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Revue de presse du 23 octobre 2026


Violences urbaines : la colère, la rupture du lien et ce que les émeutes de samedi nous oblige à relire

"La violence détruit le lien social, et elle est condamnable sans détours. Cela vaut pour les émeutes comme pour celle qui vient de l’État. Constater des faits n’interdit pas de les comprendre, et les comprendre ne les excuse pas. Il s’agit de refuser que la sidération tienne lieu d’analyse, au moment où une nouvelle journée de heurts survenus avant-hier nous renvoie à l’été 2023.
Selon le journal Le Monde, « plusieurs mondes semblent s’être télescopés ». Les organisateurs espéraient une « convergence des luttes » contre la vie chère, dans le prolongement du mouvement lycéen né fin septembre. Des « gilets jaunes », des syndicats, des corps professionnels et des jeunes devaient se retrouver ensemble. Or « C’est une atomisation qui a eu lieu », écrit le journal.
Le journal a aussi noté la présence de jeunes venus des quartiers populaires qui ont découvert « toute cette opulence des beaux quartiers » à portée de main. Une phrase entendue (« les quartiers sont riches ici, c’est avec les profits de la banlieue ») révèle une rancœur sociale exprimée sans filtre. ""
Lire la chronique de Didier Dubasque

Le Huffington post à l'écoute des manifestants



Les manifestations en France vues du Québec

"Affrontements, casse, pillages : de violentes émeutes ont semé le chaos lors de la mobilisation du 17 octobre au cœur de plusieurs grandes villes de France."

Travail social : des membres du HCTS s’inquiètent de son non-renouvellement

"Le Haut Conseil du travail social (HCTS) va-t-il disparaître ? Dans une déclaration adressée au Premier ministre le 20 octobre, quatorze membres de l’instance s’inquiètent de l’absence de renouvellement de celle-ci alors que sa deuxième mandature s’est achevée début juillet 2026.
« Nous nous inquiétons aujourd’hui du non-renouvellement du HCTS, sans en comprendre les raisons, si tant est qu’il se confirme. Nous ne comprenons pas que le projet de décret relatif à ce renouvellement semble toujours bloqué », écrivent notamment Marcel Jaeger, Daniel Goldberg, Nathalie Latour ou encore Manuel Pélissié.
Ils demandent au gouvernement de faire connaître « au plus vite le calendrier de son renouvellement ». Les signataires soulignent par ailleurs que « le précédent mandat du HCTS s’est terminé alors que les derniers rapports ne sont pas complètement diffusés ou sont encore en cours de rédaction.»"
Lire l'article du Média social


Revue de presse du 16 octobre 2026


"Loi intégrale" contre les violences sexuelles et sexistes : votes solennels des propositions de loi

"Mardi 13 octobre 2026 à 16h30, après les QAG, l'Assemblée nationale poursuit l'examen de la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants (seconde délibération sur l'article 46), puis procède aux votes solennels sur la proposition de loi apportant une réponse intégrale au phénomène des violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants, et la proposition de loi organique visant à adapter l'autorité judiciaire à la lutte contre les violences sexuelles et intrafamiliales."
Acceder aux séances de l'Assemblée

Les 8 recommandations de la Ciivise pour adapter les soins psy face aux violences sexuelles

"Elle avait publié un premier avis sur le parcours de soins coordonné en décembre 2025. Cette fois, la Ciivise s’intéresse de manière complémentaire aux conséquences psychiques, somatiques, relationnelles et développementales causées par les violences sexuelles.
Fruit du travail de psychologues et psychiatres membres de la commission, l’avis s’appuie sur leur expérience clinique, sur les données scientifiques disponibles et sur l’audition de professionnels proposant des soins adaptés aux mineurs victimes de violences sexuelles et d’inceste.
Cet avis tend à donner une application pratique à deux des 82 recommandations du rapport baptisé « On vous croit » et publié en novembre 2023 :
  • La préconisation 61 : garantir des soins spécialisés du psychotraumatisme aux victimes de violences sexuelles dans l’enfance en mettant en œuvre le parcours de soin modélisé par la Ciivise.
  • La préconisation 62 : garantir la prise en charge par la solidarité nationale de l’intégralité du coût du parcours de soins spécialisés du psychotraumatisme".

Lire l'article des ASH

Les associations de la santé et de la solidarité descendent dans la rue

"Le 15 octobre, les associations, emmenées par l’Uniopss, ont organisé une manifestation à Paris pour alerter sur leur situation financière, mais aussi sur la mise en péril du modèle associatif. "Et si on arrêtait vraiment ?", ont scandé les têtes de réseau, associations, professionnels, bénévoles, tous réunis derrière les mêmes bannières.
C’était l’un des évènements de la mobilisation nationale orchestrée du 12 au 17 octobre pour alerter sur la situation des acteurs associatifs des secteurs sanitaire, social, médico-social et du lien social.
Les quelque 1 500 manifestants qui ont répondu à l’appel, jeudi 15 octobre à Paris, ont investi la Place Jacques-Bainville, près de Solférino (7e arrondissement), noire de monde à l’heure du déjeuner. Et ils ne manquaient pas d’inspiration pour dire toute leur colère face aux quelques élus et parlementaires présents." https://www.lemediasocial.fr/les-associations-de-la-sante-et-de-la-solidarite-descendent-dans-la-rue_VuA1DK">Lire l'article du Media social


Revue de presse du 09 octobre 2026


La gestion politique et policière du mouvement lycéen

Coauteur d’une étude consacrée aux manifestations contre les retraites de 2010 et de 2023, Sébastien Roché, directeur de recherche au CNRS observe qu’une « escalade de la violence» s’est produite du côté des forces de l’ordre. Il en rend compte dans un entretien sur France culture.



"Quand le présent gouverne, les jeunes trinquent" : Pierre Rosanvallon

""Nous savons, mais nous ne faisons rien, ou en tout cas trop peu." Qu'il s'agisse de dérèglement climatique, de l'explosion de la dette publique ou des difficultés de financement des retraites, les démocraties voient les catastrophes venir et restent les yeux fixés sur le court terme. Pierre Rosanvallon, historien au Collège de France, donne à cette impuissance un nom : la "myopie démocratique". Une démocratie peut-elle encore penser le temps long, sans s’aliéner et, si oui, comment ?



Alain Lopez : "Les films permettent de susciter plus de cohésion

"Du 5 au 8 octobre se tiendra la 8e édition du Festival du film social, dont les ASH sont partenaires. Alain Lopez, président de l’association La 25e image, qui porte l’événement, revient sur l’évolution de ces journées cinématographiques engagées.
Alors que l'an dernier nous avions mis en avant la santé mentale et avions obtenu le label Grande cause nationale, nous nous intéressons cette année à la question du lien. Tous les films de la sélection peuvent être regardés sous ce prisme."
Lire l'article des ASH


Revue de presse du 02 octobre 2026


Réforme des diplômes du travail social : ce qui change à la rentrée 2026

"Les formations conduisant aux diplômes d'État de niveau 6 évoluent avec une nouvelle réforme qui entre en vigueur à la rentrée 2026.
Catherine Roulhac, directrice pédagogique de l’IRTS Île-de-France, présente les principales évolutions : nouveaux blocs de compétences, renforcement des enseignements communs, contrôle continu, place de la formation pratique… autant de changements qui visent à accompagner les futurs professionnels du travail social dans l'acquisition des compétences attendues sur le terrain."

Loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles : quelles sont les dispositions introduites par la commission ?

"Le 1er octobre 2026, les députés ont commencé l’étude de la proposition de loi intégrale pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) à l'encontre des femmes et des enfants. Composé d’une soixantaine d’articles, le texte a fait l’objet de modifications importantes par la commission spéciale chargée de l’examiner avant son passage devant les parlementaires de la chambre basse.
Parmi les premiers changements effectués, celui de la définition du champ de ce qui était considéré comme des violences intrafamiliales. Ainsi, le harcèlement conjugal a été inséré grâce à un amendement du groupe Écologiste et social. Il se définit comme « le fait de harceler son conjoint, son partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou son concubin par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale »."
Lire l'article des ASH

Mobilisation dans les lycées : « Avec des mineurs, le risque de produire une blessure grave devrait compter au premier rang des décisions de maintien de l’ordre »

"Accepter une part de désordre lorsque son traitement immédiat risque d’en produire davantage doit rester la logique du maintien de l’ordre, souligne le chercheur Olivier Fillieule, dans une tribune au « Monde », en rappelant que l’Etat français sait l’appliquer quand il s’agit des blocages des agriculteurs.
En janvier 2024, alors que des agriculteurs bloquent routes et autoroutes, déversent du lisier devant des préfectures et s’en prennent à des bâtiments publics, Gérald Darmanin, alors ministre de l’intérieur, donne aux préfets une consigne de « grande modération ». Le 25 janvier, il en expose la philosophie sur TF1 : « On ne répond pas à la souffrance en envoyant des CRS. » Il assume de « laisser faire » et évoque les « coups de sang légitimes » de ceux qui travaillent beaucoup et gagnent peu. Quelques mois plus tard, Bruno Retailleau, devenu ministre de l’intérieur, déclare à propos des agriculteurs : « Je pense que leur cause est juste », avant d’en détailler les raisons. La colère a des causes et ceux qui l’expriment en sont les acteurs.
Le 1er octobre 2026, le discours sur les mobilisations lycéennes est tout autre.
Lire l'article du Monde

L’École à bout de souffle : l’Académie des sciences tire la sonnette d’alarme !

"Face aux mutations profondes de la société et aux missions de plus en plus nombreuses qui lui sont confiées, l’École française est à bout de souffle. Dans un rapport publié ce lundi 28 septembre, l’Académie des sciences souligne l’urgence d’engager une transformation systémique du système éducatif, fondée sur trois principes fondamentaux : la promesse républicaine, la mission de service public et la robustesse nécessaire dans un monde en évolution rapide.
Fruit de trois années de travail, ce rapport, élaboré avec le soutien du Centre national d’étude des systèmes scolaires (Cnesco – Cnam), des Écoles normales supérieures de Lyon et Rennes, l’ENS-PSL ainsi que l'Institut des hautes études scientifiques (IHES) propose un cap de transformation à horizon 2037. Pour construire ses propositions, l’Académie s’appuie sur les résultats de la recherche, ainsi que sur plus de 200 auditions d’acteurs issus de l’éducation, du médico-social, du monde associatif, des collectivités territoriales, des organisations syndicales, des administrations publiques, et d’autres secteurs concernés".
Lire le rapport

Infantisme, l'oppression impensée

"L’infantisme est la discrimination collective et systémique envers les enfants. De la remarque que l’on croit inoffensive aux violences les plus extrêmes. Comment écouter la parole des enfants ? Comment éduquer sans dresser ? Existe-t-il des représentations d’enfants sans préjugés ?"



Revue de presse du 24 septembre 2026


Remise du rapport du comité scientifique permanent pour la refondation de la politique de protection de l’enfance

"Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie, et des Personnes handicapées, et Gérald Darmanin, ministre de la Justice, ont reçu aujourd’hui Céline Gréco pour la remise du rapport du comité scientifique permanent pour la refondation de la protection de l’enfance.
Extrait du rapport concernant les propositions d'extension des prérogatives des juges des enfants :
Mesure n°1 : Doter le juge des enfants d'une pluralité de mesures mobilisables, autonomes ou combinables, individualisables dans leur nature, leur durée, leur fréquence et leur intensité
Dispositif : Élargir les pouvoirs du juge des enfants afin de supprimer la dichotomie actuelle entre assistance éducative en milieu ouvert (AEMO) et placement, et ainsi lui permettre de traiter la situation familiale dans sa globalité une fois saisi.
Dispositif : Donner au juge des enfants, pour la durée de son intervention, des pouvoirs équivalents à ceux du juge aux affaires familiales sur l'exercice de l'autorité parentale"
accèder au rapport

Niveau scolaire : éléments de diagnostic et propositions

"Pourquoi les performances des écoliers et collégiens français sont-elles aujourd’hui éloignées des standards européens, notamment en mathématiques et en sciences ? Comment expliquer ces résultats décevants ? Quelles sont les principales sources de difficultés et quelles évolutions permettent d’espérer une amélioration des performances des élèves français ? Dans le prolongement d’analyses consacrées au système éducatif, le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan publie un rapport proposant des pistes de diagnostic et de propositions.
Extrait : "Certaines difficultés sont extérieures au système éducatif, comme la progression du nombre d’élèves à besoins particuliers ou l’omniprésence des écrans qui réduisent notamment le temps de sommeil et les capacités d’attention. D’autres relèvent davantage de l’organisation du système éducatif : classes relativement chargées, déséquilibre des moyens au détriment de l’école élémentaire, faible attractivité du métier d’enseignant, formation initiale et continue insuffisamment adaptées, diffusion limitée de certaines pratiques collaboratives efficaces, rythmes scolaires inadaptés ou encore orientations pédagogiques ne favorisant pas suffisamment l’assimilation durable des connaissances."
Lire le rapport

Protection de l'enfance : des "repères" pour la désinstitutionnalisation des parcours

"Après le champ du handicap, le secteur de la protection de l'enfance est touché par le mouvement de « transformation de l'offre ». Le gouvernement l'a explicité le 22 septembre lors du deuxième comité stratégique de la refondation de la protection de l'enfance : « la première priorité est de faire évoluer l’offre d’accueil et d’accompagnement ».
Il veut « prévenir davantage, soutenir les familles lorsque cela est possible, développer l’accueil familial et les tiers de confiance et diversifier les réponses proposées aux enfants ». Cette démarche doit s'appuyer sur des « repères », élaborés par l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et publiés le 23 septembre.
Désinstitutionnalisation Cette production, rédigée par Geneviève Gueydan (ancienne directrice de la CNSA) avec la contribution de Marguerite Moleux, prend appui sur l'opération de transformation de l'offre, menée depuis 2025 en Gironde et dans le Var, avec le soutien de la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS).
Ce que le gouvernement retient des travaux menés dans ces deux départements, c'est « qu’il est possible de construire une offre plus diversifiée et mieux adaptée aux besoins des enfants », en rééquilibrant les moyens vers plusieurs axes. À savoir : des interventions renforcées à domicile, des solutions de soutien à la parentalité, la mobilisation des proches et des tiers de confiance ou encore l’accueil familial."
Lire l'article du Media social

Prévenir le suicide

"Dans cette nouvelle saison de la collection de podcasts "Votre cerveau”, Emilie Olié, professeure de psychiatrie au CHU de Montpellier, spécialisée dans la prise en charge des conduites suicidaires, revient sur certains mécanismes sous-tendant les idées et passages à l’acte suicidaires, tout en proposant des leviers de prévention. À travers des expériences à mener directement à l’écoute du podcast, vous allez comprendre pourquoi, en crise, le cerveau entre dans un tunnel et ne voit plus qu’une seule issue, le suicide."



"Être bénévole pourrait devenir un luxe". Face à la flambée des prix des carburants, les Restos du Cœur et Emmaüs alertent sur les menaces sur leur activité

"L'explosion des prix des carburants touche tous les secteurs. Déjà fragilisées par la baisse des subventions et l'augmentation des charges, les associations se retrouvent en première ligne, avec des bénévoles qui réduisent leur présence, ce qui impacte de plein fouet le tissu associatif.
La hausse des prix des carburants vient frapper un secteur déjà fragilisé. En 2023, dans le monde associatif, la guerre en Ukraine avait déjà provoqué un surcoût de l'énergie de plus de 50% dans les structures. Aujourd'hui, on estime que 30% des associations ont moins de trois mois de trésorerie disponibles. En France actuellement, 90.000 emplois dépendent directement de ces structures associatives".
Lire l'articlede France Info

Youssef Souidi, économiste : « La ségrégation scolaire est plus forte que la ségrégation résidentielle »

"Youssef Souidi est docteur en économie et l’auteur de Vers la sécession scolaire ? Mécaniques de la ségrégation au collège (Fayard, 2024). A l’heure où l’enjeu de la mixité peine à se faire une place dans le débat public, tandis que les écarts sociaux se creusent, notamment entre établissements publics et privés, le chercheur décrypte pour Le Monde les ressorts de la ségrégation scolaire.
Qu’est-ce qui vous amène à poser la question d’une « sécession scolaire » en France ?
A ce jour, on ne peut pas parler d’une séparation complète entre les établissements qui seraient réservés à un public favorisé quand d’autres accueilleraient uniquement des élèves en difficulté sociale et scolaire, mais on assiste à une polarisation. La ségrégation scolaire est forte dans de nombreux territoires, où coexistent des établissements au profil social radicalement différent, parfois très proches les uns des autres.
Selon une étude que j’ai réalisée avec le sociologue Hugo Botton, à la rentrée 2021, plus de 90 000 élèves fréquentaient un collège très défavorisé situé à moins de quinze minutes à pied d’un autre, favorisé. Dans neuf cas sur dix, il s’agissait d’un collège public à proximité d’un établissement privé sous contrat."
Lire l'article du Monde


Revue de presse du 17 septembre 2026


Violences sexuelles sur les enfants : les promesses d’une loi intégrale

"A l’heure où le législateur est saisi d’une loi dite « intégrale » sur les violences sexuelles, quelles sont encore les solutions juridiques qui peuvent être apportées au phénomène le plus effroyable qui soit ?"


« Pourquoi n’as‑tu rien dit ? » : Ce que la recherche nous apprend sur le silence des victimes de violences sexuelles dans l’enfance

"Les victimes de violences sexuelles dans l’enfance peuvent mettre de longues années avant de dévoiler ce qu’elles ont vécu, ce qui retarde leur prise en charge et constitue un enjeu de santé publique majeur.
Les mécanismes qui empêchent les victimes de s’exprimer sont particulièrement puissants dans les situations d’inceste, mais ils peuvent exister dans tous les contextes où un adulte détient une autorité et un pouvoir sur un enfant.
L’analyse de témoignages de victimes recueillis par la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, ou Ciase, permet de mettre en lumière quatre domaines d’obstacles étroitement liés : les obstacles institutionnels et culturels, les obstacles psychologiques, la mémoire et le silence, et les obstacles familiaux".
Lire l'article de The Conversation

Recueillir et prendre en compte le point de vue des enfants de la naissance à 6 ans

"Tous les enfants, y compris très jeunes, ont le droit d’exprimer leur point de vue dans les décisions qui les concernent. Dès la naissance, ils expriment leurs besoins, leurs préférences, leurs intentions et leur vécu à travers le langage corporel, le langage oral et les interactions avec l’environnement. Recueillir et prendre en compte ce point de vue, c’est reconnaître leur individualité ainsi que la légitimité de leur vécu et de leur ressenti. Cette démarche contribue au respect de leurs droits fondamentaux et à l’amélioration de la qualité de leur accompagnement. Pour les enfants, elle favorise leur reconnaissance comme personnes à part entière, renforce leur dignité et leur estime de soi, soutient leur développement, leur bien-être et leurs apprentissages. Pour les professionnels et les organisations, elle améliore la compréhension des besoins des enfants, la cohérence des pratiques et la pertinence des décisions.
Ce document propose des repères pratiques, des méthodes et des outils pour recueillir le point de vue des jeunes et très jeunes enfants et mieux le prendre en compte dans les décisions et les accompagnements qui les concernent."
Télécharger le guide

Santé mentale des personnes âgées : des fragilités encore mal prises en compte

"Lors d'un webinaire organisé le 8 septembre, Mickaël Blanchet, docteur en géographie, rattaché au Gérontopôle des Pays de la Loire, a dressé à partir des données régionales un état des lieux de la santé mentale des personnes âgées autour de trois indicateurs : le suicide, les troubles psychiatriques et la consommation de psychotropes.
Association créée en 2010, le Gérontopôle des Pays de la Loire réunit organismes et entreprises de la région afin d’anticiper et d’accompagner les changements de société induits par le vieillissement de la population. Ce premier webinaire ouvrait un cycle 2026-2027 consacré à la santé mentale des personnes âgées".
Lire l'article du Media social
Le site du gerontopole

Les nouveaux réservistes

"En réponse à un contexte géopolitique tendu et à un sentiment croissant d’insécurité, de plus en plus de Français s’engagent en tant que réservistes. Ils sont aujourd’hui environ 85 000 citoyens volontaires pour soutenir les militaires et gendarmes de l'active, c'est-à-dire ceux qui exercent à plein temps. Formés et entraînés afin d’apporter un renfort temporaire de quelques dizaines de jours par an, ils sont chargés des mêmes missions que les militaires d’active. La hausse de l’effectif des réservistes, conséquente depuis les deux dernières années, est encouragée au niveau étatique : l’objectif affiché est que leur nombre double d’ici 2035. Qui sont donc ces nouveaux réservistes ? Karine Le Loët est partie à la rencontre de deux d’entre eux".



Environnement : dégradation de la biodiversité en France

La dégradation de la biodiversité et des écosystèmes fragilise d'abord les personnes accompagnées par les travailleurs sociaux (personnes en situation de pauvreté, isolées ou mal logées) : précarité alimentaire ; inégalité d'accès à la nature ; problèmes de santé liés à l'environnement... Le concept de santé globale (One Health) rappelle que la santé humaine dépend directement de celle des écosystèmes.
"Selon les chiffres du ministère en charge de la transition écologique, le nombre d'espèces et d'habitats naturels en état de conservation favorable diminue sur la période 2019-2024 par rapport à la période 2013-2018. La changement climatique mais aussi les activités touristiques ou de loisirs participent de cette dégradation.
Plus de 1 000 évaluations ont été effectuées en France sur la période 2019-2024. La part des habitats et des espèces dans un état de conservation favorable diminue, passant de 26% sur la période 2013-2018 à 22% sur la période 2019-2024."
Lire l'article de Vie publique


Revue de presse du 10 septembre 2026


Le dessin peut‑il révéler qu’un enfant est victime d’abus sexuels ? Ce que disent vraiment les recherches

"En définitive, les connaissances scientifiques actuelles sont sans appel : le dessin ne contient aucun indice graphique permettant d’affirmer avec une fiabilité suffisante qu’un enfant a été victime d’un abus sexuel. En revanche, le dessin possède une valeur reconnue comme médiateur de la parole.
Pendant longtemps, on a demandé au dessin de révéler ce que l’enfant ne disait pas. En réalité, son intérêt est ailleurs. Dessiner aide les enfants à verbaliser leur expérience. L’enjeu n’est donc plus d’interpréter le dessin, mais d’écouter ce que l’enfant raconte lorsqu’il réalise son dessin…"
Lire l'article de The Conversation

HAS : La vie quotidienne des enfants de 3 à 11 ans accueillis dans les établissements de protection de l’enfance – Note de cadrage

"La Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) a saisi la HAS en 2024 en vue de l’élaboration de recommandations de bonnes pratiques professionnelles (RBPP) « portant sur la qualité de la prise en charge des mineurs protégés âgés de 4 ans à 11 ans accueillis dans les établissements de protection de l’enfance sur le plan organisationnel et éducatif » afin de « garantir la qualité de l’accompagnement » des enfants de ces âges et « la réponse à leurs besoins fondamentaux »
Les mesures de protection de l’enfance visent :
  • la protection de l’enfant, la promotion de son intérêt supérieur et la réponse à ses « besoins fondamentaux, spécifiques et particuliers » (1) ;
  • le soutien aux capacités et compétences parentales, l’amélioration qualitative des relations entre les membres de la famille, en premier lieu entre parents et enfants (2).

Lire la synthèse

Tout ce que vous avez manqué cet été : La rétrospective

Didier Dubasque, animateur d'une revue de presse quotidienne, présente une rétropsective de ces articles de l'été : "il y a des étés qui invitent à la pause, et d’autres qui rappellent brutalement que la machine sociale, elle, ne s’arrête jamais. Juillet et août 2024 auront été de ceux-là : un été de canicule et de tensions, d’algorithmes et de critiques politiques, mais également de fraternité, de professionnels et de bénévoles qui continuent, malgré tout, à tenir bon."
Lire l'article

Alcoolique, l'humoriste Jérémy Ferrari témoigne



Revue de presse du 3 septembre 2026


Aide sociale à l’enfance : le nombre de mesures augmente de 1,2 % en 2025, porté par la hausse des actions éducatives

Le nombre de jeunes accueillis diminue, celui de jeunes suivis en action éducative progresse Fin 2025, en France, les mineurs et jeunes majeurs bénéficient de 411 700 mesures d’ASE. Parmi celles-ci, 53 % sont des mesures d’accueil en dehors de leur milieu de vie habituel (famille d’accueil, établissement, etc.). Elles concernent 217 400 jeunes. Les 47 % restants sont des actions éducatives exercées en milieu familial, auprès de 194 300 jeunes, dont certains peuvent aussi bénéficier d’une mesure d’accueil.
Au total, le nombre de mesures d’ASE augmente légèrement en 2025 par rapport à 2024 (+1,2 %), avec des évolutions différentes selon le type de mesure. Le nombre de jeunes suivis en action éducative progresse fortement (+6,8 %), tandis que le nombre de jeunes accueillis est en baisse (-3,4 %).
Lire le dossier de la Drees

"Seul un jeune sortant de l'ASE sur deux environ perçoit le pécule constitué pendant son placement. Face à ce fort non-recours, lié notamment au manque d'information et la complexité des démarches, le collectif Cause majeur ! réclame son versement automatique à 18 ans.
Dix ans après sa création, le pécule destiné aux jeunes confiés à l'aide sociale à l'enfance (ASE) est loin de bénéficier à tous ceux qui peuvent y prétendre. Selon le collectif Cause majeur !, environ un jeune concerné sur deux ne récupère pas les sommes accumulées pendant son placement."
Lire l'article du Média social

L’obésité, prochaine grande fracture sociale ? ce qui nous attend

"Un adulte sur deux est en surpoids, un adulte sur cinq est en situation d’obésité et cette part a plus que doublé depuis 1997. Derrière ces chiffres déjà préoccupants se dessine une trajectoire qui devrait alarmer bien au-delà du seul champ médical. Car l’obésité n’est pas qu’une urgence sanitaire : elle est en train de devenir l’un des marqueurs les plus puissants des inégalités sociales de demain, avec des conséquences en cascade que notre société commence à peine à mesurer.
Plusieurs études, notamment celles de la World Obesity Federation et de l’OMS, anticipent qu’à l’horizon 2035-2040, plus d’un adulte sur deux dans le monde pourrait être en surpoids ou obèse, et que le nombre d’enfants concernés pourrait doubler par rapport à aujourd’hui. La France, longtemps relativement épargnée par rapport à ses voisins anglo-saxons, voit ses courbes converger progressivement vers celles des États-Unis ou du Royaume-Uni, avec un décalage d’une quinzaine d’années."
Lire l'article de Didier Dubasque

Chômage business. Pour qui travaille France Travail ?

"Dans ce podcast en 4 épisodes de la cellule investigation de Radio France, Audrey Travère raconte cette enquête et ses coulisses : les documents internes obtenus, les experts interrogés, les sources qui parlent, celles qui ne parlent pas... Et pose une question : pour qui travaille France Travail ?
Cette enquête commence par un message vocal. Celui d'une amie de la journaliste Audrey Travère, qui vient de recevoir un mail étrange de sa conseillère France Travail : elle a été inscrite à une prestation d’accompagnement sans être prévenue. Un détail, en apparence. Mais en tirant le fil de cette histoire, la journaliste tombe sur un sujet beaucoup plus large et inquiétant : un milliard d’euros versés en trois ans à des sous-traitants de France Travail pour des prestations aux résultats discutables, des entreprises qui détournent des dispositifs de retour à l’emploi pour bénéficier d’une main d’œuvre à moindre coût et un algorithme expérimental – jusqu'ici confidentiel – conçu pour choisir les chômeurs à contrôler."



Fin du cumul ASS et AAH : une "perte de ressources" pour 15 000 personnes handicapées ?

"À l’approche de l’arrêt du cumul de l’ASS et de l’AAH fin 2026, APF France handicap s’inquiète de la perte de ressources pour les 15 000 personnes concernées. Dans un courrier aux administrations, elle demande qu'une "information claire" soit adressée aux allocataires sur les conséquences de ce changement.
L’échéance approche : à compter de 2027, cumuler l’allocation de solidarité spécifique (ASS) et l’allocation aux adultes handicapés (AAH) ne sera plus possible.
En conséquence, 15 000 personnes pourraient subir « une perte immédiate et significative de ressources », s’inquiète APF France handicap dans un courrier adressé le 18 août aux administrations centrales (DGCS et DGEFP)."
Lire l'article du Media social


Revue de presse du 16 août 2026


"Personne ne nous aide" : à Marseille, la consommation de crack en forte augmentation dans les rues du centre-ville

"Dans une rue proche de la gare Saint-Charles, dans le centre-ville de Marseille, Grégoire, salarié de l'association Nouvelle Aube, montre des petits tubes en plastique qui jonchent le trottoir, des restes de doses de cocaïne. "Des petits 10 balles de coke", souligne-t-il. De la cocaïne de plus en plus accessible, que les consommateurs cuisinent à même le trottoir pour la transformer en crack – drogue ultra-addictive et donc dévastatrice.
Aujourd'hui, on trouve des points de deal directement en centre-ville de cocaïne de très bonne qualité, pas chère, achetable à la dose, et ça, ça crée un climat explosif sur les consommations", affirme Joachim Levy, cofondateur de Nouvelle Aube. L'association effectue des maraudes pour aider les consommateurs à réduire les risques, dans la ville où prolifèrent les trafics de drogues.
Rassemblées au sein d'un dispositif baptisé Tempo, plusieurs associations marseillaises réclament la création de places d'hébergement pour prendre en charge les consommateurs de rue. Ils seraient entre 200 et 500 dans le centre-ville. Fin mai, le maire de Marseille a écrit au Premier ministre pour réclamer un plan d'action spécifique."

Lire l'article de France Inter

MJC, maisons de quartier : pourquoi les lieux associatifs disparaissent-ils ?

"Pendant des décennies, les MJC, maisons de quartier et autres lieux d'éducation populaire ont permis à des générations d'enfants et de jeunes de se retrouver, de découvrir des activités, mais aussi de grandir en dehors de l'école et de la famille. Des lieux souvent portés par des associations, des animateurs et des bénévoles, qui ont aussi joué un rôle important dans la vie des quartiers et des territoires. Aujourd'hui, beaucoup voient leurs moyens diminuer, leurs activités se réduire, quand ils ne ferment pas complètement. Que reste-t-il de cette ambition de l'éducation populaire et qu'est-ce qui disparaît avec ces lieux ?"


Le Monde – La prescription sociale, un outil pour améliorer la santé et le bien-être des patients : « J’ai l’impression d’avoir moins de douleurs que quand je me sens seule »

""L’Organisation mondiale de la santé avait voulu marquer les esprits : la solitude, qui touche un sixième de la population, a des répercussions considérables sur la santé, le bien-être et l’espérance de vie, avait-elle alerté dans une résolution de mai 2025, suivie d’un rapport de 236 pages. Elle y a appelé à faire du lien social « une priorité de santé publique ». En citant, entre autres outils, la prescription sociale, d’ores et déjà mise en œuvre dans une trentaine de pays.
Son principe, tel qu’expérimenté dans la banlieue de Lyon entre octobre 2025 et mars 2026, est simple : « J’explique au patient qu’il s’agit de l’orienter vers des activités locales qui peuvent l’aider à se remettre en mouvement et à soutenir le reste de sa prise en charge, sans frais pour lui », décrit Guillaume Hamedi-Sangsari, médecin de ville à Saint-Fons (Rhône). Le champ est vaste : groupes de parole, activité physique adaptée, jardinage thérapeutique, sorties culturelles, ateliers de cuisine, bénévolat… Le médecin remet un flyer explicatif en guise d’ordonnance, et prévient un agent de liaison. Celui-ci prend rendez-vous avec le patient – à son domicile éventuellement – afin de l’aider à choisir parmi les possibilités recensées sur le territoire"."
Lire l'article du Monde


Revue de presse du 08 août 2026


Après la mort de Lyhanna, les rapports explosifs des magistrats sur les enquêtes pour atteintes sexuelles aux mineurs

"Manque d’effectifs chronique, défaut de traçabilité des procédures, priorisation incertaine ou défaillante, enquêtes en déshérence, investissement professionnel parfois insuffisant, « y compris dans les unités spécialisées », enquêteurs peu ou mal formés : la liste de ces déficiences, dans une matière censée mobiliser toute l’attention des pouvoirs publics, donne le vertige.
A commencer par le volumineux « stock fantôme », ces dossiers non répertoriés par la justice faute de lui avoir été transmis. Les écarts entre le nombre de procédures dont les parquets ont connaissance et celles détenues par les services de police et de gendarmerie sont affolants."
Ces manquements s’aggravent encore en raison de l’asphyxie des services. A la direction interdépartementale du Calvados, le portefeuille d’un enquêteur du groupe mineurs s’établit ainsi entre 130 et 140 procédures. Une situation presque enviable, si l’on considère qu’à Amiens, trois enquêteurs se débattent « avec plus de 300 dossiers chacun ». Au Mans, six enquêteurs du groupe de protection des familles se partagent… 4 000 dossiers".
Lire l'article du Monde

Un rapport interroge les causes de la forte mortalité infantile en France et balaie la problématique des petites maternités

"Le constat est connu, déjà documenté : la France subit, en matière de mortalité des nouveau-nés, «une dégradation sanitaire préoccupante, remontant à quinze ans», qui la met dans une «position internationale défavorable». En 2024, «si la France connaissait le taux de mortalité infantile moyen de l’UE, soit 3,3 ‰ [au lieu de 4‰], ce sont les morts de 529 enfants dans leur première année qui auraient pu être évitées». Avec «les résultats de l’Italie ou du Portugal», dont la mortalité infantile est de 2,5 ‰, 1 057 enfants ne seraient pas morts.
La cause n’est pas unique, rappellent les trois auteurs, parmi lesquels l’ancien conseiller de François Hollande, Aquilino Morelle. Plusieurs facteurs jouent, sans savoir à quel point : l’âge de plus en plus tardif des grossesses, qui augmente le risque de complication, la hausse des grossesses multiples, souvent plus complexes… Et surtout les inégalités sociales et territoriales, dont le rôle est plus ou moins documenté. Le rapport rappelle que les régions d’outre-mer, généralement plus défavorisées, enregistrent les chiffres les plus préoccupants. La situation s’est aussi dégradée en Ile-de-France.
L’essentiel de la réduction des risques de mortalité infantile se joue» d’abord lors de la grossesse, «dans la capacité à prévenir, détecter puis prendre en charge les situations à risque» et après l’accouchement, dans celle «à prendre en charge les jeunes enfants dont l’état le requiert dans les services de néonatalogie».
Lire l'article de Libération

Huitième vague du baromètre de suivi qualitatif de la pauvreté et de l’exclusion sociale du CNLE

"Cette nouvelle édition confirme une installation durable des difficultés sociales et une aggravation de certaines situations de précarité. Les difficultés structurelles se révèlent profondément ancrées. Elles touchent des publics de plus en plus larges, y compris des ménages jusque-là relativement protégés. Les acteurs identifient cinq grandes problématiques majeures : les difficultés financières, le logement, l’emploi, l’accès aux droits et la santé.
Le baromètre met en lumière un cercle vicieux associant : difficultés financières → problèmes de logement → dégradation de la santé → éloignement de l’emploi → aggravation de la pauvreté. Cette spirale est amplifiée par la saturation des dispositifs d’aide et d’accompagnement."
Lire l'article

Quand la chaleur devient une violence sociale : canicule et vulnérabilités, un enjeu de travail social

"Tout le pays est désormais concerné lorsque les températures montent. Mais les effets de la canicule ne se distribuent pas au hasard : ils frappent d’abord celles et ceux qui sont déjà en situation de fragilité. L’Agence régionale de santé (ARS) Île-de-France rappelle ainsi qui est le plus touché. Ce sont les personnes âgées, les femmes enceintes, les enfants de moins de 6 ans, les personnes souffrant de maladies chroniques et les personnes en situation de handicap. Toutes font partie des populations vulnérables à la chaleur. À cette liste s’ajoutent évidemment les personnes précaires, sans abri, celles qui vivent dans des squats, des campements et des bidonvilles…
Il y a les gens du voyage qui sont sur des aires d’accueil non équipées, les personnes seules, celles qui habitent dans des logements véritables passoires thermiques ou dans des milieux urbains denses soumis aux îlots de chaleur. Vous l’avez compris, cela fait beaucoup de monde."
Lire l'article de Didier Dubasque


Revue de presse du 31 juillet 2026


Projet de loi relatif à la protection des enfants

"Le projet de loi vise à approfondir les mesures des lois précédentes sur la protection de l'enfance, à savoir les lois de 2007, de 2016 et de 2022 dite "loi Taquet". Il rappelle le caractère provisoire du placement judiciaire à l'aide sociale à l'enfance et propose de limiter ce placement à une année pour les enfants de moins de 3 ans et à 2 années pour les enfants plus âgés. Il impose, dès le premier placement, un délai de réévaluation du statut de l’enfant et de son "projet de vie".
Il fixe les cas limitatifs où le placement peut être renouvelé, par une décision spécialement motivée du juge des enfants. Il prévoit toutefois à titre exceptionnel des placements de plus longue durée, voire jusqu’à la majorité pour les enfants d’au moins 13 ans, si leur intérêt l'exige et avec des garanties de stabilité de leur lieu d’accueil.
Le texte propose d’agir plus rapidement pour sécuriser le statut juridique de l’enfant lorsque le retour chez ses parents n’est plus envisageable. Il adapte, à cette fin, la procédure de délaissement parental qui pourra être engagée au bout de 6 mois pour les enfants de moins de 3 ans (contre un an aujourd'hui). Il prévoit également que ces très jeunes enfants, en risque de délaissement ou sans perspective de retour familial, pourront être confiés par le département, avec l'accord du juge des enfants, à des familles agréées pour l’adoption. Il s'agit d'un nouveau cas de placement administratif : la suppléance parentale.
L’adoption simple est, par ailleurs, encouragée pour les enfants confiés à l’ASE depuis plus d'un an et qui ne peuvent ni revenir dans leur milieu familial ni être pris en charge par leurs proches. "
Lire l'article de Vie Publique

Une lettre rectificative après la mort de Lyhanna

"Une lettre rectificative, présentée le 1er juillet 2026, vient compléter le projet de loi. Elle prévoit :
- en cas de crimes commis sur des enfants, d'obliger d’entendre "sans délai" la victime et d'imposer aux enquêteurs et aux parquets un délai maximal de 3 mois pour effectuer les premiers actes d'enquête et auditionner le(s) mis en cause ;
- la réclusion criminelle à perpétuité pour les violeurs en série d'enfants de moins de 15 ans ;
- l'exclusion des auteurs d'infractions sexuelles du bénéfice de la libération sous contrainte de plein droit (exécution de la fin de la peine en dehors de la prison) ;
- un régime de contrôle préfectoral des accueils de mineurs aujourd'hui non couverts par une réglementation particulière, afin de s'assurer que les garanties de santé et de sécurité des enfants sont respectées ;
- la communication aux parents de l’identité des professionnels intervenant dans le cadre des activités périscolaires, afin de renforcer la confiance des familles."
Lire l'article de Vie Publique

Loi Ripost : ce que change l’inscription des amendes forfaitaires au casier judiciaire pour la fonction publique

"La loi Ripost, un nouvel obstacle à l’entrée dans la fonction publique ? Définitivement adopté le 21 juillet par les deux chambres du Parlement, le projet de loi visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens contient une mesure passée relativement inaperçue. Ajoutée au dernier moment par le gouvernement et maintenue dans le texte de compromis négocié en commission mixte paritaire, elle prévoit que les amendes forfaitaires délictuelles (AFD) seront désormais inscrites au bulletin n°2 du casier judiciaire, pendant trois ans à compter de leur paiement, celui-là même que les employeurs publics peuvent consulter au moment du recrutement. Ces sanctions, prononcées directement par un policier ou un gendarme sans passage devant un juge, sanctionnent depuis 2016 des infractions comme l’usage de cannabis ou le défaut de permis de conduire. La loi Ripost élargit encore leur périmètre, en l’étendant aux rodéos urbains, à la participation à une rave-party non déclarée et à l’usage détourné de protoxyde d’azote, tout en revalorisant l’amende pour usage..."
Lire l'article de la Gazette des communes

Tassiana et Ben, livreurs Uber

"Le 22 avril 2026, des associations de défense des droits des livreurs et livreuses de plateformes ont déposé plainte contre Uber et Deliveroo pour traite d'êtres humains. Ben et Tassiana, tous deux livreurs, racontent leur vie avec les algorithmes marquée par des conditions de travail difficiles".



Narcotrafic : les maires réclament plus de moyens à l’Etat après l’exfiltration du maire d’Alès menacé de mort

"Ce n’est en effet pas la première fois qu’un maire d’une commune gangrenée par le trafic de drogue est menacé et, s’ils restent exceptionnels, les cas d’intimidation se multiplient. En février 2025, le maire (PS) de Montpellier, Michaël Delafosse, avait de même dû être exfiltré suite à des menaces de mort. Des individus promettaient de mettre un contrat sur sa tête après qu’il a fait expulser un dealer d’un logement social. Un an et demi plus tard, la menace persiste et le maire vit avec un bouton d’appel d’urgence. En mars, lors des élections municipales, des chefs de réseaux n’ont pas hésité à se rendre dans des bureaux de vote pour intimider les électeurs et leur demander de ne pas voter pour lui. « Les menaces visant le maire d’Alès sont extrêmement graves, a-t-il dénoncé dans le Parisien. On franchit une étape avec un maire exfiltré de son domicile en raison des menaces qui pèsent sur lui. Ça dit l’ampleur de la menace du narcotrafic dans notre pays »."
Lire l'article de la Gazette des communes

« Feux de forêt : cinq leçons de la science pour éviter que les villes flambent aussi »

"Face à l’aggravation du changement climatique, qui allonge la saison des feux et multiplie les sinistres hors normes, le CNRS a publié, vendredi 29 mai, une expertise scientifique collective intitulée « Incendies et villes : la résilience des interfaces urbaines face aux incendies de végétation dans le contexte du changement climatique ». Dix-sept chercheurs y ont analysé plus de 1 100 publications internationales pour en extraire les meilleures stratégies de protection, applicables à la France, alors que 70 % des incendies éclosent dans ces « interfaces urbaines » où se mêlent bâti et nature.
."Cet état de la recherche démontre qu’il faut agir en amont ; que la résilience se conjugue « à l’échelle des habitants, du voisinage, mais aussi de l’aménagement et de la gouvernance des territoires », rappelle Christine Bouisset, géographe (CNRS/Unité mixte de recherche Transitions écologiques et environnementales, dite TREE) et coordinatrice du travail. La recherche internationale souligne cinq leviers majeurs pour éviter qu’un jour Paris ou Marseille ne vivent le cauchemar qu’a connu Los Angeles en janvier 2025, où 37 personnes sont mortes et où 13 000 habitations ont disparu dans les flammes de deux méga-incendies."
Lire l'article du Monde


Revue de presse du 24 juillet 2026


Claire Hédon : "Une personne sur quatre renonce à un droit à cause de la complexité des démarches"

"Fragiliser les droits des uns menace ceux de l'ensemble de la communauté nationale" : c'est une des dernières déclarations de Claire Hédon en tant que Défenseure des droits, devant la commission des lois au Sénat. Un cri d'alarme tant la situation des droits humains s'aggrave en France. "Je vois une aggravation dans tous les domaines", explique-t-elle. "Dans tous les domaines, nos réclamations ont augmenté : c'était moins de 100 000 quand je suis arrivée dans l'institution, on sera très probablement à 200 000 à la fin de l'année. C'est énorme, et je ne crois pas que ce soit lié à la notoriété de l'institution, mais bien à des difficultés d'accès aux droits, particulièrement les droits des usagers de services publics, qui représentent 90 % de nos réclamations."



Plus d’un adulte sur cinq est touché par le handicap dans sa famille

"Le handicap concerne bien plus de personnes qu’on ne l’imagine. Les premiers résultats de l’enquête Familles et Employeurs (FamEmp), réalisée par l’Ined en 2024 auprès de plus de 41 000 personnes âgées de 20 à 65 ans, montrent que plus d’un adulte sur cinq est concerné par un handicap sévère, le sien ou celui d’un parent, d’un conjoint ou d’un enfant.
En observant le handicap à l’échelle des familles, l’enquête révèle des réalités souvent peu visibles : de fortes inégalités sociales face au handicap d’un parent, des formes d’aidance très différentes selon les liens familiaux et la vulnérabilité particulière des parents d’enfants en situation de handicap."
Lire l'article de the Conversation

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, téléphones interdits au lycée... Ce que contient la proposition de loi qui doit être votée ce mardi

"Alors que les alertes se sont multipliées face aux effets néfastes des réseaux sociaux sur les enfants et les adolescents, les deux chambres avaient adopté en première lecture des dispositifs très différents. Le Sénat avait opté pour la mise en place d'une "liste noire" de plateformes frappées d'une interdiction totale, abandonnée face aux craintes de non-conformité avec le droit européen. C'est finalement le texte de l'Assemblée qui a été favorisé. Sa formulation, plus large, prévoit que "l'accès à un service de réseau social en ligne" soit "interdit aux mineurs" de moins de quinze ans.
Emmanuel Macron, personnellement engagé sur cette réforme, une mesure phare de la fin de son mandat, veut la voir mise en œuvre dès la rentrée de septembre. La France est très scrutée par d'autres pays européens qui réfléchissent à des législations similaires. Franceinfo vous résume ce que contient cette loi".
Lire l'article de France Info

En Australie, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans a peu d’impact, selon une première étude

"L’heure est au bilan provisoire en Australie, six mois après l’entrée en vigueur, le 10 décembre 2025, d’une loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Selon des chercheurs, qui ont rendu, jeudi 25 juin, l’une des premières évaluations de ces mesures pionnières à l’échelle mondiale, elle n’a eu que peu d’impact sur les habitudes de navigation des adolescents.
Il n’y a pas « suffisamment de preuves » suggérant que les adolescents se sont détournés des plateformes comme Facebook, Instagram et TikTok, à la suite de cette campagne de répression visant à protéger les enfants contre le harcèlement en ligne et les « algorithmes prédateurs », selon une équipe de chercheurs établis en Australie, dans une étude évaluée par des pairs et publiée par le British Medical Journal (BMJ)."
Lire l'article du Monde


Revue de presse du 17 juillet 2026


Christel Cournil, professeur de droit : « L’Etat a une obligation de protection en matière d’adaptation climatique »

Les effets du changement climatique portent atteinte aux droits fondamentaux : à la vie lors des vagues de chaleur, à la santé et au logement lorsque les habitations deviennent invivables, se fissurent ou sont menacées par les inondations, à l’eau dans les territoires confrontés à des ruptures d’approvisionnement, au respect de la dignité des personnes sans abri ou mal logées. De ce fait, l’adaptation ne peut plus être réduite à une politique technique, à quelques mesures sectorielles ou à une simple gestion des risques.
Elle constitue désormais une obligation. Il nous faut adapter pour protéger, dès maintenant, les personnes, les milieux de vie et les services essentiels contre des atteintes déjà présentes et appelées à s’aggraver. Cette affirmation doit dorénavant structurer l’action publique. Parce que la crise climatique n’est pas qu’une crise environnementale, mais qu’elle fragilise les conditions même d’exercice des droits humains.
Pendant longtemps, la lutte climatique n’a été pensée qu’à travers l’atténuation. Cette priorité demeure absolue : sans baisse rapide et massive des émissions de gaz à effet de serre, les besoins d’adaptation deviendront toujours plus coûteux, plus inégalitaires et parfois impossibles à satisfaire. Cependant, l’adaptation devient, elle aussi, centrale. Le contentieux engagé en 2025 par des « sinistrés climatiques » contre l’insuffisance du troisième plan national d’adaptation au changement climatique (Pnacc 3) marque un tournant : il demande à l’Etat de protéger les personnes déjà exposées et d’empêcher que les plus vulnérables paient le prix de l’inaction."
Lire l'article du Monde

Violences faites aux enfants : les 20 mesures prioritaires de Sarah El Haïry

"Dans un rapport remis mercredi 15 juillet au Premier ministre Sébastien Lecornu, la Haute-commissaire à l’enfance préconise de créer un service unique de vérification des antécédents judiciaires, un code de l’enfance ou encore un conseil des victimes. « Une hiérarchisation des mesures les plus urgentes et les plus structurantes. » Voilà ce que le Premier ministre Sébastien Lecornu avait demandé au Haut-commissariat à l’enfance dans sa lettre de mission du 24 juin 2026. En plein scandale sur les défaillances révélées par l’affaire Lyhanna, il s’agissait d’en « tirer toutes les conséquences ».
Intitulé « Pour une protection intégrale des enfants – De la prévention à la reconstruction, construire une chaîne de protection continue », le rapport remis ce mercredi 15 juillet 2026 intervient en pleine discussion du projet de loi de protection des enfants à l’Assemblée nationale".
Lire l'article des ASH
Lire le rapport "« Pour une protection intégrale des enfants – De la prévention à la reconstruction, construire une chaîne de protection continue »"

ONPE : Guide professionnel pour les situations d’enfants à risque de délaissement ou délaissés

"Se préoccuper des situations de risque de délaissement ou de délaissement parental vise à procurer aux enfants confiés une stabilité de vie et une continuité de liens avec des personnes qui sont des figures de sécurité fiables dans la durée. Considérer ces situations exige un engagement des services de protection dans trois dimensions de réflexion et d’intervention : repérer les situations, les prendre en compte et accompagner les personnes concernées.
Le référentiel de guidance professionnelle contient des repères juridiques, cliniques et d’organisation pour conduire le travail d’identification et d’accompagnement des familles".
Lire le guide

Rapport d'information sur la prise en charge de l’autisme (M. Philippe Fait et Mme Isabelle Santiago)

Le rapport souligne notamment le manque de pilotage national. Extrait : "Les rapporteurs soulignent également que cette inefficacité est renforcée par un éclatement historique des responsabilités entre de multiples acteurs : État, agences sanitaires, Éducation nationale, secteur médico-social, hôpital, départements, maisons départementales des personnes handicapées, associations gestionnaires ou encore collectivités territoriales. Chacun intervient selon ses propres compétences, financements, référentiels et contraintes administratives, sans gouvernance réellement unifiée ni articulation suffisante des parcours de l’enfant.
Ils rappellent à cet égard que la décentralisation n’a jamais eu vocation à signifier un retrait de l’État sur les politiques les plus complexes touchant à l’enfance, au handicap ou à la vulnérabilité. Pourtant, au fil des décennies, les départements et le secteur associatif se sont progressivement retrouvés en première ligne face aux situations les plus lourdes et les plus complexes, sans accompagnement suffisant de l’État, sans stratégie nationale pleinement structurée et sans les outils nécessaires pour assurer une égalité réelle entre les territoires."
A noter : "les pays avec de meilleures remontées de données, comme aux États-Unis, la prévalence se situe plutôt autour de 3 % de la population avec une multiplication par quatre sur les vingt dernières années". les pays avec de meilleures remontées de données, comme aux États-Unis, la prévalence se situe plutôt autour de 3 % de la population avec une multiplication par quatre sur les vingt dernières années."
Lire le rapport

La proposition de loi sur l’aide à mourir définitivement adoptée par l’Assemblée nationale

"À 291 voix contre 241, la proposition de loi sur la fin de vie a finalement été adoptée définitivement par les députés le 15 juillet 2026. Malgré ce vote, la loi ne sera pas promulguée immédiatement, le Premier ministre ayant annoncé saisir le Conseil constitutionnel sur plusieurs dispositions."
L'article des ASH décrit le rôle des médecins et du collège pluriprofessionnel qui vérifie que les conditions d’accès à l'aide à mourir sont remplies."
Lire l'article des ASH

Présomption de légitime défense pour les policiers : une proposition de loi qui pose problème ?

"Déposée en décembre 2024 au Parlement, rejetée en commission une première fois début 2026, la « proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions » a été adoptée à l’Assemblée nationale, le 7 juillet. Revendiquée de longue date par les syndicats de police, elle fait polémique et a réuni contre elle en deux jours plus de 500 000 signatures dans une pétition déposée sur le site de l’Assemblée. Pour le professeur de droit Olivier Cahn, ce texte fragilise l’exercice du contrôle judiciaire sur l’activité des gendarmes et policiers. Entretien".
Lire l'article de The Coversation


Revue de presse du 6 juillet 2026


Les députés valident le droit à un avocat pour chaque mineur protégé

"Le 16 septembre 2025, la députée socialiste Ayda Hadizadeh déposait une proposition de loi destinée à garantir l’assistance d’un avocat à chaque enfant accompagné dans le cadre d’une mesure d’assistance éducative et de protection de l’enfance.
a représentation de principe par un avocat. Au cours de son étude en première lecture par les deux chambres parlementaires, le texte a mis députés et sénateurs d’accord. Dans la version adoptée à l’issue de cet examen, il est prévu qu’en matière d’assistance éducative, le mineur est assisté d’un avocat, « sans condition de discernement ».
La procédure est initiée par le juge des enfants auprès du bâtonnier. L’information est ensuite transmise à l’intéressé, à ses représentants légaux, au service ou à la personne (membre de la famille, personne de confiance) à qui il a été confié.
L’assistance de l’avocat est prise en charge intégralement au titre de l’aide juridictionnelle."
Lire l'article des ASH

Santé mentale en protection de l’enfance : agir face à l’urgence

"En 2026, la santé mentale a été déclarée Grande cause nationale pour la deuxième année consécutive en France. Un choix qui confirme l’ampleur d’un enjeu devenu majeur pour la société française : la dégradation préoccupante de la santé psychique, en particulier chez les plus jeunes. De l’avis de tous les professionnels, celle-ci s’observe de façon plus ample encore parmi les enfants confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance, présentant des vulnérabilités multiples. Face à cette urgence, la fondation Droit d’Enfance dévoile aujourd’hui les résultats d’une enquête inédite sur le lien entre santé mentale et protection de l’enfance et émet des propositions pour y faire face.
L’Aide sociale à l’enfance traverse une crise globale aux conséquences multiples : difficultés de recrutement, épuisement des équipes, manque de places… De multiples difficultés aggravées par la progression des troubles psychiques chez les mineurs confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance : ils représenteraient 50% des jeunes hospitalisés en psychiatrie"
Lire l'enquète de Droit d'enfance

Du programme PEGASE au Parcours Coordonné Renforcé « Enfance Protégée »

"Le Programme PEGASE c'est quoi ? Il s'agit d'un programme de santé publique destiné aux jeunes enfants protégés. Il propose un suivi standardisé et des soins psychiques précoces qui visent à prévenir les séquelles à long terme des maltraitances infantiles chez les très jeunes enfants protégés."



« Le problème du périscolaire n’est pas seulement qu’il protège insuffisamment les enfants, c’est qu’il ne sait plus pourquoi il existe »

"Le périscolaire est l’un des angles morts de la politique éducative. Nous débattons sans cesse de l’école et de ses insuffisances, mais nous négligeons ce temps qui occupe pourtant une place centrale dans la vie des enfants. Il concerne près de neuf enfants sur dix dans le premier degré, mobilise plusieurs milliards d’euros chaque année et représente, pour beaucoup d’élèves, un temps comparable à celui du temps scolaire, qui s’élève à 864 heures par an à l’école primaire.
Confié aux collectivités territoriales, le temps périscolaire s’est développé de manière hétérogène, sans objectifs clairement définis et sans véritable mesure de son impact sur les apprentissages, la socialisation et la sécurité des enfants. Ce constat ne doit pas faire oublier les efforts de nombreuses communes, qui maintiennent des dispositifs de qualité dans un contexte budgétaire de plus en plus contraint."
Lire l'article du Monde

Etude ONPE : Pour la réussite scolaire des enfants confiés

­"La scolarité d’un enfant confié peut être en tension entre ses besoins, ses droits et sa réalité quotidienne. Dépassant les constats, l’enjeu est de comprendre les pratiques et les politiques favorables à la réalisation de son projet scolaire et d’avenir. Cette étude propose une analyse de ressources juridiques, cliniques, pédagogiques et organisationnelles à l’attention de la communauté éducative. Elle apporte un regard sur les défis à relever, aborde les points d’attention et les spécificités du parcours scolaire, et présente des ressources pour accompagner sans stigmatiser. Elle insiste sur l’importance des alliances éducatives locales, départementales et nationales. Enfin, elle formule des recommandations pour soutenir concrètement la réussite scolaire de l’enfant confié."
Lire l'étude

« Le scandale du périscolaire à Paris n’est que la face émergée de l’iceberg » estime Céline Greco

"Céline Greco, médecin, cheffe de service à l’hôpital Necker et spécialiste de la douleur, a fondé l’association IM’PACTES en 2022 afin d’accompagner et protéger les enfants. Elle insiste ce matin au micro de David Abiker sur la nécessité d’accentuer l’aide aux enfants, afin que ceux-ci s’intègrent à la société et ne soient pas victimes de violences similaires à celles dénoncées dans le périscolaire parisien récemment".



Revue de presse du 29 juin 2026


L’épisode caniculaire exceptionnel marqué par une augmentation des décès

"D’après Météo-France, l’épisode caniculaire en cours est exceptionnel sur le plan météorologique à l'échelle du pays. De nombreux records mensuels et absolus ont été battus, le mardi 23 juin a été la journée la plus chaude à l’échelle nationale, battant le record de 2003. Santé publique France signale une augmentation du nombre quotidien de personnes décédées observée depuis le 23 juin 2026 sur la base des premières données de mortalité (non consolidées).
Les décès observés ont augmenté en établissement hospitalier, en EHPAD et à domicile. Toutefois, depuis le 24 juin, une augmentation particulièrement marquée des décès à domicile est observée (de l’ordre de 40%), tout particulièrement en Ile-de-France. Ce constat conduit à rappeler les mesures de solidarité envers les personnes isolées et en situation de grande solitude, y compris dans les zones fortement urbanisées."
Lire l'article de Santé publique France

Canicule : les personnes les plus précaires en première ligne du réchauffement climatique

"Alors que la France traverse un nouvel épisode caniculaire, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) alerte sur la situation des personnes sans-abri et en situation de grande précarité, particulièrement exposées aux conséquences des fortes chaleurs et sur la dégradation des moyens des associations pour agir. Une enquête flash menée auprès des dispositifs de veille sociale met en lumière une réponse gérée dans l’urgence, avec des moyens insuffisants et des pratiques très disparates selon les territoires.
Alors qu’une grande partie du territoire est situé en vigilance rouge canicule, 5239 personnes dont 1626 enfants étaient sans solution d’hébergement ou de logement suite à un appel au 115 fin juin. Quand les consignes publiques recommandent de rester au frais et de s’hydrater régulièrement, des milliers de personnes n’ont ni logement, ni lieu de répit, ni accès garanti à l’eau. Invisibilisées, elles figurent pourtant parmi les premières victimes du dérèglement climatique
La FAS alertait déjà en 2023, à travers une enquête menée auprès de ses adhérents, sur les difficultés pour répondre aux 3 besoins essentiels : eau, abri, repos, ainsi que l’absence d’anticipation et l’insuffisance des moyens alloués aux associations pour faire face aux épisodes de chaleur et aux besoins de mise à l’abri. "
Lire l'article de la Fédération des acteurs sociaux

Recours sur l’Administration Numérique des Étrangers en France, une victoire collective pour l’accès aux droits

"Ce mardi 5 mai 2026, le Conseil d’État a statué sur le recours contentieux engagé par la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS), aux côtés de neuf associations1 – Forum réfugié, Secours Catholique, Emmaüs Solidarité, France Terre d’Asile, Coallia, JRS France, Aurore, La Cimade et le Groupe SOS Solidarités – visant à dénoncer les dysfonctionnements persistants de l’Administration numérique pour les étrangers en France (ANEF).
Par sa décision, le Conseil d’État enjoint à l’État de prendre les mesures nécessaires afin de garantir le bon fonctionnement de ce service public numérique et d’assurer un accès effectif aux droits des personnes étrangères.
Une enquête menée par la FAS en octobre 2024 a mis en évidence des suspensions de droits auprès de France Travail ainsi que d’autres organismes sociaux, compromettant les parcours d’insertion et plongeant de nombreuses personnes dans une situation d’insécurité économique, administrative et sociale. "
Lire l'article de la FAS

Travail social : le HCTS préconise de revoir l’encadrement des équipes

"Le Haut conseil du travail social (HCTS) dresse un constat sévère de l'évolution organisationnelle des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS).
Dans un rapport daté de février 2026 mais publié courant juin, il estime que la complexification des besoins des usagers, la raréfaction des ressources budgétaires et la logique de contractualisation accrue transforment en profondeur les conditions d'exercice des professionnels.
Selon le HCTS, cette pression économique favorise un « management par le chiffre » et un contrôle administratif croissant, au détriment du travail relationnel et de l'accompagnement direct. Pour inverser cette tendance, l'instance formule plusieurs recommandations visant à repenser les modes de gouvernance et le rôle de l'encadrement.
Lire l'article du Media social

ASE et santé mentale : dans l'attente d'une réforme, Droit d'enfance détaille des solutions d'urgence

"Pour la deuxième année consécutive, la santé mentale a été déclarée « grande cause nationale » par Emmanuel Macron. Pourtant, la souffrance psychique des mineurs, au premier rang desquels les jeunes protégés, ne cesse de se dégrader. Afin de mettre en lumière leurs troubles toujours plus importants, Droit d’enfance a publié les résultats d'une enquête consacrée à ce sujet.
Après avoir interrogé des professionnels pendant un an, la fondation a formulé plusieurs propositions apportant « une réponse à court terme aux besoins urgents des enfants et des professionnels dans l’attente d’une réforme structurelle »."
Lire l'article des ASH


Revue de presse du 22 juin 2026


Pré-rapport de la mission interministérielle sur l'affaire Lyhanna

"Au terme de ses premières investigations, la mission a noté le traitement adapté de la plainte de la victime A réalisé par le parquet de Toulouse et la BTA de Plaisance-du Touch. Pour autant, elle a identifié au parquet de Toulouse lors du dessaisissement, des points d’amélioration qui, s’ils avaient été mis en œuvre, auraient pu être de nature à prévenir les défaillances constatées par la suite.
Elle a relevé, par ailleurs, des dysfonctionnements, tant au niveau du parquet d’Auch que de la compagnie de gendarmerie de Condom, qui n’ont pas permis une prise en compte des faits dénoncés le 18 août 2025 à la hauteur de leur gravité.
La poursuite par la mission de ses actes, y compris ceux relatifs aux autres procédures mettant en cause JB, permettra de mieux en cerner les causes et de faire des propositions pour prévenir le renouvellement des défaillances identifiées."
Lire le pré-rapport

ASE : 18 propositions clés pour revaloriser les assistantes familiales

"Après un précédent rapport Des enfants à protéger, 70 propositions pour agir vite, Thierry Herrant, de l’Ufnafaam, et Thomas Larrieu, du Gepso, ont donc à nouveau uni leurs forces pour élaborer de nouvelles préconisations. L’objectif : comprendre « les ressorts de la crise d’attractivité » pour apporter des solutions concrètes à « ces travailleuses essentielles » de l’ASE. Guidés par trois caps principaux : rompre l’isolement des assistantes familiales ; améliorer leurs conditions d’exercice ; leur ouvrir de nouveaux droits".
Lire l'article des ASH

Grandir avec un parent en souffrance psychique

"La santé mentale s’est imposée comme un sujet de société ces dernières années. Des malades, à l’instar de Nicolas Demorand dans un livre et désormais un podcast, racontent leur parcours et ces paroles trouvent un écho d’ampleur à travers la société, fissurant le grand silence qui entoure ceux qui souffrent. Mais qu’en est-il de l’entourage et notamment des enfants de ces parents fragiles ? "
Un tiers des personnes suivies en psychiatrie sont parents...



Festival du film social : trois regards sur l'enfance chahutée

"Du 5 au 8 octobre, se déroulera la 8e édition du festival du film social. Cette année, elle a lieu dans une petite cinquantaine de villes (voir la liste complète), souvent en lien avec les écoles de travail social.
Le Media social est partenaire du festival. Avant son démarrage, afin d'aiguiser l'appétit des futurs spectateurs, nous allons présenter, de façon développée ou plus succincte, la vingtaine de films sélectionnés.
Lire l'article du Média social

Pacte européen sur la migration et l'asile

"Depuis plus de vingt-cinq ans, l'Union européenne cherche à construire une politique commune en matière d'asile et d'immigration. Cette ambition s'est affirmée dès le traité d'Amsterdam (1er mai 1999), puis lors du Conseil européen de Tampere (15-16 octobre 1999).
Une première génération de textes — adoptés dans les années 2000 — a permis d'instaurer des standards minimaux. Une seconde phase s'est ouverte au début des années 2010 avec le « paquet asile » (Dublin III, directive Procédures 2013/32/UE, directive Accueil 2013/33/UE). Les crises migratoires de 2015-2016 et les évolutions géopolitiques récentes ont mis en lumière les limites structurelles de ce système.
Le Pacte européen sur la migration et l'asile constitue la réforme la plus profonde du droit d'asile européen depuis le « paquet asile » du début des années 2010. Adopté le 14 mai 2024 par le Conseil de l'Union européenne après l'approbation du Parlement européen le 10 avril 2024, il entre en application à compter du 12 juin 2026."
Lire le guide de Forum Réfugiés

A Paris, sous les tentes du métro Stalingrad, l’« errance » sans fin des exilés

"Un tiers des personnes vivant dans les rues de la capitale ont le statut de réfugié, estime l’Office français de l’immigration et de l’intégration. Mais, faute de logement et de travail, beaucoup se retrouvent dans le campement informel du 10ᵉ arrondissement".
"Selon Médecins du monde, 60 % des occupants du campement sont des demandeurs d’asile, 20 % ont obtenu le statut de réfugié, et les 20 % restants ont épuisé tous les recours et vivent sans papiers. Plus généralement, on estime qu’un tiers des personnes vivant dans la rue à Paris ont le statut de réfugié, avance Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). « C’est paradoxal, mais beaucoup d’entre eux étaient mieux pris en charge lorsqu’ils demandaient l’asile, souligne-t-il. Une fois le statut de réfugié accordé, ils perdent certaines aides et doivent se débrouiller seuls. » Paul Alauzy assène : « La machine à les intégrer est en panne. »"
Lire l'article du Monde

Professionnels du médico-social : que faire face à une situation de maltraitance ?/h3>



Revue de presse du 15 juin 2026


Affaire Lyhanna : pourquoi la justice échoue-t-elle à protéger les enfants ?

L'historienne Anne-Claude Ambroise-Rendu "observe que "très régulièrement, très périodiquement, on découvre que cette criminalité existe, on s'indigne, on s'émeut de son existence, comme si l'émotion tenait lieu de catégorie d'analyse" avant que "les choses continuent sans qu'il y ait de changements radicaux".
L'historienne rappelle que la protection des enfants contre les violences sexuelles ne date pas d'hier : "l'enfant est reconnu comme devant être mis à l'abri de la sexualité, considéré à partir de 1832 comme une violence exercée sur le corps de l'enfant, puisque c'est la loi de 1832 qui invente en quelque sorte le crime de pédocriminalité". Pourtant, cette reconnaissance juridique ne s'est jamais traduite par une pleine reconnaissance sociale : "cette histoire, c'est aussi l'histoire non pas d'un déni (…) je parle de résistance, il y a une vraie résistance sociale autour de la reconnaissance de l'existence de cette criminalité".



Retour sur événement dramatique | RDV de l'ONPE

"Après un drame survenu concernant un enfant repéré ou accompagné, le « retour sur événement dramatique » constitue une démarche collaborative visant à analyser les faits, à mettre en lumière les facteurs ayant pu y contribuer et à formuler un plan d’action ou des recommandations destinés à renforcer et améliorer le système de protection de l’enfance."


Lire la publication

Yazid Sabeg, ancien commissaire à la diversité et à l’égalité des chances : « La France ne peut plus penser l’immigration comme un phénomène extérieur »

"C’est le paradoxe français : la France intègre plus qu’elle ne le croit, mais reconnaît moins qu’elle ne le devrait. Elle intègre par la langue, l’école, les diplômes, les unions, le sentiment national ; mais laisse l’emploi, le logement, la santé et l’accès aux responsabilités trier encore selon le nom, l’adresse, l’origine supposée ou la couleur de peau.
Le fait central n’est donc plus seulement l’immigration ; c’est la descendance de l’immigration. La France compte des millions de femmes et d’hommes nés ici, formés ici, parlant sa langue, inscrits dans son destin – et pourtant renvoyés à une histoire migratoire qu’ils n’ont pas vécue. La première génération relève du séjour et de l’intégration ; la deuxième de l’égalité réelle ; la troisième pleinement de la nation. Continuer à parler de ces générations comme d’une survivance migratoire, c’est demander à des Français de prouver indéfiniment qu’ils le sont."
Lire l'article du Monde

Podcast : Kylian raconte son parcours, de dealer à éducateur à la PJJ

"Kylian commence très jeune à guetter pour un réseau de stupéfiants jusqu'au vol d’une voiture qui le conduit en foyer. À 19 ans, il est incarcéré aux Baumettes à Marseille. La détention marque le début d'une prise de conscience. Après un long parcours, il est aujourd'hui devenu éducateur."



« Le renouvellement du titre de séjour est leur première source d’angoisse » : des médecins racontent la détresse de leurs patients

"En France, le système actuel des titres de séjour fabrique de l’irrégularité et brise des vies. Après avoir recueilli la parole de travailleur·ses étranger·es qui se retrouvent « à la merci d’un papier », des professionnels de santé nous racontent les effets psychologiques de cette précarité administrative sur leurs patients.
« Avec une carte d’un an, même pas trois mois après j’angoisse déjà en pensant au renouvellement ». Jean-Louis, 33 ans est agent de sécurité à Toulouse. En France depuis sept ans, chaque renouvellement est un parcours du combattant : créneaux introuvables en préfecture, plateforme en ligne défaillante, timbre fiscal de 250 euros à payer à chaque renouvellement… un cycle qui recommence chaque année, pour Jean-Louis comme pour des milliers de personnes étrangères qui travaillent en France, certaines depuis plus de 20 ans."
Lire l'article d'Amnesty international
Lire le rapport "A la merci d'un papier"


Revue de presse du 8 juin 2026


Mort de Lyhanna : "Le déni reste extrêmement puissant dans la société", déplore Édouard Durand

"Édouard Durand, magistrat, juge des enfants et ancien président de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), réagit au meurtre de Lyhanna, 11 ans, dont le principal suspect est un homme visé par de nombreuses plaintes pour violences sexuelles. "



Protection de l'enfance, une histoire entre charité et encadrement

La protection de l’enfance en France résulte d’un processus idéologique et législatif. Comment ce changement s’est-il opéré ? Quels nouveaux acteurs et actrices ont contribué à la mise en œuvre de cette politique de protection de l’enfance ?
De la fondation de l’hospice des Enfants-Trouvés à Paris, par Vincent de Paul au 17ᵉ siècle, jusqu’au Service social de l’enfance en danger moral, créé en 1923 et devenu le Service social de l'enfance en 1930, "Le Cours de l'histoire" explore la longue histoire des institutions chargées de la protection de l'enfance."



Étrangers : accélérer le traitement des dossiers pour libérer des places d'hébergement

"Dans une circulaire du 26 mai 2026, les ministres Laurent Nuñez (Intérieur) et Vincent Jeanbrun (Ville et Logement) invitent les préfets à renforcer leur action concernant la situation administrative des étrangers accueillis en hébergement d'urgence généraliste, notamment dans les centres d'hébergement d'urgence (CHU) et les centres d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS).
L'enjeu ? Fluidifier le parc de l'hébergement d'urgence, en évitant que des personnes en situation régulière y restent durablement faute de document à jour, et en identifiant mieux les personnes qui n'ont « pas vocation à rester sur le territoire » pour leur proposer des solutions adaptées (aides au retour volontaire)."
Lire l'article du Media social

Logement social : des effets limités sur la mixité dans les grandes agglomérations

"Les logements sociaux sont mieux répartis depuis les années 2000 et la loi "solidarité et renouvellement urbain" (SRU). Leur présence dans les quartiers aisés favorise la mixité sociale. Toutefois, des inégalités s'accentuent dans les grandes villes depuis 2004 en raison notamment d'une concentration de logements sociaux créant ainsi des "poches de pauvreté". C'est le principal enseignement d'une étude de l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), publiée le 2 juin 2026".
NB : A Paris, 40 % des logements sociaux sont concentrés dans trois arrondissements seulement : les 13e, 19e et 20e arrondissements ; alors que trois arrondissements en ont moins de 5% (2,3% dans le 7°)
Lire l'article sur Vie publique
Voir les données de l'APUR


Revue de presse du 31 mai 2026


Diplômes du travail social : ce qui change à partir de 2026

"Fruit de longs mois de concertation – parfois tendus –, cette refonte a profondément divisé les acteurs du secteur. D’un côté, la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), soutenue notamment par l'Unaforis et les organisations employeurs (Fehap, Nexem, Udes), défend une réforme destinée à fluidifier les parcours et à développer des compétences transversales. De l’autre, certaines organisations professionnelles et syndicales dénoncent une transformation menée au pas de charge, au risque d’affaiblir l’identité même des métiers du travail social.
Parmi les points les plus contestés figure la disparition du mémoire de fin de formation, remplacé par une « épreuve conclusive ». Pour ses détracteurs, cette évolution marque l’effacement d’un exercice essentiel d’analyse, de réflexion critique et de prise de recul professionnelle.
Et si, dans la nouvelle logique, les passerelles entre les diplômes et les mobilités professionnelles sont facilitées, grâce aux deux blocs de compétences communs, certains déplorent la perte de la spécificité des métiers."
Lire l'article du Média social

Rapport annuel de la CGLPL : « une peur palpable traverse les coursives » dénonce Dominique Simonnot

« Entre fin 2024 et fin 2025, cinq détenus ont été tués par leur codétenu » écrit la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, dans l’avant-propos de son rapport annuel, rendu public ce jour*. « Une peur palpable traverse les coursives, ajoute-t-elle. Peur d’un mauvais coup, peur d’être esclavagisé en cellule, peur des bagarres en promenade. Peur des bestioles porteuses de maladie. Peur de mourir d’une crise, d’une maladie ».
En cause ? La surpopulation carcérale qui atteint, au 1er avril 2026, 171 % d’occupation moyenne en maison d’arrêt, avec 7 540 matelas au sol (contre 4 752 un an plus tôt). Plus de la moitié des 88 145 détenus sont hébergés dans des prisons dont le taux d’occupation dépasse les 150 %. « Imaginez la panique d’être parqué dans un espace minuscule en compagnie d’un être qui vous terrorise. Sans échappatoire, écrit encore D. Simonnot. Emprisonnés pour de petits délits, ils devraient être dehors aujourd’hui, les voilà enterrés ».
Lire l'article d'Acru-juridique

La France sous estime-t-elle la menace masculiniste ?

"Le Haut Conseil à l'égalité, qui publie son rapport annuel sur l'état du sexisme sonne l'alarme. Selon sa présidente, le masculinisme doit être "un enjeu de sécurité nationale". Qu'est-ce que l'idéologie Incel ? Détour par les salles de musculation et de fitness, haut-lieu du masculinisme."



Assistance éducative : l'avocat obligatoire pour tous les mineurs reporté à 2027

"Malgré un démarrage prometteur, la proposition de loi consacrant le droit de chaque enfant d'être assisté d’un avocat dans le cadre d’une mesure d’assistance éducative, portée par la députée socialiste Ayda Hadizadeh et adoptée à l'unanimité à l'Assemblée nationale en décembre dernier, connaît un contretemps.
Les sénateurs ont certes adopté le texte le 28 mai dans les mêmes termes que les députés. Mais ils ont également validé un amendement décalant l'entrée en vigueur de la réforme au 6 janvier 2027, alors qu'elle devait initialement s'appliquer dès la publication de la loi.
Conséquence : le texte doit désormais retourner devant l'Assemblée nationale.
Lire l'article du Media social

Propositions de la commissions des affaires sociales et de la commission des lois du Sénat

Dans un texte,"Enfance en danger : des solutions existent,il est temps de s’en saisir", la commissions des affaires sociales et la commission des lois du Sénat font 14 propositions de réforme de la protection de l'enfance, avec un focus sur trois publics, les 0-3 ans, les jeunes à double vulnérabilité et les sortants de l'ASE.
Extrait : "Le nombre de mesures prononcées au titre de l’aide sociale à l’enfance (ASE) a progressé de 51 % entre 1998 et 2023, avec une augmentation des dépenses de 70 %, pour atteindre 11 milliards d’euros pour les départements. Parallèlement, plus de 71 % des établissements de la protection de l’enfance peinent à recruter, avec près de 30 000 postes vacants."
Lire les recommandations

Rôle et missions des AESH dans l’école inclusive, aujourd’hui et demain

"Alors que, depuis près de vingt ans, l’école inclusive repose largement sur l’aide humaine, le rapport conjoint de l’IGÉSR et de l’Igas alerte sur l’essoufflement du modèle actuel, alerte largement partagée par les parties prenantes. À partir d’un état des lieux approfondi, il propose une refondation de l’accompagnement des élèves en situation de handicap, centrée à la fois sur la reconnaissance des AESH* et sur un virage structurel vers l’accessibilité pédagogique.
Le rapport conjoint IGÉSR–Igas sur les accompagnantes d’élèves en situation de handicap dresse un constat clair : principal levier de l’école inclusive depuis 2005, le dispositif d’aide humaine, reposant sur les AESH, toujours plus nombreuses (+70% depuis 2017), peine à répondre à la croissance des besoins. En témoignent, chaque année, les 10 % d’enfants en situation de handicap notifiés, mais laissés sans solution. Le rapport montre que les AESH portent le poids d’un système à bout de souffle et appelle, en 22 recommandations, à sa réforme urgente."
Lire le rapport de l'IGAS


Revue de presse du 23 mai 2026


Périscolaire : les violences sont "une conséquence des failles du système", affirme Victoire Haffreingue-Moulart

"Les chiffres des violences dans le périscolaire, notamment à Paris, "sont extrêmement élevés et donc nécessairement inquiétants", mais montrent "que l'enfant aujourd'hui sait qu'il peut être écouté par les professionnels, sait qu'il peut se confier", estime, lundi 18 mai, sur France Inter, Lisa-Lou Wipf, vice-procureure de la section des mineurs du parquet de Paris. Le parquet de Paris a annoncé, dimanche, avoir ouvert des enquêtes pour de possibles violences dans un total de 84 écoles maternelles, une vingtaine d'élémentaires et une dizaine de crèches. La magistrate affirme que l'enfant "va libérer sa parole beaucoup plus tôt qu'il ne le faisait quelques années encore auparavant".".



Convention citoyenne sur la protection et les temps de l’enfant à l’école : ce qu’il faut savoir

"Lancée à la mi-avril 2026, cette convention marque une étape décisive dans la refonte du périscolaire. Pensée comme un espace où recueillir la parole et l’avis des usagers et des familles parisiennes, elle permettra à un panel de parents d’élèves tirés au sort de dialoguer avec l’ensemble des parties prenantes (professionnels, experts associatifs) et de formuler des recommandations qui seront présentées au Conseil de Paris de juillet. Les sessions se dérouleront du 18 mai au 22 juin.
Les travaux de la convention s’organisent autour de trois priorités : l’organisation des rythmes scolaires, l’articulation entre l’école, le périscolaire et les familles, ainsi que le niveau de service public à garantir. En filigrane, la démarche intègre des enjeux cruciaux, de la protection de l’enfance à la prévention des violences sexuelles, en passant par la promotion du bien-être et de la sécurité affective des élèves."
Lire l'article sur Paris.fr

La défenseure des droits sur le traitement de l’inceste et la situation des parents protecteurs

L'expertise de Claire Hédon est extraordinairement outillée et éclairante dans un domaine d'une rare complexité. Elle explique notamment le risque, dans les situations de révélations d'abus, d'enquètes centrées sur l'évaluation du conflit parental en laissant de côté l'évaluation de l'enfant.
Elle évoque à ce sujet le protocole Nichd.
Un problème majeur est la fréquente faiblesse de l'articulation entre le parquet et la CRIP quand il y a un classement sans suite.



Emploi handicapé : les efforts conjugués de France travail et Cap emploi portent leurs fruits

"Le niveau de retour à l'emploi des chômeurs handicapés continue d'augmenter depuis le regroupement de l'ex-Pôle emploi et des agences Cap emploi sous la bannière France travail. En 2025, leur taux de recrutement avait grimpé de 9 %.
Malgré la compression du marché du travail sous l'effet d'une situation économique internationale tendue, les chiffres de l'emploi handicapé s'améliorent. Conséquence de la loi pour le plein emploi de 2024 qui a accéléré le rapprochement des services de France travail de ceux du réseau Cap emploi, les agents de ces deux entités ont appris à s'acculturer mutuellement, afin de développer leur efficacité au bénéfice du retour à l'emploi des travailleurs en situation de handicap par le biais de partages d'expérience ou de formations communes."
Lire l'article des ASH

Crise de présence dans le travail social

Dans cette tribune libre, le sociologue Daniel Verba estime que la crise du travail social ne s'explique pas seulement par les salaires ou les conditions de travail. L'emprise croissante du numérique fragilise aussi la capacité de présence à l'autre, pourtant au cœur des métiers de l'accompagnement.
Extrait : "Par « présence sociale », j’entends cette capacité de mobilisation de soi, qu’il s’agisse de manières d’être corporelles (expression non verbale) ou d’attention psychique, en vue de prendre soin d’autrui. Il s’agit d’une disposition qui consiste non pas à se mettre à la place, mais à faire place à un autre afin qu’il se sente considéré et reconnu à la fois dans sa similarité et sa singularité."
Lire l'article du Média social


Revue de presse du 16 mai 2026


Conférences familiales et secret professionnel : enjeux et perspectives.

Dans cet article, Mohammed L'Houssni présente l'histoire et le déroulement des conférences familiales (Family Group Conferences,FGC).
Extrait : "Les Family Group Conferences (réunions du groupe familial) ont été inventées dans les années 1980 en Nouvelle-Zélande. Elles sont nées d’une rencontre heureuse entre des leaders de la communauté Māori — notamment John Rangihau à travers le rapport Pūao-te-ata-tū — et des professionnels novateurs, comme Mick Brown, juge Maori, et Mike Doolan, travailleur social.
Les Māori dénonçaient un système de protection de l’enfance qui écartait les familles élargies et les proches des décisions concernant les enfants. Les constats étaient lourds : surreprésentation des enfants Māori dans les institutions, violences subies dans le système, placements massifs, absence de travailleurs sociaux Māori et racisme systémique.
À partir de cette critique, des professionnels ont saisi l’occasion de s’inspirer des pratiques collectives Māori pour inventer un autre modèle de protection de l’enfance : un modèle où le groupe familial, préparé et informé, prend des décisions pour l’enfant avec le soutien des professionnels. Les professionnels restent garants de la sécurité et du cadre légal du plan familial — par exemple, en s’assurant qu’un enfant ne soit pas confié à un proche condamné pour agression sexuelle."
Lire l'article de Secretpro

Aider les parents à aider les enfants à grandir

"Inégalités, pression scolaire, marchandisation des appuis à la parentalité, recul de la présence des enfants dans la société… Sur la base d’un ensemble de constats concernant les conditions et les enjeux de l’exercice de la parentalité aujourd’hui, le Conseil de l’enfance propose 20 mesures qui visent aider les parents à aider les enfants à grandir autour de six axes : 1. égalité entre les parents ; 2. accès aux droits, prestations et services ; 3. déclore, ouvrir : la place des enfants et des parents dans la société ; 4. appuyer l’exercice parental et sa reconnaissance ; 5. repenser les temps des enfants et des parents ; 6. soutenir les associations et les projets locaux qui contribuent à ces objectifs."
Lire le rapport du HCFEA
Telecharger l'Infographie

Quartiers populaires. Comment s'en sortir ?

"Dans les quartiers populaires, le contexte reste celui d’une exclusion structurelle. Selon l’ouvrage collectif L’Épreuve de la discrimination, 77 % des personnes interrogées déclarent être concernées par les discriminations. Face à ces freins, la sociologue Marion Carrel alerte sur la disparition, depuis 2010, de 246 000 emplois aidés, privant les associations de moyens et isolant davantage les habitants.
Dès lors, la résistance s’organise autour d’un processus d'empowerment fondé sur la co-construction du savoir et des stratégies d’action. Les collectifs et habitants mobilisés s'allient aux chercheurs pour faire émerger une démocratie d'interpellation. Ensemble, ils ne se contentent pas de décrire un vécu, mais produisent de nouveaux indicateurs scientifiques (sociaux, santé) ou sur les discriminations en raison de la race, ou de la religion, notamment musulmane".



Dynamique des liens fraternels en contexte de placement conjoint

"Si le lien fraternel constitue une ressource pour la majorité des enfants confiés, il peut, dans certaines conditions, être une source de vulnérabilité supplémentaire. Il s’agit alors de repérer les signes d’alerte pouvant conduire les professionnels à privilégier une séparation des frères et sœurs au quotidien, tout en aménageant les conditions nécessaires au maintien du lien fraternel".
Lire la syntèse de l'ONPE

Règlements de comptes liés au narcotrafic : «Le tireur d’aujourd’hui est la victime de demain»

"Trois évènements mortels, vraisemblablement sur fond de narcotrafic, en moins d’une semaine. A Nice, d’abord, le 11 mai, où un homme a ouvert le feu sur une épicerie, tuant deux personnes et en blessant gravement six autres. Le même jour, au petit matin, un incendie d’origine criminelle faisait trois morts à Décines-Charpieu, dans la banlieue de Lyon. Trois jours plus tard, jeudi 14 mai, Elijah, un ado de 15 ans, était abattu dans le hall d’un immeuble à Nantes. Les autorités ont d’ores et déjà établi que cinq des victimes décédées n’avaient aucun lien avec le trafic de drogue.
Lire l'article de Libération

« Un coup d’épée dans l’eau »… Tout juste ressuscité, le projet de loi sur l’enfance déjà très critiqué

"Le projet de loi pour l’enfance, initialement porté par la ministre Catherine Vautrin et repris par Stéphanie Rist, vise à réformer la protection de l’enfance en privilégiant la famille et l’accueil durable.
Les principales mesures incluent la recherche systématique d’un tiers de confiance pour les enfants en danger, l’accélération des procédures d’adoption et l’élargissement des contrôles des antécédents judiciaires pour les professionnels en contact avec les enfants.
Malgré un accueil globalement positif pour certaines propositions, le texte est perçu comme une déception, loin d’une véritable refonte, et son adoption reste incertaine en raison du contexte législatif chargé avant les élections présidentielles.
Lire l'article de 20 minutes

Un plan d'action sur les violences dans le périscolaire


Accèder aux podcasts

Crise de l'aide sociale à l'enfance : quelles solutions ?

"La protection de l'enfance traverse une crise multifactorielle. De récents rapports mettent en lumière ces difficultés et dénoncent des faits de maltraitance envers les enfants et de souffrance au travail. Le point sur cette politique publique."
A noter la proposition de "désengorger le cabinet du juge des enfants en lui permettant de procéder à des délégations globales au bénéfice des professionnels de l’ASE et en clarifiant les conditions dans lesquelles le ministère public doit exercer son rôle de filtre des saisines".
Lire l'article de Vie Publique


Revue de presse du 08 mai 2026


Face à la crise de la protection de l'enfance, le Sénat plaide pour généraliser les bonnes pratiques

Un rapport sénatorial présente une nouvelle analyse de la crise de la protection de l’enfance et formule des recommandations à destination des pouvoirs publics. Il met en lumière trente bonnes pratiques à dupliquer pour améliorer l’ensemble de l’écosystème.
« Enfance en danger : des solutions existent, il est temps de s’en saisir ». Plus d’un an après le rapport de la députée Isabelle Santiago, c’est au tour des sénateurs de présenter leurs propositions en faveur de la protection de l’enfance à travers un rapport d'information, réalisé au nom de la mission de contrôle menée conjointement par la commission des lois et la commission des affaires sociales du Sénat.
Mais s'il confirme la crise que traverse la protection de l’enfance, ce document présenté le 28 avril ne se veut pas un énième résumé des dysfonctionnements du secteur. Il est en effet « conçu comme une boîte à outils opérationnelle pour les départements, les professionnels et l’État », défend l'une de ses rapporteures, l'ancienne ministre Agnès Canayer (LR), sur Linkedin.
Ses quinze préconisations s'inspirent d'une trentaine de bonnes pratiques que les sénateurs ont identifiées. Selon eux, ces solutions, si elles étaient généralisées, « permettraient d’améliorer, à court et moyen terme, la prise en charge des enfants confiés à la protection de l’enfance, sans pour autant nécessiter un engagement financier incompatible avec la situation budgétaire actuelle de la France ».
Lire l'article du Media social

Grandir en foyer : une enfance sur le fil, en immersion dans une maison d’enfants à caractère social (MECS)

"Les rapports se sont succédés ces dernières années, et tous ont souligné l’ampleur de la crise que traverse l’Aide sociale à l’Enfance. La commission d’enquête qui a planché sur le sujet l’an dernier a conclu à une action publique "profondément et structurellement dysfonctionnelle", et à un "manque chronique d’implication de l’État". Elle appelait à une mobilisation de tous les acteurs pour recentrer la politique de protection de l’enfance sur les besoins fondamentaux de l’enfant.
Un an plus tard, les besoins continuent d’augmenter : plus de 400 000 mineurs et jeunes majeurs bénéficient de mesures de protection, alors même que les recrutements d’assistants familiaux et d’éducateurs se font de plus en plus difficiles. La réforme tant attendue finira-t-elle par arriver ? La ministre de la Santé et des Familles, tente de rassurer : un projet de loi sur la protection des enfants sera bientôt présenté au Conseil des ministres. Stéphanie Rist espère que ce texte, porté avec le garde des Sceaux, sera "adopté avant la fin du quinquennat". Il compte notamment "redonner des perspectives aux enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance", via une accélération de l’adoption simple, ou un recours plus important à l’environnement familial plutôt qu’à des foyers. "



La Commission européenne présente sa toute première stratégie de lutte contre la pauvreté

"« L’urgence est économique et sociale », a déclaré la vice-présidente de la Commission européenne, Roxana Minzatu, en présentant la toute première stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, mercredi 6 mai. Elle vise à éradiquer la pauvreté et l’exclusion sociale d’ici à 2050, et à réduire d’au moins 15 millions le nombre de personnes concernées d’ici à 2030. Elles sont actuellement 93 millions, soit un habitant sur cinq et un enfant sur quatre.
La Commission de Bruxelles propose trois grands axes. Il s’agit tout d’abord de « développer le logement social et abordable », et de mieux lutter contre le sans-abrisme grâce à une « nouvelle approche », contenue dans une recommandation aux Etats membres et consistant à préférer la prévention et les solutions de long terme à celles d’urgence.
Deuxième pilier : favoriser l’accès à l’emploi, qui constitue « la manière la plus puissante de sortir de la pauvreté », à condition qu’il s’agisse « d’emplois de qualité » : plus de 50 millions de personnes sont actuellement en dehors du champ de l’emploi, alors qu’elles pourraient y accéder, a expliqué Mme Minzatu. En outre, 16 millions de personnes travaillent, mais ne s’en sortent pas financièrement.
La troisième ligne directrice consiste à soutenir les enfants et les jeunes. « Nous vivons dans une Union européenne [UE] dont le produit intérieur brut est de 18 trillions d’euros, et dans cette même Union européenne, 19 millions d’enfants vivent dans le risque de pauvreté et d’exclusion sociale », « ce qui enlève l’espoir », a insisté la vice-présidente de la Commission, qui est aussi commissaire aux droits sociaux et aux emplois de qualité."
Lire l'article du Monde

Non-recours au RSA : plus d’un tiers des foyers éligibles ne le percevaient pas fin 2021

"On peut avoir droit au RSA et ne pas le percevoir, parce que le versement du RSA n’est pas automatique. En France métropolitaine, environ un million de personnes vivant en logement ordinaire et potentiellement bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA), réunies dans 560 000 foyers sociaux éligibles, ne perçoivent pas la prestation au dernier trimestre 2021. Le taux de non-recours au RSA, soit la part des foyers éligibles au RSA qui ne le perçoivent pas, est estimé entre 33 % et 37 %. Pour 42 % de ces foyers non-recourants, le montant mensuel de RSA non perçu par unité de consommation est de 200 euros ou moins, et de 400 euros ou plus pour 41 %. Parmi les foyers éligibles au RSA au dernier trimestre 2021, 22 % à 25 % ne le perçoivent pas depuis deux ou trois trimestres.
Les foyers non-recourants au RSA ont, en moyenne, un statut socio-économique moins défavorisé que les recourants : plus souvent propriétaires de leur logement, ils appartiennent à des ménages au niveau de vie plus élevé, plus diplômés et plus proches de l’emploi. Ils sont aussi davantage éloignés du système de protection sociale et restent éligibles au RSA pour des périodes plus courtes que les recourants.
En l’absence de non-recours au RSA, 345 000 ménages pauvres, comprenant 400 000 foyers sociaux, verraient leur niveau de vie augmenter, en moyenne de 280 euros par mois. Parmi eux, 58 000 ménages, comprenant 71 000 foyers sociaux, sortiraient de la pauvreté monétaire, dont plus de la moitié de familles monoparentales."
Lire l'article de la Drees

Les acteurs de la protection de l'enfance face à l'exploitation sexuelle des mineurs

"Dans la grande salle du Cepac Silo à Marseille, des centaines de travailleurs sociaux venus des quatre coins de la France sont rassemblés durant trois jours pour mieux appréhender un fléau face auquel ils sont de plus en plus confrontés : l'exploitation sexuelle des mineurs. Un phénomène en augmentation exponentielle, d'après l'Observatoire national des violences faites aux femmesOuverture dans un nouvel onglet. Le nombre de victimes mineures d’exploitation sexuelle a augmenté de 140% entre 2016 et 2024.
Face à ce constat alarmant, le Carrefour national de l'action éducative en milieu ouvertOuverture dans un nouvel onglet, fédération qui rassemble 4500 professionnels de la protection de l'enfance, a donc décidé d'y consacrer ses 46e Assises. Car l'exploitation sexuelle des mineurs est aujourd'hui devenu un enjeu majeur et ne concerne pas uniquement les adolescentes placées par l'aide sociale à l'enfance témoignent tour à tour les intervenants comme les participants."
Ecouter le Podcast

Travailleurs sociaux : la grosse fatigue qui ne dit plus son nom

"La crise d’attractivité du travail social n’est pas une crise de vocations. C’est une crise de conditions. Et les chiffres, aujourd’hui, ne laissent plus de place au déni. Le mot « fatigue » est peut-être trop doux et sans doute trop consensuel. Ce que viennent de vivre les travailleurs sociaux en 2025 est un épuisement systémique. Il est documenté, chiffré, et pourtant toujours insuffisamment entendu. C’est un épuisement qui ne frappe pas seulement les individus. Il frappe le secteur entier, dans sa capacité à recruter, à former, à retenir, et finalement à remplir ses missions auprès des personnes les plus vulnérables. Regardons les faits. Pas les impressions. Les faits.
Le taux de rotation dans les établissements et services médico-sociaux (ESMS) a progressé de façon continue. Il est passé de 19,4% en 2018 à 24,8% en 2022, avant une légère inflexion à 24,4% en 2023. Une inflexion qui ne change pas la tendance de fond.
Ce chiffre mérite qu’on s’y arrête. Un taux de rotation de 24%, cela signifie qu’un établissement de 100 salariés voit partir et remplacer environ 24 personnes chaque année. Cela signifie des recrutements permanents. Des formations continues. Une énergie managériale qui s’épuise à intégrer des nouveaux arrivants plutôt qu’à accompagner les professionnels en poste. Et surtout, cela signifie une discontinuité dans l’accompagnement qui fragilise les personnes accompagnées."
Lire l'article de Didier Dubasque


Revue de presse du 28 avril 2026


Sous la pression des algorithmes : quand contrôler les pauvres les conduit à renoncer à leurs droits

"« Plus on est pauvre, plus on est surveillé, épié. »
Cette phrase lapidaire, signée du sociologue Jacques Donzelot dans la revue Esprit en 1972, a traversé le temps. Elle aurait pu être écrite aujourd’hui. Elle aurait pu, en réalité, décrire ce que Marine Lamare documente, dans son rapport de post-doctorat intitulé « Face aux contrôles des caisses d’allocations familiales : recourir ou ne plus recourir au(x) droit(s) ? ». Entre ces deux textes, il y a un demi-siècle de politiques de protection sociale et de promesses républicaines. Et pourtant, quelque chose demeure inexorablement : la suspicion à l’égard des plus fragiles et des personnes pauvres. Cette méfiance institutionalisée est aujourd’hui automatisée, « algorithmisée ».
Lire l'article de Didier Dubasque

Un nouveau dispositif pour améliorer la santé des jeunes de l’Aide sociale à l’enfance

"Les jeunes de l'Aide Sociale à l'Enfance ont une espérance de vie inférieure de 20 ans à celle des autres. Un chiffre choc tiré du rapport parlementaire publié l'an dernier et qui pointait du doigt les difficultés liées à la santé de ces enfants, en particulier à la leur santé mentale.
Ces jeunes, victimes de multi-traumas précoces, représentent la moitié des hospitalisations en pédopsychiatrie . Ils sont très souvent en surpoids ou au contraire en sous-poids et un quart sont en situation de handicap.
Avec le nouveau parcours, "chaque enfant protégé aura un bilan de santé complet" (moins d'un sur trois en bénéficie aujourd'hui) dès sa prise en charge par la protection de l'enfance, "un accès à des soins de santé mentale, un suivi continu et un accompagnement sans rupture", a promis la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.
Ce sont des pédiatres ou des généralistes qui feront ce bilan de santé et de prévention somatique et psychique, aidés de psychologues , psychomotriciens et ergothérapeutes. L'Assurance maladie prendra en charge ces frais et des structures départementales seront chargées de coordonner les soins.
Lire l'article de Radio France

ASE : la hausse des placements pèse sur les finances des départements

"Les finances des départements se tendent à mesure que l’ASE s’alourdit. Coût des placements, revalorisations, prises en charge qui s’allongent : un rapport IGF-IGA-IGAS montre que les dépenses progressent plus vite que les publics, installant une pression durable.
La protection de l’enfance entre dans une zone de fortes turbulences budgétaires. Publié en novembre 2025 et rendu public par Départements de France le 24 avril 2026, le rapport conjoint de l’Inspection générale des finances (IGF), de l’Inspection générale de l’administration (IGA) et de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) analyse l’ensemble des dépenses sociales des départements. Il met en évidence un déséquilibre qui s’installe entre des charges en hausse continue et des ressources qui ralentissent. « Les départements présentent un rythme d’augmentation de leurs dépenses durablement et significativement supérieur à celui de leurs recettes », écrivent les inspections. La pression monte. Les coûts augmentent. Les obligations s’accumulent".
Lire l'article de enfance jeunesseinfo

Lutte contre la délinquance : "accompagner les parcours fragiles" et "empêcher les bascules"

"La stratégie nationale de prévention de la délinquance 2026-2030 vient d'être présentée par la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté. Elle vise notamment à "accompagner les parcours fragiles" et "empêcher les bascules".
« Nous devons tenir ensemble deux exigences : la fermeté et la prévention. Sanctionner quand c’est nécessaire, sans faiblesse. Et surtout agir avant qu’il ne soit trop tard : s’attaquer aux causes, accompagner les parcours fragiles, empêcher les bascules plutôt que les subir. »
La stratégie s’articule autour de trois grands axes : « mieux adapter notre réponse aux nouvelles formes de délinquance », « garantir un continuum de prévention de l’enfance à l’âge adulte » et « mieux coordonner et mieux outiller la politique de prévention ». Elle contient 50 mesures".
Lire l'article du Media social


Revue de presse du 21 avril 2026


Cause majeur ! se dote d’un site Internet pour mieux défendre ses combats

"Depuis mars 2019, Cause majeur ! ne cesse de mener un plaidoyer pour améliorer la prise en charge des jeunes majeurs de l’aide sociale à l’enfance (ASE). Mais jusqu’à présent, rien ne permettait de retrouver leurs analyses.
C’est chose faite, avec le lancement d’un site Internet.
Il recense toutes les actions de plaidoyer conduites par Cause majeur ! depuis sa création comme :
  • une synthèse des constats et difficultés auxquels sont confrontés les jeunes ;
  • les propositions et recommandations pour améliorer l’accompagnement.
Le site met aussi à disposition l’ensemble de ses travaux
  • les enquêtes annuelles sur l’effectivité de la loi « Taquet » du 7 février 2022 ;
  • l’étude « Les vies de Paul », démontrant que l’accompagnement durable est un gain non seulement sociétal mais aussi financier pour la collectivité".

Lire l'article des ASh

Les jeunes face aux discriminations : ce que le rapport de la Défenseure des droits dit… et nous oblige à prendre en compte

"Il est difficile de rester indifférent quand on lit le dernier rapport de la Défenseure des droits sur les « jeunesses et discriminations fondées sur l’origine ». Il décrit, chiffres et témoignages à l’appui, comment une partie de la jeunesse de notre pays se heurte à des murs invisibles mais bien réels, du collège au premier emploi, du logement aux relations avec la police.
Pour les travailleurs sociaux, cadres, directeurs de structures sociales et médico-sociales, impossible de considérer ce texte comme une analyse parmi d’autres. Il parle de « nos » jeunes, de ceux que nous rencontrons en accompagnement, en foyer, en mission locale, en service de prévention, en CHRS, à la sortie de l’ASE, dans les quartiers populaires comme dans les campagnes reléguées. Mais que nous dit ce rapport ?
Il part d’un constat sans détour : les jeunes déclarent davantage de discriminations que le reste de la population, tous critères confondus."
Lire l'article de Didier Dubasque

Séminaire de recherche ONPE | Violences institutionnelles : les reconnaitre et les comprendre

Séminaire de recherche | Violences institutionnelles | 18 décembre 2025
Séance 1 : Saisir la pluralité des violences pouvant advenir en protection de l’enfance


La Défenseure des droits publie son rapport annuel pour l’année 2025

"En 2025, l’institution enregistre 165 011 réclamations, informations et orientations reçues soit une hausse de 17 % par rapport à 2024, et de près de 70 % par rapport à 2020.
Cette hausse est particulièrement marquée dans le champ des relations avec les services publics (+ 20 %).
Les réclamations en droit des étrangers ne cessent de croitre également, passant d’environ 10% à plus de 40 % des réclamations entre 2020 et 2025. Parmi elles, plus des 3/4 relèvent des difficultés rencontrées lors du renouvellement d’un titre de séjour et des dysfonctionnements de la plateforme ANEF (Administration numérique des étrangers en France) pour lesquels l’institution continue d’alerter, en particulier avec la publication de son rapport de décembre 2024, consacré à ce sujet.
Les réclamations adressées à l’institution en matière d’accès aux services publics révèlent une érosion de l’accès aux droits des usagers des services publics : délais excessifs, absence de réponse, complexité des démarches, dématérialisation mal accompagnée.
Le rapport annuel 2025 met en évidence les conséquences dramatiques de cette érosion des services publics sur les parcours de vie"
Lire l'article


Revue de presse du 13 avril 2026


Allocation de solidarité unifiée (ASU) - Impact sur l'APL

"Le projet de loi Allocation de solidarité unifiée, annoncé par le premier Ministre en novembre 2025 est sur les rails. Il vise à unifier RSA, APL et prime d’activité. Le Mouvement Hlm demande a être associé aux concertations et craint la perte du caractère inconditionnel des APL.
Le Mouvement réitère ses craintes pour ce nouveau projet de loi :"En premier lieu, l’APL n’est pas une aide sociale fongible avec les autres aides. En tant qu’aide affectée, elle constitue l’arme essentielle contre le mal-logement. Le projet de loi étendrait les objectifs de la politique d’aide au logement au fait de contribuer à l’insertion sociale et professionnelle des bénéficiaires. Toutes les prestations constitutives de l’ASU se verraient appliquer les droits et obligations des allocataires du RSA, ce qui signifie que les APL perdraient leur caractère inconditionnel."
Lire l'article de Union-Habitat.org

Le vrai du faux du chômage : quatre idées reçues qui brouillent le débat public

L’Insee a récemment publié les chiffres du chômage et estime que les « chômeurs » représentent 7,9 % de la population active. Vous avez certainement déjà lu ou entendu ce genre d’annonce. Mais savez-vous vraiment ce que cela signifie ? En effet, derrière les chiffres et les formules choc, le chômage est un phénomène complexe. Pour mieux le comprendre, déconstruisons quatre croyances répandues.
(...) Les politiques de l’emploi récemment menées ont réduit le chômage, mais elles ont aussi créé du sous-emploi à temps partiel, en horaires décalés, en apprentissage, ou de micro-entrepreneurs, qui ne permettent pas de sortir de la pauvreté."


Lire l'article de The Conversation

“On reçoit des petits de 3 ans souffrant de troubles dissociatifs majeurs” : l’alerte de Céline Greco, médecin au chevet des enfants placés

"Un centre de soins pionnier pour les enfants confiés à l’Aide sociale à l’enfance a ouvert à Paris il y a bientôt quatre mois, à votre initiative. Quels manques vient-il pallier ?
En l’absence de soins précoces, ces enfants risquent de perdre vingt ans d’espérance de vie. En cause : un stress chronique qui conduit à la sécrétion d’adrénaline et de cortisol en permanence — phénomène toxique pour l’organisme. Ils présentent un risque plus élevé de diabète précoce, de maladie auto-immune, et même, à l’âge adulte, de maladie cardiovasculaire ou encore de cancer… L’architecture cérébrale s’en trouve également modifiée. L’amygdale située dans le cerveau est plus grosse et hyperactive, ce qui entraîne des troubles de la régulation des émotions. À l’inverse, l’hippocampe, qui régit la mémoire et les fonctions cognitives, est trop petit, si bien que les troubles des apprentissages sont trente-deux fois plus nombreux que dans la population générale.
L’obligation de mettre en place un bilan de santé global pour les enfants qui relèvent de la protection de l’enfance, au moment de leur admission dans le dispositif, existe depuis la loi de 2016. Mais force est de constater que, dix après, moins de 30 % d’entre eux bénéficient de ce bilan. "
Lire l'article de Télérama

Protection de l’enfance : la proposition de loi supprimant le pécule est retirée

"Le collectif Cause majeur ! peut souffler, le dispositif du « pécule » qui permet aux jeunes majeurs sortants de l'aide sociale à l'enfance (ASE) de bénéficier de la somme des allocations de rentrée scolaire que leurs parents auraient dû percevoir, est conservé.
Cette suppression était en effet inscrite dans une proposition de loi (PPL) examinée le 9 avril en séance publique à l'Assemblée nationale. Si l'article qui la prévoyait avait été retiré, le 2 avril en commission des affaires sociales, elle pouvait revenir dans l'hémicycle.
Mais ce scénario n'a finalement pas eu lieu, la PPL ayant été retirée en cours d'examen par sa rapporteure, la députée Horizons Nathalie Colin-Oesterlé, face à la fronde des députés de gauche".
Lire l'article du Média social

Les livreurs à vélo travaillent soixante-trois heures par semaine et gagnent moins de 1 000 euros nets par mois en moyenne, selon une étude inédite par son ampleur

"Quelque 99 % des livreurs de repas à vélo sont des hommes, 99 % sont nés à l’étranger, les deux tiers sont sans titre de séjour et près d’un sur deux a connu au moins une journée sans repas au cours des douze derniers mois avant d’avoir été interrogé.
Voilà quelques-uns des constats de l’étude Santé-Course, menée par l’Institut de recherche pour le développement et l’Institut national d’études démographiques (INED), en partenariat avec de nombreux acteurs associatifs dont des collectifs de livreurs et Médecins du monde. Cette enquête, publiée mardi 31 mars, est la première d’une telle ampleur en France : 1 004 livreurs ont été interrogés entre janvier et mai 2025 à Bordeaux et à Paris.
Le rapport met d’abord en avant la faiblesse du revenu de ces travailleurs : 1 480 euros brut par mois pour soixante-trois heures de travail par semaine en moyenne. Les trois quarts des répondants déclarent faire appel à un loueur de compte pour pouvoir travailler, au prix d’un « loyer » estimé à 528 euros par mois. Quant aux livreurs détenteurs de leur propre compte, sous le statut de microentrepreneur, ils doivent s’acquitter de 21,2 % de cotisations Urssaf.
En prenant en compte les frais (équipement, entretien), et soit le loyer, soit les cotisations, un livreur dépense en moyenne 597 euros par mois pour son activité. Ce qui donne un revenu net mensuel moyen compris entre 840 et 880 euros. Soit un revenu horaire net légèrement supérieur à… 3 euros (quand le smic horaire est, lui, à 9,51 euros).
Lire l'article du Monde

État de santé des livreurs des plateformes : une étude inédite révèle des chiffres alarmants

"L’enquête, réalisée auprès de plus de 1 000 livreurs à Paris et à Bordeaux, est le fruit d’un partenariat entre des acteurs associatifs (l’Association de mobilisation et d’accompagnement des livreurs, le Collectif pour l’insertion et l’émancipation des livreurs, la Maison des livreurs de Bordeaux, la Maison des coursiers de Paris et Médecins du Monde), une équipe de recherche interdisciplinaire (l’Institut de recherche pour le développement et l’Institut national d’études démographiques) et des livreurs.
L’étude dévoile une situation médico-sociale alarmante, étroitement liée à une mise en précarité administrative et socio-économique des livreurs et au dévoiement du statut d’auto-entrepreneur.
Une santé mentale fortement fragilisée : 45 % des livreurs enquêtés sont en situation de détresse psychologique (caractérisée par des troubles anxio-dépressifs modérés à sévères) ; 
Une prévalence très élevée des troubles musculo-squelettiques, génito-urinaires et psychosomatiques. 36 % des livreurs sont sujets à des douleurs intenses et régulières au bas du dos, 32 % rapportent des troubles urinaires récurrents et 85 % expriment une fatigue chronique".
Lire l'enquète de Médecins du Monde


Revue de presse du 6 avril 2026


Violence conjugale : pourquoi la notion de « contrôle coercitif » pourrait produire plus de justice

"Cette dernière décennie, des législateurs, des magistrats, des ministres, des avocats, des forces de l’ordre et des associations de nombreux pays ont reconnu l’échec des approches de la violence conjugale qui la définissaient à partir d’« actes » épisodiques.
Un nombre croissant de pays a donc adopté le modèle du contrôle coercitif pour redéfinir la violence conjugale comme atteinte aux droits et aux ressources plutôt qu’agression. En d’autres termes, reconnaître qu’il s’agit d’actes délibérés ou d’un schéma comportemental de contrôle d’une personne par une autre.
Ainsi en 2021, la Cour européenne des droits de l’homme a affirmé que la définition juridique de la violence conjugale doit inclure « les manifestations de comportement de contrôle et de coercition » et que cette modification du cadre juridique et réglementaire doit avoir lieu « sans tarder »."
Lire l'article de The Conversation

Politique : la virulence du racisme anti-noir est-elle inédite ?

"L'élection de Bally Bagayoko à la tête de Saint-Denis en 2026 a déclenché une vague d'attaques racistes d'une rare violence, révélant la persistance de préjugés coloniaux tenaces dans le débat public français. Loin d'être un cas isolé, cette hostilité met en lumière le malaise profond d'une société française qui, tout en se réclamant de l'universalisme, peine à accepter l'accession de personnes noires à des fonctions de pouvoir, les renvoyant systématiquement à des stéréotypes déshumanisants.
Sébastien Thème se demande qui peut vraiment “être surpris” par les propos qui ont été tenus et explique que ce sont toujours les mêmes “images, bêtes et cruelles, celle du singe, de la banane, de l’homme qui vit dans les arbres” qui sont appliquées aux personnes noires."
Ecouter le podcast

La Haute Autorité de santé publie des recommandations pour renforcer la qualité des visites en présence d’un tiers et mieux protéger les enfants

"S’il n’existe pas, à ce jour, de données chiffrées sur le plan national, les professionnels constatent depuis plusieurs années une augmentation significative du recours aux VPT, notamment pour les très jeunes enfants. Les VPT sont mises en œuvre selon des modalités très variables d’un territoire à l’autre. Les professionnels font état de difficultés récurrentes : diversité des situations, hétérogénéité des profils des intervenants, outillage professionnel inégal, cadres d’intervention variables et articulation parfois insuffisante entre les acteurs.
La HAS a élaboré ces recommandations avec l’appui d’un large groupe d’experts (professionnels de terrain, chercheurs, personnes concernées), afin d’harmoniser les pratiques et de renforcer leur qualité."
Lire la recommandation

Assises nationales du CNAEMO

Les Assises Nationales ont eu lieu à Marseille. "Le sujet, sensible, grave, alarmant, traitait de l’exploitation sexuelle des mineurs". En France, on estime entre 7 000 et 10 000 le nombre de mineurs exploités sexuellement.
Ces Assises nationales ont été "l’occasion de réfléchir ensemble, sur les causes et les effets de ce phénomène, à travers des approches sociologiques, psychologiques, philosophiques, juridiques, mais également sous le prisme de témoignages de travailleurs sociaux et professionnels venant de différents horizons, qui exercent dans des services dédiés.".
Voir le programme et la présentation des assises du CNAEMO

Présentation du rapport « Jeunes d’outre-mer : garantir l’égalité des chances pour tous » : audition de Hugo Huet

"Jeudi 2 avril 2026 après-midi, la délégation aux outre-mer a auditionné Hugo Huet, président du Conseil d’orientation des politiques de jeunesse, pour la présentation du rapport « Jeunes d’outre-mer : garantir l’égalité des chances pour tous ».
"rapport issu de la concertation de 2 600 jeunes ultramarins dressant un panorama des difficultés auxquelles fait face la jeunesse de ces territoires. Mobilité, enseignement, accès au logement, de profondes inégalités perdurent vis-à-vis des jeunes de l’Hexagone. Une différence de traitement qui alimente les colères qui s’exprime régulièrement des les outre-mers du fait d’un sentiment marqué de marginalisation qui touche particulièrement les jeunes"
Voir son audition sur le portail de l'Assemblée
Lire l'article de l'UNAFO


Revue de presse du 26 mars 2026


Médecins du Monde et des professionnels de santé appellent l’Union européenne à rejeter le nouveau règlement sur les expulsions

"À la veille du vote en session plénière du Parlement européen sur le projet de « règlement Retour » de l’UE, des professionnels de santé de toute l’Union européenne appellent les parlementaires à rejeter le projet de règlement Retour. Ils alertent sur les conséquences de ce texte, qui risque de porter gravement atteinte à la santé publique, de fragiliser l’éthique médicale et de dissuader des milliers de personnes de recourir à des soins essentiels.
Selon les signataires, ces mesures peuvent conduire à des pratiques de profilage racial et transformer des services publics essentiels – notamment les hôpitaux – en lieux d’application des politiques migratoires , comme c’est déjà le cas aux États-Unis. La lettre rappelle que la peur d’être contrôlé ou expulsé amène déjà de nombreuses personnes en situation irrégulière à retarder ou éviter une consultation médicale, entraînant des complications graves, des coûts de prise en charge plus élevés et des risques courus pour la santé publique."
Lire l'article de Médecins du monde

Viol : la CEDH vient-elle de condamner la France pour un « rappel à loi bâillon » ?

"La France a été de nouveau condamnée le 19 mars dernier par la CEDH dans une affaire de viol. En 2016, la plainte d’une jeune fille de 16 ans accusant un de ses camarades de lui avoir imposé une fellation dans les toilettes de l’école avait été classée ; sur la base de ce classement, le parquet avait infligé à la plaignante un rappel à la loi pour dénonciation calmonieuse. La cour a estimé que cette procédure était contraire au droit à un procès équitable. Une arrêt lourd de conséquences pour le parquet, nous explique la magistrate Valérie-Odile Dervieux. "
Lire l'article d'Actu-juridique.fr

Protéger les enfants au sens large » : un projet de loi élargi au-delà de l'ASE présenté mi-mai

"Un temps menacé, le projet de loi sur la protection de l’enfance sera finalement présenté mi-mai, avec un changement d’échelle. D’abord centré sur l’ASE, il est élargi à tous les enfants encadrés par des adultes, avec contrôles renforcés et partage accru des informations.
À un an de la fin du quinquennat, le gouvernement relance un texte attendu sur la protection de l’enfance, dans un contexte de crise persistante du secteur et après une série de révélations de violences dans le périscolaire. Sur France Inter, mardi 24 mars, la ministre des Familles Stéphanie Rist confirme le maintien du projet de loi et son extension à l’ensemble des enfants encadrés par des adultes. « Il y aura bien un texte que nous allons porter avec le garde des Sceaux sur la protection des enfants au sens large », affirme-t-elle."
Lire l'article d'enfance jeunesse info

Inceste : pourquoi ce crime a été massivement toléré pendant des siècles

"Selon les chiffres d’un sondage Ispos pour l’association Face à l’inceste, 11 % des Français et des Françaises déclaraient en 2023 avoir déjà subi une situation incestueuse (viol, agression sexuelle, acte d’exhibitionnisme…). Cela représenterait en moyenne trois enfants par classe.
Perpétré depuis des siècles, ce crime était pourtant d’une ampleur méconnue en France jusqu’au lancement du mouvement #MeTooInceste. Cette vague d’ouverture de la parole avait suivi la parution, en janvier 2021, du livre témoignage La Familia Grande, dans lequel la juriste Camille Kouchner accuse son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, d’avoir agressé sexuellement à plusieurs reprises son frère jumeau quand il avait 13 et 14 ans.
Comment expliquer un si long silence ? Avant son introduction officielle récente dans le Code pénal, comment était-il perçu, au Moyen Age, sous l’Ancien Régime ou pendant les Trente Glorieuses ? Anne Chemin, journaliste au service Idées du Monde, a enquêté sur le sujet. Elle nous raconte ce qu’elle a appris, dans cet épisode de « L’Heure du Monde »".
Ecouter le podcast du Monde

DZ Mafia : les clés pour comprendre

"Le meurtre, le 13 novembre 2025, de Mehdi Kessaci, frère d’Amine Kessaci, militant marseillais impliqué dans la lutte contre le trafic de stupéfiant à Marseille, a profondément choqué et a montré toute la violence dont fait preuve le crime organisé."
"C'est une organisation criminelle récente, tentaculaire et particulièrement violente, née dans les quartiers Nord de Marseille. Une sélection de podcasts pour comprendre les rouages de la DZ Mafia, dont certains de ses membres présumés sont aujourd'hui devant la justice".


Ecouter les podcasts

De la Guinée à la France, une famille face aux défaillances de l’accueil

"Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky a accueilli la famille Diallo, dont certains membres ont été plongés dans l'irrégularité après une erreur administrative. Elle livre le récit tant d'un accueil citoyen que de la précarité administrative propre au statut d'immigré en France.
Comment la précarité administrative affecte-t-elle les rapports au sein des familles de sans-papiers ou menacées de sombrer dans l’irrégularité ? Les initiatives citoyennes, qu’elles soient individuelles ou collectives, sont-elles en mesure de combler les lacunes de l’action publique en matière d’accueil ? Pour répondre à ces questions, Julie Gacon s'entretient avec Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky."
Ecouter le podcast


Revue de presse du 20 mars 2026


Refonte des diplômes du travail social : comment la DGCS entend mettre la réforme en musique d'ici septembre

"Dans neuf mois, les premiers étudiants ayant opté pour l’un des cinq diplômes rénovés du travail social s’engageront dans ce nouveau cursus. D’ici là, la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), celle de l'enseignement supérieur et de l'insertion professionnelle ou encore les rectorats se mettent en ordre de marche pour armer les établissements de formation à la nouvelle donne.
C’est dans la boîte ! Depuis le 19 septembre, les cinq diplômes du travail social de niveau 6, dont la réforme a été entérinée en octobre dernier par la DGCS et le ministère des Solidarités, sont disponibles dans leur version rénovée sur Parcoursup en prévision de la prochaine rentrée."
Lire l'article des ASH

Justice des mineurs : refonte de l’offre de placement au pénal et renforcement du milieu ouvert

"Adressée par le garde des Sceaux aux procureurs généraux, procureurs de la République et directeurs interrégionaux de la protection judiciaire de la jeunesse le 11 février 2026, la circulaire de politique pénale et éducative relative à la justice des mineurs précise la réforme du placement en cours, détaille ses modalités opérationnelles et confirme le renforcement des moyens pour améliorer les suivis en milieu ouvert.
Entré en vigueur en 2021, le code de la justice pénale des mineurs a permis de diviser par deux les délais de jugement des mineurs. Cette réforme vise à renforcer structurellement leur prise en charge.
La création des unités judiciaires à priorité éducative (UJPE) est une mesure centrale de la réforme de la prise en charge des mineurs délinquants. Ces unités vont remplacer les unités éducatives d’hébergement collectif (UEHC) et les centres éducatifs fermés (CEF) du secteur public à partir du 1er septembre 2026.
Lire l'article de Justice.gouv.fr

Qui sont les mineurs délinquants ?

"Interviewée dans un podcast réalisé pour l'AJ pénal Lefebvre Dalloz, Sophie Diehl, responsable du pôle Enfance et adolescence à la fédération Citoyens et Justice, estime qu'environ la moitié des mineurs pris en charge pénalement ont aussi fait l'objet d'une prise en charge par l'aide sociale à l'enfance (ASE) et qu'un tiers des enfants pris en charge par l’ASE ont ou auront dans leur parcours une prise en charge au pénal. « Ça ne veut pas dire non plus que tous les enfants pris en charge par l’ASE vont devenir des enfants avec un passage au pénal et que tous les enfants qui sont suivis par la PJJ n’ont pas de problème de soutenance parentale. La frontière entre l’enfance en danger et l’enfance délinquante est poreuse », souligne-t-elle toutefois. Autrement dit, la justice pénale des mineurs se trouve en permanence à l'intersection de deux logiques : sanctionner les infractions et protéger les enfants".

Lire l'article du Media social

Violences sexuelles au collège : ce que ne disent pas les chiffres officiels

"Margot Déage, maîtresse de conférences en sociologie à l'Université Grenoble Alpes, part d'un constat saisissant : les données officielles du ministère de l'Éducation nationale ne sont pas satisfaisantes. Elles sont issues d'une enquête de 2022, indiquent que 15% des filles et 12% des garçons auraient été exposés à au moins une forme de violence sexuelle au collège. Mais ces chiffres, selon l'auteure, restent très en deçà de la réalité, car ils se limitent essentiellement aux violences physiques en présentiel - voyeurisme, attouchements, baisers forcés - sans intégrer l'ensemble du continuum des violences sexuelles.
Son enquête conduite au printemps 2023 pour le Centre Hubertine-Auclert, a interrogé 1.669 collégiens et collégiennes d'Île-de-France. Elle brosse un tableau bien plus préoccupant : 43% des élèves déclarent avoir subi au moins une forme de violence sexuelle au cours de l'année écoulée. Ce chiffre s'explique par un périmètre d'investigation plus large, incluant les outrages sexuels (mimes, propos imposés, sollicitations insistantes), les atteintes à l'image intime (sextorsion, divulgation, montages) et potentiellement des viols pour 2% des répondants. L'auteure souligne par ailleurs que, contrairement aux idées reçues, 43% de ces violences se produisent dans l'espace scolaire lui-même, contre 24% dans l'espace numérique."
Lire l'article de Didier Dubasque


Revue de presse du 13 mars 2026


Cartographie de la prévention spécialisée : recenser et observer

"Depuis plusieurs décennies, la prévention spécialisée protège des enfants et des jeunes, avec une spécificité qui la situe à l’interstice de nombreuses politiques publiques. Pourtant, il s’agit d’une intervention sociale mal connue et mal documentée. Aucune étude récente ne permet de recenser et d’observer l’entièreté des acteurs de la prévention spécialisée. Cette méconnaissance est identifiée par les acteurs comme un facteur du désengagement des financeurs et des pouvoirs publics, malgré une efficacité territoriale qui n’est plus à démontrer.
Dans ce contexte, la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) soutient la CNAPE dans la réalisation du chantier inédit de cartographie nationale de la prévention spécialisée.
En partenariat avec les opérateurs de prévention spécialisée, publics comme privés, et leurs associations représentantes, la CNAPE a produit un questionnaire pour recenser les services de prévention spécialisée et mieux connaître leurs spécificités.
En parallèle de la collecte des données dans le cadre de ce questionnaire, des données qualitatives sont recueillies dans le cadre de déplacements et d’entretiens à travers la France"
Lire l'étude de la CNAPE

Le temps d'une rencontre. Quand la recherche parle aux professionnels

"Cairn.info vous présente un podcast lié aux acteurs de la recherche francophone. Plusieurs auteur(e)s y partagent le fruit de leurs travaux pour apporter un éclairage sur les grands enjeux de notre société et contribuer à l'enrichissement des connaissances.
Les premiers épisodes sont axés sur la psychologie. Vous retrouverez en alternance :
- Le temps d’une rencontre : Ces épisodes consistent à vous transmettre le cœur de la rencontre vidéo diffusée sur cairn.info et de l’enrichir, de revenir sur certains concepts, de faire des ponts avec d’autres auteur(e)s, d’autres corpus théoriques, d’autres épistémologies, voire d’autres champs de recherche.
- Le temps d’une lecture : Ces épisodes mettent en lumière et en son l’article d’une autrice ou auteur qui propose un développement théorico-clinique singulier.
- Le temps d’un échange : Ces épisodes présentent un entretien inédit avec une chercheuse ou chercheur, sur un thème original."



Seuls 1 % des auteurs condamnés" : la Ciivise ouvre la Commission sur le traitement judiciaire des violences incestueuses

"Face aux députés, les représentants de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) ont cherché à expliquer ce qui entrave la condamnation des crimes sexuels. Chaque année, 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles. Or « seuls 3 % des auteurs – et 1 % dans les cas plus spécifiques d’inceste – sont pénalement condamnés », rappelle la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise).
Ces chiffres, à eux seuls, illustrent les difficultés de la justice à apporter une réponse à ce type de maltraitance. C’est la raison pour laquelle l'Assemblée nationale a créé une commission d'enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales commises contre les enfants et la situation des parents protecteurs, notamment des mères protectrices."
Lire l'article des ASH

Des jeunes de la PJJ en « situation complexe » accueillis en Belgique

"À quelques dizaines de kilomètres de la frontière française, l'association belge Cerfontaine accueille régulièrement de jeunes Français placés à l'aide sociale à l'enfance ou à la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). Pour renforcer cette collaboration, la PJJ des Hauts-de-France a signé un partenariat durable avec l'association.
« Je suis plus comme avant. Je traîne plus les nuits, j'arrête les conneries. » Depuis quelques mois, il le reconnaît lui-même, Mathys (*) a changé. Il est plus apaisé, il trouve des activités qui le passionnent et les éducateurs peuvent lui faire davantage confiance. La raison de cet apaisement nouveau ? « Je suis à deux doigts d'aller en prison, ça calme ». Mais aussi la découverte d'un nouveau lieu de placement, de l'autre côté de la frontière, en Belgique."
Lire l'article du Media social

«J’avais l’impression de mendier le droit de vivre» : trois allocataires du RSA dénoncent leur ciblage par le département du Finistère

"Une agricultrice, un artisan et un demandeur d’emploi bénéficiaires de ce minimum vital disent avoir subi le même acharnement de la part de la collectivité, et ont vu leurs allocations disparaître. Avec les contrôles incessants, tous ont développé des troubles dépressifs.
Six personnes, ainsi que la CGT, assignent le président du département du Finistère, Maël de Calan, et Romain Chantelot, directeur emploi et insertion de la même collectivité, pour «harcèlement moral» après avoir subi une lourde procédure administrative de contrôle et une suspension de leur revenu de solidarité active (RSA), révèle Libération. Ce mardi 3 mars, l’huissier de justice leur a remis une citation à comparaître au tribunal correctionnel de Brest le 30 mars. Le profil des allocataires varie. Il y a des hommes et des femmes de plusieurs générations, certain sont au chômage et d’autres travaillent… Leurs histoires se ressemblent pourtant. En voici trois d’entre elles".
Lire l'article de Libération


Revue de presse du 04 mars 2026


Les parcours des pupilles de l’État : quelles évolutions ?

L'ONPE publie une synthèse très complète, produite par Lucile Basse, avec une analyse de la forte hausse du nombre de pupilles et de leurs parcours en fonction des causes et de l'âge d'accès à ce statut. J'y découvre qu'il existe, depuis 2021, des pupilles de la République, en plus des pupilles de la Nation (1917) et des pupilles de l'Etat (1889)... Longtemps, la première cause d'accès au statut de pupille a été la naissance sous le secret (sous X). Ce n'est plus le cas (24 % des entrées) alors que déclaration de délaissement parental devient le premier motif (43 %).
C'est l'occasion de rappeler l'article de Catherine Villeneuve Gokalp (2011) sur les causes d'abandon à la naissance : "Parmi les raisons données, celles qui se rapportent au père biologique sont les plus nombreuses : 43 % des femmes disent ne pas pouvoir garder l'enfant pour des raisons qui lui sont liées. L'absence du père, son comportement ou des difficultés relationnelles ne permettent pas d'envisager d'élever un enfant avec lui ; viennent ensuite, par ordre décroissant, les difficultés financières, un âge trop jeune, la crainte du rejet familial".
La hausse des déclarations de délaissement parental m'évoque cette analyse de Françoise -Romaine Ouelette (1998) : "La polarisation de la famille sur l’affectif disqualifie les unions qui ne sont pas prioritairement au service de l’échange amoureux, de même que les filiations qui ne s’actualisent pas dans une relation d’attachement mutuel structurante pour l’enfant".
Lire le dossier

La Haute Autorité de santé publie des recommandations pour renforcer la qualité des visites en présence d’un tiers et mieux protéger lems-appid:W~FileZilla.Client.AppIDs enfants

"Lorsque l’intérêt de l’enfant le justifie, le juge des enfants peut décider que les rencontres entre un enfant confié à l’aide sociale à l’enfance (ASE) et ses parents soient encadrées par un professionnel formé. Ces visites en présence d’un tiers constituent une mesure judiciaire d’assistance éducative visant à protéger l’enfant, tout en permettant l’observation, l’évaluation et l’accompagnement de la relation parent-enfant.
Face à l’augmentation du recours aux visites en présence d’un tiers (VPT) et à la grande diversité des pratiques sur les territoires, la Haute Autorité de santé (HAS) publie des recommandations de bonnes pratiques professionnelles destinées à renforcer la qualité des VPT, inscrites dans les dispositifs de protection de l’enfance."
Lire la recommandation

Le Rapport 2026 de l’Observatoire des droits de l'enfant de l'UNICEF

Le rapport dresse un état des lieux complet de la situation des mineurs en France, en s'appuyant sur les principes de la Convention internationale des droits de l'enfant. Ce document analyse des thématiques transversales telles que la santé mentale, l'impact du numérique, la pauvreté et les défis liés à la migration. Il souligne des préoccupations majeures, notamment les défaillances du système de protection de l'enfance et les fortes inégalités territoriales, particulièrement marquées dans les territoires d'outre-mer. À travers des données statistiques précises, le rapport met en lumière des signaux d'alerte comme la hausse de la mortalité infantile et la précarité du logement. Enfin, l'UNICEF France propose des recommandations politiques concrètes pour garantir un accès équitable à l'éducation, aux soins et à la participation citoyenne pour chaque enfant.
Lire le rapport

La recherche de stages en travail social, un parcours du combattant

"Les étudiants en travail social butent sur la fragilisation des terrains de stages, moins à même de les accueillir, et encore plus sur la question de la gratification (prévue pour les stages longs, environ 500 euros par mois). Les difficultés des employeurs à les rémunérer donnent lieu à des pratiques dommageables pour leur formation et même pour l’avenir du secteur.
Bien qu’il vienne seulement de commencer sa formation, le discours de Denis V., en première année de diplôme d'État d'assistant de service social (DEASS) à Toulouse, est déjà teinté de fatalisme.
« En première année, les employeurs ne nous attendent pas parce que nous ne sommes pas encore opérationnels, on ne "sert à rien". En seconde année, ils ne veulent pas plus de nous, mais cette fois-ci en raison de la gratification. En dernière année, cela semble plus facile de décrocher un stage, étant plus expérimentés, mais ce stage n’en est pas toujours un, la structure attend que l’on fournisse la même charge de travail qu’un salarié, une situation stressante et risquée ».
Lire l'article du Media social

Quand le numérique trie les jeunes. Ce que nous dit le “cens caché” de l’accompagnement en Suisse romande

"Voilà un paradoxe très concret : ceux qui auraient le plus besoin d’aide numérique sont ceux qui en reçoivent le moins. C’est ce que l’on peut retenir d’une étude de terrain qui attirera votre attention. Dans le canton de Vaud, des centaines de jeunes adultes sans formation professionnelle achevée sont orientés chaque année vers des mesures d’insertion sociale de transition (MIS T), censées les aider à franchir le pas vers un apprentissage ou un emploi. Ces dispositifs, financés par les autorités cantonales et confiés à des organismes privés à but non lucratif, sont désormais traversés par une exigence devenue omniprésente : maîtriser le numérique pour accéder à ses droits mais également pour être candidat à un poste, ou encore régir son quotidien administratif."
Lire l'article de Didier Dubasque


Revue de presse du 26 fevrier 2026


Le gouvernement renonce à porter son projet de loi sur la protection de l'enfance

"L'exécutif envisage d'inscrire son texte à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale par l'intermédiaire d'une proposition de loi, d’initiative donc parlementaire et non gouvernementale. Un changement de véhicule législatif qui, pour la Cnape, met un terme à l'ambition de voir un texte adopté d’ici la fin de la législature.
C’est la députée socialiste, Isabelle Santiago, autrice du rapport de la commission d’enquête sur la protection de l’enfance, qui en a été informée lors d’un rendez-vous à Matignon le 23 février 2026, en soirée. « Compte tenu des contraintes du calendrier parlementaire, en cette fin de mandat, l’hypothèse envisagée serait de faire porter [le projet de loi] par une proposition de loi d’initiative parlementaire, avec son soutien », indique-t-elle dans un communiqué."
Lire l'article des ASH

4 ans après la loi Taquet, où en est-on de l’accompagnement des jeunes majeurs ?




Caractéristiques des élèves et étudiants en formation aux professions sociales en 2022 : des effectifs principalement féminins

"Les élèves et étudiants en formation sociale effectuant une rentrée en 2022 sont des femmes dans 84 % des cas. Toutes formations confondues, les élèves et étudiants sont plutôt jeunes : 40 % d’entre eux sont âgés de moins de 23 ans, 25 % entre 23 et 30 ans, tandis que 19 % ont plus de 40 ans et 6 % plus de 50 ans. Cependant, les formations menant au diplôme d’Assistant Familial (DEAF), de Médiateur Familial (DEMF) ainsi qu’aux diplômes de niveau Master 2, que ce soit le Diplôme d’État d’Ingénierie Sociale (DEIS) ou le Certificat d’Aptitude aux Fonctions de Directeur d’Établissement Social (CAFDES), sont très fréquemment préparés par des personnes plus âgées : respectivement 74 %, 53 %, 64 % et 43 % ont plus de 40 ans".
Lire le dossier de la Drees

Série « Protection de l’enfance : des histoires du quotidien »

"L'émission LSD (La série documentaire), sur France Culture, part à la rencontre de la protection de l’enfance. De l’évaluation du danger à la sortie de l’Aide sociale à l'enfance, ce sont des professionnels et des lieux qui accompagnent, chaque année, la vie de 400 000 enfants.
La série suit un fil chronologique : le repérage du danger, puis les décisions de protection, puis l'expérience des enfants et jeunes placés, et enfin la sortie du dispositif.
Voici les 4 épisodes :





Compte personnel de formation : le gouvernement coupe brutalement le robinet

Depuis ce 26 février, les formations professionnelles visant l’acquisition de compétences ne sont plus prises en charge par le CPF qu’à hauteur de 1 500 euros. Un séisme pour le monde de la formation et les salariés.
5 000 euros. Depuis plusieurs années, les salariés savent qu’à raison de 500 euros par an, crédités sur leur compte personnel de formation (CPF), ils peuvent disposer de cette somme à leur guise pour financer une petite reconversion, une montée en compétences ou pour réfléchir à la suite de leur carrière professionnelle.
En 2019, lors du premier quinquennat Macron, l’exécutif a choisi de basculer ces droits, jusqu’alors crédités en heures, en euros sonnants et trébuchants, ce qui a fait décoller le CPF. Entre 2020 et 2024, les dépenses publiques en faveur du CPF ont doublé, passant de 1,1 à plus de 2 milliards d’euros.
C’est désormais à un atterrissage d’urgence que travaille le gouvernement. Tout à sa recherche d’économies, il verrouille de plus en plus l’accès à cette cagnotte. Depuis un décret paru le 25 février...
Lire l'article d'alternatives-économiques


Revue de presse du 16 fevrier 2026


Non-assistance à personnes mal logées

Les 40 associations du Collectif des Associations pour le Logement (CAL) se lancent dans une démarche inédite pour faire avancer la lutte contre le mal-logement !Jeudi 13 février, deux recours contre l'Etat ont été déposés. "Nous déposons deux recours en responsabilité contre l’Etat qui ne respecte pas sa propre loi sur l’hébergement d’urgence et le droit au logement :
  • Au moins 6 000 personnes sont refusées par le numéro d’urgence 115 chaque soir, dont 2 000 enfants.
  • 100 000 foyers pourtant reconnus prioritaires et urgents attendent encore d’accéder à un logement. Certains attendent depuis 10 ans.
Il est temps que ça cesse !"
Accèder au site du CAL
signer la pétitition

Nouvelle recommandation sur l'autisme : la HAS appelle à une "massification de la formation"

"La Haute autorité de santé a rendu publique, le 12 février, sa nouvelle recommandation en direction des enfants et adolescents autistes. Face aux "fausses informations" qui perdurent, l’instance appelle les centres de formation à intégrer ces données et incite les professionnels, en particulier ceux de la protection de l’enfance, à s’en emparer.
La science et les pratiques professionnelles ont aussi évolué et c’est pour prendre en compte ces nouvelles données que la HAS, dans cette nouvelle recommandation, fait « le point (...) sur les interventions recommandées et celles qui ne peuvent l’être ». Objectif : « harmoniser les modes d’accompagnement et les pratiques de soins et d’interventions proposés aux enfants autistes ».
Lire l'article du Media social
Lire la recommandation de la HAS

Le soin de Robin

Robin, sept ans, est autiste. Olivier Minot l'a suivi plusieurs mois en famille, parmi les éclats de voix et les moments difficiles. Un combat quotidien, des espoirs et des peurs joliment commentés par Marion, sa maman, qui est comédienne.
Après des soins "classiques", les parents ont fait le choix d'une thérapie dite comportementaliste : Catherine, la psychologue, pousse Robin à évoluer à l'aide de récompenses. En attendant les progrès, la famille encaisse, surtout Clémence, la petite sœur de 5 ans qui parle et joue "normalement". Un document fort, poignant mais pas larmoyant. Aujourd'hui, on appelle les troubles de l'autisme les "TED", troubles envahissant du développement. Les statistiques disent qu'environ un enfant sur 160 serait TED.



Ce que préconise le HCTS pour faire évoluer le travail social à l’horizon 2050

Le "Haut Conseil imagine la société française dans un avenir à moins de trente ans. Soit bouleversée à la fois par les crises exogènes (fort vieillissement de la population, aggravation de la fracture numérique entre générations et classes sociales, changement climatique provoquant l’arrivée massive de nouvelles populations ou nécessitant d’adapter les structures existantes à des pics de chaleur en augmentation…), et par des changements endogènes à l’exercice du travail social marqués par la place grandissante du secteur privé (associatif ou lucratif) parmi les acteurs de l’écosystème. Mais aussi par de nouvelles formes de travail pour les professionnels eux-mêmes, déjà en partie observables (multiplication de l’intérim ou de l’exercice au statut libéral…), mais que le temps risque d’amplifier.
En partant de ces postulats, le HCTS a donc défini une série de chantiers « structurants » à engager rapidement afin d’adapter les structures du travail social à la future donne. Sans surprise, la formation des travailleurs sociaux constitue l’un des piliers principaux des réformes à mener afin de préparer la main-d’œuvre de demain aux nouvelles compétences qu’elle sera amenée à déployer.
Dans la même logique, les changements sociétaux à venir devront amener les acteurs à adapter leurs pratiques et prendre en compte un nouvel environnement où ils devront faire un peu de place aux bénévoles, aux proches-aidants et surtout… aux personnes accompagnées elles-mêmes pour « mieux faire face aux changements et atténuer les nouvelles vulnérabilités ». En clair, estime le Haut Conseil, « il s’agira de reconfigurer les rôles : donner une place accrue aux personnes accompagnées, aidants et citoyens dans les services, les instances de décision locales et nationales ».
Lire l'article des ASH
Lire le rapport du HCTS

La légalisation du cannabis, une fausse bonne idée ?

"Plutôt que de le laisser aux dealers, l’État devrait-il prendre le contrôle sur la vente de cannabis ? Un an après la légalisation encadrée du cannabis récréatif en Allemagne, le débat reste vif : liberté individuelle et droit à l’ivresse face aux impératifs de santé publique, au cœur des échanges menés par Bertolt Meyer et ses invités".



La pauvreté à l’adolescence impacte les trajectoires scolaires et professionnelles, confirme une étude

Plus on est exposé à une pauvreté sévère à l’entrée au collège, plus les conditions de vie à l’âge adulte seront défavorables, d’après l’étude d’une cohorte de 18 000 personnes observée en 2007 et en 2023, diffusée par le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan. L’analyse démontre en outre une « surpénalité féminine » de la pauvreté.
A l’âge de 26 ou 27 ans, 28 % des personnes ayant connu une pauvreté sévère à l’entrée au collège ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (une situation qu’on résume sous l’acronyme anglais NEET, pour not in education, employment or training), contre 10 % parmi ceux qui n’ont pas été exposés à la pauvreté. Ces mêmes personnes en situation de pauvreté au collège sont également 29 % à toujours vivre chez leurs parents au même âge (contre 17 % chez les non-pauvres), et parmi ceux qui travaillent, près d’un sur trois touche un salaire parmi les 20 % les plus faibles de la cohorte étudiée.
Lire l'article du Monde

Ensemble, on peut faire quelque chose

"Il se passe vraiment de belles choses" : un film documentaire tourné à Pau pour changer l'image des familles d'accueil.



Revue de presse du 9 fevrier 2026


Insécurité et délinquance en 2025 : une première photographie

"L’Interstats Références « Insécurité et délinquance en 2025 : une première photographie » propose une analyse de la délinquance en France en 2025, établie à partir des 18 principaux indicateurs de la délinquance enregistrée par la police et la gendarmerie nationales.
Les chiffres de l’année 2025 y sont consolidés avec la prise en compte des requalifications des infractions enregistrées au cours de l’année, celles-ci pouvant intervenir tout au long de la procédure pénale. Les résultats de cette publication portent sur le champ France entière (France métropolitaine et départements et régions d’outre-mer – DROM). Une déclinaison départementale de ces résultats est disponible dans l’Interstats Références « Atlas départemental de la délinquance enregistrée en 2025.
Ces éléments sont complétés par des statistiques issues de l’enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité (VRS) 2024 pour la mesure des taux de dépôt de plainte notamment. En effet, de nombreuses personnes ne portent pas plainte, ce qui tend à sous-estimer l’ampleur de la délinquance à partir des infractions enregistrées par la police et la gendarmerie nationales.».
Acceder au dossier

L’Institut national du travail social est sur les rails

Annoncé fin 2023, l’Institut national du travail social (INTS) serait-il en train de prendre forme ? Oui, à en croire la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS), qui vient de confirmer les dix équipes de recherche, lauréates de l’appel à projets lancé conjointement par l'INTS, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) et la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf).
Une initiative saluée par le formateur et chroniqueur Didier Dubasque
Lire l'article du Media social
Lire l'article de Didier Dubasque

Usagers du service public : quand les démarches administratives virent au casse-tête

"À en croire les messages gouvernementaux, les démarches administratives n’ont jamais été aussi faciles… Pourtant les requêtes auprès du Défenseur des droits concernant la communication avec les organismes publics n’ont jamais été aussi nombreuses.
C’est une galère que rencontrent beaucoup de Français, qui préfèrent la garder tapie dans leur quotidien, dans leurs téléphones, dans leurs esprits embués : la violence administrative, le blocage des dossiers, le silence des agents, l’incompréhension des démarches et des outils qu’elles requièrent désormais toutes. Qu’il s’agisse de la Caisse nationale des allocations familiales (CAF) ou de France Travail, de la caisse de retraite, des URSSAF ou des impôts, beaucoup perdent des points de vie à trouver – ou non – l’issue de leur situation administrative. Malgré le travail des assistantes sociales, la multiplication des médiateurs dans les administrations (ou les entreprises privées ou semi-privées), malgré la multiplication des maisons France Services ou le travail consciencieux du Défenseur des droits, la raquette compte encore de nombreux trous dans lesquels se perdent des Français précarisés et oubliés."
Lire l'article d'actu-juridique.fr

A Nîmes, un guichet social fort de 150 professionnels mobilisés contre l’exclusion

"Dans le quartier très populaire de Valdegour-Pissevin à Nîmes, le département du Gard a transformé un ancien collège en un lieu unique en France : l’Espace Diderot. Ce pôle social de 8.000 m² regroupe depuis cinq ans les services départementaux – protection maternelle et infantile, insertion, aide sociale à l’enfance – ainsi que de nombreux partenaires publics et associatifs. Dans ce quartier où 72% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, entre 400 et 600 personnes viennent chaque jour y chercher un accompagnement, une formation ou un conseil.
Rassemblant 150 professionnels, l’Espace Diderot mise sur la proximité et le travail collectif. On y trouve un Pimms médiation labellisé France Services, une permanence de la CAF, une maison de la justice et du droit, ainsi que des associations et des organismes de formation. Tous partagent des salles et un restaurant commun, favorisant des collaborations concrètes au service des habitants. Cette organisation, à rebours de la dématérialisation, permet de maintenir un lien humain essentiel et de mutualiser les compétences.
Le lieu est aussi un creuset d’initiatives. Formateurs, médiateurs et éducateurs s’entraident, tandis que des événements facilitent la rencontre entre jeunes, entreprises et structures d’insertion."
Lire l'article de Didier Dubasque

Ce que nous apprend l’expérimentation « Territoires zéro chômeur de longue durée »

"L’expérimentation « Territoires zéro chômeur de longue durée » vise à garantir un emploi en contrat à durée indéterminée (CDI) à des publics « très éloignés du marché de travail », autrement dit des personnes qui, par exemple, du fait de problèmes personnels ou de santé, auraient des difficultés à entrer sur le marché du travail « classique ».
Depuis sa création, en 2016, le dispositif Territoires zéro chômeur de longue durée a permis d’offrir des CDI rémunérés au smic à environ 4 000 personnes accueillies au sein d’une petite centaine d’entreprises à but d’emploi. Ces structures sont créées par des territoires volontaires et financées par l’Etat. Point central : elles ont pour objectif de proposer des services utiles à la société, mais non fournis par les entreprises traditionnelles, car ils sont peu rentables".
Le programme atteint bien son objectif central auprès de cette population défavorisée : la participation à l’expérimentation augmente de 74 points de pourcentage, le taux d’emploi en moyenne sur les vingt-quatre premiers mois, démontrant qu’ils sont bien capables de travailler et qu’en l’absence du programme, la majorité ne l’aurait pas fait."
Lire l'article du Monde
Lire le rapport de la Cour des Comptes

Rentrée du TJ de Bobigny : une activité en trop grande croissance ?

"Le 26 janvier, devant une salle des Assises pleine à craquer, les chefs de juridiction ont dressé un constat alarmant de la situation judiciaire en Seine-Saint-Denis. Le besoin de justice ne cesse de croître sans que les moyens ne suivent. Au point, a annoncé le chef du parquet de Bobigny, de ne plus pouvoir poursuivre…
Procureur de Seine-Saint-Denis depuis de nombreuses années, Éric Mathais a pris la parole le premier. « Le mot directeur de mon propos est croissance », a-t-il sobrement commencé, avant de dérouler les chiffres de l’Insee. De 1,6 million d’habitants en 2017, la population de Seine-Saint-Denis est passée à 1,7 million en 2023. Près de 100 000 habitants en 6 ans, et encore, le chiffre serait sous-estimé, a assuré le chef de juridiction, précisant que « le nombre très important de personnes en situation irrégulière n’étant pas comptabilisé ». Cet accroissement démographique se poursuit, 13 500 nouveaux séquano-dyonisiens sont officiellement comptés chaque année. « Aucun autre département de la région ne connaît une croissance aussi soutenue. Nous avons une population fragile qui croît de manière continue, entraînant une croissance de l’activité des services publics, notamment de la justice », a souligné le procureur.
En 2024, la Seine-Saint-Denis était le premier département de France métropolitaine en matière de trafic de stupéfiants. En 5 ans, le nombre de mis en cause pour trafic de stupéfiants a crû de près de 5 %."
Lire l'article d'actu-juridique.fr


Revue de presse du 2 fevrier 2026


Découvrir l'Observatoire des droits de l’enfant

"L’Observatoire des droits de l’enfant de l’UNICEF France est la première plateforme à l’échelle nationale qui centralise les données relatives aux enfants en France, en les rendant disponibles de manière lisible et structurée pour l’ensemble des acteurs concernés.
S’appuyant sur diverses sources telles que les agences gouvernementales, les organisations internationales, des enquêtes nationales et internationales, l’Observatoire suit des indicateurs clés reparties autour de 11 thématiques fondamentales en lien avec le bien-être et les droits de l’enfant, tels que l’éducation, la santé, la protection de l’enfance, afin d’éclairer les enjeux qui affectent les enfants et soutenir la prise de décision fondée sur des données probantes."
Acceder au site de l'Observatoire
Télécharger le rapport

Ségur pour tous : 204 millions toujours en attente de versement

"C’est peut-être l’amorce d’une résolution du conflit autour du « Ségur pour tous ». En débloquant, dans sa loi de financement de la sécurité sociale 2026 une enveloppe de 85 millions d’euros destinée à financer 50 % de la prise en charge par les départements du financement des augmentations de 183 € net mensuel des salariés du secteur sanitaire, social et médico-social « oubliés » de la première vague du Ségur de la santé en 2022, le gouvernement vient peut-être d’entrouvrir la porte d’une sortie par le haut de la crise. Laquelle, depuis près d’un an et demi, empoisonne les relations entre départements et partenaires sociaux. Pour rappel, ces augmentations avaient été convenues le 4 juin 2024 par un accord des partenaires sociaux de la branche associative sanitaire, sociale et médico-sociale (Bass) que le ministère du Travail et de la Santé – alors piloté par une Catherine Vautrin sur le départ après la dissolution de l’Assemblée nationale – avait dans la foulée agréé et étendu.
Son application s’était cependant heurtée au refus de l’association Départements de France d’accorder aux établissements et services employeurs les fonds nécessaires au versement de ces primes. Et ce, tant que celles-ci ne seraient pas compensées intégralement par un Etat depuis lors aux abonnés absents".
Lire l'article des ASH

Santé mentale des adolescents : les réseaux sociaux amplifient les troubles observés hors ligne, en particulier chez les filles

"Troubles anxiodépressifs et pensées suicidaires, cyberharcèlement, image de soi dégradée, consommation d’alcool, de cannabis et autres substances psychoactives… les réseaux sociaux exploitent les vulnérabilités des jeunes et contribuent ainsi à amplifier certains troubles dont ces derniers sont victimes.
C’est ce que conclut un rapport d’envergure de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) qui décortique les mécanismes d’action de ces outils numériques paramétrés pour cibler à des fins mercantiles les spécificités mais aussi les fragilités liées à l’adolescence.
Olivia Roth-Delgado et Thomas Bayeux font partie de l’équipe de l’Anses qui a coordonné ces travaux. Ils nous présentent les principaux enseignements de ce rapport."
Lire l'article de the Conversation

RDV de l'ONPE | Accompagner pour co-construire des pratiques efficaces et éthiques



Publication CNAPE : la prise en charge des mineurs auteurs d’infractions à caractère sexuel

"Les données chiffrées transmises par le ministère de la Justice révèlent qu’environ 11 500 mineurs sont mis en cause chaque année pour des faits de nature sexuelle, représentant près de 30 % des auteurs de violences sexuelles commises sur des mineurs. Entre 2017 et 2024, leur nombre est passé de 8 900 à 15 700, soit une augmentation de 76 %.
Cette évolution s’est accompagnée d’une hausse significative des prises en charge au titre du placement pénal, assurées notamment par le secteur associatif habilité, au sein de dispositifs tels que les centres éducatifs fermés (CEF) ou les centres éducatifs renforcés (CER).
Pourtant, la question des mineurs auteurs demeure aujourd’hui largement sous-appréhendée, tant dans le débat public que dans les politiques éducatives et sociales. Elle interroge profondément les représentations collectives de l’enfance, encore souvent idéalisée et associée exclusivement à l’innocence et à la vulnérabilité. Par cette contribution, la CNAPE appelle à une meilleure compréhension de ces situations complexes et à une réponse éducative adaptée aux enjeux qu’elles soulèvent."
Lire la publication de la CNAPE


Revue de presse du 26 janvier 2026


L’impossible transformation de l’offre du secteur du handicap

"Alors que la transformation de l'offre dans le secteur du handicap connaît une nouvelle impulsion, la conversion au modèle inclusif peine toujours à se concrétiser. Dans cette chronique*, Jean-Luc Gautherot, ingénieur social, revient sur douze années de réformes et dessine les enjeux à venir".
"Avec l’entrée en vigueur de Serafin-PH et l’annonce de la publication d’une instruction qui rendrait obligatoire la transformation de tous les établissements et services enfants en plateforme de services coordonnés, le secteur du handicap vit une nouvelle poussée de la transformation de l’offre. Engagée depuis plus de dix ans, on finit par se demander si cette conversion au modèle inclusif aboutira un jour".
Lire l'article du Media social
Découvrir SERAPHIN PH

La Défenseure des droits s’alarme d’une hausse « des atteintes à la dignité » des personnes étrangères de la part des forces de l’ordre

"Interventions musclées pour empêcher l’embarquement de migrants sur les plages de la Manche, violences dénoncées en centre de rétention administrative (CRA), évictions de campements sur des fondements juridiques douteux… « Les difficultés dans le traitement des personnes étrangères par les forces de sécurité ne sont vraiment pas nouvelles, mais je note un glissement progressif depuis environ 2021, s’alarme la Défenseure des droits, Claire Hédon, auprès du Monde. Les atteintes à la dignité augmentent, alors même que le fondement d’une démocratie, c’est le respect de la dignité des personnes. »
Principal sujet de saisine de l’autorité administrative indépendante en matière de déontologie des forces de sécurité intérieure : les violences en CRA. Depuis 2021, la Défenseure des droits a été saisie de 230 signalements de faits de violences imputées aux forces de sécurité par des personnes retenues."
Lire l'article du Monde

3 000 gamins qui dorment à la rue tous les soir

"Dans cette vidéo, Didier Tronche, président de la CNAPE, dresse un constat sans détour sur l’état de la protection de l’enfance en France."



Mineurs non accompagnés : quand addictions et traite mettent la protection à l’épreuve

L'addiction peut être instrumentalisée par des réseaux de traite pour contrôler et exploiter ces jeunes mineurs.
Dans la rue et les squats, certains mineurs étrangers isolés vivent sous l’emprise des addictions et de réseaux de traite. Chez une partie de jeunes, les médicaments détournés deviennent des outils de contrôle, brouillant la frontière entre délinquance et victimisation et mettant la protection de l’enfance à l’épreuve.
Ils sont mineurs, arrivés seuls en France, et évoluent aux marges des dispositifs censés les protéger. Rue, squats, hébergements précaires, passages discontinus par la protection de l’enfance : leurs parcours se tissent dans la discontinuité. Chez certains de ces jeunes, la consommation de médicaments détournés et de substances psychoactives s’impose progressivement comme un fait structurant. Loin d’être marginale, elle verrouille les trajectoires et accélère les ruptures, fragilisant toute tentative de mise à l’abri.
Lire l'article de enfancejeunesseinfo.fr

Les besoins fondamentaux des travailleurs sociaux en Milieu Ouvert

Le groupe régional breton du CNAEMO a souhaité rendre compte de la richesse de ses rencontres et de ses réflexions
Extrait : "Comment les professionnels trouvent dans leurs pratiques, dans leurs équipes, dans leurs associations, les ressources suffisantes pour continuer à avoir du cœur à l’ouvrage ? Nous sommes alés recueilir l’avis et l’expérience de nos colègues à travers la Bretagne. Quele est la situation qui les préoccupe le plus ? Comment y répondent-ils ?
Ces retours de témoignages nous ont permis d’identifier différents points de vigilance, mais également de dégager de nombreuses ressources. "
Lire le texte du Cnaemo bretagne


Revue de presse du 15 janvier 2026


Sécuriser les usages des réseaux sociaux pour protéger la santé des adolescents

"Le modèle économique des réseaux sociaux vise à maximiser le temps d’utilisation à des fins commerciales. L’objectif est de vendre à la fois des espaces publicitaires et des données sur les préférences et habitudes des utilisateurs. Les entreprises qui développent les réseaux sociaux mettent donc en œuvre des stratégies de captation de l’attention visant à maintenir l’engagement des utilisateurs le plus longtemps possible. Ces stratégies s’appuient sur des dispositifs incitatifs puissants comme des interfaces manipulatrices (dark patterns) et des algorithmes qui proposent des contenus ultra personnalisés. Ces algorithmes peuvent générer un “effet spirale” où les utilisateurs se voient enfermés dans des contenus de plus en plus ciblés, parfois extrêmes.
Les réseaux sociaux tels qu’ils sont conçus aujourd’hui exploitent, de fait, les besoins propres à l’adolescence en matière d’interactions et comparaisons sociales, de sensations et prise de risques, ainsi que de recherche de reconnaissance de leurs pairs".
L’expertise montre que sur l’ensemble de ces effets, les filles sont plus impactées que les garçons.
Acceder à l'étude de l'ANSES

"La question des sans-abri doit devenir une cause nationale"

"Depuis l'avant-Noël, l'essentiel du pays rencontre un épisode de grand froid. Ce mardi 6 janvier, à l'Assemblée nationale, lors des questions au gouvernement, le député Emmanuel Fernandes (LFI) a dénoncé « un plan grand froid sous-dimensionné et déclenché trop tard, car conditionné à des seuils de température bureaucratiques ». Et le parlementaire d'ajouter : « À Strasbourg, le plan grand froid a abouti à simplement 13 places d'hébergement supplémentaires. »
Dans sa réponse, le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, a vanté un plan grand froid « sans précédent » avec 75 départements mobilisés et 4 500 places supplémentaires ouvertes. « Je me félicite que nous ayons été réactifs », assène-t-il, en n'oubliant pas de faire la promotion du projet de loi de finances (PLF) pour 2026, dans lequel l'hébergement d'urgence devait recevoir 110 millions d'euros (M€) supplémentaires."
Lire l'article du Media social

Étude qualitative sur les conditions d’exercice du métier d’assistant familial

Cette étude qualitative fournit de nombreuses données, témoignages et analyses sur l'évolution de l'accueil familial et notamment sur les effets de la professionnalisation. " La communication avec les équipes socio-éducatives et le partage des informations sont, aujourd’hui plus fluides qu’il y a quelques années. Les évolutions constatées dans le métier se donnent également à voir dans la relation nouée avec les parents des enfants accueillis. " Voir à ce sujet le constat d'une variable générationnelle : "les assistants familiaux ayant le plus d’ancienneté tendent à dépeindre des rapports de relative proximité avec les familles", alors que " les assistants familiaux récemment entrés dans la profession insistent fortement sur la nécessité de maintenir une certaine distance avec les familles".
Un chiffre interroge : "41 % des accueils chez une assistante familiale ont eu lieu en urgence, sans préparation"
Lire l'étude

Part des jeunes non insérés (ni en emploi, ni scolarisés - NEET)

"L'indicateur est le rapport de la population des jeunes non insérés à l'ensemble de la population des 15-24 ans. On désigne sous le terme de jeunes non insérés les personnes de 15 à 24 ans qui ne sont pas inscrits dans un établissement d’enseignement secondaire ou supérieur et n’ont pas d’emploi, fût-il occasionnel.
La situation hors formation et hors emploi se prolonge, ou intervient régulièrement, chez les jeunes rencontrant des difficultés d’insertion sur le marché du travail : ces derniers enchaînent emplois de courte durée et périodes de chômage, ou ne trouvent pas d’emploi, voire se sont résignés à l’inactivité. Ces difficultés sont particulièrement fréquentes chez ceux qui ont quitté l’appareil de formation sur un échec scolaire, sans diplôme, et pour lesquels un retour vers la formation est souvent délicat. Ces jeunes sont menacés par la pauvreté et l’isolement relationnel. De plus, pauvreté et isolement se renforcent mutuellement et accentuent encore les difficultés d’accès à la formation et à l’emploi. Un processus d’exclusion sociale, amenant à une rupture durable des liens sociaux et institutionnels, peut s’enclencher. A l’échelle d’un territoire, une valeur élevée de cet indicateur constitue donc une alerte pour les acteurs publics ou collectifs". La carte montre des différences très marquées entre villes voisines, mais aussi des bassins d'emploi sinistrés.
Accèder au dossier

"Un juste retour des choses" : abandonné enfant, Régis Collorec milite pour la fin de l'obligation d'aider ses parents

"Obligation alimentaire : ils refusent de payer pour leurs parents", c'est le titre d'un reportage qui sera diffusé ce jeudi 8 janvier dans l'émission "Envoyé Spécial" sur France 2. Parmi les exemples cités dans ce reportage, il y a Régis Collorec, reçu sur ICI Poitou en octobre dernier. Ce quinquagénaire poitevin a été abusé pendant son enfance par son père et abandonné par sa mère avant d'être placé à la DDASS avec ses frères et sœurs. Malgré ce passé difficile, il s'est retrouvé dans l'obligation de payer les frais d'Ehpad de sa mère.
Cette obligation, Régis Collorec l'a contestée devant la justice, car pour lui, il était impensable de s'y résoudre. La justice lui a finalement donné raison. Mais la douleur est toujours là, explique Régis Collorec."
Lire l'article de France bleu


Revue de presse du 7 janvier 2026


Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : ce que l’on sait du projet du gouvernement

"L’exécutif et certains élus cherchent, depuis plusieurs années, à restreindre l’accès des plus jeunes aux plateformes comme Instagram, Snapchat et TikTok. Ils dénoncent les dangers que représenteraient, selon eux, l’exposition à certains contenus, l’addiction provoquée par les algorithmes ou les risques de cyberharcèlement.
C’est désormais l’objet d’un nouveau projet de loi porté par le gouvernement : annoncé mercredi 31 décembre et devant être débattu au Parlement au début de 2026, il entend interdire aux moins de 15 ans l’utilisation des réseaux sociaux. Le Conseil d’Etat doit rendre son avis à son sujet le 8 janvier".
Lire l'article du Monde

Dix projets de recherche pour répondre à la crise d'attractivité et aux mutations du travail social

"« Face aux mutations profondes du secteur social et de notre société (numérique, écologie, vieillissement démographique, nouvelles formes de pauvreté et d’accompagnement…) et à la crise d’attractivité des métiers qui concerne 1,3 million de professionnels du social », la Drees, l’Institut national du travail social (INTS), porté par la DGCS et la Cnaf, ont sélectionné dix projets de recherches parmi 62 candidatures.
Lancé en février 2025, cet appel à projets vise à « produire des connaissances scientifiques rigoureuses » pour éclairer les politiques publiques sur « l’attractivité des métiers du travail social et l’adaptation aux enjeux contemporains de l’intervention sociale. » Ces projets mobilisent des disciplines variées (sociologie, économie, droit, sciences politiques, etc.) et adoptent des démarches participatives, impliquant travailleurs sociaux, usagers et associations.
Les thématiques retenues couvrent à la fois les conditions de travail, les impacts des transitions écologique et numérique, l'accompagnement de publics spécifiques (familles monoparentales, protection de l’enfance, hébergement d’urgence, bénéficiaires du RSA). Parmi les projets retenus : une enquête sur les 15 heures d'activités obligatoires pour les allocataires du RSA dans trois départements, une étude sur l'émergence des « mastodontes associatifs » et leurs spécificités gestionnaires, ou encore une recherche questionnant l'avènement d'un « travail social vert »."
Lire l'article du Média social

Les violences sexistes et sexuelles dans les accueils collectifs de mineurs

"« SELMA » est un kit de formation composé d’un court-métrage réalisé par Johanna Bedeau et d’un livret de formation à destination de toutes les personnes impliquées dans l’organisation, l’encadrement et l’animation d’ACM.
Sa conception a été pilotée par la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof) sous la direction de Roxana Maracineanu, secrétaire générale de la Miprof et de la Direction de la Jeunesse, de l’Education Populaire et de la Vie Associative (DJEPVA) sous la direction de Thibaut de Saint Pol, directeur de la DJEPVA.
Sa conception a réuni un collectif d’expertes et d'experts au sein des administrations de l’Etat, des organisateurs d’ACM, de professionnelles et professionnels du secteur Jeunesse, de la protection des femmes contre les violences et de l’enfance.


Télécharger le guide de formation SELMA

La France sous cocaïne : au CHU de Bordeaux, «on voit débarquer aux urgences des gens comme vous et moi»

"Derrière la violence du narcotrafic, il y a une réalité : les Français n’ont jamais consommé autant de cocaïne. La poudre blanche est devenue le premier marché de la drogue dans le pays, où le nombre de consommateurs a doublé en dix ans. Libération propose une série de reportages pour raconter cette expansion : en zone rurale où la poudre pénètre jusque dans les villages, auprès de salariés qui en consomment pour tenir au travail, avec des quadragénaires festifs, des consommateurs de cocaïne basée (le crack) et aux urgences, où l’on mesure aussi la propagation toujours plus forte de cette drogue."
Vingt ans en arrière, au centre antipoison de l’hôpital Pellegrin, cette drogue avait pourtant encore des allures de cliché. «C’était Françoise Sagan, les cadres sup dans les petites soirées mondaines, le showbiz, ou alors les junkies. Il n’y avait pas vraiment d’entre-deux, se souvient Magali Labadie, la responsable. Aujourd’hui, on voit débarquer aux urgences des gens comme vous et moi.» Etudiants, retraités, ouvriers, cadres, lycéens… le spectre est large."
L’hôpital n’est pas un sanctuaire. «Il y a eu des histoires avec des internes, des anesthésistes, des dentistes… Des professions exposées», glisse le soignant. Le stress, d’abord. Et puis, parfois, un accès plus facile à certains produits, comme la kétamine. Responsable de l’unité d’addictovigilance, Amélie Daveluy pointe également une hausse des accidents du travail liés à l’usage de drogues. La praticienne hospitalière a le souvenir d’un ouvrier tombé d’un échafaudage testé positif au crack. Tout aussi inquiétant, les urgences pédiatriques reçoivent de plus en plus de très jeunes patients. Moins de 5 ans parfois. «La cocaïne s’étant démocratisée, poursuit-elle, des parents oublient de mettre des barrières en laissant traîner la drogue sur la table, par exemple. C’est sans doute ce qui m’a le plus frappée. Ça et l’augmentation de femmes enceintes qui ont du mal à décrocher.»
Lire l'article de Libération

Paroles d’usagers de cocaïne : « L’Etat nous pointe du doigt alors qu’on est cuits, cramés, qu’on n’a plus de vie »

"Qu’ils soient cadre supérieur, étudiant ou mère de famille, ces usagers racontent leur difficulté à se sentir partie prenante du narcotrafic. Ils témoignent aussi de la banalisation de la consommation d’une drogue ."omniprésente qui les a, pour beaucoup, entraînés dans une spirale de toxicomanie aux lourdes conséquences".
"Si ces usagers souhaitent réagir aux discours entendus, c’est, disent-ils, qu’ils trouvent que, dans les débats, le curseur mis sur les consommations festives, et leur banalisation, occulte un pan important de la problématique : leur addiction. « C’est une maladie, j’ai mis vingt ans à le comprendre, rapporte Christelle. Personne n’irait critiquer un diabétique parce qu’il a besoin d’insuline, ou un cancéreux parce qu’il récidive… »
Lire l'article du Monde

Protéger les enfants contre les violences

"Depuis 2020, SOS Villages d’enfants dispose d’une politique interne de protection des enfants, qui s’appuie notamment sur la Convention internationale des droits de l’enfant (Cide). Elle comporte différents volets, dont celui de la prévention. Pour le faire savoir aux enfants et leur permettre d’exercer leurs droits, l’association remet à chacun d’entre eux un livret. Intitulé « Te protéger contre les violences, c’est notre promesse », il a été coconstruit par un groupe de huit jeunes âgés de 13 à 18 ans, accompagnés par la spécialiste de la participation et des droits de l’enfant Véronique Dimicoli, et la dessinatrice Yulsö."
Lire l'article des ASH

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