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Revue de presse 06 décembre 2019


PISA 2018 : les élèves français légèrement au-dessus de la moyenne de l’OCDE, dans un système toujours très inégalitaire

"Une fois de plus, la France peut mieux faire. Dans l’enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis) réalisée en 2018 auprès de 600 000 élèves de 15 ans dans 79 pays et rendue publique par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), elle se classe très légèrement au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (487 points) pour les compétences en « compréhension de l’écrit » – le thème majeur de cette édition.
Avec un score de 493 points, les Français, évalués à partir d’un échantillon de 6 308 personnes représentatives des quelque 750 000 élèves de 15 ans, se situent entre la 15e et la 21e place des pays de l’OCDE. Soit au même niveau que l’Allemagne, la Belgique ou le Portugal… Mais loin derrière les pays les plus performants comme le Canada, la Finlande ou le Royaume-Uni. En « culture scientifique » et en mathématiques, la France est également au-dessus de la moyenne de l’OCDE (495 points contre 489).
Les inégalités sociales restent le point noir des résultats français dans les enquêtes PISA, et l’édition 2018 ne fait pas exception. La France est le pays où l’origine socio-économique explique le plus la progression des scores. L’écart y est de 107 points entre les élèves les plus favorisés (550 points) et les plus défavorisés (443 points), un score largement au-dessus de la moyenne de l’OCDE (89 points). Cette contre-performance classe l’Hexagone dans le palmarès des pays les plus inégalitaires, à un rang comparable à celui de l’Allemagne et de la Belgique.
Lire l'article du Monde

L'école fabrique du "séparatisme ethnique et social" (rapport CNESCO)

Cette enquète PISA est l'occasion de citer un rapport du CNESCO pointant le séparatisme social à l'école :
"Notre système scolaire produit du séparatisme ethnique et plus globalement social", constate un rapport du CNESCO (conseil national d'évaluation du système scolaire) daté du 22 janvier, deuxième volet d'une réflexion menée "dans l'urgence" après les attentats qui ont endeuillé la France en ce début d'année. Ces ségrégations se reflètent dans les résultats scolaires des élèves issus de l'immigration mais aussi dans leur ressenti vis-à-vis de l'école, constate le document, qui propose de s'inspirer des politiques de quotas et de mixité sociale développés à l'étranger pour éradiquer les "ghettos scolaires".
Premier constat de ce rapport intitulé "Ecole, immigration et mixités sociale et ethnique" : "les performances des élèves issus de l'immigration se sont dégradées durant la dernière décennie". L'écart avec les élèves français s'est creusé, atteignant un niveau bien supérieur à la moyenne de l'OCDE. "Dans l’absolu, ces contreperformances sont importantes", s'alarme le document : "en France, près de 43% des élèves issus de l’immigration n’atteignent pas le niveau 2 en mathématiques dans PISA 2012, révélant qu’à 15 ans, près de la moitié de ces élèves présentent des difficultés scolaires sévères qui vont obérer leur poursuite d’études." Ces inégalités sont particulièrement marquées au collège et chez les garçons, les filles réussissant globalement mieux que leurs camarades masculins, sauf dans les classes préparatoires et les grandes écoles.
Ces ségrégations s'accompagnent également d'un sentiment d'injustice "plus marqué chez les enfants issus de l'immigration, notamment en matière d'orientation". Ce ressenti est vécu comme lié à des critères d'ordre "ethno-racial", telles que la couleur de peau ou la nationalité.
Lire l'article sur touteduc.fr

Réduire les inégalités à l'école : les préconisations du Cnesco

"Marquée par des inégalités sociales et migratoires fortes et croissantes, associées à un nombre très important d’élèves en grande difficulté scolaire, le système éducatif français met désormais en péril à la fois la croissance économique future ainsi que sa cohésion nationale et sociale.
Le pays doit en urgence réagir désormais, dans un cadre politique consensuel autour d’orientations politiques réellement efficaces et clairement mises en œuvre. Ces préconisations du Cnesco sont en lien avec les travaux réalisés lors de ses conférences antérieures qui se sont toutes attachées, sur certaines dimensions, à la difficulté scolaire et aux inégalités à l’école sur chacun de leur périmètre (conférences sur le redoublement et traitement de la difficulté scolaire, la mixité, la numération, la lecture, …).
Pour ce faire, le modèle éducatif français doit évoluer profondément sur des dimensions cruciales :
Une clarification de sa vision de la justice à l’école : un débat trans-partisan doit être organisé pour pouvoir atteindre un consensus sur la vision de la justice à l’école, au moins dans l’enseignement obligatoire. Les concepts d’équité, de discrimination positive, de socle commun au sortir du collège ne pourront pas s’imposer dans la société française sans une clarification des attentes nationales pour ce niveau d’enseignement.
  • Sa gouvernance : rompre avec une logique de réformes à répétition, peu mises en œuvre dans les classes et miser sur l’expertise des acteurs de terrain (enseignants, chefs d’établissements, inspecteurs, conseillers pédagogiques…) qui accueillent au quotidien les élèves en leur donnant les moyens d’une action pédagogique efficace (formation continue obligatoire, maîtres spécialisés sédentarisés dans les écoles, outils d’évaluation à dimension nationale mis à leur disposition…).
  • Sa transparence : des études et suivis réguliers des ressources allouées à tous les élèves et aux établissements doivent permettre de rendre transparents les phénomènes d’inégalité de traitement, en particulier concernant les phénomènes de ségrégation sociale et d’origine migratoire.
  • Sa logique de traitement de la difficulté scolaire : rompre avec une logique de remédiation pour adopter une approche en termes de prévention (de la difficulté scolaire, de la ségrégation…).
  • Sa capacité à reconnaitre l’élève mais aussi l’enfant en intégrant les différentes dimensions de sa vie à (et dans) l’école : l’enseignement, mais aussi le climat scolaire, les conditions matérielles de vie des enfants les plus démunis. Ces préconisations comprennent des actions à introduire dans l’urgence, car les élèves en difficulté scolaire ne peuvent attendre, mais placées dans un cadre d’évolution de long terme, car les apprentissages se construisent sur la durée."

Lire les préconisations du CNESCO


Revue de presse 30 novembre 2019


L'appli Mon compte formation, mode d'emploi

"Un an après l'adoption d' une réforme de la formation professionnelle , le gouvernement a lancé en grande pompe, le 21 novembre 2019, une « appli » mobile Mon compte formation. « Une révolution », vante la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.
Cet outil, une application téléchargeable sur smartphone et tablette mais aussi un site internet, a pour objectif de simplifier le recours à une formation alors qu'il est souvent difficile de s'y retrouver, de savoir ce à quoi on a droit, et comment procéder. Elle permettra à chaque salarié de trouver, de réserver et de payer la formation de son choix. Développée par la Caisse des dépôts, qui gérera le paiement aux organismes de formation, elle sera comme « le livret A de la formation », explique la ministre.
L'appli proposera uniquement des formations certifiantes ou diplômantes et permettra surtout à chacun de s'inscrire sans avoir à passer par un intermédiaire, comme cela était nécessaire auparavant. Car la loi Avenir professionnel de septembre 2018 a changé plusieurs règles du jeu. Le compte personnel de formation (CPF) n'est plus alimenté en nombre d'heures de formation mais en euros : 500 euros par an (800 pour les salariés non qualifiés), dans la limite de 5.000 euros (8.000). L'équivalence s'est faite au taux d'environ 15 euros l'heure. A noter que les personnes à mi-temps, à 80 % des femmes, bénéficient des mêmes droits à la formation que les salariés à temps plein.
Lire l'article des échos

Face aux discriminations, les musulmans et les minorités demandent l’égalité

"Emmanuel Macron se rendra-t-il à Montfermeil comme le souhaite Ladj Ly, réalisateur primé à Cannes pour Les Misérables ? Ce film lui permettra-t-il – à lui comme à l’ensemble des Français·es – de considérer enfin les discriminations dont sont victimes une part non négligeable de nos concitoyen·ne·s ? Il serait temps.
Le climat de racisme ambiant et la libération de la parole xénophobe a encouragé une série d’humiliations et d’attaques visant directement des personnes de confession musulmane.
Attentat contre une mosquée à Bayonne, humiliation d’une mère portant un foulard et accompagnatrice d’une sortie scolaire à Dijon, propos comparant les femmes voilées à des « sorcières d’Halloween » par un sénateur … La liste est longue.
Ces séquences éprouvantes laissent des traces profondes, sociales, psychologiques, individuelles comme collectives, ainsi que le révèle une enquête que nous conduisons depuis 2015."
Lire l'article de the conversation

La maternité de Lariboisière, vitrine de «la honte»

"A la maternité de Lariboisière, la vitrine de la «honte» se trouve au rez-de-chaussée, dans l’ancienne petite salle d’attente des consultations pédiatriques, à deux pas du service des urgences générales. Ce mercredi soir, elles sont déjà sept, assises à même le sol avec leur nourrisson, entassées avec leurs sacs dans 13 mètres carrés. Abattues, silencieuses pour la plupart. Exceptée Djeneba. Son bébé au sein, la jeune Ivoirienne tente d’attirer l’attention. Elle a accouché le 23 août dernier. La veille, la directrice et les vigiles de l’hôpital sont passés comme tous les soirs entre minuit et une heure du matin pour relever les identités des femmes échouées là. Et lui rappeler à elle que le mois de «mise à l’abri» assuré par l’hôpital est arrivé à son terme. Demain, Djeneba et son nourrisson seront à la rue.
A l’étage de la direction, Marie-Christine Chaux, coordinatrice maïeutique de la maternité, tente de faire bonne figure. Et puis, la cuirasse se fend. «On est dépassés», admet la sage-femme. Mois après mois depuis janvier, le nombre de parturientes relevant de l’Aide médicale d’Etat ou de la CMU grimpe. «Aujourd’hui, cela représente 40% des femmes qui accouchent ici», précise Marie-Christine Chaux. En réalité, plus d’une sur deux, si l’on ajoute celles qui n’ont aucune couverture sociale. Au mois d’août dernier, plus du quart des futures mères accueillies relevaient du 115.
«Le plus difficile pour le personnel soignant, c’est que ce sont des maternités tristes, douloureuses», explique la sage-femme. «Les bébés ne sont souvent pas souhaités et le lien mère enfant pas forcément accepté.» Et puis vient toujours ce moment où il faut signifier aux mères qu’elles doivent partir. Quand bien même les hébergements d’urgence sont partout saturés. «On est là pour les sauver, alors les mettre à la rue avec un nourrisson… glisse la sage-femme. Cela nous renvoie à notre impuissance. Mais on est à l’APHP, on ne fait pas de l’humanitaire.» "
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Revue de presse 17 novembre 2019


« Mois sans alcool » : les associations regrettent le manque de soutien du gouvernement

"Importé d’Angleterre, ce défi consiste à cesser, ou au moins diminuer, sa consommation d’alcool en janvier. Mais cette opération n’a pas pour le moment le soutien de l’exécutif.
Les agapes, autour d’un turbot rôti, arrosées de vin de Champagne, auront duré près de deux heures. Jeudi 14 novembre, Emmanuel Macron a fait une halte pour le déjeuner dans un restaurant étoilé d’Epernay (Marne), en marge d’un déplacement destiné à renouer avec les territoires. L’occasion pour le chef de l’Etat d’échanger avec les représentants du milieu viticole de la région. Et d’aborder avec eux le sujet de l’opération « Janvier sobre », ou « Dry January » (littéralement « janvier sec » en anglais), qui consiste à « expérimenter une pause alcool en janvier », après les fêtes, selon la définition donnée par la Fédération addiction, un regroupement d’associations de prévention, qui espérait voir cette initiative portée par les pouvoirs publics – contrairement à l’industrie viticole, vent debout contre cette initiative.
En sortant du déjeuner avec M. Macron, Maxime Toubart, président du syndicat général des vignerons de la Champagne, s’est fait le porte-parole du chef de l’Etat auprès du site spécialisé Vitisphère : « Vous pouvez faire savoir qu’il n’y aura pas de “Janvier sec”, nous a-t-il dit. » Une version que l’Elysée ne confirme pas. « Le sujet a été évoqué lors de la rencontre, mais le président n’a pas pris parti », affirme-t-on dans l’entourage du président de la République, où l’on renvoie vers la ministre de la santé, Agnès Buzyn. « Ce format n’est pas aujourd’hui validé par mon ministère », a affirmé la ministre sur France Info jeudi 21 novembre. « L’opération “Dry January” renvoie chacun à une approche individuelle, comme un défi, indique au Monde le ministère de la santé. Nous préférons centrer notre communication autour des repères de consommation et sur les populations à risque. »"
Lire l'article du Monde.fr

Droits de l’enfant: «Nous sommes revenus en ce XXIe siècle au temps médiéval des Hôtel-Dieu»

"Pour Antoine Durrleman et Louis Gallois, il s’agit d’une régression sociale majeure qu’en France, on laisse de plus en plus d’enfants vivre dans la rue, expliquent dans une tribune au « Monde », les deux anciens grands commis de l’Etat.
Tribune. Ce n’est pas à l’autre bout du monde que cela se passe. C’est dans les rues de nos villes, c’est sur leurs trottoirs, que chacun peut en faire le constat dramatique : jamais autant d’enfants, de nourrissons, de bébés, de femmes enceintes sans abri. Pas seulement en journée. Aussi les nuits. Les unes après les autres. Pendant des semaines et des semaines. Pendant des mois.
Ce 20 novembre sont célébrés les trente ans de la convention internationale des droits de l’enfant qu’a ratifiée la France. Elle a pris alors l’engagement solennel de protéger tous les enfants des risques de tous ordres qui peuvent les menacer. En ce jour anniversaire, nous voulons le dire haut et fort : notre pays faillit honteusement à cet engagement en acceptant de laisser à la rue toujours plus d’enfants.
Les chiffres sont tragiques. A Paris, 700 enfants en famille sollicitent chaque jour un hébergement au SAMU social en appelant le 115. En vain. Le seul Centre d’action sociale protestant (CASP), qui gère la plate-forme parisienne d’accueil des familles demandeuses d’asile, comptabilise depuis trois mois plus de 400 personnes en famille en permanence à la rue."
Lire l'article du Monde.fr

CGLPL : Avis relatif à la prise en charge des personnes détenues atteintes de troubles mentaux

Depuis sa création, le controleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a relevé à de nombreuses reprises les carences de la prise en charge de la santé mentale des personnes détenues et leurs lourdes conséquences. Il dresse un constat accablant de cette situation et entend réaffirmer le principe d’une égalité réelle d’accès aux soins et de traitement entre les patients détenus et le reste de la population.
Les constats du CGLPL portent sur des situations concrètes : des pathologies lourdes aggravées par l’enfermement et l’isolement, un risque de suicide accru et des conditions de détention qui perturbent l’accès aux soins, nuisent à leur efficacité et, finalement, privent la sanction pénale de son sens. A l’origine de ces situations, trois facteurs principaux peuvent être identifiés : la méconnaissance des pathologies affectant la population pénale, l’insuffisance des moyens institutionnels de leur prise en charge et la banalisation d’atteintes quotidiennes aux droits fondamentaux, parfois de faible gravité, mais récurrentes.
Les pathologies mentales affectant les personnes détenues sont mal connues
Les études épidémiologiques sont anciennes ou partielles
La dernière étude épidémiologique générale réalisée en France sur la santé mentale dans les prisons françaises remonte à 2007. Le CGLPL fait état depuis de nombreuses années de la carence d’une analyse qualitative fine de la souffrance psychique des détenus, de l’évolution des troubles au cours de la détention et des effets potentiellement pathogènes de l’incarcération, et souligne la nécessité de mieux connaitre l’importance des troubles psychiatriques dans les lieux d’enfermement.
Les ministres de la justice et de la santé ont annoncé le lancement d’une étude pour évaluer la santé mentale des détenus. Il est aujourd’hui indispensable d’améliorer la connaissance des pathologies mentales chez les personnes détenues, en l’orientant vers la recherche d’une prise en charge adaptée et la définition d’une politique de soins.
La justice ne dispose pas des moyens nécessaires pour identifier les pathologies mentales
Parmi les principales causes identifiées de la surpopulation carcérale figurent la détention provisoire et la procédure de comparution immédiate, destinée à accélérer la réponse pénale, et qui aboutit fréquemment à des incarcérations immédiates. Or, les personnes souffrant de troubles mentaux ont souvent des difficultés à s’exprimer, notamment sur l’existence d’un suivi psychiatrique. Lorsqu’une expertise psychiatrique est diligentée, elle n’est pas suspensive : la personne est donc susceptible d’être incarcérée dans l’attente des conclusions. Les expertises psychiatriques, qui ne sont systématiques qu’en matière criminelle et qui ne lient pas le juge, concluent en outre rarement à l’irresponsabilité totale.
Les dispositions relatives à la responsabilité pénale dans les situations d’abolition ou d’altération du discernement mériteraient d’être réexaminée afin de mettre le juge en mesure de mieux appréhender la santé mentale des personnes prévenues.
Le personnel pénitentiaire n’est pas formé pour appréhender et gérer la maladie mentale
Certains troubles mentaux préexistent à l’incarcération, tandis que d’autres peuvent survenir au cours de la détention. Dans tous les cas, la maladie mentale affectant la personne détenue introduit une complexité dans sa relation avec le personnel pénitentiaire, que sa formation, axée sur la sécurité, ne prépare pas à la gestion de la maladie mentale. Le personnel de surveillance est mal armé pour comprendre la maladie mentale et mettre en œuvre des modalités de prise en charge adaptées.
Lire l'avis du CGPL

« La nature de l’autorité au sein des entreprises est en train de changer »

"Les salariés en quête de sens et d’autonomie ne peuvent plus légitimer des dirigeants parés de leur seule position hiérarchique et ignorant la réalité du travail, observe Thibaut Champey, lui-même directeur général.
L’ambiance au sein des entreprises serait-elle devenue quasi insurrectionnelle ? 88 % des Français jugent qu’il y a trop de « “petits chefs” abusant de leur autorité » dans les entreprises, selon une étude d’OpinionWay pour Dropbox réalisée en mai ; 54 % des salariés estiment qu’il y a trop de chefs, selon une autre étude d’Opinion Way pour Lumio.
Les salariés sont-ils pour autant en révolte ouverte ? Non. Selon ces études, huit Français sur dix estiment que l’autorité en entreprise est respectée, et les deux tiers des salariés ressentent même le besoin de davantage d’autorité dans l’entreprise. Face à cette contradiction apparente, les directions restent perplexes.
Pourtant, le message est on ne peut plus clair pour qui veut bien l’entendre : il existe bien un ras-le-bol des salariés face à une certaine forme d’autorité - une autorité aveugle, sans connaissance du métier du salarié sur laquelle elle s’exerce, focalisée sur les objectifs plutôt que sur les solutions. Ce manager-là, presque tous les Français en ont connu un et il a souvent été caricaturé. Impulsif, autoritaire, on l’imagine volontiers se gargariser de ses titres et des signes extérieurs de sa fonction. C’est précisément ce que les salariés dénoncent.
La nature même de l’autorité au sein des entreprises est en train de changer. Les fondements traditionnels de la légitimité, tels que le titre, la détention du capital, ou l’âge, sont proches de ne plus valoir un kopeck. Un rapport de force s’est subrepticement inversé : il faut désormais faire preuve de sa compétence auprès des salariés, et d’une capacité à mobiliser les ressources suffisante pour qu’ils suivent le mouvement.
Lire l'article du Monde.fr

Urgences : comment expliquer la crise dans les hôpitaux ?

"Depuis le 18 mars, les grèves s’étendent dans les services d’urgences. Dans des dizaines d’hôpitaux, partout en France, c’est le malaise. Chaque année, 180 000 personnes passeraient la nuit sur un brancard au lieu d’être dirigées vers un lit dans un service spécialisé, ce qui entraîne une surmortalité.
Après trois mois de grève, le gouvernement a répondu en annonçant le déblocage de 70 millions d’euros, dont la majeure partie sera versée sous forme d’une prime de risque. Mais ces mesures seront-elles suffisantes pour résoudre les problèmes structurels dont souffrent les urgences ? Explications en vidéo.


Précarité : près de 20 % des étudiants vivent en dessous du seuil de pauvreté

"Les syndicats étudiants demandent la réévaluation des bourses, après l’immolation par le feu, vendredi, d’un étudiant qui dénonçait sa précarité financière.
Nathalie Dompnier préside l’université Lyon-II, grande fac de sciences humaines de près de 30 000 étudiants. Anas K. est l’un d’entre eux. Près d’une semaine après que cet étudiant de 22 ans a tenté de s’immoler par le feu, le 8 novembre, en laissant un message dénonçant ses difficultés financières, la présidente revient sur ce drame."
L’onde de choc se poursuit après l’immolation par le feu d’un étudiant de 22 ans, vendredi 8 novembre, devant le centre régional des œuvres universitaires et scolaires (Crous) de Lyon, pour dénoncer ses difficultés financières. Une journée de mobilisation s’est déroulée mardi dans plusieurs universités, et les principaux syndicats étudiants, reçus jeudi 14 novembre par le gouvernement, ont demandé une hausse des bourses. Tous dénoncent un accroissement de la précarité étudiante.
A la fin du mois d’août, l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) publiait son rapport annuel sur le coût de la vie étudiante. Résultat : une augmentation de 2,83 % par rapport à 2018, alors que ce coût avait aussi crû de 1,31 % par rapport à 2017. Le coût de la vie étudiante augmente de manière constante depuis près de dix ans, les hausses les plus importantes ayant été constatées entre 2009 et 2012, plongeant un peu plus, à chaque rentrée, les étudiants dans la précarité."
Lire l'article du Monde

Fracture numérique : l'illectronisme touche 17% de la population selon l'INSEE

"Ne pas avoir accès à Internet ou ne pas savoir utiliser les outils numériques représentent un handicap pour près de 17% de la population française, selon une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques(nouvelle fenêtre) (INSEE). Cet illettrisme numérique, appelé "illectronisme" touche en particulier les populations les plus fragiles.
En 2019, 15% de la population n'a pas utilisé Internet au cours de l’année. Ce non-usage est étroitement lié à la fracture numérique. Si l'accès à Internet se développe, des inégalités persistent chez les personnes les plus âgées, les personnes moins diplômées et les ménages aux revenus modestes .
Ainsi, une personne de plus de 75 ans sur deux n'a pas d'accès à Internet depuis son domicile (53%), alors que seuls 2% des 15-29 ans ne sont pas équipés. C'est également le cas de 34% des personnes peu ou pas diplômés (contre 3% des diplômés du supérieur), et de 16% des ménages les plus modestes (contre 4% des ménages les plus aisés)."
Lire l'article sur vie publique.fr


Revue de presse 10 novembre 2019


Médecins du monde : ACCÈS AUX SOINS DES ÉTRANGERS

"Le Premier ministre a annoncé ce matin plusieurs mesures remettant en cause les dispositifs d’accès aux soins des personnes étrangères vulnérables. Ces annonces représentent des reculs sans précédent pour l’accès aux soins de ces personnes. Les demandeurs d’asile sont directement pris pour cible.
Alors qu’ils arrivent souvent en France fragilisés physiquement et psychologiquement à cause d’un parcours migratoire difficile, le Gouvernement décide de les fragiliser davantage et de compliquer encore plus leur accès aux soins. Aucun gouvernement n’avait osé aller aussi loin !
L’instauration d’un délai de carence de 3 mois à partir de l’entrée sur le territoire français pour pouvoir bénéficier de la sécurité sociale (PUMa) vient d’être confirmée. Cette mesure va aggraver l’état de santé de ces personnes. Cela entraînerait également des prises en charge à un stade plus avancé de leur pathologie qui devra être traitée par les Urgences, déjà saturées.
Par ailleurs mettre fin à l’accès aux soins des personnes faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire (OQTF) aura pour conséquence de laisser de nombreuses personnes à la rue sans droits, aggravant leur précarisation."
Lire la tribune de médecins du monde
Voir la présentation des 20 mesures

L'Observatoire international des prisons menacé de fermeture

"Après presque trente ans de veille au respect des droits, parfois menacés, en milieu carcéral, l’Observatoire international des prisons (OIP) est en danger. En cinq ans, il a perdu 66% de ses subventions publiques, alors que la surpopulation dans les prisons, elle, augmente. Un désengagement de l’Etat alarmant dans un contexte où le contre-pouvoir que représente l’OIP paraît plus que jamais nécessaire.
Déjà touché par une suppression des subventions régionales ou de certains organismes publics en 2014 et 2015, et une baisse de plus de 50% des dons de fondations privées au titre des avantages fiscaux après la suppression de l’ISF en 2018, l’OIP craint cette fois de mettre la clé sous la porte. Au cours des dernières semaines, le ministère des Outre-Mer et le Commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), l’un des plus anciens soutiens de l’organisme, ont à leur tour retiré leurs financements. «Officiellement, on ne rentre plus dans les critères. Officieusement, de manière progressive, les pouvoirs publics font le choix de ne plus soutenir les associations qui représentent un contre-pouvoir», dit à Libération Cécile Marcel, directrice de la section française de l’OIP. "
Lire l'article de Libération

Comparutions immédiates : antichambre d’une "justice de classe" ?

Quelle sociologie des audiences en comparution immédiate, enfants de ce qu'on nommait les "flags"? Dominique Simonnot, chroniqueuse judiciaire au "Canard enchaîné", nous en parle dans "Coups de barre" (Seuil, novembre 2019).



Féminicides : une étude inédite détaille les carences judiciaires dans la prévention

"Un lien clairement établi entre féminicides et violences conjugales antérieures, des carences dans le traitement des plaintes et des suivis judiciaires et un défaut d’évaluation de la situation de la victime : tels sont les enseignements d’une étude conduite par le parquet général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).
Erigeant en « priorité absolue » la lutte contre les violences commises au sein du couple, l’ex-procureur général Robert Gelli avait sollicité en mars une analyse sur les féminicides commis dans son ressort, qui regroupe plus de 4,2 millions d’habitants (Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône et Var).
Chargée de ce travail, la substitut générale Isabelle Fort a examiné en détail vingt-neuf dossiers : dix-sept meurtres et douze tentatives de meurtre commis par conjoint ou ex-conjoint entre le 1er janvier 2018 et le 9 septembre 2019. Vingt-six sont des féminicides, trois autres concernent des femmes ayant tué leur conjoint ou ex-conjoint. Son objectif : « Analyser les circonstances, les profils des auteurs et des victimes ainsi qu’identifier les lacunes dans la prise en charge des signalements ou plaintes précédents et les éventuels dysfonctionnements dans la prise en charge ou le suivi des mis en cause. »
Le Monde a eu accès à ce document qui démontre, une fois de plus, que « l’homicide ou la tentative est la suite d’un comportement violent récurrent ». Près de 80 % des auteurs avaient, en effet, déjà commis des violences répétées sur leur conjoint (70 %) ou sur un ex-conjoint (10 %). Mais, dans un bon tiers des cas, ces violences antérieures n’avaient jamais été portées à la connaissance d’un quelconque service d’enquête ou de la justice et cela, alors même que 90 % des familles et des proches n’ignoraient rien de la violence subie par la victime avant les faits criminels."
Lire l'article du Monde

Le « racisme subtil », ou comment de nombreux musulmans font face à une hostilité décomplexée

"Petites phrases, regards de travers, insultes… Beaucoup dénoncent une « libération de la parole » depuis quelques années.
Petites phrases, insultes, regards de travers, grimaces et discriminations font partie du quotidien des musulmans français, qui ont le sentiment de subir les conséquences des crispations politiques et sociales croissantes autour de l’islam, selon les témoignages recueillis par Le Monde. Un climat d’inquiétude que confirme un sondage conduit par l’IFOP, au téléphone, auprès d’un échantillon de 1 007 personnes de 15 ans et plus se déclarant musulmanes, à la demande de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah) et de la Fondation Jean-Jaurès, rendu public mercredi 6 novembre."
Lire l'article du Monde.fr
Lire le rappot de la fondation Jean Jaurès

L’Etat et les départements se renvoient la balle sur la prise en charge des mineurs isolés

"Près de 30 000 mineurs isolés étrangers étaient pris en charge par l’aide sociale à l’enfance en 2018, contre moins de 10 000 en 2015, d’après les chiffres du ministère de la justice.
Cette augmentation soutenue des flux d’arrivées de mineurs non accompagnés (MNA), majoritairement en provenance d’Afrique de l’Ouest – Guinée, Mali, Côte d’Ivoire –, a alimenté ces dernières années des défauts de prise en charge et une joute politique entre l’Etat et les départements."
Selon l’Assemblée des départements de France (ADF), la prise en charge des mineurs non accompagnés coûtera 2 milliards d’euros aux collectivités en 2019. « C’était 50 millions d’euros en 2012 », souligne Pierre Monzani, le directeur général de l’ADF, qui évalue la ­contribution de l’Etat à 14 % du total de ces dépenses. Là réside un enjeu majeur de la bataille autour de la prise en charge des MNA.
« La tendance globale au sein des départements est de souhaiter que l’Etat assume complètement la phase d’accueil et d’évaluation », résume M. Monzani. Cette phase correspond à l’évaluation de l’âge du jeune et à sa mise à l’abri, le temps qu’une décision soit prise. D’après le secrétariat d’Etat à la protection de l’enfance, environ 60 % des jeunes évalués sont considérés comme majeurs (cette estimation ne tient pas compte de l’issue des recours devant le juge des enfants)."
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Revue de presse 3 novembre 2019


GPA : la justice estime que l’intérêt de l’enfant n’est pas de faire primer ses liens biologiques sur ses liens affectifs

"Un enfant conçu par une mère porteuse avec le sperme d’un homme qui a payé pour ce faire 15 000 euros, mais revendu par celle-ci à sa naissance, moyennant la même somme, à un autre, est réclamé par son géniteur." L'article fait le récit du feuilleton judiciaire qui s'en suit. Nous proposons de retenir les arguments de la Cour d'appel : l’« intérêt supérieur » de l'enfant, « au regard de son histoire, n’est pas obligatoirement de voir modifier sa filiation actuelle, pour être le fils de son père biologique, alors que sa vie présente, chez les époux D, qui l’élèvent depuis sa naissance dans d’apparentes excellentes conditions, semble conforme à son intérêt, et même s’il semble de son intérêt aussi qu’il apprenne, le moment venu, la vérité sur ses origines et que soient envisagés d’éventuels contacts avec Alexandre A… ».
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Réforme de l’assurance-chômage : 850 000 personnes touchées par le durcissement des règles

"De toutes les réformes engagées depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, c’est probablement l’une des plus anxiogènes. Elle l’est, en tout cas, pour les personnes à la recherche d’un emploi. A partir du vendredi 1er novembre, une première série de mesures prises dans deux décrets publiés fin juillet au Journal officiel entre en vigueur : elle porte à la fois sur l’accès à l’assurance-chômage et sur l’indemnisation que celle-ci apporte. Par le biais de ces textes, le gouvernement durcit les règles mais il ouvre aussi de nouveaux droits.
Désormais, pour percevoir une allocation, il faudra avoir travaillé six mois sur une « période de référence » de vingt-quatre mois et non plus quatre mois sur vingt-huit. Les droits à une prestation ne seront par ailleurs « rechargés » qu’à partir du moment où le demandeur d’emploi aura été en activité au moins 910 heures – soit un seuil six fois plus haut qu’aujourd’hui. Enfin, l’indemnisation sera dégressive à partir du septième mois pour ceux qui avaient une rémunération élevée quand ils occupaient un poste (au moins 4 500 euros brut par mois). Voilà pour le volet « main de fer ».
S’agissant des mesures administrées avec un gant de velours, deux d’entre elles correspondent à des promesses de M. Macron durant la campagne présidentielle. Pourront entrer dans le régime les personnes qui ont démissionné en vue d’un « projet professionnel », c’est-à-dire soit la reprise ou la création d’une entreprise, soit une reconversion impliquant une formation. Une commission paritaire régionale vérifiera le caractère sérieux de la démarche. D’autre part, les travailleurs indépendants (artisans, commerçants, etc.) seront éligibles à une allocation spécifique, d’environ 800 euros par mois pendant un semestre".
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Dépendance : ce que préconise Myriam El Khomri pour revaloriser les métiers du grand âge

"Désolant. Le tableau que brosse Myriam El Khomri dans son rapport sur les métiers du grand âge a de quoi inquiéter. Et cela alors que 92.000 Français supplémentaires devraient bénéficier de l'aide personnalisée pour l'autonomie dans cinq ans, portant l'effectif à 1,48 million de personnes dépendantes.
Les niveaux de rémunération du secteur sont très bas . Deux conventions collectives, celle de l'aide à domicile et celle des établissements privés non lucratifs, appliquent des salaires minimums inférieurs au SMIC. Du coup, certains employés restent au SMIC pendant plus de dix ans. Le taux de pauvreté s'élève à 17,5 % dans leurs foyers, contre 6,5 % chez les salariés en général."
« Pourquoi des métiers si utiles sont-ils si peu valorisés dans notre société ? », interroge l'auteure. « Ces chiffres sont une réalité, inacceptable, et ils peuvent à eux seuls suffire à expliquer la baisse de 25% en six ans des candidatures aux concours d'accès d'aides-soignants », a pour sa part commenté la ministre de la Santé Agnès Buzyn."
Quant aux conditions de travail, elles sont très dures, avec des grabataires qu'il faut soulever, de longues stations debout, des pensionnaires à nourrir en six minutes top chrono… « Nous avons une sinistralité honteuse pour notre pays », souligne Myriam El Khomri : la fréquence des accidents du travail est en effet trois fois plus élevée que la moyenne nationale. Il est encore plus fort que dans le BTP. Il n'est pas étonnant que ce secteur ait du mal à recruter puis à fidéliser les travailleurs.
Pour relever le défi du grand âge, il faudra donc former 352.000 aides-soignants et accompagnants à domicile ou en établissements sur cinq ans, montre le rapport. Autrement dit, chaque année, faire monter à bord 70.500 personnes de plus, le double du flux actuel.
Pourquoi diable un tel chiffre, alors que les besoins annuels de recrutement atteignent 18.500 postes supplémentaires ? « Parce qu'il y a déjà 60.000 postes non pourvus, des départs à la retraite massifs qui se profilent, et près de 8 % de départs chaque année », explique Myriam El Khomri."
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François-Xavier Devetter et Emmanuelle Puissant: « L’attractivité des métiers du grand âge reste peu reconnue »

"Les économistes François-Xavier Devetter et Emmanuelle Puissant pointent les incohérences de la politique gouvernementale en ce qui concerne l’aide à domicile pour les personnes âgées".
"Entre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale et la mission El Khomri sur l’attractivité des métiers du grand âge, les attentes en matière d’amélioration des conditions de travail et d’emploi des aides à domicile sont importantes. Aujourd’hui, la situation est bien documentée, mais elle reste peu reconnue.
Les salaires sont faibles pour de nombreuses raisons : temps partiel généralisé, importantes contraintes physiques et temporelles, charge psychologique conséquente et… salaires horaires faibles. Ils tournent aux alentours de 850 euros par mois en moyenne, pour des femmes qui sont plus souvent que l’ensemble des employées à la tête de familles monoparentales.
Ces difficultés se cumulent et débouchent sur un taux d’accidents du travail extrêmement élevé (supérieur à celui observé dans le bâtiment), des absences fréquentes et une « attractivité » du secteur particulièrement faible. De nombreuses études quantitatives et qualitatives vont dans ce même sens, et pourtant les blocages semblent toujours aussi importants."
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Le gouvernement dévoile 23 mesures pour combattre "les difficultés hors normes" de la Seine-Saint-Denis

"Le gouvernement a retenu 23 mesures pour venir en aide à la Seine-Saint-Denis, parmi lesquelles une prime de 10 000 euros pour fidéliser les fonctionnaires, le recrutement de 150 policiers ou encore le renforcement des contrôles des logements insalubres, a annoncé Matignon mercredi 30 octobre."
[...]En s'appuyant sur un rapport parlementaire "assez sévère" remis en 2018, des concertations d'élus et un second rapport de synthèse du préfet de Seine-Saint-Denis, le gouvernement a mis l'accent sur cinq axes : l'attractivité des postes pour les fonctionnaires, la sécurité, la justice, l'éducation et la santé. Franceinfo vous résume l'essentiel de ces mesures".
Lire l'article de Francetvinfo

«Violences contre les femmes: n’oublions pas le rôle de l’alcool!»

"LETTRE OUVERTE - Addictologues* et proches de malades alcooliques** s’inquiètent de constater que le rôle de l’alcool et des psychotropes ne semble pas avoir été pris en compte par le Grenelle des violences conjugales. Le Figaro Santé publie leurs lettres ouvertes.
Alors que le gouvernement a décidé, à juste titre, une mobilisation contre les violences envers les femmes et contre les féminicides, il est plus que jamais nécessaire de rappeler le rôle fréquent de l’alcool dans ces phénomènes de violence. Il faut le rappeler et l’expliquer pour mettre en place des mesures efficaces de prévention et de soutien aux victimes. C’est, en lien avec la lettre des associations de patients (publiée à la fin de ce texte), l’objectif de cette lettre ouverte de professionnels et d’experts dans les addictions."
Extraits : "L’analyse des morts violentes au sein du couple survenues en 2018 et plus particulièrement des 121 féminicides, publiée par la délégation d’aide aux victimes, montre que dans 55 % des cas au moins l’un des deux, auteur ou victime, est sous l’emprise d’une substance (alcool, stupéfiants, etc.). Cette situation est très largement connue des personnels de police et de justice, comme des associations de protection des victimes. L’alcool altère les capacités d’autocontrôle, il accroît la négativité, l’impulsivité, l’agressivité et diminue également les capacités de défense chez les victimes.
L’alcool est donc un facteur causal majeur des violences envers les femmes. Depuis une vingtaine d’années, la littérature scientifique s’est considérablement clarifiée sur le sujet. Il existe aujourd’hui un consensus sur son véritable statut causal dans la recherche internationale."

Violences conjugales: quelle situation en France?

Lire la lettre ouverte sur le Figaro.fr

Le nombre de sans-abri morts dans la rue a augmenté de 15% en 2018

"Exposés au vent, au froid, aux agressions, ils sont particulièrement vulnérables. En 2018, au moins 612 sans domicile fixe (SDF) sont morts dans la rue, a annoncé mardi 29 octobre le collectif Les Morts de la Rue, qui recense et analyse ces décès chaque année dans un rapport. Ils étaient 511 un an plus tôt : leur nombre a donc augmenté de 15% en un an.
Des chiffres encore en dessous de la réalité
Le collectif Les Morts de la Rue qui les a recensés n’explique pas cette hausse, qui pourrait être liée à l’augmentation du nombre de sans-abris. Ces chiffres ne sont pas non plus exhaustifs. Ils seraient même très en deçà de la réalité, reconnaît le collectif : "Les vrais chiffres sont six fois supérieurs à ce qu’on avance", affirme Géraldine Franck, membre du collectif.
L'analyse des conditions de ces décès montre aussi la violence de la vie à la rue : ces SDF sont morts en moyenne à "48,7 ans contre 82,18 ans en population générale", et 27% des morts sont liées à "des accidents, des agressions ou des suicides", 36% à des maladies. 4 sur 10 étaient de nationalité française et 3 sur 10 souffraient d’au moins une addiction. Autre chiffre édifiant : parmi ces victimes, il y avait au moins 13 mineurs.
Lire l'article de Francetvinfo.fr

Logements indignes : la petite classe moyenne à la peine

"L’événement avait ébranlé toute une ville, voire tout le pays. Le 5 novembre 2018, dans le cœur de Marseille, deux immeubles s’effondraient, tuant 8 personnes. La question de l’habitat indigne resurgissait alors de la plus violente des manières et nous alertait sur la fragilité de certaines de nos habitations. Un an après, Pour Suite se penche sur cette "spirale" qui conduit à l’insalubrité les copropriétés les moins aisées.
La France compterait 420 000 logements potentiellement indignes. Un chiffre avancé par l’État mais qui s’élèverait à 600 000 selon la Fondation Abbé Pierre. Selon, cette fois, les statistiques de l’INSEE reprises par le député LREM Guillaume Vuilletet dans son rapport sur l’habitat indigne, le pays abriterait 800 000 logements "dégradés".
Ecouter l'émission de France Inter


Revue de presse 27 octobre 2019


La parole aux exclus

"Un collectif de chercheurs dénonce le projet gouvernemental de supprimer l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES)."


Royaume-Uni : trente-neuf corps découverts dans un camion immatriculé en Bulgarie

"Trente-neuf corps ont été découverts dans un camion dans la nuit de mardi 22 à mercredi 23 octobre à Grays, dans l’Essex, à l’est de Londres. Le chauffeur du camion, originaire d’Irlande du Nord et âgé de 25 ans, a été interpellé, a annoncé la police britannique".
Selon les autorités locales, le camion immatriculé en Bulgarie est entré dans la nuit de mardi à mercredi vers 00 h 30 (1 h 30, heure française) au Royaume-Uni par le port de Purfleet sur la Tamise, à l’est de Londres, en provenance de Zeebruges, en Belgique. Dans un premier temps, la police avait expliqué que le véhicule était entré dans le pays le 19 octobre via le port de Holyhead, sur la côte ouest de la Grande-Bretagne, qui dessert Dublin."
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Retraites : doit-on suivre le modèle scandinave ?

"Au Danemark, tous les efforts convergent vers un seul objectif : rendre les retraités le plus autonomes possible afin de retarder au maximum l'entrée en maison de retraite - toutes financées avec de l'argent public. Pendant trente ans, le pays avait décidé de ne plus construire de nouvelles maisons de retraite, préférant mettre en place un plan efficace de maintien à domicile. Aujourd'hui, moins de 5 % des Danois vivent en maison de retraite, des établissements qui ont été largement rénovés et adaptés aux nouveaux standards de vie des séniors. A Slottet, au nord de Copenhague, également appelé la cité des Anciens, chaque pensionnaire a son propre studio avec coin cuisine. Il a ainsi le choix de participer à la vie en communauté mais aussi de rester dans l'intimité de son petit logement, tout en bénéficiant de soins et d'assistance 24 heures sur 24. Il doit payer un loyer pour lequel il peut bénéficier d'allocations. Mais les soins et les services sont gratuits.
Cette maison de retraités héberge un peu plus d'une centaine de pensionnaires et se veut ouverte sur la vie de quartier : crèches et jardins d'enfants, potagers, parc animalier partagent le même espace. Dans un pays où la population est vieillissante, il est important de ne pas isoler les séniors. Transports publics, rampes d'accès aux bâtiments ou encore portes à ouverture automatique, les infrastructures sont de plus en plus adaptées au troisième âge et aux personnes à mobilité réduite".


La participation des habitants ne va pas de soi

"La Fondation Abbé-Pierre (FAP) Ile-de-France a placé la présentation de son éclairage régional du mal-logement 2019 sous le signe de la participation des habitants. La population francilienne est surreprésentée dans les statistiques du mal-logement. La FAP veut s’attaquer aux conséquences sociales de ces difficultés. En partenariat avec les acteurs de terrain, elle soutient des actions qui impulsent et structurent des dynamiques collectives d’habitants des quartiers populaires et des zones rurales paupérisées pour "changer le regard et rendre acteur". Mais les freins restent nombreux, culturels et personnels".
Acceder au dossier de la Gazette Santé-social

École : terrain sensible ?

"Retour sur le malaise des enseignants et des directeurs d'école : Marion Armengod, journaliste indépendante, et Anne Barrère, professeure des universités, anciennes enseignantes toutes deux, nous parlent de leur expérience et des difficultés du métier".


Revue de presse 20 octobre 2019


Stratégie Protection de l’enfance : Après les incantations, le temps de l’action ?

"Le secrétaire d’État, Adrien Taquet, a présenté le 14 octobre la stratégie de prévention et de protection de l’enfance. Fruit des recommandations des six groupes de travail sur « l’enfance protégée », cette stratégie suscite une réaction en demi-teinte de la part des acteurs qui doutent de la capacité à agir de l’État.
Si des mesures apparaissent positives, comme la création de nouveaux centres parentaux ou le caractère obligatoire de l’entretien prénatal précoce, d’autres laissent songeur quant à leur effectivité. A titre d’exemple, la généralisation des albums de vie pour les enfants confiés est à encourager. Elle faisait d’ailleurs partie des actions de la feuille de route pour la protection de l’enfance 2015-2017.
Cependant, quand près de 20 % des départements n’ont toujours pas mis en place le projet pour l’enfant (obligation légale), la généralisation de l’album de vie apparaît en décalage avec les réalités de terrain.
Outre le caractère incantatoire de certaines mesures, l’UNIOPSS regrette de nombreux manques, qui concernent notamment les jeunes sortant des dispositifs de protection de l’enfance. Les propositions faites dans la stratégie sont ainsi bien en-deçà de l’ambition première de la « proposition de loi visant à renforcer l’accompagnement des jeunes majeurs vulnérables vers l’autonomie ».
Lire l'article de l'UNIOPSS

Hébergement des migrants : le « 115 » sous pression

"Des associations dénoncent le « tri » qu’imposeraient des préfectures pour l’accueil des personnes étrangères.
« Le 115 ? Certains jours, j’appelais quinze fois. Mais ils m’ont demandé d’arrêter : “On ne prend plus de demandeurs d’asile”, disaient-ils. » Alors Thierry Negathe s’est construit une cabane avec des palettes en bois, dans un grand hangar d’une zone industrielle au sud-est de Rennes. Investi il y a un mois, le lieu abrite aujourd’hui quelque 350 migrants.
Thierry Negathe est Camerounais et il a déposé une demande d’asile en août. Il dit n’avoir, depuis, jamais été hébergé par l’Etat. Pas plus que Sokhna, une Sénégalaise de 23 ans, elle aussi demandeuse d’asile, qui a investi une petite pièce du squat rennais, à l’étage, avec son fils d’un an et demi. Arrivée en France depuis un an, elle a été hébergée plusieurs fois par des familles, grâce à une association. « Quand j’appelle le 115, c’est la même réponse, dit-elle. La dernière fois, on m’a demandé si j’étais demandeuse d’asile et on m’a dit qu’il n’y avait plus de place. » « Tous les jours, des gens refusés par le 115 arrivent ici », constate Vincent, membre du collectif qui a investi ces entrepôts privés inoccupés.
La saturation des centres d’hébergement d’urgence n’est pas nouvelle. En Ille-et-Vilaine, environ la moitié des 1 600 appels hebdomadaires reçus par le 115 ne débouchent pas sur une proposition d’hébergement, faute de places. Mais, depuis l’été, un changement est intervenu, sur une consigne explicite de la préfecture. « Pour orienter les personnes, on nous demande de faire une évaluation préalable de leur situation administrative », explique Sophie Randuineau, la directrice du SIAO-35, le service d’accueil et d’orientation dont dépend le 115.
Ainsi, lorsqu’un demandeur d’asile sollicite une prise en charge, le SIAO doit d’abord obtenir une autorisation des services de l’Etat avant d’éventuellement lui proposer un hébergement. Le cas échéant, la personne sera orientée vers un hôtel plutôt qu’un foyer. « Ça change notre travail, on ne répond plus à tout le monde, reprend Mme Randuineau. Les demandeurs d’asile ont peu de chance d’avoir une réponse positive. C’est une forme d’atténuation de l’inconditionnalité. »
Lire l'article du Monde

Ce que révèlent les polémiques sur le voile

"Alors que les polémiques se poursuivent depuis plus d’une semaine sur le port du voile, le président de la République a appelé à ne pas « stigmatiser » les musulmans. Les crispations récurrentes qui parcourent la société française depuis une trentaine d’années ne font que s’accentuer, au rythme des attentats."
"Ces polémiques sur l’islam, et plus particulièrement sur le voile, reviennent à intervalle régulier en France depuis une trentaine d’années et la première « affaire du voile » concernant trois collégiennes voilées, à Creil, en 1989.
« Il y a dans la perception française du voile quelque chose d’épidermique, parce que les Français estiment qu’il renvoie à la condition inférieure de la femme », estime l’écrivaine tunisienne Hélé Beji, qui a notamment publié en 2011 « Islam Pride. Derrière le voile. » (1). Confirmant cette « exception française », le sociologue Didier Lapeyronnie y voit plutôt une marque de « la féminité et de la non-disponibilité des femmes musulmanes ».
Il ajoute que « la France est un pays bizarre, où la religion n’est pas un droit de l’homme mais un problème » : « La Révolution française était antireligieuse, c’est notre fond culturel. »"
Lire l'article de La Croix

Haute-Garonne - La solidarité craque

"Du jamais vu. En Haute-Garonne, depuis le 11 octobre, 21 des 23 maisons des solidarités (MDS) et les services du siège de l’action sociale départementale sont totalement ou partiellement fermés : un droit d’alerte et de retrait a été déposé le 10 au soir par une intersyndicale SUD, CGT, FO.
La mobilisation a débuté le 26 septembre au service de l’aide sociale à l’enfance (ASE) de la MDS de Frouzins. Le trop plein s’est exprimé après un accès de violence d’une jeune fille contre son éducateur. Un passage à l’acte que l’équipe lit au travers de la mauvaise prise en charge de l’adolescente en besoin de soins spécifiques : impossible de trouver une place dans une structure adaptée. « A charge pour les référents ASE de trouver des solutions au jour le jour », explique Marina Lergenmuller, éducatrice à l’ASE et représentante du personnel syndiquée à Sud CT 31. Insupportable pour l’équipe qui décide d’exercer son droit de retrait.
Une situation symptomatique pour les professionnels de la dégradation des conditions d’accueil et de travail dans les structures de solidarités du département. Cette MDS est rapidement rejointe par la MDS de Cazères. Là encore, il ne reste que quatre référents ASE en poste quand ils sont officiellement onze pour répondre aux missions. Intenable. « De nombreuses mesures de protection de l’enfance ne sont pas exercées, les instances pluridisciplinaires ne peuvent pas se tenir et nombre de procédures ne sont pas respectées », avance le syndicat SUD."
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La loi autorise sans ambiguïté les mères qui portent le voile à accompagner les sorties scolaires

"La vidéo montrant un élu du Rassemblement national (RN) agressant une mère de famille voilée qui accompagnait un groupe d’élèves à une séance du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, vendredi 11 octobre, a provoqué un tollé et a relancé par la même occasion le débat autour des accompagnantes en hidjab lors de sorties scolaires.
Profitant de cette nouvelle actualité, les sénateurs Les Républicains (LR) ont soumis une proposition de loi pour interdire les signes religieux lors des sorties scolaires. Le texte sera examiné en séance publique le 29 octobre.
Cette nouvelle polémique a d’abord été relancée par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qui a remis une pièce dans la machine, en déclarant, le 13 octobre, sur BFM-TV :
« Vous avez d’une part ce que dit la loi – elle n’interdit pas aux femmes voilées d’accompagner les enfants – mais, c’est certain, nous n’avons pas envie d’encourager ce phénomène. Heureusement qu’on n’interdit pas tout par la loi. »"
Lire l'article des décodeurs

Départs, amertume : après la polémique sur le voile, le Conseil présidentiel des villes vacille

"Après l'humoriste Yassine Belattar, Mohamed Mechmache président du collectif "Pas sans nous" s'apprête à quitter le Conseil présidentiel des villes. D'autres membres s'interrogent sur le climat ambiant et l'absence du président au sein de cette instance censée rapprocher les quartiers populaires et l'Élysée."
Lire l'article de France Inter


Revue de presse 13 octobre 2019


TRIBUNE : Étudiant-e-s du travail social, un avenir en danger !

"Madame la Ministre, durant l'été́ 2018, sont parus les décrets réformant les formations du social. La volonté́ affichée dans le cadre de la réingénierie des diplômes du travail social est de permettre l’acquisition d’un socle de compétences et de connaissances communes aux cinq formations (éducateurs-trices spécialisé-e-s, éducateurs-trices de jeunes enfants, assistant-e-s de service social, éducateurs-trices techniques spécialisé-e-s et conseillers-ères en économie sociale et familiale).
Cette réforme change le contenu pédagogique ainsi que les modalités d’évaluation, mais surtout la reconnaissance des diplômes qui sera de niveau Bac+3 à partir de 2021, tandis que les promotions précédentes restent reconnues au niveau Bac+2 pour trois années de formation.
Cette réforme, applicable dès la rentrée 2018, n'a laissé que peu de temps aux centres de formations pour la mettre en œuvre. Cette précipitation nous coûte cher. Elle nous laisse sur le carreau.
Vous le savez, les étudiant-e-s passant leur session d'examen au printemps 2020 valident leurs diplômes selon les modalités des réformes antérieures. Ayant commencé leur cursus avant la publication de votre décret, leur formation n’a pas été impactée. Néanmoins, vous avez décidé dans l’article 11 que les modalités de validation des diplômes seront abrogées, c'est à dire supprimées à l'issue de la session d'examen 2020.
Il sera dès lors nécessaire pour les étudiant-e-s n’ayant pas validé ne serait-ce qu’un Domaine de Compétences (DC) de recommencer à zéro, soit au total 6 ans de formation. Pire, c’est durant leur année de passage du diplôme et de ces multiples modalités de certifications que nous l’apprenons.
Le manque de considération que vous portez aux étudiant-e-s du travail social ne peut que nous laisser envisager un avenir sombre dans l’évolution de notre secteur et dans l’accompagnement des publics. De ce fait, vous excluez des étudiant-e-s précaires qui n’auront pas la possibilité de financer 3 ans de formation supplémentaires, ainsi que les personnes ayant suspendu leur formation pour des raisons personnelles ou médicales."
Lire la suite sur le site des ASH

Thomas Piketty : « Pour une économie circulaire »

"Il faut bâtir par la délibération démocratique de nouvelles normes de justice sociale, éducative, fiscale et climatique, qui devront tourner le dos à l’hyperconcentration actuelle du pouvoir économique, estime l’économiste dans sa chronique au « Monde »"
Quand on évoque l’économie circulaire, on pense souvent au recyclage des déchets et des matériaux et à l’usage modéré des ressources naturelles.
Mais pour qu’un nouveau système durable et équitable puisse émerger, c’est l’ensemble du modèle économique qu’il faut repenser. Avec les écarts de richesses qui existent actuellement, aucune ambition écologique n’est possible. La sobriété énergétique ne pourra venir que de la sobriété économique et sociale, et non de la démesure des fortunes et des trains de vie. Il faudra bâtir par la délibération démocratique de nouvelles normes de justice sociale, éducative, fiscale et climatique ; elles devront tourner le dos à l’hyperconcentration actuelle du pouvoir économique. L’économie du XXIe siècle doit au contraire s’appuyer sur la circulation permanente du pouvoir, de la richesse et du savoir.
C’est grâce à la diffusion de la propriété et de l’éducation que le progrès social et humain est devenu une réalité au cours du XXe siècle. Un puissant mouvement de réduction des inégalités sociales et d’accroissement de la mobilité, dont les prémices intellectuelles étaient déjà visibles aux XVIIIe et XIXe siècles, s’est accéléré des années 1900-1910 aux années 1970-1980, grâce à un investissement éducatif sans précédent, un rééquilibrage des droits des actionnaires par ceux des salariés (notamment en Europe nordique), la circulation des revenus et des fortunes par l’impôt progressif (en particulier aux Etats-Unis), et ainsi de suite.
Ce mouvement a été interrompu dans les années 1980-1990, à la suite d’un retour de balancier alimenté par la désillusion postcommuniste et la rupture reaganienne.
Le postcommunisme est alors devenu le meilleur allié de l’hypercapitalisme : des ressources naturelles surexploitées et privatisées au profit d’une minorité, un contournement systématique du système légal par les paradis fiscaux, une suppression complète de toute forme d’impôt progressif."
Lire la suite sur le Monde.fr

Un millier de personnes marchent pour Kewi, 15 ans, tué pendant un cours d’EPS au stade des Lilas

"Le lycéen, poignardé à mort, avait tenté de s’interposer lors d’une rixe due à une guerre ancienne entre quartiers.
Parti de la commune voisine du Pré-Saint-Gervais, le cortège silencieux était massé derrière une banderole « Unis contre la violence, justice pour Kewi ». Il est arrivé à 12 heures à l’endroit où le lycéen avait été poignardé. Deux jours après la mort de Kewi, trois jeunes de 14 et 15 ans ont été mis en examen et placés en détention provisoire pour « assassinat en bande organisée ». « Combien d’enfants doivent mourir pour que les pouvoirs publics agissent pour nos quartiers, gangrenés par la violence ? Il faut que Kewi soit le dernier, le dernier enfant perdu, » a dit le cousin du jeune garçon. Un an plus tôt, Aboubakar, 13 ans, était lui aussi mort lors d’une rixe aux Lilas impliquant des jeunes de quatre villes du secteur."
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Revue de presse 06 octobre 2019


Formation. Du flou dans la réforme

La toile bruisse d’inquiétudes des étudiants en troisième année d’éducateur spécialisé, assistant de service social, éducateur de jeunes enfants, conseiller en économie sociale et familiale, éducateur technique spécialisé. Leur session d’examen qui aura lieu à la fin de l’année scolaire 2019-2020 valide leur cursus encore régi par la réforme de 2007 aboutissant à des diplôme de niveau III. Dernière promotion de l’ancien régime, les promotions suivantes entreront dans le nouveau cadre fixé par l’arrêté du 22 aout 2018 qui revalorise les diplômes au niveau II soit la licence.
Sans filet
Les étudiants s’interrogent : s’ils ne valident pas tous leurs domaines de compétences peuvent-ils encore repasser l’examen en conservant le bénéfice des domaines de compétences acquis pendant cinq ans comme le leur permettait l’ancien système ? Non, répond le texte. Aucun dispositif de rattrapage ou de redoublement ne semble, pour l’instant, prévu. Les étudiants devraient-ils donc reprendre la formation en deuxième année du nouveau diplôme voire tout recommencer ? Aucune information claire. Comment expliquer une telle rupture d’égalité pour les étudiants de cette promotion ? Les formateurs s’interrogent et les écoles attendent des éclairages précis. Sollicitée par Lien Social, la Direction générale de la cohésion sociale explique étudier avec le ministère de l’Enseignement supérieur « les options qui pourraient s’offrir aux étudiants n’ayant pas validé leur diplôme à l’issue de la session 2020 » et souligne qu’une « instruction est en cours de finalisation ».
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"Ce qui me gêne, c’est le traitement différencié selon les nationalités" : des officiers de l'OFPRA témoignent

"Ces deux fonctionnaires de l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et des apatrides) ont accepté de témoigner de la réalité de leur travail au micro de France Inter. Les deux juristes répondent à toutes les questions qui concernent les 300 dossiers de demandes d'asile qu'ils gèrent chaque année.
Nous ne dirons pas grand chose de ces deux officiers de l'OFPRA. En témoignant, ils risquent non seulement de perdre leur emplois, mais aussi théoriquement des sanctions pénales (jusqu'à 3 ans de prison). Il n'a pas été facile de les convaincre de parler, même anonymement (leur prénom a été changé).
Ces deux juristes de formation et leurs 500 collègues ont la lourde responsabilité de délivrer ou pas le précieux sésame qui permet à une personne d'obtenir le droit d'asile. Sur les 122 000 demandes annuelles, 88 000 sont rejetées. Leur métier est donc difficile, souvent méconnu, régulièrement mêlé aux questions relatives à l'immigration. Ils avaient donc à cœur de mettre un peu d'ordre, de droit et de réalité sur ce sujet qu'ils connaissent bien pour le pratiquer depuis plusieurs années.
S'ils ont décidé de parler à un média, c'est en grande partie parce qu'ils pensent tous deux que le droit d'asile, qui relève de la Convention de Genève, est aujourd'hui attaqué en France. Une crainte renforcée par les propos tenus le 16 septembre dernier par le président de la République. Devant les ministres et parlementaires de la majorité, Emmanuel Macron a évoqué un droit d'asile "détourné de sa finalité par des réseaux". "
Lire l'article sur Franceinter.fr

Débat sur l’immigration : Agnès Buzyn défend fermement le principe de l’aide médicale d’Etat

"C’est sûrement la ministre qui était la moins acquise à la cause du débat sur l’immigration, voulu par le président de la République. C’est pourtant celle qui a le plus détaillé, lundi 7 octobre, devant l’Assemblée nationale, les pistes sur lesquelles l’administration planchait en matière de soins aux étrangers. A côté, Jean-Yves Le Drian et Christophe Castaner se sont contentés de brosser de manière très générale leurs ambitions pour œuvrer à la « maîtrise des flux » migratoires.
Face aux députés, Mme Buzyn a d’abord longuement rappelé les principes auxquelles elle est attachée, au premier titre duquel « le droit à la santé pour tous ». « On ne laisse pas des gens périr parce qu’il leur manque le bon tampon sur le bon document », a t-elle résumé. Elle a aussi balayé sèchement les polémiques qui avaient pu fleurir en amont du débat sur les abus de l’aide médicale d’Etat (AME), cette protection sociale destinée à prendre en charge un panier de soins réduit pour les étrangers en situation irrégulière sur le territoire. « Cure thermale, PMA, médicament à service médical rendu faible, ne sont pas pris en charge par l’AME (…).
Les soins à visée esthétique ne sont évidemment pas pris en charge par l’AME », a t-elle rappelé."
Lire l'article du monde.fr

"Sale Gosse" : une plongée dans le quotidien des jeunes suivis par la Protection judiciaire de la jeunesse

"En février 2018, j’ai intégré pendant six mois une équipe de la Protection Judiciaire de la Jeunesse à Auxerre sans savoir ce que je cherchais, sinon comprendre ce lien si particulier qui se noue entre l’éducateur et le délinquant." Mathieu Palain


« J’étais l’Arabe qui venait de loin » : la diaspora maghrébine se raconte sur le divan

"La psychiatre Fatma Bouvet de la Maisonneuve reçoit des patients qui livrent des vies empoisonnées par les discriminations et les préjugés.
Ils sentent « quelque chose » en eux qui leur tord le bide. Un « truc » qui vient gifler leur âme et abîmer leur corps. Une douleur les tourmente, les enlace si fort qu’ils en suffoquent. Un mal-être ? Une dépression ? Une crise d’angoisse ? Un peu des trois. Quelle est la cause de cette mauvaise sensation ? Leur gueule de « métèque ». De par leur apparence et leur origine nord-africaine, ils ont l’impression de se sentir en France comme l’éternel étranger ; de n’être jamais à leur place ; ou de voir leur carrière professionnelle patiner. Quoi qu’ils fassent. Le malaise est profond, au point parfois de ne plus en dormir la nuit. Ce désarroi les a obligés à consulter un thérapeute pour ne pas perdre la tête.
Chaque jour, dans un cabinet médical exigu de Montrouge (Hauts-de-Seine), la psychiatre Fatma Bouvet de la Maisonneuve reçoit, entre autres, des patients issus de la diaspora maghrébine pour parler de leur souffrance. Et le mot est faible… Tunisiens, Marocains, Franco-Algériens, de tout âge et de toute catégorie sociale, ils vivent très mal les préjugés contre les Nords-Africains qu’ils disent subir au quotidien. Des petites remarques anodines aux discriminations les plus crasses, ces femmes et ces hommes n’arrivent plus à faire face aux humiliations. Pour comprendre leur souffrance qui heurte leur identité, il faut s’asseoir près d’eux sur l’une des deux chaises en osier du bureau, garantir leur anonymat et les écouter sur plusieurs séances de trente minutes chacune."
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 28 septembre 2019


Les étudiants en travail social attendent un rattrapage

"Les étudiants en travail social vont-ils revenir gronder aux portes du ministère des Solidarités ? Pour l’heure, depuis l’avenue Duquesne, seule une pétition est en vue, mais elle a déjà recueilli près de dix mille signatures. Une préoccupation tenaille, en effet, les élèves qui viennent d’entrer en dernière année, pour préparer les diplômes d’Etat d’éducateur spécialisé, d’assistant de service social, ou de niveau équivalent. Si jamais ils n’obtiennent pas leurs quatre « domaines de compétences » requis, d’ici cet été, comment pourront-ils donc les rattraper ?
Leurs promotions, en effet, présentent une particularité. Ces élèves se sont engagés, en 2017 pour la plupart, dans des formations aboutissant à des diplômes de « niveau III », c’est-à-dire à bac + 2. Or en 2018, une réforme a revalorisé leurs cinq certifications jusqu’au niveau II, soit au grade de la licence – et uniquement à partir de 2021… Les formations correspondantes, du même coup, ont été revisitées - mais pour tous les élèves admis à compter de 2018. Et malgré des années de discussions, de négociations, et de manifestations, cette réingénierie a fait l’impasse sur ce détail de taille : comment assurer un droit à l’erreur, pour les tout derniers candidats présentant les diplômes « ancienne formule », en 2020 ?
« Habituellement, les candidats ayant échoué, ou pas validé l'ensemble de leur diplôme, ont cinq ans pour repasser les domaines manquants », est-il rappelé dans une pétition des « étudiants en travail social en force », mise en ligne le 25 septembre sur change.org. Mais que proposer concrètement pour les recalés de 2020 ? Doivent-ils être autorisés à tenter, en 2021, les nouveaux diplômes, pourtant reconnus à un niveau supérieur ? Ou leur faudra-t-il reprendre ces études rénovées au point de départ, c’est-à-dire à la première année ? « Nous demandons au ministère des Solidarités et de la santé de respecter nos droits et de prévoir des sessions de rattrapage pour les promotions des travailleurs sociaux 2020 », réclament les quelque 10 000 signataires recensés au 1 octobre."
Lire la suite sur le mediasocial.fr

Le gouvernement dévoile le nouveau «service public» des pensions alimentaires

"Le gouvernement veut passer d’un système de «recouvrement des impayés» à une logique de «prévention des impayés» de pensions alimentaires. Lancé le 1er juin prochain, il pourrait concerner 100.000 personnes durant sa première année de mise en œuvre.
C’était une revendication forte des «gilets jaunes» et une proposition issue du grand débat. «On ne peut pas faire reposer sur les mères seules qui élèvent leurs enfants l’incivisme de leurs anciens conjoints», avait lancé Emmanuel Macron, le 25 avril dernier. Aujourd’hui, on estime que 30 à 40 % des pensions alimentaires sont impayées ou payées de façon irrégulière. Alors que la France compte désormais un quart des familles monoparentales, environ 300.000 parents, des mères dans l’immense majorité, souffrent de ces impayés.
Pour lutter contre ce «fléau», la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, et les secrétaires d’État Marlène Schiappa et Christelle Dubos présentent jeudi le nouveau système de «service public de versement des pensions alimentaires». Ce dernier se fonde sur un service déjà existant, l’agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires (Aripa) des caisses d’allocations familiales (CAF). Dès le premier impayé de pension alimentaire, tout parent peut déjà la saisir. Créée en 2017, l’agence aide au recouvrement de la pension, y compris, via une saisie sur le salaire de l’ancien conjoint. De plus, en cas de non-recouvrement des pensions dues, elle verse une allocation complémentaire: l’allocation de soutien familial (ASF) d’un montant de 115 euros par enfant et par mois.
Les parents isolés qui reçoivent une pension alimentaire inférieure à ce montant peuvent demander à la CAF un complément financier afin d’atteindre cette somme de 115 euros. «Ce système, tel qu’il existe aujourd’hui, ne permet pas de régler toutes les situations problématiques», relève le ministère de la Santé et des solidarités. On estime en effet que les procédures de recouvrement ne concernent que 10 à 20 % des cas d’impayés."
Lire l'article du Figaro

Installation de la commission des 1000 premiers jours de la vie de l’enfant

"Le Président de la République, en présence d’Adrien Taquet, secrétaire d’État auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé, a installé ce jeudi 19 septembre après-midi un comité d’experts chargé de travailler avec l’ensemble des acteurs pour rassembler l’ensemble des connaissances et formuler des préconisations sur les politiques publiques qui peuvent être menées.
Le président de la République a inscrit la question des 1000 premiers jours de l’enfant au cœur de l’action du gouvernement. Les progrès scientifiques, issus de plusieurs champs de recherche, légitiment en effet un investissement le plus précoce possible dans cette période importante de la vie de tout être humain et il est indispensable d’accompagner au mieux les parents pour répondre de manière adaptée aux besoins de leurs enfants.
Acceder au site solidarite_sante.gouv.fr
Le trombinoscope des experts

Handicap : 90 millions pour enrayer les départs en Belgique

"Encore trop de départs, pour certains "forcés", vers la Belgique. Pour enrayer l'hémorragie, le PLFSS 2020 prévoit une enveloppe de 90 millions d'euros sur 3 ans afin de développer des solutions en France pour les adultes handicapés.
Plus de 550 adultes handicapés s'exilent en Belgique chaque année faute de solutions en France tandis que 350 places sont créées par an pour accueillir ces transfuges. Une situation souvent « subie » par les familles qui préféreraient, en toute logique, trouver une solution près de chez elles. Fin décembre 2018, ce sont près de 8 000 Français en situation de handicap (1 500 enfants et environ 6 500 adultes) qui sont accueillis dans des établissements wallons, originaires majoritairement des régions Ile-de-France, Hauts-de-France et Grand-Est."
Lire la suite sur handicap.fr


Revue de presse 21 septembre 2019


Laisser le travail se faire

"Le travail est à nouveau « empêché » par les failles du management, explique la journaliste du « Monde » Anne Rodier. La Dares et le baromètre Malakoff Médéric Humanis sur la qualité de vie au travail constatent un recul de l’autonomie des salariés. 30 % d’entre eux estiment ne pas avoir le temps de bien faire leur travail"
"Aux urgences des hôpitaux, les conditions de travail donneraient envie à un mourant de rester chez lui : sous-effectifs soumis à un rythme infernal, manque de lits, des gants qui se déchirent quand l’infirmière s’en saisit, etc. A l’hôpital comme dans tous les secteurs professionnels tant du public que du privé, l’intensité du travail est très élevée. L’enquête que vient de publier le ministère du travail sur l’évolution de l’exposition des salariés aux risques professionnels, révèle que 32 % des salariés du privé sont « en tension ». Et « la pression ressentie par les salariés augmente », a précisé le médecin du travail Nicolas Sandret en présentant cet état des lieux à la direction générale du travail le 9 septembre.
Mais contrairement aux urgentistes, « les salariés se plaignent moins de manquer de moyens matériels pour faire correctement leur travail que de la perte d’autonomie dans l’organisation de leur travail », indique la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares). Un recul confirmé par le baromètre Malakoff Médéric Humanis sur la santé et la qualité de vie au travail publié mercredi 18 septembre. Seul 25 % des salariés y déclarent avoir la possibilité de prendre des décisions. Une déficience qui devrait alerter les DRH."
Car la dégradation du pouvoir d’agir des travailleurs sur les situations et sur eux-mêmes crée « des déséquilibres dommageables à la qualité du travail comme à la santé des travailleurs », explique Philippe Zawieja, chercheur en santé au travail à l’université de Sherbrooke (Canada) et co-auteur du Dictionnaire des risques psychosociaux (Seuil, 2014). La situation critique dans les hôpitaux aujourd’hui, comme à France Télécom hier, nous en rappellent cruellement les enjeux.
Le changement de la nature du travail
Après des années de critiques sur les dégâts des « normes », le travail est donc à nouveau « empêché » par les failles du management, qui a pourtant su améliorer l’ambiance entre salariés. Le nombre de comportements hostiles a été significativement réduit. Ils n’affectent plus que 15 % des salariés, contre 22 % en 2010, note la Dares. Le Baromètre Malakoff Médéric confirme que les entreprises s’occupent de plus en plus du bien-être de leurs salariés. Mais l’accélération du rythme de travail augmente la pénibilité. Les transformations numériques sont passées par là."
Lire la chronique d'Anne Rodier

PMA pour toutes : les « réserves » de l’Académie de médecine sur « une rupture anthropologique majeure »

"A quelques jours de l’examen à l’Assemblée nationale du projet de loi de bioéthique – dont l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes est la mesure la plus symbolique – un avis de l’Académie nationale de médecine (ANM) apporte du grain à moudre aux opposants.
Dans cet avis officiel, rendu samedi 21 septembre, la société savante estime que « la conception délibérée d’un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure » et n’est « pas sans risques » pour son « développement psychologique » et son « épanouissement »."
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 14 septembre 2019


Le gouvernement annonce une hausse des moyens pour loger les sans-abri en 2020

"Selon les chiffres du gouvernement, le plan "Logement d'abord" a permis à 70 000 personnes sans domicile de trouver un logement durable l'an dernier.
"Le gouvernement augmentera de 45 millions d'euros, l'an prochain, le budget consacré à un programme d'aide au logement durable des sans-abri, a annoncé, vendredi 13 septembre, le ministère du Logement dans un communiqué. Lancé l'an dernier, ce programme ne concerne pas l'hébergement d'urgence, mais a permis à 70 000 personnes de trouver un logement en 2018. "Le plan 'Logement d'abord' entre aujourd'hui dans une nouvelle phase marquée par un soutien financier accru", écrit le ministère.
[...]Dans le cadre du budget, l'Etat va, par rapport à cette année, y consacrer 45 millions d'euros de plus. Ce sont d'abord les moyens liés au financement des pensions de famille et de l'intermédiation locative qui sont relevés. Le gouvernement compte aussi doubler, à 8 millions d'euros, le budget d'un plan de lutte contre les bidonvilles.
Séparément, les bailleurs HLM vont consacrer 15 millions d'euros supplémentaires à un fonds destiné au logement d'urgence, ce qui porte à 60 millions au total la hausse des moyens consacrés au "Logement d'abord" l'an prochain. Par ailleurs, le gouvernement compte faciliter le recensement des personnes sans-abri, "en s'appuyant sur les initiatives locales", alors qu'associations et élus regrettent le manque de statistiques officielles. Les dernières de l'Insee remontent à 2012.
Lire l'article de Francetvinfo.fr

Grève aux urgences : neuf chiffres pour comprendre une crise sociale sans précédent

"Plus de 250 services d'urgences sont toujours en grève, malgré les annonces du gouvernement.
Le traitement de la ministre de la Santé n'a pas suffi pour faire tomber la fièvre sociale. Deux-cent cinquante services des urgences étaient en grève le 9 septembre 2019, jour de l'annonce du plan pour la "refondation des services d'urgences" d'Agnès Buzyn. Dès le lendemain, le collectif Inter Urgences a décidé de maintenir la grève et a appelé l'ensemble des personnels hospitaliers à se mobiliser à l'instar des médecins urgentistes qui ont rejoint le mouvement jeudi 12".
L'article présente neuf chiffres pour comprendre une crise qui se durcit. A retenir parmi ces chiffres : "Le nombre annuel de passages progresse chaque année de 3,5% en moyenne. Au total, les structures publiques et privées ont accueilli 21 millions de patients en 2016, contre 10,1 millions en 1996", et "100 000 lits supprimés en vingt ans".
Lire l'article de Francetvinfo.fr

Premiers secours : voici les gestes qui peuvent sauver des vies

"Selon la Croix-Rouge, 10 000 vies supplémentaires pourraient être sauvées chaque année en France si 20 % de Français en plus étaient formés aux gestes de premier secours."


Un an après le lancement du plan pauvreté, les associations s’impatientent

"Le collectif Alerte demande au gouvernement une revalorisation des prestations sociales.
[...]« Nous partageons les principes de la “stratégie pauvreté”, affirme Véronique Fayet, présidente du Secours catholique, l’une des 37 associations du collectif Alerte. Mais les plus pauvres ne peuvent attendre 2023 qu’elle produise ses effets. Il faut absolument une revalorisation des prestations. Le revenu de solidarité active (RSA) ne représente plus que 40 % d’un smic, contre 60 % à sa création ; les aides personnalisées au logement (APL) ont baissé ; les allocations familiales et les retraites augmentent moins vite que l’inflation… » « Notre philosophie n’est, en effet, pas de tout centrer autour de la revalorisation des prestations, répond Christelle Dubos. Nous insistons sur la reprise d’activité, avec beaucoup plus d’accompagnement, et la création d’un service public de l’insertion. »
Mesures consensuelles
Le plan pauvreté envisage surtout la création d’un revenu universel d’activité (RUA), fusionnant plusieurs aides en une seule pour simplifier les démarches : « Nous avançons précautionneusement car personne ne doit être perdant », assure Mme Dubos. Annoncé pour 2020, il ne sera pas effectif avant, au mieux, 2023. Les associations ne cachent pas leur inquiétude car elles souhaitent que le RUA s’étende à de nouveaux bénéficiaires, notamment les jeunes, tandis que le gouvernement raisonne, lui, à enveloppe budgétaire constante, ce qui implique des perdants."
Lire l'article du monde


Revue de presse 7 septembre 2019


Présentation du rapport Bourguignon sur les jeunes majeurs sortant de l'ASE

Titre du rapport : « La République doit être une chance pour tous : pour un accompagnement sur-mesure de chaque jeune majeur sortant de l’aide sociale à l’enfance vers l’autonomie réelle »
Le site Infomie.net présente le rapport complet, ainsi qu'un résumé présenté à partir du sommaire. Un chapitre porte spécifiquement sur la situation des mineurs non accompagnés (MNA).
Au coeur de ce rapport, ce constat : "En dépit de quelques avancées, la loi de 2016 n’est pas parvenue à garantir l’accompagnement renforcé des jeunes les plus vulnérables".
Des propositions autour de trois idées forces :
"Les propositions de la mission s’articulent autour des trois idées force qui ont constitué le fil directeur des débats et des échanges menés :
  1. La nécessité d’une collégialité et d’un décloisonnement des pratiques à travers l’échange d’informations des acteurs : ce changement culturel est incarné par la création de la Commission locale d’accès à l’autonomie et de Pré-orientation (CLAAP), adossée à un outil de détermination de l’autonomie ;
  2. La création d’un socle minimal de droits à travers le nouveau contrat d’accès à l’autonomie et la mobilisation d’outils complémentaires comme le tiers référent. Cette logique de socle minimal aurait un aboutissement logique à travers l’expérimentation d’un revenu minimal d’activité à destination des jeunes issus de l’ASE ;
  3. La volonté enfin d’adosser les recommandations à des dispositifs existants pour créer un ensemble de droits renforcés : Garantie jeunes, rendez-vous des droits, majoration de bourses universitaires, conventions renforcées avec Action logement, etc".

Concernant les MNA le rapport pointe "plusieurs incohérences dans le traitement des mineurs non accompagnés, notamment concernant l’articulation des trois piliers d’intégration et d’insertion que constituent la délivrance de titre de séjour, l’engagement du jeune majeur dans un cursus professionnalisant et l’obtention d’un contrat jeune majeur : les trois dispositifs ne s’articulent pas toujours de manière satisfaisante mettant parfois en péril, en raison d’incohérences de traitement, de longues années d’investissement social et scolaire de la part des acteurs de la protection de l’enfance, de l’enseignement et du tiers secteur associatif."
A noter : le rapport reprend le positionnement des associations (dont la plupart sont regroupées dans le collectif "Cause majeur") hostiles à la conditions de dix-huit mois d'accueil pour pouvoir profiter des aides prévues pour les jeunes majeurs : "Conformément aux vœux formulés par l’ensemble des acteurs associatifs et le collectif Jeunes Majeurs sur le sujet, la mission préconise de retirer la conditionnalité – introduite dans la proposition de loi à l’article 1er lors des débats des 6 et 7 mai dernier – des dix-huit mois pour ne pas exclure des jeunes de 16 à 17 ans entrant tardivement dans le dispositif de protection de l’enfance afin de leur garantir une égalité de traitement".
Cependant une condition est maintenue, qui probablement alertera les associations : "Partageant la volonté du Gouvernement, et afin de conserver l’esprit de cette conditionnalité, la mission suggère de lui préférer une condition tenant à la possession d’un titre de séjour valide à la majorité du jeune".
Lire le rapport sur le site d'infomie.net

Violences conjugales : les associations haussent le ton

"Alors que s’ouvre le Grenelle des violences conjugales, associations féministes et d’aide aux victimes dénoncent le manque de moyens criant dans la lutte contre les violences faites aux femmes.
Difficile, sous l’emprise d’un conjoint violent, de mettre des mots sur ce que l’on subit, et encore plus de pousser la porte d’une institution pour demander de l’aide. Partant de ces constats, l’association Droits d’urgence mettra en ligne, en octobre, une plate-forme baptisée DroitDirect.fr, en vue de mieux orienter les femmes victimes de violences conjugales.
« Que ce soit en matière de logement, d’emploi ou de droits sociaux, les démarches à mener lorsqu’elles veulent s’autonomiser du foyer conjugal sont nombreuses, note Estelle Mariette, chargée de projets à Droits d’urgence. En raison de leur fragilité psychologique, certaines victimes hésitent parfois à engager ces actions. Et lorsqu’elles le font, si cela s’avère trop complexe ou si elles ne font pas face au bon interlocuteur, elles retournent souvent vivre avec le conjoint violent, alors même qu’elles sont en danger. »
DroitDirect.fr vise donc à sécuriser le parcours de ces femmes, en s’appuyant sur diverses fonctionnalités : fiches d’informations pratiques, cartographie des acteurs locaux de prise en charge... Et surtout un chatbot, autrement dit un agent conversationnel virtuel, qui propose un questionnaire d’orientation et de mise en relation avec le professionnel ad hoc, en fonction de la situation et de son degré d’urgence. Le dispositif est pour l’heure lancé à titre expérimental dans les Hauts-de-France. Mais l’association ambitionne à terme de l’étendre au territoire national.
Lire l'article d'Alternatives-economiques.fr

Scolariser son enfant handicapé, « une bataille permanente »

"Des parents d’élèves racontent les « années de galère » traversées pour permettre à leur enfant atteint de handicap d’aller à l’école. Un droit pourtant inscrit dans la loi depuis 2005. [...]Pour Serge Ebersold, l’école délègue aux parents « la responsabilité de la scolarisation de leur enfant » en les laissant aussi assumer le rôle de coordinateur des multiples intervenants aux cultures et aux temporalités spécifiques (enseignants, accompagnants, MDPH, etc.). Les enseignants référents présents dans les établissements ont souvent bien trop de dossiers à suivre.
Ces différentes charges obligent les parents à jongler dans leur emploi du temps pour assister aux réunions, récupérer l’enfant, monter des dossiers… Selon une étude du service statistique du ministère de l’éducation nationale de 2015, 40 % des mères et 6 % des pères ont réduit leur activité ou cessé de travailler pour accompagner leur enfant handicapé."
[...]Si pour les parents, la difficulté tient surtout au fait de devoir, à échéance régulière montrer que leur enfant « mérite » cette scolarisation et les aménagements qui vont avec, elle ne fait qu’augmenter avec le niveau scolaire. « En France l’école est conçue avant tout comme un lieu d’instruction plutôt que comme un lieu de socialisation éducative », commente la chercheuse. Les familles en témoignent souvent : la « différence » est acceptée plus facilement à l’école primaire « à laquelle on donne un rôle socialisateur », qu’au collège et au lycée où les questions de diplôme et d’orientation deviennent prégnantes.
C’est à partir du collège que « les interlocuteurs [enseignants entre autres] se multiplient et sont dans un turnover permanent », ajoute Nicolas Eglin, lui aussi parent d’une jeune fille handicapée et président de la Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (Fnaseph)."
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 25 août 2019


Pôle emploi, main dans la main avec Deliveroo et Uber Eats

"Aux yeux de Pôle emploi, Uber Eats et consorts sont des employeurs comme les autres. Au début de l’été, des annonces pour recruter des « coursiers partenaires indépendants » pour Uber Eats ont été publiées sur les pages Facebook de plusieurs agences régionales de l’opérateur public. Des offres d’emploi qui n’ont pas manqué de susciter quelques remous sur les réseaux sociaux.
« Vous recherchez un complément de revenus ou une activité à temps plein, avec la liberté d’exercer quand et où vous le voulez ? Participez à la prochaine réunion d’information collective le 24 juin à 14 heures dans les locaux du Pôle emploi de Vierzon », affiche ainsi la page Facebook de l’agence en question. De même, il est possible de trouver en quelques clics des offres directement sur le site de Pôle emploi pour devenir coursier chez Uber Eats.
En plein conflit Deliveroo, alors que les coursiers du service de livraison de repas manifestaient contre leurs conditions de travail, ces annonces ne sont pas passées inaperçues. Sur Facebook et Twitter, des commentateurs se sont émus de voir Pôle emploi relayer des annonces d’une plate-forme connue pour recruter sous le régime d’autoentrepreneur. Une forme d’emploi qui ne garantit aux coursiers ni rémunération minimale mensuelle, ni complémentaire santé, ni allocation chômage."
Lire l'article du Monde

Pas-de-Calais : des locataires relogés à cause de la délinquance du quartier



Les dividendes versés dans le monde atteignent un montant record

"Le montant est historique. Les 1 200 plus grandes entreprises cotées mondiales ont versé, pour la période avril-juin, quelque 513,8 milliards de dollars (463 milliards d’euros) de dividendes à leurs actionnaires, soit une progression de 1,1 %, selon l’étude publiée, lundi 19 août, par l’observatoire de la société de gestion Janus Henderson.
[...]La France a connu une croissance de 3,1 %. « De loin, le plus grand payeur de dividendes en Europe, elle a vu leurs montants atteindre 51 milliards de dollars au cours du deuxième trimestre, un nouveau niveau historique », assure l’étude. Les trois quarts des sociétés françaises prises en compte par l’étude ont augmenté leurs versements par rapport à l’an dernier. Seul EDF les a baissés.
[...]Ces données font grincer les organisations altermondialistes qui participent, cette semaine, au « contre-sommet » du G7. Elles illustrent « les politiques qu’il faut transformer aujourd’hui pour financer l’intérêt général plutôt que rémunérer les actionnaires », a confié à l’AFP Maxime Combes, membre d’Attac. « Les pays du G7 mettent en place des politiques qui favorisent le versement de dividendes, notamment au détriment des salaires », déplore, pour sa part, Quentin Parrinello, de l’association Oxfam France."
Lire l'article du Monde

Le diagnostic de l’autisme dérive, selon une étude

"Le diagnostic d’autisme a tellement dérivé depuis 50 ans qu’il se fait maintenant sur la base de signes de moins en moins marqués, prévient mercredi un chercheur montréalais dans les pages du prestigieux JAMA Psychiatry.
En d’autres mots, précise la méta-analyse du docteur Laurent Mottron, les autistes qui sont étudiés sont de moins en moins différents de la population générale des non-autistes.
« Les autistes qu’on teste maintenant sont de moins en moins différents des personnes typiques, a expliqué à La Presse canadienne le psychiatre de l’Hôpital en santé mentale Rivière-des-Prairies. Mais vraiment de moins en moins, au point que, si la tendance se maintenait, on ne serait plus capables de trouver la moindre différence d’ici cinq à dix ans. On pense que c’est parce que les critères se sont ouverts au-delà du bon sens, au point que ce qu’on appelle autisme aujourd’hui, la différence avec des personnes typiques est impalpable. »
Il précise que sa méta-analyse reprend les résultats de pratiquement tous les autistes qui ont été testés dans le monde depuis 50 ans dans le domaine des neurosciences cognitives et recouvre à peu près l’ensemble de ce qu’un humain peut faire quand il traite de l’information."
Lire l'article de la revue québécoise Le devoir


Revue de presse 18 août 2019


Imbroglio européen autour du sort des 107 migrants à bord de l’« Open Arms »

"L’Open Arms est bloqué depuis dix-sept jours devant l’île italienne de Lampedusa, entre la côte tunisienne et la Sicile, et son errance ne semble pas prête de s’arrêter. Alors que l’Italie refuse de laisser accoster le navire, le gouvernement espagnol a proposé, dimanche 18 août, d’accueillir les 107 personnes restant à son bord dans le port d’Algesiras, à l’extrême sud du pays, face à « l’inconcevable décision des autorités italiennes de fermer tous ses ports ».
Lire l'article du Monde.fr

Mais cette offre a rapidement été jugée « absolument irréalisable » par Laura Lanuza, porte-parole de l’ONG espagnole Proactiva qui opère le bateau humanitaire : « Comment voulez-vous que nous fassions 950 milles, soit environ cinq jours de plus, pour se rendre à Algésiras, le port le plus éloigné de la Méditerranée, avec une situation insoutenable à bord ? » a tweeté dimanche le fondateur de l’ONG, Oscar Camps."

Le juge et l'enfant (dans les coulisses d'un tribunal des mineurs)

"La garde des Sceaux a lancé en février une concertation sur la réforme de la justice des mineurs. Il s'agit de réformer l'ordonnance fondatrice de février 1945. Nicole Belloubet souhaite que cette réforme se fasse par ordonnance, c'est à dire sans débat parlementaire. Rediffusion d'un reportage du 31 mars 2019."


Éradiquer la grande pauvreté d’ici 2030 : les pistes du Cese

"Dans le rapport Éradiquer la grande pauvreté d’ici 2030, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) formule vingt-cinq préconisations visant à lutter contre la grande pauvreté, qui touche au moins 5 millions de personnes en France, en situation de grande pauvreté avec moins de 855 euros par mois. Un constat alarmant : celui que la lutte contre la grande pauvreté patine en France, et doit être relancée au plus vite pour éradiquer ce fléau social."
Accedez au site de l'Observatoire National de la Pauvreté et de l'Exclusison Sociale (ONPES)
Lire le rapport du CESE


Revue de presse 9 août 2019


Après la mission sur les enfants placés, Perrine Goulet, députée de la Nièvre, veut un projet de loi pour "repenser le système"

« La Députée LREM de la Nièvre, Perrine Goulet a rendu en juillet les propositions de la mission dont elle était rapporteure sur l’accueil et l’accompagnement des enfants placés. Elle prévoit de déposer un projet de loi pour « repenser ce système » jugé inégal et souvent inefficace.
(...)Le constat, c’est qu’« il y a autant de politiques de l’enfance que de départements. Certains ne respectent pas la loi, les informations préoccupantes n’ont pas la même valeur partout, le budget dédié va de 5 % à 18 % selon la fibre des élus… J’ai vu aussi de belles choses dans des territoires, qui mériteraient d’être étendues. »
La mission demande donc que l’État remette de l’ordre dans cette compétence des départements, en nommant auprès de chaque préfet un référent protection de l’enfance, « comme pour d’autres politiques ».
Taux d’encadrement et formation accrue Sur l’accompagnement, Perrine Goulet veut faire rentrer les professeurs des écoles dans les foyers, où les enfants sont parfois déscolarisés un temps. « Deux tiers des enfants placés ont déjà un an de retard en sixième. »
Elle souhaite également que l’État légifère sur le taux d’encadrement. « Un éducateur pour six enfants, avec des difficultés psychologiques, ce serait bien. Aujourd’hui, ça peut être un pour douze. »
La formation initiale des assistants familiaux (60 h) est aussi jugée insuffisante, avec « un manque de pratique sur la connaissance de l’enfant ». Même souci pour les éducateurs, métier « à revaloriser ».
Un statut de « parent incapable »
Enfin, Perrine Goulet plaide pour un statut de « parent incapable » (problèmes mentaux, emprisonnement…) qui permettrait aux enfants de prétendre à l’adoption, « plutôt que vivre en foyer jusqu’à 18 ans ». « Quand on sait que le ou les parents ne pourront pas reprendre l’enfant, il faut trouver autre chose, dans l’intérêt supérieur de l’enfant » insiste-t-elle.
La mission n’étant pas une commande du gouvernement, ses membres vont maintenant faire le tour des ministères concernés pour faire entendre ces propositions. « On va déposer un projet de loi », annonce Perrine Goulet pour la suite."
NB : Ce rapport contient en introduction une analyse très discutable: page 17, "qui sont les enfants de l'Ase? Expression régulièrement employée dans la littérature consacrée à ce sujet, « les enfants de l’ASE » désignent non seulement les enfants accueillis enfoyer ou en famille mais également ceux faisant l’objet de mesures de suivi à domicile".
Que l'on désigne comme "enfants de l'ASE" des jeunes placés et sans aucun soutien parental peut s'entendre. Mais l'extension à l'ensemble des mesures traduit une profonde méconnaissance du sens des mesures de protection. Leur but est exactement l'inverse : soutenir les parents pour éviter des mesures de placement, et, quand il y a placement, soutenir le rôle des parents pour permettre un retour en famille.
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Revue de presse 30 juillet 2019


Dossier spécial : les études de la drees

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES)publie régulièrement de petits dossiers (4 à 8 pages) "études et résultats" qui sont des mines d'informations sur les sujets abordés.
Dans ce dossier spécial nous en présentons quelques exemples.
Nous présentons également une exemple des dossiers de la drees, contenant des études approfondies "réalisées par la Drees à partir de ses enquêtes ou de ses modèles de simulation, des études qualitatives et des actes de colloques".

En 2016, les départements ont attribué 4,2 millions de prestations d’aide sociale

"Fin 2016, 4,2 millions de prestations d’aide sociale aux personnes âgées, aux personnes handicapées, à l’enfance ou au titre de l’insertion ont été attribuées par les départements. Celles-ci ont baissé de 1,3 % en un an, en raison de la diminution du nombre d’aides à l’insertion (-4,3 %), parmi lesquelles, en premier lieu, le revenu de solidarité active (RSA). Le nombre d’aides aux personnes handicapées continue en revanche de progresser (+3,1 % entre 2015 et 2016), tout comme les mesures d’aide sociale à l’enfance (+2,1 % en un an). Les aides consacrées aux personnes âgées progressent faiblement en 2016 (+0,6 %).
Au total, près de 2 millions de prestations d’aide sociale sont attribuées au titre de l’insertion. Elles couvrent essentiellement le revenu de solidarité active (RSA). Les personnes âgées perçoivent 1,4 million de prestations, dont 1,3 million d’allocations personnalisées d’autonomie (APA). Les personnes handicapées reçoivent, elles, 519 000 prestations, dont plus de la moitié correspondent à la prestation de compensation du handicap (PCH).
Enfin, les 332 000 mesures d’aide sociale à l’enfance (ASE) concernent, dans une proportion quasi semblable, les enfants accueillis au titre de l’ASE et ceux suivis dans le cadre d’actions éducatives à domicile ou en milieu ouvert"
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Parcours et profils des bénéficiaires de la prestaton de compensation du handicap en 2016

"La prestation de compensation du handicap (PCH), créée le 1er janvier 2006, entend se substituer progressivement à l’allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP). Son objectif est de répondre aux besoins de compensation des personnes en situation de handicap.
Les remontées individuelles de la prestation de compensation du handicap (RI-PCH), réalisées par la DREES en 2017-2018, permettent, pour la première fois, de décrire finement les bénéficiaires et leur parcours (entrée,sortie, ancienneté, etc.) dans cette prestation."
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1,2 million de travailleurs sociaux en 2011

"La France métropolitaine compte 1,2 million de travailleurs sociaux, au 31 décembre 2011. 40 % d’entre eux travaillent auprès de particuliers employeurs, comme assistantes maternelles, gardes d’enfants à domicile ou aides à domicile. Les 727 000 travailleurs sociaux restants représentent 531 000 emplois « équivalents temps plein » (ETP).
Avec 383 000 salariés, correspondant à 240 000 ETP, le secteur de la prise en charge des personnes âgées dépendantes constitue le principal domaine d’emploi des travailleurs sociaux hors particuliers employeurs. Viennent ensuite le secteur du handicap avec 123 000 salariés pour 109 000 ETP, l’accueil des jeunes enfants (55 000 salariés pour 37 000 ETP) et la prise en charge des personnes en difficulté sociale (51 000 personnes pour 48 000 ETP).
Les travailleurs sociaux sont inégalement répartis sur le territoire, en particulier les assistants de service social, les conseillers en économie sociale familiale et les salariés relevant de l’éducation spécialisée. Les aides à domicile et les aides médicopsychologiques, travaillant le plus souvent auprès de personnes âgées dépendantes ou en situation de handicap, sont les mieux réparties entre les régions."
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Dossier :Dispositifs et modalités d’accompagnement des personnes handicapées dans les établissements et services médico-sociaux

Ce dossier publie les Actes du séminaire de recherche organisé par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) et l’Institut de recherche en santé publique (IReSP).
Extrait de l'introduction : "À l’origine du séminaire et de l’appel à recherche sur cette thématique, il y avait une question très précise qui était celle de la migration vers la Belgique de personnes handicapées, pour un accueil en établissement, migration perçue et dénoncée comme le signe d’une carence tant qualitative que quantitative des dispositifs d’accompagnement en France.
Cette question opérationnelle, qui interrogeait la possibilité de comparer le fonctionnement des établissements et services en France et en Belgique mais aussi les mobilités résidentielles des personnes handicapées et de leur famille, a ensuite été étendue plus largement aux réponses apportées par les dispositifs d’accompagnement,traditionnels ou innovants, aux besoins des personnes handicapées. La comparaison de la situation française à la situation belge ou à celle d’autres pays reste pertinente."
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Revue de presse 19 juillet 2019


Aide sociale à l'enfance : faut-il tout revoir ?

"En France, 340 000 enfants bénéficient d'une mesure de protection et font l’objet d’un suivi socio-judiciaire. Devant le manque de moyens et de personnels, des voix s'élèvent pour dénoncer les dysfonctionnements d’un système à bout de souffle. Comment faut-il repenser l’aide sociale à l’enfance ?"


L’accueil en crèche pour réduire les inégalités sociales ? Il reste encore beaucoup à faire

"Le gouvernement entend promouvoir la mixité sociale en crèche, comme un facteur de réduction des inégalités sociales dès le plus jeune âge. Un colloque organisé le 5 juillet 2019 au Sénat montre qu’il reste encore beaucoup à faire pour que cet accueil soit effectif, et porte réellement ses fruits."
Lire le dossier de la Gazette santé-sociale


Revue de presse 6 juillet 2019


Les travailleurs sociaux de la protection de l’enfance dénoncent leurs conditions de travail

"Educateurs spécialisés, assistants de travail social… ils sont nombreux à regrette le manque de moyens. Une réforme du secteur est attendue à la rentrée."
Avant, chaque semaine, Yves (le prénom de tous les travailleurs sociaux qui ont témoigné a été modifié, à leur demande) partageait avec ses collègues ses inquiétudes autour de son travail, ses difficultés, ses joies aussi. « On avait régulièrement des moments d’échanges qui permettaient d’évoquer en équipe le cas d’une famille, d’un enfant », se souvient cet éducateur spécialisé, qui travaille depuis trente ans dans la protection de l’enfance. Mais en quelques années, ces réunions se sont faites de plus en plus rares, et puis elles ont quasiment disparu. Pas assez « rentables ».
« On passe un temps fou à remplir des tas de documents, ce qui évite de penser les situations, les relations », se désole Yves, faisant écho à nombre de témoignages que Le Monde a recueillis à l’occasion de la tenue des 12e Assises nationales de la protection de l’enfance, jeudi 4 et vendredi 5 juillet, à Marseille.
Une petite centaine de travailleurs sociaux (éducateurs spécialisés, assistants de travail social, animateurs socioculturels…) s’étaient donné rendez-vous jeudi, à l’ouverture, pour alerter sur leurs difficultés, à l’appel de plusieurs syndicats et collectifs. Camille, qui travaille dans un centre maternel où elle accompagne des mères seules en difficulté, était présente : « Dans ma structure, nous sommes une grosse équipe, ce qui permet d’avoir un maillage éducatif autour des familles et de faire un travail de qualité, en amont, pour éviter la dégradation des situations. Mais ça tend à disparaître. Les collègues qui partent à la retraite ne sont pas remplacés, et on est dans une logique où on privilégie l’urgence dans le cas des enfants maltraités, plus la prévention », dénonce-t-elle."
Lire la suite sur lemonde.fr

Les pratiques d’attribution des MDPH en matière de scolarisation

"Depuis la loi de 2005, chaque enfant ou adolescent présentant un handicap doit être inscrit dans l’école ou l’établissement médico-social le plus proche de son domicile. La scolarisation des élèves en situation de handicap dans les établissements scolaires a connu une forte augmentation depuis 2006, passant de 100 000 élèves accueillis à plus de 320 000 en 2017 (Source : Direction de l'évaluation, la prospective, et de la performance DEPP).
L’équipe pluridisciplinaire de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) élabore un projet personnalisé de scolarisation (PPS) pour chaque enfant en situation de handicap en fonction des retentissements liés à son handicap et de ses besoins de compensation. Ce PPS déterminera un parcours dans un établissement scolaire ordinaire éventuellement accompagné de l’appui d’un service médico-social, dans un établissement médico-social ou encore une scolarité partagée entre l’établissement scolaire ordinaire et l’établissement médico-social. Le PPS peut également inclure d’autres formes de compensation comme l’attribution d’un matériel pédagogique adapté, des aménagements de transports, l’attribution d’une aide humaine pour la scolarisation (AHS).
En 2017, 10 % des demandes déposées par les familles auprès des MDPH concernent des demandes d’orientation scolaire et 16 % des demandes d’AHS. En prenant en compte les autres demandes liées à la scolarisation (aménagements pédagogiques ou aménagements de transports), 39 % des demandes « Enfants » concernent la scolarisation."
Lire la suite sur handicpinfos.com

Prison : Privation de libertés, privation de dignité ?

"Au lendemain de la remise du rapport « La nuit dans les lieux de privation de liberté », Olivia Gesbert reçoit Adeline Hazan, contrôleure générale des lieux de privation de liberté qui a remis le rapport et Delphine Boesel, avocate au barreau de Paris, présidente de l'OIP.



Les mineurs étrangers, premières victimes de la loi asile et immigration

"Tribune. Depuis l’adoption de la loi asile et immigration du 10 septembre 2018, les mesures de répression se sont renforcées pour tenter d’éloigner toujours plus les personnes étrangères de notre pays. Parmi les dispositions les plus choquantes : le doublement de la durée maximale de rétention, passant de 45 à 90 jours. Aucun gouvernement français n’avait jusque-là proposé une telle durée de privation de liberté pour décourager les demandeurs d’asiles.
Plus grave encore, cette politique répressive continue de s’appliquer aux mineurs. En 2018, 208 enfants étrangers ont été enfermés dans des centres de rétention administrative en France métropolitaine. En zone d’attente en 2018, uniquement pour l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, 513 mineurs ont été enfermés, dont 134 mineurs isolés.
La situation est si alarmante, que le 25 avril dernier, l’Unicef et 17 organisations lançaient un appel pour dénoncer les conséquences dramatiques de l’enfermement sur les mineurs. En effet, dans les centres de rétention et dans les zones d’attente, ces enfants par essence vulnérables sont délibérément privés de leurs droits et exposés à des formes de violence qui les marquent durablement. Enfermer ces enfants, même sur une courte durée, c’est les exposer à de graves traumatismes physiques et psychologiques."
Lire la tribune sur Libération.fr


Revue de presse 30 juin 2019


« Ma hantise, c’est l’erreur qui mène à la détention arbitraire » : les procureurs, chefs d’orchestre d’une justice en temps réel

"« Le Monde » consacre une enquête en deux volets aux coulisses du système judiciaire. Aujourd’hui, le service du traitement en temps réel, la permanence téléphonique qui permet aux parquets de prendre au plus vite des décisions cruciales en matière de procédure."
Extrait : "La création du service de traitement en temps réel (TTR) remonte aux années 1990. Les plus grandes juridictions entendaient ainsi faire face au volume des affaires à traiter. Depuis, il s’est généralisé à tous les parquets.
Cette permanence téléphonique leur permet de diriger les enquêtes judiciaires confiées aux services de police et de gendarmerie. C’est un peu la gare de triage de la justice, l’endroit où se décide, sans la personne concernée ni son avocat, l’orientation procédurale de son dossier : classement sans suite, alternative aux poursuites, comparution immédiate, ouverture d’une instruction… En octobre 2018, l’Inspection générale de la justice écrivait, dans un rapport, que cet « outil de gestion des flux » était devenu « la principale voie d’entrée des affaires, des crimes aux infractions routières »."
Cet article permet de comprendre le développement des CRPC (comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité) et son articulation avec les comparutions immédiates.
Lire l'article du Monde.fr

Internet. Son simulateur répertorie toutes les aides sociales

"La start-up quimpéroise Buenforta, dirigée par Johan Hallef, s’est donnée pour objectif de lutter contre la précarité en aidant les bénéficiaires d’aides sociales à mieux connaître leurs droits. Elle vient de lancer un tout nouveau simulateur global.
« Selon une étude que nous avons menée à partir des données de l’Odenore (Observatoire des non-recours aux droits et services), environ 40 % des Français ne bénéficient pas des aides sociales auxquelles ils ont droit », affirme Johan Hallef, dirigeant de la start-up quimpéroise Buenforta. Les facteurs sont nombreux : « La méconnaissance, la complexité de la procédure ou encore la stigmatisation ». Il met en exergue les phrases de certains hommes politiques pour expliquer cette stigmatisation, comme la fameuse diatribe « On met un pognon de dingue dans les minima sociaux » d’Emmanuel Macron, ou encore « La différence entre le travail et l’assistanat est aujourd’hui l’un des vrais cancers de la société » de Laurent Wauquiez.
Toutes les aides possibles
Aujourd’hui, il est possible d’effectuer des simulations de ses droits sur des sites comme celui de la Caf, par exemple, mais rien ne permet une approche globale de toutes les aides possibles parmi plus d’une dizaine d’administrations. Afin d’y remédier, le jeune homme a créé, avec son équipe, un simulateur d’aides sociales."
Lire l'article du Télégramme

La "société inclusive" prônée par l'Etat inquiète les asso

"Le gouvernement le répète à l'envi: il prône l'"inclusion" des personnes handicapées en milieu ordinaire. Mais ce "virage inclusif" inquiète de plus en plus les associations, qui craignent une transition "au rabais" ou au détriment des plus fragiles
Dénonçant une "inclusion au rabais" et une "politique du handicap trop souvent déconnectée des réalités", l'Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei), a récemment demandé au gouvernement un "plan d'actions" pour une "transition inclusive effectivement concertée et solidaire", afin de répondre à l'"angoisse croissante" des familles. "J'ai dit à Mme Cluzel que je ne voulais plus entendre parler de virage inclusif", explique à l'AFP Luc Gateau, son président. "Dans un virage, quand on appuie en même temps sur le frein et sur l'accélérateur, on sort de la route", raille-t-il. Avec la priorité donnée au "milieu ordinaire", de nombreuses familles craignent que leurs enfants, pour qui les instituts médico-éducatifs restent souvent la seule solution, n'y bénéficient plus d'une scolarisation adaptée. Et ce alors même que "les listes d'attente ne cessent d'augmenter" pour y décrocher une place, souligne M. Gateau.
Le risque, pointe l'Unapei, est qu'au final "ne restent plus dans les institutions que les personnes les plus lourdement handicapées".
Lire l'article sur informations.handicap.fr

Overdoses aux opiacés : 90 médecins tirent la sonnette d'alarme

"Les overdoses aux opiacés touchent principalement les personnes qui suivent un traitement contre la douleur. Des médecins signent une tribune pour demander une meilleure information sur l’accessibilité et l’utilisation d'un traitement antidote qui peut sauver des vies.
Efficaces mais potentiellement dangereux, voire mortels. Les antalgiques opiacés soulagent la douleur grâce à leur action sur le système nerveux central. Mais le revers de la médaille est lourd : ces produits ont un très fort potentiel addictif et leur consommation excessive expose à un risque d’overdose. Les opiacés comprennent les médicaments à base de morphine et de ses dérivés (hydrocodone, oxycodone, fentanyl), ainsi que les médicamnts dits opiacés faibles comme le tramadol, les extraits d'opium, la codéine.
"Urgent d’agir"
Aux Etats-Unis, les médicaments opiacés, prescrits massivement, ont déclenché une véritable hécatombe : avec 72.000 morts en 2017, les overdoses aux antidouleurs dérivés de l'opium tuent plus que les accidents de la route et les armes à feu réunis. Une situation qui est, heureusement, incomparable avec la nôtre. Mais "douze millions de Français utilisent des médicaments opiacés, sans être alertés sur leur potentiel addictif et sur les risques d'overdose."
Les hospitalisations pour ce motif ont doublé, les décès triplé", s’alarment 90 médecins dans une tribune publiée dans le JDD (article payant). Les signataires s’inquiètent que la France puisse "à son tour encourir le risque d'une crise sanitaire" et estiment qu’il "est urgent d'agir", alors que "la prise de conscience du corps médical comme des politiques a été tardive, laissant la situation dégénérer en crise majeure de santé publique."
Un constat important est que les personnes concernées par les overdoses ne sont les mêmes : "Il y a plusieurs centaines d’overdoses par an en France. La majorité d’entre elles, jusqu’à il y a deux ou trois ans, concernait les usagers d’héroïne. Désormais, elles touchent en plus grand nombre les patients qui utilisent des antalgiques opiacés."
La tribune alerte sur un " manque d'accès délirant à l'antidote", les décès sont "d'autant plus révoltants que pour sauver le vie des personnes qui font des overdoses il existe un antidote efficace, peu cher et sans effets secondaires : la naloxone."
Lire l'article sur France info.fr

Lucie Caubel a un truc à vous dire

Lucie Caubel alerte sur la santé mentale dans "J'ai un truc à te dire". Cette passionnée de RH a fait de l'insertion professionnelle des personnes handicapées son travail et de la sensibilisation aux maladies psychiques son combat. Voici son message...


Facebook fournira désormais à la justice française les adresses IP des auteurs de propos haineux sur interne

"Facebook a accepté de fournir à la justice française l'adresse IP des auteurs de propos haineux sur internet. Déclaration du secrétaire d'Etat au Numérique dans une interview accordée à Reuters, mardi 25 juin. Cédric O précise que c'est une décision spécifique à la France de la part du réseau social américain. "Ils nous ont annoncé que (...), eu égard aux discussions qu'ils ont eues avec nous, ils allaient transmettre les adresses IP pour les contenus de haine en ligne qui seraient demandées par la justice. Ce qui est une énorme nouvelle."
Lire l'article sur France info.fr


Revue de presse 23 juin 2019


Gilets jaunes : état de la recherche

"Ils étaient 280 000 le 17 novembre dernier. Sept mois plus tard, les "gilets jaunes" ne sont plus que 7 000. Comment ont évolué leurs revendications ? Quel regard portent-ils aujourd’hui sur la mobilisation ? Comment voient-ils la suite ?"


Parcoursup : point sur la phase d'admission

"La phase d'admission de la procédure Parcoursup a commencé le 15 mai 2019 à 19h. Elle concerne cette année 898 054 candidats, dont 639 905 sont des lycéens, 133 057 des étudiants en réorientation et 125 092 des candidats non scolarisés, pour la plupart en reprise d'études. Au total, ces candidats ont formulé 6.9 millions de vœux sur Parcoursup dans plus de 14 500 formations."
NB : L'envoi des propositions d’admission et les délais de réponse sont suspendus pendant les épreuves écrites du baccalauréat du 17 au 24 juin inclus.
Les candidats ont ensuite deux points détapes pour confirmer leur choix : du 25 au 27 juin, après les épreuves écrites du baccalauréat et du 6 juillet au 8 juillet, après les résultats du baccalauréat
Voir les informations sur le site de Parcoursup

Réforme de l'assurance chômage : quatre chômeurs témoignent

"Aline, Germain, Franck et Fabrice sont sans emploi. Ils racontent l'incidence de cette réforme sur leur vie."
Lire la suite sur Libération.fr


Parents aveugles : un documentaire pour lutter contre les préjugés



Revue de presse 17 juin 2019


Accueil des réfugiés et migrants : «Paris est une ville refuge»

"A quelques jours de la journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, la mairie de Paris organise avec plusieurs associations un forum autour de l’accueil des réfugiés et migrants, samedi sur le Champ de Mars. Dominique Versini, adjointe aux Solidarités et à la Lutte contre l’exclusion à Paris, en dit plus à Libération sur cet événement soutenu par le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies.
Extrait : "Le 20 juin s’ouvrira à Paris une «maison des réfugiés». De quoi s’agit-il ? C’est vraiment une première : l’OCDE a fait une étude et n’a pas trouvé d’initiatives similaires ailleurs. Cette maison des réfugiés, qui sera située dans un premier temps dans le XIVe avant de s’installer dans le XIXe, est l’aboutissement de tout le travail qu’on a mené avec les associations et la plateforme réfugiés.
Il nous est apparu nécessaire qu’il y ait un lieu d’information et d’orientation des personnes réfugiées, au sens large, c’est-à-dire aussi des demandeurs d’asile et des dublinés, dès le début de la procédure d’asile. L’Etat au contraire ne propose un accompagnement qu’une fois le statut obtenu.
Entre 2015 et 2018 à Paris, 8 500 personnes ont obtenu le statut de réfugié. Dans ce lieu, géré par Singa et Emmaus Solidarités, ils pourront participer à des ateliers culturels et à des cours de français, mais ce sera aussi le lieu des Parisiens, qui sont invités à venir aider et participer à l’accueil et l’insertion de ceux qui viennent chercher refuge à Paris. La maison des réfugiés sera ouverte sept jours sur sept".
Lire l'article de Libération

Les enfants enfermés ou l’éducation sous contrainte

Une série de quatre émissions sur france culture porte sur les mineurs enfermés : "La Convention internationale des droits de l’enfant et l’ordonnance de 1945 prévoient le caractère exceptionnel de l’emprisonnement. Pourtant 3000 mineurs sont incarcérés chaque année en France dans les maisons d’arrêt, les établissements pénitentiaires pour mineur.es, et des centaines de mineurs étrangers sont privés de liberté en centre de rétention. De plus, la volonté du gouvernement de créer 20 nouveaux CEF, en plus des 51 déjà en activité, révèle la place croissante accordée à la contrainte dans la réponse à la délinquance des enfants et adolescents. Cette série documentaire questionne le paradoxe de l’éducation en milieu fermé, en donnant la priorité à la parole des enfants. "


Justice des mineurs : Nicole Belloubet dévoile les grandes lignes de son projet de réforme

"La ministre de la Justice a annoncé ce jeudi le contenu de son projet de réforme de la justice des mineurs. Elle introduit notamment le principe d'une irresponsabilité pénale avant 13 ans et celui d'une procédure en deux temps."
Lire l'article de Libération


Revue de presse 11 juin 2019


Inégalités • Rapport de classes

« La France est, après la Suisse, le pays d’Europe où les riches sont les plus riches ». Le rapport annuel de l’observatoire des inégalités, paru le 4 juin, appuie sur les différences de parcours selon sa classe d’origine. Si les inégalités « n’explosent pas » grâce à « un modèle social de qualité », les privilèges croissants des plus riches nourrissent le sentiment d’injustice des plus pauvres.
Cette « vague de mépris social », titre l’édito, a notamment alimenté la colère des « gilets jaunes ». « Pourquoi s’obstiner à ignorer que les tensions actuelles sont liées à la domination d’une partie de la société sur une autre ? », s’interroge Louis Maurin, directeur de l’observatoire.
Les 10% les plus riches reçoivent 23,8% de l’ensemble des revenus mais c’est en matière de patrimoine que l’écart se creuse encore plus. Le 1% le plus fortuné possède 17% de l’ensemble du patrimoine et les 10% les plus riches, presque la moitié. À l’autre bout de l’échelle, 5 millions de personnes vivent avec moins de 855 euros par mois.
Un positionnement de classe qui se répercute tout au long de la vie : « Dès les petites classes, l’origine sociale des enfants influence fortement leurs résultats scolaires », note le rapport. Et les enfants de cadres supérieurs sont 2,9 fois plus nombreux que ceux des ouvriers parmi les étudiants.
Dans l’emploi, ensuite, le taux de chômage des non-diplômés est 3,7 fois plus élevé que celui des titulaires d’un diplôme du supérieur. Plus de huit millions de personnes sont en situation de mal-emploi (chômage, CDD, intérim…) et cette précarité est en augmentation depuis 2014."
Lire la suite sur Lien social

Un jeune Français sur dix éprouve des difficultés à lire, selon une étude du ministère de l’éducation

"L’étude repose sur une évaluation en lecture donnée à 713 000 hommes et femmes âgés de 16 à 25 ans dans le cadre de la journée défense et citoyenneté en 2018.
L’étude, qui s’appuie sur des tests conduits auprès des 713 000 participants à la journée défense et citoyenneté (JDC) en 2018, est édifiante. Plus d’un jeune Français sur dix est « en difficulté de lecture » et un sur vingt en situation d’illettrisme, révèle jeudi 6 juin une étude du ministère de l’éducation.
Sur ces jeunes âgés de 16 à 25 ans, 11,5 % « sont en difficulté de lecture », indique une note de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), qui dépend du ministère de l’éducation. Parmi eux, la moitié (soit 5,2 % de l’ensemble) « peut être considérée en situation d’illettrisme », caractérisée notamment par « un déficit important de vocabulaire ». L’autre moitié (6,3 % de l’ensemble) est considérée comme ayant des capacités de lecture très faibles. Ceux-ci ont « un niveau lexical oral correct, mais ne parviennent pas à comprendre les textes écrits »."
Lire l'article du Monde


Revue de presse 4 juin 2019


Lancement des cités éducatives

JM Blanquer et J Denormandie, ministre de la Ville, ont lancé le 2 mai les "Cités éducatives". "L’ambition des Cités éducatives n’est pas d’être un dispositif de plus mais l’occasion de mieux coordonner et renforcer les dispositifs existants", annonce le ministère. Les Cités sont d'abord "une grande alliance des acteurs éducatifs travaillant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville : services de l’État, des collectivités, associations, habitants.
À travers les Cités éducatives, le Gouvernement veut ainsi fédérer tous les acteurs de l’éducation scolaire et périscolaire, dans les territoires qui en ont le plus besoin et où seront concentrés les moyens publics". Ainsi le ministère veut "promouvoir la continuité éducative", "conforter le rôle de l'école", "ouvrir le champ des possibles". Le programme s'inspire d'une politique menée à Grigny. Le budget alloué à l'opération reste modeste : 34 millions par an à partager entre 80 territoires.
Sur le plan éducation, chaque collège tête de réseau disposera de 30 000 euros et un principal sera affecté pour assurer la coordination des politiques. Alors qu'on attend une nouvelle carte de l'éducation prioritaire, le ministère semble redécouvrir les projets éducatifs territoriaux."
Lire l'article du café pédagogique

Ghettos de riches, ghettos de pauvres : les inégalités se creusent en Ile-de-France

Une étude publiée lundi 3 juin par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU), un organisme qui dépend de la région Ile-de-France, souligne combien les inégalités se sont creusées depuis une quinzaine d’années dans la région parisienne.. Ele s'appuie sur des statistiques sur les revenus, les logements, les types de ménages,etc.
"Inégalités entre individus, mais aussi entre départements, communes et quartiers : malgré tous les efforts, toutes les « politiques de la ville », la mixité sociale recule. Avec des « ghettos de riches » de plus en plus clos sur eux-mêmes, et des « ghettos de pauvres » qui s’enfoncent dans les difficultés. D’un côté, les beaux quartiers de l’Ouest parisien comme le 8e arrondissement, Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) ou Le Vésinet (Yvelines). De l’autre, les cités des Misérables.
L’Ile-de-France est de longue date « la région où les inégalités sont les plus marquées, du fait de la concentration de populations très aisées », rappelle l’étude. Depuis le début des années 2000, ce phénomène s’accentue."
Le dossier contient une carte rendant visible la polarisation de la richesse et de pauvreté. "Il reste certes d’importants « espaces mixtes », où se mélangent les différentes catégories sociales. Des communes comme Colombes, Asnières, Clamart dans les Hauts-de-Seine, Joinville-le-Pont dans le Val-de-Marne. Un tiers des ménages franciliens y vit. Mais la période 2001-2015 passée au crible montre surtout « une polarisation toujours plus marquée entre les secteurs aisés et les secteurs pauvres »"
Le prix de l'immobilier, "parfois stratosphériques", sert de ticket d'entrée à l'entre-soi des plus riches, mais produit aussi une gentrification de certaisn quartiers. L'étude observe qu'elle ne concerne pas tous les quartiers d'une ville. Ainsi par exemple à Montreuil les quartiers proche de la capitale s'embourgeoisent pendant que la situation de dégradent dans d'autres quartiers.
Acceder au dossier du Monde.fr


Revue de presse 27 mai 2019


Elections européennes 2019, résumé des résultats



À l'ère numérique, l'attention se perd

"Dans notre société hyperconnectée, marquée par l'infobésité, notre temps d’attention se réduit de plus en plus et la durée de vie des contenus que nous consommons aussi. Chercheurs, journalistes se penchent sur la question et proposent des solutions.



Territoire zéro chômeur de longue durée à Paris : changer les regards

Deux quartiers prioritaires du XIIIe arrondissement de Paris font partie des dix premiers territoires de l’expérimentation Territoire zéro chômeur de longue durée. Depuis sa création en avril 2017, XIII Avenir a permis la création de 53 emplois. Ce sont aujourd’hui 46 salariés en CDI qui participent aux activités variées de cette entreprise à but d’emploi : la création et l’animation de jardins partagés, la collecte et la redistribution d’invendus alimentaires au sein d’épiceries solidaires et centres d’hébergement, la fourniture de services de proximité aux habitants, mais aussi des services de conciergerie pour les entreprises du quartier, la création de mobilier urbain en bois de palettes ou encore la fabrication d’objets à partir de chutes de tissu.
« Le propre de Territoire zéro chômeur de longue durée, c’est d’investir dans des gisements d’activités utiles et non couverts sur le territoire. Les habitants sont acteurs du projet. Nous avons à cœur de mettre en avant cette créativité, ces talents qui résident dans ces quartiers et qu’on avait peut-être tendance à oublier », a souligné la directrice de XIII Avenir, Élisa Lewis. En présence de la maire de Paris, Anne Hidalgo, elle a ainsi pu présenter l’activité de conciergerie locale, dont bénéficient notamment les agents de la Ville de Paris. « Il s’agit de dynamiques de territoire vertueuses. Nous construisons des passerelles entre des mondes, les petits commerçants, les habitants, les travailleurs… »
Atteindre 200 emplois d’ici 3 ans
Les salariés de XIII Avenir « ont en moyenne 4 ans de non-activité professionnelle derrière eux », a précisé le président de l’association XIII Avenir, Olivier Febvre. « Ils sont aujourd’hui regardés différemment par les habitants du quartier, mais aussi par leurs enfants, par les partenaires de l’expérimentation… », a-t-il constaté. L’objectif est désormais « l’exhaustivité, c’est à dire quasiment 200 emplois d’ici trois ans ».
Lire l'article sur le site d'ATD quar monde

Christian Brodhag : « Rapprocher science et démocratie pour relever le défi écologique »

"Pour le promoteur des concepts de durabilité et d’écoconception dans l’urbanisme et l’industrie, éclairer les citoyens par la connaissance scientifique et irriguer l’action publique par les solutions de terrain sont indissociables".
Extrait : "La science est plurielle, segmentée en disciplines, fortement en concurrence sur la reconnaissance, les budgets et les concepts. Cette question peut être illustrée par le lien santé-environnement. Du fait du cloisonnement, à la fois institutionnel et académique, qui oppose le déterministe pasteurien à la logique probabiliste, l’Académie de médecine s’est ainsi opposée à ce que lien environnement et santé soit établi dans la charte de l’environnement…
Si la climatologie et l’écologie établissent des diagnostics, les solutions, elles, relèvent de multiples disciplines : ingénierie, agronomie, économie, sociologie… Elles doivent se combiner dans ce que l’Unesco appelle la science de la durabilité, qui vise la production de connaissances fondamentales, d’applications technologiques, d’innovations socioculturelles, ainsi que de nouvelles formes de gouvernance ou de nouveaux modèles sociaux et économiques…"
Lire la tribune dans lemonde.fr


Revue de presse 18 mai 2019


En France, un enfant meurt tous les cinq jours sous les coups de ses parents

"C'est une étude glaçante révélée par l'IGAS, l'Inspection générale des affaires sociales. En France, un enfant est tué par l'un de ses parents tous les cinq jours en moyenne. Et les chiffres ne diminuent pas au fil des années.
L'IGAS, en partenariat avec l'Inspection générale de la justice (IGJ) et celle de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (IGAENR), a publié le 25 avril dans un rapport, des chiffres nouveaux : en France, un enfant est tué par l'un de ses parents tous les cinq jours. Pour en arriver à ce chiffre, l'enquête a recensé tous les meurtres d'enfants traités par des juridictions françaises entre 2012 et 2016, soit 363 décès. Les enfants les plus jeunes sont particulièrement concernés.
[...]L'étude révèle des similitudes dans ces affaires. Elle pointe "un lien très fort entre violence conjugale et violences commises sur les enfants". La plupart des dossiers montrent chez les parents des addictions et des troubles psychiatriques, comme des troubles de la personnalité. De nombreux parents auteurs d'infanticides "se sont donnés la mort ou on fait l'objet d'un non-lieu pour abolition du discernement", précise l'étude.
Par ailleurs, les auteurs sont "très majoritairement les parents biologiques" des enfants, en précisant que "ce sont principalement les pères qui sont responsables" des morts par syndrome du bébé secoué. Le cas des "néonaticides", les meurtres commis à la naissance, concerne souvent des mères "au parcours chaotique", et des victimes issues de grossesses non suivies ni déclarées".
Lire l'article sur Franceinter.fr

Sortie du rapport "Exilé.e.s : quels accueils face à la crise des politiques publiques ?"

"Plus de 65,3 millions de personnes dans le monde vivent aujourd’hui loin de leur terre natale, dont elles ont été contraintes de s’exiler en raison des conflits armés, des violations des droits humains, de l’absence de perspectives d’avenir. Pour la plupart de ces personnes, tout est à reconstruire, or leurs conditions d’arrivée et de vie sont entravées par des politiques migratoires majoritairement guidées par une approche sécuritaire. Les citoyens, en particulier depuis 2015, sont nombreux à s’engager auprès d’elles sous diverses formes : aides d’urgence, soutien juridique dans l’accès aux droits, actions de plaidoyer collectives...
Pour ces acteurs et actrices mobilisé·e·s en faveur du respect des droits fondamentaux des personnes qui demandent l’asile, le rapport à l’État est un enjeu majeur. A travers ce rapport, la Coordination française du droit d’asile (composée d’une vingtaine d’associations engagées dans l’accueil et la défense de ces personnes) propose à l’ensemble des acteurs de questionner et de mettre en contexte leurs pratiques, et de s’interroger sur les objectifs et les impacts de leurs actions – à moyen et long terme – sur la situation des personnes exilées.
Les étapes clefs de l’arrivée et de l’intégration des personnes exilées sont abordées : l’accès au territoire européen, à l’hébergement et au logement, et enfin à l’ensemble des droits indispensables à leur intégration (apprentissage du français, emploi, santé, etc.)."
Lire le rapprt sur le site du GISTI


Revue de presse 11 mai 2019


Pourquoi le texte sur l’accompagnement des « jeunes majeurs vulnérables » est si décrié

"La proposition de loi, votée à l’Assemblée, a été « vidée de sa substance » selon les associations d’anciens enfants placés.
Avancée notable pour les uns, trahison pour les autres, le vote, mardi 7 mai dans la soirée, de la proposition de loi sur l’accompagnement des « jeunes majeurs vulnérables » vers l’autonomie, qui instaure une prise en charge obligatoire par les départements, n’a pas manqué de provoquer de vifs débats à l’Assemblée nationale, mais aussi en dehors".
Alors que le projet de loi initial prévoyait la généralisation obligatoire des « contrats jeunes majeurs » pour les jeunes jusqu’à 21 ans,un " amendement déposé tardivement par le gouvernement modifie en effet largement l’article premier. Seuls les jeunes ayant été placés pendant dix-huit mois consécutifs, dans les deux ans précédant leur majorité, seront éligibles au dispositif, à leur demande. Sans le formuler explicitement, cet énoncé exclut de fait les mineurs non accompagnés étrangers qui sollicitent la protection de la France et remplissent rarement ces conditions de longévité de prise en charge à leurs 18 ans."
A la reprise de l’examen du texte, mardi, Brigitte Bourguignon assume et même « revendique » le nouveau cadre. « Je n’avais pas envisagé cette condition au départ, toutefois (…) je tire la conviction qu’il ne faut pas pêcher par angélisme », déclare la députée, en évoquant « des filières de passeurs qui se sont organisées pour tirer bénéfice de l’ASE ».
D’anciens enfants placés et des professionnels de la protection de l’enfance manifestent leur désapprobation sur les réseaux sociaux, appelant les députés à ne pas voter cette version de la loi. En vain. Le texte est adopté sans difficulté mardi soir, par 42 voix pour et 8 contre. Seuls les élus de gauche (socialistes et apparentés et La France insoumise) s’y opposent."
Cette situation nous rappelle le précedent qu'a été le projet de RSA jeune. Quand Martin Hirsh avait proposé le projet, 200 000 jeunes étaient concernés. Un amendement déposé tardivement avait limité ce RSA jeunes à ceux ayant travaillé deux ans. La mesure n'a plus concerné que 20 000 jeunes...
Lire l'article du Monde.fr

Thomas Piketty : « L’Europe et le clivage de classe »

Chronique. "Trois ans après le référendum sur le Brexit, et à la veille de nouvelles élections européennes, l’Europe suscite toujours un scepticisme aussi fort, en particulier au sein des catégories sociales les plus défavorisées.
Le mal est profond et ancien. Dans toutes les consultations référendaires depuis un quart de siècle, les classes populaires ont systématiquement exprimé leur désaccord avec la construction européenne telle qu’elle leur était proposée, alors que les classes les plus riches et les plus favorisées la soutenaient.
Lors du référendum sur le traité de Maastricht, en 1992, on constate que les 60 % des électeurs disposant des revenus, des patrimoines ou des diplômes les plus bas ont voté pour le non, alors que les 40 % des électeurs du haut favorisaient le oui, avec un écart assez fort pour qu’au total le oui l’emporte d’une courte tête (51 %). Rebelote avec le traité constitutionnel en 2005, sauf que cette fois seuls les 20 % du haut soutiennent le oui, alors que les 80 % du bas favorisent le non, d’où une nette victoire de ce dernier (55 %). Idem lors du référendum sur le Brexit, en 2016 : cette fois-ci, les 30 % du haut soutiennent le maintien dans l’UE avec enthousiasme. Mais comme les 70 % du bas préfèrent la sortie, cette dernière l’emporte avec 52 % des voix.
Comment expliquer que les votes autour de l’Union européenne se caractérisent toujours par un clivage de classes aussi marqué ? Ce résultat est d’autant moins évident que la structure du vote pour les différents partis a depuis longtemps cessé d’avoir une structure classiste aussi nette, avec les trois dimensions de clivage social (diplôme, revenu, patrimoine) tirant dans le même sens. Depuis les années 1970-1980, les plus diplômés ont nettement basculé pour les partis de gauche dans les deux pays, alors que les plus hauts revenus et patrimoines continuaient de soutenir un peu plus fortement les partis de droite, eux-mêmes en recomposition. En revanche, lors des votes européens de 1992, 2005 et 2016, les élites intellectuelles et économiques des deux camps se sont retrouvées à soutenir l’UE telle qu’elle existe, alors que les catégories modestes de gauche et de droite la rejetaient.
Pour expliquer cette situation, les classes les plus favorisées ont bien une explication : les catégories populaires seraient nationalistes et xénophobes, voire arriérées. Sauf que la xénophobie du peuple n’est pas plus naturelle que celle des élites. Il existe une explication beaucoup plus simple : l’Union européenne, telle qu’elle s’est construite au cours des dernières décennies, s’appuie sur la concurrence généralisée entre territoires, sur le dumping fiscal et social en faveur des acteurs économiques les plus mobiles, et fonctionne objectivement au bénéfice des plus favorisés. Tant que l’Union européenne n’aura pas pris des mesures symboliques fortes pour la réduction des inégalités, par exemple un impôt commun pesant sur les plus riches et permettant d’abaisser celui des plus pauvres, cette situation perdurera.'
Lire l'article du Monde.fr

Joël Pommerat : « Monsieur Blanquer, votre réforme du lycée va dégrader la qualité des enseignements artistiques »

Dans une tribune au « Monde », le dramaturge déplore le peu d’importance accordé, dans la réforme du lycée voulue par le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, aux disciplines « à haute valeur ajoutée » que sont les arts.
"Il y a quelques semaines, j’ai signé une pétition lancée par une association nationale de professeurs, d’artistes et de structures culturelles pour défendre la place de l’enseignement artistique au lycée. J’ai signé cette pétition parce que je voudrais qu’une société comme la nôtre continue à offrir à des jeunes gens lycéens la possibilité de découvrir des œuvres, de rencontrer des artistes, et surtout de pratiquer un art. Je pense que l’école est le lieu propice pour une telle rencontre, et même qu’il s’agit de sa mission. A titre personnel, j’ai pu constater les bénéfices extrêmement concrets de ces enseignements artistiques tels qu’ils ont été pensés et mis en place il y a environ trente ans. Bien sûr, on pourrait faire encore mieux, mais ce qui m’inquiète aujourd’hui c’est le risque qu’on fasse moins bien.
Lire l'article du Monde.fr

Le rapport alarmant de l'IPBES : la biodiversité se meurt, nos modes de vie sont en sursis




Revue de presse 5 mai 2019


« Il y a un lien quasi mathématique entre monoparentalité et pauvreté »

Julien Damon : Il y a un lien quasi mathématique entre monoparentalité et pauvreté. Le point capital, c’est que, par définition, dans une famille monoparentale, il y a un revenu au lieu de deux.
La deuxième chose, c’est que, quand il n’y a qu’un seul adulte dans le ménage, il y a forcément des difficultés plus grandes pour garder les enfants, ce qui crée une tension sur la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. Cela peut conduire à réduire l’intensité du travail, via du temps partiel ou via un renoncement à l’emploi ou à la recherche d’emploi.
À ces niveaux de ressources, tout revenu manquant a un fort impact. Quand une pension alimentaire n’est pas payée, cela crée automatiquement un problème, même si ce n’est pas le principal facteur d’entrée dans la pauvreté.
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Ces jeunes vulnérables, à la rue à 18 ans

"Ce lundi 6 mai, une proposition de loi arrive à l’Assemblée nationale afin d’étendre la prise en charge des enfants placés de l’Aide sociale à l’enfance jusqu’à leurs 21 ans.
Leur situation questionne le passage à la majorité d’une partie de la jeunesse.
Ce 6 mai à l’Assemblée, les députés étudient en séance une proposition de loi déposée par la députée LREM Brigitte Bourguignon, afin que les jeunes sortant de l’Aide sociale à l’enfance puissent être accompagnés jusqu’à leurs 21 ans. Et qu’ils ne viennent plus grossir les rangs des sans-abri. Leur sort en effet commence à être connu. Ces anciens enfants victimes, qui ont été retirés à leurs parents, se retrouvent pour certains à la rue le jour de leurs 18 ans, faute d’avoir eu le temps de se former et d’avoir un métier.
Ils sont le visage d’un phénomène plus vaste : le difficile passage à la majorité d’une partie de la jeunesse française vulnérable, pour qui les 18 ans sonnent comme un abandon. « Il y a un trou dans la raquette de notre protection sociale », reconnaît ainsi l’économiste Henri Sterdyniak. En effet, selon l’Insee, 25 % des 18-29 ans vivent avec moins de 50 % du revenu médian, soit 886 € par mois.
La raison ? « Les âges de la vie se sont décalés de cinq ans et les politiques publiques ne l’ont pas anticipé, reprend l’économiste. Désormais en moyenne, les jeunes commencent à gagner de l’argent à 23 ans, soit largement après leur majorité civique et l’arrêt des aides accordées au titre de l’enfance. De 18 à 23 ans, s’ils ont une famille tout va bien, s’ils n’en ont pas, il n’y a rien de prévu pour eux. »
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Les cinq engagements du plan pauvreté




Revue de presse 29 avril 2019


Logement • Critique sévère de l’ONU

« J’ai été choquée de voir une telle misère, des souffrances et du dénuement dans un pays riche comme la France ». Après avoir rencontré les personnes vivant à la rue, en squats, dans les parcs, les hôtels, les campements, les tentes dans les bois ou sous les autoroutes, Leilani Farha, rapporteuse spéciale de l’ONU sur le droit au logement a dressé un constat sévère.
À l’issue de sa visite de 10 jours en France, le 12 avril, elle s’est dite impressionnée par l’existence de nombreux droits en France, notamment le droit au logement opposable, mais étonnée de la contradiction entre ces droits inscrits et leurs applications. Ainsi, elle a rappelé qu’en février dernier, 62 900 personnes prioritaires DALO attendaient toujours leur logement.
Leilani Farha a également testé le 115, attendu deux heures avant d’obtenir quelqu’un, constaté que la ligne était débordée et que beaucoup de personnes n’arrivent plus à le joindre. « 80% de ceux qui sont orientés vers un abri ne pourront y rester qu’une nuit, après quoi, ils devront reprendre le cycle depuis le début ». Dans sa déclaration finale, elle ajoute : « Les pressions qui pèsent sur le 115 ont sapé le caractère inconditionnel du droit au logement et, par là même, ont créé des hiérarchies au sein des personnes défavorisées ».
Lire l'article de lien social

centre éducatif fermé, sanction ou protection ?




Revue de presse 21 avril 2019


François Dubet : le temps des passions tristes




"Police, tu l'aimes ou tu la quittes"

"Excédés et fatigués, ils ont préféré quitter la police nationale et se reconvertir pour ne pas sombrer dans le désespoir. Aujourd'hui, ils dressent un portrait sans concession de leur ancien métier. Racisme, violences, carriérisme, pression du chiffre, heures sup, abus... Nicolas et Yann racontent."



28 mesures pour l'insertion des plus fragiles

La fédération des entreprises d'insertion a présenté ce 17 avril, 28 mesures pour faire ensemble, mieux et plus pour les plus fragiles, lors du Printemps de l’inclusion, événement qu’elle organisait à la Fondation Apprentis d’Auteuil, à Paris.
"Ces mesures sont le fruit de plus de six mois de travail au sein de la fédération, entre consultations et réunions, des 550 entreprises d’insertion, des élus et des permanents. Elles ont aussi donné lieu à de nombreux échanges avec les différents réseaux de l’insertion par l’activité économique et les partenaires institutionnels de la fédération. Elles s’articulent autour de trois piliers :


Revue de presse 13 avril 2019


Laurence Boone : « L’égalité des chances doit être une priorité »

"Pour l’économiste en chef de l’OCDE, alors que le pays souffre d’un « fort détérminisme social », l’urgence n’est pas de baisser les impôts mais de mieux cibler les dépenses publiques. Alors qu’Emmanuel Macron s’apprête à présenter de nouvelles mesures pour répondre à la crise des « gilets jaunes », l’économiste en chef de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Laurence Boone, estime que le chantier prioritaire concerne « l’égalité des chances ».
Que faire, en France, pour renforcer la cohésion sociale ?
Le sujet de fond, c’est l’égalité des chances. C’est essentiel car on est très conditionné en France par son milieu de naissance. Le pays est dans le top 3 de l’OCDE pour l’influence du milieu social sur les études. Quelques exemples : alors que 60 % des enfants entre 0 et 2 ans ont accès à un mode de garde formel, c’est le cas de seulement 30 % des enfants dans le tiers de la population le moins aisé. Donc, dès le plus jeune âge, tout un groupe va manquer cette phase d’éveil. Ensuite, une forte proportion des adolescents de 15 ans, comparée au reste de l’OCDE, ne possède pas les connaissances littéraires ou arithmétiques indispensables. Enfin, l’insertion sur le marché du travail est nettement plus difficile pour les personnes moins qualifiées. Or, la France est parmi les pays où les moins diplômés ont le moins d’accès aux formations qualifiantes."
Lire l'article du Monde.fr

« Les travailleurs ubérisés sont les prolétaires du XXIe siècle »

"Pour l’écrivain et enseignant Karim Amellal, l’ubérisation du monde du travail fait voler en éclats tous les acquis sociaux obtenus depuis près de deux siècles.
Dans son dernier ouvrage, La Révolution de la servitude (Demopolis, 2018), Karim Amellal, enseignant à Sciences Po, dénonce les excès de l’économie numérique et ses incidences sur l’emploi. Il appelle à une régulation de l’Etat afin de mieux protéger les travailleurs.
[...]Ce phénomène communément appelé l’« ubérisation » consiste en la mise en relation, par des plates-formes numériques, de clients avec des travailleurs qui nourrissent ces plates-formes de leur force de travail : chauffeurs privés, livreurs de repas à vélo, chargeurs de trottinettes électriques, etc. Cette « économie de plates-formes » a souvent recours à des autoentrepreneurs : des travailleurs qui ne sont pas salariés et n’ont donc pas de contrat de travail. Cela signifie qu’ils n’ont pas d’assurance-chômage, pas de congés payés, pas de congés maladie, pas de salaire minimum, pas de syndicats. Ils cotisent pour une retraite au rabais et n’ont aucune sécurité de l’emploi.
Les risques qu’endossent ces travailleurs « ubérisés » sont loin d’être compensés par leur rémunération, qui reste faible. Prenons l’exemple d’un chauffeur Uber qui travaille quarante heures par semaine. Il perçoit un chiffre d’affaires de 3 680 euros par mois, duquel il faut déduire les charges : la commission prélevée par Uber (la cotisation au régime social des indépendants, le coût de la voiture, etc.), lui reste un salaire net de 560 euros. S’il passe à soixante heures, il gagnera 1 320 euros net par mois – soit un salaire horaire de 5,50 euros, en deçà du taux horaire du smic (7,72 euros).
Lire l'article du Monde.fr

La formation continue à l’aube d’une nouvelle ère

La réforme devrait permettre à chacun d’accéder plus facilement à l’ensemble de l’offre de formation ainsi qu’aux diverses modalités de financement. Universités et grandes écoles s’adaptent.
Rien de plus évident que la nécessité de se former tout au long de la vie. Rien de plus compliqué que le système français de la formation continue. Mais les lignes bougent : la loi avenir professionnel de septembre 2018 le modifie en profondeur, et donne plus de leviers aux individus. La pierre angulaire de ce dispositif est une nouvelle application, qui permettra à chacun de gérer son compte personnel de formation (CPF), désormais monétisé en euros, et d’accéder à l’ensemble de l’offre de formations certifiantes et à des financements. Avec ses 500 euros de crédit annuel sur son CPF – une somme faible au regard des tarifs de certaines institutions – chacun pourra, à partir de la fin 2019, acheter directement un bloc de formation dans une institution, quitte à compléter par d’autres sources de financement."
Lire l'article du monde.fr

Akram Belkaïd - Une autre Algérie est-elle possible ?



"Photographier l'Algérie" : regards croisés de Pierre Bourdieu à Marc Riboud à l'Institut du monde arabe de Tourcoing



Revue de presse 5 avril 2019


Lancement de la concertation sur la protection de l'enfance

"La concertation qui est lancée ce mercredi 27 mars 2019 est issue d’une volonté d’associer l’ensemble des acteurs qui interviennent dans le champ de la protection de l’enfance dans l’ensemble du territoire : départements, établissements publics, administrations, associations, professionnels, représentants des enfants et des familles. Tous ont un rôle à jouer dans la mise en œuvre d’une politique que l’État souhaite davantage réguler pour réduire les inégalités territoriales et répondre aux besoins de l’ensemble des enfants protégés, tout en respectant la décentralisation et les compétences des départements en matière d’aide sociale à l’enfance. La concertation s’appuiera sur six groupes de travail dont les thématiques sont les suivantes :
  1. Sécuriser les parcours de l'enfant : pour éviter les ruptures de parcours et les pertes de chances des enfants protégés.
  2. Développer les modes d’accueil de type familial : pour répondre aux défis de ces métiers et mieux accueillir les enfants.
  3. Mieux accompagner les enfants en situation de handicap : pour répondre aux besoins éducatifs, médicaux et médico-sociaux des enfants qui cumulent mesures de protection et handicap.
  4. Promouvoir l’ambition scolaire des enfants : pour rompre les inégalités de destin, ces enfants vulnérables ont droit comme les autres à une scolarité normale.
  5. Diffuser une culture de la transparence et de la qualité des lieux d’accueil : garantir la sécurité des enfants accueillis et le contrôle des structures.
  6. Renforcer le pilotage de la politique publique et la participation des enfants et de leurs familles : pour une meilleure lisibilité de l’action publique à destination des enfants protégés et pour donner la parole à ceux qui sont directement concernés."

accederau dossier gouvernemental

Inégalités : les écarts de revenus ont augmenté partout en Europe

"Si le Vieux Continent est moins inégalitaire que le pays de Donald Trump, cela tient surtout à son modèle social : dans la plupart des Etats européens, l’accès à la santé et à l’éducation est moins coûteux, voire gratuit. « Les dépenses sociales (santé, éducation, retraite) sont bien plus généreuses en Europe continentale, où elles s’élèvent autour de 28 % du PIB, contre 19 % outre-Atlantique », ajoutent les auteurs.
Plus protecteur, le Vieux Continent n’a, malgré tout, pas échappé au creusement généralisé des écarts de revenus. « Son modèle s’érode peu à peu, notamment à cause de la concurrence fiscale accrue entre les Etats européens, qui a miné la progressivité de l’impôt », expliquent MM. Blanchet, Lucas et Gethin. Exemple : le taux supérieur d’imposition sur les sociétés dans l’Union européenne (UE) est passé de 49 % en moyenne en 1981 à moins de 25 % aujourd’hui. Et la TVA, qui pénalise surtout les bas revenus, a grimpé de 17 % à 21 %. En France, celle-ci représente la moitié des recettes publiques, contre moins du quart pour l’impôt sur les revenus.
En outre, le fossé croissant entre les emplois qualifiés et les jobs précaires, qui s’est encore élargi depuis 2008, a notoirement alimenté le creusement des inégalités de revenus, souligne la Banque mondiale, dans son dernier rapport sur l’Europe. Ces évolutions ont eu une traduction concrète : depuis 1980, les 1 % d’Européens les plus riches ont vu leur revenu moyen croître deux fois plus vite que celui des 50 % les moins aisés. Et aucun pays n’a échappé à la tendance. Pour mieux analyser les dynamiques à l’œuvre, les économistes ont divisé le continent en quatre grandes zones : Europe du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest.
Sans surprise, les pays nordiques sont de loin les plus égalitaires, avant comme après impôts – même si, depuis les années 1990, la progressivité de leur fiscalité s’est dégradée. C’est en Europe de l’Ouest que la part du revenu national captée par les 10 % les plus riches, avant impôts, est la plus élevée : 32,5 % en 2017, contre 31,2 % en Europe du Sud et 29 % en Europe du Nord. En Allemagne, cette part a particulièrement augmenté entre 2003 et 2008. Elle est aujourd’hui de 35 %, soit plus qu’en France (32 %).
Ces écarts de revenus sont toutefois corrigés par le système de taxation et de transferts sociaux. Il permet, en effet, de réduire les inégalités de 29 % en moyenne dans l’Europe de l’Ouest, selon les calculs des auteurs. C’est bien plus qu’en Europe du Sud (23 %) ou dans les pays de l’Est (15 %), où la redistribution est moins efficace.
Lire l'article du monde

Histoires de Trolls et de LOL : internet à l’heure du cyberharcèlement




Le secrétaire d’Etat Adrien Taquet veut sensibiliser les travailleurs sociaux à l’autisme

"Le secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance a annoncé au « Monde » la création d’un groupe de travail destiné à réfléchir à l’accueil des enfants autistes par l’aide sociale à l’enfance.
En marge d’un déplacement au sein d’une crèche parisienne accueillant notamment des enfants atteints de troubles du spectre de l’autisme (TSA), le secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance, Adrien Taquet, a annoncé, mardi 2 avril, le lancement d’un groupe de travail qui portera sur l’accueil des enfants autistes pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE). « La réflexion portera sur trois axes, a confié M. Taquet au Monde. Une action sur l’accompagnement à la parentalité des personnes handicapées, qui associera les personnes elles-mêmes, la mise en œuvre d’une action de formation à l’autisme en direction des travailleurs sociaux mais aussi des personnels de justice, et la généralisation de la mention du handicap du parent ou de l’enfant, en cas d’information aux services de l’aide sociale à l’enfance, afin qu’un regard croisé expert puisse être mobilisé. »
Ce dernier point est destiné à provoquer une collaboration plus étroite, en cas d’information préoccupante ou de signalement, entre l’ASE et les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), interlocuteur incontournable de ces familles. Certaines d’entre elles alertent en effet depuis des années sur le risque de confusion entre les manifestations des troubles de l’autisme et les signes de maltraitance, ce qui peut conduire à des enquêtes sociales. Le groupe de travail aura notamment pour mission d’élaborer un guide destiné à la fois aux parents et aux travailleurs sociaux.
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 26 mars 2019


Lancement du Collectif "Cause Majeur"

« Cause Majeur ! » : la société civile lance un collectif pour soutenir la cause des jeunes majeurs sortant de l’aide sociale à l’enfance (ASE) ou de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ).
Alors que la question des jeunes majeurs revient sur le devant de la scène politique et médiatique – avec dernièrement la mission sur les « bonnes pratiques » confiée par Adrien Taquet, secrétaire d’Etat chargé de la Protection de l’enfance, à Brigitte Bourguignon, par ailleurs auteure d’une proposition de loi sur le sujet –, plus de 15 associations et personnalités qualifiées ont décidé de constituer un collectif de plaidoyer pour soutenir la cause des jeunes majeurs. Ses objectifs : veiller à moyen et long terme à ce que la question de l’inclusion de ces jeunes dans la société devienne un axe central des politiques publiques et que les annonces politiques en faveur des jeunes majeurs soient véritablement mises en place.
Lire l'article sur le site de l'UNIOPS

Jeunes sortants de l’ASE : « Pour la première fois, ils prennent la parole »

"Plusieurs associations lancent, ce mardi 26 mars, un collectif pour les jeunes majeurs sortants de l’aide sociale à l’enfance.Entretien avec Michèle Créoff, vice-présidente du Conseil national de protection de l’enfance, qui salue une mobilisation venue des jeunes eux-mêmes et qui est désormais inscrite à l’agenda politique."
Michèle Créoff : Je me réjouis que des associations très présentes sur le terrain unissent leurs forces sur cette question. Sans la mobilisation des jeunes placés eux-mêmes, peut-être que ce collectif n’aurait pas vu le jour et peut-être que les deux missions parlementaires actuellement au travail n’auraient pas été créées. Depuis quelques mois, en effet, ces jeunes ont fait irruption dans les médias et sur les réseaux sociaux et nous interpellent. Ils se sont organisés, entre autres, dans le collectif #laruea18ans qui a organisé son premier rassemblement public récemment. Je trouve que cette mobilisation est admirable. Eux qui étaient les oubliés du système, ils nous obligent à nous attaquer à cette très grosse injustice qu’ils subissent."
Lire l'article de La Croix

Le Conseil constitutionnel valide les tests osseux pour les jeunes migrants

"Décriés par de nombreux acteurs, ces tests ont été jugés conformes à la Constitution, en raison des garanties que présente l'article 388 du code civil qui les prévoit.
Le Conseil constitutionnel s’est prononcé, ce jeudi, sur la validité des tests osseux, pratiqués à la demande de la justice lorsqu’un doute subsiste sur la minorité d’un jeune étranger demandant à être pris en charge par l’aide sociale à l’enfance. L’avocate d’un Guinéen déclarant avoir 15 ans à son arrivée en France mais non reconnu comme mineur par la justice avait, en appui de son pourvoi en cassation, déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur l’article 388 du code civil qui prévoit ces tests. Lesquels sont décriés, au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant et en raison de leur manque de fiabilité, par des acteurs aussi divers que le Défenseur des droits, l’ordre des médecins, le Haut conseil de la santé publique, le comité des droits de l’enfant de l’ONU, le Syndicat de la magistrature, la Cimade, Médecins du Monde, la Ligue des droits de l’homme…
Mais pour les magistrats, dans la mesure où la marge d’erreur de ces tests est bien prise en compte par le législateur, où seule l’autorité judiciaire peut décider d’y recourir, où selon le code civil ces tests ne peuvent pas être la seule base d’une décision de non-reconnaissance de minorité, et où le doute doit théoriquement bénéficier à l’intéressé, l’article 388 du Code civil ne contrevient pas à la loi fondamentale de la Ve République."
Lire l'article de Libération

Alcool en France : les hommes boivent plus que les femmes, les jeunes plus que les vieux

"Selon une étude publiée ce mardi par Santé Publique France, la consommation d'alcool en France a encore de beaux jours devant elle. Toutefois, sans aller jusqu'à une abstinence globale, les spécialistes estiment que certains repères pourraient permettre de réduire son impact sur la santé.
L'étude s'est intéressée aux habitudes des Françaises et des Français vis-à-vis de l'alcool, mais aussi aux méthodes pour émettre des recommandations à la fois efficaces et accessibles à tous. Car l'alcool, comme le reconnait le Pr Mickaël Naassila, président de la Société française d'alcoologie, est un "acteur essentiel de notre culture et de notre économie", mais aussi un moyen de "se conformer à la norme sociale" et un "lubrifiant social".
Ce qui ne doit pas, poursuit-il, empêcher de réfléchir au meilleur moyen de faire boire moins. Car l'alcool, ce sont aussi "des dommages considérables engendrés pour notre santé et in fine notre société". En 2017, un groupe d'experts a ainsi émis un avis pour développer un nouveau repère de consommation d'alcool : l'idée étant, si l'on ne peut pas imaginer pour l'instant faire disparaître la consommation d'alcool, de lui fixer des limites dans lesquelles le risque pour la santé est réduit.
Ce repère contient trois recommandations :
  • Pas plus de 10 verres standard par semaine
  • Pas plus de 2 verres standard par jour
  • Avoir chaque semaine des jours sans aucune consommation

Lire le dossier de France Inter

L'alcool et les dégâts de l'alcoolisme





Quand Yvonne et Charles de Gaulle font le choix courageux à l'époque de garder avec eux Anne, leur fille trisomique



Vu d'ailleurs : Organisation des services sociaux : au Royaume Uni, c’est l’échelon local qui décide

"Au Royaume Uni, ce sont les councils qui sont chargés de fournir les services sociaux aux résidents. Ce sont eux qui décident qui doit payer selon le type d’aide apporté.
Au Royaume Uni, la santé est dispensée gratuitement mais l’organisation des services sociaux pour les personnes handicapées, les personnes âgées, les sans domicile fixe, ou encore la protection de l’enfance relèvent de la responsabilité de chaque nation constitutive – autorité locale – à savoir l’Angleterre, l’Écosse, l’Irlande du Nord et le Pays de Galle, qui délèguent ensuite aux councils, un échelon encore plus local.
C’est le gouvernement central britannique qui verse aux différentes autorités locales une partie des fonds consacrés à l’aide sociale. Le montant des financements distribués dépend de plusieurs critères notamment du nombre d’habitants au sein de chaque nation constitutive et du nombre de personnes remplissant les conditions pour bénéficier de l’aide sociale. Chaque autorité locale gère ces fonds en toute autonomie.
En Angleterre, 152 councils sont ainsi chargés de fournir les services sociaux à leurs résidents. Ces autorités locales, dont la taille varie aussi bien en nombre d’habitants qu’en superficie, disposent chacune de leur propre budget. Outre l’argent provenant directement du gouvernement central et du National Health Service (NHS) – le système de santé publique, il existe plusieurs façons pour les councils d’obtenir des fonds complémentaires pour financer les services sociaux. En Angleterre, depuis 2015, la taxe municipale consacrée à l’aide sociale peut, à l’initiative de chaque council, être augmentée de 2 ou 3%."
Le système d'aide est payant en fonction des revenus, et il est en crise depuis les coupes budgétaires décidées par le gouvernement : les classes "moyennes moins" ne sont pas aidées cequi est particulièrement difficile pour les retraités ayant de petites pensions.
Lire l'article de la Gazette santé-social


Revue de presse 19 mars 2019


Grand débat national, des hauts et des débats




Pipriac et Saint-Ganton se mobilisent pour les chômeurs de longue durée

"Deux communes rurales du sud Bretagne ont fait partie de l’expérimentation du dispositif Territoires zéro chômeur de longue durée. Deux ans plus tard, le bilan est positif tant pour les demandeurs d’emploi que pour le tissu économique local."
Lire l'article de la Gazette santé-social
Voir le documentaire "Objectif zéro chomeur de zone interdite

TRIBUNE : « Il est temps de réintégrer les vieux dans la cité, au cœur de notre vie commune »

"Face au vieillissement croissant de la population, plusieurs personnalités, parmi lesquelles les anciens ministres Bernard Kouchner et Monique Pelletier, appellent, dans une tribune au « Monde », à une réorganisation de la société, notamment en ce qui concerne la gestion de la dépendance.
Extrait : "En ces temps de grand débat national, il est une inégalité choquante dans notre pays dont nous n’avons pas entendu parler jusqu’ici. Elle concerne nos aînés. Chacun le sait, l’expérimente autour de lui, dans sa famille, son quartier, sa commune : notre société vieillit fortement ; 10 % d’entre nous ont aujourd’hui plus de 75 ans, alors qu’ils n’étaient que 5 % il y a trente ans.
Mais qui les voit, ceux-là, et qu’ont-ils à dire ? Personne ne le sait ou ne veut le savoir. Nous avons tendance à les reléguer aux portes de la citoyenneté. La vie commune leur est, si ce n’est hostile, du moins inadaptée. Ils s’y sentent fragiles, vulnérables, peu à leur place. Alors, ils se retranchent, se taisent, se renferment, veulent disparaître.
Les plus dépendants sont cloîtrés dans ces fameux lieux que l’on appelle Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), et dont on nous apprend jour après jour à nous méfier davantage. Ehpad, une honte française (Plon, 2019), le titre éloquent de l’ouvrage récent d’Anne-Sophie Pelletier sur le sujet, conforte la crainte de ceux qui se disent qu’il leur faudra peut-être finir leurs jours en ces lieux."
Lire la tribune sur le Monde.fr

Femmes et retraités sont nombreux à recourir aux aides alimentaires

"Parmi les 8,8 millions de personnes vivant en France sous le seuil de pauvreté, environ la moitié ont recours à l’aide alimentaire. A l’occasion de leurs 35 ans, les banques alimentaires, premier réseau au niveau national, présentent mercredi 13 mars une étude sur les profils de leurs bénéficiaires, qui sont plus de 2 millions. Cette enquête de l’institut CSA – la dernière du genre avait été menée en 2016 – s’appuie sur quelque 2 000 témoignages recueillis par les associations partenaires.
L’étude dessine les contours de la France des « gilets orange », ce vêtement porté par les bénévoles des banques alimentaires. Une France singulièrement féminine d’abord, puisque 69 % des personnes reçues sont des femmes. Les familles monoparentales, à 85 % menées par des femmes, sont surreprésentées. Elles constituent 33 % des bénéficiaires, contre 8 % de la population générale. Le cumul de plusieurs difficultés (temps partiels subis, rémunérations plus faibles…) fait d’elles, depuis plusieurs années, des figures désormais incontournables de la pauvreté.
L’une des variations observées dans l’édition 2019 porte sur la part croissante d’inactifs chez les bénéficiaires. A la différence de précédentes études qui alertaient sur le phénomène des travailleurs pauvres sollicitant une aide alimentaire, les actifs, qui étaient 23 % il y a deux ans, sont aujourd’hui estimés à 14 %, selon cette étude. Les 83 % d’inactifs qui poussent la porte des épiceries sociales et des lieux de distribution sont pour un tiers chômeurs, mais aussi étudiants, demandeurs d’asile ou retraités. Cette dernière catégorie gagne trois points par rapport à la dernière enquête, ce qui confirme la paupérisation de certains retraités, dotés de faibles pensions."
Un autre élément important de cette enquète est qu'elle montre que le recours à l'aide est de moins en moins ponctuel, ce qui est mauvais signe.
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 12 mars 2019


Défenseur des droits, rapport annuel 2018

"Les 140 000 demandes d’intervention ou de conseil adressées au Défenseur des droits en 2018 contribuent à faire de l’institution un lieu d’observation privilégié des difficultés rencontrées par les personnes dans l’accès à leurs droits, des atteintes portées aux droits fondamentaux et des inégalités persistantes dans la société.
En 2018, 94% des réclamations adressées aux délégués du Défenseur des droits soulèvent une difficulté dans la relation des usagères et usagers avec les services publics. Le Défenseur des droits a donc souhaité consacrer une partie de son rapport annuel d’activité aux réalités révélées par ces réclamations toujours plus nombreuses qui renvoient à des problèmes plus profonds, d’ordre systémique, et à des difficultés d’accès structurelles qui amplifient les fractures au sein de la société.
En France, les services publics jouent un rôle essentiel d’intégration civique et sociale. Empreinte de solidarité, leur action doit assurer l’égalité de traitement des usagers en offrant à tous et particulièrement aux personnes en difficultés, pauvres, défavorisées ou exclues, le même accès aux droits.
Or, la réduction du périmètre des services publics, leur privatisation progressive, leur dématérialisation, la complexité des dispositifs, l’éloignement du contact humain ainsi que la restriction des moyens budgétaires qui leur sont alloués contribuent à créer un sentiment diffus et dangereux de rupture entre les usagers, notamment précaires, et les services publics. Le recul des services publics peut accroître les inégalités auxquelles font face certains publics et aggraver le sentiment de relégation de nombreuses personnes, portant dangereusement atteinte à la cohésion sociale."
NB : je conseille particluièrment la lecture du chapitre "l'accès au droit entravé par la dématérialisation et le silence des administations".
Lire le rapport du défenseur des droits


Revue de presse 3 mars 2019


Aide sociale à l’enfance : un référentiel et des sanctions contre les sorties sèches

"Dans le cadre de la Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, l'Etat vient de présenter un référentiel pour aider les départements à accompagner les jeunes majeurs sortant de l'ASE. 12 millions d'euros sont prévus, mais les territoires qui ne respecteront pas les règles seront sanctionnés.
C’était l’un des points forts des annonces présidentielles en septembre 2018 : dans le cadre de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, les sorties des jeunes à 18 ans de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) ne se feraient plus brutalement. Cinq mois plus tard, Christelle Dubos, secrétaire d’Etat en charge du suivi de la Stratégie, et Adrien Taquet, nouveau secrétaire d’Etat en charge de la protection de l’enfance, ont présenté le 14 février le référentiel pour accompagner les sorties de l’ASE.
« L’élaboration du référentiel est une belle illustration du “choc de participation” prévu par la stratégie pauvreté », a raconté Christelle Dubos. Ce document est en effet issu d’un groupe de travail présidé par Fouzy Mathey, ancienne enfant placée et vice-présidente de Repairs 94, association départementale d’entraide pour les personnes accueillies ou ayant été accueillies en protection de l’Enfance.
« J’ai accepté car la délégation [interministérielle à la prévention et la lutte contre la pauvreté] avait une volonté réelle de “faire avec” les jeunes sortis de l’ASE », explique la jeune femme. Les jeunes étaient d’ailleurs majoritaires dans le groupe, composé également de représentant des départements et des représentants des institutions chargées d’accompagner les jeunes.
Cinq engagements
Christelle Dubos a regretté « le mur » face auquel les jeunes sont confrontés à leurs 18 ans. « Je crois que nous sommes tous déterminés à faire tomber ce mur et à redonner aux jeunes qui sortent de l’ASE les moyens de se dessiner un horizon et de se construire un avenir. » Pour sortir de la situation, le référentiel impose cinq engagements qui devront être suivis par les conseils départementaux."
Lire l'article de la Gazette.fr
Le document de référence: "Accompagner les sorties de l'aide sociale à l'enfance

Grandir en famille dans une chambre d'hôtel

"Les familles constituent une part considérable de la population sans-logement : depuis la fin des années 1990, un nombre croissant d’entre elles, majoritairement étrangères, sont privées de logement et occupent le système d’hébergement.
L’hébergement en hôtel social complète ou supplée, notamment dans les grosses agglomérations, les carences de dispositifs spécialisés dans l’accueil d’étrangers, de demandeurs d’asile en particulier. Pour l’Ile-de-France, en plus des familles hébergées en centre d’hébergement d’urgence (CHU),de réinsertion sociale (CHRS) ou pour demandeurs d’asile (CADA), plus de 21 000 familles ont été hébergées en hôtel social en 2017 (soit 58 247 personnes). Elles étaient un peu moins de 15 000 en 2013 (soit 44 075 personnes). Cette année-là, l’enquête « Enfants et familles sans logement » (ENFAMS2) a permis de décrire les parcours, conditions de vie et état de santé des familles sans logement, en particulier les difficultés d’insertion scolaire et sociale des enfants. Néanmoins, la situation des adolescents n’entrait pas dans le champ de cette enquête. L’objectif de cette étude est de compléter l’enquête ENFAMS, en caractérisant le plus finement possible les existences quotidiennes des adolescents hébergés en hôtel social, leurs modes de sociabilité, leurs façons de s’organiser, de gérer les difficultés et les obstacles qu’ils rencontrent."
Extrait : "L’incertitude permanente sur leur futur résidentiel, couplée aux caractéristiques des lieux environnant leur hôtel, complique alors très fortement l’ancrage dans leur quartier de résidence. Les sociabilités de quartier sont quasiment inexistantes et le rapport des adolescents à leur commune se cantonne à la vie à l’intérieur de la chambre et à la fréquentation de quelques équipements culturels ou sportifs lorsqu’ils existent."
Lire l'étude


Revue de presse 24 février 2019


Nuit de la solidarité : 3 622 sans-abris recensés

"Les premiers résultats de la Nuit de la solidarité 2019 ont été présentés : 3 622 personnes sans abri ont été dénombrées par les 356 équipes déployées à Paris et par les partenaires de la Ville.
L'objectif de ce décompte, mené avec les signataires du Pacte de lutte contre la grande exclusion et 2 000 personnes (400 professionnels et 1 700 bénévoles parisiens) avait pour but de mesurer le nombre de personnes à la rue et d'améliorer la connaissance de leurs profils et de leurs besoins pour adapter les réponses proposées.
NB : une carte très instructive montre les principaux lieux de refuge des sans abris."
Accedez à l'article sur Paris.fr

Hôtel social : des jeunes privés d’une adolescence "ordinaire"

"Entre avril 2017 et mai 2018, les auteurs de "Adolescents sans-logement. Grandir en famille dans une chambre d’hôtel" ont réalisé entre un et six entretiens avec 36 adolescents, dont six résidaient dans l’agglomération de Tour. Les 30 adolescents franciliens ont connu 92 hôtels différents dans 65 communes, selon les données issues du Samusocial de Paris. Mais ce chiffre, déjà révélateur de la mobilité subie par ces jeunes, ne prend pas en compte les autres formes d’hébergement et les changements qu’ils ont pu connaitre en amont ou entre deux hôtels sociaux : hébergement chez un tiers, en campements, en CHRS, en centre d’hébergement d’urgence, en hôtels non enregistrés, ou encore changements de chambre au sein d’un même établissement. Après avoir, pour la plupart, vécu l’expérience migratoire et des ruptures familiales, "à plus d’un titre, l’instabilité résidentielle [...] place [ces adolescents] en situation de vulnérabilité, car ils font face à la quasi-impossibilité de s’en protéger", notent les auteurs de l’étude.
L’hôtel contraint et isole.
Ils ont pu constater, au fil des entretiens, combien la vie en hôtel empêchait les adolescents de s’ancrer dans un territoire, du fait de la mobilité régulière, mais également de l’implantation même des établissements, pour une majorité d’entre eux situés en zone non habitée et souvent éloignés des lieux de scolarisation."
Lire l'article sur le site d'InfoMIE
Lire le rapport du défenseur des droits et l'étude complète

Protection de l’enfance : la HAS publie les résultats de son enquête sur la bientraitance

"En France, en 2016, 299 600 mineurs étaient concernés par une mesure de protection de l’enfance qui se traduit dans environ la moitié des cas par un placement en dehors de leur famille. L’Anesm*, dont la Haute Autorité de Santé a intégré les missions en avril 2018, a lancé une enquête sur la bientraitance dans les structures accueillant des enfants dans le cadre de la protection de l’enfance afin de faire un état des lieux des pratiques et de permettre aux professionnels d’évaluer leurs actions et d’identifier de nouvelles pistes d’action. La HAS publie aujourd’hui les résultats de cette enquête et présente les travaux qu’elle a engagés pour aider les professionnels à améliorer leurs pratiques.
A noter dans ce rapport (page 28), l'importance de la question du délaissement des enfants placés en foyers de l'enfance, ce que montre un sondage portant sur les dix derniers jeunes accueillis dans chacun de ces établissements : "Parmi les dix derniers mineurs accueillis, il y a en moyenne 7,6 mineurs n’ayant reçu aucune visite ou effectué de visite au domicile de l’entourage depuis au moins 3 mois dansles foyers de l’enfance."
Lire l'article sur le site de la Haute autorité de santé
Accedez à l'étude

Loïc Blondiaux : "Il n'y a pas de démocratie sans citoyens qui débattent et qui s'écoutent"




Loi école : ce qu’il faut retenir du texte porté par Jean-Michel Blanquer

"Au terme d’une semaine de débats et de quelque 1 000 amendements, le projet de loi « pour une école de la confiance » a été adopté lors d’un vote solennel à l’Assemblée nationale, mardi 19 février. Le texte comporte quelques ajouts majeurs au projet porté par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Il s’agit notamment de l’adoption d’un amendement déposé par la droite imposant l’affichage des drapeaux français et européen et des paroles de La Marseillaise dans les salles de classe, et de la mesure « parent 1, parent 2 », qui reconnaît les familles homoparentales sur les formulaires administratifs, visant à rassurer l’aile gauche".
Voici les principales dispositions de ce texte : l’instruction obligatoire à 3 ans ; le prérecrutement et la formation des enseignants; la création du Conseil d’évaluation de l’école ; les regroupements école-collège ; des pistes pour une école plus inclusive.
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 17 février 2019


Mineurs non accompagnés : l’ADF appelle à clarifier les compétences entre l’Etat et le département

"Le considérable afflux de mineurs non accompagnés depuis deux ans met en tension le dispositif de protection sans condition auquel ces enfants ont droit dès leur arrivée sur le territoire. En cause les questions du financement, du partage des responsabilités et de l’évaluation de minorité pour laquelle le décret du 30 janvier 2019 instaure un fichier biométrique des jeunes évalués.
L’afflux en France est massif et croissant : + 85 % en 2017 (14 908) et + 14 % pour l’année 2018 au cours de laquelle 17 022 jeunes étrangers ont été reconnus mineurs non accompagnés (MNA).
Des chiffres qui portent le nombre de jeunes suivis par les conseils départementaux à quelque 40 000 au 31 décembre 2018. « Et le mois de janvier 2019 est le plus lourd depuis deux ans avec 2 000 orientations », indique Yasmine Degras, cheffe de la Mission mineurs non accompagnés (MMNA) au ministère de la Justice, à l’occasion du colloque organisé le 8 février par l’École de la protection de l’enfance et le Journal des acteurs sociaux, en partenariat avec l’Observatoire national de l’action sociale (ODAS) et l’Assemblée des départements de France (ADF)."
Lire le dossier de la Gazette santé-social

Mon idée pour la France : « Généraliser les dispositifs d’accompagnement des élèves »

Pierre Mathiot pointe dans cette tribune que "le système scolaire est profondément inégalitaire et il l’est sans doute plus qu’il y a vingt ans.
Ces inégalités sont présentes depuis l’entrée à l’école jusqu’aux diplômes de l’enseignement supérieur et, qu’elles soient sociales, culturelles et géographiques, elles se cumulent souvent. Elles jouent bien entendu contre les élèves de milieux modestes, d’origine étrangère et, aussi, contre ceux qui habitent dans des territoires ruraux éloignés des villes, grandes ou moyennes. Elles fabriquent de l’autocensure, jouent contre l’ambition scolaire, restreignent la mobilité géographique, ce en dépit d’investissements publics souvent massifs destinés à les réduire – 1,7 milliard d’euros par an pour la seule politique dite d’éducation prioritaire.
[...] Parmi ce qu’il faudrait faire plus et mieux il y a la gestion des charnières que constitue le passage en 6e, l’entrée au lycée et l’accès à l’enseignement supérieur. On sait que ces moments clés s’accompagnent de difficultés majorées chez les élèves les plus en difficulté, notamment parce qu’ils sont aussi les plus éloignés de l’environnement scolaire. Or, rater son entrée c’est souvent galérer ensuite, ne pas être en mesure de faire des choix positifs d’orientation vers le lycée ou l’enseignement supérieur. C’est aussi, parfois, on le sait bien, décrocher progressivement pour disparaître purement et simplement du paysage scolaire.
Ma proposition consiste à généraliser les dispositifs d’accompagnement des élèves par des pairs, ou des mentors ainsi que les actions qui permettent aux élèves de construire des projets en dehors des heures de cours mais, bien sûr, en lien avec les enseignements et les professeurs. Ces dispositifs existent ici ou là. Rien au fond n’est vraiment à inventer, tout est à généraliser en commençant bien entendu par les territoires et les établissements qui le justifient le plus, ceux de l’éducation prioritaire et du monde rural « isolé »."
Lire l'article du Monde.fr

Numérisation des emplois : « Il existe un lien fort avec le sentiment d’insécurité économique et les comportements politiques »

"Tribune. Les « gilets jaunes », si divers soient-ils, partagent un certain nombre de traits communs, les fins de mois difficiles, le sentiment d’être pris en étau dans leur vie quotidienne et professionnelle, et une révolte contre les politiques en place. Même s’ils ont un travail, un logement, une voiture, ils sont à la merci du moindre imprévu et voient leur horizon de plus en plus bouché. Cette révolte contre les conditions de vie et d’emploi devenues de plus en plus difficiles pour certains groupes sociaux n’est pas particulière à la France. Elle se retrouve derrière les ruptures politiques à l’œuvre dans la plupart des démocraties des pays développés : montée des partis extrémistes et antisystème dans la plupart des pays européens, Brexit en Grande-Bretagne, trumpisme aux Etats-Unis.
Qui sont ces groupes sociaux ? Le paradoxe déjà souligné à propos des « gilets jaunes » tient au fait que ce ne sont pas ceux qui sont les plus pauvres, les plus précaires qui protestent, mais plutôt ceux qui se sentent menacés de le devenir."
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 10 février 2019


"Gilets jaunes" : peut-on analyser l’histoire en cours ?



En une nuit, 3 622 personnes dormaient dans les rues de Paris

"Lors de la deuxième édition de la Nuit de la solidarité, de jeudi 7 à vendredi 8 février, 3 622 sans-abri ont été recensés dans les rues de Paris soit un peu plus que les 3 035 dénombrés le 15 février 2018, mais dans un périmètre élargi : 353 personnes ont, en effet, été rencontrées dormant dans les parcs, jardins, talus des périphériques et halls d’immeuble du bailleur social Paris Habitat qui n’avaient pas été visités l’an passé.
La maraude a été assurée par 1 700 bénévoles dont 20 % étaient déjà là en 2018, répartis en 353 équipes pilotées par 400 travailleurs sociaux. Les Parisiens ont à ce point répondu « présent » que 400 volontaires qui n’ont pas trouvé place dans les équipes de rue ont, le même soir, participé à des animations et des rencontres dans 22 structures d’hébergement et haltes-nuit.
Les sans domicile fixe (SDF) sont plus nombreux dans les arrondissements périphériques, comme le 12e, avec 140 personnes (125 en 2018), le 13e, 80 personnes (72) et le 14e, 76 personnes (72). Dans le 10e arrondissement, leur nombre a, en revanche, été divisé par deux, passant de 274 à 127, une chute liée à la résorption, par la préfecture, fin janvier, des campements de migrants autour du quai de Jemmapes.
Le 18e accueille, en revanche, 421 personnes, près du double des 246 de 2018, et le 19e en compte 318, contre 215 il y a un an : « La ville avait, l’an dernier, ouvert La Bulle, un centre humanitaire d’accueil de 480 places dont nous avons dû, comme prévu, rendre le terrain pour édifier le centre universitaire Condorcet, explique Dominique Versini, adjointe de la maire de Paris, chargée de la solidarité, de la lutte contre l’exclusion, de l’accueil des réfugiés et de la protection de l’enfance. Nous envisagions d’ouvrir un nouveau centre à La Villette mais l’Etat n’en a pas voulu pour, nous a-t-on dit, ne pas créer d’appel d’air. »
Les agents de la RATP ont, de leur côté, comptabilisé, dans les 246 stations métro et RER, 292 personnes (373 en 2018), ceux de la SNCF, 298 (contre 226) dans les sept gares parisiennes, sans oublier les 100 personnes qui ont passé la nuit dans les 13 services d’urgence des hôpitaux que compte la capitale. Les parkings Indigo abritaient également, ce soir-là, 37 personnes (contre 112), tandis que 24 avaient trouvé refuge dans les halls d’immeuble de Paris Habitat et 74 dans les parcs et jardins."
Lire l'article du Monde.fr

Une pétition contre "la casse annoncée des institutions médico-sociales"

"Les familles d'enfants et de jeunes adultes, en situation de handicap grave, s'alarment de la casse annoncée des institutions médico-sociales, au nom d’une prétendue inclusion. Cet argument masque un choix économique, visant au remplacement de ces établissements par des plateformes désincarnées de services et de prestations.
Nous affirmons, au contraire, que les actuels établissements médico-sociaux sont d’indispensables lieux de vie, de diagnostic, d'éducation et de soins, que personne n'y est enfermé et que les professionnels, fiers de leurs métiers, offrent à chacun au quotidien, les conditions d'une vie digne, accompagnée et durable, en co-construction avec les familles. C'est à leur défense qu'est consacrée cette pétition proposée par des personnes handicapées, des parents, des professionnels, des amis, des universitaires et des élus."
Acceder à la pétititon sur Change.org

Les Nuits de la solidarité, nouvel outil de lutte contre le sans-abrisme

"La Nuit de la solidarité s’installe peu à peu dans le paysage français. Inspiré de pratiques existantes dans plusieurs grandes villes américaines, comme New York et Washington, et testées en Europe à Athènes et Bruxelles, cet événement, qui consiste à faire appel à des bénévoles pour recenser les personnes dormant dehors une nuit donnée, a fait son apparition en France en 2018, à Paris puis à Metz. Cette année, il a déjà eu lieu à Grenoble le 30 janvier et il est organisé le 7 février à Paris. Il aura également lieu le 27 février à Rennes et le 15 mars à Metz."
[...]Comme l’an dernier, près de 1 600 bénévoles formés en début de soirée, encadrés par 400 chefs d’équipes chevronnées, arpenteront les rues, munis d’un questionnaire mentionnant un prénom, l’âge, le sexe, la durée de vie à la rue ou encore les besoins exprimés (logement, repas, douche, soins, démarches administratives, vestiaire, écoute…). L’an dernier, 3 035 personnes sans solution d’hébergement avaient ainsi été décomptées, dont la moitié en errance depuis plus d’un an et deux tiers qui n’appellent jamais le 115."
Lire l'article de La Croix

Incendie à Paris : en psychiatrie, « le vrai problème se trouve dans la rupture de la chaîne de soins »

"L’incendie d’un immeuble du 16e arrondissement de Paris, dans la nuit de lundi 4 à mardi 5 février, a causé la mort de dix personnes et fait 96 blessés, dont un grièvement. Le profil de la suspecte, qui souffre de troubles psychiatriques, relance le débat sur le manque d’accompagnement des malades en France. Marie-Jeanne Richard, présidente de l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapés psychiques (Unafam), dénonce l’abandon des malades psychiques par la société, qui « crée la répétition des moments de crise ». « Aujourd’hui, on attend que ça dérape, et après on crie au loup », juge-t-elle.
Le parcours de la principale suspecte de l’incendie de la rue Erlanger, ponctué de treize séjours dans un établissement psychiatrique parisien entre 2009 et 2019, est-il une exception ?
Marie-Jeanne Richard : Non, malheureusement, c’est ce qu’on appelle le syndrome de la « porte tournante », c’est-à-dire la multiplication des hospitalisations en urgence. Il s’explique par une difficulté d’accès aux soins, surtout en début de symptômes. Les gens qui ne vont pas bien ont du mal à trouver un clinicien pour les aider, ou à obtenir une place dans des centres médico-psychologiques (CMP) débordés. En moyenne, il faut attendre trois ans pour accéder aux soins.
On est contraints d’attendre que la personne soit en état de crise pour avoir accès à des soins psychiatriques en urgence. Or, un hôpital n’est pas un lieu de vie. C’est souvent surpeuplé, dans des bâtiments dégradés. Quand vous rentrez dans ce lieu-là, surtout en état de crise, vous n’avez qu’une idée : c’est en sortir.
On connaît des personnes pour qui le système de soins a fonctionné. Le médecin généraliste travaillait avec des psychiatres, a pu aiguiller la famille, les orienter vers une association d’aide pour répondre à leurs questions. Un tissu médico-social s’est formé autour de la personne pour l’aider à trouver des solutions. Certains malades mènent leur vie sans passer par la case hôpital, sans connaître de crise majeure. Malheureusement, c’est aujourd’hui l’exception."

Lire l'article du Monde.fr

Psychiatrie : des solutions pour sortir de l'état d'urgence



Revue de presse 2 février 2019


Hausse des plaintes pour violences sexuelles

"Selon le ministère de l'Intérieur pour l'année dernière, les plaintes pour viols augmentent de 20% par rapport à 2017. Une hausse également de 17% des agressions sexuelles. Les femmes depuis l'affaire Weinstein sont de plus en plus nombreuses à oser porter plainte."

Réécouter l'émission

Enfants placés, du foyer à la rue

"Dans son rapport annuel, la Fondation Abbé Pierre se penche sur la surreprésentation des anciens enfants placés parmi les sans-abri.
Loïc, 20 ans, ne s’attendait pas à se retrouver à la rue si jeune. Abandonné à deux mois et demi par sa mère, le jeune homme, d’abord placé en foyer, a grandi pendant quinze ans dans une famille d’accueil alsacienne. « J’y étais bien, même si ce n’était pas toujours facile parce qu’il y avait d’autres enfants placés », se rappelle Loïc. Le petit garçon, qui s’implique dès 9 ans dans la caserne des pompiers du village, voit encore son père de temps à autre. Très fragile psychologiquement, il termine sa scolarité secondaire en institut spécialisé.
À 18 ans à peine, à la rue, en plein hiver
Mais ce parcours presque stable vrille quand l’Aide à l’enfance (ASE) lui rappelle, à 17 ans, que son contrat va s’interrompre à sa majorité. «Ils m’ont proposé de retourner chez mon père. Mais là-bas ça s’est très mal passé et il m’a foutu dehors. Je suis alors retourné voir l’ASE mais ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas me reprendre car dans trois semaines je serai majeur.»
[...] Combien sont-ils ces jeunes qui, comme Loïc, se retrouvent sans-abri sitôt quittée l’Aide à l’enfance ? Selon une enquête Elap sur l’accès à l’autonomie de ces jeunes, 8 % de ceux qui sont sortis depuis moins d’un an ont connu un épisode de rue. Selon l’Insee, 26 % des personnes sans-domicile nées en France sont d’anciens enfants placés. Chez les jeunes sans-domicile, cette proportion grimpe même à 36 %. Une surreprésentation qu’a voulu comprendre le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, publié le 1er février, qui zoome sur les parcours des sortants d’institutions, dont l’Aide à l’enfance."
Lire l'article de La croix
Télécharger le 23e rapport sur l’état du mal-logement en France

Protection de l’enfance : quand une enquête de France 3 précipite des décisions gouvernementales

"La télévision fait rarement bouger les lignes de façon significative. L’enquête de “Pièces à Conviction” (France 3) sur les enfants placés, vue par les époux Macron, a pourtant influé sur un processus en cours en l’accélérant.
La diffusion le 16 janvier dernier du magazine d’investigation, Pièces à conviction sur France 3, consacré aux enfants placés (Enfants placés, les sacrifiés de la République), a provoqué des réactions politiques extrêmement rapides. Le gouvernement a annoncé dix jours plus tard la nomination d’un secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’Enfance, et annoncé dans la foulée la mise en place d’une « stratégie nationale », autour d’un secteur qui appellait au secours depuis des années : l’enfance en danger. Alors bien sûr, tout celà était dans les tuyaux, mais le constat terriblement inquiétant de l’enquête de France 3 a sans doute servi d’accélérateur. Au-delà des annonces et promesses, il faudra maintenant suivre de près les mesures concrètes et les améliorations sur le terrain promises par le gouvernement."
Lire l'article de Télérama

Protection de l’enfance : la grande Stratégie nationale toujours attendue…

"Longuement attendue, la feuille de route sur la protection de l’enfance a été finalement présentée ce lundi 28 janvier par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la santé, et Adrien Taquet, tout nouveau secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance. Déclinée en trois grandes orientations, cette feuille de route ouvre une période de concertation qui mènera à une Stratégie nationale pour la protection de l’enfance et de l’adolescence présentée en juillet." La Gazette santé-social, présente les grands axes de la stratégie nationale : renforcer la prévention ; mieux repèrer la maltraitance ; remettre à plat les modes d'accueil ; prévoir un parcours de santé coordonné, pris en charge à 100% par la sécurité sociale pour les enfants placés; plus généralement, repenser la guvernance de la protection de l'enfance.
Accedez au dossier de la gazette des communes

Protection de l’enfance : l’Etat français s’est-il désengagé ?

Dominique Versini présente de façon précise la protection de l'enfance et, face au manque d'informations et aux amalgames dans les médias, cette présentation est utile.
Cependant Dominique Versini fait aussi des amalgames en présentant tous les enfants de la protection de l'enfance comme ayant des parents maltraitants. Voir à ce sujet: Les causes des placements d’enfants et d'adolescents en institutions et familles d’accueil


Sans-abri : les associations re-sonnent l'alerte et réclament la mobilisation des locaux vides

Quinze associations nationales ou engagées en Ile-de-France dénoncent "l'intolérable banalisation de la situation" des hommes, femmes et familles laissés à la rue. Qu'il s'agisse de résoudre la situation particulière des migrants sans hébergement, qui s'organisent en campement, ou des autres sans-abris que les services du 115 ne sont pas en mesure de tous prendre en charge, elles pointent du doigt le défaut de volonté politique de l'Etat.
Accedez aux ASH

Le fichier censé mieux prendre en charge les mineurs isolés a été créé

"Le décret suscite l’inquiétude du défenseur des droits, Jacques Toubon, du Conseil national des barreaux, du Conseil national de protection de l’enfance et de plusieurs ONG."
Protection de l’enfance ou lutte contre l’immigration irrégulière ? Le décret créant un fichier des mineurs isolés étrangers, très attendu par les départements pour alléger le fardeau financier de leur prise en charge, a été publié jeudi 31 janvier, ravivant les craintes des associations d’un tour de vis dissuasif.
Le texte paru au Journal officiel « modifie la procédure d’évaluation » des mineurs non accompagnés (MNA) pour « renforcer le concours de l’Etat », avec un fichier centralisant les évaluations menées dans divers départements. La récente loi sur l’asile et l’immigration avait, dans son article 51, prévu la mise en place d’un tel fichier d’« appui à l’évaluation de la minorité » qui compilera l’état civil, la langue parlée, mais aussi « les images numérisées du visage et des empreintes digitales de deux doigts »."
Le nombre de mineurs non accompagnés a triplé en deux ans, pour s’établir à 40 000 pris en charge fin 2018, selon l’Assemblée des départements de France (ADF). L’institution chiffre à 2 milliards d’euros le coût pour les départements, compétents au nom de la protection de l’enfance.
Concrètement, un département pourra envoyer en préfecture le jeune demandant une évaluation, afin que son identité soit prise et comparée avec les données du fichier. S’il sollicite l’aide de l’Etat, le département devra en échange lui transmettre le résultat de son évaluation pour mettre à jour la base de données. Consultable par certains agents des préfectures, du ministère de l’intérieur et des conseils départementaux, le fichier vise à « mieux garantir la protection de l’enfance » mais aussi à « lutter contre l’entrée et le séjour irréguliers des étrangers en France », précise le décret.
Lire l'article du Monde


Revue de presse 25 janvier 2019


Mineurs isolés étrangers : la Croix-Rouge interpellée

"Un collectif d’ONG et d’associations a adressé à Libération et à Lien Social une lettre ouverte au Président de la Croix-Rouge, critiquant sévèrement ses pratiques en matière d’accueil à Paris des mineurs isolés étrangers.
Nous vous la livrons ci-dessous :
" Monsieur le président,
Nous tenons à vous alerter sur la situation critique des mineurs isolés étrangers à Paris. Nous, associations et bénévoles présents sur le terrain, sommes les témoins quotidiens de situations intolérables tant sur les plans humain, médical et juridique. Nous constatons chaque jour des conditions d’accueil et d’évaluation contrevenant à la réglementation française, aux recommandations du Défenseur des droits et aux principes internationaux régissant les droits de l’enfant. Ces observations concernent le dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers (Demie), dont la gestion a été confiée à la Croix-Rouge française par la mairie de Paris. Les dysfonctionnements de ce service sont la source de souffrances qui s’ajoutent aux parcours chaotiques de ces jeunes en demande de protection.
Humanité, impartialité, indépendance et neutralité, ces principes fondent l’action de la Croix-Rouge. Pourtant, à Paris, nous constatons un écart considérable entre ces principes et la pratique de vos services en matière d’accueil des mineurs isolés."
Lire l'article de lien scial

Le député Adrien Taquet nommé secrétaire d'Etat à la Protection de l'enfance

"Elu député pour la première fois en 2017, Adrien Taquet avait déclaré vouloir «bosser sur les angles morts de la République», notamment les sujets de handicap, autisme ou la condition des détenus.
Le nouveau secrétaire d’Etat devra piloter la «stratégie nationale pour la protection de l’enfance et de l’adolescence», qui doit être présentée lundi après plusieurs mois de reports."
Lire l'article de Libération

DÉMOCRATIE Politique : la défiance n’est pas une fatalité

"La crise des gilets jaunes l’a montré, les Français n’ont plus confiance dans leurs institutions politiques. Alors que l’abstention aux élections présidentielles et législatives est en hausse continuelle depuis des décennies, notamment parmi les classes populaires et les jeunes, le dernier « baromètre de la confiance » du Cevipof mesure l’importance de cette défiance : 69 % des sondés affirment ressentir « méfiance » et « dégoût » vis-à-vis des politiques. La démocratie représentative, la Ve République, le « présidentialisme », les partis... ne convainquent plus nos concitoyens. Quelles solutions pour réenchanter les institutions ? Petit tour d’horizon."
Lire l'article d'Alternatives économiques

Famille d’accueil : une vocation en crise ?

Elles accueillent au quotidien près de 85 000 enfants et jeunes majeurs en France. Les familles d'accueil, que l'on appelle désormais les assistants familiaux, sont de moins en moins nombreuses. Estimées à 50 000 il y a sept ans, elles seraient aujourd’hui environ 45 000.
Selon l'inspection générale des affaires sociales (IGAS), qui a mené une enquête en 2013, "le constat commun à tous les départements, avec des degrés inégaux de gravité, est bien celui du net vieillissement des assistants familiaux face à des besoins qui ne diminuent pas" , et pour cause, le nombre de placements a augmenté de 4,6% entre 2016 et 2017."



Revue de presse 15 janvier 2019


Les audiences de surendettement

Ils ont pris un crédit, un deuxième, puis un troisième pour rembourser les intérêts des deux premiers. Certains n'ont tout simplement pas pu payer les factures d'électricité qui se sont accumulées. Ils veulent rembourser, mais ne savent pas comment s'y prendre puisqu'ils n'arrivent déjà pas à finir le mois.
Au tribunal d'Instance d'Arras, dans le Pas-de-Calais, la juge Véronique Delèlis reçoit les personnes convoquées pour examiner leur situation de surendettement. Elles ont toutes demandé une aide de la Banque de France pour trouver la solution la plus juste : effacement de la dette, nouvelles mensualités, vente d’un appartement..."



La France inégale : écarts de revenus, fluctuations territoriales

"Au coeur du grand débat national proposé par le chef de l'état et mis en avant lors de la mobilisation des gilets jaunes se trouve avant tout la question des inégalités de pouvoir d'achat entre les Français. The Conversation France republie la carte d’Hervé Le Bras : «La France inégale : écarts de revenus, fluctuations territoriales»."
Cet artcile d'Hervé Lebras contient des cartes passionnantes de la pauvreté et de la richesse en France, ainsi que la cate des inégalités de revenus.
Lire l'article de the conversation

Lettre aux Français : "déception" des associations car "il n'y a rien sur la pauvreté, les sans-abri, le mal-logement"




Revue de presse 05 janvier 2019


« Nous dénonçons la non-protection de centaines d’enfants en danger »

Après l'alerte des 15 juges des enfants de Seine-Saint-Denis (voir la revue de presse du 10 décembre), dans une tribune au « Monde », "un collectif de professionnels de la protection de l’enfance appelle les pouvoirs publics à faire de cette thématique une cause nationale.
Extrait : "Nous, éducatrices et éducateurs spécialisés, assistantes et assistants sociaux, psychologues, secrétaires, chefs de service du SIOAE 93 de l’Association vers la vie pour l’éducation des jeunes (AVVEJ), soutenons pleinement la tribune des 15 juges des enfants du Tribunal de grande instance de Bobigny du 5 novembre 2018, dans laquelle ils dénoncent le naufrage de la protection des mineurs en Seine-Saint-Denis.
Professionnels de l’enfance et de la famille, nous rencontrons, à la demande du juge des enfants, des familles dont un enfant se trouve en situation de danger, c’est-à-dire lorsque « sa santé, sa sécurité, sa moralité sont en danger (…), ou que les conditions de son éducation, de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises » (art. 375 et suivants du Code civil). Ces mesures éducatives judiciaires ont pour objectif d’apporter un éclairage au juge sur la situation et l’histoire familiale, d’apprécier la nature et le degré du danger, et d’accompagner l’enfant et ses parents dans les difficultés rencontrées, afin de tenter d’y remédier.
Nous partageons avec les juges des enfants, le constat dramatique d’une impossibilité de mener à bien les missions qui nous sont confiées par l’Etat et le Conseil départemental. Nous sommes confrontés à une quantité grandissante de mesures éducatives qui viennent grossir les listes d’attente de tous ces enfants dont la situation de danger est avérée, et qui constituent des « mesures fictives » pouvant attendre jusqu’à dix-huit mois.
Nous dénonçons la non-protection de centaines d’enfants en danger : près de 900 enfants sont en attente d’une intervention éducative décidée par le juge, dans le département de la Seine-Saint-Denis. La situation devient alarmante : un enfant de 3 ans qui a été signalé par un membre de sa famille, son école ou un voisin, sera – sauf péril imminent – pris en charge par notre service lorsqu’il aura au moins 5 ans. Or le temps d’un enfant n’est pas celui d’un adulte, et sa construction psychique pourra se trouver entravée de manière parfois irréversible à cet âge."
Lire la tribune dans le Monde.fr

Paralysée par la montée des populismes, l’Europe impuissante face au drame des migrants

"Alors que la Méditerranée est devenue la voie de migration la plus meurtrière du monde, les Etats européens semblent incapables de mettre sur pied une politique commune d’accueil. [...] L’accord européen conclu en juin 2018 sur la création de « plates-formes de débarquement » et de « centres contrôlés » n’a toujours pas été mis en application. A quelques mois d’élections européennes où chaque pays redoute une nouvelle montée de l’extrême droite, la paralysie est totale. La seule « efficacité » de l’Europe semble être, vu la chute des arrivées, les accords conclus avec des pays de transit tels que la Turquie et la Libye. Une efficacité discutable, sinon morbide, quand on connaît les conditions de survie dans un pays en guerre comme la ­Libye. Le HCR appelle les pays européens à « sortir de l’impasse ».
Lire l'article du Monde

Les "stylos rouges", des professeurs en colère

"Après les "gilets jaunes", voici les "stylos rouges", un groupe Facebook d'enseignants qui souhaitent dénoncer les conditions de travail dans l'Éducation nationale. Ils promettent des actions concrètes dans les semaines à venir."



Revue de presse 31 decembre 2018


Logement-hébergement : Les associations poussent un cri d'alarme

"Nous [les associations] ne sommes plus capables de dire aux gens dans la rue que leur situation va s’améliorer…", déclarait, ce mercredi 19 décembre, en conférence de presse, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, en tant que porte-parole du Collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement des personnes sans abri et mal logées (CAU). Des témoignages venus du Samu social de Lyon, du SIAO (service intégré de l'accueil et de l'orientation" de Haute-Garonne, ou encore de Médecin du monde sur la question spécifique des personnes exilées à Paris, ont appuyé cet aveu d’impuissance sur le terrain.
"On passe nos journées à dire ‘on est désolé, on n’a pas de solution’ ", raconte Valérie Gratias, assistante sociale de SIAO, à Toulouse. Au 115, le "taux de décrochés" (appels décrochés par un opérateur) est inférieur à 10 %. Et seules 5 % des personnes sans-abris ayant un interlocuteur au bout du fil se voient proposer une solution. "Concrètement, à Toulouse, c’est une cinquantaine d’hommes par jour auxquels on ne peut donner de solution, entre 15 et 20 femmes et entre 50 et 70 familles…", énumère la travailleuse sociale. Quant à la gestion hivernale, ajoute-t-elle, "contrairement à Paris, elle n’a pas du tout été anticipée : les services de l’Etat ont lancé des appels à projet fin octobre. Le plan hivernal n’a donc pas encore débuté…"."
Lire l'article des ASH

Migrants : l’Etat français accusé de « mise en danger délibérée » par plusieurs associations

"Quatorze associations dénoncent « la faillite de l’Etat » dans la protection et la mise à l’abri des migrants, dans une tribune publiée dimanche dans « Le JDD ».
La charge à l’encontre d’Emmanuel Macron et de l’Etat français est lourde. Celle-ci est à la hauteur de la colère exprimée par les associations qui travaillent auprès des migrants. Médecins du monde, le Secours catholique et douze autres associations accusent l’Etat français de « mise en danger délibérée » des migrants, dans une tribune publiée le 30 décembre par Le Journal du dimanche.
« A ce jour, nous ne pouvons que constater la faillite de l’Etat dans l’exercice de sa responsabilité de protection, de mise à l’abri et d’accueil inconditionnel », écrivent les associations dans une lettre ouverte adressée au président de la République.
Que cela soit « à Paris, en Ile-de-France, mais aussi à Grande-Synthe, sur le littoral nord, ailleurs », le sort des migrants « confine à une mise en danger délibérée » critiquent les associations, qui exigent des réponses « à la hauteur de la situation d’urgence ».
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 24 decembre 2018


Défenseur des droits :« Exilés et droits fondamentaux, trois ans après le rapport Calais »

"Le 6 octobre 2015, le Défenseur des droits publiait un rapport intitulé « Exilés et droits fondamentaux : la situation sur le territoire de Calais » dans lequel il dénonçait les conditions de vie indignes et les atteintes aux droits fondamentaux des exilés à la frontière franco-britannique.
Trois ans après, le Défenseur des droits a souhaité dresser un nouveau bilan – élargi aux campements de Grande-Synthe, Ouistreham et Paris – en s’appuyant sur une quinzaine de visites sur place et l’instruction contradictoire des réclamations qui lui ont été adressées. Ce rapport dresse un constat très préoccupant du traitement des exilés sur le territoire français. Le Défenseur des droits relève des atteintes inédites aux droits fondamentaux des exilés et adresse des recommandations aux pouvoirs publics.
Le Défenseur des droits constate que les entraves persistantes à l’entrée dans la procédure d’asile, la saturation des dispositifs d’accueil des exilés, leur manque d’informations et le contrôle de leur situation administrative lors de leur mise à l’abri conduisent les campements évacués à systématiquement se reformer et contraignent les exilés à subir des conditions de vie que le Conseil d’État a qualifiées, en 2016 et 2017, de « traitements inhumains ou dégradants ».
Le Défenseur des droits recommande à l’Etat de se conformer au droit positif et de garantir aux exilés un droit inconditionnel à l’hébergement, des conditions de vie dignes ainsi qu’une prise en charge de leur santé, notamment de leurs troubles psychiques nés d’un parcours migratoire et d’un accueil difficiles. Quant aux mineurs, le Défenseur des droits souhaite l’adoption urgente de mesures favorisant la pérennité de leur mise à l’abri, de leur évaluation et de leur prise en charge. Il est également nécessaire de simplifier les procédures d’asile et de réunification familiale, aujourd’hui trop peu accessibles."
Lire le rapport du défenseur des droits

« Le mouvement des “gilets jaunes” est avant tout une demande de revalorisation du travail »

"Yann Le Lann est maître de conférences en sociologie à l’université de Lille. Spécialiste du travail, il a coordonné l’enquête du collectif Quantité critique, composé de chercheurs et de doctorants de Lille et de Sciences Po Paris, qui a analysé le mouvement des « gilets jaunes » durant un mois. Le sociologue estime que l’identité du mouvement est centrée sur la reconnaissance du travail."
Extrait : "Quel est le positionnement politique des « gilets jaunes » de votre échantillon ?
On a trois blocs quasi égaux de 20 % entre les abstentionnistes et votes blancs, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et ceux de Marine Le Pen. On a vu se confirmer une polarité au sein du mouvement entre la gauche radicale et l’extrême droite, avec, au milieu, une zone grise difficile à cerner. Mais le sentiment que le gouvernement ne respecte plus la souveraineté populaire, qu’il est en rupture avec les intérêts du peuple, unifie ces trois pôles. D’une manière générale, nous avons perçu une défiance totale vis-à-vis de tous ceux qui ont été aux affaires depuis quarante ans."
Lire l'article sur le Monde.fr


Revue de presse 17 decembre 2018


Leurs enfants après eux. Dans le Nord, la protection de l’enfance en mode dégradé

"Depuis le mois d’octobre, les travailleurs sociaux du Nord se mobilisent pour dénoncer les mesures d’économies qui frappent la protection de l’enfance.
Réunis au sein du « collectif dégradé », les travailleurs sociaux accusent le Conseil Départemental d’avoir supprimé 700 places en foyer depuis 2015, laissant les enfants qu’il est censé protéger sur le carreau. Ballottés de foyers d’urgence en familles d’accueil provisoires, certains restent parfois même au domicile familial, malgré les ordonnances de placement des juges pour enfants."


Ecouter l'emission

Pauvreté : comment sortir de la honte ?

"A l’origine de cet épisode, il y a une étude menée à l’université d’Oxford. Elle porte sur l’universalité du sentiment de honte qui accompagne la pauvreté. "La honte est une des causes de la pauvreté", décrit le prix Nobel d’économie Amartya Sen.
La lutte contre la pauvreté est vaine si elle ne prend pas en compte la restauration de l’estime de soi, nous explique Claire Hédon, la présidente d’ATD Quart-Monde dans cet épisode. Il y a l'idée que les pauvres profiteraient du système mais derrière il y a aussi "qu'est-ce que vous avez fait pour vous retrouver dans cette situation ?, donc une question de culpabilité"



Le Cese veut un plan d’urgence pour les SDF

"aute d’un volet Logement, le plan Pauvreté ne répond pas aux besoins des personnes sans domicile fixe. La ministre renvoie au plan Logement d’abord. Face à l’urgence, le Conseil économique, social et environnemental préconise trois axes d’actions immédiates : l’accompagnement, notamment par un maillage territorial d’équipes citoyennes ; la sécurité et la dignité des femmes et des jeunes de plus en plus nombreux à la rue, notamment par la création de haltes de jour et de nuit ; et enfin la production de logements très sociaux pour débloquer le système d’accueil et d’hébergement.
Combien sont-ils ? 143 000, a dénombré l’enquête Insee en 2012. Bien plus, de l’avis des professionnels. La Fondation Abbé-Pierre comptabilise 896 000 personnes privées de logement personnel. C’est ceux-là, qui « dorment dans la rue, dans des sous-sols ou des abris de fortune », que cible le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Son avis, « l’urgence d’agir », présenté en assemblée plénière le 12 décembre 2018, a été adopté par 154 voix pour et 12 abstentions."
Lire l'article de la Gazette santé-social

Les gilets de la Somme

"A la veille de la première manifestation du 17 novembre, cinq "gilets jaunes" de Doullens et Péronne, dans la Somme, reviennent sur les raisons de leur colère et racontent comment l’appel Facebook qu’ils ont lancé a déclenché un mouvement très suivi dans leurs communes."



Gilets jaunes : “La symbolique monarchique s’est retournée contre Emmanuel Macron”, par Annie Ernaux

Comment analyser ce mouvement social inédit qui agite la France depuis plusieurs semaines ? Télérama a proposé à plusieurs artistes de livrer leur regard sur les Gilets jaunes. Voici le point de vue de l’écrivaine Annie Ernaux.
Lire l'article de Télérama

Les analyses du géographe Jacques Lévy et du sociologue François Dubet




Revue de presse 10 decembre 2018


Laurent Mucchielli : Deux ou trois choses dont je suis presque certain à propos des « gilets jaunes »

"À la différence de la plupart des commentateurs que l’on peut entendre tous les jours donner leurs avis dans les médias, il est difficile pour un chercheur de s’exprimer sur un sujet sur lequel il n’a pas enquêté. L’enquête en sciences sociales n’a en effet pas grand-chose à voir avec les reportages télévisés que l’on peut voir ou revoir en quelques clics sur Internet, ni avec les verbatim rapportés ici et là par les journalistes et dont on ne peut pas présumer de la représentativité à l’échelle nationale, ni même à l’échelle locale d’ailleurs.
Plutôt que de se précipiter pour mettre des mots d’allure savante sur des choses mal connues, ou pour fournir des interprétations toutes faites informant davantage sur les représentations de leurs auteurs que sur la réalité qu’ils prétendent éclairer, on souhaite ici partager simplement quelques enseignements tirés d’une expérience de sociologue ayant, dans un passé récent, travaillé sur diverses formes de violences sociales et politiques (notamment les émeutes), ainsi que sur les stratégies sécuritaires (notamment le maintien de l’ordre) déployées à leur encontre par les pouvoirs publics."
Lire l'article de the conversation

Débat : peut-on encore gouverner à l’heure des réseaux sociaux ?

"Les autorités de l’État et les élus (et pas seulement ceux de la majorité, ne nous leurrons pas) font face à une défiance d’une ampleur inédite, à laquelle il est bien difficile de trouver une réponse, tant les revendications sont à la fois hétérogènes et individualistes (une par sous-catégorie de la population), irréalistes et contradictoires (davantage de services publics, mais moins d’impôts ; plus de croissance, mais moins de concurrence ; plus de sécurité, mais moins de règles), et déconnectées d’enjeux aussi fondamentaux que le réchauffement climatique ou l’endettement du pays.
Comment expliquer qu’on en soit arrivé là aussi vite ? Le premier constat, c’est que la révolte des gilets jaunes n’est qu’un symptôme de plus d’un mal plus profond, celui qui a conduit au Brexit, à l’élection de Viktor Orban, Donald Trump, Matteo Salvini et Jair Bolsonaro, et qui garantit l’inamovibilité de Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan.
Les causes de ce syndrome sont connues : déclin des idéologies, affaiblissement des corps intermédiaires, pessimisme généralisé, peur du déclin (social, économique, industriel, environnemental, culturel, religieux…), crainte des grands changements (mondialisation, migrations, concurrence internationale, terrorisme, métropolisation…) et opportunisme des marchands de peur et de rêve, qui attisent l’angoisse et la haine, fonds de commerce de leurs prospères PME populistes et médiatiques.
A cela s’ajoutent la toute-puissance des réseaux sociaux, qui bousculent les logiques traditionnelles des mobilisations, de la communication, de l’information et du fonctionnement de l’espace public."
Lire l'article de the conversation

Protection de l’enfance en danger : une journée au Tribunal pour Enfants de Bobigny

"Début novembre, les 15 juges pour enfants du Tribunal de Bobigny publiaient une tribune collective pour dénoncer le manque de moyens humains et financiers qui frappe la justice des mineurs, et plus particulièrement la protection de l’enfance.
En Seine-Saint-Denis, les mesures d’assistance éducatives ordonnées par les magistrats sont soumises à des délais inacceptables, pouvant aller jusqu’à 18 mois, faute d’éducateurs pour les mettre en œuvre. Près de 900 familles sont en attente et 3 893 nouveaux signalements d’enfants en danger sont parvenus au tribunal de Bobigny en 2017, soit 12 % de plus qu’en 2016.
Pourtant, les enjeux sont cruciaux pour toute la société. Car des enfants mal protégés seront des adultes d’avantage vulnérables, plus facilement en proie à toute sorte de violence - physique, sexuelle, et y compris terroriste."
Ecouter l'émission de France Inter


Revue de presse 3 decembre 2018


Didier Dubasque : "Gilets jaunes : la violence peut-elle être contenue ? si oui comment ?

Analysant la violences des conflits sociaux actuels, Didier Dubasque cite Georges Sorel :"Cette « force que l’on use dans la contestation sociale ou dans la répression des conflits sociaux » a été théorisée en 1908 par Georges Sorel dans un ouvrage intitulé « Réflexions sur la violence » que vous pouvez lire ici. Il était philosophe et sociologue, connu pour sa théorie traitant du syndicalisme révolutionnaire. Il peut être d’ailleurs considéré comme un des principaux introducteurs du marxisme en France. Dans son ouvrage Georges Sorel indiquait que « la violence prolétarienne change l’aspect de tous les conflits au cours desquels on l’observe ; car elle nie la force organisée par la bourgeoisie, et prétend supprimer l’État qui en forme le noyau central ». Il semble que nous ne soyons pas si loin de cette description chez certains activistes actuels."
Lire l'article de Didier Dubasque

PORTRAIT A quoi carburent les gilets jaunes ?

"Après deux journées de protestation, un halo de mystère entoure toujours les gilets jaunes. Qui sont-ils ? Que demandent-ils ? Connaît-on des précédents à ce type de mobilisation ? Historiens, géographes, sociologues : de nombreux chercheurs se sont penchés sur ce mouvement inhabituel pour tenter de répondre à ces questions. Si leurs analyses ne remplacent pas une enquête en bonne et due forme, elles permettent d’y voir plus clair sur une contestation bien plus complexe qu’il n’y paraît. Photo de groupe en quatre points."
Extrait : "Incontestablement, les gilets jaunes ont quelque chose de singulier. Selon l’historien Gérard Noiriel, leur nouveauté réside dans « la dimension d’emblée nationale d’un mouvement spontané » : « Il s’agit en effet d’une protestation qui s’est développée simultanément sur tout le territoire français (y compris les DOM-TOM), mais avec des effectifs localement très faibles », grâce notamment aux réseaux sociaux, mais aussi à la bienveillance des chaînes d’information continue, qui ont couvert la mobilisation avant même qu’elle soit effective. « On peut même aller jusqu’à se demander dans quelle mesure nous ne sommes pas en train d’assister à une forme de prophétie autoréalisatrice », s’interroge le sociologue Alexis Spire."
Lire l'article d'Alternatives économiques

« Gilets jaunes » : « La priorité est d’apporter des solutions rapides au recul des services de proximité»

Pour répondre au sentiment d’abandon des campagnes, Dominique Marmier, président national de Familles rurales, dans une tribune au « Monde », suggère à l’Etat de garantir un socle minimum universel de services publics couvrant la santé, l’éducation, la mobilité et le numérique.
La mobilisation des « gilets jaunes », liée à l’augmentation des prix des carburants, exprime une forte colère populaire liée à l’accumulation des taxes et à la baisse du pouvoir d’achat. Elle n’est pas seulement conjoncturelle, mais révèle une cassure structurelle plus profonde.
L’écart se creuse entre une population urbaine vivant dans les grandes métropoles, diplômée, parfaitement intégrée dans la mondialisation et la révolution numérique, et une population vivant à l’écart de ces grands ensembles, dans les territoires ruraux et périurbains, dont les préoccupations quotidiennes divergent du fait du recul des services publics, du manque de solutions de mobilité et de l’explosion des dépenses contraintes.
Au sens large, cette France représente plus de 27 millions de personnes, soit plus de 40 % de la population (Typologie des campagnes françaises, Datar, 2011).
Lire l'article du monde.fr


Revue de presse 25 novembre 2018


Logements indignes, la mort chez soi

Marseille, record d’insalubrité
Triste actualité : déjà en 2015, la fondation Abbé Pierre avait évoqué 40 000 logements indignes marseillais, concernant 100 000 habitants, proportions nulle part vues ailleurs. L’effondrement meurtrier de deux immeubles, le 5 novembre dernier, est venu illustrer ce constat. Arrêtés de péril pris en vain, immeuble visé virtuellement par le plan d’habitat indigne (EHI), copropriété notoirement dégradée… mais le quartier concerné, Noailles, ne compte que 5% de logements sociaux.
Lire l'article de lien social

"Gilets jaunes" : "On aurait tort de réduire ce mouvement à l'extrême droite"

Les revendications sont difficiles à saisir car nous ne sommes pas face à un mouvement structuré, porté par des représentations comme des syndicats ou un parti... Ils le disent tous, d'ailleurs : l'augmentation du carburant est finalement un prétexte, la goutte d'eau qui fait déborder le vase, pour exprimer une colère plus générale.
Les discours sont marqués par le sentiment d'injustice. Ce sont des gens qui ont des budgets extrêmement contraints et des fins de mois difficiles, qui peuvent entendre le fait de devoir se serrer la ceinture, mais il faut que la charge soit équitablement répartie. Clairement, il y a le sentiment que ce n'est pas le cas actuellement.
Lorsqu'on parle avec eux, ils disent qu'ils peuvent faire face à quelques centimes d'augmentation sur les carburants, mais ils parlent du coût de la carte grise, de la CSG dans le cas des retraités... Dans ce contexte, ils refusent par exemple de contribuer au renouvellement de la porcelaine de l'Elysée. Cela peut être poujadiste mais ils ont le sentiment réel qu'ils payent pour que les riches s'enrichissent et que les classes moyennes, elles, ne voient rien venir.
Lire l'article sur France Info

Handicap : malaise dans le secteur « protégé et adapté »

"Salariés sous pression, grèves, conflits… Des travailleurs handicapés et des membres de l’encadrement dénoncent les conditions de travail dans certains établissements et services d’aide par le travail et dans certaines entreprises adaptées.
Pour les personnes lourdement handicapées, les établissements et services d’aide par le travail (ESAT) et les entreprises adaptées (EA) représentent bien souvent la seule porte d’entrée vers l’emploi. Ces structures à vocation sociale, qui composent ce que l’on appelle « le secteur protégé et adapté » ont pour mission d’accueillir les personnes les plus éloignées de l’emploi du fait de leur handicap. Mais tout n’est pas rose au sein de ces établissements. A l’instar des entreprises en milieu « ordinaire », les ESAT et les EA ne sont pas épargnées par des tensions en leur sein."
Lire l'article du Monde

Enfants "cassés", familles d'accueil "épuisées"

""Quand on débute, on s'attend à voir arriver un enfant avec un petit sac sur le dos, un doudou sous le bras, comme dans un film. Et puis finalement, on se prend la misère en pleine figure." Sophie*, 63 ans, est "famille d'accueil" depuis dix ans. Dix enfants ont séjourné chez elle, en Haute-Garonne. Entre 200 et 250, si l'on compte ceux accueillis le temps d'un week-end ou pour les vacances. "
Lire l'article de l'Express


Revue de presse 18 novembre 2018


Aujourd’hui, 21 000 enfants grandissent à l’hôtel social en Île-de-France.

Manifeste du Samu Social :"L’hébergement à l’hôtel est arrivé à saturation. Avec plus de 40 000 personnes hébergées chaque jour à l’hôtel en Ile-de-France, dont la moitié d’enfants, les capacités hôtelières ne permettent plus d’absorber le flux de nouveaux demandeurs. Ce type d'hébergement doit être transitoire pour les familles, avant qu'elles puissent être orientées vers un logement durable.
Ce que nous proposons :
  • Engager un programme d’accès au logement pour les familles
  • Agir ensemble pour l’avenir des enfants
  • Développer les actions de notre programme "Mieux vivre à l'hôtel"
"
Acceder au site du Samu Social

Patrick Lacoste urbaniste à Marseille : "il faut arrêter avec l'indolence [envers les marchands de sommeil]"



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Revue de presse 11 novembre 2018


Le secours catholique publie son état de la pauvreté en France

"Le Secours Catholique-Caritas France publie jeudi 8 novembre son Rapport statistique annuel État de la pauvreté en France 2018. Constats et analyses sur la précarité issus de l’observation sur l'ensemble du territoire national de plus de 86 000 situations (sur les 1 363 000 personnes accueillies en 2017). Pour son rapport 2018, l'association a également mené une enquête auprès de plus de 3 000 personnes afin de définir la base d'une protection sociale inclusive de tous et en particulier des plus fragiles. "
51% des ménages sont des familles avec enfants dont plus de la moitié de familles monoparentales. Les mineurs réprésentent plus de 40% des personnes accompagnées."
Extrait sur le seuil de pauvreté (60% du revenu médian : "« ce seuil de 1000 € est de moins en moins pertinent ». Notamment parce que le prix des biens qui occupent la plus grande place dans le budget des ménages modestes (logement, énergie, transport) augmente plus vite que l’ensemble. « Les personnes qui sont juste au-dessus vont, à un moment donné, devoir arbitrer entre se nourrir, payer leur loyer ou régler leurs factures. »".
Accèder au résumé
Télécharger le rapport

Prix des carburants : des contradictions sociales surmontables

Dans cet article Jean Gardet critique la pensée unique consistant à augmenter les taxes sur les énérgies fossiles pour en limiter l'usage, et montre l'injustice sociale de cette politique.
"En pourcentage du revenu des ménages après impôt, le poids des dépenses énergétiques est de 15 % en moyenne pour les 20 % les plus pauvres et de 6 % pour les 20 % les plus riches. Pour les carburants, ces chiffres sont respectivement de 4,6 % et 2,4 %. Avec de telles inégalités, les politiques actuelles fondées sur les seuls prix sont « antisociales ». Elles creusent encore les écarts.
À cela s’ajoute actuellement, pour la majorité des gens, la conviction que l’injustice fiscale est de mise dans ce pays et que les choses ont nettement empiré avec le « Président des riches », de sorte que la hausse des prix des carburants est pour certains la mesure injuste de trop, vécue comme telle au quotidien, « à la pompe »."
Lire l'article d'Alternatives économiques

L’insertion des immigrés, de l’arrivée en France au premier emploi

La moitié de la population des immigrés d’âges actifs (15-64 ans) est arrivée en France avant 1998. Parmi ceux qui sont arrivés à l’âge de 15 ans ou plus, près de la moitié déclarent avoir émigré pour des raisons familiales.
L’immigration se féminise au fil des années et les femmes sont désormais aussi nombreuses que les hommes à venir étudier en France. La population immigrée est de plus en plus diplômée, pour des raisons qui tiennent à la fois aux niveaux d’études plus élevés atteints par les parents et à la poursuite des études en France de personnes arrivées enfants ou comme étudiants.
Quatre immigrés sur dix ne parlaient pas ou peu le français lors de leur premier emploi en France. Un tiers de ceux qui sont en emploi considèrent qu’ils sont surqualifiés. À caractéristiques égales, le sentiment de surqualification dans le premier emploi occupé en France est plus fort parmi les immigrés qui ne parlaient pas le français.
Parmi les immigrés arrivés en France à l’âge de 15 ans ou plus, un tiers de ceux devenus français ont acquis la nationalité dans les cinq ans qui ont suivi leur arrivée.
Acceder au dossier de l'INSEE

Psychologues et psychiatres réunis à Paris pour un colloque sur la radicalisation

Les États généraux psy sur la radicalisation, organisés par le Centre d’étude des radicalisations et de leurs traitements, se tiennent à Paris jusqu’à dimanche pour savoir où en est la compréhension des mécanismes de la radicalisation, notamment chez les adolescents et la façon de les traiter.
"Toutes les familles sont différentes, "dans leur parcours, dans leur religion ; parfois ce sont des familles très unies, parfois elles ont eu des traumatismes catastrophiques dans le passé, d’autres ont l’air assez banales et assez tranquilles", mais les soignants ont souvent trouvé un phénomène commun, celle d’une emprise familiale autour du jeune. C'est un point de départ pour orienter le travail explique Serge Hefez.
"Toutes ont une connotation un peu, je dirais, sectaire au sens où elles sont très repliées autour de l’adolescent dans des mécanismes d’emprise extrêmement fort.""
Voir l'article de France-Inter

Les expulsions d'étrangers en situation irrégulière en hausse de 20% en 2018

"C'est "une reprise nette des éloignements" pour le ministre de l'Intérieur. Christophe Castaner a annoncé, mardi 6 novembre, devant l'Assemblée nationale, que les expulsions d'étrangers en situation irrégulière avaient augmenté de 20% en 2018. "L'entrée en fonction de ce gouvernement a marqué un tournant" dans la lutte contre l'immigration irrégulière, a affirmé le ministre, qui présentait le projet de budget 2019 de l'immigration.
"Après une hausse de 14% en 2017, nous constatons cette année une nouvelle augmentation de 20% des étrangers quittant le territoire national alors qu'ils ne disposent pas du droit de séjour", a-t-il poursuivi. Il y a eu 14 859 éloignements forcés en 2017, selon les chiffres de la Direction générale des étrangers en France."
Acceder à France-Info

Pourquoi la démocratie vacille-t-elle ?

Dans cet article Kaushik Basu,économiste indien, ancien chef économiste de la Banque mondiale, analyse la multiplication des dirigeants populistes anti-démocrates comme un effet des avancées technologiques et de la mondialisation :
"Nous vivons un tournant historique.
Le progrès technologique rapide (notamment le développement des techniques numériques et de l’intelligence artificielle) transforme la manière dont l’économie et la société fonctionnent. Les nouvelles technologies sont porteuses de nombreux avantages, mais elles posent aussi de graves défis : toute une partie de la population a été abandonnée à un sentiment de vulnérabilité, d’anxiété, voire de colère."
La baisse de la part des salaires dans le PIB est l’une des conséquences des avancées technologiques récentes. Un nombre relativement limité de personnes accaparant une part de plus en plus grande des revenus sous la forme de salaires ou de profits, l’augmentation des inégalités de revenus et de patrimoines suscite un grand sentiment de frustration à l’égard du système économique et politique.
Lire l'article d'Alternatives économiques


Revue de presse 5 novembre 2018


Juges des enfants en Seine-Saint-Denis : « Notre alerte est un appel au secours »

"Nous, juges des enfants du Tribunal de grande instance de Bobigny, souhaitons alerter sur la forte dégradation des dispositifs de protection de l’enfance en Seine-Saint-Denis. Juges des mineurs délinquants, nous sommes, aussi, juges des mineurs en danger. A ce titre, nous devons répondre à l’exigence de protection des enfants, parfois très jeunes, que leur situation familiale met en péril : violences physiques, sexuelles, psychologiques, délaissement parental, négligences dans les soins et l’éducation.
La loi nous permet, dans les cas où une séparation s’impose, de retirer l’enfant de son milieu familial. Elle nous permet aussi d’ordonner des mesures d’investigation ou d’accompagnement éducatif qui permettent, lorsque la situation s’y prête, de la faire évoluer favorablement en maintenant l’enfant dans sa famille, tout en veillant à son bon développement et à son insertion scolaire et sociale.
Les mesures d’assistance éducative, exercées pour la plupart par le secteur associatif habilité, sont actuellement soumises à des délais de prise en charge inacceptables en matière de protection de l’enfance : il s’écoule jusqu’à dix-huit mois entre l’audience au cours de laquelle la décision est prononcée par le juge des enfants et l’affectation du suivi à un éducateur. Près de 900 mesures, soit 900 familles, sont en attente. Nous en connaissons les raisons : un manque flagrant de personnel, lié aux restrictions budgétaires, dans un contexte où la dégradation des conditions du travail éducatif et social en Seine-Saint-Denis rend plus difficiles les recrutements."
Lire la suite de l'appel sur le Monde.fr

Prendre soin...

France Culture rediffuse cette émission de 2016. Hella, Pauline, Farida et Murielle sont aides-soignantes dans une maison de retraite médicalisée (Ehpad) à Marseille. Le résutat de leur témoignage qui montre les liens étroit entre la maltraitance des aide-soignates et celles des personnes agées/ le renvoi; l'interdiction de dire. D'où cette réédition.



USA : ce que cachent les chiffres du chômage

"Les chiffres du chômage aux Etats-Unis sont au plus bas, à moins de 4%. On pourrait ainsi parler du "plein emploi". Mais il y a l'envers du décor, ce que cachent ces chiffres. Plus de 20 millions d'adultes inactifs en rupture sociale ne sont pas comptabilisés dans les statistiques. Par ailleurs, avoir un emploi aux Etats-Unis ne garantit pas de pouvoir en vivre."



Revue de presse 28 octobre 2018


Tribune: Le malaise enseignant mis à nu

Extrait de la tribune d'Hakim Faïdoli, enseignant en lycée professionnel :"La loi du silence est enfin brisée sur les réseaux sociaux ; il a fallu que la réalité dépasse la fiction. Une arme, même factice, pointée sur un professeur et c’est la France entière qui prend conscience du mal-être enseignant. Beaucoup de professeurs repoussés dans leurs retranchements n’osent plus se plaindre du comportement de certains élèves violents ou vulgaires. La peur de se voir reprocher d’être un mauvais professeur est plus grande que l’urgence de porter à la connaissance de la direction des faits gravissimes. Bref, une espèce d’autocensure s’est subrepticement installée dans les esprits.
Cette autocensure s’est développée à la suite de la réaction d’une partie de la hiérarchie qui ne souhaite pas faire remonter les problèmes internes ou inhérents à l’établissement, de peur que l’établissement ait mauvaise presse. J’ai moi-même vu des professeurs, remis en cause dans leur pédagogie, finir par raser les murs suite à une confrontation avec un élève dans le bureau du chef d’établissement."
Lire l'article de Libération

"Violences scolaires : «Le sentiment d’abandon est totalement justifié"

Pour le chercheur Eric Debarbieux, les enseignants sont trop isolés et pas assez soutenus par leur hiérarchie.
"Ancien instituteur et délégué ministériel chargé de la prévention de la lutte contre les violences en milieu scolaire (2012-2015), le chercheur Eric Debarbieux (1), également président de l’Observatoire européen de la violence scolaire, analyse pour Libération ce que révèle le mouvement #PasDeVague.
Que révèle ce hashtag selon vous ? Une fronde anti-Blanquer ou juste un ras-le-bol ? Est-ce un sentiment nouveau dans le corps enseignant ?
Non… Dans une enquête que j’ai menée en 2016 auprès de plus de 12 000 membres de l’éducation nationale (enseignants, CPE, chefs d’établissement, etc.), ils étaient 64 % à ne pas se sentir respectés par la hiérarchie, visant surtout la haute. J’ai publié ces chiffres dans mon livre Ne tirez pas sur l’école ! (Armand Colin, 2017) dans un chapitre intitulé «le grand ras-le-bol des personnels». Ras-le-bol que j’avais déjà noté dans d’autres enquêtes en 2011 et 2013, tant dans le premier que dans le second degré. C’est d’abord un ras-le-bol de la gestion verticale et des effets d’annonce, du «on défait tout et on recommence», mais effectivement aussi actuellement d’un mépris trop manifeste.
Concrètement, y a-t-il une hausse des violences envers les enseignants ?
La réponse doit être extrêmement nuancée. On ne peut certainement pas parler d’une augmentation globale. Mais de difficultés croissantes quand les équipes changent d’année en année et que l’appel à des contractuels augmente dans certains lieux. La stabilité des personnels est un des tout premiers facteurs de protection, or cette instabilité est très forte dans les zones défavorisées. Il faut des équipes stables et «debout». Si les violences physiques contre les personnels n’augmentent pas et restent extrêmement rares, cela ne veut pas dire qu’il faille les minimiser : les victimes, fussent-elles rares, ont besoin d’un suivi fort et de longue durée."
Nous apprécions particulièrement la conclusion de cet interview : "Un sentiment d’abandon ressort du mouvement sur Twitter. Quelle légitimité peut-on lui accorder ?
Il est pour moi totalement justifié. Je me rappelle cette forte phrase de l’ancienne médiatrice de l’Education nationale, Monique Sassier, qui disait que nous avions besoin d’une gestion humaine des ressources… Le système pyramidal qui est tant éloigné de la base est pour moi parfaitement obsolète."
Lire l'article de Libération

Le spectre des « rixes entre bandes » plane sur Paris et ses alentours

"Deux adolescents sont morts dans la nuit du 23 au 24 octobre à Paris et à Sarcelles dans des bagarres de rue. Par rapport à 2017, le nombre de morts a explosé depuis janvier.
(...)Selon Le Parisien, qui publie un rapport des services de police spécialisés, les forces de l’ordre ont dénombré 159 bagarres de bandes en France entre janvier et août, ce qui constitue une légère hausse par rapport à 2017, avec une très forte concentration (plus de 90 %) pour la seule région Ile-de-France. Le nombre de morts a en revanche explosé. En 2017, un seul était recensé. On en compte une petite dizaine déjà cette année."
Lire l'article du Monde.fr

Mathieu Ichou : Les enfants d'immigrés à l'école

"Comment se construisent les inégalités scolaires qui touchent les enfants immigrés ? Alors qu'un enfant sur 4 en France a au moins un parent immigré, et que l'école façonne largement l'avenir professionnel des jeunes, interroger ces inégalités et la construction de la différence est une priorité. C'est aussi un moyen efficace d'interroger les stéréotypes, voir les peurs. Parce que Mathieu Ichou, dans "Les enfants d'immigrés à l'école" (PUF), observe en finesse les différences entre les groupes ethniques et à l'intérieur de ces groupes. Il reconstitue les parcours de ces jeunes et montre l'importance du capital social et culturel acquis avant l'immigration, comme celui de la famille et de la fratrie. Au terme de ce travail de sociologue , tout en nuances, nous touchons du doigt la fabrication de la différence. Et le doigt pointe aussi vers le système scolaire..."
Lire l'article du Café pédagogique

La cour des comptes fait des propositions pour l'éducation prioritaire

La cour des comptes fait un bilan peu flatteur de la politique d'éducation prioritaire : elle n'arive pas à réduire les écarts de résultats scolaires liés aux origines sociales et la France est le mauvais élève de l'OCDE à cet égard. Voici tout d'abord un résumé de ce bilan :
"Cette politique est indispensable pour améliorer l’équité et l’efficacité du système scolaire français. Elle doit être maintenue. Il faut pour autant remédier à la modestie de ses résultats par une analyse de ses causes.
La première d’entre elles tient en une trop faible mobilisation et intensité et à un défaut de ciblage. Ainsi, son outil le plus efficace, la réduction de la taille des classes, a été trop longtemps modeste et insuffisamment orienté vers les REP+ et le premier degré. Les enseignants affectés en éducation prioritaire demeurent les moins expérimentés, l’absentéisme y est plus marqué et les contractuels plus nombreux : l’impact des mesures d’amélioration de l’attractivité des postes et de stabilisation des équipes éducatives a été atténué par les modalités rigides de la gestion des enseignants.
L’absence d’autonomie des établissements, le manque de reconnaissance des réseaux, de responsabilités et de marges de manœuvre confiées aux chefs d’établissement, ainsi que les lacunes du dispositif d’évaluation, ont restreint leur faculté d’adaptation aux réalités locales. Enfin, la labellisation des établissements en réseau d’éducation prioritaire et l’octroi des dérogations à la carte scolaire ont pu encourager les stratégies d’évitement des familles, réduisant encore la mixité des écoles et des collèges et limitant ainsi l’impact de cette politique de compensation."
La Cour formule 17 recommandations réparties en six grandes orientations
Lire la synthèse du rapport
Lire le rapport de la cour des comptes


Revue de presse 21 octobre 2018


341 000 mesures d’aide sociale à l’enfance en cours fin 2017

Cette étude de la Dress gagnerait à être lue par les journalistes et politiques qui confondent une fois sur deux le nombre de meures exercées par l'ASE et le nombre d'enfants placés (52% de smesures).
"Fin 2017, 341 000 mesures d’aide sociale à l’enfance (ASE) sont mises en œuvre par les services départementaux en charge de la protection de l’enfance. Les actions éducatives, exercées en milieu familial, en représentent près de la moitié et sont aussi nombreuses qu’en 2016.
Ces mesures sont très largement prises à la suite d’une décision judiciaire (68 %). Les placements constituent 52 % des mesures d’ASE et leur nombre a davantage augmenté en 2017 que les années passées (+4,2 % en un an, +10,4 % depuis 2013). Ils sont essentiellement réalisés à la suite de décisions judiciaires (79 %). Près de la moitié des jeunes confiés à l’ASE sont hébergés en famille d’accueil."
Lire la synthèse de la dress

Dublin, l'impossible réédition

"Convention de Dublin, Dublin II – qui a coulé ce texte dans le droit européen –, Dublin III – qui visait à améliorer la procédure – et, bientôt, Dublin… 0 ? Ce règlement qui détermine quel est le pays responsable d'examiner une demande d'asile est au cœur des discussions qui, -depuis la crise migratoire, empoisonnent la vie de l'Union européenne (UE), et sa réforme est paralysée. -Evoquant le pays de " première entrée " du demandeur, il a été la cible de l'Italie et de la Grèce, qui estiment avoirété laissées seules devant le défi de l'accueil. Et les pays du Nord, qui avant cela fermaient les yeux sur sa non-application, maintiennent aujourd'hui qu'il doit être remis en vigueur tel quel, ou presque. "
“Dublin” a été créé, au départ, dans l'esprit d'une harmonisation des régimes d'asile, à une époque où l'on croyait encore au développement d'une politique européenne commune en matière de migration ", explique François Gemenne, spécialiste des migrations, professeur à Sciences Po Paris, Grenoble et Liège. Il s'agissait d'éviter que les demandeurs d'asile ne déposent une requête dans plusieurs pays, ce qui aurait entraîné un surcroît de travail pour les agences nationales et des imbroglios administratifs en cas de décisions contradictoires. Dublin, censé aussi traduire en droit européen la convention de Genève sur les réfugiés (elle-même désormais contestée par -certains), visait donc à coordonner les demandes d'asile, en répartissant clairement les compétences et en désignant le pays responsable de mener la procédure dans tout l'" espace Dublin ".
" Double injustice "
Le système a-t-il vraiment fonctionné ? " Non, tranche Philippe De Bruycker, professeur du droit des migrations à l'Université libre de Bruxelles. C'est en fait un mécanisme égoïste par lequel les Etats espéraient pouvoir se -décharger sur les autres de leurs responsabilités, chacun étant censé se débrouiller avec les réfugiés arrivant sur son territoire. Et tant pis pour ceux qui en ont plus que d'autres ! Ce qui aurait pu marcher dans un petit groupe de pays, comme les fondateurs de l'espace sans passeport de -Schengen, avec la France, l'Allemagne, et le Benelux, a fini par se révéler inapplicable dans un vaste ensemble élargi au sud et à l'est. "
L'harmonisation des régimes d'asile n'a, elle, jamais été concrétisée, et les voies d'accès sûres et légales vers l'UE se sont peu à peu fermées. " Ces deux phénomènes concomitants ont créé une double injustice, qui a rendu le système caduc ", analyse M. Gemenne. Selon le pays où le -demandeur introduisait sa demande, ses chances -variaient de une à trois. La restriction des voies d'accès -légales a par ailleurs créé un drame humanitaire.
Lire larticle du Monde

Pauvreté : un plan cohérent, mais insuffisant

"Ce que tout le monde appelle le « plan pauvreté », dévoilé par le chef de l’État le 13 septembre dernier est dénommé officiellement « Stratégie nationale de prévention de la pauvreté ». Il vise donc moins la réduction (au moins immédiate) de la pauvreté dans notre pays que sa prévention, c’est-à-dire l’élimination des engrenages qui font que l’on y tombe de manière durable. Il s’agit donc d’un changement majeur par rapport au précédent « plan pauvreté » présenté en 2012, qui tablait notamment (mais pas uniquement) sur une hausse du RSA de sorte que le pouvoir d’achat des allocataires soit revalorisé de 10 % en cinq ans. Ce qui fut fait, mais sans grand effet sur le taux de pauvreté, passé de 14,2 % (2012) à 14 % (2016). Pour une raison simple : le RSA pour une personne seule est de 491 euros (après déduction du « forfait-logement » pour les personnes percevant une allocation logement, soit 92 % des bénéficiaires du RSA), alors que le seuil de pauvreté est de 1 026 euros : en gros deux fois plus. Augmenter de 10 % le montant du RSA ne comble qu’une petite partie de l’écart : cela améliore le sort des pauvres, mais ne les fait pas sortir de la pauvreté [1].
La stratégie qui est proposée aujourd’hui est bien différente et elle est dévoilée par le président de la République quasiment dès le début de son discours de présentation : « si nous voulons que la pauvreté ne soit plus une impasse définitive, nous devons aussi permettre à tous de retrouver le chemin du travail, (…) parce que le travail procure un salaire, un revenu, bien sûr, parce qu’il ouvre la porte à une vie sociale plus dense, plus riche, parce qu’il donne une fierté, une place dans la société et qu’il permet l’émancipation et la mobilité sociale ». En d’autres termes, ce n’est pas par l’amélioration de la protection sociale qu’on y parviendra, mais par l’emploi. Ce n’est pas faux. C’est seulement insuffisant.
Depuis 2008, l’essentiel de la progression de la pauvreté résulte de trois situations : le chômage (+ 300 000 personnes), la monoparentalité (+ 500 000, avec les enfants concernés) et les jeunes de 18 à 29 ans (+ 300 000). Or, le trait commun à ces situations est leur difficulté à accéder à l’emploi : les chômeurs parce qu’ils ne trouvent rien, les familles monoparentales parce que leur charge d’enfant(s) les en empêche, les jeunes parce qu’on ne leur propose que des emplois de très mauvaise qualité (temporaires, « ubérisés » ou à temps partiel)."
Lire l'article sur Inégalités.fr

Ados en burn-out

Soumis à la pression scolaire, sociale et familiale, de plus en plus d’adolescents s’enfoncent dans une souffrance physique et psychologique inédite. Émilie, 15 ans et hospitalisée pour "burn-out", raconte.


Revue de presse 15 octobre 2018


La Goutte d’Or face aux mineurs isolés



La dépression a progressé en France entre 2010 et 2017

Selon une étude du « Bulletin épidémiologique hebdomadaire », le trouble touche de plus en plus les étudiants et les personnes à faibles revenus.
La dépression a progressé en France entre 2010 et 2017, en particulier chez les femmes, les chômeurs, les étudiants, les personnes à faibles revenus et les moins de 45 ans, relève une étude du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publiée mardi 16 octobre.
A partir d’un questionnaire réalisé auprès de 25 319 personnes, le BEH conclut qu’« en 2017, près d’un adulte de 18 à 75 ans sur dix avait déclaré avoir vécu un épisode dépressif caractérisé ayant eu un retentissement sur ses activités habituelles au cours des douze derniers mois ».
L’épisode dépressif caractérisé ou EDC ne correspond en rien à la « déprime » passagère qui peut gagner tout un chacun, il répond à des critères précis, tels qu’une période de quinze jours au moins de tristesse ou de perte d’intérêt associée à au moins trois facteurs secondaires – baisse ou augmentation du poids, difficultés de sommeil, pensées morbides, etc."
Lire l'article du Monde.fr
Lire le bulletin épidémiologique hébdomadaire

Sous la pression de l’Union européenne, le Maroc fait la chasse aux migrants

Depuis cet été, le royaume est le théâtre d’une vague sans précédent d’arrestations et de déplacements forcés de Subsahariens obligés de se cacher.
"Ils sont arrivés à 5 heures du matin, dans le quartier Boukhalef, à Tanger, tambourinant aux portes et ordonnant aux habitants de sortir de chez eux. « Il y avait plusieurs fourgons avec des policiers et les forces auxiliaires [forces paramilitaires dépendant du ministère de l’intérieur] », se souvient Donatien*, un Camerounais de 35 ans, aujourd’hui à l’abri dans le sud du Maroc.
En bas de l’immeuble, une cinquantaine d’hommes, de femmes et d’enfants sont déjà entassés dans un car. Emmenés au commissariat central, ils y attendront avec des dizaines d’autres ressortissants subsahariens jusqu’à 19 heures, sans eau ni nourriture. « Puis ils nous ont menottés pour nous mettre dans un bus. Dans le nôtre, on était trente-six, mais il y avait plus de quinze bus pleins », précise le Camerounais."
Ils sont ensuite relachés dan sla nuit à 900 kms de Tanger.
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 7 octobre 2018


Conférence : comment les bébés apprennent



Famille, je vous hais" : rompre les liens

Un jour, ils ont décidé de rompre les liens avec leur parent ou leur famille, à jamais résolus à ne plus les voir, à les exclure de leur vie. Trois histoires.


Tribune: Pour une approche médicale individuelle et populationnelle

"Une bonne connaissance de l’épidémiologie de santé d’une population permet d’identifier des problèmes de santé partagés par plusieurs individus et donc d’aller plus vite, avec moins d’errance diagnostic.
L’annonce d’une réforme de la santé vient d’être faite. Le diagnostic est enfin exact, il aura fallu plus de dix ans pour prendre la mesure des dégâts considérables engendrés par la loi de 2007. Tous, politiques et soignants, s’accordent pour amplifier l’activité ambulatoire, organiser l’accès aux soins par proximité, développer un parcours de soins. Au-delà, la médecine semble aussi devoir effectuer une mutation inédite.
(...)Nous avons à défendre une relation soignante qui place l’individu au centre et qui considère aussi l’approche populationnelle. Cette approche ne doit pas être réservée à des zones expérimentales ou à des pratiques d’exercice privé (comme c’est le cas pour les patients prenant leur retraite par exemple). Les cliniciens et les épidémiologistes doivent travailler ensemble pour bien connaître les besoins en santé des populations les plus fragiles mais sans forcément passer par des projets de trop grande ampleur, dont le caractère d’«usines à gaz» offre des résistances immédiates pour la mise en route de projets utiles et pragmatiques."
Lire l'article de libération


Revue de presse 30 septembre 2018


Manque de moyens, surcharge... les déficits criants de la justice française

Selon le Conseil de l’Europe, la France consacre 65,90 euros par an et par habitant à la justice contre 122 euros en Allemagne.
(...)La radiographie comparative des systèmes judiciaires en Europe, livrée tous les deux ans par la Cepej, pointe l’une des caractéristiques du système français : des procureurs de la République à la fois omnipotents et totalement débordés, faute de moyens. « Les parquets les plus chargés se trouvent toujours incontestablement en France, qui compte en Europe quasiment le plus petit nombre de procureurs (2,9 pour 100 000 habitants), mais doit en même temps faire face au plus grand nombre de procédures reçues (7,45 pour 100 habitants), tout en ayant à remplir un nombre record de fonctions différentes (13) », lit-on dans ce volumineux rapport."
Lire l'article du Monde.fr

Infirmières à cœur ouvert



Brève des ASH : Tests osseux : un arrêt de la cour de cassation fait jurisprudence

Le 3 octobre, le pourvoi en cassation d’une jeune Congolaise contestant sa majorité à laquelle concluaient des examens osseux a été rejeté. L’arrêt de la Cour de cassation fait jurisprudence sur la question du "doute" entourant ces tests, à la fiabilité depuis longtemps mise en cause."
Accèdez aux ASH


Revue de presse 23 septembre 2018


Voyage dans l’enfer du crack

"Ce dérivé de la cocaïne est réapparu dans le nord-est de Paris. « Le Monde » a suivi l’errance des consommateurs du « caillou », entre terrains vagues et stations de métro.
(...) En Ile-de-France, ils sont environ quinze mille. Quant à l’ensemble des Français, 0,6 % d’entre eux déclarent avoir une expérience du crack, soit dix fois moins que celle de la cocaïne. « Il est possible que ce ratio soit sous-estimé, prévient Agnès Cadet-Taïrou, médecin responsable du pôle Tendances récentes à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).
Le crack a une image si négative que peu de personnes sont prêtes à en reconnaître l’usage sous ce nom, préférant considérer qu’elles fument de la “cocaïne basée”, qui désigne exactement le même produit sur le plan chimique. Il peut ainsi être difficile d’établir des ordres de grandeur dans la hausse de la consommation. » Quelques indicateurs en donnent toutefois la mesure : depuis 2011, la distribution de pipes à crack a triplé dans les centres franciliens des associations Charonne, EGO et Gaïa."
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Plan de lutte contre la pauvreté : espoirs et zones de flou autour de la formation obligatoire jusqu’à 18 ans

"Les partisans les plus résolus de cette mesure la présentent comme une « petite révolution ». Annoncée, le 13 septembre, par Emmanuel Macron dans le cadre du plan de lutte contre la pauvreté, elle instaure une obligation nouvelle : se former jusqu’à l’âge de 18 ans. L’objectif est de réduire le nombre de jeunes sortant de l’école sans diplôme ni qualification, qui figurent parmi les premières victimes de l’exclusion sociale.
Dans l’esprit du président de la République, chaque mineur recevra une « solution », soit en étant scolarisé, soit en suivant une formation, soit en occupant un emploi. L’éducation nationale sera tenue d’assurer « en continu » un « repérage massif (…) de ceux qu’on appelle les décrocheurs scolaires ». Ces derniers se verront ensuite proposer un « parcours d’insertion » par les missions locales, dont la vocation première est d’épauler les 18-25 ans.
L’obligation, « qui entrera en vigueur à la rentrée 2020 », pèsera avant tout sur les acteurs institutionnels. Mais les publics visés auront également des comptes à rendre : si le jeune refuse d’être accompagné, une « mesure d’assistance éducative » pourra être prononcée, avec désignation d’un éducateur qui dialoguera avec lui « pour tenter de le convaincre », selon Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté. Ce type de situation ne fera pas l’objet d’une réponse pénale, a-t-il ajouté, lors d’une rencontre avec des journalistes, le 12 septembre."
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Revue de presse 16 septembre 2018


Le ministère de la Justice veut réduire la population carcérale de 8 000 personnes

"Le gouvernement présente mercredi un plan pour les prisons, qui prévoit notamment la fin de l'emprisonnement pour les très courtes peines.
(...)Le projet, qui sera présenté en Conseil des ministres, réécrit l'échelle des peines pour éviter de courtes peines d'emprisonnement. En dessous d'un mois, llemprisonnement sera ainsi interdit, tandis qu'entre un et six mois, la peine s'exécutera par principe dehors. "On a fait de l'emprisonnement la peine de référence unique, ce qui est inefficace quand elle est de courte durée", justifie la ministre dans cet entretien aux Echos à paraître mercredi, où elle répète son souhait de développer les alternatives à l'incarcération, notamment les travaux d'intérêt général.
Pour lutter contre la surpopulation chronique des prisons françaises, le plan de la ministre prévoit également de créer 7 000 places de prison supplémentaires d'ici à la fin du quinquennat et de lancer d'ici à 2022 la construction de 8 000 autres places, conformément au souhait d'Emmanuel Macron. Parmi ces nouvelles places, 2 500 seront construites dans des maisons d'arrêt avec un "haut niveau de sécurité", a détaillé Nicole Belloubet."
Le dossier de France info

Psychiatrie : «un système de soins à bout de souffle»

"Pierre-Michel Llorca, chef de service au CHU de Clermont-Ferrand et auteur d’un livre à paraître le 12 septembre, décrit une situation devenue « intenable ».
(...)Le système de soins en psychiatrie est à bout de souffle. Depuis le début de la décennie, il a dû absorber 300 000 patients supplémentaires faisant l’objet d’un suivi régulier. En face, l’offre n’a pas suivi. En quarante ans, on a même perdu 40 % des psychiatres. En toute logique, les conditions de travail et donc les conditions de soins n’ont cessé de se dégrader, engendrant de la souffrance pour les malades, leurs proches et les équipes médicales. Dans certains endroits, la situation est aujourd’hui intenable".
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Plan pauvreté : des associations saluent des avancées, mais s’inquiètent des crédits et de la mise en œuvre

"ATD Quart Monde, le Secours catholique ou le collectif Alerte déplorent l’insuffisance des mesures contre la pauvreté annoncées jeudi par le président de la République.
On l’attendait depuis bientôt un an, cette « stratégie pauvreté » annoncée le 17 octobre 2017 à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère. Prévu pour avril 2018, puis pour juillet, c’est finalement jeudi 13 septembre, depuis le Musée de l’homme, place du Trocadéro à Paris, que le « plan pauvreté » du gouvernement est présenté par le président de la République.
Dès mercredi, son cabinet, celui de la ministre de la santé et de la solidarité, Agnès Buzyn, et Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes, laissaient filtrer qu’il s’agit d’un « plan ambitieux » de 8 milliards d’euros sur les quatre années à venir. Un chiffrage confirmé mercredi soir par Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, dans 20 Minutes.
Le gouvernement veut « s’attaquer aux nouveaux visages de la pauvreté » et « fonder l’Etat providence du XXIe siècle », explique-t-on dans l’entourage de la ministre et du président : « Notre système social, avec beaucoup de prestations monétaires, a permis de stabiliser la pauvreté même en cas de crise, pas de renverser le destin des jeunes les plus touchés et de rompre avec la reproduction de la pauvreté. » Pour Olivier Noblecourt, « les plans successifs ne parviennent pas à éradiquer la précarité. C’est pourquoi il faut sortir de cette impuissance publique ».
Voilà pour les principes. En ce qui concerne la stratégie, le gouvernement la structure autour de trois axes.
Premier axe : l’action pour la petite enfance Troisième axe : la simplification de notre système social
Sur le logement : résorber les bidonvilles.
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Plan pauvreté Emmanuel Macron annonce le revenu universel d'activité



Immigration : faut-il s’attendre à une « ruée vers l’Europe » ? La réponse des démographes

Une étude publiée par l’INED invalide la thèse d’une invasion prévisible de l’Europe par la population d’Afrique subsaharienne en 2050. "L’Europe de 2050 sera-t-elle peuplée à 25 % d’immigrés subsahariens ? Depuis que l’écrivain Stephen Smith a prophétisé, en début d’année dans La Ruée vers l’Europe (Grasset), que le vieux continent comptera 150 à 200 millions d’Afro-Européens dans trente ans, la question, hier cantonnée à l’extrême droite, a trouvé d’autres porte-voix. Dans le contexte de fermeture de l’Europe, la démonstration de l’universitaire, ex-journaliste (au Monde, notamment) a séduit jusqu’au sommet de l’Etat, où Emmanuel Macron estimait, le 16 avril, que l’auteur avait « formidablement décrit » la menace d’une jeunesse africaine massée sur l’autre rive de la Méditerranée, à qui il ne manque qu’un « go » pour s’élancer vers les capitales européennes.
(...)François Héran,"anthropologue et démographe, meilleur spécialiste français du sujet, répond aujourd’hui que cette invasion est un mirage.
« L’ordre de grandeur le plus réaliste est cinq fois moindre », a-t-il même mesuré, réfutant le spectre d’une Europe à 25 % afro européenne. « Les Subsahariens, qui représentent 1 % de la population européenne [1,5 % de la population française] représenteront tout au plus 3 ou 4 % de la population des pays du nord en 2050 », ajoute-il dans le dernier numéro de Population et Sociétés, la revue de l’Institut national d’études démographiques (INED), qui sort aujourd’hui, où il signe un article intitulé « l’Europe et le spectre des migrations subsahariennes ».
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Revue de presse 9 septembre 2018


En Seine-Saint-Denis, le 115 désemparé face aux « bébés sans-abri»

"Les services d’accueil lancent un cri d’alarme après que deux femmes et leurs nouveau-nés se sont retrouvés à la rue à la sortie de la maternité, le 29 août.
Namiwata a 36 ans. Allongée au troisième étage de la maternité de l’hôpital Delafontaine, au centre hospitalier de Saint-Denis, elle tient dans ses bras son fils Hamza, qui vient de fêter son premier mois. Le bébé est né le 6 août dernier, trois jours après l’arrivée de sa mère en France. Partie enceinte du Maroc, Namiwata a traversé la Méditerranée puis l’Espagne, espérant trouver en Europe « de meilleures conditions pour accoucher », explique-t-elle. L’accouchement s’est bien passé. Mais un mois après la naissance d’Hamza, la mère et son fils n’ont toujours pas quitté la maternité : sans solutions pour se loger, ils se retrouveraient aussitôt à la rue. « On appelle le 115 tous les jours, toute la journée, explique Namiwata. Sans réponse. »
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Marion Leboyer : "Il faut changer le regard de la société sur les maladies psychiatriques"


Extrait de l'avant propos, par Nicoals Baverez, du livre des psychiatres Leboyer et Llorca "la psychiatrie l'état d'urgence" : "En 2018, les études épidémiologiques montrent qu’un Français sur cinq souffre de troubles mentaux. La dépression (7 à 10 % de la population1), les troubles bipolaires (1,2 à 5,5 %), la schizophrénie (1 %) et les troubles du spectre de l’autisme (1 %) constituent les principales pathologies. La majorité d’entre elles font leur apparition entre 15 et 25 ans mais sont insuffisamment dépistées et traitées.
Le retard, voire l’absence de diagnostic, a des conséquences dramatiques, réduisant l’espérance de vie des malades de dix à vingt ans, notamment du fait des suicides (10 000 suicides et 220 000 tentatives par an). Le défaut de soins est criant envers les personnes en grande précarité, qu’il s’agisse des SDF, des migrants ou des détenus : sur les 68 564 personnes en détention, 80 % des hommes et 70 % des femmes souffrent de troubles mentaux très rarement soignés.
La raison première de cette catastrophe est à chercher dans l’insuffisance, la médiocre qualité et l’hétérogénéité de l’offre de soins. D’un côté, la demande explose avec 2 millions de consultations et 415 000 hospitalisations par an. Depuis le début de la décennie, 300 000 patients supplémentaires font l’objet d’un suivi régulier. De l’autre, l’offre dysfonctionne. La psychiatrie ne représente que 2,4 % des professeurs d’université pour 5,8 % des étudiants en médecine. La pédopsychiatrie est en voie de désertification avec des effectifs en chute, de 1 235 médecins en 2007 à 593 en 2017, dont 80 % sont âgés de plus de 60 ans.
Médecins et infirmiers sont insuffisamment formés et spécialisés. Le territoire est très inégalement couvert avec des vides béants dans l’Ouest et le Nord. Les conséquences sont immédiates : inexistence de la prévention, notamment chez les jeunes ; allongement des délais de consultation qui peuvent dépasser neuf mois ; traitements déficients et non conformes aux recommandations ; recours excessif à l’hospitalisation sous contrainte (92 000 par an) ; usage démesuré de la contention et de l’isolement."
Le livre "psychiatrie, l'état d'urgence, 12 millions de fraçais concernés

Médecins du monde, et le centre Primo Lévi: La souffrance psychique des exilés. Une urgence de santé publique

Des souffrances psychiques graves chez les personnes exilées
Les violences multiples qui ont causé leur départ, les ruptures souvent brutales que cela a occasionné et le parcours d’exil lui-même semé de violences et de pertes peuvent occasionner des troubles psychiques graves. La très grande précarité sociale et administrative dans laquelle la plupart des exilés se trouvent renforce ces troubles, voire en crée de nouveaux, formant ainsi un cercle vicieux dont il devient très compliqué de sortir.
Si la santé est censée être en France un droit inconditionnel, force est de constater que celle des personnes exilées demeure trop souvent un enjeu de polémique politicienne avant d’être considérée pour ce qu’elle est : un enjeu de santé publique.
Dans ce contexte, le Centre Primo Levi et Médecins du Monde, tous deux engagés dans l’accueil et le soin des personnes exilées, ont voulu réunir leurs constats pour dresser un tableau sans concession de la situation et mettre en avant des propositions afin que soit enfin élaborée, au niveau national, une réponse adaptée à l’enjeu majeur que représente la santé mentale de ces personnes.
Lire le rapport de médecisn du monde

Parcoursup : « En France, la sélection par l’échec est une coutume »

« Nous fabriquons des jeunes honteux de ce qu’ils sont », déplore la pédopsychiatre Catherine Jousselme. Elle analyse, dans un entretien, la sélection dans le système scolaire, qui débute bien en amont de Parcoursup.
Eduquer pour faire croître et non pour « casser » les vocations. Tel devrait être le centre de nos préoccupations, selon Catherine Jousselme, pédopsychiatre et chef du pôle enseignement-recherche de la Fondation Vallée, institution de soins en pédopsychiatrie située à Gentilly (Val-de-Marne). Au sein d’une société « méprisante par son élitisme », elle s’inquiète de voir monter le stress chez des jeunes dont les passions et compétences n’ont été ni repérées ni cultivées par le système scolaire."
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Revue de presse 2 septembre 2018


Réforme des diplômes en Travail Social: les textes sont parus !

"Les textes réglementaires (liens ci-dessous) reformant les diplômes de niveau II du travail social (Diplômes d’Etat d’éducateur spécialisé, assistant de service social, éducateur de jeunes enfants, éducateurs technique spécialisé et conseillers en économie sociale et familiales) sont parus le 22 aout 2018, à quelques jours de la rentrée qui accueillera les premiers étudiants futurs titulaires des diplômes réformés.
La réforme des diplômes entrera donc en vigueur pour la promotion 2018-2021 (2020-2021 pour les CESF).
Les textes prévoient la reconnaissance au niveau II (licence) des DEASS, DEES, DEJE, DECESF, DETS dès 2021 et ce sans rétroactivité : comme prévu, seuls seront reconnus au niveau II les titulaires du diplôme réformé obtenu à compter de 2021.
La publication tardive de ces textes (fin août, pour une entrée en vigueur concrète en septembre) interroge et inquiète. En effet, comment préparer efficacement les étudiants à l’obtention d’un diplôme avec des informations délivrées au dernier moment ? Certains ne manqueront pas de se rappeler de la réforme du DEASS de 2004 : les textes étaient parus pendant l’été et les centres de formation avaient navigué à vue, aboutissant à un taux d’échec record !"
Les stages
Trois périodes de stage dont un premier stage de 8 semaines sont prévus pour les étudiants ES, ASS, EJE et ETS. Une première période de stage de 8 semaines est prévue pour l’ensemble des DE (hors CESF) : ce premier stage peut être divisé en deux et réalisé sur deux sites qualifiants.
Les deux anciens stages longs sont remplacés par deux périodes de stage (d’une durée totale de 44 semaines pour les ASS, 48 semaines pour les ETS et 52 semaines pour les ES et EJE) qui peuvent être réalisées sur 2 ou 3 sites qualifiants. Il sera donc possible de diviser l’ensemble des périodes de stage et de cumuler jusqu’à 8 sites qualifiants en 3 ans ! "
Lire l'arrêté du DEES
Lire l'arrêté du DEASS
Lire l'arrêté du DEEJJ
Acceder au dossier Dases-supap-fsu

Rapport du haut conseil de la famille : Accueillir et scolariser les enfants en situation de handicap, de la naissance à 6 ans et accompagner leur famille

"Le Conseil de l’enfance du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) a remis son rapport à Agnès Buzyn, ministre de la Santé et des Solidarités, et à Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées. Le Conseil de l’enfance recommande d’inclure et de socialiser tôt les très jeunes enfants en situation de handicap et en difficultés spécifiques, dans les modes d’accueil et à l’école maternelle, d’aider les familles, de faciliter l’articulation avec la vie professionnelle, et ce faisant, de prévenir les risques additionnels de fragilisation du couple, des fratries et de l’économie familiale.
Entre 60 000 et 70 000 enfants avant 7 ans bénéficient de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), d’un projet personnalisé de scolarisation (PPS) ou d’un suivi par les centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP). Pourtant, le Conseil de l’enfance du HCFEA, montre qu’il y a un besoin d’accompagnement plus précoce pour 30 000 à 40 000 enfants supplémentaires, toutes réponses confondues.
Pendant la première enfance, les enfants en situation de handicap ne se sentent pas différents des autres et leurs camarades n’ont pas encore un regard façonné par les normes physiques ou comportementales. Le Conseil de l’enfance du HCFEA préconise donc une inclusion très précoce des jeunes enfants en situation de handicap dans les modes d’accueil.
Lire le communiqué de l'hcfea
Lire le rapport

L’alcool associé à 2,8 millions de morts par an dans le monde

"L’analyse de centaines d’études confirme qu’il n’y a pas de consommation sans risque et que l’alcool est la première cause de décès des 15 à 49 ans.
Les risques pour la santé liés à l’alcool sont modérés pour des consommations représentant l’équivalent de 20 à 30 centilitres de vin ou une canette de 37,5 cl de bière par jour, mais s’accroissent de manière importante pour des niveaux plus élevés.
Cette notion reçoit une confirmation de poids avec la parution, vendredi 24 août, dans The Lancet, d’un article émanant du réseau collaboratif international sur la charge mondiale des maladies, Global Burden of Disease. Cette vaste analyse de plusieurs centaines d’études montre que l’alcool est associé à 2,8 millions de morts chaque année dans le monde – un chiffre probablement en dessous de la réalité, estiment les auteurs eux-mêmes.
(...)« Les courbes présentées dans l’étude montrent qu’avec six verres d’alcool par jour, le risque relatif pour l’ensemble des problèmes de santé s’accroît de 50 % et qu’il double avec neuf verres, souligne Michel Reynaud. Les alcooliers font leurs bénéfices avec les gros buveurs. En France, 50 % de l’alcool vendu est consommé par 8 % des Français.»
Lire l'article du Monde

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