre par les services départementaux en charge de la protection de l’enfance. Les actions éducatives, exercées en milieu familial, en représentent près de la moitié et sont aussi nombreuses qu’en 2016.
Ces mesures sont très largement prises à la suite d’une décision judiciaire (68 %). Les placements constituent 52 % des mesures d’ASE et leur nombre a davantage augmenté en 2017 que les années passées (+4,2 % en un an, +10,4 % depuis 2013). Ils sont essentiellement réalisés à la suite de décisions judiciaires (79 %). Près de la moitié des jeunes confiés à l’ASE sont hébergés en famille d’accueil."
Lire la synthèse de la dress

Dublin, l'impossible réédition

"Convention de Dublin, Dublin II – qui a coulé ce texte dans le droit européen –, Dublin III – qui visait à améliorer la procédure – et, bientôt, Dublin… 0 ? Ce règlement qui détermine quel est le pays responsable d'examiner une demande d'asile est au cœur des discussions qui, -depuis la crise migratoire, empoisonnent la vie de l'Union européenne (UE), et sa réforme est paralysée. -Evoquant le pays de " première entrée " du demandeur, il a été la cible de l'Italie et de la Grèce, qui estiment avoirété laissées seules devant le défi de l'accueil. Et les pays du Nord, qui avant cela fermaient les yeux sur sa non-application, maintiennent aujourd'hui qu'il doit être remis en vigueur tel quel, ou presque. "
“Dublin” a été créé, au départ, dans l'esprit d'une harmonisation des régimes d'asile, à une époque où l'on croyait encore au développement d'une politique européenne commune en matière de migration ", explique François Gemenne, spécialiste des migrations, professeur à Sciences Po Paris, Grenoble et Liège. Il s'agissait d'éviter que les demandeurs d'asile ne déposent une requête dans plusieurs pays, ce qui aurait entraîné un surcroît de travail pour les agences nationales et des imbroglios administratifs en cas de décisions contradictoires. Dublin, censé aussi traduire en droit européen la convention de Genève sur les réfugiés (elle-même désormais contestée par -certains), visait donc à coordonner les demandes d'asile, en répartissant clairement les compétences et en désignant le pays responsable de mener la procédure dans tout l'" espace Dublin ".
" Double injustice "
Le système a-t-il vraiment fonctionné ? " Non, tranche Philippe De Bruycker, professeur du droit des migrations à l'Université libre de Bruxelles. C'est en fait un mécanisme égoïste par lequel les Etats espéraient pouvoir se -décharger sur les autres de leurs responsabilités, chacun étant censé se débrouiller avec les réfugiés arrivant sur son territoire. Et tant pis pour ceux qui en ont plus que d'autres ! Ce qui aurait pu marcher dans un petit groupe de pays, comme les fondateurs de l'espace sans passeport de -Schengen, avec la France, l'Allemagne, et le Benelux, a fini par se révéler inapplicable dans un vaste ensemble élargi au sud et à l'est. "
L'harmonisation des régimes d'asile n'a, elle, jamais été concrétisée, et les voies d'accès sûres et légales vers l'UE se sont peu à peu fermées. " Ces deux phénomènes concomitants ont créé une double injustice, qui a rendu le système caduc ", analyse M. Gemenne. Selon le pays où le -demandeur introduisait sa demande, ses chances -variaient de une à trois. La restriction des voies d'accès -légales a par ailleurs créé un drame humanitaire.
Lire larticle du Monde

Pauvreté : un plan cohérent, mais insuffisant

"Ce que tout le monde appelle le « plan pauvreté », dévoilé par le chef de l’État le 13 septembre dernier est dénommé officiellement « Stratégie nationale de prévention de la pauvreté ». Il vise donc moins la réduction (au moins immédiate) de la pauvreté dans notre pays que sa prévention, c’est-à-dire l’élimination des engrenages qui font que l’on y tombe de manière durable. Il s’agit donc d’un changement majeur par rapport au précédent « plan pauvreté » présenté en 2012, qui tablait notamment (mais pas uniquement) sur une hausse du RSA de sorte que le pouvoir d’achat des allocataires soit revalorisé de 10 % en cinq ans. Ce qui fut fait, mais sans grand effet sur le taux de pauvreté, passé de 14,2 % (2012) à 14 % (2016). Pour une raison simple : le RSA pour une personne seule est de 491 euros (après déduction du « forfait-logement » pour les personnes percevant une allocation logement, soit 92 % des bénéficiaires du RSA), alors que le seuil de pauvreté est de 1 026 euros : en gros deux fois plus. Augmenter de 10 % le montant du RSA ne comble qu’une petite partie de l’écart : cela améliore le sort des pauvres, mais ne les fait pas sortir de la pauvreté [1].
La stratégie qui est proposée aujourd’hui est bien différente et elle est dévoilée par le président de la République quasiment dès le début de son discours de présentation : « si nous voulons que la pauvreté ne soit plus une impasse définitive, nous devons aussi permettre à tous de retrouver le chemin du travail, (…) parce que le travail procure un salaire, un revenu, bien sûr, parce qu’il ouvre la porte à une vie sociale plus dense, plus riche, parce qu’il donne une fierté, une place dans la société et qu’il permet l’émancipation et la mobilité sociale ». En d’autres termes, ce n’est pas par l’amélioration de la protection sociale qu’on y parviendra, mais par l’emploi. Ce n’est pas faux. C’est seulement insuffisant.
Depuis 2008, l’essentiel de la progression de la pauvreté résulte de trois situations : le chômage (+ 300 000 personnes), la monoparentalité (+ 500 000, avec les enfants concernés) et les jeunes de 18 à 29 ans (+ 300 000). Or, le trait commun à ces situations est leur difficulté à accéder à l’emploi : les chômeurs parce qu’ils ne trouvent rien, les familles monoparentales parce que leur charge d’enfant(s) les en empêche, les jeunes parce qu’on ne leur propose que des emplois de très mauvaise qualité (temporaires, « ubérisés » ou à temps partiel)."
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Ados en burn-out

Soumis à la pression scolaire, sociale et familiale, de plus en plus d’adolescents s’enfoncent dans une souffrance physique et psychologique inédite. Émilie, 15 ans et hospitalisée pour "burn-out", raconte.


Revue de presse 15 octobre 2018


La Goutte d’Or face aux mineurs isolés



La dépression a progressé en France entre 2010 et 2017

Selon une étude du « Bulletin épidémiologique hebdomadaire », le trouble touche de plus en plus les étudiants et les personnes à faibles revenus.
La dépression a progressé en France entre 2010 et 2017, en particulier chez les femmes, les chômeurs, les étudiants, les personnes à faibles revenus et les moins de 45 ans, relève une étude du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publiée mardi 16 octobre.
A partir d’un questionnaire réalisé auprès de 25 319 personnes, le BEH conclut qu’« en 2017, près d’un adulte de 18 à 75 ans sur dix avait déclaré avoir vécu un épisode dépressif caractérisé ayant eu un retentissement sur ses activités habituelles au cours des douze derniers mois ».
L’épisode dépressif caractérisé ou EDC ne correspond en rien à la « déprime » passagère qui peut gagner tout un chacun, il répond à des critères précis, tels qu’une période de quinze jours au moins de tristesse ou de perte d’intérêt associée à au moins trois facteurs secondaires – baisse ou augmentation du poids, difficultés de sommeil, pensées morbides, etc."
Lire l'article du Monde.fr
Lire le bulletin épidémiologique hébdomadaire

Sous la pression de l’Union européenne, le Maroc fait la chasse aux migrants

Depuis cet été, le royaume est le théâtre d’une vague sans précédent d’arrestations et de déplacements forcés de Subsahariens obligés de se cacher.
"Ils sont arrivés à 5 heures du matin, dans le quartier Boukhalef, à Tanger, tambourinant aux portes et ordonnant aux habitants de sortir de chez eux. « Il y avait plusieurs fourgons avec des policiers et les forces auxiliaires [forces paramilitaires dépendant du ministère de l’intérieur] », se souvient Donatien*, un Camerounais de 35 ans, aujourd’hui à l’abri dans le sud du Maroc.
En bas de l’immeuble, une cinquantaine d’hommes, de femmes et d’enfants sont déjà entassés dans un car. Emmenés au commissariat central, ils y attendront avec des dizaines d’autres ressortissants subsahariens jusqu’à 19 heures, sans eau ni nourriture. « Puis ils nous ont menottés pour nous mettre dans un bus. Dans le nôtre, on était trente-six, mais il y avait plus de quinze bus pleins », précise le Camerounais."
Ils sont ensuite relachés dan sla nuit à 900 kms de Tanger.
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Revue de presse 7 octobre 2018


Conférence : comment les bébés apprennent



Famille, je vous hais" : rompre les liens

Un jour, ils ont décidé de rompre les liens avec leur parent ou leur famille, à jamais résolus à ne plus les voir, à les exclure de leur vie. Trois histoires.


Tribune: Pour une approche médicale individuelle et populationnelle

"Une bonne connaissance de l’épidémiologie de santé d’une population permet d’identifier des problèmes de santé partagés par plusieurs individus et donc d’aller plus vite, avec moins d’errance diagnostic.
L’annonce d’une réforme de la santé vient d’être faite. Le diagnostic est enfin exact, il aura fallu plus de dix ans pour prendre la mesure des dégâts considérables engendrés par la loi de 2007. Tous, politiques et soignants, s’accordent pour amplifier l’activité ambulatoire, organiser l’accès aux soins par proximité, développer un parcours de soins. Au-delà, la médecine semble aussi devoir effectuer une mutation inédite.
(...)Nous avons à défendre une relation soignante qui place l’individu au centre et qui considère aussi l’approche populationnelle. Cette approche ne doit pas être réservée à des zones expérimentales ou à des pratiques d’exercice privé (comme c’est le cas pour les patients prenant leur retraite par exemple). Les cliniciens et les épidémiologistes doivent travailler ensemble pour bien connaître les besoins en santé des populations les plus fragiles mais sans forcément passer par des projets de trop grande ampleur, dont le caractère d’«usines à gaz» offre des résistances immédiates pour la mise en route de projets utiles et pragmatiques."
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Revue de presse 30 septembre 2018


Manque de moyens, surcharge... les déficits criants de la justice française

Selon le Conseil de l’Europe, la France consacre 65,90 euros par an et par habitant à la justice contre 122 euros en Allemagne.
(...)La radiographie comparative des systèmes judiciaires en Europe, livrée tous les deux ans par la Cepej, pointe l’une des caractéristiques du système français : des procureurs de la République à la fois omnipotents et totalement débordés, faute de moyens. « Les parquets les plus chargés se trouvent toujours incontestablement en France, qui compte en Europe quasiment le plus petit nombre de procureurs (2,9 pour 100 000 habitants), mais doit en même temps faire face au plus grand nombre de procédures reçues (7,45 pour 100 habitants), tout en ayant à remplir un nombre record de fonctions différentes (13) », lit-on dans ce volumineux rapport."
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Infirmières à cœur ouvert



Brève des ASH : Tests osseux : un arrêt de la cour de cassation fait jurisprudence

Le 3 octobre, le pourvoi en cassation d’une jeune Congolaise contestant sa majorité à laquelle concluaient des examens osseux a été rejeté. L’arrêt de la Cour de cassation fait jurisprudence sur la question du "doute" entourant ces tests, à la fiabilité depuis longtemps mise en cause."
Accèdez aux ASH


Revue de presse 23 septembre 2018


Voyage dans l’enfer du crack

"Ce dérivé de la cocaïne est réapparu dans le nord-est de Paris. « Le Monde » a suivi l’errance des consommateurs du « caillou », entre terrains vagues et stations de métro.
(...) En Ile-de-France, ils sont environ quinze mille. Quant à l’ensemble des Français, 0,6 % d’entre eux déclarent avoir une expérience du crack, soit dix fois moins que celle de la cocaïne. « Il est possible que ce ratio soit sous-estimé, prévient Agnès Cadet-Taïrou, médecin responsable du pôle Tendances récentes à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).
Le crack a une image si négative que peu de personnes sont prêtes à en reconnaître l’usage sous ce nom, préférant considérer qu’elles fument de la “cocaïne basée”, qui désigne exactement le même produit sur le plan chimique. Il peut ainsi être difficile d’établir des ordres de grandeur dans la hausse de la consommation. » Quelques indicateurs en donnent toutefois la mesure : depuis 2011, la distribution de pipes à crack a triplé dans les centres franciliens des associations Charonne, EGO et Gaïa."
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Plan de lutte contre la pauvreté : espoirs et zones de flou autour de la formation obligatoire jusqu’à 18 ans

"Les partisans les plus résolus de cette mesure la présentent comme une « petite révolution ». Annoncée, le 13 septembre, par Emmanuel Macron dans le cadre du plan de lutte contre la pauvreté, elle instaure une obligation nouvelle : se former jusqu’à l’âge de 18 ans. L’objectif est de réduire le nombre de jeunes sortant de l’école sans diplôme ni qualification, qui figurent parmi les premières victimes de l’exclusion sociale.
Dans l’esprit du président de la République, chaque mineur recevra une « solution », soit en étant scolarisé, soit en suivant une formation, soit en occupant un emploi. L’éducation nationale sera tenue d’assurer « en continu » un « repérage massif (…) de ceux qu’on appelle les décrocheurs scolaires ». Ces derniers se verront ensuite proposer un « parcours d’insertion » par les missions locales, dont la vocation première est d’épauler les 18-25 ans.
L’obligation, « qui entrera en vigueur à la rentrée 2020 », pèsera avant tout sur les acteurs institutionnels. Mais les publics visés auront également des comptes à rendre : si le jeune refuse d’être accompagné, une « mesure d’assistance éducative » pourra être prononcée, avec désignation d’un éducateur qui dialoguera avec lui « pour tenter de le convaincre », selon Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté. Ce type de situation ne fera pas l’objet d’une réponse pénale, a-t-il ajouté, lors d’une rencontre avec des journalistes, le 12 septembre."
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Revue de presse 16 septembre 2018


Le ministère de la Justice veut réduire la population carcérale de 8 000 personnes

"Le gouvernement présente mercredi un plan pour les prisons, qui prévoit notamment la fin de l'emprisonnement pour les très courtes peines.
(...)Le projet, qui sera présenté en Conseil des ministres, réécrit l'échelle des peines pour éviter de courtes peines d'emprisonnement. En dessous d'un mois, llemprisonnement sera ainsi interdit, tandis qu'entre un et six mois, la peine s'exécutera par principe dehors. "On a fait de l'emprisonnement la peine de référence unique, ce qui est inefficace quand elle est de courte durée", justifie la ministre dans cet entretien aux Echos à paraître mercredi, où elle répète son souhait de développer les alternatives à l'incarcération, notamment les travaux d'intérêt général.
Pour lutter contre la surpopulation chronique des prisons françaises, le plan de la ministre prévoit également de créer 7 000 places de prison supplémentaires d'ici à la fin du quinquennat et de lancer d'ici à 2022 la construction de 8 000 autres places, conformément au souhait d'Emmanuel Macron. Parmi ces nouvelles places, 2 500 seront construites dans des maisons d'arrêt avec un "haut niveau de sécurité", a détaillé Nicole Belloubet."
Le dossier de France info

Psychiatrie : «un système de soins à bout de souffle»

"Pierre-Michel Llorca, chef de service au CHU de Clermont-Ferrand et auteur d’un livre à paraître le 12 septembre, décrit une situation devenue « intenable ».
(...)Le système de soins en psychiatrie est à bout de souffle. Depuis le début de la décennie, il a dû absorber 300 000 patients supplémentaires faisant l’objet d’un suivi régulier. En face, l’offre n’a pas suivi. En quarante ans, on a même perdu 40 % des psychiatres. En toute logique, les conditions de travail et donc les conditions de soins n’ont cessé de se dégrader, engendrant de la souffrance pour les malades, leurs proches et les équipes médicales. Dans certains endroits, la situation est aujourd’hui intenable".
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Plan pauvreté : des associations saluent des avancées, mais s’inquiètent des crédits et de la mise en œuvre

"ATD Quart Monde, le Secours catholique ou le collectif Alerte déplorent l’insuffisance des mesures contre la pauvreté annoncées jeudi par le président de la République.
On l’attendait depuis bientôt un an, cette « stratégie pauvreté » annoncée le 17 octobre 2017 à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère. Prévu pour avril 2018, puis pour juillet, c’est finalement jeudi 13 septembre, depuis le Musée de l’homme, place du Trocadéro à Paris, que le « plan pauvreté » du gouvernement est présenté par le président de la République.
Dès mercredi, son cabinet, celui de la ministre de la santé et de la solidarité, Agnès Buzyn, et Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes, laissaient filtrer qu’il s’agit d’un « plan ambitieux » de 8 milliards d’euros sur les quatre années à venir. Un chiffrage confirmé mercredi soir par Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, dans 20 Minutes.
Le gouvernement veut « s’attaquer aux nouveaux visages de la pauvreté » et « fonder l’Etat providence du XXIe siècle », explique-t-on dans l’entourage de la ministre et du président : « Notre système social, avec beaucoup de prestations monétaires, a permis de stabiliser la pauvreté même en cas de crise, pas de renverser le destin des jeunes les plus touchés et de rompre avec la reproduction de la pauvreté. » Pour Olivier Noblecourt, « les plans successifs ne parviennent pas à éradiquer la précarité. C’est pourquoi il faut sortir de cette impuissance publique ».
Voilà pour les principes. En ce qui concerne la stratégie, le gouvernement la structure autour de trois axes.
Premier axe : l’action pour la petite enfance Troisième axe : la simplification de notre système social
Sur le logement : résorber les bidonvilles.
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Plan pauvreté Emmanuel Macron annonce le revenu universel d'activité



Immigration : faut-il s’attendre à une « ruée vers l’Europe » ? La réponse des démographes

Une étude publiée par l’INED invalide la thèse d’une invasion prévisible de l’Europe par la population d’Afrique subsaharienne en 2050. "L’Europe de 2050 sera-t-elle peuplée à 25 % d’immigrés subsahariens ? Depuis que l’écrivain Stephen Smith a prophétisé, en début d’année dans La Ruée vers l’Europe (Grasset), que le vieux continent comptera 150 à 200 millions d’Afro-Européens dans trente ans, la question, hier cantonnée à l’extrême droite, a trouvé d’autres porte-voix. Dans le contexte de fermeture de l’Europe, la démonstration de l’universitaire, ex-journaliste (au Monde, notamment) a séduit jusqu’au sommet de l’Etat, où Emmanuel Macron estimait, le 16 avril, que l’auteur avait « formidablement décrit » la menace d’une jeunesse africaine massée sur l’autre rive de la Méditerranée, à qui il ne manque qu’un « go » pour s’élancer vers les capitales européennes.
(...)François Héran,"anthropologue et démographe, meilleur spécialiste français du sujet, répond aujourd’hui que cette invasion est un mirage.
« L’ordre de grandeur le plus réaliste est cinq fois moindre », a-t-il même mesuré, réfutant le spectre d’une Europe à 25 % afro européenne. « Les Subsahariens, qui représentent 1 % de la population européenne [1,5 % de la population française] représenteront tout au plus 3 ou 4 % de la population des pays du nord en 2050 », ajoute-il dans le dernier numéro de Population et Sociétés, la revue de l’Institut national d’études démographiques (INED), qui sort aujourd’hui, où il signe un article intitulé « l’Europe et le spectre des migrations subsahariennes ».
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Revue de presse 9 septembre 2018


En Seine-Saint-Denis, le 115 désemparé face aux « bébés sans-abri»

"Les services d’accueil lancent un cri d’alarme après que deux femmes et leurs nouveau-nés se sont retrouvés à la rue à la sortie de la maternité, le 29 août.
Namiwata a 36 ans. Allongée au troisième étage de la maternité de l’hôpital Delafontaine, au centre hospitalier de Saint-Denis, elle tient dans ses bras son fils Hamza, qui vient de fêter son premier mois. Le bébé est né le 6 août dernier, trois jours après l’arrivée de sa mère en France. Partie enceinte du Maroc, Namiwata a traversé la Méditerranée puis l’Espagne, espérant trouver en Europe « de meilleures conditions pour accoucher », explique-t-elle. L’accouchement s’est bien passé. Mais un mois après la naissance d’Hamza, la mère et son fils n’ont toujours pas quitté la maternité : sans solutions pour se loger, ils se retrouveraient aussitôt à la rue. « On appelle le 115 tous les jours, toute la journée, explique Namiwata. Sans réponse. »
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Marion Leboyer : "Il faut changer le regard de la société sur les maladies psychiatriques"


Extrait de l'avant propos, par Nicoals Baverez, du livre des psychiatres Leboyer et Llorca "la psychiatrie l'état d'urgence" : "En 2018, les études épidémiologiques montrent qu’un Français sur cinq souffre de troubles mentaux. La dépression (7 à 10 % de la population1), les troubles bipolaires (1,2 à 5,5 %), la schizophrénie (1 %) et les troubles du spectre de l’autisme (1 %) constituent les principales pathologies. La majorité d’entre elles font leur apparition entre 15 et 25 ans mais sont insuffisamment dépistées et traitées.
Le retard, voire l’absence de diagnostic, a des conséquences dramatiques, réduisant l’espérance de vie des malades de dix à vingt ans, notamment du fait des suicides (10 000 suicides et 220 000 tentatives par an). Le défaut de soins est criant envers les personnes en grande précarité, qu’il s’agisse des SDF, des migrants ou des détenus : sur les 68 564 personnes en détention, 80 % des hommes et 70 % des femmes souffrent de troubles mentaux très rarement soignés.
La raison première de cette catastrophe est à chercher dans l’insuffisance, la médiocre qualité et l’hétérogénéité de l’offre de soins. D’un côté, la demande explose avec 2 millions de consultations et 415 000 hospitalisations par an. Depuis le début de la décennie, 300 000 patients supplémentaires font l’objet d’un suivi régulier. De l’autre, l’offre dysfonctionne. La psychiatrie ne représente que 2,4 % des professeurs d’université pour 5,8 % des étudiants en médecine. La pédopsychiatrie est en voie de désertification avec des effectifs en chute, de 1 235 médecins en 2007 à 593 en 2017, dont 80 % sont âgés de plus de 60 ans.
Médecins et infirmiers sont insuffisamment formés et spécialisés. Le territoire est très inégalement couvert avec des vides béants dans l’Ouest et le Nord. Les conséquences sont immédiates : inexistence de la prévention, notamment chez les jeunes ; allongement des délais de consultation qui peuvent dépasser neuf mois ; traitements déficients et non conformes aux recommandations ; recours excessif à l’hospitalisation sous contrainte (92 000 par an) ; usage démesuré de la contention et de l’isolement."
Le livre "psychiatrie, l'état d'urgence, 12 millions de fraçais concernés

Médecins du monde, et le centre Primo Lévi: La souffrance psychique des exilés. Une urgence de santé publique

Des souffrances psychiques graves chez les personnes exilées
Les violences multiples qui ont causé leur départ, les ruptures souvent brutales que cela a occasionné et le parcours d’exil lui-même semé de violences et de pertes peuvent occasionner des troubles psychiques graves. La très grande précarité sociale et administrative dans laquelle la plupart des exilés se trouvent renforce ces troubles, voire en crée de nouveaux, formant ainsi un cercle vicieux dont il devient très compliqué de sortir.
Si la santé est censée être en France un droit inconditionnel, force est de constater que celle des personnes exilées demeure trop souvent un enjeu de polémique politicienne avant d’être considérée pour ce qu’elle est : un enjeu de santé publique.
Dans ce contexte, le Centre Primo Levi et Médecins du Monde, tous deux engagés dans l’accueil et le soin des personnes exilées, ont voulu réunir leurs constats pour dresser un tableau sans concession de la situation et mettre en avant des propositions afin que soit enfin élaborée, au niveau national, une réponse adaptée à l’enjeu majeur que représente la santé mentale de ces personnes.
Lire le rapport de médecisn du monde

Parcoursup : « En France, la sélection par l’échec est une coutume »

« Nous fabriquons des jeunes honteux de ce qu’ils sont », déplore la pédopsychiatre Catherine Jousselme. Elle analyse, dans un entretien, la sélection dans le système scolaire, qui débute bien en amont de Parcoursup.
Eduquer pour faire croître et non pour « casser » les vocations. Tel devrait être le centre de nos préoccupations, selon Catherine Jousselme, pédopsychiatre et chef du pôle enseignement-recherche de la Fondation Vallée, institution de soins en pédopsychiatrie située à Gentilly (Val-de-Marne). Au sein d’une société « méprisante par son élitisme », elle s’inquiète de voir monter le stress chez des jeunes dont les passions et compétences n’ont été ni repérées ni cultivées par le système scolaire."
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 2 septembre 2018


Réforme des diplômes en Travail Social: les textes sont parus !

"Les textes réglementaires (liens ci-dessous) reformant les diplômes de niveau II du travail social (Diplômes d’Etat d’éducateur spécialisé, assistant de service social, éducateur de jeunes enfants, éducateurs technique spécialisé et conseillers en économie sociale et familiales) sont parus le 22 aout 2018, à quelques jours de la rentrée qui accueillera les premiers étudiants futurs titulaires des diplômes réformés.
La réforme des diplômes entrera donc en vigueur pour la promotion 2018-2021 (2020-2021 pour les CESF).
Les textes prévoient la reconnaissance au niveau II (licence) des DEASS, DEES, DEJE, DECESF, DETS dès 2021 et ce sans rétroactivité : comme prévu, seuls seront reconnus au niveau II les titulaires du diplôme réformé obtenu à compter de 2021.
La publication tardive de ces textes (fin août, pour une entrée en vigueur concrète en septembre) interroge et inquiète. En effet, comment préparer efficacement les étudiants à l’obtention d’un diplôme avec des informations délivrées au dernier moment ? Certains ne manqueront pas de se rappeler de la réforme du DEASS de 2004 : les textes étaient parus pendant l’été et les centres de formation avaient navigué à vue, aboutissant à un taux d’échec record !"
Les stages
Trois périodes de stage dont un premier stage de 8 semaines sont prévus pour les étudiants ES, ASS, EJE et ETS. Une première période de stage de 8 semaines est prévue pour l’ensemble des DE (hors CESF) : ce premier stage peut être divisé en deux et réalisé sur deux sites qualifiants.
Les deux anciens stages longs sont remplacés par deux périodes de stage (d’une durée totale de 44 semaines pour les ASS, 48 semaines pour les ETS et 52 semaines pour les ES et EJE) qui peuvent être réalisées sur 2 ou 3 sites qualifiants. Il sera donc possible de diviser l’ensemble des périodes de stage et de cumuler jusqu’à 8 sites qualifiants en 3 ans ! "
Lire l'arrêté du DEES
Lire l'arrêté du DEASS
Lire l'arrêté du DEEJJ
Acceder au dossier Dases-supap-fsu

« Seules 20% des femmes enceintes sont vues par la PMI en pré-natal »

"Les services de PMI ne disposent pas des outils et moyens suffisants pour assurer leurs missions de prévention universelle, déplore le psychologue clinicien et communautaire de formation, Thomas Saias."
Je conseille particulièrement cet article qui propose un concept important : "l'universalisme proportionné". Derrière ce terme un peu barbare il y a l'analyse d'une contradiction entre l'extension des missions des services publics, notamment la PMI, et la baisse de leurs moyens d'actions - par exemple en PMI les puericultrices ont de moins en moins le temps de faire des visites à domiciles et les entretiens peri-nataux précoces (pourtant oligatoires dans la loi)."L’optique est de répondre à tous, d’ajouter une gradation en fonction des besoins, d’éviter la stigmatisation d’une « médecine de pauvre ». L’intervention à domicile apparaît comme un outil-clé pour les services de PMI, leur objectif est bien « d’aller vers » et cette proactivité la rend particulièrement pertinente dans une optique de « proportionnaliser » l’universel.
Mais encore faudrait-il que les nombreuses missions de protection de l’enfance confiées aux puéricultrices depuis la loi de mars 2007 ne relèguent pas la prévention des inégalités sociales de santé au second plan – le rapport est de 1 à 10 entre la dépense pour la protection de l’enfance (7,3 milliards) et celle pour la PMI évaluée à 700 millions par an. "
Lire l'article de la gazette des communes

Rapport du haut conseil de la famille : Accueillir et scolariser les enfants en situation de handicap, de la naissance à 6 ans et accompagner leur famille

"Le Conseil de l’enfance du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) a remis son rapport à Agnès Buzyn, ministre de la Santé et des Solidarités, et à Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées. Le Conseil de l’enfance recommande d’inclure et de socialiser tôt les très jeunes enfants en situation de handicap et en difficultés spécifiques, dans les modes d’accueil et à l’école maternelle, d’aider les familles, de faciliter l’articulation avec la vie professionnelle, et ce faisant, de prévenir les risques additionnels de fragilisation du couple, des fratries et de l’économie familiale.
Entre 60 000 et 70 000 enfants avant 7 ans bénéficient de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), d’un projet personnalisé de scolarisation (PPS) ou d’un suivi par les centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP). Pourtant, le Conseil de l’enfance du HCFEA, montre qu’il y a un besoin d’accompagnement plus précoce pour 30 000 à 40 000 enfants supplémentaires, toutes réponses confondues.
Pendant la première enfance, les enfants en situation de handicap ne se sentent pas différents des autres et leurs camarades n’ont pas encore un regard façonné par les normes physiques ou comportementales. Le Conseil de l’enfance du HCFEA préconise donc une inclusion très précoce des jeunes enfants en situation de handicap dans les modes d’accueil.
Lire le communiqué de l'hcfea
Lire le rapport

L’alcool associé à 2,8 millions de morts par an dans le monde

"L’analyse de centaines d’études confirme qu’il n’y a pas de consommation sans risque et que l’alcool est la première cause de décès des 15 à 49 ans.
Les risques pour la santé liés à l’alcool sont modérés pour des consommations représentant l’équivalent de 20 à 30 centilitres de vin ou une canette de 37,5 cl de bière par jour, mais s’accroissent de manière importante pour des niveaux plus élevés.
Cette notion reçoit une confirmation de poids avec la parution, vendredi 24 août, dans The Lancet, d’un article émanant du réseau collaboratif international sur la charge mondiale des maladies, Global Burden of Disease. Cette vaste analyse de plusieurs centaines d’études montre que l’alcool est associé à 2,8 millions de morts chaque année dans le monde – un chiffre probablement en dessous de la réalité, estiment les auteurs eux-mêmes.
(...)« Les courbes présentées dans l’étude montrent qu’avec six verres d’alcool par jour, le risque relatif pour l’ensemble des problèmes de santé s’accroît de 50 % et qu’il double avec neuf verres, souligne Michel Reynaud. Les alcooliers font leurs bénéfices avec les gros buveurs. En France, 50 % de l’alcool vendu est consommé par 8 % des Français.»
Lire l'article du Monde

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