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Revue de presse du 20 avril 2017


Agrément des établissements de formation pour dispenser une formation préparant à un diplôme de travail social

La ministre des affaires sociales et de la santé a présenté un décret relatif à l’agrément des établissements de formation pour dispenser une formation préparant à un diplôme de travail social.
S’inscrivant dans une logique de simplification administrative et d’efficacité des politiques publiques, ce décret rénove les modalités d’agrément des établissements de formation souhaitant dispenser une formation aux diplômes de travail social et conforte les régions dans leur rôle de chef de file de la politique de formation et d’orientation professionnelle.
En substituant l’agrément des établissements de formation en travail social par la région à la déclaration préalable auprès des services l’Etat, le dispositif offre aux régions un outil efficace de pilotage du développement des établissements de formations sociales au regard du schéma régional des formations sanitaires et sociales.
Désormais, la région reçoit les demandes d’agréments, s’assure de leur conformité avec les besoins identifiés par le schéma régional des formations sanitaires et sociales ainsi que de la capacité de l’établissement à délivrer une formation de qualité. Elle s’appuie sur l’avis du représentant de l’Etat dans la région qui s’assure de la capacité pédagogique de l’établissement à préparer les candidats aux diplômes d’Etat de travail social.
Alors que l’ancien dispositif obligeait les responsables d’établissement à déposer une demande préalable auprès des services de l’Etat, puis une demande d’agrément auprès de la région, les opérateurs de formation professionnelle s’inscrivent désormais dans une seule démarche administrative auprès du service régional compétent.
Cette procédure simplifiée et modernisée apporte donc aux régions un outil supplémentaire pour adapter l’appareil de formation aux enjeux du secteur. Le rôle essentiel que jouent les travailleurs sociaux dans la mise en œuvre des politiques de solidarité et de cohésion sociale suppose en effet des formations pertinentes pour leur offrir toutes les compétences nécessaires à la mise en œuvre d’un accompagnement social de qualité au profit des personnes concernées.
Accedez au compte-rendu

La faim : Du Biafra à la Somalie : l’action humanitaire en question

"Quelles sont les limites de l’action humanitaire en matière de lutte contre l’insécurité alimentaire ? Les humanitaires peuvent-ils ou doivent-ils apporter leur aide quelques soient les conditions des conflits ?
Dans quelles mesures peuvent-ils constituer un facteur de renforcement des logiques de conflit, de militarisation ? Pis, l’aide alimentaire serait-elle une fausse solution qui empêcherait le développement des pays concernés ?
Cette émission aborde également la question de la sécurité. Ces dernières années, le secteur de la sécurité s’est considérablement renforcé dans les dispositifs de réponses humanitaires. Comment le comprendre et quels en sont les effets ? Comment concilier la nécessité de protéger les acteurs humanitaires avec celle d’un accès direct au terrain ?"


Revue de presse du 10 avril 2017


La "jungle" à Calais ; comprendre les enjeux migratoires



A Roubaix, « il y en a même qui revendiquent de ne pas aller voter  à la présidentielle »

Farhi Rabah, 49 ans, enrage. « J’ai toujours voté depuis mes 18 ans, mais là, franchement, je suis de plus en plus dégoûté par les politiques. » A Roubaix, cette parole n’est pas rare. Dans cette ville du Nord, ancien bastion de l’industrie textile dont ne subsistent aujourd’hui que les nombreuses usines en brique reconverties en lieux culturels, commerces ou lofts, les élections ne mobilisent plus : sept électeurs sur dix à la dernière présidentielle en 2012, à peine quatre sur dix aux municipales de 2014. Au point que Roubaix, un peu moins de 100 000 habitants et ville parmi les plus pauvres de France, a parfois été surnommée « capitale de l’abstention ».
« On n’est que des pions, poursuit Farhi Rabah. Regarde les ouvriers, c’est eux qui font tourner la France et rien n’a changé pour eux depuis cinq ans. Ils vivent toujours dans la misère avec 1 000 euros par mois. » Aucun candidat à la présidentielle ne trouve grâce aux yeux de cet habitant du Pile, un quartier populaire de Roubaix fait d’étroites maisons de brique. « Le dernier président correct, c’était Mitterrand. » Alors Farhi Rabah le dit tout net : « Je voterai blanc aux deux tours, je m’en fous de Marine Le Pen. » Et puis, lui, le fils d’une Française et d’un Kabyle, trouve que la présidente du Front national a « de bonnes idées ». « C’est son programme trop porté sur l’immigration qui m’empêche de voter pour elle. »
Sofiane Bensalem s’en moque également, des bons sondages pour Marine Le Pen. Pour lui aussi, ce sera abstention aux deux tours. « Si elle est élue, qu’est-ce que ça peut me faire, à moi, petit intérimaire ? Je ne me sens pas concerné. Qu’elle passe ou non, ça risque de ne rien changer », lâche froidement ce Roubaisien de 24 ans.
Lire l'article du monde

Le comité anti-torture du conseil de l'europe alerte sur le traitement inhumain et dégradant dans plusieurs prisons françaises

"La coopération lors de la visite a été très bonne. Néanmoins, le principe de coopération requiert également que des mesures effectives soient prises pour mettre en œuvre les recommandations du CPT. A cet égard, le Comité constate avec préoccupation que plusieurs recommandations importantes, formulées de longue date, n'ont toujours pas été mises en œuvre, notamment concernant les conditions matérielles de détention dans les établissements de police, la surpopulation carcérale ainsi que les conditions dans lesquelles se déroulent les transferts et les soins des personnes détenues en milieu hospitalier. Surtout, le Comité considère que les mauvaises conditions de détention en prison, notamment dans les maisons d’arrêt de Fresnes et de Nîmes, associées à la surpopulation et au manque d’activités pourraient être considérés comme un traitement inhumain et dégradant.
Le Comité est également "vivement préoccupé par les conditions matérielles de détention de la plupart des établissements de police visités : cellules collectives d’à peine 6 m2 utilisées pour détenir plusieurs personnes pour des durées prolongées, y compris la nuit ; absence d’aération et de fenêtre ; locaux sales, malodorants avec des traces de projections ; manque de produits d’hygiène personnel. Si les locaux de gendarmerie étaient dans un bien meilleur état, il est préoccupant de constater que beaucoup de chambres de sûreté étaient toujours dépourvues d’un système d’appel."
Lire la synthèse sur le site du conseil de l'europe

Le Conseil d’analyse économique diffuse une double feuille de route pour lutter contre la pauvreté

"Deux notes rendues publiques par le Conseil d’analyse économique le 4 avril 2017 proposent des mesures pour agir plus efficacement contre la pauvreté et élargir la cible de la lutte menée par les pouvoirs publics. Les auteurs de la première note constatent l’efficacité des aides monétaires versées aux populations les plus modestes. Pour enrayer le non-recours, ils préconisent de les simplifier, de les automatiser et de les universaliser. D’autre part, ils recommandent de remplacer les minima sociaux par un revenu de base modulable, versé à tous les majeurs sous condition de ressources et de parcours d’insertion ou d’emploi. Le budget de ces propositions est évalué à huit milliards d'euros. Alors que la pauvreté se transmet de parents à enfants, les auteurs de la seconde note proposent de s’attaquer en amont à ses déterminants. La prévention passe par une politique renforcée de la réussite scolaire des enfants des familles les plus modestes, une action publique pour l’emploi des personnes non ou peu qualifiées, notamment des jeunes, et une politique de la ville davantage orientée vers la mobilité géographique."
Lire le dossier de la Gazette santé-social


Revue de presse du 3 avril 2017


Handicap/dépendance : l’habitat inclusif offre plus d’autonomie à moindre coût

Dans le champ du handicap, le choix pour les jeuens adultes est soit de rester vivre chez les parents, soit d'netrer dans une institution médico-sociale. Le dossier présenté par la Gazette santé-social présente une troisième voie, l'habitat inclusif, basé sur la mutualisation de ressources. "L’habitat inclusif vient compléter l’offre médicosociale à destination des personnes en situation de handicap. La plus-value se situe tant au niveau de la fluidification des parcours que de la mise en commun des moyens. Sa transposition au secteur de la gérontologie pourrait répondre aux mêmes enjeux d’embolisation des établissements et de lutte contre l’isolement.
L’habitat inclusif peut être entendu comme un logement ordinaire mais adapté au handicap, que des personnes partagent tout en mettant en commun une partie des prestations d’accompagnement individuel dont elles disposent au titre de la prestation de compensation du handicap (PCH).
Les récentes mesures proposées par le comité interministériel du handicap (CIH) du 2 décembre 2016 insistent particulièrement sur la nécessité de développer ce type de solutions. Il est notamment proposé par le CIH de mettre en commun les heures accordées individuellement aux personnes vivant dans un habitat inclusif, permettant ainsi d’optimiser le temps de présence de professionnels dans ces logements, pour assurer des temps de surveillance ou veille, ou simplement une présence en continu.
Si de nombreuses initiatives d’habitat inclusif sont déjà portées localement, un des principaux freins résidait en effet jusqu’ici dans l’absence de mention par les textes réglementaires de la possibilité de mutualiser des aides individuelles.
Accedez au dossier de la Gazette santé-social

Un rapport de la Fondation Internationale de la Recherche Appliquée sur le Handicap (FIRAH) sur l'habitat dans une société inclusive

Notons tout d'abord que les chercheurs préférent "habitat dans une société inclusive", plutôt "qu'habitat inclusif": "Il s’agirait là d’un raccourci pouvant laisser penser qu’un logement réunissant tous les critères favorables pourrait être qualifié, de manière automatique, d’inclusif. Or la perspective théorique sur laquelle nous prenons appui, dans la droite ligne des valeurs et principes de la CDPH, lie indissociablement le logement à son environnement, et par extension à la société tout entière. Autrement dit, il ne peut y avoir d’habitat inclusif sans qu’il n’y ait de société inclusive."
Extrait du rapport final de la FIRAH: "Le placement en institutions spécialisées pour les personnes qui ont des déficiences a longtemps été « la norme ».
Face aux aspirations justifiées de ces personnes de se voir offrir d’autres possibilités de mener une vie digne au sein de la société, un mouvement de désinstitutionalisation a été enclenché un peu partout en Europe, avec différents degrés d’ouverture et de soutien de la part des autorités publiques, mais aussi du système médico- social en général.
Aujourd’hui, les personnes qui vivent les situations de handicap ont, théoriquement, le choix entre la vie à domicile (quel que soit leur degré de dépendance), grâce à des aides et à un accompagnement adapté, et la vie en hébergement collectif où leur logement doit constituer un lieu de vie privé devant être respecté comme tel (voir à cet égard l’article spécifique dans la Convention internationale des Nations-Unies relative au droit des personnes handicapées).1 Dans les faits, ce choix est loin d’être aussi simple.
Le chantier semble encore important pour que les lieux d’accueil ou les services à domicile arrivent à couvrir l’ensemble des besoins et attentes des personnes qui ont des déficiences. Les politiques publiques, les moyens financiers ou les conceptions mentales du handicap et de la dépendance limitent encore trop souvent l’accès des personnes qui vivent des situations de handicap à une véritable citoyenneté et au libre choix de vie et de services.
Si des initiatives abondent en Europe pour sortir de l’optique classique des foyers médico-sociaux et pour (ré)inventer des modèles alternatifs à l’institutionnalisation, elles se heurtent souvent à différentes contraintes nationales. La diversification de l’offre de l’habitat pour les personnes avec un handicap est l’un des grands enjeux d’une société plus inclusive et constitue une garantie d’une meilleure qualité de vie.
Un travail de recherche basé sur une comparaison internationale
Le travail de recherche a pris appui sur deux « terrains » dans une logique essentiellement exploratoire. D’un côté, le think tank européen Pour La Solidarité s’est attaché à explorer et à repérer quelques bonnes pratiques dans les pays européens. Pour cela, il a étudié la législation, les tendances et les pratiques en matière d’habitat, et pris contact avec des réseaux européens au service des personnes en situation de handicap à Bruxelles. Grâce à ce travail exploratoire, Pour la Solidarité a pu entrer en contact avec des organisations repérées. Pour questionner les solutions d’habitat identifiées, l’équipe de recherche de Pour la Solidarité a élaboré trois questionnaires à destination des usagers-personnes en situation de handicap, des organisations et des intervenants. Les questionnaires ont été traduits en anglais et espagnol. Pour la Solidarité a fait du recueil des informations sur le terrain pour la pratique repérée en Belgique, tandis que des organisations éloignées de Bruxelles (Suède, Royaume-Uni, Espagne) ont été contactées grâce à internet (conversations Skype et recueil des questionnaires par le biais des échanges électroniques).
De l’autre côté, l’équipe de recherche de l’Université Paris-Est Créteil s’est engagée dans un travail visant à identifier, en France, les tendances et les pratiques émergentes en matière d’habitat pour les personnes présentant des déficiences."
Un rapport en six parties
Une première partie rappelle les éléments de cadrage et conceptuels sur lesquels se fonde la présente recherche ; une seconde partie resituant le contexte et les politiques menées en Europe en faveur un d’habitat inclusif ; une troisième partie problématisant l’émergence de nouvelles formes d’habitat dans le cadre du territoire français ; une quatrième partie présentant les expériences qui ont fait l’objet d’un travail monographique en Picardie et dans le Nord de la France et en tirant des éléments d’analyse transversale ; une quatrième partie définissant une grille de lecture et, en particulier, une typologie dont l’objectif est de permettre de mieux appréhender les nouvelles formes d’habitat au regard d’un objectif d’inclusion et de repérer quelques bonnes pratiques en la matière aussi bien en France qu’en Europe. Enfin, le rapport s’achèvera en élaborant des recommandations à destination de futurs promoteurs désireux de promouvoir de « nouvelles formes d’habitat dans une société inclusive ».
Lire le rapport sur le site firah.org

Dans les cités, les aînés impuissants face aux tensions entre les jeunes et la police

"D’un quartier populaire à l’autre, les récits sont identiques : la confrontation est devenue permanente entre les jeunes et les forces de l’ordre.
La réaction est à chaque fois la même. Quel que soit le quartier. Ils se figent, les yeux ronds comme des billes. Un bref instant de stupeur, avant de retrouver la parole : « C’est impossible ! », s’exclame Ousmane, 18 ans, dans le quartier du Mail, à Torcy (Seine-et-Marne). « C’est pas vrai ! », renchérit Fendi, 20 ans, à la Grande Borne, à Grigny (Essonne). « Je veux des preuves, je veux voir des vidéos », réclame Kissima Diouara, 25 ans, à la cité des Poètes de Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Le récit leur paraît à ce point inimaginable qu’ils sont d’abord convaincus qu’il est bidon.
Il faut insister, reproduire mot pour mot les témoignages de leurs aînés pour qu’ils y croient. Comme celui-ci : « Quand j’étais jeune, nous faisions des matchs de foot avec la police, des courses de motos… Je connaissais les policiers par leurs prénoms, mes parents aussi. Je me souviens de l’un d’eux, Ben, au moindre souci, il venait chez nous », raconte Sadia Diawara, directeur du centre Paris Anim’Curial, dans le 19e arrondissement de Paris, un enfant de Pierrefitte, où sa famille habite toujours.
Producteur du documentaire La Cité rose et fondateur de plusieurs associations (dont Road Tree’P), Sadia Diawara a 38 ans. Ousmane, Fendi et Kissima, entre 18 ans et 25 ans. Une génération les sépare, et trois quinquennats. Quinze années sans « qu’aucune doctrine de la police n’ait été pensée ni mise en œuvre », dénonce le politologue et directeur de recherche au CNRS Sébastian Roché. Quinze ans durant lesquels une haine viscérale s’est installée entre les jeunes et la police, et contre laquelle Sadia Diawara et ceux de son âge sont désarmés."
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Revue de presse du 24 mars 2017


Réforme des formations : le calendrier se précise

Dans le cadre d'une présentation plus large, présentée plus ci-dessous, le calendrier de la réarchitecture des diplômes a été précisé : ce sera pour la rentrée 2018 et les référentiels vont être connus d'ici à la rentrée 2017. C'est l'occasion de relire le mandat donné à la Commission Professionnelle Consultative du travail social et de l’intervention sociale pour la réarchitecture des diplômes
"Dans le cadre de la Journée mondiale du Travail Social, Ségolène Neuville, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées et de La lutte contre l’exclusion, était à l’IRTS Paris Ile-de-France ce mardi 21 mars. Accompagnée de Brigitte Bourguignon, Présidente du Haut Conseil du Travail Social (HCTS) et de François Soulage, ancien Président du Secours Catholique et Président du collectif ALERTE, chargé du suivi du plan d’action des États Généraux du Travail Social, et après une visite du Centre de Ressources Documentaires de l’IRTS Paris Ile-de-France, l’un des plus importants en France, la ministre a fait un point d’étape sur les principales réalisations du plan d’action en faveur du travail social et a annoncé à cette occasion deux nouvelles mesures pour la revalorisation des métiers du secteur :
  • Un arrêté sollicitant l’inscription au niveau 2 du Registre National de la Certification Professionnelle des diplômes actuellement au niveau 3 et cela concernant les futurs diplômes (rentrée 2018, diplômés en 2021)
  • La revalorisation en catégorie A de tous les travailleurs sociaux de la fonction publique actuellement en catégorie B, à compter de février 2018.
François Soulage a officiellement remis à la secrétaire d’État son rapport « Premier bilan de la mise en œuvre du plan d’action en faveur du travail social et développement social ».
Ce rapport détaille les chantiers en cours et propose des pistes pour en renforcer la portée :
  • la réarchitecture des diplômes du travail social,
  • la mise en place du premier accueil social de proximité,
  • l’expérimentation sur les référents de parcours,
  • et le développement de la participation des personnes exclues aux politiques de solidarité.
Brigitte Bourguignon a dressé un premier bilan de l’action du HCTS et a lancé le nouveau site du HCTS (http://www.hcts.gouv.fr) qui permettra aux travailleurs sociaux d’accéder à des fiches pratiques et des ressources utiles pour leur travail au quotidien. Elle a présenté le programme de travail du HCTS. Brigitte Bourguignon a également présenté la proposition de définition du travail social qui va être, a-t-elle annoncée, inscrite par décret dans le Code de l’action sociale et des familles."
Voir la présentation complète sur le site de l'IRTS Paris ïle-de- France

Arrivée du Maroc d’enfants isolés et toxicomanes : un phénomène inédit à Paris

L’article décrit un phénomène ancien en Espagne, notamment en Andalousie et Catalogne de jeunes errants, dont la situation correspond bien à une des catégories proposées par Angelina Etiemble : les mineurs errants.
« Enfants « dans la rue » plutôt qu’ « enfants des rues », faute d’avoir pu goûter au pouvoir contenant de l’école, les errants se sont peu à peu éloignés de leur famille ou de l’institution ; alors que les « enfants des rues » y sont socialisés dès leur plus jeune âge. A la différence des fugueurs, le temps migratoire de l’errant est plus distendu. Il commence par une série d’errements de plusieurs mois, voire de plusieurs années dans le pays d’origine. L’errance devient alors un mode de vie, fait de mendicité, de petits emplois de fortune, de prostitution… La misère étant, a priori, moins pénible dans les pays riches, l’errance locale se transforme en errance internationale. C’est alors que commence pour certains une vie de « vrais errants », faite de délinquance acquisitive et de toxicomanie, pérégrinant d’une ville à l’autre, d’un pays à l’autre, en quête de mieux-être. »(A Etiemble)
En fonction des informations qu’ils partagent ces jeunes peuvent rapidement changer de ville, de pays, à la recherche de ressources.
L’article du Monde : « Ces migrants mineurs passés par l’Espagne refusent toute prise en charge et errent dans le quartier de Barbès. »
« Ce soir-là, ils sont une quinzaine à arpenter ce petit bout de macadam, entre le square Alain-Bashung et la rue de la Goutte-d’Or, dans le 18e arrondissement de Paris. Le plus jeune n’a pas l’air d’avoir plus de 10 ans, le plus âgé, à peine 15. Bonnets ou casquettes vissés sur la tête, ils vont et viennent en petits groupes, passent d’un trottoir à l’autre, rebroussent chemin… Des allers-retours incessants, sans but, ponctués par un triste rituel : de temps à autre, ils plongent leur visage dans un sac en plastique et inspirent de la colle à pleins poumons. Cela fait deux mois que ces adolescents sont arrivés du Maroc. Deux mois qu’ils errent ainsi dans le quartier de Barbès, seuls, refusant toute prise en charge par les pouvoirs publics. Difficile d’évaluer leur nombre : la Ville de Paris en a identifié vingt-quatre, âgés de 9 à 16 ans. Ils pourraient être une centaine, selon l’Office français de l’immigration et de l’intégration. « Des mineurs isolés aussi jeunes, toxicomanes et réfractaires à toute aide, c’est du jamais-vu à Paris », explique-t-on à la mairie. Le phénomène a pris les autorités de court. Et met les nerfs des riverains à rude épreuve. »
Lire l’article du monde
Découvir la typologie proposée par Angelina Etiemeble

A Valence, deux mutineries révélatrices des failles des prisons ultramodernes

L’article du Monde présente une « enquête sur les causes de deux révoltes de détenus dans une maison centrale modèle, entre rodage difficile, déshumanisation et maladresses de la direction. »
Parler de « maladresses » de la direction nous semble un doux euphémisme : autoritarisme, incapacité à écouter les surveillants, culpabilisation de ceux qui ont du mal à appliquer des normes inhumaines…(188 des 230 surveillants que compte cet établissement avaient déposé une demande de mutation…) ; ça ne relève pas de la maladresse et l’article inquiète carrément quand, au passage, on nous explique que ce directeur est muté à l’Ecole nationale d’administration pénitentiaire…
Extrait : « Est-ce un syndrome propre à cette nouvelle génération de maisons centrales ultrasécurisées ? Détenus et surveillants se plaignent d’un même mal : la déshumanisation. Les caméras se sont multipliées dans les coursives tandis que le nombre de gardiens a baissé. « Dans une maison centrale, il y a en moyenne trois surveillants affectés à chaque étage, sans compter ceux qui se déplacent. A Valence, il y en a un seul par étage »
(..)« Les détenus ont moins de contact humain avec les surveillants et moins d’échanges entre eux. Or, ils sont là pour dix ou vingt ans, il faut installer un mode de fonctionnement qui leur permet de tenir », reconnaît un intervenant extérieur en détention qui requiert l’anonymat.
« Quand le QMC a ouvert, aucune activité n’était prévue, les détenus inoccupés tournaient en rond dans leur cellule comme des lions en cage », affirme le responsable de l’UFAP-UNSA, un syndicat pourtant peu habitué à se faire l’avocat de la condition des prisonniers. »
Lire l’article du blog police-justice

Calais : la justice suspend les arrêtés de la mairie interdisant la distribution de repas à des migrants 

Le tribunal administratif de Lille a estimé que les mesures prises au début de mars par la mairie « ont pour effet de priver une population en très grande précarité d’une assistance alimentaire vitale ».
« les juges disent « comprendre le souhait de la commune, soucieuse de préserver ses habitants et leur cadre de vie, isolée et démunie face à cette problématique complexe, de ne pas se retrouver dans la situation éprouvante qu’elle a déjà connue » avec plus de six mille migrants qui étaient présents dans la « jungle » démantelée à l’automne.
Mais les mesures prises par la mairie « ont pour effet de priver une population en très grande précarité d’une assistance alimentaire vitale » et « ne sont ni adaptées, ni nécessaires, ni proportionnées au regard du but réellement poursuivi ». »
Lire l’article du monde


Revue de presse du 18 mars 2017


René Dozière : "Le collaborateur fait tout et n'importe quoi parce que le député fait tout et n'importe quoi"

"Le député PS René Dosière, qui publie "Argent, morale et politique", milite pour un statut du collaborateur parlementaire. Et dénonce un laisser-aller généralisé."
Après avoir passé ses deux derniers mandats à surveiller d'un œil sourcilleux l'utilisation des deniers publics, René Dosière,député socialiste de l'Aisne, qui raccrochera en 2017, dresse une sorte de constat testamentaire de son travail de vigie : situation budgétaire du pays, rémunération des élus, financement des partis, train de vie des pouvoirs publics (dont l'Élysée) et des élus, etc. Autant de domaines dans lesquels René Dosière avance des solutions pour inoculer un peu de morale dans la vie publique."
Extrait : "L'assistant assure le travail législatif à Paris. Mais, dans sa circonscription, il peut aussi accompagner l'élu à un déjeuner des anciens combattants pour le prendre en photo afin d'alimenter son compte Facebook ou simplement pour conduire sa voiture afin que le député puisse boire un peu sans craindre d'être contrôlé positif à l'alcootest ! Il est l'homme à tout faire de l'élu. Mais ce rôle dans la circonscription va se réduire de plus en plus, avec la fin du cumul des mandats. Aujourd'hui, un député passe environ un tiers de son temps à Paris, à l'Assemblée, et deux tiers dans sa circonscription. Ce rapport devrait s'inverser. Le collaborateur parlementaire suivra le mouvement."
Lire l'article du Point

Pierre Rosanvallon : les propos de Fillon « marquent un tournant populiste dans la campagne »

Observant que François Fillon reprend les thématiques du front national (ou pourrait ajouter et de Trump, Poutine, Erdogan...) : gouvernement des juges ; rôle néfaste des médias ; attaquant donc les contre pouvoirs, Pierre Rosanvallon constate au passage que cette campagne traduit l'affaiblissement profond des partis.
"Nous vivons un basculement démocratique en France comme au niveau mondial qui se manifeste par la progression de la culture populiste et par l’effondrement de la démocratie des partis. Il est important de noter que trois des principaux candidats, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, qui représentent environ deux tiers des intentions de vote, n’ont pas de parti derrière eux. "
Lire l'article du Monde

L’agence nationale contre les pensions alimentaires impayées est lancée

"Le taux de pensions alimentaires non versées atteindrait entre 30 % et 40 %. L’agence aidera en priorité les mères s’occupant seules de leurs enfants.
Vendredi 20 janvier, la ministre des familles, Laurence Rossignol, devait lancer officiellement l’Agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires (Aripa). Le public visé est composé en très grande majorité de femmes. Des mères qui s’occupent seules de leurs enfants, et qui représentent aujourd’hui une famille sur cinq. Les pensions alimentaires représentent un cinquième de leurs revenus. Or, le taux de pensions impayées atteindrait entre 30 % et 40 %.
L’Aripa s’adresse « à celles qui rencontrent un problème dans le versement de la pension, mais aussi à tous les parents séparés ou en cours de séparation », indique-t-on au ministère. Un numéro unique est ouvert (0821 22 22 22), ainsi qu’un site Internet (www.pension-alimentaire.caf.fr). Environ 300 agents spécialisés, répartis dans 22 caisses d’allocations familiales (et une mutualité sociale agricole) auront pour mission de récupérer les pensions impayées, de soutenir financièrement les familles les plus fragiles, d’aider à fixer le montant des pensions (un barème sera disponible sur le site) et d’informer les parents sur leurs droits, la médiation familiale, etc."
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Revue de presse du 4 mars 2017


1er mars 2017: Un plan de lutte contre les violences faites aux enfants

"Depuis le début de l’année, l’actualité a été marquée par une série d’infanticides en France. La maltraitance des enfants qui touche tous les milieux, manque cependant de statistiques officielles. La Haute Autorité de Santé rappelle que plus de 80% des mauvais traitements sur un enfant sont infligés au sein de la famille.
Anne Tursz, chercheuse Inserm, spécialiste de la maltraitance, a participé au groupe de relecture sur les conclusions du rapport gouvernemental, notamment sur les chiffres et statistiques de mortalité infantile en France et sur les conduites à tenir en cas de mortalité infantile suspecte.
Elle a conduit une étude sur la période 1996-2000 qui estimait à 255 les homicides d’enfants de moins d’un an, contre 17 selon les statistiques officielles, pointant la sous-estimation du phénomène en France.
Dans leur ouvrage intitulé « Enfants maltraités » paru aux Editions Lavoisier, en partenariat avec l’Inserm, Anne Tursz et Pascale Gerbouin-Rérolle, les auteurs, concluent :
«Tant qu’on ne reconnaîtra pas le problème de la maltraitance, voire qu’on ne le nommera (…) pas, qu’on n’utilisera pas des outils validés pour dépister, en population générale (sans préjugé de classe), la souffrance de certains enfants, écrasés par des violences psychologiques dont la traduction est muette, on continuera à tenir un discours vide de fonds scientifique (…). La philosophie de la non-stigmatisation aboutit à l’oubli de milliers d’enfants abandonnés dans leur silence et à la répétition, dans une famille, des mêmes faits graves sur les enfants suivants… »
Lire l'article de l'INSERM
Voir le dossier ""Enfants maltraités. Les chiffres et leur base juridique en France"

Les Français portent un regard de plus en plus sévère sur les responsables politiques

"Comme inexorablement, le fossé ne cesse de se creuser entre les citoyens et la politique. Après bien d’autres, l’enquête réalisée par Ipsos du 20 au 24 février pour l’association Lire la société à l’occasion de la journée du livre politique organisée samedi 4 mars à l’Assemblée nationale, le démontre sans détour. Certes, d’une manière générale, près de deux Français sur trois (64 %) déclarent s’intéresser à la politique, en hausse de 7 points par rapport à novembre 2016, lors d’un précédent sondage Ipsos pour Le Monde ; et 71 % des personnes interrogées assurent être intéressées par l’élection présidentielle.
Mais cet intérêt n’efface pas, bien au contraire, les sentiments extrêmement négatifs que suscitent la politique en général et les hommes et femmes politiques en particulier. Plusieurs réponses étant possibles (et leur total étant par conséquent supérieur à 100), c’est d’abord la déception qui domine largement (62 %), même si ce sentiment a reculé de 6 points par rapport à novembre 2016. En revanche le dégoût (44 %) et la colère (41 %) ont progressé respectivement de 5 et de 4 points depuis quatre mois seulement. Ces deux réactions sont particulièrement marquées chez les 35-44 ans, chez les moins diplômés, chez les ouvriers et parmi les sympathisants du Front national (FN).
Quant aux hommes et aux femmes politiques, la dégradation de leur image se confirme, voire s’aggrave. Seulement 11 % des Français (en baisse de 7 points depuis 2013) considèrent que les acteurs politiques agissent principalement dans l’intérêt des citoyens, contre 89 % qui jugent qu’ils le font principalement pour leurs intérêts personnels. Pis encore, 82 % (en hausse de 10 points en un an et de 20 points en quatre ans) estiment que la plupart des hommes politiques sont corrompus ; ce jugement est particulièrement prononcé chez les Français aux revenus les plus bas et chez les ouvriers, ainsi que chez les sympathisants de l’extrême gauche et du FN (respectivement 95 % et 94 %)."
Lire l'article du Monde.fr

« Il est possible de le faire baisser significativement le chômage en France »

"Le chômage de masse n’est pas une fatalité à condition de changer de politique économique, d’investir massivement dans la formation et le logement, explique l’économiste Eric Heyer dans une tribune au « Monde ».
Si le chômage s’est massivement développé en France depuis les années 1970, cela n’a toutefois pas empêché des baisses temporaires au cours des années 1987-1990, 1998-2001 et 2006-2007, qui ont coïncidé avec des périodes de reprise de l’activité économique. Au cours de cette dernière période précédant la crise, le taux de chômage a même connu un plus bas historique sur les trente dernières années, en atteignant 6,8 % de la population active. Ce taux de chômage était alors inférieur à celui observé en moyenne chez nos partenaires européens, Allemagne compris. Le chômage de masse n’est donc pas une fatalité ni une singularité hexagonale : il est possible de le faire baisser significativement et sans tension inflationniste dans le cadre juridique français, déjà suffisamment flexible.
Cependant, depuis le déclenchement de la grande dépression économique, début 2008, la croissance économique française stagne : de cette date à fin 2016, le rythme annuel moyen de croissance du PIB n’a été que de 0,5 %, loin des 1,3 % nécessaire à la stabilisation du taux de chômage. La forte hausse du chômage est dans ces conditions tout sauf une surprise : à la composante structurelle ­—liée à l’insuffisance ou l’inadaptation de la main-d’œuvre—, s’ajoute une composante keynésienne, due à une insuffisance de la demande.
Lire l'article du Monde.fr

Brève des ASH : Les salariés du secteur social et médico-social prêts à battre le pavé

" mobilisation annoncée, mardi 7 mars, dans le champ sanitaire, social et médico-social, entre l'appel à manifester, lancé par les fédérations CGT, FO et SUD aux salariés du secteur privé non lucratif et de la fonction publique, contre la dégradation de leurs conditions de travail et les coupes budgétaires subies par le secteur et pour la défense de leurs métiers, et le préavis de grève nationale déposé par la CFDT Santé-sociaux.
Acceder aux ASH


Revue de presse du 25 fevrier 2017


La ville intelligente n’aime pas les pauvres !

Dans ce très interessant article du blog Internet-actu (Le Monde) qui montre tout d'abord que le numérique rend la ville beaucoup plus difficilement gouvernable (uberisation, airbnb...), toute une partie est consacrée à des alternatives.
Extrait : "Paul Citron est le directeur du développement de Plateau urbain, une association qui propose d’utiliser temporairement des immeubles vacants. Cette « agence d’occupation temporaire » est notamment à l’origine des Grands Voisins (vidéo), qui de 2015 à fin 2017 a réinvesti le site de l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul dans le 14e arrondissement de Paris, propriété de l’Assistance publique Hôpitaux de Paris (APHP).
La ville de Paris et l’APHP ont proposé à l’association Aurore d’utiliser le site désaffecté de l’hôpital pour créer un espace d’occupation temporaire en attendant le lancement d’un projet immobilier d’écoquartier de 600 logements (dont 50% de logements sociaux) dont les travaux doivent débuter à la fin de l’année.
L’association de lutte contre l’exclusion qui a développé un projet d’hébergement d’urgence de 700 places sur le site s’est associé à Plateau urbain pour compléter l’occupation du site par une mise à disposition d’espaces d’activités pour des acteurs économiques et sociaux venant du monde de l’économie sociale et solidaire, qui peinent parfois à trouver leur place dans la ville classique. Cette occupation au prix des charges a également associé l’association Yes We Camp pour animer les espaces publics du site."
Lire l'article

Rapport 2016 du défenseur des droits

Extrait :"Nos interventions nous ont permis de déposer davantage d'observations devant les juridictions – avec des succès notables comme l'arrêt de la Cour de cassation sur les contrôles d'identité et de lourdes décisions d'indemnisation en faveur de salariés discriminés – et de participer, par avis et par auditions, à de nombreux travaux parlementaires, législatifs ou de contrôle. Nos recommandations générales, nos rapports, nos études, ont constitué autant de propositions de réforme pour le progrès du droit.
Pour autant, et le présent rapport y est largement consacré, l'accès au droit a tendance à reculer dans notre pays.
La grande enquête en population générale réalisée au printemps dernier, dont nous exploitons désormais les résultats détaillés, le démontre amplement. Le non-recours au droit est un phénomène majeur dans notre société. Il s'explique par un certain retrait du service public et particulièrement une réduction des fonctions d'accueil, d'orientation et d'assistance, au profit de procédures numérisées. C'est ainsi que le Défenseur des droits se trouve chargé de rendre effectifs les droits des publics les plus vulnérables, en particulier les plus pauvres, âgés ou handicapés, qui subissent encore davantage ce recul du service public.
Plus profondément, les inégalités entre individus et groupes produisent ellesmêmes ce phénomène de nonrecours.
On le voit en particulier en ce qui concerne la lutte contre les discriminations.
Dans la réalité, elles perdurent ; une proportion réduite de celles et ceux qui les subissent les ressentent comme telles, et un nombre encore plus faible s'adresse à l'une des voies de recours ouvertes par le droit positif.
La faiblesse des politiques publiques de lutte contre les discrminations depuis des décennies n'est pas étrangère à la méconnaissance des réalités et à l'ignorance des procédures. L'intervention, en toute fin de quinquennat, de la loi Égalité et citoyenneté, et les avancées contenues dans la loi de modernisation de la justice, auxquelles le Défenseur des droits a fortement contribué, n'auront pas permis de rattraper le retard. Et d'autant moins que la conduite de la lutte contre les discriminations au sein de la politique de la ville est sûrement une avancée pour les quartiers prioritaires, mais semble laisser en jachère une véritable action de lutte contre les discriminations en tous lieux, pour toutes et pour tous."
Accèdez au rapport

La Cour des comptes demande de réserver l’accès des HLM aux modestes d’entre les modestes

"Un rapport thématique de la Cour des comptes rendu public le 22 février évalue la politique publique du logement social au regard de l’accès des publics modestes et défavorisés. Malgré un excédent de logements sociaux par rapport au nombre de personnes éligibles, le parc social ne permet pas de loger dans des délais raisonnables les publics concernés.
La moitié d’entre eux n’accède pas à un HLM. Le rapport explique cette incapacité par l’inertie du parc social qui freine son adaptation à l’évolution des besoins, par l’inertie de l’occupation qui fige les locataires dans leur logement, par une politique trop tournée vers la construction et trop peu vers une gestion active du parc existant. Pour réorienter la politique publique du logement social, les magistrats de la rue Cambon fixent trois pistes d’évolution : mieux cibler les publics modestes et défavorisés, proposer davantage de logements, notamment sociaux et très sociaux, sans augmenter la dépense publique, et trouver une cohérence au niveau territorial."
Lire l'artile de la Gazette santé-social


Revue de presse du 18 fevrier 2017


Affaire Théo : les brigades spécialisées de terrain au cœur de la tourmente

"Les violences policières présumées à Aulnay ont braqué les projecteurs sur ces "BST", version plus musclée de la police de proximité de l'ère Jospin."
Ce dossier du monde revient sur l'évolution des différentes politiques de police dites de "proximité".On voir dans ce dossier les ravages de "l'alterance" qi consiste à casser ce qu'a fabriqué le guvernement précédent.
C'est l'ocasion de revenir sur le projet initial de police de proximité : "comme le rappelle le sociologue spécialiste de la police Sébastian Roché, auteur de La Police en démocratie (Ed. Grasset). "Pour la première fois, une doctrine policière avait été pensée et édictée. Elle a extrait un certain nombre de policiers des missions classiques de la voie publique et des urgences du 17 police secours", explique-t-il. Les "proximiers", comme on les appelait à l'époque, étaient ainsi affectés à un secteur géographique précis et n'en bougeaient plus. "On envoyait des agents dans chaque petit bout de quartier, on leur disait : 'Toi, tu as tant de rues, et tu y restes !'", raconte à france info Jean-Pierre Havrin, ancien commissaire à Toulouse et initiateur de cette police.
Une autre idée de la proximité
Des policiers "fidélisés" et "polyvalents", avec trois mots d'ordre : "prévention, proximité et coopération", reprend Sébastian Roché, soulignant la dimension de partenariat de la "pol' prox'", qui agissait de concert avec la société civile pour rétablir la sécurité dans ces quartiers. "C'était ambitieux et pas du tout angélique comme façon de procéder, contrairement à ce que l'on croit, fait valoir une cadre de la sécurité publique dans l'est de la France. On n'a jamais joué au foot avec les jeunes et c'était tolérance zéro", ajoute-t-elle. Mais selon cette gradée, cette "révolution culturelle" en termes de sécurité était trop "coûteuse" et gourmande en effectifs."
Lire l'article du monde.fr

«Les modes d’action de la police contribuent à forger la défiance»

"A la différence d’autres pays européens, aucune réflexion n’a été engagée pour rétablir une confiance réciproque entre les forces de l’ordre et la population, pointe le politiste et sociologue Jacques de Maillard.
Le désamour entre police et population
« Le taux de satisfaction de la population vis-à-vis de la police est élevé – plus que celui qui concerne la justice ou le politique –, mais, quand on regarde l’Enquête sociale européenne de 2010-2011, on constate que la police française est plutôt un mauvais élève au sein de l’Europe.
Dans cette enquête, qui comprend des questions sur l’impartialité de la police ou le juste usage de la force, la France figure dans le dernier tiers du classement. En France, 35,1 % des personnes interrogées considèrent que la police ne traite “pas souvent” ou “pas très souvent” les gens avec respect, contre 15,5 % au Royaume-Uni et 14,9 % en Allemagne ; et les sondés considèrent plus souvent que dans les autres pays occidentaux ou développés que la police traite différemment les riches et les pauvres. »
Lire l'article du Monde.fr

Le chaos des prisons britanniques révélé par un reportage-choc de la BBC

"Le ministère de la justice a ouvert une enquête dans une prison privatisée du nord de l’Angleterre dont la gestion a été confiée à la société française Sodexo.
Armé d’une caméra cachée, Joe Fenton, reporter au magazine Panorama, a observé deux mois durant la confusion régnant derrière les murs de la prison d’Acklington, dans le Northumberland (nord de l’Angleterre), où sont détenus 1 348 hommes, parmi lesquels un grand nombre de délinquants sexuels. A la fin de 2013, ce centre pénitentiaire a été entièrement privatisé et sa gestion a été confiée pour quinze ans à la société française Sodexo pour en faire une prison modèle.
Le reporter, qui s’était fait embaucher comme gardien, « n’a pas tardé à prendre conscience de ce que les détenus menaient en réalité la prison ». Parmi les images – floutées – les plus terribles qu’il a rapportées, celles d’un détenu sous l’emprise du « spice », un substitut bon marché au cannabis, les yeux vides et les bras secoués de spasmes. « Pour lui, on a appelé l’infirmière. Mais ce n’est pas toujours le cas. Cela arrive trop souvent », commente le journaliste. Une autre séquence montre un surveillant étendu à terre et pris de convulsions pour avoir inhalé accidentellement du « spice », tant le nuage de fumée est prégnant. Outre des quantités de drogue, des cagoules et des pinces coupantes ont été trouvées dans des cellules pendant le séjour de Joe Fenton à Acklington. Le journaliste évoque les conditions de travail harassantes pendant ses dix heures quotidiennes de service. Chargé dès son arrivée de conduire les déplacements de 70 détenus, il témoigne : « Je ne savais pas vraiment où j’allais et je ne faisais que suivre les détenus. En fait, j’avais l’impression que c’étaient eux qui me conduisaient. » Plusieurs gardiens lui ont confié qu’ils avaient « perdu le contrôle » des lieux et qu’ils ne se sentaient pas en mesure d’affronter les détenus, sachant que les renforts de sécurité seraient trop longs à arriver en cas d’incident. Dans cette prison censée préparer à la réinsertion, la BBC a aussi été témoin d’un atelier d’« employabilité » confié à un prestataire extérieur au cours duquel trois détenus colorisaient le dessin animé Peppa Pig."
Lire l'article du blog police-justice

Conversation avec Bernard Stiegler : « Faire de Plaine Commune en Seine-Saint-Denis le premier territoire contributif de France »

"Un territoire jeune et économiquement très dynamique mais confronté au chômage de masse et aux défis de la mixité sociale et culturelle. C’est ici qu’à la demande de Patrick Braouezec, le président de Plaine Commune, le philosophe Bernard Stiegler initie un projet d’expérimentation inédit et ambitieux : faire de cette communauté d’agglomération – qui réunit neuf villes de Seine-Saint-Denis – un « territoire apprenant contributif ». Y seront menés des projets de « recherche-action » contributive, c’est-à-dire incluant les habitants ; à terme, il s’agira de mettre en place un revenu contributif pour partager différemment la richesse à l’heure où l’automatisation fait vaciller l’emploi. En novembre 2016, les premiers chercheurs ont fait leur rentrée dans le cadre d’une chaire de recherche contributive créée au sein de la Maison des Sciences de l’Homme (MSH-Paris Nord). The Conversation France a rencontré le philosophe pour en savoir plus sur cette initiative, où nouvelles façons de faire de la recherche et réflexion sur ce que le travail sera demain vont dialoguer."
Lire l'article de the conversation

Affaire Penelope Fillon: "si ce scandale avait lieu en Suède, il devrait démissionner"

"Magnus Falkehed, correspondant à Paris pour le journal suédois L'Expressen.
"Une affaire comme celle-ci n'aurait jamais pu avoir lieu en Suède. Cette conception de mener la politique comme une entreprise familiale n'existe pas chez nous. Il n'y a pas cette tradition, bien française, d'employer les membres de sa famille et de les rémunérer sur de l'argent public.
Si ce scandale avait lieu en Suède, François Fillon devrait démissionner. Pour nous, ce genre d'affaire serait une casserole immense. C'est notre conception de la politique. Par exemple, récemment une ministre a été contrôlée positif lors d'un test d'alcoolémie au volant. Même si elle n'avait dépassé que légèrement le seuil autorisé, elle a démissionné dans la foulée. Pratiquement, sans même que les médias n'aient eu le temps de s'emparer de l'affaire.
En Suède, les politiques, et les partis, ont envers eux-mêmes une tolérance proche de zéro. Ils considèrent qu'ils doivent être irréprochables. On ne s'accroche pas à un poste alors que ça peut porter tort au parti. On joue plus collectif. C'est en tout cas ce qu'attendent les électeurs de leurs hommes et femmes politiques."
(...)Un autre aspect de l'affaire Penelope Fillon ne pourrait pas se produire en Suède: ce côté machiste de François Fillon. Quand il dit 'Ne touchez pas à ma femme', 'Attaquez-vous à moi mais pas à ma femme'. C'est comme s'il infantilisait son épouse. En Suède, on aurait demandé tout de suite à ce que la principale concernée s'explique devant les médias et les électeurs. Le silence de Penelope Fillon serait complètement incompréhensible et inacceptable. Cette affaire révèle aussi qu'il y a un grand besoin de nettoyage dans le système politique français, du point de vue des règles et de l'éthique."
Lire la suite sur rmc.bfmtv.com


Revue de presse du 6 fevrier 2017



SOS Méditerranée : "En Libye, les réfugiés sont... par LaProvence

L’Odas veut redonner de l’élan au pacte républicain

"Plus de 600 décideurs de l’action sociale étaient réunis à Angers les 1er et 2 février, à l’occasion des 10es Rencontres de l’Odas.
Objectif : « sortir du discours défaitiste, prendre de la hauteur et redonner de l’élan au pacte républicain ». Car sur le terrain les initiatives se multiplient qui montrent l'engagement des acteurs sociaux. Constatant que la technicité finit parfois par occulter le sens de l'action, l’Odas formalisera ses propositions dans un Livre blanc, remis à chaque candidat à la présidentielle, et présenté le 1er mars prochain.
Accedez au dossier de la Gazette Santé-social

Etudiants et professeurs américains sous le choc après le « Muslim Ban »

"Quelque 17 000 étudiants, en majorité iraniens, seraient concernés par le décret anti-immigration de Donal Trump. Les universités multiplient les messages d’alerte et de solidarité.
Lire l'article du Monde.fr

Une révolution dans l’éducation ?


Accèder au site de Céline Alvarez


Revue de presse du 31 janvier 2017


Places de la République 8 Visites et comptes rendus

L'émission "les Pieds sur terre" propose une immersion de longue durée dans trois lieux de la république.
"Places de la République", c’est la façon dont la république fonctionne - ou pas - dans trois institutions, trois services publics emblématiques : un lycée (Auxerre), un hôpital (Die), un tribunal (Marseille). Huitième épisode d'une série au long cours.


La fondation Abbé-Pierre expose 15 axes pour sortir de la crise du logement

"Le 22e rapport annuel sur le mal-logement en France de la fondation Abbé-Pierre, dévoilé ce mardi 31 janvier 2017, est un « rapport constructif et offensif », selon son délégué général. Remises au président Hollande le 27 janvier, les quelque 400 pages tirent un bilan mitigé de son quinquennat. Les chiffres du mal-logement, préoccupants, restent en outre en dessous de la réalité. Le rapport se veut toutefois pédagogique.
Les candidats aux élections présidentielles venus à sa présentation publique auront entendu les quinze solutions pour mettre fin, en cinq ou dix ans selon les territoires, au fléau du mal-logement : le logement d’abord et l’accueil digne des migrants, la transparence et la justice sociale dans l’attribution des HLM, la construction de logements accessibles aux ménages modestes, la mobilisation du parc privé, la garantie universelle des loyers et leur encadrement, la sécurisation de l’accès à la propriété, la révolution fiscale et la réquisition de la planification urbaine, la mobilisation des habitants, des intercommunalités, de l’État et l’Europe.
Lire le dossier de la Gazette Santé-social

Marcel Gauchet : "Le XXIème siècle ne sera pas une promenade de santé"

A "l’occasion de la Nuit des Idées, France Culture consacre une journée spéciale aux idées dans la vie politique. Comment se recompose en France et ailleurs le débat intellectuel ? Inspire-t-il les politiques ? Quels sont les nouveaux clivages idéologiques ? Y a-t-il encore des valeurs universelles ?
Des crises au désenchantement, pour tenter de comprendre où va "Le Nouveau monde", La grande table (France Culture) invite Marcel Gauchet pour la dernière étape d'un long travail sur l'avènement de la démocratie qu'il a entamé il y a 10 ans. Le quatrième et dernier tome sort aujourd'hui chez Gallimard. Pour le philosophe et historien, si le modèle démocratique européen est fatigué, il n'est pas périmé et mérite au contraire d'être réinventé. La démocratie moderne n'est pas figée, elle s'est toujours nourrie de ses contradictions, elle s'est construite en apprenant à dépasser les crises qui la secouent."

« Affaire Penelope Fillon » : comprendre le déroulé de l’enquête

Cet article du Monde explique remarquablement bien le rôle du parquet dans ce type de procédure, ce qu'est une enquète préliminaire, et le pouvoir extraordaire du procureur dans les choix possibles. Pour un crime ou une affaire complexe, la saisine d’un magistrat instructeur est obligatoire, c’est le cas pour 3 % seulement des dossiers. 97 % des quelque 4,5 millions de procédures sont gérées par le parquet. La loi ne fixe aucun délai sur la durée d’une enquête préliminaire. Le procureur peut décider de mettre un terme aux investigations en fonction des avancées de l’enquête."
Lire l'article du monde


Revue de presse du 24 janvier 2017


Refus de soins pour les bénéficiaires de protection sociale (CMU/ACS/AME) : le Défenseur des droits ouvre plusieurs enquêtes

"En décembre 2016, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, a ouvert une enquête suite à des informations mentionnées sur deux sites Internet concernant les pratiques de certains médecins n'acceptant pas les bénéficiaires de la CMU ou de l'AME. Il a constaté ainsi qu'un médecin n'acceptait pas les bénéficiaires de la CMU au motif de l'absence de lecteur de carte vitale tandis qu'un autre médecin indiquait accepter les bénéficiaires de la CMU-C tout en soulignant que les bénéficiaires de l'AME ne sont pas souhaités sans indiquer un motif précis.
L'article L. 1110-3 du code de la santé publique qualifie le caractère illégal de tels refus : aucune personne ne peut faire l'objet de discriminations dans l'accès à la prévention ou aux soins. Le fait d'annoncer publiquement le refus de ces patients, même en les réorientant vers les hôpitaux publics, est contraire aux articles 225-1 et 225-2 du code pénal interdisant les discriminations. Cette pratique est ainsi susceptible de caractériser une discrimination en raison du statut, de l'état de santé ou éventuellement de la vulnérabilité économique des patients concernés.
Début janvier, le Défenseur des droits a été saisi par 3 associations (FNARS, le Collectif inter-associatif de la santé, et Médecins du monde) au sujet du refus de prises de rendez-vous sur un site Internet en ligne pour des patients bénéficiant de la CMU.
En mars 2017, le Défenseur des droits rendra publique une étude financée dans le cadre d'un partenariat avec le Fonds CMU sur « Les pratiques médicales et dentaires, entre différenciation et discriminations. Une analyse de discours de médecins et dentistes » réalisée sous la Direction de Caroline DESPRES."
Une bonne nouvelle dans ce combat du défenseru des droits, est la position très claire du conseil national de l'ordre des médecins : "Refus de soins : l’Ordre va porter plainte contre les médecins annonçant leur refus de prendre en charge des patients attributaires de la CMU-C et de l’AME. L’Ordre des médecins rappelle que le refus de prise en charge de patients attributaires de la CMU-C et de l’AME est déontologiquement et moralement inacceptable".
Lire la suite sur le site du Défenseur des droits
La position du conseil national de l'ordre des médecins

France : espérances de vie à la hausse

"Le dernier bilan démographique de l’Insee, celui de 2016, vient tout juste de paraitre. Ainsi, selon ces toutes dernières estimations, la France comptait au 1er janvier 2017, 66.99 millions d’habitants soit une hausse de 0.4% de la population.
Autre chiffre intéressant, l’espérance de vie à la naissance a de nouveau progressé en 2016 avec 85,4 ans pour une femme et 79,3 ans pour un homme. Détails.
Lire l'article sur senioractu.com

Débats : pour ou contre le revenu universel ?

"Irréaliste selon ses détracteurs, solution d’avenir pour ses partisans, le revenu universel suscite des prises de position radicales, en particulier chez les économistes. « Le Monde » publie, ou republie, les textes que nous avons reçus, ainsi qu’une enquête sur les origines intellectuelles de ce débat."
Lire le dossier du monde.fr

État providence : l’improbable coup de grâce – Pierre Gauthier, ancien directeur général de l’action sociale, ancien président de l’Unaforis

"La vague libérale annoncée porterait-elle le coup de grâce à un État providence décrit depuis longtemps comme moribond ? Pas si sûr.
On ne peut manquer d’être surpris, derrière les coups de menton et les pensums technocratiques, par le flou des propositions et la difficulté à désigner les secteurs qui feront l’objet de coupes. Prudence tactique ? Manifestation d’un réel embarras à tracer les limites au rôle d’un État purement régalien ? Ou conscience que l’État providence est, dans notre pays, un formidable amortisseur de crise.
Pour nos concitoyens il n’est pas cette construction paritaire, « à la scandinave », fruit de la négociation collective, pour redistribuer les fruits d’une croissance durablement en panne mais le prolongement de l’État protecteur.
Dans notre inconscient collectif, le progrès social passe par l’intervention croissante de l’État. Supprimer ou réduire cette protection, au moment où la crise du lien social se traduit mécaniquement par une demande de plus d’État, de plus de services collectifs, leur paraîtrait, toutes tendances confondues, proprement insensé.
Les conséquences de la crise, en termes financiers, de santé, d’ordre public, sont encore devant nous. Alors le « social » peut-il « rendre » des ressources sur l’autel des grands équilibres économiques mais au risque de déséquilibres sociaux amplifiés ? Et jusqu’où ira la technique du « rabot » qui sera probablement à nouveau utilisée face à une crise durable des financements. On peut penser qu’une certaine continuité l’emportera sur la tentation de la rupture.
Acceder à la Gazette Santé-social


Revue de presse du 16 janvier 2017


La loi égalité et citoyenneté adoptée


Le projet de loi porté Patrick Kanner, ministre de la Ville, en collaboration avec Emmanuelle Cosse, ministre du Logement, et Ericka Bareigts (alors, secrétaire d'État à l'Égalité réelle), a été définitivement adopté par le Parlement, le 22 décembre 2016.
  • Le titre I  crée les conditions de la généralisation d’une culture de l’engagement citoyen tout au long de la vie et renforce la priorité jeunesse du Gouvernement ;
  • Le titre II de la loi engage des mesures dans le domaine du logement pour favoriser le vivre-ensemble et lutter contre les phénomènes de ségrégation territoriale ;
  • Le titre III consacre et crée de nouveaux droits au bénéfice de l’ensemble des citoyens.

Lire la suite sur Gouvernement.fr

APB : quand les préjugés font bifurquer l’avenir des jeunes

Un mélange de bienveillance maladroite, de stéréotypes et de défaitisme pousse parfois les élèves de milieux populaires vers des filières non adaptées à leur potentiel.
« Je ne parle pas de discrimination parce que celle-ci n’est pas avérée, mais j’ai été hyperdéçue. Tu te sens les épaules pour assurer ce parcours, et on ne croit pas en toi ! » Sarah, jeune Parisienne studieuse originaire du Maghreb, avait des notes moyennes en seconde, et une grande envie de poursuivre vers le droit, via un bac général.
Pourtant, au conseil de classe de fin d’année, le verdict tombe : ce sera une première technologique pour elle, alors que ses amies qui ont des notes similaires partent vers la voie générale et une filière littéraire. Résignée à préparer un bac STT, qu’elle obtiendra avec mention, l’adolescente refuse ensuite d’enchaîner sur un BTS. « Je suis allée en fac de droit, j’ai passé ma vie en bibliothèque, et finalement j’ai obtenu mon master 2 », sourit-elle. Elle a, depuis, endossé la robe noire d’avocate, comme dans ses rêves de gamine.
L’histoire de Sarah n’est pas isolée. « A niveau scolaire égal, les professeurs ont tendance à orienter les élèves de milieu favorisé en seconde générale et les élèves de milieu défavorisé en seconde professionnelle », avec un biais supplémentaire pour les jeunes d’origine étrangère, constate le défenseur des droits, Jacques Toubon, dans un rapport de ­novembre 2016. Les enfants d’ouvriers représentent ainsi 36 % des effectifs des filières professionnelles et seulement 15 % de ceux du général.
Lire l'article du monde.fr


Revue de presse du 10 janvier 2017


Dossier spécial ODAS

Dans le cadre de recherches dans le champ de la protection de l'enfance, régulièrement je suis frappé par la qualité de rapports de l'ODAS, par exemple La place des parents dans la protection de l'enfance, ou Protection de l’enfance : Une plus grande vulnérabilité des familles, une meilleure coordination des acteurs
L'ODAS est l'observatoire national de l'action sociale et vise à articuler les expériences, observations, analyses des très nombreux et très différents acteurs de l'action sociale.
"La démarche de l’ODAS repose sur une double conviction :
  • Le partage de l’observation et de la réflexion constitue une condition essentielle d’efficacité que ce soit entre niveau national et niveau local, entre acteurs publics et acteurs associatifs, entre niveau de collectivités locales, entre élus et fonctionnaires, entre décideurs, hiérarchie intermédiaire et travailleurs sociaux...
  • L’observation n’a de sens que si elle est se concrétise dans l’action : en diffusant le plus largement possible les résultats de ses travaux, l’ODAS contribue à l’évolution des stratégies, des organisations, des outils, des pratiques..."

télécharger la plaquette de l'ODAS
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ODAS : développement social et protection de l'enfance

"Après être revenu sur les fondements, les objectifs du développement social mais aussi sur les acteurs qui y sont nécessairement impliqués et les conditions de la mise en œuvre d’une véritable ingénierie favorisant son imprégnation dans les pratiques, le Jas, en collaboration avec l’Odas, entend dessiner ce que sa déclinaison au cœur des politiques sociales pourrait changer. Après le soutien à l’autonomie, nous aborderons ici la protection de l’enfance.
Ce que nous avons tenté d’expliciter ces six derniers mois dans ce long décryptage consacré au développement social résonne tout particulièrement dans le champ de la protection de l’enfance. Car la consolidation du lien social constitue indéniablement l’un des principaux boucliers pour protéger l’enfant. Dans cette perspective, l’objectif pour le travail social réside donc bien dans sa capacité à agir sur l’environnement des familles pour les sortir de leur isolement. Revue de détail des changements nécessaires."
Extrait : "Dédramatiser le soutien à la parentalité
En effet, dans une conjoncture où tout change – la structuration de la famille, le lien à l’emploi, les relations de voisinage, la diffusion non maîtrisée des nouvelles technologies – la responsabilité éducative se concentre de plus en plus sur les seuls parents. On peut alors comprendre la nécessité de leur offrir la possibilité d’accéder à un soutien.
Ce soutien est dorénavant organisé dans notre pays et de nombreuses études témoignent de l’utilité des actions mises en place. C’est le cas de nombreux rapports qui permettent de mieux comprendre le rôle respectif des réseaux d’écoute, d’appui et d’accompagnement des parents (Reaap), du contrat local d’accompagnement à la scolarité (Clas), des lieux d’accueil enfant-parent (LAEP), du programme de réussite éducative, sans oublier bien évidemment les actions éducatives familiales contre l’illettrisme, la médiation familiale, le parrainage de proximité…
Reste que cette dynamique, mise en œuvre depuis une quinzaine d’années, s’avère trop diversifiée avec un maillage territorial très incomplet. Ce qui ne surprend pas, car la multiplicité des dispositifs est entretenue par la multiplicité des décideurs, dont diverses administrations de l’État, l’administration départementale, l’administration communale, les CCAS… Faute d’un pilotage unifié, la segmentation des réponses s’enracine, avec le risque de redondance des offres éducatives et leur absence de lisibilité. Ce qui est particulièrement néfaste, car les parents ne vont pas tous spontanément rechercher un lieu pour résoudre les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans l’éducation de leurs enfants. Il est souvent nécessaire d’attirer leur attention vers l’existence d’aides extérieures."
Réinventer la relation à l’école
Un enjeu fondamental est que "l’école (avec ses enseignants) accepte de s’assumer comme l’un des principaux espaces de socialisation, et donc d’observation des enfants. C’est en effet par l’école que l’on peut, en dernier ressort, repérer les enfants en difficulté. C’est par l’école que l’on peut informer les parents, sans stigmatisation, de tout ce qui est mis en œuvre localement pour les épauler. C’est enfin par l’école que l’on peut requérir, si besoin est, l’appui de professionnels aux profils diversifiés (enseignants mais aussi travailleurs sociaux) pour mieux comprendre les déchirures de l’enfant et lui offrir un soutien éducatif personnalisé. "
Accedez au site de l'ODAS


Revue de presse du 27 decembre 2016


Les médias sociaux et les "fake news"

Le Brexit et l'élection présidentielle américaine ont mis en évidence l'intensité d'un problème démocratique majeur : les "fake news", fausses nouvelles en français, ont plus de succès que les vraies : "Dans les trois mois précédant l'élection, les articles basés sur de fausses informations ont ainsi déclenché plus de réactions que ceux publiés par 19 grands médias, selon une analyse des 20 posts ayant eu le plus de succès réalisée par BuzzFeed.
"Les recherches universitaires montrent que « les gens partagent surtout des informations qui provoquent une réponse émotionnelle, sans considération pour la crédibilité de celles-ci."
L'article suivant, du journal les échos, pointe la responsabilité des médias sociaux, et particulièrement de Facebook (1,8 milliard d'utilisateurs !) : "Ses algorithmes font de l'engagement avec le contenu (partages, « likes », commentaires) le principal critère de son apparition sur le « newsfeed » (flux de nouvelles). Car plus le contenu est addictif, plus la personne se connecte régulièrement et est exposée à des publicités.
Ainsi, "le fonctionnement des réseaux sociaux pousse leurs utilisateurs à s’enfermer dans la bulle de leurs opinions personnelles, en ne recherchant, et ne retenant, que ce qui vient conforter ces opinions. Et même s’ils ne sont pas prisonniers d’Internet, des millions de gens sont prêts à croire n’importe quoi, comme en témoigne la force des rumeurs.
De ce fait, "n’importe qui peut tenir pour avéré ce qui ne l’est pas, si, et quand, cela va dans le sens de ses opinions, et de ses convictions profondes. Ce mouvement est-il irrésistible ? Le souci de la vérité est-il en train de s’estomper de façon irrémédiable ? La post-vérité représenterait-elle l’horizon indépassable de la vie publique ?
Un enjeu essentiel devient donc le développement d'un esprit critique quant aux sources des informations, et aussi de lutter contre l'industrie des fausses nouvelles.
Anais Moutot (auteure de l'article) cite "Giovanni Luca Ciampaglia, chercheur spécialiste de cette question à l'université de l'Indiana, l'entreprise (Facebook) devrait s'inspirer de la réussite de Wikipedia, où le « crowdsourcing » permet d' « éliminer les distorsions et les mensonges évidents en quelques minutes ». Ce travail de repérage pourrait aboutir à des avertissements sur la fiabilité d'une page ou d'un article."
Cela ouvre des pistes interessantes de participation citoyenne à l'information et de lutte contre le développement de la "paranoia sociale", dont parle Jean Furtos,"une méfiance à tendance généralisée, l’un des signes les plus sérieux de la précarité qui fait perdre aux membres d’un groupe la confiance mutuelle nécessaire pour vivre en société.".
Lire l'article des échos
Jean Furtos et la notion de "paranoia sociale"

Entre revenu disponible et dépenses pré-engagées : combien reste-t-il aux bénéficiaires de revenus minima garantis ?

"Les ménages ne disposent pas totalement librement de leur revenu disponible, une partie étant déjà pré-engagée pour certaines dépenses. En 2011, les ménages de France métropolitaine consacrent ainsi un peu plus du tiers de leur revenu disponible à des dépenses pré-engagées. Cette part est supérieure pour les ménages bénéfi ciaires de revenus minima garantis : elle s’élève à 42 % en 2012, selon l’enquête sur les bénéfi ciaires de minima sociaux menée par la DREES.
Le poste principal des dépenses pré-engagées est le logement (y compris remboursements d’emprunts immobiliers), qui représente 29 % du revenu disponible des ménages bénéfi ciaires de revenus minima garantis et 19 % de celui de l’ensemble des ménages de France métropolitaine.
Une fois les dépenses pré-engagées déduites du revenu disponible, la moitié des personnes vivant dans un ménage bénéfi ciaire de revenus minima garantis disposent d’un revenu arbitrable par unité de consommation mensuel inférieur à 500 euros. Si l’on déduit en outre de ce montant les dépenses alimentaires, un bénéfi ciaire sur deux se retrouve avec moins de 330 euros par mois et par unité de consommation."
Accedez au site de la DRESS

Baromètre 115 - Hausse inquiétante des jeunes sans-abri

La Fédération des acteurs de la solidarité (anciennement FNARS) publie aujourd’hui les résultats du baromètre 115 qui étudie les demandes et les réponses du numéro d’urgence durant le mois de novembre 2016 dans les 45 départements de l’échantillon.
Avec 12 846 personnes jamais hébergées en novembre, en augmentation de 12 % sur un an, ce sont 53 % des appelants au 115 qui n’ont pas obtenu de solution d’hébergement. L’ouverture trop tardive des hébergements, en nombre insuffisant, et l’absence de sortie vers le logement expliquent cette situation critique dans un grand nombre de métropoles.
Situation très critique des jeunes à la rue
Sans RSA avant leurs 25 ans, les jeunes sans emploi et en rupture familiale sont parmi les plus touchés par la situation économique actuelle et certains d’entre eux, de plus en plus nombreux, n’ont d’autre recours que d’appeler le 115 pour trouver un toit.
Le baromètre 115 montre que les jeunes de moins de 25 ans concernés par une demande d’hébergement ont même augmenté de 11% depuis le mois de novembre 2015. S’ils ne représentent que 16 % des appelants au 115, ce public particulièrement fragile et vulnérable est en voie de paupérisation. Parmi les jeunes isolés qui sollicitent le 115, seul un sur deux arrive à obtenir une place d’hébergement.
La saturation du parc d’hébergement pour l’ensemble du public est manifeste dans plusieurs départements et à Paris où le nombre de demandes restées sans solution a augmenté de 61%, faute de places disponibles dans les hôtels et les centres d’hébergements d’urgence de la capitale alors que les appels au 115 augmentent."
Accedez au site de la FNARS

FNARS : "INVESTIR DANS LA SOLIDARITÉ : AGISSONS ENSEMBLE !"

Les associations de solidarité le constatent tous les jours : les inégalités se durcissent : l’exclusion se reproduit de génération en génération, les pauvres sont de plus en plus pauvres. De nouvelles pauvretés s’étendent : les jeunes, les femmes seules avec enfants, les travailleurs pauvres, les laissés-pour- compte du chômage de longue durée et, bien sûr, les migrants. Au même moment, la solidarité est remise en cause : des sondages préoccupants le soulignent : le sentiment de solidarité s’étiole chez une partie des Français. Le débat sur l’assistanat envahit le champ politique : les pauvres ne chercheraient pas à s’en sortir car les prestations sociales, trop libéralement distribuées, ne les y inciteraient pas, voire se complairaient dans leur situa- tion ou abuseraient des dites prestations. Les migrants fuyant la violence ou la misère ne sont pas, quant à eux, déclarés bienvenus quand ils ne sont pas purement et simplement assimilés à des délinquants ou des terroristes."
Lire la lettre de la FNARS

Loi Égalité et citoyenneté : la République comme idéal

La loi égalité et citoyenneté vient d'être votée.
"C’est pour mettre fin à l’« apartheid territorial, social et ethnique » évoqué après les attentats par Manuel Valls en janvier 2015 et les comités interministériels tenus sur le thème que le projet de loi « Égalité et citoyenneté » (Plec) a vu le jour. Objet d’une procédure accélérée, le texte doit faire la preuve, à quelques encablures de l’échéance présidentielle, d’un projet de gauche.
Trois objectifs ont été fixés : raffermir le pacte républicain en donnant corps à l’engagement citoyen, légiférer sur la mixité sociale dans les logements en rééquilibrant les populations dans les quartiers, et enfin lutter contre le racisme et les discriminations pour instaurer une véritable égalité entre les citoyens."

Le logement social en pivot du pacte urbain

"L’ambition du gouvernement pour le projet de loi Égalité et citoyenneté (PLEC) est double : répondre à l’« apartheid territorial, social et éthique » après les attentats de 2015 et prouver un engagement à gauche avant les élections de 2017.
Le texte, qui doit absolument être adopté et promulgué avant la fin de cette année, fait l’objet d’une procédure accélérée.
Patrick Kanner, le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, a d’ailleurs annoncé, mi-octobre, que « le travail de rédaction des décrets d’application a débuté ». L’enjeu est éminemment politique et le travail des assemblées en est fortement marqué. Les parlementaires se livrent à un jeu d’ajouts et de suppressions, qui, au final, débouchera peu ou prou sur la version voulue par le gouvernement. Les sénateurs examineront encore une fois le texte avant Noël mais les députés auront le dernier mot.
Casser la ghettoïsation
Le titre II du texte sur la mixité des chances et l’égalité des chances dans l’habitat vise à « casser la ghettoïsation », selon Emmanuelle Cosse, la ministre du Logement. Un quart des logements sociaux situés dans les quartiers non prioritaires devra être attribué aux demandeurs les plus pauvres."
Lire le dossier de la Gazete santé-social
Lire le projet de loi

L’hébergement d’urgence pris au piège des nuits d’hôtel

Les hôtels bon marché représentent 35 % de la capacité d’hébergement d’urgence en Ile-de-France. Une solution pratique mais coûteuse, dont il est difficile de sortir.
Un soir de décembre, dans les couloirs du mal nommé Hôtel Moderne d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Nadia Mekacher, en mission d’inspection avec deux collègues, frappe à chaque porte : « Bonjour, c’est le SAMU social de Paris. » Leur but : vérifier le bon fonctionnement de l’eau chaude, du chauffage ou des fenêtres, mais aussi l’absence d’humidité, de cafards, de punaises… L’accueil du gérant de cet établissement un peu vieillot mais correct, avec douche et WC à l’étage, est cordial. Le SAMU social est son principal client.
Le 115 d’Ile-de-France loue, chaque nuit, 12 000 chambres dans 550 hôtels de ce genre pour accueillir des familles sans abri, les centres d’hébergement n’étant pas du tout adaptés à ce public. L’énergique directrice du SAMU social de Paris, Christine Laconde, a décidé de passer en revue, entre novembre et décembre, l’ensemble de ce parc. Un tour de force qui mobilise tous ses salariés, administratifs compris.
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse du 19 decembre 2016


L'asile pas à pas : les premiers mois en France

"La France s’est engagée à relocaliser 32 000 réfugiés de Syrie, d’Irak et d'Érythrée en 2 ans. Comment les choisir ? Comment les accueillir ? La série de France Culture (4 épisodes) suit pas à pas, mois après mois, l’itinéraire d'une famille de réfugiés et les coulisses de leur nouvelle vie française.
Accedez à l'émission et au dossier de France Culture

DALO : 40 propositions pour améliorer son application

Marie-Arlette Carlotti, présidente du Haut Comité pour le Logement des Personnes Défavorisées (HCLPD) et du Comité de suivi de la loi Droit au logement opposable (Dalo) a remis, le 13 décembre 2016, un rapport de mission sur l’effectivité du droit au logement opposable à la ministre en charge du logement. L’objectif de la mission était d’obtenir une vision d’ensemble du fonctionnement des commissions de médiation, ainsi que de dresser le bilan de l’accès au logement des ménages reconnus au titre du Dalo en particulier à travers l’utilisation du contingent préfectoral.
Le rapport se concentre sur les 14 départements les plus concernés par les difficultés de relogement des ménages prioritaires : Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Haute-Garonne, Oise, Paris, Seine-et-Marne, Yvelines , Var, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne, Val-d’Oise et Guyane.
Malgré l’aggravation de la crise du logement, le nombre de ménages reconnus au titre du Dalo est en baisse depuis 2014. Pour expliquer cette évolution paradoxale, le rapport pointe les dysfonctionnements des commissions de médiation (COMED) chargées de l’instruction des recours. Celles-ci pratiquent une politique restrictive d’attribution qui dissuade de nombreux ménages. Le rapport considère que le droit au logement opposable est finalement peu sollicité. En outre, l’offre de logements destinée aux ménages bénéficiaires du Dalo n’est que partiellement mobilisée. Les données du Répertoire du parc locatif social (RPLS) ne sont pas fiables alors qu’elles sont censées identifier les logements sociaux et leurs réservataires par département. De plus, la mission a pu constater, dans certains départements, un contingent préfectoral inférieur à ce que prévoit les textes (en principe, 25% de l’ensemble du parc social ayant fait l’objet d’un financement par l’État).
Voir le dossier sur le site Vie Publique

Le non-recours à la Couverture maladie universelle Complémentaire. Enquête auprès de populations précaires

"Alors que le nombre de bénéficiaires de la Couverture Maladie Universelle Complémentaire (CMU-C) continue de s’accroître (+ 3,5 % des effectifs entre décembre 2014 et décembre 2015), le taux de non-recours en métropole est estimé entre 23 et 36 % en 2014. Puisque 5,3 millions de personnes ont des droits ouverts la CMU-C en 2015, cela pourrait donc être le cas aussi pour 1,5 à 3 millions de personnes supplémentaires, notamment parmi les populations les plus précaires. Créée en 2000, cette complémentaire santé gratuite a pour ambition de jouer un rôle protecteur en permettant aux personnes disposant de faibles ressources d’accéder aux soins. En effet, les ménages dont les ressources sont inférieures à un certain plafond (au moment de l’enquête : 720 € par mois pour une personne seule, 1 100 € pour deux personnes, etc.) et qui résident en France depuis au moins trois mois y ont accès gratuitement.
Accedez au dossier du fonds CMU

Débats sur la laïcité en Suisse



Police et population : pour des relations de confiance

"La confiance que les citoyens ont dans la police est une condition de sa légitimité et donc de son efficacité. Présidé par Jacques de Maillard, ce groupe de travail propose quatre postulats et six axes de réformes qui pourront redonner du sens à l’action policière et réconcilier durablement les Français avec leur police." Extrait : "La philosophie de ce travail peut d’abord se décliner en quatre postulats.
  • Premier postulat : une police légitime (ou une police en laquelle on a confiance) est une police qui se fait plus facilement obéir par le public. Certes, la police peut et doit pouvoir utiliser la contrainte physique pour se faire obéir mais une police qui use systématiquement de la force est une institution paradoxalement faible, a fortiori dans un État démocratique.
  • Deuxième postulat : une police légitime est une police avec laquelle les citoyens sont plus enclins à coopérer, à laquelle ils sont susceptibles de donner des informations, parce qu’ils ont confiance dans la façon dont elle va les utiliser.
  • Troisième postulat : une police légitime est une police capable de susciter de l’adhésion et de l’identification collective à une communauté symbolique. Service public véritablement continu (dans le temps) et généraliste (sur le territoire), la police, et la façon dont elle traite les individus, contribue notamment à définir les sentiments d’appartenance à la communauté nationale.
  • Quatrième, et dernier postulat : une police légitime est un signe de bonne santé démocratique et un indice de la qualité des relations gouvernants/gouvernés."

Accedez au rapport de Terra Nova


Revue de presse du 10 decembre 2016


"Enquête PISA : les élèves français dans la moyenne", mais...

"Les enquêtes sur l’école passent, et le diagnostic ne varie pas : notre système éducatif est profondément inégalitaire. S’il sait produire une élite, il se révèle incapable de résorber son « noyau dur » d’élèves en échec scolaire, qui sont principalement issus de milieux défavorisés. Une fois de plus, l’enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis) à propos des élèves à 15 ans, réalisée en 2015 et rendue publique par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), mardi 6 décembre, fait de la France l’un des pays où le déterminisme social est le plus fort. Et ce, en dépit des alternances politiques et des réformes successives.
Le score moyen français cache toutefois de très fortes disparités : 118 points séparent le résultat de l’enfant « bien né » de celui d’origine très modeste. Le premier a obtenu en moyenne 558 points aux tests ; le second seulement 441 points. C’est l’un des écarts les plus forts parmi les 72 pays ou économies qui ont participé à l’enquête. L’OCDE le dit autrement : « Le milieu socio-économique explique en France plus de 20 % de la performance obtenue par les élèves de 15 ans, contre seulement 13 % pour la moyenne des pays de l’OCDE. »
Lire l'article du Monde.fr

Le logement,la concentration des riches, des pauvres, et la ségrégation scolaire




Institut Montaigne : Un islam français est possible

"Le fondamentalisme religieux se diffuse avec vigueur sur notre territoire pendant que s’exacerbent les polémiques autour de l’inscription des signes d’appartenance islamique dans l’espace public, suscitant crispations et angoisses. Ces peurs sont renforcées par une méconnaissance générale des musulmans de France, de leurs aspirations et de leurs pratiques religieuses.
Qui sont-ils ? Quels rapports entretiennent-ils avec leur religion ? Quelles sont les croyances qu’ils partagent ?
Aujourd’hui, le discours sur l’islam et l’image de l’islam sont très largement fabriqués par les tenants d'un islam rigoriste, voire autoritaire. Dans leur majorité, les musulmans de France ne se sentent pourtant pas représentés par cet islam-là.
Le portrait de cette majorité silencieuse que dresse l’Institut Montaigne est inédit. La méconnaissance dont elle est l’objet s’explique en grande partie par la difficulté à connaître précisément la sociologie de la population musulmane vivant en France. C’est pour y porter remède qu’une enquête pionnière, à la méthodologie solide et rigoureuse, a été conduite avec l’Ifop.
(...) Le portrait des musulmans de France tel qu’il ressort de cette enquête décrit une réalité très contrastée. La première, à rebours de beaucoup d’idées reçues, est qu’il n’y a ni "communauté musulmane", ni "communautarisme musulman" unique et organisé. Il existe des Français de culture et de confession musulmane, dont le sentiment d’appartenance à la communauté musulmane est avant tout individuel : peu d’engagement associatif au nom de l’islam ou encore la faiblesse d’un sentiment de destinée collective.
(...) La structure socioprofessionnelle de la population qui se définit comme musulmane dans cette enquête est marquée par une surreprésentation des milieux populaires et des populations éloignées de l’emploi. Elle compte près de 25 % d’ouvriers, contre 13,1 % dans l’échantillon global, et les 38 % d’inactifs contre moitié moins dans l’échantillon global."
Lire l'étude de l'Institut Montaigne


Revue de presse du 03 decembre 2016


A Marseille, recrudescence des violences autour des écoles


"Une chamaillerie entre élèves du lycée professionnel Poinso-Chapuis dans les quartiers Sud de Marseille a conduit, jeudi 1er décembre, à la mort d’un adolescent de 16 ans. Atteinte de deux coups de couteau, l’un porté à l’épaule et l’autre profondément asséné à la carotide, la victime est presque morte devant l’établissement, à l’heure où des centaines d’élèves quittaient leurs cours. Quarante-huit heures plus tôt, une altercation avait opposé deux lycéens de Poinso-Chapuis, se disputant l’occupation d’un casier.
Jeudi, à la sortie des cours, les deux garçons, dont l’un avait reçu l’appui de deux copains venus du lycée professionnel Léonard-de-Vinci (au centre de la ville), en sont arrivés aux mains. Dans cette rixe, c’est l’un de ces deux « accompagnateurs » qui a été mortellement touché, mais, a précisé le procureur de la République de Marseille Xavier Tarabeux, l’enquête n’avait pas établi, vendredi 2 décembre, qui possédait l’arme. Celle-ci a d’ailleurs disparu de la scène de crime alors que l’auteur des faits, attendu par sa mère à la sortie des classes, est demeuré sur place et s’est laissé interpeller par l’équipage de police secours.
(...) Selon un chef d’établissement, les coups portés aux réseaux de stupéfiants installés dans plusieurs cités déstabiliseraient l’économie de familles, entraînant des conflits entre microréseaux qui se reproduiraient également à l’intérieur des lycées et collèges.
La litanie des règlements de comptes – vingt-huit morts cette année –, leur banalisation, ne sont pas sans impact : « Lorsqu’un jeune est tué dans une cité voisine, nos élèves connaissaient la victime, la côtoyaient, c’est leur vie, note Dominique Duperray. Ces assassinats, ces trafics créent des tensions, et nos élèves, naturellement, les apportent avec eux au collège. »
Lire l'article du Monde.fr

Accès gratuit au psychologue, une arme contre le mal-être des ados

"Le président de la République, François Hollande, a lancé officiellement le 29 novembre le plan « Bien-être et santé des jeunes ». Avec l’objectif que les enfants et les adolescents, entre 6 et 21 ans, puissent se trouver bien dans leur corps, mais surtout dans leur tête.
Un des messages fondamentaux en santé publique, relayé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans ses différents plans d’action, est : « Pas de santé sans santé mentale », pour reprendre les mots du professeur britannique d’épidémiologie psychiatrique Martin Prince, de l’Institut de psychiatrie de Londres. À travers ce plan, le gouvernement semble bien aller dans ce sens, en annonçant une mesure phare : la gratuité des consultations chez les psychologues pour les jeunes, sur prescription d’un médecin, avec le « Pass santé jeunes ». "
Lire la suite sur the conversation
Présentation du plan d’action "Bien-être et santé des jeunes"

Denis Lacorne : "Ce concept de tolérance que la France a oublié"

"Dans le stimulant « Les Frontières de la tolérance », l’historien interroge le rapport des Français aux minorités.
Américaniste et historien de renom, auteur notamment de De la religion en Amérique (Gallimard, 2007), Denis Lacorne endosse dans son nouvel ouvrage, Les Frontières de la tolérance, le rôle de l’essayiste. Il traverse avec érudition les époques et les pays pour confronter différents modèles de coexistence religieuse, tout en s’exprimant sur un ton personnel pour interroger la France et son rapport aux minorités.
Lire l'article du Monde.fr

De vieux drogués mis au pilori sur Facebook




Revue de presse du 25 novembre 2016


Fausses informations en ligne : les adolescents « facilement dupés », selon une étude

"Alors que la question des fausses informations circulant en ligne a fait l’objet d’une polémique après l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, l’université de Stanford (Californie) a publié, mardi 22 novembre, le résumé d’une étude à paraître sur le niveau de vigilance des adolescents et des jeunes adultes en la matière ; elle a été relayée par le Wall Street Journal. Constat : ceux-ci sont rarement capables de distinguer le vrai du faux.
« La capacité de raisonnement des jeunes sur l’information en ligne peut être résumée en un seul mot : désolante », peut-on lire dans l’introduction de cette étude, menée auprès de 7 804 élèves et étudiants, du collège à l’université, entre janvier 2015 et juin 2016. « Nos “digital natives” sont peut-être capables de passer de Facebook à Twitter tout en publiant un selfie sur Instagram et en envoyant un texto à un ami, mais quand il s’agit d’évaluer l’information qui transite par les réseaux sociaux ils sont facilement dupés. »
L’image comme preuve
Pour parvenir à cette conclusion sévère, les chercheurs ont donné une série d’exercices à des jeunes gens, avec un niveau de difficulté différent selon les classes d’âge.
Ils ont par exemple montré à des lycéens une publication diffusée sur le site de partage d’images très populaire Imgur. On y voit une photo de pâquerettes déformées, avec pour titre : « Les fleurs nucléaires de Fukushima ». Les adolescents étaient invités à répondre à la question suivante : « Est-ce que cette publication apporte des preuves solides concernant l’état de la zone entourant la centrale de Fukushima ? Expliquez votre raisonnement. »
Arguant que la photo faisait office de preuve solide, 40 % d’entre eux ont répondu par l’affirmative. Moins de 20 % ont questionné la source de la photographie ou de la publication. Un quart a estimé que cette publication n’apportait pas de preuve solide, car elle ne montrait que des fleurs, et pas d’autres types de plantes affectées ou des animaux."
Lire l'article du Monde.fr

Un plan de lutte contre les violences faites aux femmes mieux doté

"L’effort est notable dans un contexte de morosité budgétaire. Alors que la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes a lieu vendredi 25 novembre, la ministre des droits des femmes, Laurence Rossignol, a présenté, mercredi 23, un nouveau plan de lutte contre les violences faites aux femmes, doté d’un budget en augmentation. Environ 125 millions d’euros seront consacrés à ce plan élaboré pour trois ans, dont 40 millions nouvellement affectés. Le dernier avait été doté de 66 millions.
Ce nouveau plan poursuit les mesures engagées. Environ 350 nouvelles places d’hébergement viendront s’ajouter aux 1 550 déjà réalisées. Le sujet est capital, car la mise à l’abri est indispensable pour les femmes et difficile à réaliser pour les associations qui les aident. Autre priorité, la formation des professionnels amenés à rencontrer les femmes battues, qui sera amplifiée : médecins, infirmiers, magistrats, policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers…
Lire l'article du Monde

L’ÉTAT DE LA PAUVRETÉ EN FRANCE 2016

"Le Secours Catholique-Caritas France publie jeudi 17 novembre son Rapport statistique annuel, avec le soutien de la Fondation Crédit Coopératif. À partir de l’observation sur le terrain de plus de 85 000 situations (sur les 1 463 000 personnes accueillies en 2015), l'association rend compte de l’évolution de la pauvreté en France et propose des solutions."
Extrait : "Le nombre de familles en situation de précarité avec des enfants – familles monoparentales surtout, mais pas uniquement – continue d’augmenter. Les plus pauvres d’entre elles expriment plus que d’autres des besoins d’écoute : la pauvreté n’est pas seulement matérielle et l’isolement est de plus en plus durement ressenti.
De nouvelles familles, plus proches du seuil de pauvreté, n’arrivent plus à joindre les deux bouts entre maigres ressources et dépenses contraintes croissantes. Enfin, la proportion d’étrangers en situation de précarité rencontrés par le Secours Catholique augmente fortement alors que leur nombre reste quasiment stable en France. Cela concerme leur précarisation croissante dans notre pays."
Accédez au rapport


Revue de presse du 18 novembre 2016


Publication du décret d'application de la loi du 14 mars 2016 réformant la protection de l'enfance

Plusieurs décrets d'application de la loi du 14 mars viennent d'être publiés. Deux sont particulièrement importants : le référentiel du projet pour l'enfant, sensé est un outilunique tout au long des différents lieux d'accueil de l'enfant, donc au service de sa stablité ; et le décret sur l'accueil durable et bénévole de l'enfant par un tiers.
D'autres décrets sont encore en atente, celui sur la "Composition et fonctionnement de la commission pluridisciplinaire chargée d’examiner la situation des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance depuis plus d’un an"; et celui sur les visites médiatisées, dites "visites en présence d'un tiers"...Concernant ce dernier décret, il est probable qu'il imposera aux juges de réserver ce dispositif aux situations de danger avèré.
Acceder à l'échéancier de la loi
Lire le référentiel du projet pour l'enfant (PPE)
Voir l'Article D221-16 du CASF sur "l'accueil durable et bénévole de l'enfant par un tiers"

Rapport annuel 2016 consacré aux droits de l'enfant : "Droit fondamental à l’éducation : une école pour tous, un droit pour chacun"

"Le rapport aborde les sujets ressortant le plus fréquemment des saisines reçues par l'institution et relatives aux difficultés de scolarisation des enfants, au sein de l'école publique. Il vise à faire progresser l'effectivité des droits des enfants grâce à des recommandations concrètes et opérationnelles à destination du gouvernement, des ministères de l'Education nationale et de la Justice, ainsi que des collectivités territoriales.
Plusieurs constats peuvent être relevés :
  • L'accès à l'école n'est pas un droit effectif en France pour tous, en particulier pour les enfants les plus vulnérables.
  • L'école peine à garantir le respect de la singularité et de l'individualité de ces enfants.
  • L'effet des inégalités sociales et territoriales et des discriminations perdure, voire s'accroît.
Pour que l'école de demain ne laisse pas des enfants sans possibilité d'accès à l'école, pour que nul ne se voit refuser le droit à l'instruction et à un avenir conforme à ses aspirations, le Défenseur des droits formule trente recommandations concrètes et opérationnelles parmi lesquelles :
  • L'obligation de l'inscription de tous les enfants dans les écoles du premier degré par les maires ou les préfets.
  • l'adoption de dispositions particulières au sein des règlements intérieurs des aires d'accueil des gens du voyage afin de permettre des dérogations à la durée maximale de stationnement, lorsque les enfants sont scolarisés.
  • L'obligation pour les conseils départementaux d'assurer un accès effectif à une scolarité ou à une formation professionnelle à tous les mineurs non accompagnés dont ils ont la charge, y compris lorsqu'ils sont âgés de plus de 16 ans.
  • L'obligation pour les présidents des conseils départementaux et les présidents des conseils régionaux qui assumeront la compétence « transport » dès janvier 2017 de prendre en charge les frais de transport d'un enfant handicapé.
  • L'adoption de toutes les mesures nécessaires en Outre-Mer pour lever les barrières à l'accès à l'éducation et rendre ce droit pleinement effectif dans l'accès et le maintien à l'école, notamment par le renforcement des investissements afin de développer la scolarisation précoce (développement de l'offre d'enseignement et du transport scolaire, multiplication des internats dans les grandes villes).
  • L'effectivité de l'inclusion scolaire pour les enfants handicapés, dans le temps scolaire et hors temps scolaire.
  • Le renforcement des mesures prises pour lutter contre les inégalités sociales et territoriales ainsi que le décrochage scolaire.
  • Le développement des actions de prévention des ruptures de scolarité pour les enfants confiés à l'aide sociale à l'enfance, les enfants hospitalisés (à domicile ou dans les structures de soin), les enfants en conflit avec la loi (centres éducatifs fermés, quartiers pour mineurs), les enfants vivant dans des campements illicites menacés d'expulsion, les enfants handicapés, les enfants étrangers.
  • Le rapport propose également qu'une sensibilisation des jeunes aux notions fondamentales de droit fasse partie du socle commun de compétences et de connaissances afin de les préparer à devenir des citoyens actifs et responsables."
A retenir : "Trop d'enfants aujourd'hui se sentent exclus par l'institution scolaire et nourrissent des sentiments d'injustice et de rejet, de perte de confiance et d'estime de soi à cause de parcours scolaires chaotiques et non respectueux de leur dignité et de leurs projets."
Accedez au rapport

Saint-Brieuc offre aux SDF une alternative à la manche

"Saint-Brieuc développe avec les publics en errance une expérience de travail payé à la journée. En partant de l’expression de leurs besoins pour offrir des solutions adaptées…
Depuis juin 2016, le nettoyage du marché de Saint-Brieuc et des rues avoisinantes est assuré tous les mercredis, en coopération avec les services techniques, par un groupe d’une dizaine de jeunes sans domicile fixe. À l’issue de leurs deux heures de travail, ils reçoivent un salaire en espèces, des mains de leur employeur, l’association intermédiaire Armor Emploi, mandatée par la mairie locale.
« Comme dans beaucoup de villes moyennes, on assiste à une augmentation des publics en errance. Les travailleurs sociaux, qui sont en lien avec eux, peuvent leur trouver des solutions d’hébergement temporaire ou d’accueil de jour, mais pas de solutions définitives de logement et d’emploi », explique Jocelyne Chauwin (2), directrice générale adjointe (DGA) à la cohésion sociale et à la citoyenneté de la mairie de Saint-Brieuc.
La mairie a alors entamé une réflexion à partir de l’expérience de travail alternatif payé à la journée (Tapaj), une idée venue du Québec et qui a essaimé en France il y a deux ans, mais qu’elle a voulu adapter à la situation locale.
« Notre idée était de construire simplement et efficacement un nouveau mode d’action avec tous les partenaires locaux, en lien avec les jeunes SDF, et avec les usagers eux-mêmes », poursuit la DGA. « On voulait créer un déclic chez eux, sans les forcer à pointer dans une entreprise. On leur a demandé : si on vous propose du travail, qu’est-ce que vous faites ? »
La mairie a mis les encadrants de ses services de nettoyage à disposition, en les formant à l’accueil des jeunes. L’agglomération de Saint-Brieuc a participé au montage financier. Le Trait d’union, centre d’accueil pour les jeunes, a noué le premier contact et a fait cette proposition de travail à dix-neuf jeunes en juin dernier et dix-sept ont accepté de démarrer le nettoyage du marché.
Lire l'article de la gazette santé-social
Un article de la revue VST sur le travail alternatif payé à la journée (Tapaj)

Un monde où les classes moyennes salariées ne seront plus aussi solides qu’avant

"Sans doute l'essai de sociologie le plus riche et déprimant de l'année, «La spirale du déclassement» de Louis Chauvel veut nous faire passer un message: faute de sortir du déni, le déclassement des classes moyennes va se poursuivre jusqu'à un niveau politique préoccupant."
Dans cet article, l'analyse de la baisse de valeur des diplômes("pourquoi votre diplôme ne vaut rien") est associée à celle du doublement de la valeur de l'immobilier depuis 2000 ("pourquoi vous ne pourrez pas acheter la maison de vos parents"). A salaire moyen égal, le fait d'hériter ou pas est une différence majeure : "Si la France reste une société de classes moyennes avec son coefficient de Gini, indicateur utilisé pour mesurer les inégalités, faible comparé à celui de ses voisins, la nouvelle donne patrimoniale bouleverse cette représentation d’une société bien tassée autour de la moyenne. Ce retour du rôle du patrimoine «dans la vraie vie des vraies gens» nous explique Chauvel, est la véritable clé du retour des inégalités, «en particulier pour les jeunes, parce que s’ils n’ont pas de patrimoine ils sont morts. Enfin, ça sera dur pour eux.»"
Lire l'article sur slate.fr


Revue de presse du 10 novembre 2016


Les quatre enseignements de l'élection américaine pour la campagne présidentielle française

"Il y a comme un goût de 21 avril ce matin : des sondeurs largués, des médias ridiculisés, des mines sidérées. Un 21 avril américain, sans deuxième tour de rattrapage. Avec dores et déjà une majorité législative, puisque le Sénat et la chambre des représentants sont tenus par les Républicains. Plusieurs enseignements : d'abord on évoquait hier ce désir autoritaire : les résultats montrent ce matin que ces électeurs tentés par un régime dur sont allés jusqu'au bout de leur vote. Et pas uniquement dans les bastions républicains du grand Sud. Tout comme la percée de Marine Le Pen dans le Nord, aux régionales, avait occulté qu'elle progressait fortement dans d'autres territoires, y compris dans les tranquilles régions du Centre et de l'Ouest.
Ensuite, quelle formidable défaite pour les médias et sondeurs. Dans cette élection, rien n'est plus vieux qu'un sondage de la veille. Il suffit de regarder les courbes et les graphes publiés à quelques heures de la clôture du vote pour se rendre compte du carnage statistique.
Certes, il s'agit peut-être d'un vote de colère rentré, difficilement mesurable. Mais c'est aussi l'échec sociologique d'un journalisme trop enfermé sur la - très démocrate - côte Est. Une bulle qui tombe des nues ce matin. Comme un journalisme trop parisien avait failli puis défailli le 21 avril 2002 en France."


Lire l'article de France culture

"Quand les élites rejettent le peuple" par Christian Chavagneux

"Le vote pour le Brexit au Royaume-Uni, la place annoncée au deuxième tour de la présidentielle pour le Front national en France, la montée des partis populistes extrêmes en Europe, Donald Trump choisi par des millions d'Américains comme candidat à la direction de la première puissance mondiale. La cause est entendue : tout cela manifeste le rejet des élites par le peuple.
On pourrait bien sûr s'amuser à rappeler que l'ex-champion du Brexit Boris Johnson sort d'Eaton et d'Oxford, le parcours élitaire britannique classique, que Trump est un milliardaire, etc.
Bref, comme représentants du peuple, on fait mieux ! Mais le problème est plus grave. La cause de ces évolutions politiques délétères se trouve dans un rejet du peuple par les élites politiques et économiques. Dans son "Discours sur l'économie politique", publié en 1755 dans L'Encyclopédie, Jean-Jacques Rousseau nous avait prévenus : "Le plus grand mal est déjà fait quand on a des pauvres à défendre et des riches à contenir." Le travail de Thomas Piketty a mis des chiffres sur une réalité sociale vécue dans de nombreux pays : les riches s'enrichissent vite et les pauvres voient peu de possibilités d'améliorer leur condition. Les études récentes d'autres spécialistes des inégalités, comme Branko Milanovic ou Anthony Atkinson, sont venues confirmer le constat.
Qui est responsable de cette situation ? Les partis conservateurs non seulement s'en moquent, mais ils font même tout pour accentuer la tendance des riches à s'enrichir. Il n'y a qu'à regarder les propositions des candidats aux primaires de la droite française qui promettent moins d'impôts pour les riches et moins de redistribution par l'Etat-providence.
De leur côté, les partis sociaux-démocrates ont abandonné le combat : c'est désormais appartenir à la gauche ringarde et passéiste que de vouloir défendre les pauvres et encore plus de contenir les riches.
Quant aux patrons du CAC 40, payés en moyenne chaque année près de deux siècles et demi de Smic ou soixante-dix ans de la vie active d'un cadre moyen, ils vivent dans un autre monde que celui de la majorité des gens.
Dans la ferveur révolutionnaire montante de 1788, l'abbé Sieyès dénonçait, dans son Essai sur les privilèges, cette volonté de rupture des élites économiques et politiques : "Je le vois, vous demandez moins à être distingués par vos concitoyens, que vous ne cherchez à être distingué de vos concitoyens."
Lire la suite de l'article (revue Alternatives économiques)

Peut-on gagner (et gouverner) sans démagogie ?




Qui croit en Trump ?

"Comment expliquer la conversion des évangéliques américains au discours de Donald Trump ? Interrogeant les habitants d’une petite ville du Midwest, Jessamin Birdsall montre que le ralliement au candidat républicain est le produit d’un compromis idéologique, qui s’enracine dans la peur de communautés perçues comme menaçantes, les musulmans et les LGBT."
Jessamin Birdsall s'est immergée dans cette ville, y travaillant, y menant une cinquantaine d'entretiens et le résultat, étonnant, montre une obsession anti-musulmans et anti-LGTB, avec en arrière plan l'enjeu de la cour suprème. La victoire d'Hyllary Clinton signifierait une victoire des musulmans (beaucoup sont persuadés qu'Obama est musulman, et en tout cas pro-musulman) et des LGBT.
Vingt églises pour 5000 habitants, l'enjeu religieux est omni-présent..
Lire l'article sur la vie des idées


Revue de presse du 2 novembre 2016


La menace populiste



La garantie jeune prolongée jusqu'en 2020

"Depuis 2013, la Garantie jeunes était un dispositif expérimental déployé sur certains territoires et avec un nombre de jeunes éligibles limités sur chaque territoire. On compte 50 000 jeunes entrés en Garantie jeunes depuis le début du dispositif (2013).
Qui sont-ils ?
  • 94 % ne sont ni étudiants, ni en emploi, ni en formation ;
  • Près de 80 % sont très peu qualifiés, ou n’ont aucun diplôme ;
  • 21 % résident dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) ;
  • 18 % n’étaient pas connus des missions locales et ont été orientés par l’Aide sociale à l’enfance, les CHRS, la PJJ, les SPIP, etc."
Après plusieurs années, ce dispositif monte en puissance. Potentiellement 150 jeunes pourraient concernés chaque année.
Lire la présentation sur le site du ministère

Migration - intégration : deux grands enjeux économiques pour le XXIème siècle



Musique brute. Handicap et contre culture

"David est musicien, Antoine éducateur. Depuis 6 ans, sous le nom de BrutPop, ils organisent des ateliers de musique expérimentale/électronique avec des publics autistes ou en situation de handicap. David et Antoine sont ce qu'on appelle des makers ou « bidouilleurs ». Ils utilisent des matériaux peu onéreux et les trafiquent eux-mêmes au sein des hackers-spaces et FabLabs.
Dans ce documentaire réalisé par Mathieu Mastin, VICE les suit dans leurs nombreuses expérimentations, afin de montrer comment le « son », en dehors de sa question purement musicale, peut contribuer à proposer un autre regard sur la maladie et le handicap. Il s'agit également de montrer que la nouvelle économie des FabLabs s'avère d'utilité citoyenne."
Regardez ce remarquable documentaire


Revue de presse du 23 octobre 2016


Calais, vu des deux côtés de la Manche

Cette revue de presse est l'occasion de découvrir un média en ligne qui permet la republication des articles (information « sourcée » et article inchangé) dans d’autres médias nationaux et internationaux : Libération, The Huffington Post, Le Monde, Time, Newsweek, etc.
Les objectifs :
  • Enrichir le paysage de l’information,
  • Eclairer le débat grâce aux universitaires et chercheurs afin qu’ils pèsent davantage dans le débat public,
  • Se démarquer des médias traditionnels en proposant des contenus basés sur l’analyse et la mise en perspective,
  • Diffuser le savoir vers le plus grand nombre.

"Au moment où les autorités françaises démantèlent une énième fois près de Calais un lieu de regroupement de migrants désireux de travers la Manche, Conversation France et Conversation United Kingdom ont décidé d’unir leurs efforts pour analyser cet événement qui concerne directement nos deux pays. Afin de livrer à nos lecteurs, dans leurs langues respectives, une analyse qui ne soit pas unilatérale, manifestant du même coup l’une des raisons d’être de notre réseau : éclairer différemment, et sous un autre angle, l’actualité.
Vu de France : « Le grand raout des autorités continue » Par Olivier Clochard (Migrinter, Université de Poitiers)
Vu d’Angleterre : « Le jour d’après la "jungle", quelle solution à long terme ? » Par Heaven Crawley (Université de Coventry)
Lire l'article du site the conversation

Sur France Culture, une histoire de la psychiatrie moderne



Les raisons pour lesquelles les détenus d'origines étrangères sont surreprésentés en prison

"Dans "Prisons de France", le sociologue Farhad Khosrokhavar a relancé le débat sur la surreprésentation des individus issus de l'immigration en prison.
Les ressortissants étrangers représentent près de 18% des personnes écrouées en France, alors qu'ils ne constituent que 6,4% de la population présente dans l'Hexagone. À la veille de la parution d'une enquête du sociologue Farhad Khosrokhavar, Prisons de France, le quotidien Le Monde a relancé le débat en affichant sur un article au titre sans équivoque : "Pourquoi les enfants de l’immigration sont surreprésentés en prison ?". Les chiffres communiqués par le contrôleur général des prisons démontrent en effet que les personnes d'origines étrangères sont trois fois plus nombreuses en prison.
Dans son enquête, Le Monde énumère plusieurs facteurs pouvant expliquer cette anomalie statistique. On observe en effet que les détenus d'origines étrangères sont sensiblement plus représentés dans les maisons d’arrêt - réservées à la détention provisoire et aux peines inférieures à deux ans - et dans les établissements pour mineurs, où leur proportion atteint 29%. Selon le sociologue Laurent Mucchielli, cité par Le Monde, il s'agit de la conséquence d'une politique pénale "socialement discriminante". Les auteurs d'actes de petites délinquances ont beaucoup plus de chances d'écoper de peines de prison ferme que des fraudeurs fiscaux.
Une discrimination sociale qui se confessionnalise derrière les barreaux
D'autre part, à délit équivalent, le risque de peine de prison ferme est huit fois plus important pour une personne jugée en comparution immédiate, ce qui arrive trois fois plus souvent à une personne née à l'étranger. Enfin, Laurent Mucchielli soulignent trois facteurs qui expliquent la surreprésentation des populations issues de l'immigration en prison : la sphère familiale (et plus particulièrement les fratries nombreuses), l’échec scolaire et les quartiers défavorisés.
Le rapprochement entre les origines étrangères et leur confession, avec l'islam en ligne de mire, est difficilement justifiable. Il convient de souligner cependant que "les conditions sociales se culturalisent, se confessionnalisent" confie Farhad Khosrokhavar. "
Lire l'article de RTL.fr
Lire : "La sociologie de la radicalisation : entretien avec Farhad Khosrokhavar".
Lire : "Enquête sur l'islam carcéral : paroles de détenus et de surveillants".

Allez voir ma vie de courgette !



Revue de presse du 14 octobre 2016


Rapport à Madame Ségolène Neuville sur le schéma directeur global des formations

"Madame Ségolène Neuville a reçu mardi 11 octobre 2016, le premier rapport de la Commission professionnelle consultative du travail social et de l’intervention sociale dans le cadre de la réflexion engagée sur la réforme des diplômes du travail social.
Cette démarche est au cœur du Plan d’action en faveur du travail social et du développement social, qui vise à valoriser et renforcer l’action des professionnels du travail social auprès des plus fragiles (personnes âgées, en situation de handicap ou d’exclusion sociale, mais aussi jeunes enfants), afin de favoriser leur autonomie et leur émancipation.
Le rapport propose un cadre de réflexion en vue de la modernisation des modalités et des contenus des formations et préconise notamment :
  • la valorisation de quatre grandes filières professionnelles (éducative, sociale, familiale et managériale) permettant de clarifier le rôle et les missions du travail social au sein de notre société, et de renforcer l’attractivité du secteur tout en préservant pleinement les spécificités de chacun des métiers du travail social ;
  • l’élaboration d’un socle commun de compétences éthiques, techniques et transversales permettant de renforcer la culture commune des professionnels et de favoriser le travail en réseau, mais aussi les mobilités professionnelles ;
  • le passage des diplômes de niveau III en niveau II en lien avec la reconnaissance universitaire au niveau licence, sans pour autant créer à ce stade de nouveaux diplômes de niveau 3."

"La revalorisation :
Cette revalorisation prévoit à la fois :
  • la réingénierie de cinq diplômes de niveau III en niveau II du RNCP (mesure n° 15)
  • le reclassement en catégorie A des professionnels du travail social de la fonction publique : pour majeure part relevant de la fonction publique territoriale, mais pas exclusivement (protection judiciaire de la jeunesse par exemple) et relevant actuellement de corps et de cadres d’emplois aujourd’hui classés en catégorie B (mesure n° 13)"

Lire l'article de la gazette santé-social
Lire le rapport

La Cour des comptes plaide pour le décloisonnement des acteurs pour mieux accompagner les jeunes

"La Cour des comptes a rendu public le 5 octobre un rapport sur les difficultés d’accès à l’emploi des jeunes. Malgré les presque 19 milliards d’euros dépensés en aides diverses, le résultat est décevant. Pour pallier ces insuffisances, la cour recommande de moins recourir aux contrats aidés, de rediriger partie de leurs financements vers la Garantie Jeune, les dispositifs de deuxième chance et les formations en alternance.
Elle soutient la création d’une instance partenariale unique pour mettre en œuvre un accompagnement contractualisé et personnalisé. Un premier pas vers une vraie politique de la jeunesse ?
Taux de chômage (23,7 %) deux fois plus élevé que pour les autres catégories de la population, accès à un contrat de travail à durée indéterminée à l’âge moyen de 27 ans, les 16-30 ans ont visiblement un problème avec l’emploi.
La Cour des comptes s’est penchée sur leurs difficultés et a diffusé le 5 octobre 2016 un rapport et sept cahiers territoriaux sur le thème « Construire des parcours, adapter les aides ».
Trois handicaps spécifiques
Les « caractéristiques structurelles du marché de l’emploi français » impactent l’accès à l’emploi des jeunes. Mais les 16-30 ans sont aussi victimes, selon le rapport, de trois handicaps spécifiques : l’insuffisance de la formation initiale, son inadéquation aux besoins des entreprises et l’absence de contact préalable suffisant avec le monde du travail.
Handicaps renforcés en cas d’absence de qualification, d’origine immigrée ou de résidence dans les territoires urbains et ruraux les plus défavorisés."
Lire le dossier de la Gazette santé-social


Revue de presse du 07 octobre 2016


Le phénomène Trump

Le référendum sur le Brexit n’aura-t-il été qu’un premier avertissement, presque sans frais celui-là, comparé au tsunami que constituerait une victoire de Trump au scrutin du 8 novembre ? » Le professeur au King’s College de Londres estime que si tel devait être le cas ces deux votes successifs résulteraient d’un même « mélange explosif de peur et de nostalgie ». « Ce n’est plus l’« économie », mais l’« identité » qui domine les esprits. Le triptyque sécurité-souveraineté-identité l’emporte sur toute autre considération, y compris la prospérité.» "



François Dubet : La déségrégation face à la logique du système

"Le sociologue François Dubet, spécialiste des questions d'éducation, revient sur le dernier rapport du CNESCO (Voir la revue du 30 septembre) portant sur les inégalités scolaires et migratoires, ainsi que sur l'électrochoc qu'il a suscité. Il s'inquiète du climat autour de l'école avec notamment des candidats à la primaire de la droite qui défendent des visions passéistes et qui pourraient utiliser ce rapport pour appeler à revenir en arrière.
Comment expliquez-vous de telles réactions alors que les faits sont largement connus ?
Il faut bien voir que la publication de ce rapport intervient dans un contexte détestable. On assiste à une vague idéologique sur l'école, extrêmement conservatrice, consistant à dire : " Rien ne marche, nos résultats sont mauvais, revenons au bon vieux temps, à la sélection précoce des élèves..." Avant, lorsque vous critiquiez, cela débouchait sur : " Il faut changer l'école ". Aujourd'hui, cela nourrit le discours sur la nostalgie d'une école passée.
Bien sûr, le rapport du CNESCO ne s'inscrit pas dans cette vague, mais il est pris dans le tourbillon. La surréaction sont vous parlez est à replacer dans ce cadre. Concernant la réaction des enseignants, notamment ceux des établissements difficiles, il faut comprendre : ils se donnent un mal de chien et on leur dit ça que cela ne sert à rien. Or ce n'est pas à cause d'eux. Le problème est que l'on n'a jamais franchi le pas d'une véritable politique d'investissements dans l'éducation prioritaire.
Inégalité de ressources
Vous partagez le constat de l'inefficacité de l'éducation prioritaire ?
Dès les premiers rapports sur le sujet qui remontent à 15-20 ans, on a montré que mettre des moyens supplémentaires ne changeait rien à la pédagogie. Il faut dire que dans les ZEP devenues REP, on a seulement 1,5 élèves de moins par classe.
De plus, on a créé de multiples dispositifs mais sans changer le coeur du travail pédagogique. Or cela n'a pas d'effet si vous sortez de la classe des élèves en difficulté, que vous les prenez à côté, puis que vous les y remettez.
On sait aussi depuis des années qu'au collège, on enseigne la moitié du temps, et qu'à cause des problèmes de discipline, c'est encore moins que cela dans les établissements difficiles.
On se gargarise en disant : " On donne plus à ceux qui ont moins ". Mais la Cour des comptes l'a montré (2): le mécanisme compensatoire n'affecte pas l'inégalité des ressources entre établissements chics et pas chics. Avoir 3 classes européennes dans un collège de centre-ville compense très largement les quelques moyens supplémentaires alloués au collège difficile.
Le rapport de Jean-Paul Delayahe sur la pauvreté à l'école pointe aussi la disproportion entre les fonds alloués aux classes préparatoires et ceux bénéficiant aux enfant défavorisés."
Lire l'interview du café pédagogique
Lire le rapport "Grande pauvreté et réussite scolaire : le choix de la solidarité pour la réussite de tous"


Revue de presse du 30 septembre 2016


INÉGALITÉS SOCIALES ET MIGRATOIRES : COMMENT L’ÉCOLE LES AMPLIFIE ?

Le CNESCO (conseil national d'évaluation du système scolaire) vient de publier un rapport sur "la fabrique des inégalités à l'école".
Le Cnesco a mobilisé 22 équipes de chercheurs français et étrangers (sociologues, économistes, didacticiens, psychologues). Ce travail collectif, jamais accompli en France, permet de mesurer et de comprendre l’ampleur et les formes réelles des inégalités sociales et migratoires et comment l’école française fabrique de l’injustice scolaire.
Le rapport du Cnesco tend à montrer que les inégalités sociales à l’école empruntent des formes multiples : inégalités de traitement dans les ressources d’apprentissage dont les élèves disposent réellement à l’école, inégalités dans leurs résultats scolaires, inégalités sociales dans les orientations, dans les diplômes et même dans le rendement des diplômes sur le marché du travail.
L’école hérite d’inégalités familiales mais produit, en son sein, à chaque étape de la scolarité des inégalités sociales de natures différentes qui se cumulent et se renforcent.
A retenir :
  • La France fait partie des pays de l’OCDE dont le niveau des élèves défavorisés baisse le plus entre 2003 et 2012.
  • Sur 4h de français par semaine annoncées en classe de 3e, le temps d’enseignement effectif serait de 2h30 en éducation prioritaire, 2h45 hors éducation prioritaire et 3h dans le privé.
  • Un tiers des élèves disent se sentir en insécurité au sein de leur collège d’éducation prioritaire.



Accedez au site du CNESCO
Telechargez le rapport

LA DISCRIMINATION A L’ENTREE DES ETABLISSEMENTS SCOLAIRES PRIVES : LES RESULTATS D’UNE EXPERIENCE CONTROLEE

"Chaque année, l’Etat et les collectivités territoriales allouent un budget non négligeable au financement de l’enseignement privé élémentaire et secondaire sous contrat (respectivement 6 663 et 1 483 millions d’euros en 2008). Parmi les contreparties figure pour ces établissements l’obligation de respecter le principe de non-discrimination. « Tous les enfants sans distinction d'origine, d'opinion ou de croyances, y ont accès » prévoit la Loi Debré de 1959."
Trois chercheurs,Thomas BRODATY, Loïc du PARQUET, Pascale PETIT, ont cherché à verifier si ce principe était bien respecté et ont envoyé deux dossiers fictifs aux 4269 établissements privés. L'un des dossier est envoyé par un père dont le nom a une consonnance française, alors que l'autre a une consonnance maghrebine. Le résultat de cette enquète montre une discrimination dans 18% des établissement, et qui se traduit soit par plus de non réponses, soit plus de refus, soit par des rendez-vous demnadés à l'un des pères et pas à l'autre.

Lire le résumé de l'étude

RECONNAITRE ET VALORISER LE TRAVAIL SOCIAL - Un Rapport et 23 Propositions

Ce rapport de Mme Brigitte Bourguignon vient mettre un coup d'arrêt au projet de la Commission Professionnelle Consultative (CPC) de réunir les métiers de niveaux 3 en travail social dans un diplome unique :" « L’objectif de cette mission était de rendre compte des besoins et des contraintes du travail social aujourd’hui. Elle s’inscrivait à la suite des Etats Généraux du Travail social, dans un contexte d’inquiétudes et de blocages suite à ce qui est apparu trop vite comme un projet de réforme des formations initiales en travail social, voire de disparition des diplômes à la suite d’un des rapports et présenté à la Commission Professionnelle Consultative en décembre dernier."
Lire la suite sur le site OASIS

Rapport de l'IGAS, les jeunes de 16 à 29 ans

"Les jeunes de 16 à 29 ans représentent une population hétérogène de 11 millions de personnes en France.
Cette population s’est profondément transformée depuis le milieu des années 80 : accès élargi à l’enseignement supérieur et prolongation de la durée des études, multiplication des stages, allongement de la période conduisant à l’obtention d’un emploi stable marquée par l’extension d’un « chômage d’insertion » persistant et par un turn-over sur les emplois à durée déterminée, développement des emplois aidés et des situations intermédiaires entre formation initiale et activité.
Ces évolutions ont conduit à un allongement fort de la durée de la jeunesse (désormais comptabilisée par les statisticiens de 16 à 29 ans) et à une diversification forte de ses statuts d’autonomie professionnelle donc résidentielle et familiale.
Les jeunes de 16 à 29 ans connaissent des problématiques sociales particulières, variables à la fois selon leur niveau d’éducation, leurs trajectoires professionnelles et le type de soutien dont ils peuvent ou non béné cier de la part de leur famille et de leurs proches :
• le risque de connaître des difficultés d’accès à l’emploi ou un chômage répété constitue le risque majeur que rencontre cette classe d’âge dans les circonstances actuelles de notre société. Ce risque présente trois caractéristiques :
  • il est très différencié entre des jeunes qui accèdent à un emploi stable très rapidement, des jeunes dont la trajectoire vers cet emploi est plus heurtée, des jeunes qui n’arrivent pas à cet emploi ;
  • on assiste à une polarisation croissante de ces différences enfonction du parcours scolaire et du diplôme, eux-mêmes largement corrélés au milieu social;
  • ce risque est enfin sujet à d’importantes fluctuations conjoncturelles: les jeunes sont, à la hausse comme à la baisse, les premiers touchés par les variations de l’activité économique et ils ont subi, de façon particulièrement marquée, les effets de la crise économique de 2008-2009, qui a exacerbé les difficultés d’insertion des plus fragiles."

Lire le rapport de l'IGAS

Rue 89 : "La réforme de l’allocation de rentrée plonge des familles dans le désarroi".

"En cette rentrée 2016, les parents des enfants confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) ne reçoivent plus l’allocation de rentrée scolaire. Elle sera versée sur un compte bloqué. Une mauvaise nouvelle pour les parents qui ne peuvent pas compenser cette perte. Quant aux associations, elles déplorent une mise en œuvre effectuée dans la confusion générale."
Lire l'article de Rue 89


Revue de presse du 23 septembre 2016


L'enquète de l'institut Montaigne sur les musulmans de France

"Le profil des musulmans de France est aujourd’hui trop mal connu. Afin de pallier ce déficit, l’Institut Montaigne a conduit avec l’Ifop une enquête pionnière auprès des musulmans vivant en France, sans la restreindre aux personnes immigrées ou issues de l'immigration. Cette étude constitue une avancée essentielle dans la connaissance de leur profil social, de leurs attitudes et de leurs aspirations. L’analyse de ces données inédites a été réalisée par Antoine Jardin, docteur en science politique et ingénieur de recherche au CNRS."
(...) La structure socioprofessionnelle de la population qui se définit comme musulmane dans cette enquête est marquée par une surreprésentation des milieux populaires et des populations éloignées de l’emploi. Elle compte près de 25 % d’ouvriers, contre 13,1 % dans l’échantillon global, et les 38 % d’inactifs contre moitié moins dans l’échantillon global.
Le profil social des musulmans en activité souligne une exposition relativement forte aux formes d'emploi précaires (CDD, intérim, temps partiel). Pour autant, on voit aussi émerger une classe moyenne et supérieure : 10 % de professions intermédiaires et 5 % de cadres et professions intellectuelles supérieures parmi les musulmans de religion ou de culture."
L’analyse méthodique des résultats permet d’identifier trois groupes :
  • la « majorité silencieuse », groupe composé de 46 % des sondés. Leur système de valeurs est en adéquation avec la société française, qu’ils contribuent d’ailleurs à faire évoluer par leurs spécificités religieuses ;
  • les « conservateurs ». Groupe plus composite, ils composent 25 % de l’échantillon et sont au cœur de la bataille politique et idéologique que les propositions de notre rapport doivent permettre de conduire et de remporter. Fiers d'être musulmans, ils revendiquent la possibilité d'exprimer leur appartenance religieuse dans l'espace public. Très pieux (la charia a une grande importance pour eux, sans passer devant la loi de la République), ils sont souvent favorables à l'expression de la religion au travail, et ont très largement adopté la norme halal comme définition de "l'être musulman". Ils rejettent très clairement le niqab et la polygamie et acceptent la laïcité ;
  • les « autoritaires » forment le dernier groupe, soit 28 % de l'ensemble. Ils sont majoritairement jeunes, peu qualifiés et peu insérés dans l'emploi. Ils vivent dans les quartiers populaires périphériques des grandes agglomérations. Ce groupe se définit davantage par l'usage qu'il fait de l'islam pour signifier sa révolte vis-à-vis du reste de la société française que par son conservatisme.

Accedez à l'étude

Soins dentaires : la Cour des comptes s’alarme du « désengagement » des pouvoirs publics

"Restes à charge élevés, renoncements aux soins, territoires délaissés… Six ans après avoir sévèrement critiqué la prise en charge des soins dentaires en France, la Cour des comptes tire de nouveau la sonnette d’alarme. Depuis 2010, la situation s’est même « aggravée », fait-elle valoir. Dans son rapport annuel sur la Sécurité sociale, publié mardi 20 septembre, la Cour dénonce le « désengagement » et « l’attentisme » des pouvoirs publics dans le secteur et les appelle à prendre des mesures fortes."
Regrettant une « érosion continue » des prises en charge par l’Assurance-maladie, la Cour constate que celle-ci ne rembourse que 33 % des 10,6 milliards d’euros de dépenses dentaires. Les assurances complémentaires en financent 39 % et les assurés 25 %. Ce reste à charge élevé aurait poussé en 2012 près de 4,7 millions de patients à renoncer à des soins prothétiques, les soins les plus coûteux. Conséquence : l’état de santé bucco-dentaire de la population française est « médiocre ».
Lire l'article du monde.fr
Lire le rapport de la cour des comptes

L’Odas invite les départements à refonder leurs modes d’intervention sociale

"Inspiré d’une recherche-action menée avec dix-huit départements et d’une étude, l’Observatoire national de l’action sociale vient de rendre un rapport sur le développement social et la nécessaire adaptation des modes d’intervention sociale. Il insiste sur l’importance d’une approche transversale des besoins, sur la territorialisation, et sur la nécessité d’une bonne observation qui doit devenir une priorité départementale. Autant de points qui nécessitent de redéfinir le rôle des professionnels dont seulement 6% du temps est aujourd’hui consacré aux actions collectives."
Dans un contexte où les dépenses liées aux allocations (RSA, APA, etc.) représentent 46 % des dépenses nettes d’action sociale, contre 13 % il y a trente ans, de moins en moins de crédits sont alloués aux innovations sociales.
Le risque, pour l’Observatoire national de l’action sociale (Odas), serait que les départements se restreignent aux seules fonctions gestionnaires au lieu de « développer les interventions précoces afin d’éviter l’aggravation des difficultés ». D’où la nécessité pour les départements de « refonder leurs modes d’intervention sociale ».
C’est l’ambition du développement social qui « propose de consolider la solidarité de droits par le développement d’une citoyenneté active et la revitalisation des solidarités naturelles » (famille/voisinage…), via des initiatives de tous ordres : culturelles, éducatives, festives ou encore sportives.
Le rapport défend d’abord une approche plus transversale des besoins, et donc un décloisonnement des services (médicosociaux, sociaux, et au-delà). L’objectif : articuler davantage les politiques sociales et celles de l’aménagement, de la culture, du développement économique, de l’éducation, et dépasser la logique de « publics » pour une approche par projet, à travers des « problématiques » : autonomie, enfance/famille, insertion/lutte contre la pauvreté. Cette évolution est déjà en cours, mais elle mériterait d’être renforcée selon l’Odas, notamment du côté des PMI qui persisteraient dans une « logique de publics […] au détriment d’une logique de prévention globale ».
Le rapport insiste aussi sur l’intérêt d’une direction unifiée, sur un territoire, pour impliquer les élus dans la définition des orientations sociales et éviter la « dispersion des responsabilités » ou la logique « de silos » (enfance, personnes âgées…). Et de remarquer que les élus ayant engagé des initiatives concrètes sur le développement social sont souvent ceux qui ont une délégation globale sur la solidarité.
Lire l'article de la gazette santé-social
Lire le rapport "les départements à l'épreuve du réel


Revue de presse du 16 septembre 2016


Etude la DRESS sur l'Aide sociale à l’enfance : 55 000 enfants et adolescents hébergés en établissements

"Les maisons d’enfants à caractère social (MECS), les foyers de l’enfance, les pouponnières, les villages d’enfants et les lieux de vie hébergent, en 2012, 55 000 jeunes, en dehors de leurs sections d’accueil mère-enfant. Disposant de 59 400 places d’accueil, ces établissements financés par l’aide sociale à l’enfance (ASE) sont donc occupés à 93 % à cette date. Fin 2008, ils disposaient de 52 800 places hors sections d’accueil mère-enfant et accueillaient 48 800 jeunes (92 % d’occupation).
Les MECS reçoivent près des trois quarts des jeunes, soit 41 100 personnes. Les foyers de l’enfance en hébergent 9 400, les lieux de vie 2 500, les villages d’enfants 1 300 et les pouponnières 700.
Les foyers de l’enfance et les MECS, ainsi que quelques lieux de vie, proposent également 1 300 places dans des sections d’accueil mère-enfant. Fin 2012, ces structures hébergent près de 1 000 personnes, dont la moitié sont des enfants"
Deux tiers des placements font suite à une mesure judiciaire confiant l’enfant à l’ASE. Les mesures administratives représentent un quart des placements.
Avant leur prise en charge dans un établissement de l’ASE, la moitié des enfants ou adolescents vivaient avec leurs parents ou chez un proche. à leur sortie, quatre enfants sur dix y retournent, deux sur dix sont orientés vers un autre établissement de l’ASE, un sur dix habite chez un assistant familial et 8 %, parmi les plus âgés, obtiennent un logement personnel ou accompagné. Deux tiers des enfants béné cient encore d’un suivi à leur sortie de l’établissement.
Entre 6 et 16 ans, de 90 % à 95 % des enfants accueillis sont scolarisés, contre 98 % dans la population générale. Fin 2012, 54 % des enfants de 11 ans, en âge d’être au collège, sont encore dans une classe du premier degré.
Accedez au dossier de la DRESS


Revue de presse du 7 septembre 2016


48 millions d’enfants migrants ou déplacés de force dans le monde

"Près de cinquante millions d’enfants ont traversé les frontières ou ont été déplacés de force, avance l’Unicef, le Fonds des Nations unies pour l’enfance, dans un document publié mercredi 7 septembre et intitulé « It’s about Child ». Quelques jours avant l’Assemblée générale des Nations unies qui s’ouvre à New York le 13 septembre et la réunion des chefs d’Etat « pour gérer les mouvements massifs des réfugiés et des migrants », une semaine plus tard, l’organisme veut attirer l’attention sur l’urgence concernant les enfants."
Lire l'article du monde
Lire le rapport de l'UNICEF

Les Français renoncent de plus en plus aux soins, particulièrement les plus démunis

"Le Secours populaire français a présenté les résultats de son dixième baromètre, réalisé par Ipsos, sur la perception de la pauvreté par les Français. Si les Français sont de plus en plus nombreux à se dire exposés à la précarité, ce n’est plus seulement aux loisirs qu’ils renoncent mais également désormais aux soins médicaux. Et les plus démunis sont les plus touchés. La loi de modernisation de notre système de santé a prévu des mesures telles que la généralisation du tiers payant ou des tarifs sociaux pour les bénéficiaires de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé. Mais le Secours populaire reste sceptique et attend de voir les mesures concrètes pour en évaluer les impacts."
La crise financière et économique de 2008 a aggravé la pauvreté des Français et accentué leurs difficultés à affronter leurs dépenses quotidiennes. C’est ce que révèle, sans surprise, le 10e baromètre du Secours populaire français (SPF) réalisé par Ipsos.
En 2016, 55 % des personnes interrogées jugent que leur vie est menacée par la pauvreté. Plus inquiétant encore, 38 % parmi elles ont vécu de telles situations (chiffre en augmentation de 3 % par rapport à 2015). Enfin, 83 % parmi elles considèrent que les générations futures sont davantage exposées à la pauvreté.
Cependant, ce n’est plus seulement aux vacances ou aux activités culturelles que renoncent les Français, mais également aux soins médicaux. « Le baromètre reflète ce que nous constatons au quotidien dans nos permanences d’accueil, de solidarité et relais-santé. Depuis quelques années, nous assistons aux difficultés croissantes des Français à se soigner. C’est pour cela que nous avons mis cette thématique en exergue », témoigne Julien Lauprêtre, président du SPF.
En effet, en 2016, 35 % des Français ont renoncé ou retardé l’achat de prothèses dentaires (+ 4 % par rapport à 2008), 28 % ont repoussé ou abandonné une consultation chez le dentiste (+ 5 % comparé à 2008)."
Lire l'article de la Gazette santé-social


Revue de presse du 31 aout 2016


Le rapport de l’ONPE pointe les difficultés à la mise en œuvre du "projet pour l’enfant"

"L’Observatoire national de la protection de l’enfance a publié son rapport sur le projet pour l’enfant, dispositif créé en mars 2007. Si l’ambition de la loi de mars 2016 relative à la protection de l’enfant était d’en faire un dispositif clé au service de l’enfant, le manque de concertation entre l’aide sociale à l’enfance et les professionnels, et l’insuffisante prise en compte des points de vue des familles, des assistants familiaux et des enfants constituent des freins à son développement. Les auteurs du rapport le regrettent d’autant plus que selon eux le PPE pourrait être le « fil rouge » des interventions auprès de l’enfant."
Lire le dossier de la Gazette santé-social
« La situation est de plus en plus préoccupante, explique Ted Chaiban, directeur des programmes de l’Unicef. 31 millions d’enfants [un enfant sur soixante-dix dans le monde] vivent en dehors de leur pays de naissance, dont 11 millions sont des réfugiés et demandeurs d’asile et 17 millions supplémentaires ont dû migrer à l’intérieur même de leur pays pour échapper aux violences et aux conflits. »
Lire le rapport de l'ONPE : Le PPE : état des lieux, enjeux organisationnels et pratiques

Le gouvernement souhaite-t-il vraiment la mixité sociale ?

"En ces jours de rentrée scolaire, la question mérite d’être posée : le gouvernement souhaite-t-il vraiment promouvoir la mixité sociale, ou bien va-t-on en rester aux effets d’annonce ? Cela me permettra également de répondre à quelques questions posées par des internautes concernant ma chronique Le scandale APB.
Rappelons tout d’abord que le ministère de l’éducation avait annoncé en 2015 la mise en place de nouveaux dispositifs visant à réduire la ségrégation en vigueur dans les collèges. On avait même évoqué l’idée d’une ambitieuse expérimentation à Paris, avec des annonces précises à la rentrée 2016 et une mise en place à la rentrée 2017, suivie d’une possible généralisation dans le reste du pays. Malheureusement tout reste très flou à ce stade, et le ministère comme la Ville de Paris ne semblent guère pressés de passer de la rhétorique à la réalité.
C’est d’autant plus regrettable que le niveau de ségrégation sociale observée dans les collèges atteint des sommets inacceptables, notamment à Paris. Des travaux récents, comme ceux réalisés par Julien Grenet dans le cadre de la consultation en cours, ont souligné en particulier le rôle clé joué par les collèges privés, et le fait que de meilleures procédures d’affectations des élèves, plus justes et plus transparentes, pourraient permettre d’améliorer nettement la situation.
(...)"on observe un niveau absolument extrême de ségrégation sociale. Dans les collèges socialement les plus huppés, il n’existe quasiment aucun élève défavorisé (moins de 1 %). A l’autre extrême, certains collèges comptent plus de 60 % d’élèves défavorisés."
Lire l'article de Thomas Piketty


Revue de presse du 18 juillet 2016


Dossier de la FNARS : Les femmes en grande précarité : regarder l'inégalité en face

"Premières victimes de la crise économique, beaucoup de femmes, qu’elles soient seules ou avec enfants, voient leur situation se précariser fortement. Nombreux sont les rapports, les études et les alertes du milieu associatif qui montrent la hausse significative du nombre de femmes à la rue, en situation de mal-logement, et de mères seules qui s’éloignent d’une insertion professionnelle stable et sont dans la survie. De l’insertion difficile sur le marché du travail aux bas salaires quand elles sont en emploi, en passant par l’isolement social après un divorce, les femmes cumulent en effet différents facteurs qui les maintiennent dans une situation sociale difficile et accentuent les risques de reproduction des inégalités pour leurs enfants. Elles sont de plus en plus nombreuses à vivre dans la rue, privilégiant les lieux publics le jour et se cachant la nuit, sans autre recours que la mise à l’abri temporaire quand elles n’ont pas d’enfant."
Après un conflit conjugal et des violences, une rupture familiale, ou après un divorce, quand elles ont un ou plusieurs enfants à charge, les raisons du basculement des femmes dans la grande précarité sont multiples. Cette part de la population est celle qui est la plus sujette au mal-logement, aux renoncements aux soins et au sous-emploi, dans une société qui n’a pas encore franchi le pas d’une réelle égalité entre les femmes et les hommes, sur le marché du travail ou même dans les soutiens financiers et sociaux qu’elles proposent aux mères qui ont la responsabilité d’une famille.
Entre la multiplication des divorces ces quarante dernières années, et la hausse du nombre d’emplois à temps partiel à partir des années 90, l’instabilité économique et sociale de cette frange de la population ne cesse de se renforcer. Selon un rapport du Conseil économique, social et environnemental, datant de 2013, 4,7 millions de femmes ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté.
Si le nombre de femmes actives est passé de 6,6 millions à 13,5 millions de 1962 à 2010, aujourd’hui, elles représentent 70% des travailleurs pauvres, avec un revenu inférieur à 964 euros mensuels. Cette insuffisance chronique de ressources conduit d’ailleurs un nombre croissant d’entre elles au surendettement (53% des personnes surendettées sont des femmes seules, selon une étude de la Banque de France de 2011) et à trouver des solutions de survie pour s’en sortir, en se prostituant ou en commettant des délits passibles de prison.
Dans sa synthèse hivernale du baromètre 115, publiée en avril 2016, la FNARS constate une hausse des demandes d’hébergement faites par les femmes seules (+ 13% dans les 45 départements et + 10% au 115 de Paris) entre l’hiver dernier et cet hiver."
Lire le dossier de la FNARS


Revue de presse du 28 juin 2016


Reconstruire l'europe après le "Brexit"

"Avouons-le : jusqu’au petit matin du 24 juin 2016, personne ne croyait vraiment que les Britanniques allaient voter pour le «Brexit». Maintenant que le désastre est arrivé, il est tentant de se sentir découragé, et d’abandonner tout rêve de refondation démocratique et progressiste de l’Europe. Il faut pourtant persévérer et reprendre espoir, car il n’existe pas d’autre option : la montée des égoïsmes nationaux et de la xénophobie en Europe nous conduit tout droit à la catastrophe. Reprenons le fil des événements, et voyons ce qu’il faudrait changer et clarifier pour reconstruire l’Europe après le Brexit.
Cela a déjà été dit et redit : dans bien des cas, le vote Brexit exprime davantage un vote contre l’immigration et la mondialisation qu’un vote contre l’Union européenne en tant que telle. Cette attitude de repli xénophobe, que l’on connaît bien en France avec le vote FN, et maintenant aux Etats-Unis avec le vote Trump, même si l’insularité britannique a aussi ses spécificités, a quelque chose de profondément nihiliste et irrationnel : ce n’est pas en stigmatisant toujours plus les travailleurs immigrés et les pays et cultures étrangères que l’on va résoudre les problèmes, bien au contraire."
Thomas Piketty ajoute que c'est aussi une réaction au fonctionnement de l'union européenne et à son organisation d'une concurence généralisée entre pays et entre territoires. "Face à l’absence de réponse démocratique et progressiste, il n’est pas étonnant que les classes populaires et moyennes finissent par se tourner vers les forces xénophobes. Il s’agit d’une réponse pathologique à un abandon bien réel."
La suite de cet article est une analyse des nombreux obstacles à un fonctionnement européen démocratique, avec une proposition d'un fonctionnement différent, associant parlement nationaux - qui historiquement sont les meilleurs garants de la protection sociale et de la fiscalité régulatrice du marché- et des parlementaires européens représentant collectivement mieux leur pays qu'un chef d'état unique.
Lire l'article de Thomas Piketty

Le site des représentants français à la conférece mondiale de travail social de Séoul

"Séoul accueille du 27 au 30 juin le grand rendez-vous international du travail social, de l’éducation et du développement social, le « Davos du social », qui se tient les années paires. Nous vous invitons à vous associer à cette aventure, qui dure depuis 1928.
La France y sera présente à travers une délégation qui souhaite partager cet événement avec vous. Les participants vont essayer de vous faire vivre cette période d’ouverture internationale, avant, pendant et après la conférence. Et ils attendent aussi vos commentaires, vos questions et réactions.
Echo de la conférence en France, ce blog vous est ouvert. On peut ne pas être physiquement présent à Séoul, qui n’est pas la porte à coté, et vivre ce qui s’y passe à distance : grâce à internet, notre village social est mondial.
Puisse ce lien entre la délégation française à Séoul et tous les acteurs de l’intervention sociale réussir à créer une dynamique durable : car, il y aura Dublin en 2018 (à tire d’aile…) et à Paris (oui, chez nous !) une grande conférence européenne en juin 2017 !"
Christian Rollet. Administrateur de l’IRTS Paris Ile de France
Accédez au site
Lire la présentation du congrès

L'accueil des roms est un échec

"C’est une déception pour les associations qui militent pour les droits de l’Homme et la défense des Roms en France : la circulaire du 26 août 2012, « relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites », prévoyait un diagnostic social et un accompagnement en matière sanitaire, de scolarisation, d’hébergement et d’insertion professionnelle, en « mobilisant tous les moyens disponibles ». Son application serait cependant dévoyée."
Lire le dossier de la Gazette santé-social

Roms : L’Espagne veut changer les mentalités

"En Espagne, la Fundación Secretariado Gitano œuvre pour l’insertion professionnelle des Roms. L’accent est particulièrement mis sur l’employabilité et la lutte contre la déscolarisation.
Les Roms espagnols vivent de façon « plus inclusive » en Espagne qu’en France en raison de politiques d’intégration menées dès la transition démocratique (début des années 1980) afin de faciliter l’accès à l’éducation, à l’emploi, aux services de santé et aux logements.
Cette politique, valorisée par la Commission européenne, est également soutenue financièrement : ainsi, la Fundación Secretariado Gitano (FSG, qui emploie 550 personnes) tire 45 % de son budget des Fonds sociaux européens.
Employabilité des Roms
La FSG a commencé à offrir dès les années 1980, sous forme associative, un soutien aux groupes locaux, faisant du travail partenarial un de ses axes forts. En 1990, elle s’inscrit dans les politiques de lutte contre l’exclusion de l’Union européenne, pour qu’elles servent également la communauté Rom.
Dès 1998, elle met en place le programme « Acceder », qui permet de rapprocher les personnes du marché du travail en améliorant leur qualification. « Les niveaux d’employabilité des Roms espagnols étaient très bas. Nous avons changé les mentalités : traditionnellement, les gitans travaillaient sur les marchés. Nous avons négocié avec les entreprises pour connaître leurs besoins en main-d’œuvre. Si elles avaient besoin de cinq personnes, nous en formions dix, placées dans les entreprises pour une période de ‘‘stage’’. À la fin, l’entreprise garde les meilleurs. C’est une situation win win : ils ont besoin des salariés, nous payons la formation », explique Gonzalo ­Montaño.
Depuis quinze ans, 82 000 personnes ont bénéficié du programme, 58 000 contrats ont été signés, près de 20 000 entreprises ont joué le jeu, notamment des PME.
Lire l'article de la Gazette santé-social

Michel Lemay présente le 3° tome de "forces et souffrances psychiques du jeune enfant"

"Michel Lemay nous livre ici un témoignage exceptionnel. Il présente sur un mode personnel et engagé les principales approches thérapeutiques susceptibles d’aider des enfants et des adolescents en difficultés psychiques à atténuer leurs souffrances et à retrouver des forces pour créer.
Comme dans les deux volumes précédents de cette trilogie, où il transmet ses expériences basées sur plus de cinquante ans de travail en pédopsychiatrie et en éducation spécialisée, en France puis au Canada, l’auteur montre, avec de nombreux exemples cliniques, la nécessité d’avoir une vision globale, intégrative, historique et critique des principales approches thérapeutiques. Il le fait avec clarté et rigueur, tout en exprimant ses inquiétudes et ses désaccords par rapport aux tendances actuelles à rechercher des résultats immédiats par des thérapies centrées sur le symptôme, souvent discontinues et basées sur des positions trop réductionnistes et simplistes."
Acceder à la web radio "le trottoir d'à côté"


Revue de presse du 17 juin 2016


Sur le trottoir d'à coté, Jean-Yves Barreyre présente son livre "éloge de l'insuffisance"

"Jean Yves Barreyre, sociologue, directeur du Centre d'Etudes, de Documentation et d'Action sociale (CEDIAS) est l'auteur du livre "Eloge de l'insuffisance, les configurations sociales de la vulnérabilité" (ed. Eres).
Au micro de Joao Madureira de Médeiros (dans son émission "pensées nomades"), il revient sur l'importance d'être attentif à toutes les vulnérabilités.
Ecouter le premier épisodes
Ecouter le deuxième épisode

Ni sains, ni saufs : enquête sur les mineurs non accompagnés dans le Nord de la France

"L'’UNICEF France publie "Ni sains, ni saufs, une enquête sociologique sur les enfants non accompagnés sur le littoral du Nord et de la Manche". Les résultats de cette enquête sont sans appel et révèlent les nombreux dangers auxquels sont exposés en permanence les enfants non accompagnés qui vivent dans les bidonvilles et camps du Nord de la France.
Cette enquête inédite a été réalisée par les sociologues de l’association Trajectoires, spécialisée dans les diagnostics sociaux des populations vivant en bidonvilles en France. Elle a été conduite entre les mois de janvier et avril 2016 dans sept bidonvilles sur trois départements du littoral de la Manche (Calais, Grande-Synthe, Angres, Norrent Fontes, Steenvoorde, Tatinghem, Cherbourg).
Pour l’UNICEF, l’objectif était de faire émerger au cours de ces entretiens les besoins et les points de vulnérabilité des enfants non accompagnés afin d’élaborer des recommandations pour améliorer leur prise en charge à travers les dispositifs existants ou à créer.
Des violences multiples, la peur permanente
À travers 61 entretiens menés de manière confidentielle et dans leur langue, avec des enfants et des adolescents non accompagnés âgés de 11 à 17 ans, originaires d’Afghanistan, de Syrie, d’Egypte et d’une dizaine d’autres pays, l’enquête s’attache à détailler les différents parcours migratoires et les motivations de ces enfants déracinés. La majorité des mineurs rencontrés ont eu recours à des passeurs. Pour se rendre en France, les sommes déboursées varient de 2 700 € à 10 000 €. Quelle que soit la technique choisie et le prix payé, la route demeure extrêmement dangereuse et l’expérience telle qu’ils la relatent, traumatisante. Leur temps de présence sur le littoral s’allonge : la durée moyenne de 5 mois augmente d’autant l’exposition à des risques accrus."
Accedez au site de l'UNICEF

Avis du CNCDH : "Le logement : un droit pour tous ? Permettre un accès effectif et non discriminatoire au logement"

"Alertée par ses associations membres, la Commission nationale consultative des droits de l’homme s’est saisie de la question de l’accès au logement en France. Elle dresse un constat sans appel du manque d’effectivité du droit au logement, pourtant reconnu comme un droit fondamental au niveau européen et international et comme un droit à valeur constitutionnelle en France. La CNCDH appelle à une mobilisation globale pour le logement, préalable à l’exercice de nombreux droits économiques et sociaux.
3,8 millions de personnes mal-logées ; 12 millions de personnes touchées à des degrés divers par la crise du logement. Derrière ces chiffres, des femmes, des enfants, des hommes, marginalisés, stigmatisés, pour qui l’accès à un logement est un combat. «Pour avoir le courage d'obtenir un logement digne et adapté, il faut beaucoup de force et de soutien, » c’est le constat unanime des femmes et des hommes qui sont venus témoigner à l’occasion de l’Université populaire Quart Monde « Logement : un droit pour tous ? » organisée par la CNCDH et ATD Quart Monde le 25 mai dernier."
Lire la suite sur le site du CNCDH

Les attentats de l’Etat islamique ont fait plus de 2 500 morts en deux ans

"Les attentats qui ont frappé successivement Orlando (Etats-Unis) et Magnanville (France) les 12 et 13 juin ne sont que les derniers en date d’une longue série d’exactions meurtrières menées par l’organisation Etat islamique (EI), qui est de loin l’organisation terroriste la plus meurtrière dans le monde. Depuis la proclamation par l’EI d’un « califat » aux confins de la Syrie et l’Irak en juin 2014, puis l’allégeance de la secte Boko Haram en 2015, Le Monde a recensé actes terroristes commis par l’organisation ou ses « filiales » dans pays, qui ont fait plus de morts."
L'article, à l'aide de cartes, montre le bilan humain de ces attaques.
Lire l'article du monde


Revue de presse du 10 juin 2016


« Les élus ne peuvent pas choisir leurs pauvres ! » – Emmanuelle Cosse

"Alors que le projet de loi Égalité et citoyenneté, qui vise notamment à rééquilibrer la population des quartiers en politique de la ville, a été examiné le 7 juin 2016 à l’Assemblée nationale en commission spéciale, Emmanuelle Cosse, ministre du Logement et de l’Habitat durable, a précisé ses projets pour lutter contre le mal-logement, des foyers Dalo à la résorption des nuitées hôtelières. Sans oublier de travailler avec le ministère de l’Intérieur au lancement d’un nouveau Plan migrants."
"Une des mesures devrait tout particulièrement susciter des débats houleux : constatant que les communes n’attribuent pas les logements sociaux aux personnes les plus nécessiteuses, l’État entend reprendre en main le contingent préfectoral – soit 30 % des nouvelles constructions – qu’il a délégué aux maires. « Les élus ne peuvent pas choisir leurs pauvres ! », tance la ministre.
Si la loi SRU était appliquée par tous, « on aurait 700 000 logements sociaux à construire », assure Emmanuelle Cosse.
Par ailleurs, elle souhaite adapter la loi SRU aux spécificités territoriales : il serait incohérent de forcer une commune à construire des logements sociaux si la demande locale n’existe pas, pensant tout particulièrement aux communes qui viennent de fusionner, suivant la réforme territoriale, et qui font face à de nouvelles obligations."
Lire l'article de la Gazette santé social

L'ANPEJ, l'APCARS, l'EXPERTIJ, l'UNSA Services Judiciaires et l'USM dénoncent la pénurie budgétaire dans laquelle la Justice est maintenue depuis des années

Ces cinq associations "rappellent que les services judiciaires sont en état de cessation des paiements dès la fin du premier semestre de chaque année et ne peuvent plus faire face au règlement des frais de justice.
Ils déplorent que selon la Commission Européenne pour l'Efficacité de la Justice (CEPEJ), organisme dépendant du Conseil de l'Europe, la France se classe 37ème sur 45 au titre de la part du PIB consacrée à la Justice et y consacre 0,197% de son PIB pour une moyenne européenne à 0,333.
Ils dénoncent les déplorables conditions d'accueil en juridiction, les difficiles conditions d'exercice pour l'ensemble des personnes qui servent la Justice, les retards systématiques de paiement, l'absence de revalorisation des actes (expertises, enquêtes sociales...) indispensables au bon fonctionnement de la Justice et rendus obligatoires par le législateur."
Lire la suite de la pétition

De l’utilité des CCAS – Nathalie de Lacoste, directrice du CCAS de Livry-Gargan

"Alors que s’ouvrent les 39es rencontres de l’ANCCAS à Amiens « Du doux rêve aux dures réalités » et alors que la réforme territoriale interroge profondément le cadre des centres communaux d’action sociale, Nathalie de Lacoste, directrice du CCAS de Livry-Gargan, entend montrer que cette structure est un maillon essentiel du travail social au plus proche des citoyens. Et invite les responsables politiques à ne pas le négliger.
On entend souvent dire des CCAS (centres communaux d’action sociale) qu’ils servent juste à organiser le repas des anciens et distribuer quelques aides dont on voit mal la pertinence. Et d’ajouter que le social coûte cher, qu’il relève du département, et qu’à bien y réfléchir, on ne peut rien faire pour les pauvres, que leur situation ne changera jamais…
Certes, il existe des exemples pour chacune de ces situations, mais combien de contre-exemples, combien de personnes qui se sont relevées, combien d’enfants sauvés de situations dramatiques, combien de personnes devenues dépendantes prises en charge grâce à l’intervention d’un travailleur social au sein d’un service départemental ou d’un CCAS ?
Il est plus facile de clamer que le social ne sert à rien, que de se demander comment le rendre plus efficace dans son accompagnement et ses pratiques."
L’article L123-5 du code de l’action sociale et des familles (CASF) dispose que le CCAS :
  • anime une action générale de prévention et de développement social dans la commune, en liaison étroite avec les institutions publiques et privées ;
  • participe à l’instruction des demandes d’aide sociale. Il transmet les demandes dont l’instruction incombe à une autre autorité ;
  • peut créer et gérer les établissements et services sociaux et médicosociaux ;
  • peut, le cas échéant, exercer les compétences que le département a confiées à la commune.
L’article R123-1 du CASF ajoute que les CCAS procèdent annuellement à une analyse des besoins sociaux de l’ensemble de la population qui relève d’eux, et notamment ceux des familles, des jeunes et des personnes âgées, handicapées ou en difficulté.
Lire l'article de la Gazette santé social


Revue de presse du 31 mai 2016


Hidalgo veut créer un camp humanitaire pour les réfugiés à Paris

"La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé, mardi 31 mai, son souhait de créer dans la capitale un camp humanitaire pour les réfugiés, avec l’aide des associations et de l’Etat. Ce camp devra permettre d’offrir « un accueil de jour » mais aussi « l’hébergement de personnes qui arrivent démunies » à Paris.
« Paris ne restera pas sans agir en responsabilité alors que la Méditerranée devient un cimetière pour les réfugiés », a déclaré la maire de Paris lors d’une conférence de presse sur la situation des migrants dans la capitale, assurant que le camp serait aux normes des Nations unies et du HCR, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.
Cela signifie des hébergements modulaires, « qui puissent être installés rapidement » mais avec « tout le confort nécessaire », a-t-elle expliqué. La Ville est en train « d’expertiser différents sites pour voir dans quels délais, le plus tôt possible, nous pourrons envisager de les mettre à disposition » de l’Etat, a ajouté Anne Hidalgo.
Lire l'article du Monde

Handicap : emploi et scolarisation dans le viseur

"La conférence nationale du handicap est traditionnellement un lieu d’annonces pour les acteurs du secteur, avec grandes orientations et coups de pouce financiers. La dernière du mandat de François Hollande, le 19 mai à l’Elysée, n’a pas dérogé à la règle.
L’accent a été mis sur la notion d’accompagnement, avec la reconnaissance de l’emploi accompagné dans le projet de loi Travail, et sur le plan scolaire la transformation d’ici cinq ans de 56000 emplois aidés d’auxiliaires de vie scolaire en 32000 postes d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), dont 6000 dès 2016. Concernant la stratégie médico-sociale, une transformation de l’offre à hauteur de 180 millions d’euros sur cinq ans a été annoncée, avec un volet spécifique pour le polyhandicap. Pour les personnes dont le taux d’incapacité permanente est de 80%, la durée d’attribution de l’allocation adulte handicapé (AAH) sera également allongée de plusieurs années. Ces annonces ont déclenché des réactions en demi-teinte du côté grandes associations du secteur."
Brève de lien social du 30 mai

Pacte pour la santé des plus vulnérables

A l’occasion de ses Journées Nationales, la Croix-Rouge française rend public son premier rapport annuel : le « Pacte pour la santé globale des plus vulnérables ».
Grâce à son histoire, à la diversité de ses champs d’intervention mais aussi à son maillage territorial exceptionnel, la Croix-Rouge française est le témoin direct de toutes les formes de vulnérabilités auxquelles sont confrontés les plus fragiles.
A l’occasion de ses Journées Nationales, elle rend public le premier opus d’un rapport annuel autour de la thématique de la santé, telle que définie par l’OMS, à savoir un état de bien-être physique, mental et social et ne consistant pas seulement en une absence d’infirmité ou de maladie : le « Pacte pour la santé globale des plus vulnérables ».
Le rapport décrit (avec des exemples) cinq parcours de précarité :
  • Parcours n° 1: Une précarité « soudaine, brutale mais temporaire »
  • Parcours n° 2: Une précarité « installée »
  • Parcours n° 3: Une précarité « héritée »
  • Parcours n° 4: Les « déracinés »
  • Parcours n° 5: Les « invisibles »

Accedez au rapport

Pourquoi la guerre contre les drogues a échoué

"Du 19 au 21 avril 2016, l’ONU a consacré trois journées pour parler des drogues, et on n’en a quasiment pas entendu parler en France. Prévue pour 2019, la réunion extraordinaire de l’Assemblée générale sur les drogues a été avancée de trois ans, à la demande de la Colombie, du Guatemala et du Mexique, avec le soutien de nombreux autres pays qui ont considéré que le sujet des drogues était suffisamment important pour en faire un débat international. C’était la troisième fois qu’une telle réunion était dédiée exclusivement à ce sujet.
Les contradictions entre les réalités nationales et les prérogatives du système international sont devenues flagrantes aujourd’hui. Même en France, le discours politique apparaît éloigné de la réalité de l’action des autorités publiques. Quels changements a apportés cette troisième édition de l’UNGASS ?
Cette réunion, et surtout le processus qui l’a précédée, marque principalement l’amorce d’une possible évolution sur le plan international vis-à-vis du dossier des drogues."
Lire la suite sur le site de Laurent Mucchieli


Revue de presse du 23 mai 2016


Observatoire national de la protection de l'enfance : Protection de l’enfant : les nouvelles dispositions issues de la loi n°2016-297 du 14 mars 2016 relative à là protection de l’enfant

"La loi n° 2016-297 du 14 mars 2016 relative à la protection de l’enfant, issue d’une proposition de loi déposée au Sénat le 12 septembre 2014, vient d’être publiée. La loi comporte trois titres qui posent les grandes thématiques et enjeux de cette réforme de la protection de l’enfance : améliorer la gouvernance nationale et locale de la protection de l’enfance, sécuriser le parcours de l’enfant en protection de l’enfance, et adapter le statut de l’enfant placé sur le long terme.
Si une grande partie du corps du texte consiste davantage en un renforcement ou une réaffirmation des principes posés par le législateur en 2007, son article 1er apporte une nouvelle définition du sens donné à la protection de l’enfance et ne saurait passer inaperçu. Revenant sur une approche considérée comme « familialiste » voire « parentaliste » de l’article L 112-3 du Code de l’action sociale et des familles (CASF), l’article 1er place l’enfant au centre de l’intervention (le désignant clairement comme sujet de cette intervention). Il ne vise les parents qu’en deuxième alinéa, dans le cadre des actions de prévention, puis en troisième alinéa dans le cadre de l’évaluation de la situation de l’enfant, pour adapter l’intervention. Ainsi, la protection de l’enfance telle que nouvellement définie, vise « à garantir la prise en compte des besoins fondamentaux de l’enfant, à soutenir son développement physique, affectif, intellectuel et social et à préserver sa santé, sa sécurité, sa moralité et son éducation, dans le respect de ses droits »."
Lire le texte de l'ONPE

Allez voir "la sociologue et l'ourson" !



Revue de presse du 16 mai 2016


Tribune : Ils ferment les frontières, ouvrons nos écoles

"Thomas Piketty, Alain Badiou ou Frédéric Lordon, des intellectuels de renom signent un mot d’ordre lancé par des étudiants et des professeurs : accueillir dans les écoles et universités tous ceux qui fuient les guerres, persécutions ou désastres économiques et environnementaux."
"Nous prenons acte de l’impuissance de l’Europe à mettre en place des politiques d’accueil respectant la dignité et l’intégrité des exilés. Nous constatons les pratiques déshumanisantes des pouvoirs publics qui refusent de considérer ces femmes et ces hommes comme des individus animés de projets et de désirs, mais parlent de flux, de chiffres, de menaces, au mieux de potentiels, qu’il faudrait gérer, optimiser, contenir. Nous avons été les témoins de la logique d’attente interminable qui dépossède, à petit feu, les demandeurs d’asile de tout rêve et de tout espoir. Et parce qu’il est scandaleux de rester indifférent face au pourrissement des existences que produisent ces politiques, parce qu’il est intolérable de ne pas réagir face au manque de moyens destinés à assurer une vie décente sur le territoire d’installation, il nous semble nécessaire aujourd’hui d’appeler à une nouvelle conception de l’accueil."
Lire l'article de Libération

Ecole, la "refondation" vue du terrain



"Panama papers". Comprendre le système offshore en trois minutes



Revue de presse du 9 mai 2016


Feuille de route pour la protection de l’enfance 2015-2017

"Nous avons engagé à l’automne 2014 une grande concertation autour de la protection de l’enfance. Pendant plus de six mois nous avons été nourris des témoignages, des vécus, des analyses et des regards critiques que les acteurs de la protection de l’enfance ont bien voulu nous livrer et partager.
Les constats, qui ont collectivement été dressés suite à ces rencontres, sont venus confirmer les conclusions des nombreux rapports relatifs à la protection de l’enfance, et les enrichir du quotidien des enfants, des parents et de l’ensemble des professionnels.
Partant de ces constats partagés, nous avons travaillé à l’élaboration d’une feuille de route, présentée dans ce document, et qui nous permettra d’œuvrer ensemble à une véritable réforme de la protection de l’enfance.
Cette feuille de route, qui nous liera pour les années 2015 à 2017, se décline dans la loi, grâce à la proposition de loi relative à la protection de l’enfant.
La loi est essentielle car elle incarne et inscrit durablement notre vision commune de la protection de l’enfance, en affirme les principes, et vient clarifier les zones d’ombre quipouvaient subsister.
En écho à la loi, se décline une série de mesures qui permettent d’ancrer ces principes dans les pratiques quotidiennes.
Dans la loi, comme dans l’évolution des pratiques, trois objectifs guident notre action :
  • une meilleure prise en compte des besoins de l’enfant et de ses droits ;
  • l’amélioration du repérage et du suivi des situations de danger et de risque de danger ;
  • le développement de la prévention."

Accedez à la feuille de route

Quand les communes détournent l'usage de la vidéosurveillance

Dans cet article, Laurent Mucchielli explique qu'il "n'existe pas de service public d'accompagnement et de conseil des politiques locales de sécurité." L'évaluation des systèmes de vidéo-protection montre que ce serait pourtant une nécessité pour éviter les lourdes dépenses inutiles et le détournement des usages. Extraits :
Pourquoi les élus locaux choisissent-ils d'équiper leurs communes en systèmes de vidéosurveillance ?
Sur un territoire, il suffit que deux ou trois maires se lancent dans la vidéoprotection pour que les autres soient « sommés » de se positionner. Ils ressentent une pression de conformisme qui s'exerce sur eux et qui est relayée par certains petits segments de la population, des lobbys locaux comme les forces de police, l'association des commerçants du centre ville… Le sentiment d'insécurité étant répandu, l'idée s'est banalisée d'une demande accrue de sécurité de la part de la population. C'est souvent très vague, très émotionnel.
Et il y a un calcul politique assez simple : dire à a population que l'on va lancer de la vidéosurveillance est plutôt rentable pour un élu, ça se voit tout de suite. On peut dire « levez les yeux, regardez, on ne peut plus nous reprocher de ne pas l'avoir fait ». Mais quand on discute avec les élus en privé, ils sont les premiers à reconnaître qu'ils ne savent pas exactement à quoi ça sert, si ce n'est d'aider la police ou la gendarmerie dans des proportions très modestes et peut-être pas à hauteur du coût financier que cela représente."
(..) Vous dites qu'il n'y aurait pas d'effet « magique » à espérer de la vidéosurveillance en temps réel?
Il faut se débarrasser de ce fantasme, de cette croyance qu'il existe un effet magique de l'élucidation ou du flagrant délit et donc de la nécessité d'embaucher des gens pour regarder des écrans à longueur de journée. C'est là qu'est la gabegie pour les finances publiques. Dans mon enquête réalisée auprès d'une commune moyenne de 20 000 habitants, l'activité en direct est tellement minime -et certains jours elle est tout simplement nulle – que les opérateurs s'ennuient à mourir. Ces gens-là feraient bien mieux d'être sur le terrain. Installer des caméras, pourquoi pas, à condition que leur positionnement résulte d'un diagnostic précis de la délinquance locale avec la police et la gendarmerie, pas au gré des lobbys et des demandes de la population. Oui, il y a une utilité modeste mais réelle en matière d'appui aux enquêtes de police judiciaire que peuvent mener la gendarmerie ou le commissariat local, mais n'allez pas embaucher des gens pour regarder à longueur de journée des écrans où ils ne voient rien."
a plupart des institutions, que ce soit l'état ou les communes, ne jouent pas nécessairement le jeu de la transparence et ne souhaitent pas ouvrir leurs portes pour que l'on puisse regarder qui fait quoi, à quoi ça sert, combien ça coûte".
Lire l'article de Sud-Ouest


Revue de presse du 03 mai 2016


Pauvreté monétaire et précarité dans les quartiers de la politique de la ville

Pour la première fois, l'Insee publie une étude nationale et des études régionales sur la pauvreté des habitants des quartiers de la politique de la ville et sur leurs caractéristiques. Ces quartiers ont été définis en 2015 dans le cadre de la nouvelle géographie prioritaire de la politique de la ville.
Le dispositif principal des travaux de l'Insee est le Fichier localisé social et fiscal, Filosofi.
Dans les 1 300 quartiers de la politique de la ville en France métropolitaine, 42 % des 4,8 millions d'habitants sont pauvres, contre 16 % des habitants des unités urbaines où ces quartiers sont situés. Près de la moitié de la population des quartiers de la politique de la ville vit en Île-de-France et en Nord-Pas-de-Calais-Picardie.
Le dispositif Filosofi permet de reconstituer à un niveau infracommunal le revenu disponible des ménages après impôt et y compris prestations sociales, c'est-à-dire ce dont les ménages disposent au cours d'une année pour consommer et épargner. Filosofi est issu du rapprochement des données fiscales exhaustives en provenance de la direction générale des Finances publiques (déclaration de revenus des personnes physiques, taxe d'habitation et fichier d'imposition des personnes physiques) et des données sur les prestations sociales émanant des principaux organismes gestionnaires de ces prestations (Cnaf, Cnav, CCMSA).
Accedez au site de l'INSEE

Le poids de l'échec scolaire dans ces quartiers

Issu de l'étude de l'INSEE le tableau ci-dessous montre l'étendue de l'échec scolaire dans les quartiers de la politique de la ville.
De 70 à 80% des jeunes quittent l'école avec un niveau inférieur au bac...



Evacuation tendue des migrants installés dans le lycée Jean-Jaurès à Paris



Marseille n'est pas Chicago ; la région PACA n'est pas plus violente que les autres

Laurent Mucchieli rend compte de recherches très approfondies sur la délinquance à Marseille et en région PACA.
L'article, bourré de liens vers de nombreux travaux, apporte beaucoup d'informations sur les réalités locales, les fantaisies médiatiques, les expérimentations policières,l'échec des tentatives de participation des habitants - mais les enquètes montrent que leur avis est nuancé et qu'ils attendent d'autres politiques-, le peu d'appétence des politiques pour la recherche et l'évaluation des pratiques, et enfin (très important) l'intérêt de l'association entre chercheurs et professionnels.
Lire l'article sur le site "the conversation"
Dans l'étude "trafics et trafiquants" je conseille particulièrement la lecture des cinq portraits : "Les cinq portraits proposés sont certes loin d’épuiser la diversité du réel, ils n’en constituent qu’un éclairage partiel mais suffisant pour entrevoir le poids des carences familiales (celle des pères, presque toujours, celles de mères parfois aussi), le poids de la misère tant matérielle qu’affective de certaines familles, le poids de l’échec scolaire des jeunes qui «lâchent» tous la scolarité au collège, le poids des accidents de la vie et parfois de la maladie mentale, le poids d’une sorte de fatalisme qui pèse sur l’ambiance collective de la cité, le poids parfois de l’insécurité de la vie de ces jeunes en général. On comprend mieux alors l’attrait du trafic, la facilité avec laquelle l’interconnaissance entre jeunes en rupture scolaire et à la rue permet de se faire recruter aux premiers postes du trafic (guetteur, vendeur, charbonneur). On comprend aussi comment un jeune qui traîne ces échecs, cette image négative et cette absence d’avenir a tout d’un coup le sentiment de devenir quelqu’un en entrant dans le réseau du trafic, dépensant alors avec fierté et ostentation les quelques dizaines d’euros qu’il gagne par jour, inconscient de l’exploitation totale dont il est ainsi victime de la part de ses «patrons» qui, eux, s’enrichissent vraiment."
Lire l'étude "trafics et trafiquants de drogue à Marseille


Revue de presse du 25 avril 2016


15 recommandations pour un changement d'orientation de la politique des drogues en France

Extrait de la présentation : "La politique des drogues et des addictions est en pleine évolution dans le monde. Des pays amorcent de véritables virages, mais, dans ce contexte, la France s’en tient à la continuité d’une politique basée à la fois sur la prohibition totale des drogues illégales et la frilosité face aux drogues licites (tabac, alcool) malgré leurs graves conséquences sur la santé publique.
Pourtant, face aux évolutions sociétales et aux progrès des connaissances scientifiques, les acteurs de l’addictologie français ne cessent de modifier profondément leurs conceptions et les modes d’intervention depuis au moins une ou deux décennies.
Ce changement de « logiciel» peut se résumer à travers le développement d’une stratégie d’action, dans les soins et la prévention pour toutes les addictions: la réduction des risques et des dommages (RdRD). Plutôt que de «lutter contre» des produits et des comportements et de ne donner comme perspectives aux personnes ayant un problème avec ces conduites que la stigmatisation et l’abstinence, la RdRD vise en priorité à prévenir et à diminuer les conséquences négatives, sanitaires et sociales, des conduites addictives, avec de biens meilleurs résultats tant pour la société que pour les individus."

Extrait du rapport: "Le concept de RdRD n’est pas seulement une approche alternative du soin mais un nouveau regard porté sur les phénomènes d’addictions inscrivant dans la société une situation de rupture morale, idéologique et politique. Cette rupture libère un mouvement issu du terrain qui crée sa propre dynamique fondée sur l’absence d’exigence et l’inconditionnalité de l’accompagnement, le droit du libre choix et la valorisation du savoir des usagers. Cette inconditionnalité suppose le respect d’un projet thérapeutique (cure) au profit d’un projet de soins (care) destiné à prévenir le mieux possible les dommages de la consommation. Toutes ces personnes n’ont été jusqu’ici prises en considération que si elles étaient soit dans une perspective de sevrage (alcool) soit dans une demande de traitement de substitution (opiacés, tabac). Cette RdRD n’exclut pas l’abstinence comme objectif mais elle la relativise dans les propositions offertes aux personnes. En fait, la RdRD repose sur une approche gradualiste qui s’adapte à leurs capacités, leurs attentes et leur environnement devant toute conduite addictive. Cette approche est destinée pour beaucoup de ces personnes à rompre leur isolement, leur sentiment d’abandon et de développer leur capacité d’agir (empowerment). Ce principe permet la création d’une alliance entre les consommateurs et les intervenants, l’usager de drogues et la personne ayant une conduite addictive étant considérés comme experts de ses pratiques et acteurs du projet. Cette approche est d’autant plus importante qu’elle s’impose après une histoire difficile."
Accéder au texte de la Fédération Française d’Addictologie(FFA)
Telechargez le rapport d'orientation

Un rapport très sévère sur la prise en charge de l'autisme en France

"Situation confuse, inégalitaire, remplie d’incertitudes, marquée par un manque de données et de profonds clivages théoriques sur la maladie: une enquête de l'Igas pointe les défaillances des réponses à l'autisme en France."
La prise en charge de l’autisme en France reste défaillante, loin d’être à la hauteur des difficultés que vivent les enfants atteints comme leurs familles, sans oublier la prise en charge, qui reste catastrophique, des jeunes adultes autistes. Pour autant, la lecture du rapport de l’Igas (Inspection générale des affaires sociales), rendu public ce jeudi soir, à l’occasion de la réunion du Comité national autisme, présidée par la secrétaire d’Etat, Ségolène Neuville, montre que «depuis les différents plans, les choses bougent», et que l’on est sorti de «l’indifférence et de l’immobilisme».
«Ce rapport est important, il fallait faire le point, et avoir un regard extérieur sur l’état des lieux», confie à Libération le Dr Claude Bursztejn, qui préside l’Association nationale des centres ressource autisme (CRA). La demande faite à l’Igas était d’analyser le rôle et la fonction des CRA, presque dix ans après leur création. La fonction de ces centres ? Organiser sur le territoire un système de diagnostic le plus tôt possible des enfants atteints, mais aussi s’occuper de la formation des personnels et de l’information. Et enfin, diffuser les réglementations de bonnes pratiques de prise en charge, qui avaient été énoncées en 2012 par la Haute Autorité de santé (HAS). On se souvient que ces dites réglementations avaient été à l’origine d’un très violent conflit dans le milieu psy, car la HAS considérait que les pratiques psychanalytiques n’avaient plus leur place dans l’autisme, faute d’une évaluation suffisante, et qu’il fallait dès lors privilégier les prises en charge de type éducative et pédagogique."
Les données, quelles données ?
D’abord des chiffres. Mais lesquels ? En matière d’autisme, c’est un peu du n’importe quoi. Aujourd’hui, on parle de troubles du spectre de l’autisme (TSA), notion qui est très large, et qui regroupe des pathologies ou handicaps très variés. Combien sont-ils ? Cela peut varier de un à dix. «Concernant l’autisme typique, note l’Igas, la prévalence était de 4 à 5 cas pour 10 000 personnes en 1996. Aujourd’hui, on parle de taux pour l’ensemble du spectre de l’autisme situés entre 30 à 70 pour 10 000, sans qu’il soit possible de déterminer avec certitude si la prévalence augmente en réalité ou si cette croissance est simplement expliquée par un meilleur dépistage ou par de multiples changements de critères.»"

Je conseille vivement la lecture du rapport, tout paticulièrement aux étudiants en travail social et aux professionnels du secteur. Il montre bien un problème français : l'étonnante variabilité et imprévisibilité des pratiques derrière les mêmes sigles. Dire CRA, ou ARS (agence régionale de santé) ou MDPH ne dit rien des pratiques : "L’hétérogénéité des relations avec les réseaux des Maisons Départementales des Personnes Handicapées (MDPH) et de l’Education nationale est aussi prégnante. Elle pose problème en ce que les relations entre les CRA et ces deux acteurs permettent d’améliorer considérablement le service rendu aux usagers par plus de fluidité, en même temps qu’elles sont profitables à chacun de ces acteurs."
Autre élément important du rapport : "les CRA n’apportent pas de réponse suffisamment forte au problème de l’autisme chez les adultes. Le retard pris par la France dans le champ de l’autisme est encore plus manifeste concernant cette population."
Enfin la question de la formation : "L’opération d’essaimage que vise le 3ème plan avec le maillage des territoires par une offre graduée pour le diagnostic et l’évaluation, passe par un recours au levier de la formation continue comme de la formation initiale. Pour que le réseau des effecteurs se densifie plus rapidement, il faut que la priorité soit donnée à la formation des professionnels des équipes de proximitè. Parallèlement, l’accès aux diplômes médicaux et paramédicaux, comme de l’espace social, doivent intégrer les approches neuro-développementales dans une formation sur l’autisme qu’il est urgent de rénover pour tous et partout.".
"La formation est un vecteur d’autant plus pertinent qu’il existe une partie des professionnels du secteur qui sont à la fois non formés et désireux de l’être. La plupart des interlocuteurs rencontrés par la mission ont avancé que les professionnels du champ, y compris ceux formés dans une optique psychanalytique, affichaient une volonté de se familiariser aux nouveaux outils. Néanmoins, il faut être conscient de la persistance d’une résistance, chez quelques-uns, à l’application des recommandations qui ne sont pas demandeurs de formation ; elle n’est donc pas dans ce cas l’outil d’évolution adapté.
Le rapport contient un interessant historique des conflits entre approches psychanalytiques et organicistes. Il note tout d'abord "un consensus autour de trois points majeurs : la précocité d’intervention, le choix de méthodes éducatives en parallèle avec les soins et l’importance de la participation de la famille."
Lire l'article de Libération
Lire le rapport de l'IGAS
Découvrir le site de l'association nationale de centres de ressources autisme


Revue de presse du 18 avril 2016


Repenser les minimas sociaux; vers une couverture socle commune

Le gouvernement travaille à une simplification des minimas sociaux : "les dix minima sociaux existants se caractérisent en effet par la complexité et la diversité des règles applicables aux allocataires. Cette complexité est double : elle concerne tant la compréhension de l’ensemble du système et l’articulation entre les différents dispositifs existants que le parcours propre de l’usager dans chacun des minima et les démarches qu’il doit entreprendre pour avoir accès à ses droits. La diversité des règles applicables se manifeste pour sa part par l’application de règles hétérogènes de prise en compte de la situation de vie des personnes dans l’attribution d’une aide : situation personnelle et familiale, niveau de revenus pris en compte, montants servis, etc. les dix minima sociaux existant fonctionnent selon des règles bien différentes, au risque parfois de rendre le système inéquitable.
Dans son rapport, Christophe Sirugue note que cette complexité alimente le non recours. Clarifier l’architecture des minima sociaux, c’est donc renforcer son acceptabilité et fonder le consentement de tous à l’effort de solidarité
Ce rapport contient aussi une question sociale majeure : la question de l’accès des jeunes aux minima sociaux et notamment celle de l’accès des 18-25 ans au RSA. Christophe Sirugue pointe que la mise à l'écart de cette tranche d'âge n'est plus acceptable."Cette condition d’âge apparaît bien singulière au regard de la situation de nos voisins européens et, surtout, elle empêche de lutter efficacement contre la pauvreté des plus jeunes, dont la hausse depuis 2008 est malheureusement frappante.


Lire le rapport

Inégalités entre les enfants : la France 28e sur 35 pays riches

"Dans le rapport « Innocenti 13 » de l’UNICEF, la France est classée 28e sur 35 pays de l’UE/OCDE en matière d’inégalités de bien-être entre les enfants, juste au-dessus de la Belgique, la Bulgarie, l'Italie, le Luxembourg et la Slovaquie – alors que c’est le Danemark qui ouvre le classement. Découvrez les résultats de la France pour chaque domaine : revenus, éducation, santé et satisfaction dans la vie."
Dans les quatre domaines présentés : revenus, éducation, santé, satisfaction dans la vie, deux domaines sont vraiment inquiètants en France: l'échec scolaire et l'insatisfaction dans la vie.
" La France se situe presque à la dernière place du classement en terme d’écarts, auprès de pays à revenus faibles tels qu’Israël, le Mexique ou la Turquie : le fossé entre les performances des élèves en fonction de leur milieu social est très important."
8,5 % d'enfants en France ont donné à leur satisfaction à l’égard de la vie une note de 4 ou moins sur 10.
Comparés à leurs pairs, environ deux fois plus d'enfants ayant une satisfaction médiocre à l’égard de la vie signalent qu'ils pratiquent des comportements à risque multiples (+3) tels que le fait de fumer et de boire, les blessures, les brimades et les bagarres (13 % et 7 % respectivement).
Entre l'âge de 11 et 15 ans, l’écart de satisfaction se creuse entre les filles et les garçons : à l'âge de 15 ans près de 30 % des filles sont insatisfaites de leur vie contre 14 % des garçons."
Lire le rapport de l'UNICEF


Revue de presse du 11 avril 2016


A la Nuit debout, l’éducation populaire se fait en plein air

C’était l’une des nouveautés, et l’un des succès, de la Nuit debout parisienne de dimanche 10 avril : l’espace Debout éducation populaire a permis à chacun de débattre et apprendre sur un sujet donné. Comme les autres, le stand a été détruit par les forces de l’ordre, lundi 11 avril au matin, place de la République. Et, comme pour les autres, ses responsables n’attendent qu’une chose : réinstaller, ici ou ailleurs, sa grande bâche bleue.
Dans cet espace un peu à l’écart de l’agitation et organisé comme un amphithéâtre, il n’y a ni estrade, ni chaise, ni bureau, en cet après-midi de dimanche. Plus d’une centaine de personnes y sont rassemblées, toutes assises sur le bitume, au même niveau. Les intervenants qui se succèdent ont fabriqué un cornet en carton pour faire porter leur voix, avant l’arrivée des micros et d’une sono.
Sans se concerter, les premiers intervenants ont choisi de parler des révolutions ; la Terreur, 1848, la Commune, Mai 68… Le programme ne précise que leur prénom et le thème qu’ils abordent, mais ce sont majoritairement, pour cette première fois, des professeurs d’histoire. Pourtant pas question de faire un cours magistral. « On ne veut surtout pas parler plus d’un quart d’heure et avoir une posture universitaire. Nous ne sommes pas là pour faire la leçon, ni pour en donner. L’objectif est de provoquer la réflexion et de faire circuler le savoir en répondant aux questions qui sont posées », explique Guillaume Mazeau, maître de conférences en histoire à Paris-I et spécialiste de la Révolution française.
La page Facebook de vive l'éducation populaire

Précarité énergétique et action sociale

"11,5 millions de personnes seraient concernés par la précarité énergétique. Un drame social mais également un enjeu de santé publique tant la corrélation avec plusieurs pathologies est attestée. La loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte donne de nouveaux objectifs et de nouveaux outils.
Dès 2017, 250 000 logements occupés par des ménages modestes devront être rénovés chaque année. Un chèque énergie aidera les plus pauvres à payer leurs factures. Mais ces mesures restent peu accompagnées sur le plan financier et seul un maillage de proximité avec les acteurs de terrain permettra d’atteindre l’objectif d’une baisse de 15 % de la précarité énergétique d’ici 2020."
Accedez au dossier de la gazette santé social

Ce qu’il faut retenir des « Panama papers »

Le Monde, en partenariat avec 108 médias étrangers et le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) a eu accès à une très grande masse d'informations inédites : 11 millions de fichiers provenant des archives du cabinet panaméen Mossack Fonseca, spécialiste de la domiciliation de sociétés offshore. Les données, qui constituent le plus gros "leak" de l'histoire, s'étalent de 1977 à 2015. Elles révèlent que des chefs d'Etat, des milliardaires, des grands patrons, des figures du sport, de la culture, de l'économie recourent, avec l'aide de certaines banques, à des montages de sociétés afin de dissimuler leurs avoirs.

Lire le dossier du monde


Revue de presse du 3 avril 2016


La dégradation de la situation des jeunes en cinq chiffres


"Pauvreté, chômage, niveau de vie : la situation des jeunes se dégrade par rapport aux autres tranches d’âge de la population. C’est en tout cas le constat que fait France Stratégie, organisme de réflexion rattaché au premier ministre, dans un rapport publié jeudi 31 mars. « Les dépenses publiques sont concentrées sur les âges élevés », soulignent les auteurs de l’étude. Nous avons extrait du rapport cinq chiffres qui reflètent la dégradation de la situation des jeunes.
En 2012, près d’un quart des 18-24 ans vivaient sous le seuil de pauvreté, contre 17,6 % en 2002. Cet indicateur mesure la part de la population ayant des revenus inférieurs à 60 % du niveau de vie médian (1 667 euros mensuels par ménage, soit un seuil de pauvreté à 1 000 euros). Ce taux de pauvreté a augmenté dans toutes les catégories d’âge, sauf parmi les plus de 60 ans."
Le rapport pointe "certaines caractéristiques liées au « modèle » français. L’accompagnement des transitions vers l’âge adulte reste du principal ressort des solidarités familiales. L’accès des jeunes à l’indépendance économique est tardif et fragmenté, soit par élitisme éducatif, soit par éloignement de l’emploi des non-qualifiés. Enfin, les relations sur le marché du travail et dans l’entreprise sont plus favorables aux travailleurs en place qu’aux nouveaux entrants."
Conclusion politique à retenir : "si l’accompagnement de l’entrée dans l’âge adulte est laissé aux familles, cela favorise la perpétuation des inégalités sociales."


Lire l'article du monde
Lire le dossier de France stratégie

Quand des manifestants passent la “Nuit debout” contre la loi El Khomri



Quand le management rend le travail inhumain

Malheureusement ce témoignage des techniques qui rendent le travail inhumain se passe dans une mutuelle. On a bien envie de savoir laquelle et de connaitre la société de conseil en management.
Merci à "Léna" pour la qualité de son témoignage.Les techniques de deshumanisation sont bien rodées, ce qui reste d'humanité devenant un obstacle à la bonne appartenance à la "team"....


CEVIPOV : les deux problèmes les plus importants pour les français

Le Cevipov propose un tableau où vous pouvez voir l'évolution des préoccupations des français. Ainsi si le chomage et l'immigration sont actuellement les deux principales préoccupations, la question de l'immigration n'apparaissait qu'en 5° position en 2014...
Lire l'article du monde


Revue de presse du 26 mars 2016


HLM : un système d’attribution « illisible et inégalitaire »

"Une enquête officielle sur les attributions de logements sociaux risque de bousculer le monde HLM. Rendue publique le 24 mars, cette étude montre que le système « à la française » de choix des locataires sociaux est particulièrement complexe, pour se révéler inéquitable, voire discriminatoire. Le résultat d’un accès au logement social segmenté en quatre filières aux logiques contradictoires, du contingent communal ou intercommunal (en moyenne 20 % des places) au bailleur social en direct, en passant par le contingent préfectoral (25 % pour les prioritaires, 5 % pour les fonctionnaires) et les réservations, au nom des entreprises, d’Action Logement (auparavant appelée 1 %).
Cette étude a été commandée par le Défenseur des droits, Jacques Toubon, le Commissariat général à l’égalité des territoires, sous tutelle du premier ministre, et le Plan urbanisme construction architecture (sorte de cellule de recherche du ministère du logement). Réalisée par le Lab’Urba de l’université Paris-Est et l’association Peuples des villes, l’enquête exploite, pour la première fois, les données collectées par le Système national d’enregistrement des demandes de logements sociaux, opérationnel depuis 2015 seulement."
Deux conclusions troublantes dans cette étude sont que, quand vous êtes déclarés prioritaire, le résultat est que votre demande mettra plus de temps à être satisfaite, ou ne le sera pas ! Ensuite la sélection des dossier se fait au détriment des étrangers non originaires de l'Union européenne, "comme si leur demande ne pouvait trouver satisfaction par la voie du droit commun".
Lire l'article du monde

Loi du 14 mars 2016 relative à la protection de l’enfant

Votée le 1° mars, la loi a été promulguée le 14 mars 2016. Elle a été publiée au Journal officiel du 15 mars 2016.
Le texte prévoit :
  • la désignation, dans chaque service départemental de protection maternelle et infantile (PMI), d’un médecin référent pour la protection de l’enfance
  • l’attribution aux observatoires départementaux de la protection de l’enfance d’une mission supplémentaire pour la formation continue des professionnels de la protection de l’enfance
  • la réécriture de l’article du code de l’action sociale et des familles relatif au projet pour l’enfant (PPE) afin d’en faire un véritable instrument au service de l’intérêt supérieur du mineur
  • la possibilité pour l’assistant familial de pouvoir pratiquer, de sa propre initiative, un certain nombre d’actes quotidiens, précisément listés dans le projet pour l’enfant
  • la réforme de l’adoption simple, afin de lever certains freins juridiques au développement de cette forme d’adoption et de la rendre irrévocable durant la minorité de l’adopté, sauf sur demande du ministère public pour motifs graves
  • l’extension des cas de ré-adoptabilité aux enfants adoptés et admis en qualité de pupilles de l’État
  • la systématisation de la désignation par le juge des enfants d’un administrateur ad hoc, indépendant du service de l’aide sociale à l’enfance (ASE), chargé de représenter les intérêts du mineur dans la procédure d’assistance éducative, lorsque ces derniers sont en opposition avec ceux des titulaires de l’autorité parentale
  • l’ajout dans les missions de l’ASE de veiller à la stabilité du parcours de l’enfant
  • la responsabilité du président du Conseil départemental pour proposer, dans l’intérêt de l’enfant, un accompagnement du parent auquel il est restitué un enfant né sous le secret ou devenu pupille de l’État
  • la réforme de la procédure de la déclaration judiciaire d’abandon.

Lire la suite sur le site vie-publique

"À guichets fermés" un rapport de la CIMADE

La Cimade dénonce dans un nouveau rapport la mise à distance des personnes étrangères des guichets des préfectures. Un service public au rabais pour des usagers pourtant parmi les plus précaires.
"Fondé sur les constats faits dans ses 131 permanences d’accueil, La Cimade sort un rapport sur l’accès aux préfectures. Contrairement à d’autres démarches entreprises en préfecture, celles que doivent entreprendre les personnes étrangères emportent des conséquences dramatiques en cas d’échec : précarité administrative, sociale et économique du fait de la non délivrance ou de l’absence de renouvellement du titre de séjour, voire expulsion du territoire. Les personnes étrangères ont en effet l’obligation légale de déposer une demande de titre de séjour en préfecture et de renouveler leur titre périodiquement pour pouvoir circuler sur le territoire.
Parcours du combattant
En théorie, le principe d’égalité devant le service public, à valeur constitutionnelle, garantit un accès égal de tous et interdit que certaines catégories d’usagers soient discriminés du fait de leur situation ou de la nature de leur demande. Et pourtant, l’accès à la préfecture pour les étrangers relève du parcours du combattant.
Dans un contexte économique défavorable, les conditions de travail dans le service public se dégradent et l’accès aux droits pour les usagers se complique. Les solutions mises en œuvre par l’État s’orientent de plus en plus vers la dématérialisation : qu’il s’agisse de la demande d’information, de la prise d’un rendez-vous ou du dépôt d’un dossier, le passage par internet est parfois incontournable. Or ces solutions, certes intéressantes et parfois adaptées, conduisent à exclure certains usagers, et souvent les plus précaires, lorsqu’elles sont utilisées de façon exclusive.
Malgré tous les efforts entrepris par l’État depuis 2012, La Cimade ne constate aucune réelle amélioration et s’inquiète au contraire de difficultés de plus en plus importantes pour accéder à ce service public.
Lire le rapport de la CIMADE

Psychiatrie, l’enfer derrière les portes

"Bousculant les habitudes, la contrôleure des libertés s’est publiquement indignée des pratiques «honteuses» du Centre psychothérapique de l’Ain, où isolement et contention sont la norme."
Etait-ce possible de ne rien voir ? Ou plutôt de ne rien dire ? Comment se fait-il que l’Agence régionale de santé (ARS), dont c’est la fonction, et la Haute Autorité de santé (HAS), qui y a mené plusieurs missions, soient passées au travers ?
Depuis des mois, des années, le Centre psychothérapique de l’Ain, seul hôpital psychiatrique du département, fait vivre dans des conditions inhumaines une grande partie de ses patients, hors de toute légalité, hors de toute justification thérapeutique. Le personnel soignant, comme le personnel médical, a vu et participé à ces pratiques. Depuis des années, des missions d’évaluation et d’accréditation ont été ordonnées, mais aucune n’a réagi.
Pour qu’Adeline Hazan, la contrôleure générale des lieux de privation de liberté, lance une mission, il a fallu attendre le courrier envoyé par la famille d’une patiente attachée depuis plus d’un an à son lit sans que ses proches ne puissent la voir. La semaine dernière, donc, bousculant les habitudes de travail de sa structure, la contrôleure a rendu public, avant même la rédaction de son rapport, des recommandations très fermes sur le centre psychiatrique de Bourg-en-Bresse, décrivant une situation insupportable.
(...) En somme, on enfermait et on attachait. «Outre ceux placés en chambre d’isolement, de nombreux patients hospitalisés dans les unités de "soins de suite" sont enfermés dans des chambres ordinaires, note la contrôleure. Nous avons constaté que cet enfermement, qui dépasse souvent vingt heures par jour, pouvait être prolongé pendant plusieurs mois. Il peut s’y ajouter une contention au lit ou au fauteuil jusqu’à vingt-trois heures par jour, pour certains patients pendant des mois également, voire des années.»
Certains jours, 35 patients sont contenus sur leur lit. Dans l’une de ces unités, une personne est isolée, attachée, depuis une date indéterminée. «Chacun des soignants interrogés sur le début de cette mesure, dont certains sont en poste dans l’unité depuis plusieurs années, a répondu n’avoir jamais vu cette personne ailleurs que dans la chambre d’isolement… " (...)«Ce qui est sidérant, analyse un observateur, c’est que dans le discours de cet établissement, tout est parfait, les procédures comme il faut, avec le jargon médico-administratif qui convient. Mais dans les faits, c’est un autre monde, un vrai cauchemar. Cherchez l’erreur.»"
Lire l'article de Libération

Les programmes de réussite éducative : deux évaluations sèment le doute

"Le CGET publie deux évaluations a priori contradictoires des programmes de réussite éducative (PRE). La première, réalisée par des chercheurs de l'Institut des politiques publiques (majoritairement des économistes), constate "une absence d'effet des parcours PRE sur la situation des enfants". La seconde, menée par le cabinet "Trajectoires", conclut que "le programme de réussite éducative est une condition indispensable à la réussite scolaire". Le CGET en tire une série de pistes de réflexion.
Après l'enquête sur les 493 projets (ou parcours) de réussite éducative (PRE), le commissariat général à l'Egalité des territoires publie deux études, l'une quantitative, l'autre qualitative, commandées dans le but d'établir le premier bilan global de ce dispositif et quelques préconisations pour l'avenir.
La première étude, réalisée par des chercheurs de l'Institut des politiques publiques (IPP), porte sur des enfants de 133 écoles de territoires prioritaires de la politique de la ville. Ils ont été interrogés, ainsi que leurs parents, leurs enseignants et leurs coordonnateurs PRE quand il y a lieu. Car la particularité de la méthodologie est d'avoir travaillé sur deux échantillons : l'un constitué de 102 écoles accueillant au moins un élève bénéficiaire d'un PRE (soit 404 enfants) ; l'autre constitué de 31 écoles "témoins" situées dans des territoires comparables mais n'étant pas bénéficiaires d'un PRE. L'idée étant que "si les deux groupes d'enfants sont parfaitement comparables avant mise en place des parcours, alors toute différence d'évolution entre les deux groupes est imputable au parcours, qui est tout ce qui distingue (en moyenne) les deux groupes".
(...)Changement de ton avec l'étude qualitative menée par les consultants du bureau d'études Trajectoires à partir de 128 entretiens réalisés dans le cadre de 8 PRE (*). "Le programme de réussite éducative est une condition indispensable à la réussite scolaire", conclut cette seconde étude. Mais dans le détail, il apparaît effectivement que pour une partie des enfants suivis en PRE, le dispositif ne peut pas faire de miracle.
Trajectoires a ainsi distingué quatre groupes d'enfants pris en charge, dont deux seulement verront un effet bénéfique – et indispensable – du PRE.
Lire le dossier de Localtis

« Pourquoi la Belgique gère-t-elle aussi mal les fractures récentes ? »

Peu de pays de l’Union européenne accusent un écart aussi grand entre élèves autochtones et ceux d’origine étrangère que la Belgique. Il y a peu de pays de l’Union européenne où les personnes issues de l’immigration (dites allochtones) ont autant de mal à trouver du travail. Aucun autre pays européen n’a fourni autant de combattants pour la Syrie que la Belgique.
Ne le savions-nous pas ?
Si, nous le savions. Depuis plus de dix ans, les sociologues préviennent que la scolarisation des allochtones bat de l’aile. Bien que les élèves d’origine belge se classent bien dans les tests internationaux, le fossé qui les sépare des enfants et des jeunes issus de l’immigration ne fait que s’élargir.
Vingt-huit pour cent de ces derniers quittent l’école sans avoir obtenu de diplôme d’études secondaires. A l’âge de 17 ans, 68 % d’entre eux ont redoublé au moins une fois (chiffres de l’enseignement francophone). Nulle part ailleurs en Europe, la ségrégation entre les écoliers « blancs » performants et les élèves allochtones n’est aussi grande qu’en Belgique.
lire l'article du monde


Revue de presse du 13 mars 2016


Discours de Ségolène Neuville à l’occasion de la Conférence Parlementaire sur le Travail Social

« La citoyenneté - Contributions du travail social et des formations sociales en France et à l’international »
Dans ce discours Ségolène Neuville présente son plan d'action : "Il se traduit par trois volontés fortes et partagées :
  1. Renforcer la participation des citoyens pour mieux les accompagner,
  2. Mieux coordonner les politiques publiques dans une logique de développement social,
  3. Moderniser l’appareil de formation et revaloriser les métiers du travail social.
"Le plan prévoit l’expérimentation d’un « référent de parcours » au cours de l’année 2016, sur le modèle du « médecin traitant », afin d’apporter des réponses globales et coordonnées aux personnes dont la situation est particulièrement complexe et de faire lien avec toutes les administrations."
les fonctionnaires relevant de la filière sociale, dans les trois versants de la fonction publique, 6 bénéficieront d’une revalorisation, à compter de 2018, en reconnaissance de leur diplôme au niveau licence et du niveau des missions exercées ».
Mesure très attendue, ce reclassement se fera au terme d’un travail de réingénierie des diplômes, menée par Commission Paritaire Consultative des formations sociales, et d’une contractualisation entre les établissements de formation en travail social et les conseils régionaux. Cette contractualisation permettra de répondre aux exigences qualité imposées par l’ouverture d’équivalences automatiques entre les diplômes d’État et le niveau licence, en facilitant les passerelles avec les universités."
Acceder au dossier

Un monde de camps

20 millions de personnes sont "encampées", dont 6 à 8 millions , au moins, vivent aujourd’hui dans les 450 camps de réfugiés existants dans le monde.
Découvrez avec Michel Augier ces mondes "bizarres", et le travail de catégorisation des identités qui y est produit.
Voir la présentation du livre de Michel Agier sur lectures.revues.org

Présentation du premier rapport d'évaluation sur la lutte contre la traite et l'exploitation des êtres humains

La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) rend public son premier rapport d’évaluation de la lutte contre la traite et de l’exploitation des êtres humains en France. Rapporteur national indépendant, la CNCDH rend compte à la Commission européenne.
Urgence extrême à lutter contre la traite et toutes les formes d’esclavage aujourd’hui en France
Des milliers de personnes privées de leurs droits et de leur dignité
La traite et l’exploitation des êtres humains, ce sont des femmes, des hommes, des enfants, privés de leurs droits, victimes de violence physique et psychologique, vivant dans des conditions insupportables.
Loin des idées reçues, la CNCDH, au terme de son évaluation, peut affirmer que, dans notre pays, des mineurs, des femmes et des hommes sont contraints de se prostituer. Dans notre pays, des jeunes filles sont réduites en esclavage domestique. Dans notre pays, des personnes vulnérables souvent en raison d’un handicap se trouvent en situation de travail forcé. Dans notre pays, des enfants sont contraints à la mendicité et à la délinquance.
Le constat est sans ambiguïté : nouvel esclavage, la traite et l’exploitation des êtres humains existent ici et maintenant, et recouvrent des réalités très diverses que les autorités publiques ne peuvent plus occulter.
(...) "Les victimes, notamment mineures, chaque jour plus nombreuses, sont encore malmenées comme si elles étaient coupables : dépôt de plainte quasi impossible, infractions non poursuivies, et au bout du compte de la souffrance et des larmes.
Lire le rapport de la CNCDH

Les malades mentaux sont parmi nous, n’ayez pas peur

"Doc Arnica reçoit et soigne des malades mentaux régulièrement. Et pour elle, le regard sur les personnes atteintes de ces maladies doit changer."
Pour nous le montrer, "Donc Arnica" nous présente des portraits de patients. Ces portraits montrent que la plupart se soignent et s'en sortent, contrairement à l'image de dangerosité et de risque permanent véhiculée par les médias.Et donnant quelques exemples de traitements médiatiques récents, elle conclut : "J’imagine l’impact que cela a pu avoir sur les patients qui se soignent et qui font tout pour vivre le mieux possible avec leur maladie. Il existe un traitement des médias totalement discriminatoire par rapport à la maladie mentale, avec des jugements à l’emporte-pièce, en ne connaissant encore rien du dossier médical des personnes incriminées. Pourtant la plupart des patients qui ont été malades un jour s’en sortent et vivent à nouveau le mieux possible, travaillent et élèvent leurs enfants."
Lire l'article sur rue 89 Strasbourg


Revue de presse du 06 mars 2016


Adoption de la loi relative à la protection de l'enfant

Le texte définitif de la proposition de loi a été adopté en lecture définitive par l’Assemblée nationale le 1er mars 2016.
Après désaccord en commission mixte paritaire, la proposition de loi avait été adoptée en nouvelle lecture par l’Assemblée nationale le 27 janvier 2016 et par le Sénat le 18 février 2016.
Déposée au Sénat par Mmes Michelle Meunier, Muguette Dini et plusieurs de leurs collègues le 11 septembre 2014, la proposition de loi avait été adoptée en première lecture, avec modifications, par l’Assemblée nationale le 12 mai 2015 et en première lecture par le Sénat le 11 mars 2015. En deuxième lecture, elle avait été adoptée, avec modifications, par le Sénat le 13 octobre 2015 et, avec modifications, par l’Assemblée nationale le 18 novembre 2015. La proposition de loi vise à compléter la loi du 5 mars 2007 réformant la protection de l’enfance. Voici une présentation de cette loi sur le site du Sénat :

[Entretien] Proposition de loi relative à la... par Senat
Accedez au site vie publique

Loi Travail: la pétition dépasse le million de signatures ...



Accedez à la pétition sur change.org

"Le conseiller de la ministre du Travail démissionne et balance"

"Ces gens-là restent dans l’ombre. Proche conseiller de la ministre du Travail, Pierre JACQUEMAIN a claqué la porte à la mi-février.
Pas d’accord avec le projet de loi. Une erreur historique, dit-il, un texte du MEDEF rédigé d’une main de fer par Manuel VALLS. Un témoignage très rare sur l’état de décomposition du pouvoir. Un courage très rare par les temps qui courent et qui peut servir de symbole et de modèle à celles et ceux qui s’engagent dans la lutte qui vient."
Acceder à l'émission de là-bas si j'y suis

Accueil des étrangers : Bernard Cazeneuve veut renforcer les parcours d’intégration selon trois priorités

Une instruction définissant les orientations à mettre en œuvre pour l’année 2016 concernant la politique d’accueil et d’intégration des étrangers en France vient d’être publiée, ce matin, par le ministère de l’Intérieur. Adressée aux préfets de région et de département, elle précise les « priorités d’action » et les « modalités d’optimisation des moyens de la politique d’intégration » pour l’année en cours.
Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, y rappelle que durant l’année 2015 la formation civique pour les étrangers a été « mieux adaptée aux besoins » (d’une durée de deux jours au lieu d’une seule auparavant), le renforcement de la formation linguistique a été préparé pour être opérationnel cette année (50 000 bénéficiaires au lieu de 25 000 jusqu’à maintenant) et les actions d’intégration territoriales ont fait l’objet d’un « suivi renforcé » (1 350 actions bénéficiant à plus de 90 000 personnes). Cependant, le dispositif du contrat d’accueil et d’intégration est toujours jugé « insuffisant ». Le projet de loi relatif au droit des étrangers devant pallier les manques.
Dans ce cadre, Bernard Cazeneuve demande aux préfets de prendre le relais du premier accueil assuré par l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) en « organisant de véritables parcours d’intégration ». Ils devront ainsi mettre en œuvre trois priorités : l’apprentissage de la langue française, l’appropriation des valeurs de la République et de la société française et l’accompagnement global des étrangers vers un accès effectif aux droits.
Concernant la première priorité, les préfets devront compléter la formation prescrite par l’Etat à l’arrivée des étrangers en France en encourageant à la « professionnalisation » des acteurs associatifs, en recensant les organismes de formations ou les ateliers sociolinguistiques afin d’améliorer la lisibilité des offres proposées et, enfin, en finançant les projets « les plus innovants en termes de rationalisation de moyens, d’homogénéisation de l’offre, de renforcement de la qualité et de couverture territoriale ».
Lire l'article sur Maire-info


Revue de presse du 28 fevrier 2016


Orelsan : la cour refuse de censurer l’expression des « tourments d’une jeunesse désenchantée»

Tout d'abord un mot pour conseiller aux lecteurs de cette petite revue de presse la lecture régulière des chroniques judiciaires de Pascale Robert-Diard. Ses chroniques sont des instantanés d'audience, ou les comptes rendus fidèle de longs procès, mais aussi des explications détaillées des motivations d'une décision judiciaire.
Ici il s'agit des motifs de la relaxe du rapeur Orelsan, malgré des propos d'une rare violence à l'égard des femmes. Le fond du jugement c'est la distinction entre le fait de décrire le malaise d'un milieu et le fait de faire l'apologie de la violence de ce milieu : "« Orelsan dépeint, sans doute à partir de ses propres tourments et errements, une jeunesse désenchantée, incomprise des adultes, en proie au mal-être, à l’angoisse d’un avenir incertain, aux frustrations, à la solitude sociale, sentimentale et sexuelle » et que les propos de ses personnages sont également « le reflet du malaise d’une génération sans repère, notamment dans les relations hommes femmes ».
De même le rap est « par nature un mode d’expression brutal, provocateur, vulgaire, voire violent puisqu’il se veut le reflet d’une génération désabusée et révoltée ». A méditer...
Accedez aux chroniques

Découvrez l'histoire de la prévention spécialisée

Patrick Dubechot nous livre un feuilleton passionant sur l'histoire de la prévention spécialisée.
Ces chroniques montrent l'importance de l'histoire pour la compréhension de nos institutions. Conclusion provisoire : lisez Des éducateurs dans la rue. Histoire de la prévention spécialisée" de Françoise Tétard et Vincent Peyre
et à nouveau merci à la web radio "le trottoir d'à côté"
Ecoutez la chronique
Lire le texte de Jacques Bourquin

Lien social : "Bas Rhin : L’hébergement d’urgence à la rue"

La résistance s’organise en Alsace. Car décidément, dans la région, la solidarité n’est plus au programme des politiques publiques. Après le Haut-Rhin, qui instaure un véritable chantage au RSA (voir l'article de lien social du 12 février) le Conseil départemental du Bas-Rhin vient tout simplement de réduire à zéro son budget dédié à l’accueil, l’hébergement et l’accompagnement des personnes sans abri.
Un budget de 640 000 euros qui passe à la trappe. Et avec lui, des associations qui risquent de ne pas y survivre. « Touchés à mort », les mots de Carole Ely, la directrice de Regain, une association d’hébergement de femmes à la rue ou victimes de violence, disent la violence du choc. Le collectif des associations unies prédit des « conséquences dramatiques » dans une lettre ouverte à Frédéric Bierry, président (LR) du département. Lequel se défend de vouloir seulement mettre l’État « au défi ». Un jeu qui peut coûter cher aux centaines de personnes sans-abri dans la région. « Comment justifier une décision aussi brutale qui aura pour effet d’augmenter la grande précarité et les situations d’errance sur votre territoire ? » interroge la lettre."

Démographie : pourquoi la mortalité augmente en France




Revue de presse du 21 fevrier 2016


Sur la web radio "le trottoir d'à côté", RETOUR SUR LA JOURNÉE "DESSINE-MOI UN PROJET"

Le projet pour l'enfant en protection de l'enfance, où en est-on ? L'association Idée 93 a organisé une journée sur ce sujet, en lien avec l'ONED (Elsa KERAVEL, Magistrate,présente la recherche que mène actuellement l'ONED à ce sujet), des professionnels et des jeunes, avec aussi Jean-Pierre Boutinet comme grand invité ("la nécessité du projet...malheureusement !").
Je trouve fort pertinente la critique de Jean-Pierre Boutinet sur la vision excessivement englobante du terme "enfant" : de zero à 18 ans, il y a cinq âges de la vie qui générent des comportemrnts spécifiques. Il est important de bien spécifier ces âges. L'âge du nourrisson, dans un état de dépendance, qui ne peut acceder au langage mais explore le monde, qui doit acquérir la permanence de l'objet. L'enfant de 2 ans et demi (apparition du langage)à huit ans développe un imaginaire, des rêves; Une pédagogie demande d'aider l'enfant à jouer, imaginer, explorer. Le pré-adolescent a besoin d'être associé à des projets de groupe, d'équipe, pour experimenter non pas l'avenir mais le présent.
Un ressort c'est la pédagogie de l'action qui rend le pré-adocescent partenaire; L'adolescence est le temps de bascule, de recherche de reconnaissance. Dans la post-adolecence le jeune peut distinguer le possible, faire des projets qui seront à refonder ultérieurement.
Jean-Pierre Boutinet propose de reserver le projet d'avenir à la post-adolescence, avec sept caractéristiques : il n'y a de projet que d'un auteur qui assume la double tâche de conception et de réalisation. Les architectes signent leurs batiments ; c'est par le projet que nait le batiment; D'abord l'atelier, le dessin.
Le lien entre auteur et responsabilité vient du fait qu'après le projet je dois répondre de sa réalisation. Nous ne sommes jamais sur de ce que nous faisons, il faut prendr en compte l'incertitude et la complexité. Il y a toujours un écart. Il y a des contraintes mais aussi des opportunités.
Un système de contraintes sans opportunités...Un projet est toujours porteur de sens. "Un projet pour l'enfant, je ne vois pas le sens"; En plus du projet il faut un appui stimulant sur l'expérience. le sens vient de surcroit. Un projet de loi doit être motivé, c'est vrai au niveau individuel et groupal, il faut des justifications de l'ordre du temps, de l'espace, de l'expérience.
L'auteur ne travaille jamais seul, à côté il y a des acteurs. On pourrait faire une cartographie des acteurs. Nous n'avons pas parlé de ce qui permet de réguler le jeu des acteurs : la négociation, si possible régulée par l'auteur.
La négociation devrait être permanente. Enfin, la singularité de la solution projetée. Comment esquisser des solutiosn singulières compte tenu de la situation et des acteurs ?
Cinq prépositions : un projet de, avec, pour, sur, contre. Le projet "de" est le plus authentique, à moins que derrière qelqu'un tire les ficelles ; s'assurer que l'auteur est bien là..
L'auteur qui n'est pas sur de lui se fait accompaner par un acteur qui va l'aider dans sa démarche d'autonomisation, avec trois stratégies : le suivi, le conseil, la guidance.
le projet individualisé : la personne fragilisée n'est pas à même de se mettre en projet. L'équipe qui entoure le jeune va essyer de penser à la place du jeune, avec les risques que cela comporte, un projet. Une situation individualisée qui fait l'objet d'un projet.
Si l'apprentissage nous est familier, il peut être interessant de le situer en contrepoint du projet. ap-prendre, prendre pour projeter; J'expulse de moi le projet pour m'approprier l'environnement.
Merci au "trottoir d'à côté" de nous permettre de profiter de cette journée !
Accedez aux interventions
Voir le dossier de l'ONED
Lire le dossier de la CNAPE et de l'UNIOPS


Revue de presse du 13 fevrier 2016


La France, mauvaise élève des droits de l’enfant

Mineurs étrangers isolés, enfants roms ou handicapés, châtiments corporels, justice pénale… C’est un inventaire à la Prévert peu flatteur que le comité sur les droits de l’enfant de l’ONU (CRC) a publié, jeudi 4 février, sur la France. Vingt pages de recommandations à l’attention du gouvernement, rédigées à l’issue d’un examen auquel se soumettent périodiquement tous les Etats signataires de la convention internationale des droits de l’enfant. Aucun pays ne sort de l’exercice avec les félicitations du jury.
Mais il est à noter que plusieurs sujets déjà pointés du doigt en 2009, lors de la dernière audition de la France, reviennent sur la table. « Le comité tance de nouveau la France », remarque Nathalie Serruques, de l’Unicef France. Notamment sur la situation des enfants migrants. Là où la secrétaire d’Etat chargée de l’enfance, Laurence Rossignol, parle pudiquement d’« axes d’amélioration » dans un communiqué, Mme Serruques laisse poindre son exaspération :
« C’est la préoccupation majeure, à Calais et à Grande-Synthe en particulier. Il n’y a pas d’accès aux droits fondamentaux, pas de mise à l’abri, pas d’accès à l’éducation ni à la santé. Jusqu’à quand ? Les condamnations pleuvent, on est montrés du doigt, ça suffit. Il n’y a pas de fatalité, c’est une question de volonté politique. »
Lire l'article du Monde

L’Etat va raser la moitié de la « jungle » de Calais

"La préfète du Pas-de-Calais va réduire de moitié la surface de la « jungle » de Calais. Fabienne Buccio a annoncé, vendredi 12 février, qu’elle donne une semaine aux migrants qui campent dans la partie sud du bidonville pour quitter les lieux. Entre 800 et 1 000 personnes, installées sur 7 hectares dans des tentes ou des cabanes, seraient concernées.
Il s’agit de la deuxième réduction du bidonville depuis le début de l’année. Une nouvelle étape avant la disparition souhaitée par l’Etat de ce lieu qui concentre, en France, les vives tensions engendrées par la crise migratoire que traverse l’Europe. Le ministère de l’intérieur souhaite à terme ne conserver que des hébergements structurés et contrôlés.
Lire l'article du monde

Carnet de Sante Foireuse - Interview de Pozla



Les barrières à la scolarisation d’élèves handicapés persistent

Des progrès, mais peut mieux faire. Telle est l’appréciation donnée par le Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) à la scolarisation des élèves handicapés. Après une décennie (2005-2015) de progrès jugés « fulgurants » en la matière, qui a vu les portes de l’école s’ouvrir à ces enfants, l’instance d’évaluation a présenté, jeudi 11 février, ses préconisations pour que l’on s’approche davantage de l’idéal d’une école « inclusive ». Cette présentation fait à la suite d’une conférence de comparaisons internationales sur le sujet, organisée les 28 et 29 janvier en présence de décideurs.
D’abord, les succès. Dix ans après la loi de 2005, qui a instauré un droit à la scolarisation pour tous les enfants et adolescents handicapés, la situation s’est considérablement améliorée. En une décennie, le nombre d’élèves handicapés scolarisés en « milieu ordinaire », c’est-à-dire dans une école lambda, a presque doublé (252 285 élèves en 2014 contre 133 838 en 2004). Aujourd’hui, la moitié des élèves handicapés sont scolarisés dans une classe ordinaire et bénéficient, si besoin, de l’accompagnement d’un auxiliaire de vie scolaire. Un quart est scolarisé dans une classe spécialisée d’une école ordinaire. Près de 20 % suivent leur scolarité dans un établissement médico-social ou à l’hôpital. Cette évolution concerne tous les niveaux de la scolarité, de la maternelle au lycée, et tous les types de handicap – même si les déficiences intellectuelles sont moins représentées en milieu ordinaire que les déficiences physiques.
Mais si « l’école inclusive est bien en train de devenir une réalité dans le primaire, les élèves en situation de handicap sont encore très souvent séparés des autres au collège, et plus encore au lycée », souligne Nathalie Mons. La quasi-totalité des enfants handicapés âgés de 3 à 5 ans sont scolarisés dans une école ordinaire ; à 12 ans, ils sont 80 % ; à 15 ans, un peu plus de 60 % ; et à 18 ans, seulement 44 %. Ils accèdent très peu aux études postbac : seuls 6 % des jeunes handicapés âgés de 20 à 24 ans sont diplômés de l’enseignement supérieur.
Lire l'article du monde


Revue de presse du 6 fevrier 2016


Bernard Lahire, sociologue : “Nos responsables politiques ont tendance à refuser toute explication”

"Face aux attentats, aux émeutes ou aux crimes, le sociologue s'inquiète de la réponse politique, qui balaye d'un revers de manche toute tentative d'éclairage apportée par les sciences humaines. "Les savants sont soupçonnés immédiatement d’identification avec les criminels", estime-t-il.
Un premier ministre qui lance au Sénat le 26 novembre 2015 qu’il en a « assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses ou des explications culturelles ou sociologiques à ce qui s'est passé », non seulement confond « justifier » et « comprendre », mais dénie toute légitimité à la connaissance. C’est donc à la fois l’expression d’une profonde ignorance quant à ce que font réellement les chercheurs en sciences sociales, et la victoire du registre émotionnel et guerrier.
Savoir comment nous en sommes arrivés là n’aurait aucune espèce d’utilité, il s’agirait juste de désigner le mal et de le combattre. Si Manuel Valls veut par là prouver aux électeurs de droite et d’extrême droite qu’il est intransigeant, c’est un populisme très dangereux. Mais c’est surtout le signe d’une grande confusion intellectuelle et d’un abandon de l’idéal de connaissance des Lumières."
Lire l'article de Télérama

Trois mois après les attentats, le désarroi de Sonia et Bley Bilal



Le retour à l’emploi passe par une vie moins difficile – Florent Guéguen, directeur général de la Fnars

Les associations qui accompagnent et emploient des personnes en situation de précarité voyaient d’autres priorités à donner au plan d’urgence pour l’emploi, surtout dans le contexte de chaos social actuel.
Avec 2,4 millions de personnes en recherche d’emploi sans activité depuis plus d’un an, les associations estiment en effet que faciliter les embauches ne saurait suffire.
Depuis le début de la crise, des emplois ont été créés, mais insuffisamment et de nombreux emplois peu qualifiés ont été détruits massivement (près de 2 millions d’emplois d’un niveau CAP/BEP ont ainsi disparu en cinq ans). Former 500 000 personnes en recherche d’emploi, pour les accompagner dans leur retour à l’emploi, est bien une mesure capitale, mais la qualité de ces formations, qui reste à définir, est au moins aussi importante que leur nombre. En ce sens, l’insertion par l’activité économique, qui construit un parcours de formation adapté et l’associe à un travail salarié, aurait pu être valorisée dans ce nouveau plan pour l’emploi. Tout comme l’économie sociale et solidaire en sa capacité de création d’emploi.
Mais l’embauche et la création d’emploi ne constituent qu’une partie des solutions. Il est regrettable que les problèmes sociaux périphériques qui peuvent freiner l’accès à l’emploi ne fassent pas encore partie des priorités que se donne le gouvernement pour lutter contre le chômage. Plusieurs millions de personnes sans activité vivent dans la peur de perdre leur logement, de ne pas pouvoir se nourrir, se soigner, s’occuper de leurs enfants, et finalement d’être exclues d’une société qui devient de plus en plus intransigeante. Faciliter leur retour à l’emploi passe forcément par une vie quotidienne moins difficile."
Lire l'article de la Gazette santé-social

Rapport 2015 du Défenseur des droits : les enfants en première ligne

"Dans son bilan d'activité 2015, Jacques Toubon, au poste de défenseur des droits depuis juillet 2014, tourne la page sur une année éprouvante pour la France mais qu'il a voulue combative. Son "engagement résolu en faveur de l'accès aux droits" fait écho à une activité en hausse, + 8,3 % par rapport à 2014. Des réclamations mettant souvent en cause la qualité du service public."
" Cette année encore, plus de 50% des réclamations individuelles adressées au Défenseur des droits dans le domaine de l’enfance ont trait à la justice familiale et à la protection de l’enfance », souligne le rapport. L’institution est intervenue dans différents cas d’arrêt de scolarisation, du fait des établissements, ou de refus de scolarisation, du fait d’une commune, notamment celle d’enfants résidant dans un campement.
L’institution s’est aussi mobilisée pour la reconnaissance des droits des enfants hospitalisés et a dédié son dernier rapport annuel des droits de l’enfant au cas des mineurs à la fois touchés par un handicap et pris en charge par la protection de l’enfance, dénonçant un « morcellement de cette prise en charge ».
Lire l'article de la Gazette santé-social

Les défis de l'accueil

"L'afflux de migrants vers l'Europe se poursuivant sans trêve, les mois d'hiver placent les populations comme les autorités devant des difficultés nouvelles. Face à la crise persistante, l'Union européenne est au pied du mur. Quel prix est-elle prête à payer, et jusqu'où pousser les compromis ? Quelles seront les conséquences, en termes de relations diplomatiques, des tendances au repli manifestées par certains États ? En dépit des débats sur la politique migratoire européenne, l'urgence est bien là : les nouveaux arrivants ont un besoin immédiat de logements décents et d'un soutien matériel et financier. Autant de défis exacerbés par l'arrivée de l'hiver.
En Allemagne comme en France, il s'agit de tirer un premier bilan des actions des derniers mois. On retrouve les travailleurs sociaux et gestionnaires de crise travaillant au plus près des migrants, qui exposent les difficultés rencontrées, les impasses, et présentent également des exemples d'accueil réussi."



Zika, virus type du XXIe siècle

"L’OMS, qui a déclaré l’épidémie «urgence de santé publique de portée mondiale», se retrouve confrontée à un cas d’école. Mardi, des autorités sanitaires du Texas ont fait part d’un cas de transmission du virus Zika par voie sexuelle."
D’une épidémie l’autre. Sur l’agenda de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à peine le dernier cas du virus Ebola en Sierra Leone a-t-il été recensé que la structure onusienne se met en guerre contre Zika, sonnant lundi le tocsin, déclarant «d’urgence de santé publique de portée mondiale» cette épidémie.
«Nous devons agir», a affirmé avec force sa directrice, Margaret Chan. L’OMS a estimé qu’un lien entre ce virus transmis par un moustique et une explosion en Amérique du Sud du nombre de cas de microcéphalies (malformation congénitale dont souffrent les enfants nés avec une tête et un cerveau anormalement petits) était désormais «fortement suspecté». «Tous [les experts] s’accordent sur le besoin urgent de coordonner les efforts internationaux pour poursuivre les investigations et mieux comprendre cette relation», a ajouté Margaret Chan.
Bref, c’est l’alerte rouge, la quatrième que l’OMS décrète à ce jour. Même si le virus Zika n’a toujours pas provoqué le moindre mort. A l’évidence, l’agence de l’ONU semble soucieuse de faire oublier les critiques liées à sa réponse jugée bien lente face à Ebola. N’y a-t-il pas eu au moins six mois de temps perdu, Ebola provoquant 11 315 morts pour près de 30 000 cas ?
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Au Brésil, la psychose des bébés microcéphales

"C’est la face cruelle du virus : au Brésil, l’épidémie de Zika s’accompagne d’un accès de microcéphalie chez les nouveaux-nés. Il y a encore quelques mois, cette atrophie congénitale du cerveau, qui compromet les fonctions cérébrales et motrices, était relativement rare. Or, ces trois derniers mois, 3 448 cas suspects ont été relevés, contre 200 par an en moyenne jusqu’alors. Sur les 270 cas confirmés à ce jour, seuls six seraient la conséquence directe d’une infection par le Zika. Assez toutefois pour alarmer les autorités sanitaires."
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Revue de presse du 31 janvier 2016


Cinéma : Les bobines de l’action sociale

"Du 1er au 5 février, à l’Institut régional du travail social (IRTS) de Nancy, le 21ème festival du film d’action sociale présentera quelques dizaines de films documentaires. Une Carte blanche sera donnée à la 6ème biennale du film d’action sociale, partenaire privilégié, qui en octobre 2015 a primé deux films :
  • Murmures donne à voir singulièrement les patients une unité d’un hôpital psychiatrique lyonnais.
  • Ion aborde la résilience d’un jeune homme ayant perdu la vue.

Une autre Carte blanche sera donnée au festival du film documentaire Traces de vie, désormais célèbre, présent lui aussi avec deux films :
  • C’est ma vie qui me regarde, le portrait d’une femme âgée, veuve, seule, qui veut continuer de vivre chez elle
  • Quelque chose des hommes, sur la question de la paternité et de la filiation.

Lire la suite sur lien social

En France, les meilleures business schools, mais pas les meilleurs managers…

"S'il est un domaine dans lequel l'enseignement supérieur français fait des étincelles, c'est bien le management. L'Insead vient ainsi de se voir sacrer meilleur MBA de la planète par le "Financial Times", la référence en matière de classements. Devant Harvard, la London Business School, Wharton, Stanford... et aussi Chicago, Oxford, Cambridge et toutes ces institutions anglo-saxonnes que le monde entier admire. En Europe, HEC décroche régulièrement la couronne de "meilleure business school" pour l'ensemble de ses programmes - MBA "full time" et "Executive" (à temps partiel), master, formation pour dirigeants. Mieux encore : dans le sillage d'HEC, une demi-douzaine d'écoles de l'Hexagone (ESCP-Europe, Essec, EM Lyon, Edhec, Grenoble EM...) figurent régulièrement dans les quinze ou vingt meilleures européennes.
HEC se paie même le luxe d'être régulièrement considérée comme la meilleure école au monde pour la formation des dirigeants. "
Pourquoi l'avis des salariés français est-il alors si mitigé sur les dirigeants ? L'article développe de nombreux points de reflexion sur le sujet.
Lire l'article du blog focuscampus


Revue de presse du 24 janvier 2016


Latifa Ibn Ziaten : "Il y a des Merah partout"

"Cette Franco-marocaine a fondé une association en mémoire de son fils, "Imad Ibn Ziaten pour la jeunesse et la paix", afin de lutter contre la radicalisation des jeunes. Elle mène un travail de terrain contre les dérives sectaires, en prônant la tolérance, l’islam modéré et l’égalité des chances." Dans cet entretien vidéo, Latifa Ibn Ziaten expose ses analyses et elle pointe la souffrance des jeunes qui sont manipulés par les djihadistes (qu'elle décrit comme une secte) : ils sont délaissés par les adultes, d'abord par leurs parents, ensuite par les adultes de l'école, orientés là où il y a de la place, sans espoir dans l'avenir.
Voir l'entretien vidéo

Kenzaburô OE: l'amour d'un père.

"Première partie de deux entretiens avec le romancier et prix Nobel de littérature, OE Kenzaburo. Auteur complexe et sensible, OE occupe une place unique dans la littérature japonaise contemporaine. Aux côtés de Laure Adler, cet auteur livre le récit touchant de sa relation avec son fils handicapé."
En japonais, Hikari veut dire « la lumière ». Attentif, OE décrypte le comportement de son fils qui, "depuis quelque temps", apprécie la musique classique française. Depuis qu’il écoute de la musique, Hikari « passe son temps à écouter les mêmes morceaux, les mêmes compositeurs. Toute l’année, il se lève à 10h du matin, et jusqu’à 22 heures, il va écouter de la musique ». OE sonde également les goûts musicaux de son fils et leur évolution : « un jour c’est Ravel (…) et puis, un beau jour, ça change ! Il quitte Ravel pour un autre compositeur. Pour nous, c’est très mystérieux, on ne sait pas comment ça se fait chez lui ».
"C’est comme ça qu’il vit, mais il a l’air heureux, il ne se plaint jamais."
Depuis quelques années, son fils ne parle plus beaucoup, « Avant, il nous parlait plus volontiers. Il nous disait tiens il y a un oiseau dans le jardin ! Mais ces derniers temps, il se mure dans le silence. ». Au lieu de voir la condition de son fils comme une simple maladie, OE Kenzaburo préfère, au contraire, s’inspirer de sa façon de vivre, « C’est comme ça qu’il vit, mais il a l’air heureux, il ne se plaint jamais. Et, par exemple, moi, quand je vais dans ma bibliothèque, avec mes livres, lui, il a sa collection de disques, donc c’est un peu comme moi avec ma bibliothèque, lui, c’est ses disques»."
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Revue de presse du 17 janvier 2016


DOSSIER SPECIAL : L’UNICEF France publie « Les enfants peuvent bien attendre »

L’UNICEF France publie « Les enfants peuvent bien attendre », un constat critique dressé par 25 regards d’experts sur la situation des droits de l’enfant en France.
A l’occasion de l’audition de la France par le Comité des droits de l’enfant de l’ONU, les 13 et 14 janvier 2016, l’UNICEF France publie « Les enfants peuvent bien attendre », un titre fort mais révélateur des contributions compilées dans cet ouvrage collectif.
Préfacé par Christiane Taubira, Garde des Sceaux et Ministre de la Justice, le livre donne la parole, de manière transversale et inédite, à 25 experts(1) exerçant dans le champ de l’enfance et de l’adolescence (chercheurs, sociologues, avocats et magistrats, professionnels ou encore élus), et, pour la première fois, à quatre Défenseures des enfants, qui partagent leurs réflexions sur l’effectivité des droits de l’enfant aujourd’hui en France. A l’aune de l’examen de l’application de la Convention internationale des droits de l’enfant, si chacun livre sa vision et son analyse de la mesure de son effectivité, tous parviennent à un constat critique : reconnaître des droits ne suffit pas. Un long chemin reste à parcourir, celui de l’effectivité des droits."
Une partie des interventions porte sur la non effectivité des droits ; ainsi Laurent Ott montre le déni de la reconnaisance du statut d'enfant pour les enfants roms ; de même Olivier Peyroux présente "les exclus de la protection de l'enfance", Mineurs isolés étrangers, enfants victime de la traite.
Une autre partie présente des débats sur les principaux concepts de la CIDE : Michel Meirieu et michel Fize sur les droits créances et les droits libertés.Il apparait à la lecture de ces textes que les principaux concepts de la CIDE sont flous : enfance (il faudrait distinguer petite enfance, enfance, adolescence et entrée dans l'âge adulte), discernement, intérêt supérieur de l'enfant...De nombreux droits sont assortis de telles réserves que des applicatiosn contraires sont possibles.
Une ambiguîté importante non abordée dans ce rapport
A mon sens une entrée manque dans ce rapport : les ambiguités de l'article 20 de la convention, qui définit pour l'enfant qui ne peut vivre avec ses parents, un droit à une protection de remplacement : "Cette protection de remplacement peut notamment avoir la forme du placement dans une famille, de la kafalahde droit islamique, de l’adoption ou, en cas de nécessité, du placement dans un établissement pour enfants approprié. Dans le choix entre ces solutions, il est dûment tenu compte de la nécessité d’une certaine continuité dans l’éducation de l’enfant, ainsi que de son origine ethnique, religieuse, culturelle et linguistique."
Tout est ambigu : la définition des situations dans lesquelles la protection est nécessaire, et les formes de cette protection qui vont d'unremplacement total, une substitution familiale (adoption plénière) à...pas de remplacement (placement en institution).

Je présente ci dessous plusieurs extraits de cet important dossier.
Acceder au site de l'UNICEF
Telecharger le rapport

Catherine Sellenet:PROTEGER L’ENFANT OU PROTEGER L’ADULTE ? CE QUE VAUT LA PAROLE DE L’ENFANT DANS LE MAINTIEN DES LIENS

Dans ce rapport d'UNICEF France,très politique, la contribution de Catherine Sellenet apporte une remarquable dimension clinique, appuyée sur une analyse juridique montrant combien peut être facilement ignorée la parole de l'enfant et la nécessité d'être formé à ce sujet :  « Le droit d’expression suppose que la parole soit entendue, comprise, et donc que les professionnels intervenant dans le champ de la protection de l’enfance soient formés au langage de l’autre, à la compréhension de son univers vécu.
L’application de la CIDE nécessiterait également que les adultes précisent les notions confuses de discernement, d’intérêt de l’enfant... des concepts qui le plus souvent servent à imposer des décisions ou des représentations adultes construites en extériorité du vécu de l’enfant. »

Je vous invite à lire l'ensemble de ce texte, de la page 41 à 46.

Extrait de l'intervention de Claire Brisset

L'éducation : "Le domaine de l’éducation est à l’évidence, dans tous les pays, une question absolument centrale pour assurer le respect des droits de l’enfant. La Convention ne dit-elle pas que l’éducation doit «favoriser l’épanouissement de l’enfant et le développement de ses dons»? La France dépense, au titre des quelques 12 millions d’enfants qu’elle scolarise, des sommes considérables: le budget de l’éducation nationale est redevenu en 2015 le premier poste de dépenses de la nation, atteignant 65 milliards d’euros, soit quelque 5400 euros par élève, une somme à laquelle viennent s’ajouter les dépenses propres des familles. Cet effort constant, massif, auquel le pouvoir politique ne cesse de se référer, donne-t-il les résultats que l’on serait en droit d’en attendre? La perception qu’en ont les Français, comme les enquêtes menées sous l’égide de l’OCDE montrent le contraire, année après année. Le système éducatif français, pourtant égalitariste dans ses intentions, ne parvient pas à combler l’écart entre les enfants des couches favorisées et les autres. La France est même, dans le club fermé des nations industrialisées, l’un des pays où l’origine socio-économique des enfants reste le facteur le plus déterminant de la réussite scolaire.
Comment s’explique le fait que le système soit en si grande difficulté sur l’un de ses objectifs le plus constamment réaffirmés? Toute réponse univoque, ici, sera inadéquate. Il s’agit bien, en effet, d’un entrelacs d’explications parmi lesquelles on peut citer l’idéologisation permanente du débat et sa déconnexion du réel; un débat qu’entravent, entre autres facteurs, le poids de son administration centrale et de ses puissants, trop nombreux, corps d’inspection ; l’influence exagérée de syndicats souvent immobilistes ; et le poids des associations de parents d’élèves, souvent politisées. En bref, l’éducation nationale française, lestée de telles pesanteurs, ne parvient pas à répondre aux attentes immenses de la nation, ne se réforme qu’à la marge et maintient une idéologie égalitaire en contradiction avec les programmes qu’elle impose aux enfants.
La protection de l'enfance : "Il est un autre système, beaucoup plus dispendieux encore par rapport au nombre d’enfants qu’il a en charge, dont la réforme apparaît urgente : celui de la protection de l’enfance. Environ 300 000 enfants font, en permanence, l’objet d’une mesure de protection: enfants en danger, délaissés, maltraités par leur famille, notamment. La nation dépense pour eux, bon an, mal an, quelque 6 milliards d’euros chaque année, soit environ 20 000 euros par enfant ; on pourrait donc imaginer qu’un tel effort financier produise des résultats à la mesure d’une telle dépense et fasse l’objet de solides évaluations.
Malheureusement, ce système est particulièrement peu fonctionnel, malgré la bonne volonté de ses personnels. Les enfants qui lui sont confiés fournissent de forts contingents de jeunes à l’abandon et déprimés. Pourquoi? Parce que ce système n’a jamais fait l’objet d’une conception globale, qu’il a tenté de s’ajuster au fil du temps sans jamais y parvenir. Depuis des décennies et même des siècles, la protection des enfants en danger a reposé sur l’Église et sur des associations caritatives.
Sans déposséder ces dernières, dont il avait besoin, l’État a progressivement repris la main, en grande partie, confiant la gestion aux trop célèbres DDASS qui finirent par faire peur aux familles, notamment les plus pauvres, du fait de procédures de placement expéditives dont elles avaient la réputation d’être spécialistes.
En 1983, une loi de décentralisation est venue confier la gestion de la protection de l’enfance, désormais baptisée «Aide Sociale à l’Enfance» (ASE) aux départements, dirigés par un élu, le président du Conseil départemental. L’intention était louable: rapprocher le secteur social, en particulier celui-là, de la population. Le système ainsi décentralisé fonctionne-t-il mieux que lorsqu’il était sous l’autorité des préfets?
Le résultat est, pour dire le moins, extrêmement contrasté malgré les nombreuses modifications législatives qui lui ont été apportées, la dernière en 2007. Dans la pratique, les enfants considérés comme en danger sont repérés par diverses instances, en particulier par les services sociaux des départements; ils font alors l’objet d’un signalement. Un certain nombre d’entre eux resteront sous la simple vigilance du conseil départemental mais une grande majorité seront placés sur décision du juge des enfants : 150 000 en institutions ou en famille d’accueil, les autres restant dans leur famille, elle-même placée sous la surveillance du juge. En d’autres termes, la justice, institution de l’État, ordonne des mesures qui seront exécutées par un organe décentralisé, le département ; celui-ci se repose en outre très fortement, pour cette exécution, sur des associations de droit privé. Il résulte de cet échafaudage complexe une dilution des responsabilités, une absence de contrôle et d’évaluation par l’État, pourtant responsable de la sécurité des plus fragiles, et une inégalité flagrante de traitement d’un département à l’autre. Chaque enfant en danger devrait faire l’objet d’une vigilance particulière, par exemple grâce à une personne référente avec qui il pourrait s’entretenir à tout moment. Il devrait être assuré de la continuité de son parcours et d’un suivi à sa sortie du dispositif, par exemple à sa majorité. Au lieu de cela, on constate que ce système complexe génère des parcours d’enfants parfois aberrants, l’ensemble fonctionnant avec un contrôle et des évaluations très limités.
On observe en particulier des décisions prises essentiellement en raison de la précarité de la famille, des placements répétitifs et parfois injustifiés, des séparations de fratries, des liens rendus impossibles entre l’enfant et sa famille d’origine. En d’autres termes, l’institution est souvent perçue elle-même comme maltraitante, alors qu’elle devrait être restauratrice de liens et de protection".
C'est l'occasion de lire la convention !

Brève de lien social : Enfants en rétention • Des droits ? Oui, sur le papier

"Le paradoxe est de taille : la France vient de ratifier un protocole additionnel à la Convention des Nations Unies relative aux Droits de l’enfant. Il entrera en vigueur le 7 avril prochain et prévoit une application plus efficace du texte.
Les enfants pourront désormais saisir directement le Comité des droits de l’enfant. « Une jurisprudence va donc se constituer petit à petit à partir de cas individuels qui, nous l’espérons, viendra influer sur la jurisprudence interne, comme celle des instances européennes influe désormais sur les décisions de nos cours suprêmes », se réjouit ainsi le réseau Défense des enfants International (DEI).
Droits des enfants, avez-vous dit ? Le 12 janvier, les cinq associations (l’Association service social familial migrants (ASSFAM), France Terre d’asile, Forum réfugiés, la Cimade et l’Ordre de Malte) qui interviennent dans les centres de rétention administrative (CRA) métropolitains évoquaient « une sombre année 2015 » et dénonçaient une augmentation des cas d’enfermement d’enfants. En effet, l’an dernier, 105 mineurs ont été placés en rétention avec leurs parents, un nombre qui a plus que doublé par rapport à l’année 2014 (45 enfants).
En outre, l’année 2016 commence sous de mauvais auspices : ainsi, au CRA du Mesnil-Amelot, une femme iranienne et ses deux filles de 11 et 13 ans, qui souhaitaient demander l’asile au Royaume-Uni, « ont subi cette situation inutilement traumatisante durant neuf jours, avant que le tribunal administratif n’y mette fin ».
Les cinq associations rappellent qu’en 2012, la France avait pourtant été condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour cette pratique. François Hollande, alors candidat, avait déclaré : « Je veux prendre l’engagement, si je suis élu à la présidence de la République, à mettre fin dès mai 2012 à la rétention des enfants et donc des familles avec enfants ». Malgré une timide avancée, formalisée par une circulaire publiée en juillet 2012, elles constatent un usage plus fréquent de la rétention dite de « confort », qui consiste à enfermer les familles la veille pour les éloigner du territoire dès le lendemain. Les migrants ne sont ainsi placés en rétention avec leurs enfants que pour faciliter l’organisation logistique du départ. « Ces enfermements express ne permettent pas de saisir les juges et échappent donc, pour la plupart, à leur contrôle ». Ces associations dénoncent enfin le cas de familles placées en rétention sans avoir bénéficié au préalable d’alternative à l’enfermement, telle que l’assignation à résidence, pourtant obligatoire."


Revue de presse du 11 janvier 2016


Réécouter : Intellectuels : "L'esprit critique contre l'esprit partisan", par François Furet en 1992

"Il n’y a rien que je prise autant que l’esprit critique, il n’y a rien que je déteste autant que l’esprit partisan"
Dernier épisode d'une série d'archives sur le rôle des intellectuels, en écho aux débats qui ont marqué l'année 2015. Après Sartre, Aron, Debray et Bourdieu, réécoutez l'historien François Furet en 1992.
Pour l’historien François Furet, le rôle de l’intellectuel consiste à éclairer et expliquer. Une fois encore, c'est le référenciel sartrien qui sert à évaluer l'enjeu que recèle la place des intellectuels.
Ainsi Sartre, enflammé par "la passion de la dénonciation" et aveuglé par son "esprit partisan", se serait-il fourvoyé d'après Furet, en tournant le dos au nécessaire esprit critique qui doit animer tout travail intellectuel.
Ecoutez-le dans cet extrait de l'émission "Le bon plaisir de François Furet", diffusée sur France Culture le 21 novembre 1992".
Ecoutez l'émission

Grande-Synthe : un nouveau camp de migrants aux normes internationales ouvre dans un mois

Quelque 2 500 migrants, qui campent sur un site insalubre à Grande-Synthe, dans le Nord, devraient déménager dans un mois vers un nouveau site aux normes internationales, a affirmé la mairie de cette commune proche de Calais lundi.
Dans le Nord, la situation des migrants devient une urgence humanitaire. Alors que quelque 2 500 migrants pataugent dans la boue du camp de réfugiés de Grande-Synthe, la mairie de la commune a annoncé, lundi 11 janvier, leur déménagement vers un nouveau site aux normes internationales dans un mois.
"On se met en route avec Médecins sans frontières (MSF) pour aménager un nouveau camp aux normes internationales, en prenant en compte les observations de l'État", a affirmé à l'AFP Didier Carême, le maire de Grande-Synthe, au terme d'une réunion avec le sous-préfet de Dunkerque, précisant qu'il ne s'agira pas d'un "camp d'État"."
Acceder au dossier de France 24

Les handicapés mentaux sortent de l’underground

"Il a suffi d’un message sur le réseau social MySpace. C’était en 2009. Antoine Capet est alors éducateur spécialisé, il travaille avec des handicapés mentaux dans un institut médico-éducatif du 17e arrondissement de Paris. Par ailleurs, il aime le rock, plutôt noisy, plutôt punk, plutôt expérimental. Et ce qu’il écoute n’est pas sans lui rappeler ce qu’il fait en atelier à la pause de midi avec les jeunes autistes dont il s’occupe. Il écrit donc à Cheveu, un groupe électro-rock voire « weared punk », comme dit son chanteur, qui bénéficie d’une certaine aura sur la scène alternative parisienne. La réponse vient aussitôt : oui, cela l’intéresserait de travailler avec lui, écrit David Lemoine.
"Ce qui nous a tout de suite liés, c’était de penser que la musique qui venait de ces autistes méritait d’être écoutée, qu’elle était intéressante, créative, qu’on pouvait les mener à la scène, en faire des disques », racontent nos deux lascars d’une même voix. « Notre but n’est pas thérapeutique, dit Antoine. On pense simplement que ces jeunes sont pleins d’imagination, qu’ils ont la pêche et qu’ils méritent d’être entendus.»
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Face à la déchéance de nationalité, l’amertume des binationaux

"Lors de ses vœux aux Français, jeudi 31 décembre 2015, François Hollande a confirmé sa volonté d’étendre la déchéance de nationalité aux binationaux nés français « condamnés définitivement pour crimes terroristes », et non plus seulement à ceux qui ont acquis cette nationalité après leur naissance. L’avant-veille, un sondage de l’institut Elabe réalisé pour BFM-TV estimait que près de 9 Français sur 10 sont favorables au projet. Le Monde a voulu comprendre comment les détenteurs de la double nationalité – environ 3,3 millions de personnes en France – vivent ce débat en lançant un appel à témoignages, en particulier auprès de ceux nés français."
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Revue de presse du 28 decembre 2015


UNANIMITÉ À L’ASSEMBLÉE NATIONALE POUR DES « TERRITOIRES ZÉRO CHÔMEUR DE LONGUE DURÉE »

Les députés ont adopté le 9 décembre le texte autorisant l’expérimentation. Une victoire pour ATD Quart Monde qui en est à l’origine. Prochaine étape : le Sénat.
C’est peu avant minuit le mercredi 9 décembre, que le vote a eu lieu dans l’hémicycle. Les débats qui avaient précédé durant trois heures, avaient essentiellement porté sur le financement du projet, sur sa gouvernance et sur les catégories de chômeurs qui devaient être retenues. Défendu par le député PS de la Nièvre, Laurent Grandguillaume, le texte a été amendé, sans toutefois être modifié sur le fonds.
Il s’agit d’un moment historique pour ATD Quart Monde car c’est le premier pas vers la mise en place concrète du projet Territoires zéro chômeur de longue durée qu’il porte depuis des années. Plusieurs associations le soutiennent aussi désormais.
Le Mouvement s’est par ailleurs félicité du fait que le vote, intervenant à quatre jours du second tour des régionales, ait rassemblé au-delà des clivages politiques et que « les députés aient voté sans considérations partisanes ».
Le projet part du constat que l’on n’a pas tout essayé contre le chômage de longue durée et que, contrairement à ce que l’on entend souvent, il y a du travail, des compétences et de l’argent. Il s’agit de proposer à des personnes au chômage depuis au moins un an, des emplois à durée indéterminée, adaptés à leurs compétences et sans surcoût pour la collectivité.
Dans un premier temps, on identifie les savoir-faire de ces personnes et l’on recense les besoins sur le territoire – des activités utiles mais auxquelles on a renoncé car elles ne sont pas rentables. Puis des emplois sont créés dans le cadre de nouvelles entreprises.
A terme, ces emplois seront financés par le transfert des dépenses induites par le chômage de longue durée – les allocations de solidarité, le manque à gagner pour l’Etat lié au non-versement des cotisations sociales et les coûts liés à la pauvreté comme les dépenses de santé.
Mais ces transferts de charges sont compliqués à mettre en place. Pour commencer, c’est donc l’État qui prendra en chargé l’essentiel du budget. Il est estimé à 10 millions d’euros pour la première année, pour dix territoires.
Les premiers territoires engagés dans le projet sont situés dans des zones rurales : en lle-et-Vilaine, dans les Deux-Sèvres, dans la Nièvre, en Meurthe-et-Moselle et dans les Bouches-du-Rhône. L’expérimentation peut concerner jusqu’à dix territoires, également urbains – Lille, notamment, est très intéressé. Après une évaluation, une seconde loi pourrait l’étendre beaucoup plus largement.
Lire la suite sur le site d'ATD quart-monde

Loi vieillissement : une tentative d’adapter la société au grand âge

"Longtemps attendue, la loi vieillissement a finalement été adoptée par l’Assemblée nationale, en première lecture, en septembre 2014. Il est examiné par le Sénat du 17 au 19 mars 2015. « Impératif national » et « priorité de l’ensemble des politiques publiques de la Nation » selon les termes du 1er article, le texte prévoit notamment une revalorisation de l’allocation personnalisée d’autonomie, un « droit au répit » pour les aidants et donne un cadre légal aux maisons départementales de l’autonomie (MDA).
Les financements seront-ils au rendez-vous ? Quel sera l’impact du texte sur les pratiques professionnelles ? Notre dossier décrypte l’ensemble des enjeux et débats liés au vieillissement et la dépendance.
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En mémoire du 13 novembre

"Nous avons beaucoup appris de ce Mémorial. Bien plus que nous ne l’avions anticipé, lorsque nous avons lancé ce projet, la nuit des attentats, sous le choc d’un bilan qui n’était encore « que » de 40 morts, mais qui s’alourdissait d’heure en heure. L’idée, très simple, était, précisément, de ne pas limiter ces victimes à un bilan, de rendre à chacune son nom, son visage, son histoire. Pour les garder en mémoire, collectivement. Nous avons d’abord beaucoup appris sur eux, les 130 morts du 13 novembre. En nous imposant d’interroger leurs conjoints, parents, fratries ou, à défaut, amis proches pour rédiger ces portraits, nous avons appris non seulement qui ils étaient au moment où ils ont été tués, mais d’où ils venaient, quels enfants ils avaient été. Nous avons fait la connaissance de leur entourage. Nous avons découvert leurs goûts, leurs espoirs, leurs galères et leurs bonheurs. Et, progressivement, s’est révélé à nous un portrait de groupe, extraordinairement cohérent."
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Terroristes français : une géographie sociale accablante

"De Mohamed Merah à Amedy Coulibaly en passant par les frères Abdeslam, ces jihadistes viennent de communes pauvres et surtout de zones urbaines sensibles."
Dans les analyses de ce phénomène, Pierre Beckouche propose d'en étudier particulièrement deux : "Cela fait trente ans que les chercheurs ont montré les erreurs de deux de nos politiques publiques : 1) une éducation nationale dont le but stratégique reste de sélectionner l’hyper-élite, celle des grandes écoles, au lieu de se consacrer, prioritairement, aux enfants déclassés- et qui se trouvent être souvent issus de familles musulmanes ; 2) un urbanisme qui concentre des populations de bas niveau social dans des territoires désormais trop vastes pour pouvoir être améliorés par les seuls élus locaux."
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