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Revue de presse 17 janvier 2023


Suicide d'un collégien dans les Vosges : "Le blabla, je n'en peux plus", dénonce la mère de Marion Fraisse, qui demande "des moyens" contre le harcèlement

""C'est un aveu d'échec. Un enfant qui meurt, c'est toute la République qui se meurt", a réagi Nora Fraisse, également fondatrice de Marion La Main Tendue, association de prévention et de lutte contre le harcèlement en milieu scolaire. "En France, il manque de véritables moyens" pour lutter contre le harcèlement scolaire, a-t-elle estimé. Il n'y a pas de dotation, il n'y a pas de moyens, il n'y a pas de gens. On ne combat pas sans armée, on ne combat pas sans combattant."
"Cela n'apporte rien de dire que c'est triste et qu'on va s'en occuper. Il faut vraiment s'en occuper. Il faut mettre des moyens, il faut mettre de l'humain, il faut des personnes qui accompagnent, il faut des infirmières scolaires, il faut des structures.""
Lire l'article sur Francetvinfo.fr

Podcast DissociationS : "Le trauma, depuis quand en parle-t-on ?"

"L'Association Francophone du Trauma et de la dissociation(AFTD) présente un podcast reprenant l'histoire des notions de traumatisme et de dissociation."

Découvrir le site de l'AFTD

Zelli, la web application pour les jeunes accompagnés par l'Aide sociale à l'enfance

"Zelli, c'est une web application qui s'adresse aux jeunes de l'Aide sociale à l'enfance (ASE). Son objectif ? Les préparer dès 16 ans à passer le cap des 18 ans, en regroupant des explications simples et claires sur les démarches à réaliser, les aides possibles, les services à contacter...
L'outil a été conçu avec des mineurs et jeunes majeurs de la protection de l'enfance, vivant en établissement, en famille d'accueil, ou toujours chez leurs parents.
C’est une source d'information complémentaire à l’accompagnement des professionnels de la protection de l’enfance et de l’insertion des jeunes."


Inceste : désormais, une condamnation entraînera systématiquement le retrait de l'autorité parentale

"Mercredi 21 septembre 2022, Éric Dupond-Moretti, Garde des Sceaux, et Charlotte Caubel, secrétaire d'État chargée de l'Enfance, ont annoncé plusieurs mesures afin de lutter contre l'inceste et les violences sexuelles sur mineurs. Parmi elles : le retrait automatique de l'autorité parentale à un auteur de violences sexuelles condamné, comme le préconisait l'année passée la Commission sur l'inceste."
Lire l'article de Marie-Claire


Revue de presse 10 janvier 2023


Protection de l’enfance : les textes d’application de la loi «Taquet »

"De la nouvelle mouture du Conseil national de la protection de l’enfance à la mise en place du groupement « France enfance protégée », l’exécutif a publié, depuis le mois décembre, plusieurs décrets et arrêtés en application de la loi n° 2022-140 du 7 février 2022 relative à la protection des enfants".
Cet article en donne un récapitulatif.
A noter : "le référentiel national d’évaluation des situations de danger ou de risque de danger pour l’enfant, cadre légal de référence. Il est consultable sur le site internet de la Haute Autorité de santé (décret n° 2022-1728 du 30/12, J.O. du 31-12).
Lire l'article des ASH

Handicap psychique : des pistes pour faire évoluer les groupes d’entraide mutuelle

"Dans un rapport de recherche participative, les sociologues Jean-Yves Barreyre et Patricia Fiacre formulent 29 propositions pour consolider les groupes d’entraide mutuelle (GEM). Ils invitent à "formaliser" le métier d’animateur de GEM."
Lire l'article du Media social

Urgences débordées, cabinets médicaux fermés ou engorgés, laboratoires mobilisés… : un « janvier noir » pour le système de santé

"La saturation du système de soins se joue du calendrier. L’année 2023 a débuté, pour les soignants, sous les mêmes auspices que 2022 s’était terminée : des services de réanimation franciliens au SAMU de Rouen, des urgences de Metz-Thionville (Moselle) – celles-là même où exerçait François Braun avant d’être nommé ministre de la santé – aux centres de SOS-Médecins, les voyants, les uns après les autres, ont viré au rouge en ces premiers jours de janvier. Et même au « rouge vif », commente-t-on dans les services et les cabinets médicaux pris d’assaut.
La période courant entre Noël et le Jour de l’an avait été qualifiée de « semaine de tous les dangers » par le ministre de la santé, lors d’un déplacement, le 28 décembre 2022, au centre hospitalier Annecy-Genevois (Haute-Savoie). En cause, la conjonction reconnue comme inédite de plusieurs facteurs : une « triple vague » épidémique – mêlant Covid-19, grippe et bronchiolite – venant peser sur des services hospitaliers déjà surchargés, un mouvement de grève parmi les médecins libéraux, prenant de court les autorités, et, toujours, des lits fermés à l’hôpital, des soignants en nombre insuffisant, en dépit des appels à l’« union sacrée » réitérés par le gouvernement. En dépit, aussi, des avertissements lancés, dès l’automne, par les professionnels en première ligne – à commencer par les pédiatres."
Lire l'article du Monde


Revue de presse 03 janvier 2023


BONNE ANNEE 2023 !



La mixité à l’école, tout le monde y gagne

«Certains nous disaient qu’on avait sacrifié nos enfants. Qu’ils se rassurent : ils vont très bien !» lance en riant Alexandra, qui fait partie des parents engagés dès le départ en faveur de la mixité expérimentée depuis cinq ans au collège Berlioz, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Encore aujourd’hui, malgré un bon climat scolaire et des résultats au brevet dans la moyenne parisienne, certaines familles de milieux favorisés ne sont pas rassurées à l’idée d’y mettre leurs enfants et optent pour le privé «par réflexe de l’entre-soi, par peur du déclassement», estime Alexandra. Les représentations mentales sont tenaces. Pourtant, les études montrent que «les résultats scolaires des élèves de milieux favorisés sont relativement peu influencés par le contexte dans lequel ils évoluent», remarque Julien Grenet, directeur de recherche au CNRS et directeur adjoint à l’Institut des politiques publiques (IPP). «Les classes supérieures sont les seules qui ne sont pas sensibles aux conditionns de scolarisation parce que leurs parents ont un capital culturel élevé et sont toujours en mesure de compenser des dysfonctionnements scolaires», ajoute Choukri Ben Ayed, professeur de sociologie à l’université de Limoges et spécialiste des questions de ségrégation scolaire.
A l’inverse, les élèves de milieux populaires cumulent les inégalités lorsqu’ils se retrouvent dans des ghettos de pauvres. «Il est très clair que les chances de réussite au brevet des collèges sont beaucoup plus faibles pour les élèves de classes populaires dans les établissements ségrégués qui cumulent toutes les difficultés avec une concentration d’élèves en difficulté scolaire donc plus difficiles à gérer, un turn-over important des enseignants, un bâti délabré…» constate Choukri Ben Ayed. Leurs résultats scolaires grimpent-ils donc automatiquement dans un milieu plus hétérogène ? Ce n’est pas si simple. Les chercheurs sont tous d’accord là-dessus : il ne suffit pas de mélanger des enfants de milieux différents pour que la mayonnaise prenne si facilement. Il faut un certain équilibre entre les classes (mettre quelques élèves de milieux populaires dans un collège avec des classes supérieures ne fera que les stigmatiser) et un environnement scolaire de qualité, avec un bon encadrement pédagogique."
Lire l'article de Libération

Handicap : un service municipal d’accueil d'enfants "sans solution"

"La commune d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a mis en place un dispositif municipal, inédit en France, pour accueillir des enfants en situation de handicap, non scolarisés, en attente d’une place en établissement médico-social. L’objectif étant de maintenir leur sociabilisation et d'offrir des moments de répit aux parents.
Lire l'article du Média Social

Nouveau record de détenus en France : quatre chiffres pour comprendre la surpopulation carcérale

"Il n'y a jamais autant eu de prisonniers en France. Le pays compte 72.836 prisonniers en France au 1er décembre, soit une augmentation de 4,1% par rapport à l'an dernier, d'après les chiffres du ministère de la Justice dévoilés mercredi. Et ces détenus dorment souvent les uns sur les autres, puisque pour 72.836 détenus, il n'y a que 60.698 places. La Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté s'est indignée sur Twitter, dénonçant une "surpopulation carcérale de plus en plus effrayante" . "Il est inutile d'attendre que la prison puisse réinsérer quiconque dans une situation qui rend infernal également, le travail du personnel pénitentiaire", déplore Dominique Simonnot.
La France compte donc 72.836 prisonniers. C'est un record absolu, après avoir été battu une première fois en novembre dernier. Il y a donc eu 2.844 prisonniers de plus en un an (+4 %). Après une baisse entre mars 2020 et janvier 2021, les chiffres reviennent aux ordres de grandeur d'avant-Covid. Parmi ces prisonniers, 26 % sont en attente de leur procès".
Lire le dossier de France Inter


Revue de presse 27 décembre 2022


2022 en 12 articles du Media social

Parmi les douze thématiques abordées, retenons la perte d'attractivité des métiers du social et la baisse impressionante du nombre de candidats aux formations :
"En comptabilisant tous les vœux et sous-vœux confirmés, par les élèves de terminale, jusqu’au 8 avril 2022, les écoles d’éducateurs spécialisés n’ont été cochées, sur le site Parcoursup, que 8 851 fois cette année. C’est presque 38 % de moins qu’en 2020.
Et une décrue semblable se répète pour les formations, pourtant déjà moins prisées, des éducateurs de jeunes enfants (- 40 %) et des assistants de service social (- 32 %). Les vœux confirmés chutent même de 79 % pour les formations, confidentielles, des éducateurs techniques spécialisés.
Certes, le nombre des candidats de terminale pris en compte ici a lui-même décru en trois ans, de 647 255 à 606 043 élèves, soit – 6 %. Mais le nombre de leurs vœux confirmés, au total, a bel et bien progressé de 20 % - de 6,5 à 7,8 millions exactement. Et à titre de comparaison, les vœux pour les formations au diplôme d’Etat d’infirmier ont, dans cette même période, bondi de 612 007 à 688 985, soit + 13 %."
Lire l'article du Media social

Des enfants sans toit ni loi pour les abriter

"Aïcha et Sami, respectivement 10 et 12 ans, dorment dehors depuis six mois. Sara, 28 ans, et sa fille ont été expulsées de leur logement cet été, sans solution de relogement. Chacun raconte ses nuits d’errance, sans sommeil et sans-abri.
Elles sont douze associations à s’être réunies pour publier, en novembre 2019, un manifeste indigné et demander des moyens supplémentaires. Il y a la Fédération des acteurs de la solidarité, la Fondation Abbé Pierre, le Samu Social de Paris ou encore Unicef France. Ces associations indiquent que chaque soir il y a à Paris 700 enfants qui dorment dans la rue avec leurs parents, qu’en France ce sont des milliers d’autres enfants qui sont sans-abri ou très précaires, et que, par ailleurs, 20 000 mineurs vivent à l’hôtel en Île-de-France avec leur famille. En 2019, huit d’entre eux, mineurs, sont morts dans la rue selon le Collectif Morts de la Rue. "Cette situation est indigne de la France, sixième puissance économique mondiale et signataire de la Convention internationale des droits de l’enfant", ajoutent ces associations.
Les Pieds sur terre sont donc partis à la rencontre de ces enfants sans toit ni loi pour les abriter."
Ecoutez le podcast de l'émission "les pieds sur terre"

Réforme de l’assurance-chômage : vers un nouveau durcissement des règles

"Il faut toujours suivre jusqu’au bout l’élaboration de mesures réglementaires : la version finale réserve parfois quelques surprises. Démonstration vient d’en être apportée avec le projet de décret sur la réforme de l’assurance-chômage, qui a été transmis, vendredi 23 décembre, aux partenaires sociaux. Révélé par l’agence de presse spécialisée AEF, le texte introduit un nouveau scénario, consistant à réduire de 40 % la durée d’indemnisation lorsque le taux de chômage passe sous la barre des 6 %.
Les syndicats de salariés sont dans une colère noire, à cause du contenu comme de la méthode : ils assurent que le gouvernement ne leur avait pas parlé en amont de cet ajout, permettant de durcir un peu plus les dispositions applicables aux demandeurs d’emploi.
Le projet de décret en question est lié à la loi sur le « fonctionnement du marché du travail », qui a été publiée, jeudi, au Journal officiel. Le texte prévoit de moduler le nombre de jours durant lequel un demandeur d’emploi reçoit une allocation, en fonction de la conjoncture économique. Cette idée de « contracyclicité » correspond à une promesse de campagne d’Emmanuel Macron."
Lire l'article du Monde

Enquête Santé : le temps des urgences

Dans cet état des lieux de la santé en France, l'article met l'accent tout d'abord sur l'hôpital : "Il y a les services d’urgences, asphyxiés par la hausse continue de leur fréquentation (+3,5 % par an), le manque de personnel et les cadences insoutenables. Il y a les fermetures de lits d’hospitalisation complète (plus de 5 700 en 2020, 4 300 en 2021). Il y a aussi la pédiatrie, que la récente épidémie de bronchiolite a mise au supplice ; la gériatrie et la psychiatrie, tout autant sevrées de soignants au moment où les besoins explosent. Il y a les démissions, les burn-out et les suicides.
Après avoir abordé la question des déserts médicaux,bl'article développe ensuite l'importance de la prévention : "L’enjeu est immense car la prévention est le nerf d’une guerre qui s’annonce redoutable : celle contre l’épidémie des pathologies chroniques. Les cinq principales – cancers, diabète, maladies cardiovasculaires, respiratoires, psychiatriques – sont en progression. Le bilan de la Sécu dit bien leur poids : 62 % des dépenses totales (104 milliards d’euros sur un total de 168 milliards). Le retour des maladies infectieuses (anciennes ou émergentes) complète un tableau qui, en sus, change de dimension avec le vieillissement. L’Insee table sur 4 millions de seniors en perte d’autonomie en 2050."
Lire l'article de Libération

Logement social : 10 % de loyers impayés supplémentaires en 2022

"10 %. Telle est l’augmentation du nombre de ménages en impayés de loyers depuis plus de trois mois par rapport aux évaluations menées il y a un an. Publié le 19 décembre, les résultats de la dernière enquête de l’Union sociale pour l’habitat (USH) auprès des organismes HLM attestent des répercussions directes de l’inflation et de la hausse du coût de l’énergie sur la situation financière des locataires du parc social : « La part de ceux qui ont un chauffage au gaz est supérieure à la moyenne (près de 30 %, contre 25 % en moyenne sur l’ensemble des répondants ».
Deux tiers des organismes enregistrent une hausse des situations financières préoccupantes. La mise en place d’un bouclier tarifaire inadaptée à la situation des locataires bénéficiant du chauffage collectif est pointée. « A ce jour, ils ne bénéficient d’ailleurs toujours pas de la même protection que l’ensemble des Français », dénonce Emmanuelle Cosse, présidente de l’USH, dans un communiqué. « Cette situation va rapidement devenir insupportable pour des centaines de milliers de familles aux revenus modestes »."
Lire l'article des ASH


Revue de presse 19 décembre 2022


Minima sociaux, aide alimentaire, mal-logement : la misère persiste en France

"Plusieurs centaines de milliers de personnes ne connaissent pas seulement des difficultés de fin de mois, mais un manque d’argent permanent. Elles vivent avec 500 ou 600 euros par mois, parfois bien moins, et doivent se contenter du strict minimum. Pour tenter d’évaluer le phénomène, on dispose de plusieurs types de mesures [1].
Tout d’abord, en France, 2,1 millions de personnes – soit 3,2 % de la population – vivent avec au mieux 752 euros par mois pour une personne seule, soit 40 % du niveau de vie médian, selon les données 2020 de l’Insee.
Malheureusement, on ne sait pas combien de personnes hors des filets de sécurité des prestations sociales vivent avec 300 ou 400 euros par mois par exemple (sous le niveau du RSA). Par ailleurs, l’Insee estime que deux millions de personnes sont en situation de grande pauvreté. Il s’agit de personnes dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté à 50 % et qui, en même temps, déclarent un grand nombre de privations matérielles."
Acceder à l'observatoire des inégalités

A Bobigny, des pédopsychiatres mobilisés contre «l’écroulement du secteur»

"«Nous sommes obligés de trier les enfants.» Pour Bertrand Welniarz, chef de service de pédopsychiatrie de l’établissement public de santé de Ville-Evrard, la situation est critique. Dans un froid glacial, le médecin, écharpe autour du cou, est venu accompagner ses collègues à l’occasion de la «Marche pour les enfants». Organisée à Bobigny par le collectif Pédopsy 93 qui regroupe plusieurs chefs de service de pédopsychiatrie et des médecins de centres médico-psychologiques (CMP) de Seine-Saint-Denis, la mobilisation avait pour objectif de dénoncer le manque de moyens en pédopsychiatrie.
«Dans le département, nous avons 1 500 places en institut médicoeducatif [IME] alors que 2 500 enfants sont sur liste d’attente», soupire Jean-Pierre Benoit, chef du pôle de pédopsychiatrie de Saint-Denis, qui dit assister à «l’écroulement du secteur». Au total, 7 000 enfants sont en attente d’une structure en Seine-Saint-Denis. Ici, les prises en charge tardives sont légion : il faut attendre en moyenne dix-huit mois pour une place en CMP. Un désastre aux yeux de Bertrand Welniarz : «Plus une prise en charge prend du retard, plus ce sera compliqué pour l’enfant. C’est du temps précieux qui est perdu et ce n’est pas sans conséquence.»"
Lire l'article de Libération

Manque de places en hébergement d’urgence : le 115 de Paris fait face à une situation inédite

"Malgré le recul du gouvernement sur la suppression de 14 000 places d’hébergement et le déclenchement du plan Grand Froid, les écoutants du 115 croulent sous les appels. Sur 1 000 personnes qui parviennent à joindre quotidiennement le service, seule une centaine peut être hébergée chaque soir, le plus souvent pour une seule nuit."
Lire l'article du Monde

Autorité parentale : Caractérisation de la situation de délaissement parental d’un enfant

La Cour de cassation vient de rendre un arrêt qui traduit une évolution de la jurisprudence : alors que le fait que le parent ait des troubles psychiques empêchait la reconnaissance du délaissement vécu par l'enfant, l'arrêt met au coeur de sa décision l'intérêt supérieur de l'enfant.
"Caractérise une situation de délaissement au sens de l'article 381-1 du code civil le fait pour une mère de ne pas s'être saisie, d'une part, du droit de visite médiatisé organisé dès la naissance en vue de la soutenir dans la création d'un lien avec son enfant, mettant en échec celui-ci par son inconstance dans l'exercice de ce droit et par son absence de prise en compte des besoins de l'enfant, d'autre part, du droit de correspondance médiatisé instauré au moment de la suspension du droit de visite, n'ayant plus posé aucun acte concret permettant d'attester des vélléités de reprendre une relation avec son enfant"
Lire l'arrêt

Sortie sèche de l’ASE : le Conseil d’Etat enjoint à un conseil départemental de reconduire un contrat jeune majeur

"Dans le cadre d’un référé liberté (article L. 521-2 du code de justice administrative), une jeune femme âgée de 19 ans a demandé au juge de suspendre l’exécution de la décision de fin de prise en charge et de refus de renouvellement de contrat « jeune majeur » prise par le conseil départemental, d’enjoindre à celui-ci de procéder au réexamen de sa demande de renouvellement de contrat « jeune majeur » et de lui assurer une solution d’hébergement et une prise en charge adaptée à son état de santé, de ses besoins alimentaires, sanitaires, médicaux, et éducatifs.
La requérante avait été confiée au service de l’aide sociale à l’enfance du département à l’âge de treize ans, et a bénéficié de la part de ce dernier, à sa majorité, d’un contrat jeune majeur. Mais le département a refusé de renouveler cette prise en charge.
Le Conseil d’Etat devait vérifier si les deux conditions, l’urgence et l’existence d’une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, étaient remplies."
Lire l'article de la Gazette des communes


Revue de presse 12 décembre 2022


Edito des ASH :Trouble actualité, profits et consternation

Que penser d’une pareille affaire, dont seule la presse régionale s’est fait l’écho ? Faut-il attendre une nouvelle émission à scandale qui jette l’opprobre sur les métiers de l’action sociale, pour que la réalité de la protection de l’enfance soit considérée à sa juste mesure ? Le premier article a été publié par le journal local L’Echo républicain avant d’être repris par la rédaction de l’antenne régionale de France3.
Résumé de l’affaire : c’est dans le cadre de l’interrogatoire d’une mineure que les gendarmes de la brigade de Lucé, en Eure-et-Loir, et les policiers du commissariat de Chartres ont découvert le pot aux roses. La jeune fille était hébergée dans un lieu géré par une société privée accueillant une trentaine de mineurs.
Privation de soins, mise en danger d'autrui
Alerté au sujet de cette énigmatique structure, jusqu’alors inconnue – semble-t-il – du service départemental de l’aide sociale à l’enfance (ASE), le parquet de Chartres a diligenté une enquête. Laquelle a conduit à la fermeture immédiate du lieu. Dans un communiqué, le procureur de la République en a livré les résultats : la gérante de cette société se serait « implantée sans autorisation » et aurait proposé « à des départements éloignés de prendre en charge des mineurs “dont personne ne voulait” ». Ben voyons !
Une enquête pour « délaissement de mineurs, privation de soins et mise en danger d’autrui » a été ouverte dans la foulée pour envisager des poursuites pénales. Toujours selon les éléments communiqués, l’enquête aurait par ailleurs permis de relever de « curieux » montages financiers, impliquant d’autres structures d’accueil en région parisienne. "
Lire l'article des ASH

La CEDH sanctionne la France pour défaut de mise à l’abri de demandeurs d’asile

"La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné jeudi 8 décembre la France pour ne pas avoir mis à l’abri des demandeurs d’asile, malgré des décisions de justice allant dans leur sens, en 2018 à Toulouse.
Les requérants, deux familles congolaises et une géorgienne, sont arrivés en France entre avril et juin 2018. La préfecture de Haute-Garonne leur avait accordé à tous des attestations de demande d’asile, mais n’avait pas répondu ou avait refusé leurs demandes d’hébergement. Les trois familles, séparément, se sont tournées vers le tribunal administratif de Toulouse. Le juge des référés leur a octroyé à chacune une ordonnance enjoignant au préfet de leur trouver un lieu d’hébergement. Des ordonnances qui sont restées sans effet."
Lire l'article du Monde

GISTI. Le guide des étrangers face à l’administration : droits, démarches, recours

"Les rapports avec l’administration sont toujours des rapports inégaux. Le risque de la voir abuser de ses prérogatives est d’autant plus grand que le public qui a affaire à elle est tenu dans l’ignorance de ses droits. Les personnes étrangères se trouvent particulièrement démunies à cet égard face à des services publics dépeints non sans raison comme distants et inaccessibles. La « dématérialisation » des démarches administratives, présentée comme devant faciliter les relations entre le public et l’administration, se retourne en pratique contre les publics les plus vulnérables, et donc au premier chef contre le public étranger."
Acceder au site du Gisti

Le tribunal de Bobigny alerte sur l’« état de désespérance collectif » et demande « une mobilisation en urgence du ministère de la justice »

"Ce n’est pas une fronde, mais un signal d’alarme, qui avertit que le tribunal de Bobigny, l’un des plus importants en France, est sur le point de craquer. Dans une longue « note d’alerte » du 7 décembre, Peimane Ghaleh-Marzban, président du tribunal de Bobigny, et Eric Mathais, procureur de la République de Bobigny, détaillent les multiples difficultés que rencontre leur juridiction et que les magistrats du siège et du parquet ont évoquées lors de leur assemblée générale du 6 décembre. Ce texte n’est pas passé inaperçu, notamment en raison de la personnalité de Peimane Ghaleh-Marzban, magistrat très respecté, pondéré, et ancien directeur des services judiciaires.
« Nous sollicitons une mobilisation en urgence du ministère de la justice pour nous permettre de pleinement assumer nos responsabilités, peut-on lire dans le document. Nous sommes à un moment crucial de la juridiction et nous craignons, chaque jour, pour la santé de nos collègues magistrats et fonctionnaires, qui ne peuvent assumer leurs missions qu’en travaillant durant les soirées, les week-ends et les congés, engendrant une souffrance au travail. » Le texte décrit une situation impossible à tenir où les différents services du tribunal de Bobigny doivent faire face, à effectif constant, à l’accroissement de leur activité respective engendrée par les réformes votées, comme, par exemple, la mise en place des cours criminelles départementales."
Lire l'article du Monde


Revue de presse 6 décembre 2022


Pauvreté en France : mesures et réalités d'une notion complexe

"La grande pauvreté touche en France environ deux millions de personnes. Globalement, la pauvreté s’est déplacée vers les chômeurs, les familles monoparentales, les jeunes et se concentre dans les villes-centres et périphéries proches. Quelles sont les différentes méthodes pour saisir ce phénomène et quels en sont les écueils ?"
Lire l'article de Nicolas Duvoux

"On n'a pas le temps pour la tristesse" : le combat de la fratrie Malo

"Roman, Morgane et Yonah, 26, 21 et 14 ans, sont frères et sœurs et ont vécu dans une grande précarité jusqu’à l’adolescence. Lorsqu’ils perdent leur père en 2012, puis leur mère en 2021, ils comprennent qu'il va falloir livrer un combat sans merci pour rester ensemble et ne pas perdre pied."
Le témoignage de Roman et Morgane décrit bien la parentification et la solidarité d'enfants dans une famille confrontée à la pauvreté, à la dureté du monde du travail..
Roman explique bien comment dépasser la honte de la pauvreté a déclenché une extraordinaire solidarité.
Ecouter le podcast de l'émission les pieds sur terre"

Par elles-mêmes. Une année dans un foyer de l'Aide Sociale à l'Enfance

"D'octobre 2021 à juillet 2022 Judith Bordas et Annabelle Brouard ont mené des ateliers de prise de son, de montage, des ateliers d’écriture et de mise en voix au sein du foyer Saint-Michel de Lyon qui accueille des jeunes filles en rupture familiale. Très vite les jeunes filles s'emparent des micros, font récit de leurs vies, témoignent d'un quotidien hors-norme marqué par une grande précarité résidentielle.
Elles acceptent de raconter cette tension constante entre un passé mouvementé et un futur incertain, nous emmènent dans ces longues plages de silences au cœur de l'institution et font revivre les trajectoires de femmes les ayant précédées. Car avant d’être un foyer d'hébergement Saint-Michel a d’abord été au 19e siècle un lieu de protection pour jeunes filles "pénitentes", il appartenait alors à la Congrégation du Bon Pasteur."
Ecouter le Podcast de "l'Expérience" sur Radio-France

La jeune fille et l’innocent, histoire d’une accusation de viol qui a duré près de vingt ans

"La cour de révision examine, jeudi 8 décembre, la demande de réhabilitation de Farid E., condamné en 2003 par la cour d’assises des mineurs pour « agressions sexuelles » et « viol ». L’adolescente de 15 ans qui l’avait accusé en 1998 a reconnu, en 2017, avoir menti."
Ce long récit détaille une erreur judiciaire, son dévoilement, et une série d'anomalie : un jeune homme condamné, mais à une peine qui laisse entendre des doutes sur sa culpabilité, puis cinq années pour lui annoncer son innocence.
Les contributions des lecteurs sont aussi interessantes à lire, montrant l'intensité des débats sur la présomption d'innocence.
Cette situation fait écho au livre récemment écrit par l'auteure de l'article, Pascale Robert-Diard, "la petite menteuse", qui interroge la présomption de culpabilité.
Dans les deux cas, on peut voir que ces jeunes filles ne mentent pas pour rien et Pascale Robert Diard l'explique très bien dans la vidéo ci-dessous.

Lire l'article du Monde

Morts de dizaines de migrants à Melilla : ce qu’il s’est vraiment passé à la frontière entre l’Espagne et le Maroc

"Un policier marocain assène plusieurs coups de matraque à un migrant au sol, sous les yeux de ses collègues. Autour d’eux, des dizaines de migrants, certains inertes, gisent dans la cour d’un poste-frontière, à la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Melilla. Comment en est-on arrivé là ?
Le Monde, en partenariat avec Lighthouse Reports et plusieurs médias, a enquêté pendant plusieurs mois pour reconstituer les événements du 24 juin 2022. Ce jour-là, une tentative de passage à Melilla se transforme en la tragédie la plus meurtrière aux frontières terrestres de l’Europe. Notre enquête, fondée sur l’analyse des images disponibles, de séquences inédites et des témoignages d’une quarantaine de personnes, dont des policiers, permet notamment de comprendre sur quel territoire sont mortes les 23 victimes identifiées et qui en est responsable. Elles montrent comment l’utilisation excessive de gaz lacrymogène et la violence des agents envers les migrants laissés attachés en plein soleil pendant au moins trois heures a causé des dizaines de morts."
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Revue de presse 27 novembre 2022


« Le phénomène sectaire n’a cessé d’augmenter depuis vingt ans »

"Et si les victimes étaient, elles aussi, actives dans le processus d’aliénation qu’est l’emprise sectaire ? C’est l’hypothèse sur laquelle débouche la psychologue et psychanalyste Delphine Guérard dans son récent ouvrage L’Emprise sectaire (Dunod, 208 pages, 24 euros).
Spécialiste d’un phénomène sur lequel elle travaille depuis vingt ans, notamment au sein du réseau associatif et de la Miviludes, cette experte judiciaire près la cour d’appel de Paris se fonde sur des rencontres avec des maîtres de sectes et des victimes pour saisir la mécanique psychopathologique à l’œuvre dans ces phénomènes extrêmes, qui sont loin d’avoir disparu, même s’ils prennent des formes différentes."
[...] Une secte se caractérise par trois éléments : un leader infaillible et doté de tous les pouvoirs, un groupe constitué d’adeptes, et des techniques qui concourent à un processus de désubjectivation visant à altérer l’esprit critique, la pensée et même l’identité des victimes.
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« Oui, par manque de moyens, la pédopsychiatrie doit depuis des années trier les enfants »

"Le collectif Pédopsy 93, qui regroupe l’ensemble des chefs de service de pédopsychiatrie et des médecins de centres médico-psychologiques de Seine-Saint-Denis, sonne l’alarme.
Qui prendre en soins lorsque l’on ne peut pas prendre tout le monde en soins ? Les enfants les plus gravement atteints, car ils n’ont pas d’autre lieu de soins que les nôtres ? Les adolescents suicidaires, car leurs vies sont menacées ? Les plus petits, car on aura plus de chances d’infléchir leur trajectoire développementale ? Les cas les plus « légers », car ils prendront moins de temps pour être soignés ? Bébés, enfants, ados ?
Telles sont les questions auxquelles se heurtent chaque jour les soignants en pédopsychiatrie. Est-ce humain ? Alors que la pédiatrie alerte sur son manque de moyens amenant les médecins à des stratégies de « tri » pour prendre en soins le maximum d’enfants, François Braun, ministre de la santé et des solidarités, s’est dit choqué. C’est le manque de moyens qui oblige les soignants à trier des enfants. C’est la France qui trie ses enfants."
[...] L’attente pour un premier rendez-vous atteint dix-huit mois dans les villes de Seine-Saint-Denis. Au rythme du développement de l’enfant, ces délais sont insupportables, et la plupart du temps, les difficultés se seront aggravées.
L’empêchement de remplir les missions premières – accueillir, soigner et, si possible, prévenir – est la cause de l’épuisement des professionnels et d’une crise des vocations. Il est de plus en plus difficile de recruter des soignants pour la santé mentale des mineurs.
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Gisèle Delcambre : "La réalité de la protection de l’enfance est gravissime"

"Vous êtes l’une des juges des enfants ayant récemment alerté la Défenseure des droits sur la « situation alarmante de la protection de l’enfance dans le Nord et la Somme ». Que constatez-vous donc à Lille ?
Gisèle Delcambre : Depuis juin 2022, les travailleurs sociaux de certains territoires, notamment Roubaix et Tourcoing, ne viennent plus aux audiences de notre tribunal (pour les enfants qu’ils accompagnent, NDLR). Et, depuis septembre, ils ne communiquent plus les rapports d’échéance, où doivent figurer leurs évaluations.
Cela nous met en difficulté, puisque les magistrats ne peuvent instaurer de mesures qu’après audition des parties – et notamment du service auquel l’enfant est confié."
Nous en sommes ainsi à faire des « gardes directes ». Quand l’aide sociale à l’enfance (ASE) n’est pas représentée à l’audience, faute de pouvoir placer, nous confions à un tiers digne de confiance, ou bien à une structure habilitée. On fait avec les moyens du bord pour préserver les gamins...
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Maison des Ados : des équipes mobiles sillonnent les territoires ruraux à la rencontre des jeunes isolés et de leur famille

"Afin d’aller à la rencontre des jeunes et des familles géographiquement isolés, la Maisons Des Adolescents (MDA) de Charleville-Mézières (Ardennes) a créé une équipe mobile. Elle sillonne ce département rural à bord d’un camping-car pour favoriser l’accès aux soins et lutter contre les inégalités.

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Ces villes qui font de la santé mentale un enjeu de premier plan


"Casquette, large jean, baskets orange, la vingtaine et le regard vif, il est tout sourire. Assis sur le canapé, Gaspard fait le point sur sa première demi-journée au Clubhouse de Nantes, conscient de l’écoute bienveillante de Jean et de Françoise (les prénoms des membres de l’association ont été changés). Comme lui, ils vivent avec un trouble psychique et ont intégré cette structure consacrée à l’insertion sociale et professionnelle des personnes en situation de handicap psychique : schizophrénie, bipolarité, dépression sévère… Ici, les adhérents contribuent, selon leur envie et leur capacité du moment, au fonctionnement du lieu, toujours en binôme afin de s’entraider : accueil, repas, ménage, comptabilité…
Ce matin, Gaspard a choisi d’accompagner Danielle au marché pour la préparation du déjeuner collectif : « Cela m’a plu, je me sens libre ici, ça me change de mes cinq années à l’hôpital. J’ai envie de revenir. » La méthode Clubhouse, « fondée sur le modèle d’une journée de travail, permet à un membre sur trois en moyenne de reprendre une activité professionnelle », glisse Alice Aubineau, directrice de l’antenne nantaise ouverte il y a deux ans, après celles de Paris, Bordeaux, Lyon et Lille, rejointes bientôt par Bastia et Rennes. A Nantes, le Clubhouse est financé à 50 % par le privé et à 50 % par le public, dont une subvention de 100 000 euros de la ville de Nantes.
Au-delà de ce type d’aides ciblées, « Nantes déploie une série d’actions depuis plusieurs années. Il y a urgence, encore plus depuis le Covid : la pandémie a mis en lumière la stigmatisation autour des troubles psychiques et le manque d’investissements », souligne Rachel Bocher, cheffe du service de psychiatrie au CHU de Nantes, et commissaire scientifique du colloque international « Villes et santé mentale », qui se tiendra à la Cité des congrès de Nantes les 1er et 2 décembre, et dont Le Monde est partenaire.
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Violences faites aux femmes : les données du 3919 toujours alarmantes

"A quelques jours de la journée internationale des violences faites aux femmes, la Fédération nationale Solidarité femmes (FNSF) publie ses chiffres annuels. Une fois de plus, le bilan est inquiétant. En 2021, la ligne du 3919, Violences femmes info, a pris en charge 92 674 appels, soit une augmentation de 14 % par rapport à l’année 2019.
L’association note en revanche que le chiffre est en baisse comparé à 2020, année au cours de laquelle 99 538 appels avaient été recensés. « Rappelons que [ce] fut une année exceptionnelle pendant laquelle le trafic d’appels a connu une évolution spectaculaire du fait du confinement », souligne le rapport.
Au total, 50 931 appels sont liés à des violences faites aux femmes, ce qui représente une augmentation de 13 % par rapport à 2019. La grande majorité (92 %) concerne des violences conjugales, 7 % des violences sexuelles et 1 % des violences sexuelles au travail.
Parmi les victimes, nombreuses sont celles à révéler subir plusieurs formes de violences : 85 % font état de violences psychologiques (dénigrement, mépris, humiliations, reproches), 76 % de violences verbales (injures et insultes) et 60 % de violences physiques. « Plus d’une femme victime sur dix déclare avoir été victime d’une tentative d’étouffement (1 262) ou de strangulation et 267 femmes dénoncent une tentative de meurtre ou de défenestration », détaille la FNSF.
Arrivent ensuite les violences économiques, citées par 25 % des victimes – dont plus de la moitié signale un chantage pécuniaire –, les violences sexuelles (11 %) et les violences administratives (4 %)."
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Violences faites aux femmes : la HAS publie un nouvel outil d’aide au repérage

"Dans ses travaux sur le « Repérage des femmes victimes de violences au sein du couple » publiés en 2019, la HAS recommande aux professionnels de santé de premier recours de questionner leurs patientes lors de la consultation, même en l’absence de signes d’alerte, sur d’éventuelle violences conjugales actuelles ou passées. Cette recommandation est cependant peu appliquée : selon une enquête barométrique menée par l’institut BVA pour la HAS¹, seules 3% des femmes ayant consulté un médecin généraliste au cours des 18 derniers mois se rappellent avoir été interrogées sur ce sujet.
De fait, les obstacles à l’application de cette recommandation sont nombreux : méconnaissance de la recommandation, manque de formation (ampleur du problème, phénomène d’emprise…), crainte de dégrader la relation avec la patiente, sentiment d’impuissance… Pourtant, le médecin a un rôle clé. Des violences non repérées ont des conséquences sur la santé physique et psychique et deviennent généralement plus fréquentes et sévères avec le temps, jusqu’à représenter un risque vital.
Ce rôle est d’autant plus important que les médecins, par la relation de confiance qu’ils entretiennent avec leurs patientes, sont bien souvent les premiers professionnels auxquels s’adressent les femmes victimes de violences. D’ailleurs, plus de 8 femmes sur 10 estiment que c’est important, légitime et rassurant que le médecin questionne ses patientes au sujet des violences, et 96% considèrent qu’un questionnement systématique est une bonne chose.
Lire l'article sur le site de la HAS
Lire la recommendation "Repérage des femmes victimes de violences au sein du couple"


Revue de presse 20 novembre 2022


Rapport annuel sur les droits de l'enfant 2022 - La vie privée : un droit pour l’enfant

"Le droit à la vie privée n’est pas réservé aux adultes : c’est un droit pour l’enfant consacré par l’article 16 de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), dont le Défenseur des droits est garant. Bien qu’assis juridiquement, ce droit est pourtant peu reconnu en pratique et trop souvent bafoué. Or, sans vie privée, l’enfant ne peut devenir un individu libre, autonome et respectueux de l’altérité.
Le rapport annuel 2022 consacré aux droits de l’enfant, intitulé « La vie privée : un droit pour l’enfant », met en lumière un sujet d’actualité qui questionne non seulement les enfants mais également le rôle et les pratiques de toutes les personnes qui sont à leur contact au quotidien : les parents et la famille, la communauté éducative, le corps médical, les professionnels de l’enfance et, plus largement, toutes les autorités en charge de leur protection."
Une grande force de ce rapport est de prendre appui sur la parole de jeunes, après une consultation nationale qui a permis à 1100 d'entre eux de s'exprimer.
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Contrat jeune majeur : un département sommé de poursuivre la prise en charge

"Le juge des référés du Conseil d'État intime au département de l'Essonne de poursuivre la prise en charge d'une jeune majeure sortant de l'aide sociale à l'enfance (ASE) et dépourvue de ressources. Une obligation légale depuis la loi du 7 février 2022". Cette loi "reconnaît notamment le droit à la prise en charge, par l'ASE, des jeunes majeurs âgés de moins de 21 ans « qui ne bénéficient pas de ressources ou d'un soutien familial suffisants », lorsqu'ils ont été confiés avant leur majorité (article L. 222-5, 5° du code de l'action sociale et des familles)".
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Jeunes au travail, en finir avec les préjugés

"La jeunesse est-elle démissionnaire par rapport au travail ? Des travaux sur ce sujet montrent qu’il faut déconstruire cette idée : les jeunes se mobilisent pour s’insérer professionnellement, mais ils subissent une conjoncture défavorable, entre marché de l’emploi restreint et précarité des emplois.
Dans cet article, Julie Couronné pointe l'invisibilisation des jeunes issus de milieux modestes : "« On voit des jeunes, issus des milieux modestes, qui tendent à être enfermés dans des conditions d’emploi qu’il est difficile de supporter tant parce qu’elles offrent peu de perspectives, qu’elles n’assurent pas l’accès à l’autonomie résidentielle et qu’elles usent les corps. Conditions qu’ils ont bien souvent héritées de leurs parents, eux-mêmes confrontés aux emplois précaires et non qualifiées »"
Lire l'article de Julie Couronné

Situation alarmante de la protection de l’enfance dans le nord et la somme : la défenseure des droits se saisit d’office

"Récemment alertée par des juges des enfants des difficultés rencontrées par les services de l’aide sociale à l’enfance (ASE) des départements du Nord et de la Somme dans leur mission de protection des enfants, la Défenseure des droits a décidé de se saisir d’office de ces situations, en vertu de l’article 5 de la loi organique.
Manque de places en foyer et d’assistants familiaux, placements non exécutés, mesures d’assistance éducative en milieu ouvert prises en charge dans des délais pouvant excéder 6 mois, et ruptures dans les parcours des enfants… telles sont les situations extrêmement préoccupantes qui questionnent le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant.
Au-delà des situations de ces départements, la Défenseure des droits, Claire Hédon et son adjoint Défenseur des enfants, Eric Delemar, s’alarment, une fois de plus, de l’état dramatique de la protection de l’enfance aujourd’hui, qui n’est, dans de nombreux territoires, plus dûment assurée.
Le nombre de places pour accueillir les très jeunes enfants, comme les adolescents dans des conditions adaptées à leurs besoins, est largement insuffisant. Les mises en danger se multiplient. Le manque de professionnels pour les accompagner est criant. Malgré un investissement souvent considérable de ces professionnels, leurs conditions de travail ne leur permettent plus de mettre au cœur de leurs actions l’intérêt supérieur de l’enfant. Les métiers de la protection de l’enfance n’attirent plus suffisamment, ce qui met à mal la stabilité des parcours des enfants et la connaissance fine de leurs besoins fondamentaux individuels".
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Métiers du lien : avec les femmes sur le terrain

"Elles sont aide à domicile, technicienne de l’intervention sociale et familiale (TISF), assistante maternelle, éducatrice spécialisée, auxiliaire de vie sociale, aide-soignante, assistante familiale et accompagnante éducative et sociale. A elles huit, elles ouvrent une porte sur l’univers encore bien trop méconnu du lien. Pendant deux ans, Vincent Jarousseau a suivi ces travailleuses « essentielles » afin de restituer leur parcours et leurs conditions de travail dans un livre hybride, entrelaçant bande dessinée et roman-photo documentaire. « Rendre compte de la situation de ces femmes laissées dans l’ombre, faire ressentir la complexité et la diversité des expériences, loin des clichés misérabilistes, tel est le but de ce documentaire », détaille le photojournaliste en préambule de l’ouvrage.
« La classe ouvrière telle qu’elle a été définie au XIXe siècle et au XXe siècle a disparu, elle a laissé la place à la notion plus vague de classes populaires (au pluriel). La société de services, largement portée par les femmes du lien, est pourtant une nouvelle classe ouvrière », constate Vincent Jarousseau, qui s’interroge : « Notre société veut-elle reconnaître les légitimes aspirations sociales de ces ouvrières ? » Et d’ajouter : « Un jour ou l’autre, chacun d’entre nous, à différentes étapes de sa vie, aura affaire à ces femmes ; nous serons entre leurs mains. »"
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La proc, méchante mais pas trop

"Au moment où l'actualité fait état d'un engouement des citoyens à faire justice eux-mêmes, une procureure nous raconte le quotidien judiciaire d'un tribunal de grande instance dans une ville moyenne du sud de la France."
Jeanne Quilfen, 40 ans, est procureure, magistrate du parquet. Elle est chargée de diriger les enquêtes avant les procès, s’il y en a, et de porter la parole de la société en prenant des réquisitions, dans lesquelles elle propose au juge, la peine qui lui semble juste en fonction des faits et de la personnalité de la personne poursuivie. Après les procès, elle est garante de l'exécution des peines."
Ecoutez le Podcast sur France Culture


Revue de presse 13 novembre 2022


Mixité sociale et scolaire : il y a encore du boulot !

"Connaissez-vous les IPS ? Non ? C’est normal.
Derrière ce sigle mystérieux qui signifie Indice de position sociale, se cache un instrument jusque-là seulement connu des chefs d’établissements et des cadres de l’Éducation Nationale. Leur mise à disposition du grand public après une longue bataille juridique de trois ans menée par un journaliste indépendant, Alexandre Léchenet, permet de mieux saisir les enjeux de la ségrégation sociale et scolaire. On n’apprend rien qu’on ne savait déjà, mais on peut mieux mesurer le poids de la ségrégation sociale et scolaire dans notre pays.
Les établissements privés sont surreprésentés dans le groupe des IPS supérieurs à 130. Alors que l’on compte 14,1 % d’écoles privées sous contrat, elles ne constituent que 3,2 % des écoles ayant un IPS inférieur à 90 mais 60,3 % des écoles avec un IPS supérieur à 140. On retrouve la même logique pour les collèges.
Tout cela ne fait que confirmer d’autres études comme celle de la DEPP en 2021 qui montrait que le privé sous contrat accueillait deux fois plus d’élèves socialement très favorisés que le secteur public (40,1 % contre 19,5 %), et deux fois moins d’élèves défavorisés (18,3 % contre 42,6 %). Le vrai « séparatisme » est là !"
Lire l'article d'Alternatives économiques

Non-consentement des mineurs : huit ans de prison pour le viol d’une enfant de 11 ans

"L’affaire avait donné lieu à un débat sur le non-consentement des mineurs. Un homme de 33 ans a été condamné, vendredi 4 novembre, à Pontoise (Val-d’Oise) à huit ans de prison pour avoir violé en 2017 une fille de 11 ans, qu’il avait jugée « consentante ». « La cour estime que les actes sexuels ont été commis par contrainte morale et par surprise », a déclaré le président de la cour criminelle, composée de cinq juges professionnels, sans jury populaire.
Le verdict a été prononcé en public. Mais les trois jours d’audience s’étaient tenus à huis clos.
La victime, à « 11 ans et 10 mois [au moment des faits] ne présentait pas la maturité suffisante ni le discernement pour consentir à la relation sexuelle », a argumenté le président de la cour, à l’issue d’un délibéré de plus de trois heures."
Lire l'article du Monde

Les décrocheurs de la sécurité sociale

"Par manque de moyens et d’informations, Raymonde, soixante-dix ans, et Hervé, quarante-trois ans, avaient renoncé à se soigner. Grâce à un dispositif récent, quatre agents de la CPAM de Dunkerque ont pu les repêcher. Leur vie en a été transformée !
Les témoignages et les analyses de Raymonde et Hervé sont d'une grande force.
« Une personne qui vous écoute, c’est toute l’humanité qui vous écoute. Le “Bonjour” de ma référente, son “Au revoir”, son sourire, c’est un peu d’humanité qui entre dans ma vie. J’étais morte pour la société, et maintenant je revis. » Raymonde
Ecouter le podcast

Allier : Les jeunes confiés à l’aide sociale à l’enfance ont la parole

"Instance participative unique en France créée par le département de l'Allier en janvier 2021, le haut conseil des enfants confiés associe les jeunes aux décisions les concernant.
« Ce dispositif leur donne l’opportunité de réfléchir par eux-mêmes, de développer leur aptitude à élaborer des propositions », souligne ­Blandine ­Aatar, animatrice de l’observatoire départemental de la protection de l’enfant, où certains jeunes représentent le haut conseil. Des questions étaient attendues : rôle du référent de l’ASE, contrôle des familles d’accueil… Mais « on a été frappé par des débats de fond que nous n’avions pas vu venir, par exemple sur le maintien du lien avec les parents, une source de souffrance pour certains enfants », remarque ­Guillaume Gorge."
Lire l'article de la Gazette des communes

En gendarmerie, seules 24 % des victimes de violences conjugales voient un intervenant social

"Dans un rapport d’inspection générale, les victimes de violences conjugales se montrent plutôt satisfaites de leur accueil en gendarmerie. Des progrès restent à faire pour les mettre en contact avec les intervenants sociaux.
« Je me suis sentie en sécurité grâce aux gendarmes. Ils m’ont particulièrement bien prise en charge et m’ont expliqué beaucoup de choses. (…) Pour le moment, je vis tranquille car le père de mon fils est en prison pour neuf mois ». Tel est l’un des nombreux témoignages qui figurent dans le rapport d’audit de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) sur l’accueil des victimes de violences conjugales dans les unités de gendarmerie, pour la première fois rendu public."
Lire l'article du Média social


Revue de presse 6 novembre 2022


Violence(s) en établissement : les professionnels en première ligne

"Un usager qui s’automutile, deux résidents qui en viennent aux mains ou encore un autre donnant des coups de poing au professionnel qu’il côtoie tous les jours. Autant de situations vécues par des personnels souvent démunis et déstabilisés.
La violence au travail n’est pas nouvelle pour les équipes encadrant des personnes âgées ou en situation de handicap. Les faits sont recensés depuis 2005 par l’Observatoire national des violences en santé, qui souligne une constante : la quasi-absence de judiciarisation des faits et une complexité des causes. Pathologies, addictions, refus de soins, environnement inadapté, équipes restreintes… les raisons sont nombreuses et difficiles à expliquer. Savoir exposer les maux vécus sur son lieu de travail constitue la première étape."
Lire l'article des ASH

"J'ai fait trois familles d'accueil et sept foyers, c'est beaucoup" : dans le Nord, enfants placés et professionnels de la protection de l'enfance tirent la sonnette d'alarme

"La valse des lieux d'accueil, des foyers trop plein faute de place, des placements non adaptés… La protection de l'enfance est en danger alertent des magistrats, des avocats et des travailleurs sociaux.
Les enfants ballottés d'un endroit à un autre en sont les premières victimes. Des enfants devenus adultes, au parcours chaotique comme celui de Dounia, frêle jeune femme, placée depuis toute petite comme ses six frères et sœurs.
Maman prostituée et toxicomane, des pères aux abonnés absents... elle a rendez-vous ce jour-là chez son avocate à Lille pour faire le point. À la fin du mois, elle ne sera plus officiellement une enfant de l'ASE. "J'ai fait trois familles d'accueil et sept foyers, c'est beaucoup", déplore Dounia.
"Tu ne sais pas où tu vas. Donc tu attends de voir où tu vas tomber. Avec qui ? Quelles personnes ? Quels éducateurs ? Tu commences à prendre l'habitude d'être trimballé comme un pion.""
Lire l'article de Francetvinfo

La Cour européenne des droits de l'homme condamne la France pour ne pas avoir protégé une enfant violée dans sa famille d'accueil

"La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné, le 3 novembre, la France dans l'affaire d'une enfant violée dans sa famille d'accueil dans les années 1970-80, dans le Tarn-et-Garonne. Les juges européens ont considéré que les autorités nationales ont failli à leur obligation de protéger la fillette.
France L. la requérante, aujourd'hui âgée de 51 ans, a été placée dans une famille par les services de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) du Tarn-et-Garonne de 1976 à 1988. Elle a subi des viols et abus sexuels pendant 13 ans (soit de l’âge de 5 ans à sa majorité) commis par le père de la famille d'accueil. L'auteur a reconnu une partie des faits dénoncés."
Lire l'article de enfancejeunesseinfos

Un Français sur quatre déclare être en situation précaire, selon une étude du Secours populaire

"Ne pas chauffer son logement malgré le froid ou sauter un repas alors qu’on a faim : un Français sur quatre déclare se trouver dans une situation précaire, selon un baromètre du Secours populaire publié vendredi 4 novembre.
Selon cette étude réalisée par l’institut Ipsos auprès de 6 000 individus originaires de six pays (Allemagne, France, Grèce, Italie, Pologne et Royaume-Uni), selon la méthode des quotas, 62 % des Européens ont déjà restreint leurs déplacements et 47 % ont déjà renoncé à chauffer leur logement malgré le froid en raison d’une « situation financière difficile ».
Il est également arrivé à 34 % de ces personnes d’avoir renoncé à se soigner alors qu’elles avaient un problème de santé et à 29 % d’entre elles de sauter un repas alors qu’elles avaient faim. Au total, 27 % des personnes interrogées déclarent se trouver dans une situation précaire. Dans le détail, 51 % des Grecs s’estiment fragilisés, contre 24 % des Français et 18 % des Allemands."
Lire l'article du Monde


Revue de presse 31 octobre 2022


Usages de drogues et conditions de vie des "mineurs non accompagnés"

"Il ressort des observations du dispositif TREND que les usages de drogues de certains mineurs non accompagnés ne peuvent se comprendre que dans l’intrication biographique entre la vie dans le pays d’origine, le projet migratoire, la migration en tant que telle, et les conditions de vie dans le(s) pays de destination. Les contextes de vie accroissent les risques sanitaires, notamment ceux liés à la vie dans la rue et à des usages importants de substances psychoactives.
Un besoin de prise en charge "passerelle" et pluridisciplinaire
Plus globalement, face aux multiples problématiques qui caractérisent les mineurs non accompagnés usagers de drogues et à la relative inadaptation des réponses existantes, cette note met en relief l’importance, soulignée par de nombreux acteurs, de bénéficier de dispositifs s’appuyant sur un accompagnement pluridisciplinaire et un cadre de fonctionnement adapté servant de passerelle entre la vie dans la rue et les structures de droit commun de l’ASE.
Lire la note de l'observatoire français des drogues et des pratiques addictives

Daniel Verba : « Une politique de la petite enfance est une contribution notable et peu coûteuse à la prévention des inégalités sociales »

"Pour pallier le désastreux manque de personnels dans les structures d’accueil de jeunes enfants (mais aussi dans d’autres secteurs vitaux de notre société), le gouvernement prévoit, entre autres, de permettre à des personnes non qualifiées d’accéder par dérogation à des emplois dans les crèches.
Au lieu de constater que les politiques de déqualification corrélées à la lente mais funeste privatisation des services publics ont conduit à l’actuelle pénurie de professionnels à l’hôpital ou dans l’éducation nationale, le second gouvernement d’Emmanuel Macron poursuit, sans se questionner, dans cette voie.
Rappelons que s’occuper de jeunes enfants comme de personnes vulnérables – quoi que peuvent en penser ceux qui y voient encore une fonction « naturelle » des femmes peu qualifiées, reproduisant ainsi les stéréotypes de genre qui assignent les femmes aux métiers du soin à autrui – suppose des compétences qui ne sont pas innées. Un processus de formation associant étroitement cours et stages, comme en médecine, est indispensable à leur obtention ; et cela passe par une socialisation qui doit être portée à la fois par des formateurs et des professionnels expérimentés".
Lire l'article du Monde

Justice pénale des mineurs : la nouvelle édition du référentiel des pratiques éducatives

"Un an après l'entrée en vigueur du code de la justice pénale des mineurs (CJPM), la direction de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) publie la nouvelle édition du référentiel des pratiques éducatives (septembre 2022), cadre de référence pour les professionnels de la PJJ et du secteur associatif habilité (SAH).
Éducateurs, psychologues, assistants de service social, professeurs techniques, cadres, magistrats, partenaires… ce document s'adresse à chaque professionnel concourant à la prise en charge des jeunes confiés à la protection judiciaire de la jeunesse.
«La présentation de chaque mesure et le rappel de la procédure applicable ont pour objectif de faciliter l'appropriation de tous les champs d'intervention de la protection judiciaire de la jeunesse, en lien étroit avec l'ensemble des acteurs et partenaires », souligne dans son préambule, Caroline Nisand, directrice de la PJJ.
Lire l'article sur enfancejeunesinfos.fr

Prostitution des mineurs : un guide pour orienter les professionnels

"Dans un guide publié le 20 octobre, l’ACPE (Agir contre la prostitution des enfants), en collaboration avec le 116 000 Enfants Disparus, entend donner des clés aux professionnels de l’enfance, de la justice et de la police pour mieux appréhender le phénomène de prostitution des mineurs.
Ce livret d’une quarantaine de pages détaille, dans un premier temps, de quelle manière les outils numériques et le contexte sociétal actuel participent aux changements des conduites prostitutionnelles. Il s’intéresse par ailleurs aux profils des victimes. « Si leur origine sociale peut différer, la quasi-totalité des mineurs victimes de prostitution présentent souvent des caractéristiques psychologiques communes telles qu’une fragilité, un désir d’indépendance, un manque d’estime personnelle, une carence affective, une hypersexualisation, une crédulité, une soumission à la violence et à la volonté d’autrui, et parfois une difficulté de lien avec les parents », explique L’ACPE.
Pour mieux repérer ces conduites, l’association invite les professionnels à « se fier à des faisceaux d’indices assez précis », comme les fugues à répétition, les tenues vestimentaires hypersexualisées ou encore l’acquisition rapide de nouveaux biens matériels. Le manuel comprend également un chapitre sur les dispositions légales, un autre sur le rôle des institutions, ainsi qu’un rappel des peines encourues."
Lire l'article des ASH

2 min pour comprendre... les accompagnements des bénéficiaires du RSA

"« Sept ans après l'entrée dans le RSA, 42 % des bénéficiaires » perçoivent encore cette allocation, et ils ne sont que 3 sur 10 à avoir « retrouvé un emploi »... Ce constat d'échec en matière d'insertion a encore été rappelé au Sénat, le 19 octobre, par le ministre du Travail Olivier Dussopt, citant un dernier bilan de la Cour des comptes. Et voilà pourquoi il entend désormais renforcer l'accompagnement des allocataires, en commençant par une expérimentation : imposer 15 à 20 heures d'activités, notamment de formation, en contrepartie de ce minimum social.
Encore lui faudra-t-il faire appliquer sa réforme... Car cette logique des « droits et devoirs », de fait, a déjà été instituée avec le revenu de solidarité active. Pourtant, nous avons inspecté les statistiques de la Drees, pour la fin 2019 : certains départements s'avèrent bien loin de mettre en œuvre l'obligation d'orienter chaque bénéficiaire vers un organisme référent, puis, éventuellement, de lui faire signer un « contrat d'engagement réciproque ».
Quels sont les départements les plus efficaces dans l'accompagnement des bénéficiaires du RSA ? Et quelles sont les lanternes rouges ? Peut-on au moins expliquer leurs retards par l'importance des effectifs de leurs allocataires ?"
Lire l'article du Média social

Qui doit lutter contre le chômage ?

"Atteindre le plein emploi, soit 5% de chômage, c'est l'objectif du gouvernement. Le budget pour 2023 prévoit une hausse d'environ 7 milliards des crédits en faveur du ministère du travail. Une hausse du budget censée servir, entre autre, à la mise en place de France Travail, un "guichet unique" permettant de rassembler les différents acteurs. Elisabeth Borne a déclaré : “Nous ne pouvons plus continuer à avoir, d'un côté, l'Etat qui accompagne les demandeurs d'emploi, de l'autre, les régions qui s'occupent de leur formation et les départements en charge de l'insertion des bénéficiaires du RSA ». Qui doit lutter contre le chômage ? Depuis plus d'un siècle, la puissance publique accompagne les demandeurs d'emploi et des dispositifs ont été mis en place à différentes échelles comme les territoires zero chômeur ou les missions locales. Qu'est-ce que ces initiatives nous apprennent ? Qui de l'état ou des collectivités locales peut le mieux favoriser le retour à l'emploi ?"
Ecouter le podcast "Entendez-vous l'éco


Revue de presse 24 octobre 2022


Fusion des diplômes du travail social : on en reparle

"Pour Jean-Luc Gautherot, ingénieur social, des signaux faibles laissent penser que le projet de fusion des diplômes du travail social pourrait ressortir des cartons, afin de répondre en partie à la crise d’attractivité des métiers.
Le projet de fusion des diplômes du travail social en un diplôme unique par niveau avait émergé à l’occasion des États généraux du travail social de 2015. Il avait finalement été abandonné. Il ressurgit dans les débats comme une des solutions à la crise d’attractivité des métiers. Argumentaire : avec un diplôme par niveau, l’offre de formation serait plus lisible et mieux connue par la société."
Lire l'article du Média social

Podcast ASH : Attractivité des métiers : valoriser le sens

"A l’occasion de la semaine des métiers de la solidarité qui a eu lieu du 10 au 14 octobre, la rédaction des ASH vous propose un podcast consacré aux problèmes d’attractivité des professions sociales et médico-sociales.
Travailler dans l’accompagnement, l’intervention sociale ou la petite enfance n’attire plus. Car ces métiers demeurent encore méconnus. Educateur spécialisé, accompagnant éducatif et social et assistante maternelle sont les métiers les plus en tension. Par exemple, le secteur de l'aide à domicile recherche 26 000 salariés d'ici 2030, pour la seule Ile-de-France".



Femmes dans les territoires ruraux ""Agenda rural : où sont les femmes ?" : aucune des 181 mesures de l’agenda rural du gouvernement présenté à l’automne 2019 et qui constitue aujourd’hui le socle de la politique gouvernementale en faveur des territoires ruraux, ne traite de l’égalité femmes-hommes ni des problématiques spécifiques aux femmes.
Partie de ce constat, la délégation aux droits des femmes du Sénat a travaillé pendant dix mois, de façon transpartisane, pour dresser un tour d’horizon de la situation des femmes dans les territoires ruraux, autour de huit thématiques : mobilité et articulation des temps de vie, jeunesse et orientation scolaire, emploi et insertion professionnelle, métier d’agricultrice, entrepreneuriat, santé et accès aux soins, lutte contre les violences conjugales et engagement politique.
Au-delà d’un panorama des obstacles et freins spécifiques rencontrés par les femmes rurales, la délégation souhaite surtout se faire l’écho de bonnes pratiques et initiatives locales innovantes qui pourraient être dupliquées dans d’autres zones du territoire national.
La délégation formule 70 recommandations visant à mieux articuler égalité femmes-hommes et égalité territoriale, et à renforcer l’autonomie et l’intégration sociales, professionnelles et politiques des femmes"
Lire l'article
Lire le rapport "Femmes et ruralités : en finir avec les zones blanches de l'égalité

Education nationale : une nouvelle enquête mesure une augmentation forte des conflits entre enseignants et avec les chefs d’établissements

C’est une enquête qui souligne l’une des raisons du mal-être enseignant. Au-delà des rapports avec les élèves, « on assiste à un véritable effondrement de la qualité des relations entre adultes », écrivent les chercheurs Eric Debarbieux et Benjamin Moignard, spécialistes de la violence scolaire, dans une enquête de victimation réalisée pour l’organisation l’Autonome de solidarité laïque et diffusée le 18 octobre.
Sur un échantillon représentatif de 8 851 personnels de l’éducation nationale – des enseignants en majorité, mais aussi personnels administratifs et de santé, des membres de la vie scolaire, des AESH et des personnels de direction –, les chercheurs relèvent que le climat scolaire s’est fortement dégradé entre 2013, date de leur dernière enquête sur un échantillon similaire, et 2022, passant de 37,8 % à 50 % d’insatisfaits. L’augmentation des conflits est « avérée » au sein des équipes pédagogiques, avec 40,5 % des répondants qui jugent que l’équipe est « peu ou pas solidaire », contre 33,6 % en 2013.
La défiance est particulièrement forte entre les équipes et leur direction : « Près de la moitié des personnels interrogés perçoivent une mauvaise qualité de la relation enseignants/directions, en augmentation de 14 points par rapport à l’enquête précédente », indique le rapport. De même, on passe, entre 2013 et 2022, de 23,5 % à 38,1 % des répondants qui déclarent ne pas se sentir « respectés » par leur direction. De manière concomitante, la part des personnels se disant victime de « harcèlement moral », en particulier de la part de la direction, est en forte augmentation."
Lire l'article du Monde

«L'I3P infiltrée», un portrait brut de la psychiatrie ordinaire

"Gestion des cas difficiles, hospitalisations avec et sans consentement, irresponsabilité pénale, manque de moyens… Le journaliste Valentin Gendrot a passé quinze mois dans l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris, «l'I3P», qui accueille les personnes arrêtées présentant des troubles mentaux manifestes.
Dans ce sas de la folie ordinaire, le journaliste est allé à la rencontre des malades, des infirmiers et des médecins. Le récit saisissant qu'il en tire, L'I3P infiltrée, publié le 12 octobre 2022 aux éditions Albin Michel, dévoile la face cachée de la société à travers le fonctionnement d'une structure où se concentrent tout son mal-être et sa misère".
Slate en publie un extrait, à partir d'une situation emblématique.
Lire l'article sur Slate.fr


Revue de presse 17 octobre 2022


Protection de l’enfance : le recours à l’intérim s’accentue

"Confrontées à des difficultés de recrutement, les structures d’accueil font de plus en plus appel à des intérimaires. Une évolution inquiétante, selon les professionnels, qui rappellent combien les liens d’attachement sont importants pour les enfants confiés.
Qu’ils le reconnaissent à contrecœur ou le combattent avec virulence, les acteurs de la protection de l’enfance s’entendent sur un constat : ces dernières années, le recours à l’intérim s’est largement développé dans les structures prenant en charge les enfants confiés… faute de mieux. Frappé, comme d’autres, par une crise du recrutement sans précédent aux raisons multiples (bas salaires, manque de reconnaissance, contraintes élevées) le secteur tente tant bien que mal d’assurer sa mission de protection des jeunes. Quitte à placer devant eux des professionnels non qualifiés, qu’il faut alors former, ou à faire appel, souvent dans l’urgence, à des intérimaires.
« Le recours aux intérimaires s’est accru au fil du temps, ce qui est très problématique par rapport à la qualité de la prise en charge, voire incompatible avec la continuité des parcours qu’on appelle de nos vœux pour les enfants qui nous sont confiés », confirme Flore Capelier, directrice de l’Observatoire national de la protection de l’enfance, qui souligne l’importance des « liens d’attachement » pour ces enfants, aux parcours déjà faits de ruptures."
Lire l'article du Monde

Nouvelles journées de grève dans le secteur social et médico-social

"Les appels à la mobilisation s’enchaînent en cette rentrée 2022. Lundi 17 octobre, le Collectif des associations unies (1), la FCPE, Jamais sans toit et l’Unicef appellent à se mobiliser sur tout le territoire contre la réduction du nombre de places dans l’hébergement d’urgence. « Malgré les alertes de toutes parts sur la hausse du nombre de personnes sans abri dans le pays, y compris des milliers d’enfants, le gouvernement, qui admet que la question des enfants à la rue est une “préoccupation principale” d’après le ministre, maintient son intention de supprimer 14 000 places d’hébergement, comme le prévoit le projet de loi de finances pour 2023 », dénoncent les différents acteurs. Dans le même temps, les professionnels de la prévention spécialisée sont invités à se rendre en Ardèche pour défendre les moyens et les piliers éthiques de leur profession.
Le mardi 18 octobre, c’est au tour de la CFDT santé-sociaux d’appeler les travailleurs des cliniques et des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) du secteur lucratif à se regrouper dans différentes villes de France. « L’occasion d’exprimer leur indignation alors que leur convention collective est figée depuis 20 ans et offre des grilles de rémunération dont 58 coefficients se trouvent sous le Smic », fait valoir le syndicat."
Lire l'article des ASH

Tribune « Revalorisations salariales, des conséquences désastreuses ! »

"Le GNDA fédère 100 directeurs généraux d’association du secteur social et médico-social, dans l’ensemble des régions, œuvrant à l’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité (handicap, enfants en difficulté, personnes en situation d’exclusion, personnes âgées, souffrant d'addictions…).
La situation aujourd’hui : l’iniquité de traitement de nos salariés génère une profonde injustice, une perte de motivation, un risque d’implosion des équipes et des organisations, et est venue aggraver la perte d’attractivité des métiers de notre champ, elle-même influençant négativement la qualité et nos actions quotidiennes.
En juin 2021, aux fins de reconnaître l’investissement des professionnels dans la gestion de la crise Covid, les métiers de l’hôpital puis des Ehpad ont tous été revalorisés. Le secteur social et médico-social a dû se battre pour bénéficier du même traitement. Mais la reconnaissance de « nos » métiers s’est faite au compte-gouttes et de manière discriminatoire. D’abord, les professionnels du soin en novembre 2021, puis six mois après, les personnels socio-éducatifs. Mais sont toujours exclus les métiers supports et de direction : services généraux et administratifs, directeurs… Comment pouvons-nous diriger des organisations ouvertes en continu à l’accueil de personnes vulnérables sans nos services techniques, logistiques et administratifs ? Chacun, de sa place, contribue à la qualité du service rendu aux publics accompagnés. Combien de temps devrons-nous clamer cette évidence et rappeler les fondements éthiques du management ? Chaque liste de métiers comporte des oublis, renforçant le sentiment d’injustice des salariés et d’incompréhension des dirigeants chargés d’appliquer ces mesures partielles.
Une enquête menée cet été par l’Uniopss, un réseau d’associations des secteurs du sanitaire, social et médico-social, auprès de 252 établissements et services de protection de l’enfance témoigne de cette évolution inquiétante : 95 % d’entre eux rencontrent des difficultés de recrutement, et 49 % reconnaissent, dans ce contexte, avoir fait appel à l’intérim."
Lire la tribune sur Directions.fr

Crise du travail social : la FAS appelle à une mobilisation générale

"Dans un courrier envoyé le 13 octobre, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) appelle sept organisations syndicales et patronales à unir leurs revendications afin d’obtenir de l’Etat et des départements « la complète mise en œuvre des mesures de revalorisations salariales ». En exclusivité pour les ASH, Pascal Brice, président de la FAS, détaille les raisons de cette lettre".
Extrait : "Pascal Brice : Nous nous sommes tous mobilisés les 28 et 29 septembre, mais l'Etat et les départements ne répondent pas à nos demandes. Selon moi, s’ils font la sourde oreille, c’est parce que salariés et employeurs se sont mobilisés en ordre dispersé. Pour amplifier notre mouvement, il me paraît donc indispensable de nous unir. Ce qui n'est pas banal, j'en conviens. Il existe évidemment des différences de points de vue, voire des confrontations, entre employeurs et salariés. C'est bien normal, et je ne demande d'ailleurs à personne de les oublier. Mais j’estime que, face à l'urgence, il est indispensable de se fédérer. C'est aussi pour cela que ce courrier est cosigné par Lou Jane Hamida, vice-présidente de la FAS et elle-même personne accompagnée, et par Karim Zarkout, membre du bureau national et lui-même travailleur social. Symboliquement, cela montre que l'union est possible. Le plus important demeure d’obtenir des réponses dans l'intérêt commun des bénéficiaires et des intervenants sociaux."
Lire l'article des ASH

Adeline Hazan : "42.000 enfants sans domicile fixe, c'est inadmissible dans un pays développé"

Adeline Hazan "réagit d'abord à la suppression annoncée de 14.000 places d'hébergement d'urgence en deux ans : "Je le dénonce, c'est dans le projet de loi de finances. Alors qu'il y a déjà un manque criant de places ! C'est ce cri d'alarme que nous voulons porter aujourd'hui avec le Samu social : il y a environ 42.000 enfants qui sont aujourd'hui sans domicile fixe, à la fois à la rue, en hôtel, et en foyer d'hébergement. C'est un chiffre inadmissible dans un pays développé." "Ce chiffre a plutôt tendance à augmenter", précise Adeline Hazan. "Ce qu'il faut savoir c'est que ce n'est pas un chiffre officiel, nous avons dû le constater nous-mêmes avec les autres organisations humanitaires. Nous avons même dû élaborer un baromètre pour savoir exactement le nombre d'enfants qui vivaient à la rue. Au cours d'une nuit du mois d'août, nous avons compté 1.600 enfants qui dormaient dans la rue. C’est un angle mort des politiques publiques, parce qu'il n'y a pas de statistiques ni d'action pour contrer ce phénomène.
Le rapport publié par l'Unicef France revient justement sur la santé mentale de ces enfants sans domicile fixe, un lien "primordial", selon sa présidente. "C'est au moment de l'enfance que le cerveau se construit. Or vivre dans la rue, dans un hôtel ou dans un foyer d'hébergement, ça veut dire vivre en danger, vivre dans la proximité familiale avec des risques de tension et de violences. Ça veut dire ne pas aller à l'école, pour ceux qui vivent dans la rue, car souvent les mairies n'acceptent pas les enfants de famille sans adresse. Et même s'ils arrivent à se faire inscrire, ils ne pourront pas apprendre dans des conditions satisfaisante.""
Ecouter l'émission sur France Inter

Violé·es : une histoire de dominations

"Pour LSD (sur France Culture), Clémence Allezard donne la parole aux victimes de viols et propose de penser et d'analyser les violences sexuelles dans un système et une histoire des dominations.
En octobre 2017, en 24h, plus de 2 millions de femmes témoignent en ligne des violences sexuelles qu’elles ont subi. Leurs récits sont réunis par un “mot-dièse”, #Metoo. L’onde de choc est mondiale. Depuis, d’autres vagues ont déferlé : #Metoo dans le sport, dans la musique, la cuisine… Mais Mathilde Forget précise "Ce n'est pas la parole qui se libère. C'est l'écoute qui est en train d'évoluer, d'être interrogée et interpellée. Il faut continuer. Elle est exigeante, cette écoute. Elle est fuyante, mais il faut l'entraîner".
Premier épisode : "Peser les mots. "C’est en même temps ce qui me défigure et ce qui me constitue”, écrit Virginie Despentes dans "King-Kong Théorie" pour qualifier son viol. Mathilde, Baptiste, Marcia & Sol, des victimes de viol ont la parole, elles racontent l’après, les chemins semés d’embûches, les traumatismes — après l’amnésie parfois —, l’isolement social, mais aussi l’ampleur des violences hétérosexistes, l’inertie des pouvoirs publics, leurs luttes et la colère, qu’elles réhabilitent".
Ecouter les podcasts de cette série

Laïcité : les chefs d'établissement peuvent-ils interdire l'abaya, une tenue musulmane ?

"Parmi les tenues symboliques de la culture musulmane qui font leur apparition à l'école figure l'abaya, un long habit féminin qui couvre le corps. Même si les établissements doivent respecter la laïcité, aucun texte de l'Éducation nationale ne mentionne l'interdiction de ce vêtement, contrairement au voile, à la kippa ou au crucifix. En réalité, c'est au corps enseignant de trancher en déterminant, au cas par cas, s'il s'agit d'une revendication religieuse.
Au micro d'Europe 1, le secrétaire général du syndicat ID-FO explique qu'il faut vérifier, "si on demande de l'ôter, si le lendemain, cette tenue est toujours présente ou pas. Lorsqu'on est sur des cas qui dépassent l'unité, on n'a pas la possibilité, le temps, de faire ce type de démarche". L'interdiction du port de signes religieux ostentatoires, qui date de 2004, serait donc trop floue pour certains."
Lire l'article d'Europe1


Revue de presse 10 octobre 2022


La certification des diplômes d’Etat du travail social par les services déconcentrés de l’Etat

"Les Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) et les rectorats sont aujourd’hui impliqués dans la certification de treize diplômes d’Etat du travail social, suivant un processus complexe, qui fait également intervenir les présidents de conseil régional.
Le contrôle pédagogique des formations est insuffisant, pour des raisons à la fois juridiques et pratiques. Déléguer aux établissements l’organisation de l’ensemble des épreuves et la délivrance des diplômes impliquerait d’aplanir cette difficulté et de compenser le transfert de charges induit pour les établissements et les régions qui les financent à titre principal. La mission recommande une démarche au cas par cas, en privilégiant, pour les neuf diplômes post baccalauréat, la voie du rapprochement avec les universités. Ce rapprochement doit de manière plus générale être systématiquement encouragé (doubles diplômations, équivalences, « établissement composante »)."
Lire le rapport de l'IGAS

Agnès Firmin Le Bodo dévoile ses intentions à l'égard des acteurs du médico-social

"Invitée à s'exprimer au Sénat, le 6 octobre, sur la place des acteurs du médico-social dans la future organisation des soins sur les territoires, la ministre déléguée chargée de l'Organisation territoriale et des Professions de santé, Agnès Firmin Le Bodo, a donné un aperçu de ses priorités et celles du gouvernement.
Simplification des démarches d'accès aux formations, travail sur la convention collective unique, augmentation du barème kilométrique pour les aides à domicile... Les différents chantiers abordés devront être travaillés selon la nouvelle méthode du Conseil national de la refondation (CNR) : le dialogue avec l'ensemble des acteurs."
Lire l'article du Media social

Protection de l’enfance : une politique déresponsabilisée

"Quand un système est trop fractionné, plus personne n’est responsable des dysfonctionnements et plus personne ne détient le pouvoir sur les organisations pour apporter des solutions", analyse Jean-Luc Gautherot, ingénieur social, dans cette tribune libre* où il décortique les travers du système de protection de l'enfance français.
Il existe deux façons de structurer l’action sociale : les systèmes intégrés et les systèmes fractionnés. En matière de système intégré, les centres intégrés de services sociaux et sanitaires québécois (Cisss) font référence. Sur un territoire de proximité, une autorité unique (l’État) dirige toutes les organisations de tous les secteurs qui interviennent dans l’accompagnement de la personne et assume la responsabilité des résultats.
Quand un modèle est fractionné, des organisations différentes et autonomes assurent les différentes fonctions du système. C’est le cas de la France. Quand un système est trop fractionné, plus personne n’est responsable des dysfonctionnements et plus personne ne détient le pouvoir sur les organisations pour apporter des solutions.
La politique de protection de l’enfance est un système particulièrement fractionné, dont le contrôle finit par échapper à son créateur. Chaque acteur peut toujours légitimement renvoyer la responsabilité des dysfonctionnements à un autre acteur."
Lire l'article du Media social

Pourquoi les professionnels de la protection de l’enfance sont à bout de souffle

"Amélie Niemiec, chercheur associé de la chaire enfance et familles de la faculté de droit de l’Université catholique de Lille, Institut catholique de Lille (ICL), analyse les difficultés rencontrées par les professionnels de la protection de l'enfance.
Le travail social est en crise – et en particulier le secteur de la protection de l’enfance. Voilà le triste constat qui ressort du monde du terrain : éducateurs spécialisés, assistantes sociales, familles d’accueil, techniciens de l’intervention sociale et familiale… Pour preuve, les grèves organisées par les professionnels afin de dénoncer leurs conditions de travail : turnover incessant, difficultés de recrutement, surcharge de dossiers, perte de sens, bas salaires. Or, comment peut-on assurer un travail de qualité auprès de la population vulnérable que constituent les 312 500 mineurs et 24 700 jeunes majeurs pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance – dont la moitié environ fait l’objet d’une mesure de placement (chiffres 2019) lorsque l’on se sent soi-même fragilisé par ses conditions de travail ?
L’un des problèmes majeurs réside dans le manque d’effectifs. Pour y remédier, il arrive que les établissements sociaux et médico-sociaux prenant en charge les mineurs et jeunes majeurs fassent appel à des intérimaires ou à des personnes non qualifiées. La qualité de la prestation et le besoin de stabilité que requiert la protection de l’enfance sont alors difficiles à garantir. D’autres établissements n’arrivent tout bonnement plus à recruter et restent en sous-effectif, répercutant la charge de travail sur l’équipe en place".
Lire l'article du journal du dimanche

Cinq ans après #metoo, l’onde de choc : ce qui a changé dans les familles, à l’école, au tribunal…

"Le mouvement de libération de la parole contre les violences sexuelles et sexistes a eu des répercussions profondes. « Le Monde » a recueilli les témoignages des professionnels qui observent, au jour le jour, l’évolution plus ou moins rapide des mentalités et des comportements.
Il y a cinq ans, le 5 octobre 2017, le New York Times publiait une enquête qui allait créer une onde de choc sociétale à travers le monde. Dans les colonnes du quotidien américain, des femmes accusent Harvey Weinstein de harcèlement et d’agression sexuels. Des actes commis impunément, pendant trente ans. L’actrice Alyssa Milano emploie le hashtag #metoo sur le réseau social Twitter, le 15 octobre, pour appeler celles qui ont été abusées à témoigner. Il se propage à travers le monde, notamment en France. La libération de la parole est en marche, et ne s’arrête pas au producteur star du cinéma américain.
Au fil des années, #metoo a entraîné d’autres déclinaisons (#balancetonbar, #payetaplainte…) sur les réseaux sociaux. L’aspect massif, systémique, et répété, fait la force du message envoyé par les femmes pour dénoncer les agressions dont elles sont depuis longtemps victimes. Tous les milieux sont concernés : le monde du spectacle, celui des médias et de la culture, du sport, de la politique…"
Pour mesurer l’ampleur de la prise de conscience, Le Monde a sollicité ses interlocuteurs à l’école, dans les commissariats de police, dans les bureaux des juges et des avocats… Comment, de leurs places respectives de vigies, les uns et les autres sont-ils confrontés à de nouvelles situations ? Comment y font-ils face ?"
Lire l'article du Monde

Webradio : quand les personnes dys prennent la parole

"Journée nationale des dys le 9 octobre. Coup de projecteur sur une initiative originale : des ateliers “prise de parole”, sous forme de webradio et de podcast, pour les jeunes et les adultes porteurs de ces troubles. Rencontre avec Jean-Marc Laurent, journaliste à l’origine de ce projet soutenu par la Fédération française des Dys.


Lire l'article de Faire face

Un festival pour « rendre visible les invisibles »

Du 11 au 13 octobre se tiendra la 4e édition du Festival du film Social. Dans plusieurs villes de France (Mulhouse, Nancy, Tours, Grenoble, Paris, Caen…), seront projetées une vingtaine d’œuvres, qui toutes viennent interroger le spectateur sur les enjeux sociaux de notre époque et la place qu’occupent les publics en situation de fragilité dans notre société. Longs ou courts métrages, documentaires, fictions ou films d’animation seront au rendez-vous. Cet événement vise en filigrane à mettre en lumière les métiers du social, actuellement au cœur d’une crise profonde. « Trop souvent, le social est associé à des sentiments tristes et des idées de découragement. Il faut résolument refuser de se laisser ensevelir sous le poids de cette grisaille. Alors, oui, un festival du film social pour représenter l’adversité. Mais oui aussi pour illustrer tout autant la vitalité impossible à étouffer, le bonheur jamais perdu, la gaieté toujours là où on ne l’attend pas », expose Alain Lopez, président de La 25e Image, association à l’origine du festival.
Lire l'article des ASH


Revue de presse 2 octobre 2022


Avec la pénurie de généralistes, 11 % de personnes n’ont pas de médecin traitant en France

"Un rapport du Sénat, paru en mars, montre que 11 % des Français de 17 ans et plus n’ont pas de médecin traitant en 2022. C’est 1 point de plus qu’en 2020. La baisse de la densité en médecins généralistes s’est accélérée entre 2017 et 2021, selon les indicateurs calculés par le géographe de la santé Emmanuel Vigneron. Sur cette période, le nombre de médecins généralistes par département, par rapport à la population, a diminué de 1 % par an. Une dégradation lente, mais implacable.
« La situation est le fruit d’une politique restrictive d’offres de soins menée dans les années 1980, en rupture avec les besoins réels de la population vieillissante, couplée aux inégalités territoriales qui se sont creusées », analyse Jean-Marcel Mourgues, vice-président de l’ordre des médecins. L’ordre milite alors pour le développement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), permettant le regroupement des praticiens d’un même territoire qui souhaitent s’organiser pour répondre à des problématiques territoriales d’accès au soin."
Lire l'article du Monde

[Podcast Les Voix du Social] Éducateur-chercheur

"Voici enfin le 6e épisode des Voix du Social ! On y écoute cette fois Aurélien Cadet, éducateur spécialisé, doctorant en sociologie à l'EHESS, expliquer son rôle d'éducateur-chercheur, qu'il résume d'une jolie formule : '"Un éduc' qui (se) cherche, un chercheur qui éduque"."


La réparation

"Matthieu est condamné pour homicide et purge sa peine à la centrale de Poissy. Christian est condamné à perpétuité pour un crime de droit commun. Ils racontent comment les rencontres détenus victimes leur ont permis de prendre conscience de ce que vivent les victimes et, peu à peu, réparer le passé.
“À l’époque où on m'a incarcéré, j'étais un danger pour les autres, clairement, et pour moi. Et donc qu'on me retire de la société, je l'entends. Là, ces rencontres avec les victimes, c'était tout autre chose, c'était pouvoir redevenir humain. Et pour les familles, pouvoir avoir des réponses aux questions qu’elles se posent parce qu'elles n'ont pas pu les avoir de la part de la personne qui leur a enlevé un proche.” Matthieu".
Ecouter le podcast de l'émission les pieds sur terre


Revue de presse 25 septembre 2022


Les conférences des acteurs reprennent dans toutes les régions à partir du 15 septembre

"Depuis le lancement de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté en 2018, plus d’une soixantaine de conférences régionales des acteurs de solidarité ont eu lieu dans toute la France, réunissant en moyenne 250 participants.
Alors que la crise économique et la hausse des prix des produits alimentaires et de l’énergie touchent de plein fouet les foyers les plus modestes, la mise œuvre des mesures de lutte contre la pauvreté et l’exclusion mobilise de nombreux acteurs locaux, notamment collectivités locales, associations, entreprises, organismes publics aux côtés des services de l’État.
Un nouveau cycle de conférence s’ouvre le 15 septembre avec pour objectifs de :
  • Favoriser l’inter-connaissance des acteurs et échanger autour de témoignages de réalisations concrètes dans les territoires ;
  • Favoriser les synergies et la construction de stratégies territoriales communes ;
  • Accroître la participation des personnes concernées, directement confrontées à des situations de pauvreté.

Voir l'agenda des conférences

Le gouvernement annonce des mesures pour lutter contre les violences sexuelles sur mineurs

"Ces dispositions interviennent au moment où la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) dresse un inventaire de sa première année d’appel à témoignages. Elle en a recueilli plus de 16 000.
Quatre mois après sa nomination au sein du gouvernement d’Elisabeth Borne, Charlotte Caubel, la secrétaire d’Etat chargée de l’enfance auprès de la première ministre, annonce dans Le Figaro, mercredi 21 septembre, plusieurs mesures destinées à lutter contre l’inceste et les violences sexuelles sur mineurs, qui touchent 160 000 enfants chaque année.
La première consiste en la mise en œuvre d’une grande campagne nationale de lutte contre ces violences, qui sera lancée début 2023, selon l’entourage de la secrétaire d’Etat. L’occasion à la fois de faire connaître au grand public « les manifestations et les conséquences » de ces violences sur les victimes, ainsi que de « mobiliser les témoins ». Avec l’objectif de briser le silence entourant ces situations, qui ont bien souvent lieu dans le huis clos familial.
Autre annonce : la création d’une cellule de conseil et de soutien pour les professionnels qui sont destinataires des révélations des enfants, afin de les « appuyer » et de « les aiguiller vers le dispositif le plus apte à prendre en charge leur signalement ». Elle démarrera ses travaux « le plus rapidement possible », idéalement début 2023."
Lire l'article du Monde

Rodéos urbains

"Demba et Tatepa ont commencé les rodéos urbains à Sevran. Cette pratique dangereuse qui exaspère élus, habitants et forces de l'ordre, est devenue pour ces "rois du bitume" une passion, une drogue dont ils ne peuvent plus se passer".
“Quand t'es sur une moto, c'est comme si tu avais le million. Tu oublies tous tes problèmes, tu es perché, tu ne penses à rien, tu ne parles à personne. Tu ne penses qu'à faire de la moto. C'est ça oublier les problèmes.”
Ecouter le podcast de l'émission les pieds sur terre

En 2021 87 431 jeunes ont entamé un service civique, contre 21 925 en 2014

"Créé par la loi du 10 mars 2010, le service civique propose à des jeunes de 16 à 25 ans, et jusqu’à 30 ans pour les jeunes en situation de handicap, de s’engager dans une mission d’intérêt général auprès d’associations ou d’institutions publiques. Le dispositif a pris une place croissante dans les politiques de jeunesse : entre 2017 et 2021, environ 80 000 jeunes ont commencé une mission chaque année, soit quatre fois plus qu’en 2014. Durant cette période, la population des volontaires a représenté environ 10 % de la classe d’âge des 16-25 ans".
Lire l'article sur le site de l'INJEP


Revue de presse 18 septembre 2022


Social et médico-social : 87 % des Français considèrent le secteur fragilisé

"Quelle perception les Français ont-ils du secteur social et médico-social ? C’est tout l’objet d’une enquête réalisée par l’Ifop pour Nexem, le syndicat des employeurs associatifs de l’action sociale, médico-sociale et sanitaire (1). Publiée le 15 septembre, à l’occasion de la première édition de La Mêlée, des rencontres initiées par l’organisation professionnelle, l’étude révèle que 64 % des Français estiment mal connaître le domaine de l’action sociale, dont 16 % « très mal ». A noter que certaines catégories de la population, comme les femmes, les salariés du public, les aidants, les personnes précaires ou, au contraire, les personnes aisées, appréhendent davantage le secteur.
Lorsqu’on leur demande l’image qu’ils ont du champ social et médico-social, 65 % des sondés répondent en avoir une bonne image, contre 28 % une assez mauvaise image et 7 % une très mauvaise image. Sans que ne leur ait été suggéré de réponse, les interviewés associent le secteur à des adjectifs et expressions comme « aide » (25 %), « solidarité » (8 %), « soins » (8 %), « bienveillance » (6 %), « dévouement » (4 %) ou « difficulté » (3 %)…
L’enquête relève également que 87 % des Français considèrent ce domaine fragilisé et que près de 80 % l’estiment insuffisamment reconnu et valorisé à la fois par la société et les pouvoirs publics. Parmi les mesures à mettre en œuvre, la revalorisation des salaires apparaît comme une priorité pour 33 % des sondés".
Lire l'article des ash

Le CNCPH réclame une AAH au moins égale au seuil de pauvreté

"À l'approche de la présentation du projet de loi de finances (PLF) pour 2023, le 26 septembre prochain, le Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) demande au gouvernement d'en profiter pour relever le niveau de l'allocation aux adultes handicapés (AAH), afin que son montant soit au moins égal au seuil de pauvreté.
Ce seuil équivaut à 60 % du revenu médian, soit 1 102 € par mois en 2019, selon l'Insee. Or, malgré des rattrapages ces dernières années, le montant de l'AAH à taux plein est aujourd'hui de 956,65 €".
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Le petit proxénète

"Amadou devient du jour au lendemain proxénète d’une adolescente. Après avoir été arrêté et placé en détention, il nous raconte sa plongée dans une spirale illégale et infernale. Simon Benard-Courbon, magistrat et substitut au Parquet des mineurs de Bobigny, décrypte un phénomène d’ampleur.
“Je n'étais pas conscient de ce qu'elle faisait et, elle aussi, je pense qu'elle n'était pas consciente de ce qu'elle faisait. Quand il y a de l’argent qui rentre, vous essayez toujours de trouver un moyen pour vous rassurer.” Amadou
Ecouter l'émission "les pieds sur terre"

Inceste : la commission créée il y a un an demande à l’Etat de consacrer des moyens à la prévention et à la réparation

"La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), qui dressera mercredi 21 septembre un bilan des témoignages qu’elle a recueillis depuis un an, entend profiter du débat budgétaire pour demander plusieurs mesures aux pouvoirs publics, notamment le remboursement des soins psychologiques des victimes.
« Les débats sur le vote du budget 2023 vont s’ouvrir, c’est le moment de mettre en avant cinq de nos préconisations », explique dans une interview au Journal du dimanche le juge Edouard Durand, coprésident de la Ciivise. « Ce qui coûte à la société, en termes financiers mais aussi sur le plan de la justice et du lien social, c’est l’impunité des agresseurs », souligne-t-il.
Pour commencer, « tous les professionnels au contact des enfants doivent être formés. Ils sont le point de départ de la chaîne de protection », détaille le juge Durand. Une mesure qui doit être accompagnée de la création d’une « cellule pluridisciplinaire de soutien » à ces professionnels, qui leur « fournira une réponse cohérente » car « l’exposition à la souffrance des autres peut générer un stress intense, voire un traumatisme ».
Concernant la cybercriminalité, selon Edouard Durand, on ne compte en France « qu’un enquêteur spécialisé pour 2,2 millions de personnes, contre un pour 100 000 habitants aux Pays-Bas et un pour 200 000 en Grande-Bretagne »
Lire l'article du Monde

INJEP : conférence débat sur les parcours de jeunes en institution

"Le numéro 91 de la revue Agora débats/jeunesses consacre un dossier aux jeunes « en difficulté » ou « vulnérables » et à leurs parcours dans les multiples institutions qu’ils fréquentent. "Qu’ils reçoivent des aides financières, qu’ils soient hébergés dans des foyers de jeunes travailleurs, ou qu’ils aient été placés par l’aide sociale à l’enfance (ASE), les jeunes en situation de vulnérabilité ne font pas l’objet d’une politique coordonnée et d’une organisation fluide de leur prise en charge. Résultat : ces jeunes, issus dans leur grande majorité des classes populaires les plus précaires, se déclarent le plus souvent perdus dans un mille-feuilles de dispositifs.
Quels rôles jouent les institutions, les dispositifs qu’elles déploient et les professionnels qui les mettent en oeuvre dans la construction des processus d’affiliation de cette jeunesse ? En quoi la multiplication du nombre d’institutions par lesquelles ces jeunes « passent » contribue-t-elle, en retour, à les définir comme des jeunes « vulnérables » ou « en difficulté » ?" A l’occasion de sa publication, l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) a organisé une conférence-débat le mardi 13 septembre 2022.



Revue de presse 10 septembre 2022


Rapport: améliorer l'attractivité des métiers dans les services sociaux en Europe : initiatives des partenaires sociaux

"L’attractivité, comme recrutement et comme maintien dans l’emploi des professionnels apparait comme un enjeu essentiel au maintien et au développement du secteur des services sociaux en Europe. Cet enjeu se retrouve dans l’ensemble des pays européens impliqués dans ce rapport (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Grèce, Luxembourg, Pologne, Roumanie,Tchéquie) et il vient fragiliser un écosystème et un équilibre de plus en plus précaire.
5 thèmes principaux ont été identifiés parmi les défis rapportées signalés par les interlocuteurs :
  • Concurrence
  • Image et communication
  • Formation et les parcours professionnels
  • Conditions de travail et qualité de vie au travail
  • Reconnaissance à différents niveaux

Lire le rapport

Encadrement intermédiaire, place au Caferuis "nouvelle version"

"Après le Cafdes, c'est au tour du certificat d'aptitude aux fonctions d'encadrement et de responsable d'unité d'intervention sociale (Caferuis) de faire peau neuve. Un décret et un arrêté du 31 août 2022 modifient les modalités d'organisation de la formation et de délivrance de ce certificat [1].
Diplôme de référence des cadres intermédiaires des organisations sociales et médico-sociales (chefs de service, responsables d'unité, adjoints de direction, etc.), le Caferuis avait connu de simples retouches depuis sa création en 2004. Cette refonte s'insère dans le mouvement initié en août 2018 par la réingénierie de cinq diplômes de travail social (DEASS, DEES, DEETS, DEEJE et DECESF).
Les nouvelles dispositions s'appliquent à compter du 1er septembre 2022 aux candidats entrant en formation ou s'engageant dans un parcours de validation des acquis de l'expérience (VAE)."
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ACTU-CNR : Le collectif Alerte veut porter la voix des plus fragiles

Composé de fédérations et d’associations de lutte contre l’exclusion, le collectif Alerte a participé ce 8 septembre au lancement du Conseil National de la Refondation, pour mettre au cœur des débats la lutte contre les inégalités et la précarité.
Pour aider les plus fragiles, il entend se servir de cette occasion pour défendre des revendications portées de longue date : la revalorisation des minima sociaux au-dessus du seuil de pauvreté, l’ouverture du RSA aux jeunes dès 18 ans, la lutte contre le chômage de longue durée, le soutien au logement abordable, ainsi qu’une réforme fiscale juste assurant la redistribution des supers profits et des hauts patrimoines. « Plus que jamais, il est temps de sortir des mesures ponctuelles “coup de pouce” », insiste le collectif.
Et puisque Emmanuel Macron souhaite que ce CNR serve à « bâtir du consensus », Alerte « demande au gouvernement de revenir sur ses projets qui divisent la société française : la réforme des retraites et la réduction des allocations chômage en fonction du taux de chômage qui inquiètent, sans oublier l’instauration de contreparties au versement du RSA et la nécessité d’une loi sur l’immigration qui respecte la dignité des étrangers en précarité ».
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Des pistes pour favoriser l’inclusion numérique des demandeurs d’asile

"Demande d’asile, prise de rendez-vous en préfecture, échanges avec les proches… Malgré la nécessité, pour les personnes migrantes, de disposer et de maîtriser les outils numériques, force est de constater que les moyens pour y parvenir ne sont pas déployés. C’est le constat établi dans la dernière étude de l’association Emmaüs Connect. Or, « sans équipement et connexion à un tarif abordable, l’isolement est total et aucune régularisation ou insertion n’est possible », pointe le document, publié le 6 septembre.
Après consultation des publics concernés et des travailleurs sociaux, la mise en place d’un parcours numérique spécifique s’impose. Des outils comme l’application Réfugiés.info, lancée en novembre 2021, informent les bénéficiaires de la protection internationale (BPI) et les professionnels sur les dispositifs spécialisés existants. Pourtant, de nombreux demandeurs d'asile ne gagnent pas en autonomie et les décisions prises ne sont pas toujours éclairées".
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Revue de presse 2 septembre 2022


Salaires des enseignants : histoire d’une dévalorisation sans fin

"Au début des années 1980, un enseignant débutant gagnait l’équivalent de 2,3 fois le smic, aujourd’hui, il touche environ 1,2 fois le salaire minimum. Cette comparaison éloquente, portée par l’économiste Lucas Chancel, a frappé les esprits ces derniers mois tant elle illustre la chute du salaire des enseignants en quarante ans. Avec la pénurie de professeurs qui s’installe – plus de 4 000 postes de titulaires n’ont pas été pourvus en 2022 –, l’opinion publique a soudain pris conscience du phénomène. « Les salaires ne sont plus à la hauteur des travaux et des efforts demandés », a affirmé le ministre de l’éducation nationale, Pap Ndiaye, mardi 30 août, sur RTL. Il a promis de passer les salaires des enseignants au-dessus de 2 000 euros net par mois à partir de la rentrée 2023.
Le salaire moyen des enseignants du public se situe à 2 596 euros net par mois, primes et indemnités comprises (en 2020, dernières statistiques publiées). Cette moyenne cache de fortes disparités entre les catégories d’enseignants (professeurs des écoles, certifiés, agrégés), leur statut (titulaires ou contractuels) et leur ancienneté. Un enseignant professeur des écoles ou titulaire du Capes, soit les trois quarts de la profession, perçoit 1 480 euros net par mois, hors prime, lors de son année de stage, et 1 680 euros quand il devient titulaire. Il gravit ensuite les échelons de la grille indiciaire au fur et à mesure de son ancienneté.
Comment en est-on arrivé là ? La fin de l’indexation du point d’indice sur l’inflation en 1983 a grevé sur le long terme le salaire des enseignants et le gel de ce point d’indice ces dix dernières années – jusqu’en juillet 2022 – a amplifié le phénomène. L’inflation, même comprise entre 0 % et 2 % par an, et l’augmentation des cotisations sociales ont grignoté les avancées obtenues, selon l’analyse de Bernard Schwengler, auteur de Salaires des enseignants. La chute (L’Harmattan, 2021)."
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A l’heure de la rentrée scolaire, des élèves face à une machine à stress

"Le système scolaire est-il devenu une machine à stress ? A l’heure où 12,1 millions d’élèves reprennent le chemin de l’école, du collège et du lycée, jeudi 1er et vendredi 2 septembre, la question mérite d’être posée. La santé psychique des adolescents fait l’objet « de beaucoup d’alertes » de la part des « milieux médicaux », a insisté Pap Ndiaye, le ministre de l’éducation nationale, lors d’un direct avec les internautes sur la plate-forme Brut, le 29 août. Dans un contexte social, économique et environnemental anxiogène, le nombre de passages aux urgences pour gestes suicidaires est en forte hausse chez les jeunes de 11 à 24 ans (+ 27 % sur les premiers mois de 2022 par rapport à la même période en 2021), en particulier chez les jeunes filles, selon les données de l’agence Santé publique France.
Dans les écoles et les établissements scolaires, le constat est clair : la crise sanitaire a bel et bien fait basculer des adolescents dans le mal-être. « Avant le Covid-19, il y avait des pics de stress à des moments définis, la rentrée ou l’approche des examens pour les 3es, les 1res et les terminales, rapporte Sylvie Magne, cosecrétaire générale du syndicat des infirmières scolaires (SNICS-FSU). Mais, depuis la rentrée 2020, le stress, les phobies scolaires ou l’absentéisme ne sont plus cantonnés à ces deux périodes. On voit des ados qui ont perdu en motivation et des enfants plus agités qui ont du mal à entrer dans les apprentissages. »
« Depuis le Covid-19, la santé mentale à l’école n’est plus un tabou », constate également Hélène Romano, docteure en psychopathologie et psychothérapeute. Elle a participé à l’élaboration d’une enquête de l’association Synlab auprès d’un millier d’enseignants sur le sujet. Le résultat : près d’un tiers des collégiens et des lycéens laissent transparaître, dans leurs discours et dans leurs mots, des signes de stress ou d’anxiété, selon leurs professeurs".
Lire l'article du Monde

Morts violentes dans les couples : augmentation des homicides conjugaux en 2021

"En 2021, 143 morts violentes au sein du couple ont été recensées par les services de police et les unités de gendarmerie, contre 125 l’année précédente (18 victimes en plus, soit +14%), les femmes étant les principales victimes. Le nombre d’homicides dans le couple retrouve un niveau similaire à celui d’avant l'épidémie de Covid-19.
Le profil des victimes
Les tranches d’âge les plus exposées aux morts violentes sont les 30-49 ans et les plus de 70 ans. 127 victimes étaient de nationalité française et 16 de nationalité étrangère (dont 13 hors de l’Union européenne). 55 victimes étaient sans emploi et 34 à la retraite."
Lire l'article sur Vie-publique.fr

Hébergement d’urgence : la majorité des demandes concerne des familles

"Attendus depuis plusieurs jours, les chiffres définitifs des demandes d’hébergement d’urgence sur les derniers mois sont rendus publics par la Fédération des acteurs de la solidarité et Unicef France. Formalisé dans un document baptisé « Baromètre enfants à la rue 2022 », l’étude recense le nombre d’individus orientés en structures d’hébergement d’urgence ainsi que celui de ceux qui n’ont pas pu être mis à l’abri malgré leurs appels aux services du Samu social.
« Après une augmentation du nombre de personnes hébergées en période de crise sanitaire (104 402 personnes hébergées le 31 janvier 2022), le nombre de personnes hébergées diminue à nouveau (102 756 personnes le 22 août 2022) », indique l’enquête.
Les trois quarts des personnes accueillies le sont en famille. Sur les 78 352 familles hébergées le 22 août (chiffres du Samu social), 43 % sont des couples avec enfants et 36 % des familles monoparentales. Les mineurs représentent plus de la moitié des personnes en famille hébergées : 29 % d’entre eux ont moins de trois ans. Les nuitées en hôtels constitutent les principales réponses dont 86 % sont attribuées à des ménages".
Lire l'article des ASH

L'accompagnement humain des élèves en situation de handicap

"Dans son rapport, publié à la rentrée scolaire 2022, la Défenseure des droits s'intéresse à la scolarisation des enfants en situation de handicap.
Si la scolarisation des enfants handicapés a progressé, en 2021, 20% des saisines du Défenseur des droits relatives aux droits de l’enfant concernent des difficultés d’accès à l’éducation d’enfants en situation de handicap. La difficulté principale porte sur l'accompagnement humain qui repose sur les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH).
Pour la Défenseure, le système scolaire demande encore trop souvent aux enfants handicapés de s'adapter et les contraintes de gestion prévalent à l’intérêt supérieur de l’enfant.
Le rapport présente dix recommandations pour une école réellement inclusive et sans discrimination à l'égard des enfants en situation de handicap".
Lire le rapport de la défenseure des droits


Revue de presse 23 août 2022


Le projet pour l'autonomie, un socle pour accompagner les jeunes majeurs

"Un décret organise la mise en œuvre du droit à l’aide sociale à l’enfance jusqu'à 21 ans, institué par la loi du 7 février 2022. Il charge le département de formaliser son accompagnement dans le "projet d'accès à l'autonomie".
La « fin des sorties sèches » de l’aide sociale à l’enfance (ASE) se précise-t-elle ? Cet objectif avait été assigné par l’ancien secrétaire d’État Adrien Taquet à trois articles (10, 16 et 17) de sa loi de protection des enfants, du 7 février 2022. Selon son texte, désormais, sont en effet pris en charge par l’ASE « les majeurs de moins de 21 ans et les mineurs émancipés », dès lors qu’ils ont été accompagnés pendant leur minorité, et qu’ils ne « bénéficient pas de ressources ou d’un soutien familial suffisants ».
Or si ces dispositions sont bien entrées en vigueur dès février dernier, un mode d’emploi plus détaillé vient d'en être livré, par le décret du 5 août « relatif à l’accompagnement vers l’autonomie » de ces jeunes."
Lire l'article du Media social

TRAUMATISME : Le détachement prédit une détérioration de la santé mentale

"Le sentiment de détachement, après un traumatisme, prédit une détérioration de la santé mentale, soulignent ces psychiatres de l’Hôpital McLean (Massachusetts), appelant leurs confrères à faire bénéficier d'interventions précoces les patients qui présentent ce symptôme. En pratique, l’étude, publiée dans l’American Journal of Psychiatry, associe le comportement de dissociation à un risque élevé de syndrome de stress post-traumatique (SSPT).
Il s’agit de la plus grande étude prospective de ce type à préciser les traits prédictifs, juste après un traumatisme, d’un risque élevé de SSPT, de dépression, d'anxiété, de douleur physique et de retrait social. « La dissociation peut aider quelqu'un à faire face à la suite d'un traumatisme en créant une certaine distance psychologique vis-à-vis de l'expérience, mais son coût est élevé, avec en général, le développement de symptômes psychiatriques plus graves », explique l'auteur principal, le Dr Lauren A. M. Lebois, professeur de psychiatrie à la Harvard Medical School : « pourtant les symptômes dissociatifs restent sous-étudiés et sous-diagnostiqués en raison d'un manque relatif de compréhension dans la pratique médicale et clinique »."
Lire l'article sur santelog.com

Eric Dupond-Moretti conteste une activité organisée à la prison de Fresnes

"C’est une fois de plus une information qui a enflammé sur les réseaux sociaux qui a amené un ministre à réagir. Peut-être un peu trop rapidement. Dimanche 21 août, le mot d’ordre au ministère de la justice était de tenter de calmer les choses en faisant vœu de silence, vingt-quatre heures après le message comminatoire posté par Eric Dupond-Moretti sur Twitter. Réagissant à une vidéo diffusée sur YouTube montrant des détenus participant à une course de karting avec des surveillants à la prison de Fresnes (Val-de-Marne), dans le cadre d’une activité baptisée « Kohlantess » (en référence à l’émission de télé-réalité « Koh-Lanta »), le garde des sceaux a écrit, samedi, sur Twitter : « Après les images choquantes de la prison de Fresnes, j’ai immédiatement ordonné une enquête pour que toute la lumière soit faite. La lutte contre la récidive passe par la réinsertion, mais certainement pas par le karting ! »"
Lire l'article du Monde

Karting en prison : un "événement exceptionnel" qui "n'a pas coûté un sou à nos impôts", rappelle la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté

Question à Dominique Simonnot, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté : "Vous ne comprenez donc pas l'existence de cette polémique ?
Je comprends que cela puisse choquer quand on est de mauvaise foi. Les gens qui connaissent la prison savent que les activités, comme le cheval et les sorties en VTT, y sont très nombreuses. Ce qui gêne, c'est que les images soient publiées. C'est toujours pareil dans notre pays : quand les choses sont rendues publiques, ça devient terrible.
Le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti estime que "la lutte contre la récidive passe par la réinsertion mais certainement pas par le karting". Qu'en pensez-vous ?
Je pense que la réinsertion ne passe en tout cas pas par le fait d'être entassé à trois par cellule comme à Fresnes, couvert de punaises de lit et de cafards qu'on respire quand on dort par terre sur les matelas au sol, avec des rats dans la cour.
"Le véritable scandale, c'est la surpopulation carcérale et les suicides en prison. La réinsertion passe donc par tout ce qui peut faire du bien à des gens enfermés 22 heures sur 24 en cellule".
Lire l'article de francetvinfo


Revue de presse 14 août 2022


Les moments de coprésence parents, enfants et professionnels dans un dispositif suisse de placement

Cet article de la revue "Sociétés et jeunesse en difficulté" s’intéresse "aux moments de coprésence entre parents, enfants et professionnels en appui sur des activités de l’ordre de l’ordinaire (jouer, manger, se promener…) à l’intérieur de dispositifs d’aide contrainte du champ de la protection de l’enfance, et plus particulièrement dans un dispositif de placement suisse".
Les auteurs "font le pari que dans ces moments particuliers peut se jouer d’un point de vue éducatif quelque chose de spécifique, qui exige d’être mieux compris pour être pleinement exploité. Être présent, participer à un tel moment de coprésence ne comporterait pas les mêmes exigences ni ne favoriserait les mêmes opportunités qu’un dispositif par entretiens ou réunions. Des spécificités qu’il nous importe de visibiliser pour soutenir l’élargissement des formes de participation proposées aux parents et aux enfants".
Lire l'article

Le drame de l’«hospitalisme» chez les bébés placés

"Des nourrissons placés dès la naissance qui s’étiolent de longues semaines à l’hôpital en attendant un point de chute. D’autres pris en charge dans des pouponnières surchargées de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), où le personnel manque. C’est une réalité que l’on a du mal à imaginer dans la France du XXIe siècle. Pourtant, faute de places, il arrive aujourd’hui que des bébés confiés aux services de la protection de l’enfance pour les protéger de parents défaillants soient atteints d’hospitalisme.
Un syndrome qui renvoie à des images de l’après-guerre et que l’on pensait disparu. Cette forme de dépression liée à une carence affective et à l’absence d’une figure d’attachement dans le cadre d’un long séjour à l’hôpital ou d’un placement a été décrite pour la première fois en 1946 par le psychiatre René Spitz".
Lire l'article du Figaro

Seizième rapport de l’ONPE au Gouvernement et au Parlement sur la santé des enfants protégés

"S’appuyant sur une approche globale de la santé de l’enfant, au sens de l’OMS, le rapport appelle l’attention des pouvoirs publics sur les besoins fondamentaux spécifiques des enfants protégés. Il dresse une synthèse de l’état des connaissances disponibles en France et à l’international sur la santé de ces enfants, au regard des situations de danger qu’ils ont pu connaitre, mais aussi des spécificités liées à leur parcours institutionnel. Ce rapport fait ensuite le lien entre les recherches existantes, le droit applicable et les pratiques mises en oeuvre à un échelon local pour répondre aux besoins de soins des enfants. Il identifie ainsi des pratiques évaluées ou en cours d’évaluation visant à généraliser les bilans de santé des enfants protégés, promouvoir l’accès aux soins et plus largement veiller à leur bien-être physique, affectif et mental. Le travail mené par l’ONPE s’appuie enfin sur une enquête menée auprès des directeurs enfance famille permettant de faire état des partenariats existants sur les territoires entre les services de l’aide sociale à l’enfance et la pédopsychiatrie. Ce premier travail exploratoire sera suivi d’une journée nationale sur l’aide sociale à l’enfance et la pédopsychiatrie le 23 septembre prochain.
Lire le rapport

Présentation du livre : Droits culturels – les comprendre, les mettre en œuvre

"Issus des droits humains et devenus une référence à l’échelle internationale, en particulier depuis la Déclaration de Fribourg en 2007, les droits culturels sont inscrits explicitement dans plusieurs lois françaises depuis 2015. En cela, ils commencent à être considérés par les collectivités publiques comme un paradigme utile pour penser et déployer les politiques publiques.
Même si les débats se sont apaisés, les droits culturels continuent de faire l’objet de réserves ou de critiques : ils seraient propices au communautarisme, au relativisme culturel, à une dérive populiste, etc. Dans la première partie de ce livre, plusieurs spécialistes s’emploient à déconstruire ces a priori en exposant une solide argumentation qui propose une contradiction et montre leur apport aux enjeux contemporains.
La seconde partie du livre est consacrée à un certain nombre d’expérimentations qui ont placé les droits culturels au cœur de leur démarche. Aussi bien des politiques publiques que des actions émanant d’acteurs culturels ou de la société civile.

Acceder à la présentation du livre


Revue de presse 7 août 2022


Le « gâchis » des obligations de quitter le territoire prises contre des jeunes apprentis

"Patrons, professeurs et associations dénoncent une recrudescence des mesures d’expulsion « ubuesques » contre des jeunes pourtant formés sur des métiers en tension.
Ils sont des futurs pâtissier, boulanger ou boucher, menuisier ou logisticien. Ils sont maliens, guinéens ou ivoiriens. Et sont menacés d’expulsion. Ces jeunes majeurs, élèves de la filière professionnelle et soutenus par leurs professeurs, leurs patrons ou des associations, estiment pourtant être pleinement engagés dans des démarches d’insertion. Au moment où de nombreux secteurs économiques font état de difficultés de recrutement, tels que l’hôtellerie-restauration et le bâtiment, ces situations interpellent".
Lire l'article du Monde

« S’il est passé au tribunal, c’est qu’il a fait une connerie. Mais il faut l’aider » : une peine de TIG avec des enfants en stage de rugby

"Le dirigeant du comité départemental du rugby du Lot accueille depuis huit ans des jeunes condamnés à un travail d’intérêt général. Il ne décolère pas contre les préjugés à l’égard des personnes ainsi sanctionnées par la justice.
Ils sont venus des clubs de Toulouse, Clermont-Ferrand, Nantes et bien sûr Figeac et Souillac, dans le Lot. Cinquante enfants de 9 ans et 10 ans se pressent avec leur plateau pour demander du rab de melon ou de spaghettis carbonara dans la salle Du Bellay, à Souillac, où ils suivent un stage « rugby vacances » de huit jours. Ils ne s’en doutent pas, mais le jeune homme de 26 ans qui les sert est ici pour exécuter une peine. Thomas Mathieu arrivera ce lundi soir 25 juillet au bout des cent cinq heures, ni payées ni indemnisées, de travail d’intérêt général (TIG) auxquelles il a été condamné. Jean-Claude Tardieu, président du Comité départemental du rugby du Lot, accueille régulièrement depuis huit ans en tant que tuteur des « tigistes » que lui envoie le service pénitentiaire d’insertion et de probation, basé à Cahors.
« Le premier jour, il est arrivé avec quinze minutes d’avance, ça m’a plu tout de suite, raconte ce militant du TIG. S’il est passé au tribunal, c’est qu’il a fait une connerie. Mais il est extra, il faut l’aider. Il est bourré de qualités et ne le sait pas. La première fois que je lui ai confié une responsabilité, il a eu peur, comme si personne ne lui avait jamais dit qu’on pouvait lui faire confiance. »"
Lire l'article du Monde

Des maires de l’Essonne organisent des « colos » inter-quartiers pour briser les rivalités historiques entre bandes

"Quatre municipalités espèrent amoindrir le sentiment d’appartenance à un seul territoire en organisant des activités communes entre enfants de différents quartiers.
C’est un pari sur l’avenir que l’on pourrait résumer ainsi : copains enfants, copains pour toujours. C’est là-dessus que misent quatre maires du département de l’Essonne dont les villes sont durement touchées par le phénomène des rixes entre bandes rivales. En organisant des activités communes à destination des 9-11 ans, tout au long de l’année, ils espèrent briser, avant même qu’il ne naisse, le sentiment d’appartenance exclusive à un seul territoire, à un seul quartier. « L’idée est de faire en sorte que nos enfants se rencontrent et construisent une histoire commune petits, pour que, plus grands, ils aient moins envie de se mettre sur la tête », explique le maire d’Epinay-sous-Sénart, Damien Allouch (Parti socialiste). Point d’orgue de ce dispositif de prévention inédit : la colonie de vacances d’été.
Lire l'article du Monde

Vivre avec la solitude. 1/4 : se battre seule

Deux millions de familles monoparentales en France. 9 fois sur 10, des mères célibataires, seules à faire face : difficultés financières, fatigue, questions d’éducation, culpabilité. Elles sont furtivement apparues sur les ronds-points, héroïnes éphémères des rassemblements de Gilets Jaunes. Caroline Fives, témoigne : "En dehors du système D, y'a pas grand chose et si on n'a pas les appuis amicaux, du voisinage ou parentaux, on peut vite vraiment tomber très, très bas et se précariser très fortement." Pour faire face à ces difficultés, Josette Elombo, ex-maman solo, explique : "On s'est créé un personnage Marvel, on est devenue des Wonder Woman contraintes, parce qu'on ne peut pas échouer vis à vis de nos enfants".
Ecouter le podcast sur France culture

Organisation mondiale de la santé : la variole du singe

"Le 23 juillet 2022, le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que l’épidémie de variole du singe, qui touche plusieurs pays, constituait une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI). La déclaration d'une USPPI constitue le plus haut niveau d'alerte de santé publique mondiale dans le cadre du Règlement sanitaire international et peut renforcer la coordination, la coopération et la solidarité mondiale."
L'OMS publie une liste de réponse aux principales questions sur le sujet.
Lire le dossier de l'OMS

Quand la complosphère mondiale s’empare de la variole du singe

"Une partie de la complosphère mondiale s’est déjà emparée de cette épidémie [...] ce complotisme autour de la variole du singe profite du capital d’audience acquis durant le covid. Les réseaux, les communautés sont déjà constitués - et on a un puissant incubateur, prêt à être réactivé, avec ces nouveaux cas de variole du singe. Ensuite, une partie des argumentaires, des suspicions complotistes qui ont muri durant le covid, sont prêts à être recyclés avec cette nouvelle séquence épidémique".
Ecouter l'émission de France Inter


Revue de presse 31 juillet 2022


Établissements pour handicapés : le calvaire du manque de personnel l’été

"Les mobilisations des professionnels et des familles se multiplient ces dernières années pour dénoncer le manque de places, de personnels et de moyens dont disposent les établissements d’accueil et d’accompagnement pour personnes en situation de handicap. Face à ces dysfonctionnements, les familles sont parfois amenées à reprendre leurs proches chez elles ou à venir s’en occuper au sein de l'établissement. Une situation qui s’aggrave pendant la période estivale et les congés d’été
  • Comment favoriser l’attractivité des professions du secteur médico-social?
  • Comment améliorer la prise en charge des personnes en situations de handicap ?
  • Aidant ou parent, comment faites-vous au quotidien ?"

Ecouter l'émision sur France Inter

Ecoles de formation en travail social cherchent étudiants désespérément

"Alors que le secteur social a d’énormes difficultés à trouver du personnel qualifié, l’année 2022 est marquée par une forte baisse du nombre de candidats dans les écoles qui forment à ces métiers. Par rapport à 2020, les vœux confirmés sur Parcoursup ont baissé, selon le ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation :
  • de 38% pour la formation d’éducateur spécialisé,
  • de 40% pour celle d’éducateur de jeunes enfants,
  • de 32% pour celle d’assistant de service social,
  • et jusqu’à 79% pour le diplôme moins connu d’éducateur technique spécialisé.
Certaines écoles ouvrent une session complémentaire d’admission en juillet pour remplir leurs places. Le déclin déjà amorcé les années précédentes s’est accéléré. « C’est lié à la baisse d’attractivité des métiers eux-mêmes, la crise sanitaire est passée par là, il y a de multiples facteurs », note Diane Bossière, directrice générale de l’Unaforis, qui souhaiterait pouvoir investiguer davantage."
Lire l'article de la Gazette des communes

Habitat intercalaire : l'hébergement d’urgence en mode transitoire

"Les projets d’hébergement d’urgence dans des lieux transitoires, souvent atypiques, mixant usages et populations, se développent actuellement en France, à Paris, mais aussi à Lyon, Marseille, Lille ou encore Toulouse, dans des pavillons, des immeubles, voir des quartiers.
Des programmes nés dans le sillage des « Grands Voisins », ouvert en 2015, sur le site de 3,4 hectares de l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul, dans le 14ème arrondissement de Paris. Près de 2 000 personnes y ont habité et travaillé jusqu’en 2020. « Nous avons mené des opérations à différentes échelles, mais la plus emblématique reste celle-ci », observe Franck Mackowiak, directeur de l’immobilier et de la logistique au sein de Aurore.
L’association pionnière, qui accompagne près de 50 000 personnes chaque année, et compte plus de 2 000 salariés, travaille depuis une dizaine d’années sur des projets dits, dans son jargon, « de sites intercalaires ».
« Notre mission première est d’héberger, d’insérer, de soigner les personnes les plus fragiles, rappelle Franck Mackowiak. Nous menons des opérations temporaires parce qu’il n’y a pas une offre immobilière suffisante en Île-de-France, comme dans les autres grandes métropoles françaises. Notre schéma idéal demeure toutefois d’avoir des lieux pérennes, dans lesquels les personnes peuvent se poser, être bien installées ».
Lire l'article du Média social

Les bandes de jeunes sont éternelles

"Des bandes de chevaliers errants à la bande des “Requins vicieux”, une exploration historique des sociabilités de jeunesse, de leur violence et du regard qu’on porte sur les jeunes du Moyen Âge à aujourd’hui.
Les affaires de rixes récurrentes à Paris ou en banlieue relancent régulièrement la peur des bandes de jeunes que l’on perçoit souvent comme de plus en plus violentes et de plus en plus nombreuses. Or, au-delà du flou qui entoure la notion de bande, quand on regarde ça de plus près, c’est presque le contraire : les bandes de jeunes il y en a toujours eu et si elles ressemblent beaucoup aux bandes de jeunes d’aujourd’hui, leur violence autrefois était sans commune mesure. Mais ce qui est intéressant c’est de mesurer la peur qu’elles suscitent, une peur qui dit beaucoup sur la place que les sociétés laissent à la jeunesse et sur le regard qu’elles portent sur elle."
Ecouter le premier épisode sur France culture


Revue de presse 24 juillet 2022


L’Assemblée nationale vote la déconjugalisation de l’AAH

"Réclamée de longue date, la mesure a enfin été adoptée. Après des années de vifs débats, la déconjugalisation de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) a été votée, dans la nuit du 20 au 21 juillet, par l’Assemblée nationale. Les parlementaires ont voté à l’unanimité, moins une voix, un amendement mettant fin à la prise en compte des revenus du conjoint dans le calcul de cette aide. D’un montant maximal de 904 € mensuels, elle est versée sur critères médicaux et sociaux et compte plus de 1,2 million de bénéficiaires, pour une dépense annuelle d’environ 11 milliards d’euros".
Lire l'article des ASH

Le Conseil économique, social et environnemental a publié un avis sur les métiers de la cohésion sociale



L'offre d'accompagnement des personnes âgées ou handicapées a poursuivi son développement en 2020 malgré le contexte sanitaire

" les ARS ont poursuivi leur soutien au développement de nouvelles solutions d’accompagnement, tant pour les personnes en situation de handicap que pour les personnes âgées.
Dans le champ du handicap, elles ont mobilisé 223,9 millions d’euros pour développer l’offre :
- 57,7 millions pour la mise en œuvre de dispositifs ;
- 166,2 millions pour l’installation de 6 335 nouvelles places en établissement ou service.
Pour les enfants en situation de handicap, l’offre nouvelle consiste principalement en services permettant d’accompagner les enfants dans le milieu ordinaire (71%), conformément aux orientations nationales, notamment dans le cadre de la stratégie pour l’autisme au sein des troubles du neurodéveloppement. 96 équipes mobiles d’appui à la scolarisation (EMAS) ont été créées sur l’ensemble du territoire ; avec les unités d’enseignement en maternelle (+273 places), les unités d’enseignement en élémentaire Autisme et les dispositifs d’autorégulation (+328 places) ainsi que les services d’éducation spéciale et de soins à domicile – SESSAD (+1 900 places), elles témoignent de la variété des dispositifs mis en place pour soutenir la scolarisation des élèves en situation de handicap.
Par ailleurs, les crédits dédiés au financement des pôles de compétences et de prestations externalisées (PCPE) ont progressé de 95% en 2020 par rapport à 2019. Cela témoigne de la souplesse de ce dispositif pour organiser les réponses aux besoins des personnes en situation de handicap, notamment en temps de crise."
Lire l'article sur le site de la CNSA

Opiacés : les États-Unis en overdose

"En cinq ans seulement, les overdoses d’antidouleurs ont causé quelque 200 000 morts aux États-Unis. Ces substances à base d’opioïdes (de la morphine de synthèse) redoutablement efficaces pour calmer la douleur s'avèrent très addictifs. Faute de suivi, une épidémie s'est déclarée outre-Atlantique, ravageant des familles et des communautés entières, jusqu'à peser sur l'économie du pays.
Tous les âges et toutes les couches sociales sont concernés. Depuis le pic de l'épidémie, les plaintes se sont multipliées contre des médecins, cliniques et pharmaciens qui ont prescrit et délivré ces molécules sans discernement, mais surtout contre les laboratoires pharmaceutiques qui dopent leurs ventes à coups de publicités mensongères. Celles-ci minimisent le caractère addictif des opioïdes. En première ligne : le laboratoire Purdue, dont le produit phare, l'OxyContin, lui a rapporté plus de 35 milliards de dollars selon des chiffres de 2017. Si le marché est mieux contrôlé, c'est désormais auprès de dealers et sur le Darknet que les consommateurs s'approvisionnent, avec des conséquences parfois dramatiques. Cette crise des opioïdes n'est pas circonscrite à l'Amérique. En Allemagne, les prescriptions ont grimpé d'un tiers entre 2006 et 2015. Et il semblerait que la France soit aussi touchée par ce phénomène".
Regarder le documentaire sur Arte.tv


Revue de presse 17 juillet 2022


Un "festival des récits" pour insuffler de la poésie dans le travail social



Le ventre vide, le cœur gros et deux euros

"En France, une personne sur cinq ne mange pas à sa faim. 21% des Français ont du mal à prendre trois repas par jour, faute de moyens financiers. L’INSEE qui nous rappelait en 2017 que 14,2 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté, soit 9 millions de personnes. Au-delà des chiffres alarmants, il est question, ici de l’expérience de la faim, ce que cela fait au corps, et de comment on en sort.
Une mère et ses trois enfants, une puéricultrice et un professeur des écoles ont dû faire face au manque de nourriture et à la précarité extrême. Qu'elle ait duré un jour, qu'elle survienne à la fin du mois ou à répétition, qu'elle soit côtoyée, constatée ou subie, ils racontent la faim."
Ecouter le podcast des pieds sur terres


Revue de presse 10 juillet 2022


Mobilisation des métiers de l’humain: «On vit une crise sans précédent»

"Environ 300 dirigeants d’association et salariés des secteurs social, médico-social, et sanitaire se sont réunis ce vendredi pour dénoncer la «pénurie» de salariés. En cause : les manquements liés à la prime promise par Jean Castex, ainsi que des demandes insatisfaites de revalorisations salariales. «Ça fait vingt ans que je travaille, j’ai jamais vu autant de dirigeants d’associations réunis dans la rue», s’étonne Bertrand Deric, directeur du service de protection de l’enfance de l’association Olga-Spitzer. Place du Palais-Royal, ce vendredi à 12h30, environ 300 personnes se sont réunis. Ce sont des membres de 19 fédérations et collectifs associatifs, des dirigeants franciliens des champs social, médico-social et sanitaire. De grands panneaux blancs avec le hashtag «tous unis», ou «revalorisation des salaires pour tous et maintenant», sont brandis, sur de la musique électro. En cause, la pénurie de personnel. L’absence de versement de la prime liée au Covid, et l’exclusion de certains métiers, ainsi que des salaires insuffisants sont pointés du doigt.
C’est la deuxième fois que ces fédérations se retrouvent. Le 4 février, l’interfédérale, représentant près de 500 organismes privés non lucratifs, s’était déjà mobilisée pour demander des revalorisations et alerter sur le manque d’attractivité des «métiers de l’humain»."
Lire l'article de Libération

Handicap: face à «un été de tous les dangers», les professionnels réclament des mesures d’urgence au gouvernement

"«Une situation catastrophique». Dans un courrier adressé ce mercredi à la ministre déléguée chargée des Personnes handicapées, Geneviève Darrieussecq, que Libération a pu consulter, le réseau «Paralysie cérébrale France» sonne l’alerte : si aucune mesure n’est prise en urgence, c’est toute une partie du secteur du médico-social qui risque de s’effondrer. Et les conséquences pourraient être dramatiques pour les personnes en situation de handicap.
Au cœur de tous les problèmes, encore une fois : le manque de personnel. Dans les Etablissements et services médico-sociaux pour adultes, qui accompagnent des handicapés moteurs, déficients intellectuels ou encore polyhandicapés, «20 à 30 % des postes d’infirmiers, d’aides-soignants, d’accompagnateurs éducatifs et sociaux, de kinésithérapeutes ou d’ergothérapeutes sont vacants», détaille Jacky Vagnoni, le président de Paralysie cérébrale France, dans la lettre adressée à la ministre. Sa fédération, qui regroupe environ 200 établissements, est pour sa part à la recherche d’au moins 210 employés. Ces dernières années, c’est tout le secteur du handicap qui a petit à petit perdu en attractivité. La faute à des salaires jamais revalorisés, dépassant difficilement le smic pour les aides-soignants, accompagnants et éducateurs..."
Lire l'article de Libération

L’intimité au risque de la privation de liberté

"La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté publie un rapport thématique sur “L’intimité au risque de la privation de liberté“.
Toute décision d’enfermement comporte, de façon plus ou moins explicite, l’autorisation de contrôler la vie des personnes concernées. L’intimité, la capacité de se préserver du regard d’autrui, ne se concilie pas aisément avec la vie collective dans un lieu de privation de liberté.
La recherche de la sécurité – prévenir les fugues, évasions, violences contre autrui ou soi-même – peut justifier des atteintes portées à l’intimité mais conduit souvent à négliger ce droit. Les situations sont variables selon les lieux : prisons, hôpitaux psychiatriques, centres de rétention administratives, locaux de garde à vue, centres éducatifs fermés, etc.
L’intimité peut être mise à mal dans de nombreux aspects de la privation de liberté, de manière souvent disproportionnée : conditions d’hébergement, promiscuité, mesures de contraintes, fouilles à corps, correspondances, confidentialité des soins, visites des proches ou encore sexualité.
Comment concilier respect de l’intimité et obligation de surveillance dans les lieux de privation de liberté ? Comment trouver l’équilibre entre ces exigences contradictoires ? Dans ce rapport, le CGLPL a souhaité explorer les conditions du respect de l’intimité des personnes privées de liberté en s’appuyant sur des exemples concrets issus de ses visites et des courriers qu’il reçoit".
Lire le rapport de la cglpl

Vers la déconjugalisation de l’AAH

« On n’a jamais été si près du but », se réjouit Arnaud de Broca, président du Collectif handicaps. Réclamée depuis des mois par les associations, rejetée par la majorité à l’Assemblée nationale en octobre dernier et au cœur des débats pendant la présidentielle, la réforme de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) devrait enfin voir le jour, actant sa déconjugalisation.
Cette allocation, versée mensuellement par les caisses d’allocations familiales à 1,22 million de bénéficiaires, dont 270 000 en couple, est actuellement conjugalisée : les revenus du conjoint de la personne handicapée éligible sont pris en compte dans le montant de l’AAH, impliquant une dépendance financière entraînée par cette indexation. Si la réforme passe, les personnes en situation de handicap gagneront non seulement en autonomie financière mais également en émancipation en cas de situation d’emprise. « L’AAH est parfois utilisée comme un moyen de pression par un conjoint violent pour que la femme ne quitte pas le couple », précise Arnaud de Broca.
Lire l'article des ASH

François Braun : "Il y a un malaise général au niveau de notre système de santé"

"Alors que la situation continue de se dégrader, le ministre de la Santé recommande un filtrage généralisé des services urgences. C'est lui qui a piloté la "mission flash" commandée par Emmanuel Macron pour désengorger les urgences cet été. "Ce filtrage a pour objectif de mieux prendre en charge les patients. De les prendre en charge dans une filière de soin plus adaptée à leur état" explique François Braun. "Les Français comprendront que quand on a une angine, il vaut mieux aller voir son médecin généraliste plutôt que les urgences, pour éviter la surcharge de nos services, et que les gens qui en ont vraiment besoin puissent y accéder" ajoute-t-il.
L'efficacité de cette mesures, et les autres de la "mission flash" seront évaluées cet été, avec une "vérification de l'efficacité de ces mesures". "Si ça marche, on les prolongera." Si ces services d'urgence sont parfois obligés de fermer, c'est parce qu'il manque des médecins, des infirmiers, des aides-soignants. La priorité, c'est aussi de recruter du personnel. "On va essayer, pendant ces trois mois d'été, d'éviter que d'autres personnels soignants continuent à partir. Il faut aussi redonner du sens à notre métier" assure le ministre de la Santé, bien conscient qu'"il y a un malaise général au niveau de notre système de santé"."
Ecouter l'émission de France Inter


Revue de presse 3 juillet 2022


La Loire-Atlantique teste son « Revenu Jeunes »

"Simplifié, complémentaire, plus efficace… le nouveau « Revenu Jeunes », adopté ce lundi 27 juin 2022 en Loire-Atlantique, entrera en vigueur dès le 1er juillet prochain pour les jeunes de 18 à 24 ans révolus. Un revenu qui sera versé sous condition de l’implication du bénéficiaire dans un parcours d’accompagnement.
Après la Gironde, la Métropole de Lyon et la Haute-Garonne (qui a depuis été retoquée, NDLR), c’est au tour de la Loire-Atlantique (44) de se lancer dans l’expérimentation du versement d’une aide sociale dédiée aux 18-24 ans les plus précaires. Voté en conseil départemental, ce nouveau « Revenu Jeunes », disponible dès le 1er juillet, est le résultat d’une concertation de cinq mois avec les acteurs locaux de la solidarité et de la jeunesse.
« Nous avons constaté que la précarité s’était accentuée avec la crise sanitaire. Si des dispositifs pour les aider existent, ils ne répondent pas à toutes les situations, en particulier les jeunes qui ne sont ni en études, ni en emploi, ni en formation. Nous avons donc choisi de mettre cette aide en place pour compenser ces situations et répondre à la détresse de ceux qui ne rentrent pas dans les bonnes cases », explique Michel Ménard, président de ce département.
Dans les services sociaux du département, on aurait déjà estimé le nombre de jeunes éligibles à 300-400 jeunes. Le département, conscient du non-recours important dans cette tranche d’âge, voit plus large, et en vise 1000 d’ici la fin de l’année.
Lire l'article des ASH

« Les “soft skills”, cet impensé des programmes scolaires, sont essentielles à la réussite des élèves »

"Est-ce parce qu’elles sont perçues, à tort, comme des forces de caractère devant être acquises en dehors de l’école ou comme un outil managérial appartenant à l’univers professionnel ? Est-ce parce que, contrairement aux « hard skills » que sont les savoirs et savoir-faire scolaires, ces « soft skills » sont difficilement évaluables ? Quelles qu’en soient les raisons sous-jacentes, elles restent un impensé des programmes, alors même qu’elles s’avèrent essentielles au bien-être et à la réussite des élèves.
Que recouvrent-elles exactement ? L’organisation nord-américaine Casel [pour « Collaborative for Academic, Social and Emotional Learning » (« collaboration pour l’apprentissage scolaire, social et émotionnel »)], qui étudie leur impact depuis bientôt trente ans au sein des établissements scolaires, les regroupe en cinq grands domaines : la connaissance et la maîtrise de soi, la conscience sociale, la faculté d’établir des relations saines et la capacité de prendre des décisions responsables."
Lire l'article du Monde

La France déprime, le business de l’anxiété fleurit

"Alors que le Covid-19 et la guerre en Ukraine intensifient l’angoisse ressentie par nombre de Français, la consommation d’antidépresseurs et anxiolytiques s’envole et les consultations de psy explosent.
Le mal-être est palpable. Il ne date certes pas uniquement de la pandémie de Covid-19, mais force est de constater qu’il s’est aggravé ces dernières années. Les chiffres de l’étude CoviPrev, lancée par l’agence sanitaire Santé publique France pour suivre les indicateurs de santé mentale pendant la pandémie, en attestent. Au début du mois de mai, 25,4 % des personnes interrogées montraient ainsi des signes d’un état anxieux (12 points de plus qu’en 2017), 15,1 % présentaient des signes d’un état dépressif et 67,2 % déclaraient souffrir de troubles du sommeil. Plus alarmant encore, 11,3 % du panel indiquait avoir eu des pensées suicidaires, soit un chiffre en hausse de près de 3 points en l’espace d’une année. Un panorama plutôt sombre. Il inquiète les professionnels du secteur, qui voient défiler les nouveaux cas.
Lire l'article du Monde

Engagement bénévole, le CESE a adopté son avis

"A rebours de l’image actuelle d’une société française fatiguée démocratiquement, qui se replie sur elle-même, le bénévolat, cet « élan joyeux » apporte une réelle solidarité à notre pays : 22 millions de Français âgés de 18 ans et plus sont aujourd’hui bénévoles, que ce soit au sein d’une association, d’un syndicat, d’une mutuelle ou d’un parti politique. La crise sanitaire a révélé le rôle crucial des bénévoles et des structures de bénévolat qui fait face à de nombreux défis : plus d'information pour mieux promouvoir le bénévolat, renouvellement des responsables, statut, formation et reconnaissance des compétences... Le CESE s'est saisi de ce sujet alliant cohésion sociale et citoyenneté pour contribuer à cette reconnaissance individuelle et collective du bénévolat.
Le CESE en préambule de ses 19 préconisations, a proposé une nouvelle définition du bénévolat :
Le bénévolat est l’action de la personne qui s'engage librement, sur son temps personnel, pour mener une action non rémunérée en direction d'autrui, ou au bénéfice d’une cause ou d’un intérêt collectif."


Revue de presse 27 juin 2022


La HAS veut mettre fin au tabou de la vie affective et sexuelle en ESSMS

"La Haute Autorité de santé (HAS) vient de publier une note de cadrage sur le thème de la vie affective et sexuelle au sujet de l’accompagnement des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS). L’objectif est d’appréhender cette thématique sous un autre angle. Souvent perçue comme un tabou, la sexualité est « un aspect central de l'être humain qu’il est donc légitime d’intégrer à l’accompagnement social et médico-social », assure la Haute Autorité de santé. Dans une note de cadrage publiée début juin, elle estime que la vie affective et sexuelle doit s’inscrire « dans un vaste mouvement de promotion de l’auto-détermination des personnes accompagnées, de la co-construction de leur projet personnalisé et du respect de leurs droits et libertés ».
Si les pratiques professionnelles diffèrent selon les établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS), six grands axes communs se sont dégagés des différents témoignages recueillis au cours de l’enquête."
Lire l'article des ASH

Étudiants en travail social : reconduction des mesures d'aménagement des stages

Un arrêté publié le 24 juin reconduit, au profit des étudiants en formation menant à un diplôme du travail social durant l'année scolaire ou universitaire 2021-2022 (celle qui se termine), les mesures d'assouplissement des modalités de la formation pratique mises en place pour l'année 2020-2021. Pas moins de 13 diplômes sont concernés (DEASS, DEES, DEAES, Cafdes, Caferuis...).
Ces aménagements, fixés par arrêté du 4 novembre 2020 en raison de la crise sanitaire, concernent la durée des stages (réduite avec un « minimum à assurer »), leur lieu (il peut s'agir d'un lieu unique) ou encore le profil des encadrants.
Lire l'article du Média Social

Le droit au logement opposable (Dalo)

La Cour des Comptes, six ans après un précédent rapport, "publie ce jour un nouveau bilan de la mise en œuvre de ce dispositif, qui révèle l’accentuation des difficultés qu’elle avait déjà révélées en 2016, en particulier dans la région Île-de-France : pour de trop nombreux ménages, le Dalo n’est pas encore un droit effectif, et le risque qu’il devienne un droit source de désillusions augmente".
Unique en Europe et dans le monde, le Dalo enregistre un nombre croissant de sollicitations depuis son entrée en vigueur le 1er janvier 2008. Jusqu’à fin 2020, près de 1,3 million de demandes de reconnaissance d’éligibilité ont été déposées auprès des commissions départementales de médiation (Comed) chargées de les instruire - dont plus de 60 % ont été enregistrées en Île-de-France.
Les difficultés grandissantes pour accéder au logement social, souvent invoquées par les acteurs locaux, ne sauraient constituer le seul frein à la mise en œuvre du Dalo. D’autres facteurs interviennent : ils ont d’abord pour origine l’augmentation du nombre des objectifs assignés aux acteurs locaux en matière d’attributions de logements sociaux. Depuis l’instauration du Dalo, plusieurs textes législatifs ont créé de nouvelles catégories de publics prioritaires. Ces injonctions multiples ont pour conséquence de faire perdre au dispositif son caractère de priorité supérieure. Selon la Cour, l’effort toujours insuffisant des collectivités territoriales et des bailleurs pour participer à l’effort de relogement aux côtés de État en constitue une illustration."
Lire la synthèse
Lire le rapport

Prix Média Unafo-ASH : « Nés sous la même étoile »

"Étudiante en journalisme à l’Ejcam (Ecole de journalisme et de communication d’Aix-Marseille), Zoé Neboit a remporté le Prix Média Unafo-ASH. Son travail évoque le parcours des chibanis à Marseille sous l’angle du logement accompagné : ils sont les résidents historiques de la structure adhérente de l’Unafo dans laquelle elle les a rencontrés.
Retour sur des vies qui ont cheminé d’un foyer pour travailleurs migrants dans les années 1960 à une cohabitation en résidence sociale en 2022".


Revalorisation des travailleurs sociaux de la Bass : l'accord collectif est agréé

"Après moult rebondissements, l'accord du 2 mai 2022 qui transpose, dans la branche associative sanitaire, sociale et médico-sociale (Bass), la mesure de revalorisation salariale de 183 € net par mois à certains personnels socio-éducatifs ( « Ségur social » issu de la conférence des métiers du 18 février 2022) est enfin agréé par un arrêté du 17 juin 2022, publié au Journal officiel du 23 juin.
L'accord, signé par l'organisation d'employeurs Axess (qui regroupe Nexem, la Fehap et la Croix-rouge française) et la CFDT santé sociaux, fixe les conditions et modalités de versement de cette « indemnité mensuelle "métiers socio-éducatifs" ».
D'un montant de 238 € brut (équivalent à 183 € net), elle est attribuée aux salariés exerçant « à titre principal » une fonction socio-éducative dans les établissements et services accompagnant les publics vulnérables (personnes âgées et handicapées, protection de l'enfance, secteur de l'exclusion...). Le texte liste les fonctions éligibles à cette revalorisation (éducateur spécialisé ou technique, moniteur-éducateur, conseiller en économie sociale et familiale, etc.)".
Lire l'article du Media social

Pouvoir d’achat : Le gouvernement hausse le ton à l’égard des branches en retard sur le smic

"Le gouvernement hausse le ton à l’égard des branches professionnelles qui tardent à ajuster leur grille de salaires pour tenir compte de l’évolution du smic. Les services de l’Etat pourront procéder à leur « fusion administrative » en invoquant le manque de réactivité dont elles ont fait preuve.
Cette disposition est prévue dans le projet de loi relatif à la préservation du pouvoir d’achat, auquel Le Monde a eu, en partie, accès. Il s’agit plus d’une précision apportée à l’arsenal réglementaire que d’une révolution. Mais la mesure vise clairement à mettre l’épée dans les reins des organisations patronales qui montrent peu d’empressement pour faire évoluer leur convention collective".
Lire l'article du Monde


Revue de presse 20 juin 2022


La progression inédite du Rassemblement national aux législatives : circonscriptions, profils des élus et enjeux

"Si l’essentiel de l’attention pendant cette campagne des législatives s’est porté sur l’alliance à gauche, le résultat le plus spectaculaire de ces élections se trouve être celui du Rassemblement national (RN). Le parti de Marine Le Pen est parvenu, dimanche 19 juin, à envoyer 89 députés à l’Assemblée nationale, un nombre jusque-là inégalé, qui va donner plus de pouvoirs à l’extrême droite.
Avec 89 élus en 2022, le RN multiplie par onze son résultat de 2017 (8 députés avaient été élus) et par presque trois celui de 1986, année où le parti, qui s’appelait alors Front national, avait fait une entrée fracassante à l’Assemblée nationale, à la faveur du scrutin à la proportionnelle voulu par François Mitterrand, jamais réappliqué depuis."
Lire l'article du Monde

Emploi des personnes handicapées : des difficultés dès l'accès à l'éducation

"Le Bureau international du travail a diffusé une série d'indicateurs mondiaux illustrant les difficultés des personnes en situation de handicap pour décrocher un emploi. Les obstacles qu'elles rencontrent démarrent dès l'accès à l'éducation.
Le Bureau international du travail (BIT), organisme international rattaché à l'Organisation des nations unies (ONU), a rendu publiques, le 13 juin, des données permettant d'illustrer les défis auxquels sont confrontées les personnes handicapées pour pouvoir occuper un emploi.
Si la Convention relative aux droits des personnes handicapées, adoptée en décembre 2006, consacre « le droit des personnes handicapées de travailler, sur la base de l'égalité avec les autres », de nombreuses disparités sont encore constatées, et ce à l'échelle mondiale.
Extrait : "Les personnes handicapées représentent environ un milliard de personnes, 15% de la population mondiale. A peu près 80 pour cent sont en âge de travailler. Cependant, le droit au travail décent est souvent refusé aux personnes handicapées. Celles-ci, en particulier les femmes, sont confrontées à d'énormes obstacles comportementaux, physiques et informationnels pour l'égalité des chances dans le monde du travail. Comparées aux personnes non-handicapées, elles connaissent des taux de chômage et d'inactivité économique plus élevés et ont plus de risque de percevoir une protection sociale insuffisante –élément essentiel à la réduction de l'extrême pauvreté."
Lire l'article du Média Social
Lire le rapport de l'OIT

Le 6e épisode du podcast "TroubleS dans le Spectre" est en ligne !

"Recevoir un diagnostic d’autisme est encore un parcours épineux pour la plupart des personnes concernées et leurs proches. Et pourtant, au delà de l’étiquette, recevoir le bon diagnostic est essentiel pour pouvoir comprendre le fonctionnement de la personne et adapter les soins aux spécificités de ses besoins.
On dit que l’on ne peut pas reconnaitre ce que l’on ne connait pas. Cet épisode donne la parole à des personnes qui ont dû se battre pour avoir une reconnaissance de leur condition, ou de celle de leurs enfants, face un environnement qui n’avait pas une vision actualisée de l’autisme.
En fin d’épisode, Sophie Cervello, médecin coordinateur de l’unité TS2A et Stephanie Marignier, neuropédiatre au CRA donneront leur perspective sur les enjeux liés au diagnostic et des conseils pratiques destinés aux professionnels de santé."


Revue de presse 13 juin 2022


A Paris, le procès d’un père agresseur sexuel aux nombreuses victimes

Cet article du Monde décrit le parcours d'un homme pédophile et la génèse de ce parcours :"Car la trajectoire de Samuel est éloquente sur le fonctionnement des violences sexuelles intrafamiliales. D’agressé, il est devenu agresseur, avec de nombreux signaux d’alerte présents très tôt et non détectés par son entourage".
Lire l'article du Monde

Centre éducatif fermé (CEF) en Auvergne : la grande débandade

"Depuis le début de l’année, le Centre éducatif fermé (CEF) de Pionsat en Auvergne traverse des turbulences. Les révélations du quotidien régional La Montagne (1) en mars puis de Médiapart (2) en juin décrivent un établissement sans équipe de direction fixe, ni personnel éducatif suffisant en nombre comme en compétence. Sur 26,5 postes 18 sont pourvus et 17 titulaires sont en arrêt maladie. L’association gestionnaire, Le CAP membre du groupe SOS peine à recruter, si bien que l’équipe rame en sous-effectif et les jeunes s’engouffrent dans les failles, fument des pétards, fuguent, draguent les animatrices, commettent des violences… Calibré pour accueillir douze mineurs de 13 à 16 ans, la structure a réduit sa jauge à sept. Au vu des profils des enfants, souvent délinquants réitérant malgré leur jeune âge et, surtout, déjà très fracassés par la vie, ce réajustement s’avère insuffisant".
"Quand un projet ne tient pas la route, les professionnels diplômés refusent d’y travailler, donc tu recrutes des gens peu formés, qui eux mêmes ne restent pas parce que le cadre est impossible à tenir. » Carlos Lopez.
Lire l'article de Lien social

Podcast. Charles Gardou : « Dans la société, il y a une hiérarchisation des vies, entre valides et handicapés »

"Il donne sa place à la fragilité, à la diversité humaine. A ceux qui ne sont pas dans la norme. Comme le porte-voix de ceux qui ne la prennent pas. Charles Gardou est anthropologue. Il étudie l’humain. Celui d’hier et d’aujourd’hui. Et il consacre sa vie à nous interroger sur notre rapport au handicap. A travers une quinzaine d’ouvrages – dont La société inclusive, parlons-en !, Pascal, Frida Kahlo et les autres ou son dernier ouvrage La Fragilité de source aux éditions Erès –, il a questionné, décrypté, analysé une société qui rend extraordinaires des différences ordinaires. Une société où les différences sont encore vues à la marge, comme des contraintes. Et pourtant, le handicap n’est pas à la marge, car un humain sur sept est en situation de handicap."
Ecouter le Podcast sur le Monde.fr
Decouvrir « Rebond », le podcast du « Monde » qui parle du handicap


Revue de presse 6 juin 2022


Le déclin des formations sociales sur Parcoursup "Les écoles de travail social ont pu y voir une opportunité. Depuis 2019, leurs formations à quatre diplômes d’Etat sont proposées, sur Parcoursup, aux lycéens et aux étudiants cherchant à candidater dans l’enseignement supérieur. De quoi donner, peut-être, l’idée à certains jeunes de devenir éducateur spécialisé, ou pourquoi pas assistant social… Une crainte s’est même dessinée de voir débarquer, dans les écoles, des élèves sans vocation particulière pour le travail social.
Cette peur était, peut-être, trop optimiste. Car ces trois dernières années, l’intérêt des lycéens pour ces quatre formations, en réalité, n’a cessé de reculer. En comptabilisant tous les vœux et sous-vœux confirmés, par les élèves de terminale, jusqu’au 8 avril 2022, les écoles d’éducateurs spécialisés n’ont été cochées, sur le site Parcoursup, que 8 851 fois cette année. C’est presque 38 % de moins qu’en 2020.
Et une décrue semblable se répète pour les formations, pourtant déjà moins prisées, des éducateurs de jeunes enfants (- 40 %) et des assistants de service social (- 32 %). Les vœux confirmés chutent même de 79 % pour les formations, confidentielles, des éducateurs techniques spécialisés.
Certes, le nombre des candidats de terminale pris en compte ici a lui-même décru en trois ans, de 647 255 à 606 043 élèves, soit – 6 %. Mais le nombre de leurs vœux confirmés, au total, a bel et bien progressé de 20 % - de 6,5 à 7,8 millions exactement. Et à titre de comparaison, les vœux pour les formations au diplôme d’Etat d’infirmier ont, dans cette même période, bondi de 612 007 à 688 985, soit + 13 %. La campagne de communication du gouvernement, ce printemps, pour "les métiers du soin et de l’accompagnement", aura peut-être servi, au moins, à cette filière."
Lire l'article du Media social

La Défenseure des droits demande un plan d'urgence pour la santé mentale des jeunes

"Claire Hédon avait déjà alerté en novembre sur l'état de la santé mentale des jeunes, mise à mal par la crise sanitaire, avec une augmentation des troubles dépressifs et une insuffisante prise en charge psychiatrique.
Elle estime que les moyens sont "largement insuffisants" et appelle la Première ministre Elisabeth Borne à mettre en place un plan d'urgence pour la santé mentale des jeunes.
La Défenseure des droits avait déjà alerté en novembre sur l'état de la santé mentale des jeunes, mise à mal par la crise sanitaire avec une augmentation des troubles dépressifs et une insuffisante prise en charge psychiatrique, dans son rapport annuel sur les droits de l'enfant. "Santé publique France lui a malheureusement donné raison en publiant des chiffres alarmants sur une augmentation des passages aux urgences pour gestes suicidaires, idées suicidaires et troubles de l'humeur chez les 15 à 24 ans"
Lire l'article sur Francetvinfo.fr

En France, selon l’Insee, l’ascenseur social n’est pas en panne

"Selon une étude novatrice, 70 % des enfants de parents modestes grimpent dans l’échelle des revenus.
Une étude originale, publiée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le 19 mai, tord le cou à l’idée que la France serait « le » pays de la reproduction des inégalités sociales. Les statisticiens ont, pour la première fois, comparé le revenu 2018 d’adultes de 28 ans à ceux de leurs parents, dix ans plus tôt, pour mesurer la mobilité des ressources entre générations. « Les revenus des parents influencent, bien sûr, fortement ceux des enfants, mais sont loin de les déterminer entièrement », écrivent les auteurs.
Parmi les enfants de parents défavorisés appartenant aux 20 % des ménages les plus modestes, un quart font tout de même partie à 28 ans des 40 % des ménages les plus aisés et « 12 % ont une mobilité très ascendante et rejoignent les 20 % les plus riches ». En élargissant le point de vue, l’étude constate que 70 % des enfants de parents modestes gagnent mieux leur vie qu’eux. A l’autre extrémité du tableau, 15 % des enfants de parents aisés ont une mobilité descendante et se retrouvent, à 28 ans, parmi les 20 % des ménages les plus modestes.
Lire l'article du Monde


Revue de presse 30 mai 2022


Une soixantaine d'associations dénoncent "la carence des institutions" envers les mineurs non accompagnés

"Une soixantaine d'organisations et de collectifs parmi lesquels La Ligue des droits de l'Homme, Médecins du monde, la Cimade, le Cofrade (Conseil français des associations pour les Droits de l’Enfant) ou encore le Syndicat de la magistrature pointent du doigt, dans un communiqué publié le 20 mai, « la carence des institutions » envers les mineurs non accompagnés (MNA) entraînant, partout sur le territoire national, leur « mise à la rue, sans droits ni ressources ». Elles fustigent les discours de «fantasmes» sur les MNA, «au profit d'affichages politiciens de "lutte contre l'immigration"».
Chaque nuit, des centaines de jeunes isolé•es tout juste arrivé•es en France dorment à la rue. 52 associations françaises demandent au @gouvernementFR de mettre fin à sa politique de dissuasion et de répondre enfin à son devoir de protection".
Lire l'article sur www.enfancejeunesseinfos.fr

Titres de séjour : le Sénat plaide pour une simplification des procédures

"Législation « incompréhensible » du fait de l'empilement des réformes, complexité administrative, procédures d'éloignement inefficaces… La commission des lois du Sénat dresse, dans un rapport publié le 13 mai, un portrait peu flatteur de la politique d'immigration en France, qui nuit à l’exercice de leurs droits par les étrangers, mais également source de difficultés pour les agents de l’État.
Le rapport identifie plusieurs points d'amélioration du dispositif de délivrance des titres de séjour, parmi lesquels l'accès aux guichets des préfectures pour déposer une demande."
Lire l'article du Media social

Signalement de maltraitances : le Conseil d’Etat annule la sanction de l’Ordre des médecins contre une pédopsychiatre

"La décision était très attendue par les acteurs de la protection de l’enfance. Le 30 mai, le Conseil d’Etat a annulé la condamnation du Conseil de l’Ordre des Médecins contre le Dr Eugénie Izard à 3 mois de suspension d’exercice.
La pédopsychiatre toulousaine, également présidente du Réseau des professionnels pour la protection de l’enfance et l’adolescence (REPPEA), avait signalé au juge des enfants en mars 2015 - et non seulement au procureur de la République - les maltraitances présumées d’un père sur l’une de ses jeunes patientes, alors âgée de 8 ans. Médecin lui-même, l’homme poursuit alors Eugénie Izard devant le Conseil de l’Ordre, qui la sanctionne au terme de plusieurs années de procédure en décembre 2020, pour violation du secret professionnel et « immixtion dans les affaires de famille ».
Seuls 5% des signalements émanent de médecins
Le Dr Izard avait alors médiatisé cette affaire, qui met en lumière les risques juridiques majeurs encourus par des médecins dénonçant des faits de maltraitance, en diffusant sur les réseaux sociaux une vidéo devenue virale en février 2021. Risquant d’être poursuivis par un parent mis en cause, les professionnels peuvent l’être aussi par leur Conseil de l’Ordre. Ce qui explique, en partie, que seuls 5% des signalements pour violences sexuelles sur mineurs émanent de médecins."
Lire l'article des ASH

Seule la moitié des personnes éligibles au minimum vieillesse le demande

"La moitié des personnes de 65 ans et plus qui pourraient prétendre à l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) n'en fait pas la demande. L'ignorance de cette prestation et sa récupération sur succession pourraient expliquer ce phénomène.
Une étude publiée le 20 mai par la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) met en avant le fort taux de non-recours à l'allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa), encore souvent désignée sous l'appellation de « minimum vieillesse », qu'elle a remplacé en 2006". Le minimum vieillesse est actuellement de 916,78 € maximum par mois.
Lire l'article du Media social


Revue de presse 23 mai 2022


Le déclin des formations sociales sur Parcoursup

"En comptabilisant tous les vœux et sous-vœux confirmés, par les élèves de terminale, jusqu’au 8 avril 2022, les écoles d’éducateurs spécialisés n’ont été cochées, sur le site Parcoursup, que 8 851 fois cette année. C’est presque 38 % de moins qu’en 2020.
Et une décrue semblable se répète pour les formations, pourtant déjà moins prisées, des éducateurs de jeunes enfants (- 40 %) et des assistants de service social (- 32 %). Les vœux confirmés chutent même de 79 % pour les formations, confidentielles, des éducateurs techniques spécialisés.
Certes, le nombre des candidats de terminale pris en compte ici a lui-même décru en trois ans, de 647 255 à 606 043 élèves, soit – 6 %. Mais le nombre de leurs vœux confirmés, au total, a bel et bien progressé de 20 % - de 6,5 à 7,8 millions exactement. Et à titre de comparaison, les vœux pour les formations au diplôme d’Etat d’infirmier ont, dans cette même période, bondi de 612 007 à 688 985, soit + 13 %."
Lire l'article du Media social

Handicap : un jeune sur dix pris en charge en établissement n'est pas scolarisé

"L’enquête ES-Handicap, publiée le 17 mai, menée tous les quatre ans par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) donne une photographie de la situation, fin 2018, des enfants et des adolescents handicapés, accompagnés dans des structures dédiées. Une étude réalisée auprès de 12 400 établissements répartis sur tout le territoire et qui concerne près de 170 000 jeunes âgés de 0 à 20 ans. Soit 1 % de cette génération.
L’un des premiers enseignements de cette nouvelle enquête est la surreprésentation masculine. Deux enfants ou adolescents sur trois accompagnés dans ces structures spécialisées sont des garçons. Un phénomène encore plus visible dans les instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques (Itep) dédiés aux troubles du comportement où les enfants rencontrent aussi bien des problèmes de socialisation que d’apprentissage.
Un sur dix sans solution
Deuxième constat saillant de cette étude : si les jeunes en situation de handicap (6-15 ans) sont très majoritairement scolarisés – en milieu ordinaire ou non – un sur dix se retrouve néanmoins sans solution. Ces situations de non-scolarisation sont prégnantes dans les établissements pour enfants polyhandicapés (69 %) et dans une moindre mesure dans les instituts médico-éducatifs (12 %)".
Lire l'article des ASH

Lancement d’une mission visant à définir un socle de compétences en matière de soutien à la parentalité

"Elaborée en concertation avec des experts du soutien à la parentalité, des fédérations représentant les acteurs du soutien à la parentalité et avec le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA), la Charte fixe huit principes clés encadrant toute action de soutien à la parentalité pouvant bénéficier de financements publics. Elle pose les conditions d’une identité professionnelle partagée en faveur d’un accompagnement des familles tout en respectant leur diversité.
Le huitième principe de la Charte nationale de soutien à la parentalité tend à « garantir aux personnes qui recourent à une action de soutien à la parentalité que les bénévoles ou professionnels qui interviennent dans ce cadre : ont une compétence ou bénéficient d’une formation dans ce domaine ; et disposent de temps de partage d’expérience et d’analyse de pratiques ».
Accèder au dossier du ministère

Publication du rapport "15 ans après le loi Dalo, un nécessaire rappel à la loi"

"Depuis le vote de la loi, le nombre de recours déposés et le nombre de logements mobilisés n’ont cessé de croître. Toutefois, l’année 2020 fut une année singulière marquée par la crise du Covid et l’Etat d’urgence sanitaire avec ses confinements et restrictions. En résulta une baisse du nombre de recours, faute d’accès à l’accompagnement ; une diminution du nombre de reconnaissances (29 191 contre 34 466 en 2019) avec la difficile tenue de certaines commissions de médiation (comed) ; et, pour la première fois depuis 2008, une réduction du nombre de logements attribués en CALEOL aux ménages PU Dalo (18 208). Au-delà des seules difficultés liées au Covid, la loi Dalo peine encore à être respectée. Les écarts entre les taux de décisions favorables par département posent la question de l’égal accès au Droit. Ils interrogent sur les applications restrictives des critères de reconnaissance établis par le législateur ou l’intégration du manque de logements dans les décisions de comed, en particulier dans les zones sous tension. Surtout, en 2020, 77 684 ménages reconnus au titre du Dalo sont toujours en attente d’une proposition de logement depuis 1 à 13 ans.
Lire le rapport du Haut comité pour le logement des personnes défavorisées

Un algorithme pour repérer les maltraitances contre les enfants de 0 à 5 ans

"Le Bulletin épidémiologiste hebdomadaire (BEH) de Santé publique France a publié, le 17 mai, une étude menée par le CHU de Dijon visant à tester la pertinence d'un algorithme permettant de repérer les enfants âgés de 0 à 5 ans, ayant bénéficié d’une hospitalisation en raison de lésions pouvant être consécutives à une maltraitance physique. Le dispositif repose sur l’utilisation du programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI), base de données des hôpitaux et cliniques, dans laquelle sont recensées et codées les pathologies et lésions constatées sur chaque patient. L'équipe pluridisciplinaire du CHU de Dijon chargée de ce projet est composée d’épidémiologistes, statisticien et médecins légistes dont certains sont également psychiatres, et dispose d’une expérience dans l’utilisation des bases de données médico-administratives pour l’étude des phénomènes épidémiologiques notamment dans le domaine de la périnatalité.
Pourquoi cibler les enfants de 0 à 5 ans ? Les auteurs de l'étude expliquent que chez le grand enfant et l’adolescent, les maltraitances physiques sont plus difficiles à repérer et les traumatismes moins spécifiques et moins graves que chez le jeune enfant. « Il est aisé, chez un enfant en bas âge, du fait de ses capacités motrices, de repérer les situations où l’enfant n’est pas en mesure de se blesser seul », précisent-ils".
Lire l'article de Enfancejeunesseinfos


Revue de presse 16 mai 2022


Enfants en danger : l’embolie des services chargés de leur protection provoque des situations dramatiques

"La mise en œuvre des décisions de justice censées protéger les mineurs maltraités ou délaissés intervient avec des retards croissants, provoquant des situations dramatiques". L'article pointe une cause majeure : les difficultés de recrutement : "Comme ailleurs, le manque d’éducateurs et de travailleurs sociaux est invoqué. L’Association Olga-Spitzer, une des plus importantes financées par le département pour prendre en charge les AEMO, compte aujourd’hui 26 % de postes vacants parmi ses éducateurs. « On est passés de deux mois d’attente pour qu’une telle mesure commence à être exécutée, à trois-quatre mois en moyenne sur le département, parfois six, constate Mme Blanc. On voit à l’audience des mesures en cours dont l’éducateur en charge est parti entre-temps. »
Ces difficultés de recrutement se rencontrent dans toute la France. Au tribunal d’Angers, les délais de prise en charge des mesures d’assistance éducative par l’ASE « ont explosé », affirme Marie Limousin, juge des enfants. La présidente du conseil départemental a bien annoncé, en octobre 2021, un plan de 3 millions d’euros pour augmenter d’une soixantaine l’offre de places de repli pour des mesures de placement éducatif à domicile ou créer un accueil d’urgence pour les 14-18 ans. Dans la réalité, les placements se font encore avec des retards pouvant dépasser les six mois."
Lire l'article du Monde

Intervention sociale : la crise sanitaire a révélé l'envie de travailler différemment

"Capacité d'innovation des travailleurs sociaux, réappropriation de "l'aller vers", décloisonnement du sanitaire et du social… Une étude du Crédoc revient sur les effets et les enseignements de la crise sanitaire sur le travail social.
En mars 2020, à cause de la pandémie mondiale de Covid-19, la France est confinée. À la crise sanitaire s’ajoute rapidement une crise sociale, avec une grande partie de l’économie à l’arrêt et un chômage partiel ou technique important. Tels des « urgentistes de terrain », les travailleurs sociaux se retrouvent en première ligne pour faire face à la nécessité de la mise à l’abri et de l’aide alimentaire et sanitaire des publics vulnérables.
Quels impacts la crise a-t-elle eus sur les pratiques des intervenants sociaux ? Quels enseignements en tirer ? Une enquête qualitative, menée par le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) en fin d’année 2021, auprès d’une quarantaine de salariés et bénévoles du secteur social et médico-social, permet d’objectiver les conditions d’activité d’un « secteur en grande difficulté depuis plusieurs années ».
Lire l'article du Media social

Immigration : un rapport du Sénat pointe un droit des étrangers devenu « illisible et incompréhensible »

"Procédures erratiques de demande de titre de séjours, explosion du contentieux, inefficacité des mesures d’éloignement… Une mission d’information du Sénat analyse avec sévérité des dispositifs de gestion de l’immigration.
"Près de 200 000 personnes seraient entrées irrégulièrement dans l’Union européenne en 2021. Fort de ce constat, la commission des lois du Sénat a mis en place une mission d’information afin d’évaluer les politiques publiques destinées à répondre à « ce défi ».
Dans son rapport, intitulé « Services de l’État et immigration : retrouver sens et efficacité » adopté mardi soir, la mission d’information, dresse un bilan très inquiétant de l’évolution du droit des étrangers « devenu illisible et incompréhensible sous l’effet de l’empilement de réformes successives ». « Il en résulte une complexité juridique qui ne nuit pas uniquement à l’exercice de leurs droits par les étrangers, mais qui est également une source de difficultés quotidiennes pour les agents de l’État chargés de le faire appliquer », constatent les membres de la mission.
De même, cette complexité juridique est qualifiée par les sénateurs de « fonds de commerce pour certains cabinets d’avocats ou de juristes qui n’hésitent pas à en exploiter les failles à des fins lucratives »."
Lire le rapport du Sénat

« C’est en aidant les familles que nous éviterons que les écrans deviennent de nouvelles nounous »

"La tentation est grande pour les parents seuls ou n’ayant aucune aide de mettre leur enfant devant un écran. Les pédiatres Sylvie Dieu Osika et Eric Osika préconisent de développer des lieux d’accueil et de garde collectifs pour les aider.
Rayan, Nicolas et Riley sont trois enfants adressés il y a quelques mois à la consultation de « surexposition écrans », dans le service de pédiatrie de l’hôpital Jean-Verdier de Bondy (Seine-Saint-Denis).
A deux ans et demi, Rayan ne dit pas un mot quand il arrive à l’hôpital, mais il fredonne en boucle le générique de son dessin animé préféré, Les Titounis. Et pour cause : il l’a déjà regardé sur la télévision des centaines de fois. La maman de Rayan l’élève seule dans un studio, avec de faibles revenus. Lorsqu’on l’interroge, le constat est accablant : Rayan ne se calme que grâce à l’écran, ne mange que devant l’écran et ne s’endort qu’avec la tablette posée devant lui.
Lire l'article du Monde


Revue de presse 9 mai 2022


Personnes handicapées : une Prestation de compensation du handicap (PCH) plus inclusive

"C’était une avancée très attendue dans le monde du handicap. À partir du 1er janvier 2023, les personnes présentant un handicap psychique, mental, cognitif ou un trouble du neurodéveloppement bénéficieront de la Prestation de compensation du handicap (PCH). En effet, un décret paru mercredi 20 avril au Journal officiel élargit les critères d’attribution de cette aide financière versée par les départements pour effectuer des tâches de la vie quotidienne. Le dispositif a été testé en 2021 dans trois départements : les Ardennes, la Gironde et les Vosges pour en définir les modalités exactes.
Cette compensation de la perte d’autonomie pourra être octroyée si la personne éprouve des difficultés à « gérer son stress » face à l’imprévu ou à effectuer des « tâches multiples » de la vie quotidienne, comme préparer un repas, faire les courses ou prendre les transports. Trois heures par jour seront possibles en fonction de ses besoins.
Le Collectif Handicaps, qui fédère 51 associations, s’est réjoui de « la publication tant attendue de ce texte, fruit d’une mobilisation de plusieurs associations ». Les critères d’attribution de la PCH mise en place depuis 2005 excluaient jusqu’à présent les personnes porteuses d’un handicap mental."
Lire l'article de Lien Social

Intimité en ESSMS recueillir les attentes des personnes en situation de handicap et des professionnels

ASH :"Cette semaine, après la publication de notre numéro consacré à la vie affective et sexuelle dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux, nous donnons la parole à Leïla Godet. Chargée de mission au Centre Ressource Vie Intime, Affective, Sexuelle et soutien à la parentalité de la région Centre Val de Loire, elle présente les grands objectifs de ce dispositif.
Créé fin 2021, il est destiné à accompagner la vie intime et sexuelle ainsi que la parentalité des personnes en situation de handicap, que ce soit au domicile ou en établissements et services médico-sociaux. Il est également au service des familles, des aidants familiaux et des professionnels.

L’habitat inclusif bridé par un cadre financier et réglementaire complexe

"Pour rompre l’isolement de personnes fragiles, l’habitat inclusif est une solution qui allie logement ordinaire et espaces partagés avec différents services. Ces logements sont destinés aux personnes vieillissantes mais aussi en situation de handicap qui souhaitent un cadre de vie rassurant. L’habitat inclusif s’appuie sur un cadre réglementaire et financier récent, mais n’en demeure pas moins un écosystème complexe, soutenu par les collectivités locales.
« L’habitat inclusif permet à des personnes vulné­rables, ou qui anticipent de l’être, d’accéder à un logement ordinaire, tout en bénéficiant de services rassemblés en un même lieu, afin de rompre un possible isolement. Le terme de colocation est la meilleure image que l’on peut avoir de ce mode de vie », observe ­Denis ­Piveteau, conseiller d’Etat, auteur, avec ­Jacques ­Wolfrom, d’un rapport sur ces logements destinés à des personnes âgées mais aussi en situation de handicap, publié en juin 2020. Il constate, aujourd’hui, « une prise de conscience importante, notamment de la part des collectivités, de la nécessité de ces projets ».
Lire l'article de la Gazette des communes

D'autres mères que la mienne

"Comment grandir auprès d'une mère qui manque en amour, en présence, en soutien inconditionnel ? Une mère qui n'est pas là ? Pour pallier l'absence, certaines personnes ont pu trouver sur leur chemin une autre mère, qu'ils ont chargée de remplir ce rôle. Ces mères de substitution sont presque devenues les "vraies" mères, celles qui ont su initier, câliner, écouter, nourrir, porter... Voici quelques histoires qui leur rendent hommage".
Ecouter les trois épisodes sur France Culture


Revue de presse 2 mai 2022


Animateur, « un job citoyen » qui séduit de moins en moins de jeunes

"Le nombre de détenteurs du BAFA est en constante diminution, une tendance qui s’observe depuis plusieurs années et qui pose de nombreux problèmes d’organisation dans les centres de loisirs et les colonies de vacances.
Si 31 000 BAFA ont été délivrés en 2020, c’est 12 000 de moins que l’année précédente. Et cette chute des vocations n’est pas seulement le fait de la crise sanitaire. Après avoir atteint 54 800 en 2016, le nombre de diplômés avait déjà baissé de près de 12 000 entre 2016 et 2019 (– 28 %) selon l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire. A quelques mois des grandes vacances, plus de 80 % des structures d’encadrements des jeunes ont des difficultés à recruter, selon une étude réalisée par le Fonjep et Hexopée en octobre 2021".
Lire l'article du Monde

Comment sensibiliser les professionnels de santé aux maltraitances infantiles

"Le conseil départemental de la Gironde a créé un nouveau MOOC (cours en ligne) pour former les professionnels de santé aux signes de maltraitance infantile et les encourager à signaler davantage.
[...] Sur le volet dépistage des maltraitances, plusieurs pédopsychiatres et pédiatres donnent des indications pour repérer des violences sexuelles, physiques, psychologiques. Le syndrome du bébé secoué est expliqué. « Des intervenants donnent des exemples de situations qui ont échappé à la vigilance des institutions, et disent comment on aurait pu l’éviter », poursuit Carole Berkenbaum. Des médecins racontent comment ils détectent les situations de harcèlement scolaire ou de violences conjugales.
L’ensemble des modules représente dix heures et demi de formation, mais chaque apprenant peut choisir les thématiques qui l’intéressent et les approfondir par des onglets optionnels. Des tests permettent de valider les connaissances et d’obtenir une attestation de formation".
Lire l'article de la Gazette des communes

[TRIBUNE] « DE NOTRE MOBILISATION COLLECTIVE CONTRE LA PRÉCARITÉ ET LA PAUVRETÉ DÉPEND BIEN LA SANTÉ DÉMOCRATIQUE DU PAYS »

"Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité, dans une tribune publiée dans Le Monde explique que rien ne sera possible sans un profond changement de méthode qui mette la participation démocratique au cœur des politiques de solidarité."
Extrait : Vous le savez, la pauvreté s’enracine chez les jeunes, les femmes seules avec enfants, les chômeurs en fin de droits, les retraités, dans certains quartiers et territoires ruraux. Conjuguée à la précarisation de nombre de salariés et d’indépendants, elle accentue le vertige de tant de Français saisis par la peur de basculer. Il en découle la tentation de dénoncer les “assistés”, et les étrangers.
De notre mobilisation collective contre la précarité et la pauvreté dépend bien la santé démocratique du pays.
Mais rien ne sera possible sans un profond changement de méthode qui mette la participation démocratique au cœur des politiques de solidarité.
Les approches centralisées, bureaucratiques, formatées, n’ont que l’apparence de l’efficacité. Elles passent trop souvent à côté des réalités de la vie. Se contenter de les remettre aux mains des préfets ne changerait rien".
Lire la tribune de la FAS

OQTF

"Il y a dix ans, Amira a quitté l’Algérie par amour de la culture française et pour étudier la physique fondamentale à Paris. Elle réussit brillamment ses études, mais dix ans après son arrivée, au moment de renouveler son titre de séjour, Amira reçoit une lettre qui va changer le cours de sa vie.
Cette Algérienne amoureuse de la langue et de la culture française décide après le bac de faire ses études en France, comme ses parents, tous deux chercheurs, avant elle. Acceptée à la faculté d’Orsay à Paris, puis à la faculté de Lyon, la jeune fille peut se targuer d'un parcours d’excellence en physique fondamentale. En 2020, elle soutient une thèse qui lui vaut les félicitations du jury.
Établie à Lyon et mariée avec un Algérien également Lyonnais d’adoption, Amira a construit sa vie en France. C’est donc tout naturellement qu’à la fin de ses études, elle cherche et trouve aisément un poste d'ingénieure dans la région. Seulement, au moment de renouveler son titre de séjour, Amira reçoit une lettre qui vient bouleverser ses projets d’avenir.
"J'ai la main qui tremble. Je vois que ça vient de la préfecture. Je ne me sens pas très bien. Je commence à monter les escaliers, à lire la lettre et là, plus je monte les escaliers, plus mon cœur se serre. Et lorsque j'arrive au bout de la lettre, je m'effondre dans les escaliers. Arrêtez, c'est pas possible. Il y a une erreur. On me refuse le statut, mais en plus, on me demande de partir chez mes parents en Algérie. C'est ce qu'on appelle une obligation à quitter le territoire français. OQTF."
Ecouter le podcast

Rapatrier les enfants de djihadistes "dans les plus brefs délais"

"Dans un communiqué du 28 avril, la Défenseure des droits, Claire Hédon, « demande au gouvernement le rapatriement, dans les plus brefs délais, de tous les enfants français retenus dans les camps au nord-est de la Syrie ».
Constatant la « position isolée » de l’État français, alors que plusieurs pays européens ont procédé au « rapatriement de la plupart de leurs ressortissants mineurs », elle rappelle que la France est « tenue de respecter ses engagements conventionnels, notamment au titre de la Convention relative aux droits de l’enfant (Cide), qu’elle a ratifiée ».
Elle souligne par ailleurs que la France a déjà effectué des rapatriements d’enfants, « démontrant que ces mesures sont réalisables ». Elle appelle donc, « dans l’intérêt supérieur des enfants », au retour de « l’ensemble des enfants avec leurs mères sur le sol français et [à] leur prise en charge par les services compétents », seul moyen, selon elle, « d’assurer leur protection et de mettre un terme à la violation actuelle de leurs droits fondamentaux »."
Lire larticle du Media social


Revue de presse 26 avril 2022


Présidentielle : front uni des acteurs associatifs contre Marine Le Pen

À l'approche du second tour de l'élection présidentielle, les prises de position des organisations sociales se multiplient pour empêcher l'arrivée au pouvoir de Marine Le Pen. Pour autant, celles-ci ne signent pas un chèque en blanc au président sortant à qui elles demandent de faire évoluer son programme.
Ce mercredi soir, les deux finalistes de l'élection présidentielle croisent le fer pour le grand débat. De nombreuses organisations n'ont pas attendu cet échange entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen pour exprimer leur préférence. Dans le secteur social ou médico-social, toutes les organisations qui se sont exprimées (mais toutes ne l'ont pas fait) ont appelé à voter pour Emmanuel Macron. Dans le même temps, ces prises de position en faveur du président sortant sont assorties de critiques souvent fortes de son bilan et de ses propositions.
L'Uniopss explique pourquoi le programme de Marine Le Pen est incompatible avec les principes qu'elle défend en tant qu'organisation « non partisane » : « Les valeurs politiques d’une société solidaire, respectueuse de chacun et chacune, ayant pour principe l’égalité de tous sont mises en danger par le programme de la candidate d’extrême droite. La préférence nationale, l’accès à certains services publics ou au logement social apparaissent pour nous contraires à nos valeurs ou à certains principes comme l’inconditionnalité de l’accueil des plus démunis sur notre territoire. »
Lire l'artile du Média social

Un Observatoire du grand âge voit le jour

"Dans une salle de spectacle alternative de Montreuil (Seine-Saint-Denis), chacun a pris la parole, vendredi 8 avril, devant une petite centaine d’invités. « On veut être un gros caillou dans la chaussure des politiques », a expliqué Laurent Garcia, cadre de santé à l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) Les Quatre Saisons, à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) ; « un poil à gratter et un lieu de réflexion indépendant », a renchéri Aurélie Aulagnon, gérontologue et consultante ; « un lieu qui réunit familles, soignants, directions, pour faire émerger ensemble des solutions », a poursuivi Sabrina Deliry, fondatrice du Cercle des proches aidants en Ehpad. Tous trois ont donné le coup d’envoi de l’Observatoire du grand âge (OGRA). Un lancement à la veille du premier tour de la présidentielle pour que le sujet du grand âge, espèrent-ils, soit une des priorités du prochain quinquennat.
A l’origine du projet, M. Garcia en a retracé la genèse. Les Ehpad étant à ses yeux des « lieux carcéraux », ce lanceur d’alerte très actif sur les réseaux sociaux a, depuis six ans, le dessein de créer une association inspirée du rôle du Contrôleur général des lieux de privation de liberté. Il y a trois ans, il parle de son projet à Florence Aubenas, grande reporter au Monde. « Florence me dit : “On y va, on le fait, on le monte.” Mais comme, heureusement pour moi, elle est très tatillonne, j’ai pris trois ans de plus pour préparer un projet qui lui convienne ! » M. Garcia lui a confié la vice-présidence de l’OGRA. Mme Aubenas avait présidé l’Observatoire international des prisons, de 2009 à 2012".
Lire l'article du Monde

Les retours des enfants de djihadistes

"Elles accueillent ceux qu'on appelle "les enfants du djihad" quand ils sont rapatriés en France. Elles les élèvent comme leurs propres enfants. Si elles ont une peur, c'est celle de la réputation de graines de terroristes qui leur est faite. Elles sont prêtes à tout pour les protéger et les aimer."
Ecouter le podcast sur France Culture

Cyrille Canetti : "Éteindre la détention" en consultation externe

"Pour enrichir son édition consacrée aux conséquences de la surpopulation carcérale sur la santé, les ASH "donnent la parole à Cyrille Canetti. Médecin psychiatre au Service Médico-Psychologique Régional (SMPR) il a travaillé plus de vingt-cinq ans auprès des personnes détenues, à l'intérieur des prisons. Aujourd'hui, il intervient en consultation externe au SMPR de l'hôpital Saint-Anne à Paris."


Revue de presse 19 avril 2022


Les immigrés frappés par la pauvreté et les bas revenus

"Les immigrés ont un niveau de vie médian [1] mensuel de 1 358 euros (après impôts et prestations sociales), contre 1 812 euros pour les non-immigrés, soit 25 % de moins selon les données 2018 de l’Insee. Cet écart masque des différences selon le pays d’origine. Les personnes nées en Afrique ont un niveau de vie médian mensuel de 1 199 euros, contre 1 622 euros pour celles originaires d’un pays d’Europe.
30,7 % des immigrées ont un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté [2]. C’est 2,3 fois plus que parmi les non-immigrés. Pour les personnes nées en Afrique, le taux de pauvreté est même de 39,5 %, contre 17,6 % pour les immigrés nés en Europe. Les immigrés représentent un peu moins de 20 % des personnes pauvres, soit deux fois plus que leur part dans la population totale."
Acceder au site Inegalités.fr

« Un revenu universel de formation serait de nature à promouvoir l’autonomie des jeunes »

"Tribune. Nombreux sont les jeunes de 18 ou 19 ans qui ne disposent ni de la formation de base ni des ressources nécessaires pour pouvoir trouver un travail qualifiant, et nombreux sont les étudiants issus de familles défavorisées qui doivent sauter des repas ou renoncer à des soins médicaux pour pouvoir terminer leurs études. Alors que, selon certains, toute allocation vaut assistanat et pousse l’individu à la paresse, un revenu universel de formation serait de nature à promouvoir l’autonomie des jeunes en leur donnant les moyens d’agir et de décider de leur avenir.
Il ne s’agit pas là seulement de rendre justice aux jeunes, lesquels ont payé un lourd tribut pendant la pandémie de Covid-19 (études interrompues, multiplication des cas de détresse psychologique), il s’agit surtout d’investir intelligemment dans la croissance économique en permettant à davantage de jeunes d’être en situation d’innover et de maîtriser les savoirs de pointe. C’est en premier lieu à travers l’éducation et l’augmentation du niveau moyen des étudiants que l’on stimule l’innovation"
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« Jeunes de quartier » : « J’ai toujours fait attention »

"Banlieues, quartiers, cités. En France, ces mots ont trop souvent une connotation négative. Ce que l’État français nomme depuis 2018 les quartiers prioritaires de la politique de la ville regroupe 5,4 millions d’habitants dont 40 % ont moins de 25 ans. Mais qu’est-ce qu’être jeune dans un quartier populaire ? La recherche participative Pop-Part, conduite dans dix villes ou quartiers de l’Île-de-France, et portée notamment par l’Université Paris Nanterre, s’est associée à 120 jeunes pour se saisir du sujet."

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Autisme : les équipes mobiles se multiplient en France

"Les pôles de compétences et de prestations externalisées dans les troubles autistiques (PCPE-TSA) se multiplient. Soutenus par les agences régionales de santé (ARS), ils sont plus d’une centaine en France. En témoigne le dernier-né, implanté à Vesoul, dans la région Bourgogne-Franche-Comté, qui couvre l’ensemble du département de la Haute-Saône depuis 2022.
Né en 2016 à la suite du rapport du conseiller d’Etat Denis Piveteau baptisé « Zéro sans solution », le dispositif se déploie avec succès. Et ce, grâce à la souplesse et à l’adaptabilité qu’il offre aux professionnels pour s’ajuster aux besoins les plus complexes du public qu’ils accompagnent : des enfants et adultes souffrant de troubles autistiques. Ils sont aujourd’hui 700 000 en France.
Réunis en équipe pluridisciplinaire composée d’éducateurs, d’infirmiers, de psychologues, de psychiatres et d’un coordinateur, les professionnels ont des missions multiples. Les PCPE ont pour but de construire, de coordonner et de soutenir les parcours de l’usager ; de préparer et d’accompagner l’orientation dans un établissement ou un service adapté ; de proposer des prestations de maintien et de développement des capacités fonctionnelles (autonomie, participation sociale…) ; et enfin de soutenir les aidants en facilitant l’accès aux droits."
Lire l'article des ASH

[Vidéo] Les travailleurs sociaux prennent la parole en vue de la présidentielle

"Reconnaissance, augmentation des salaires, manque de personnel… Après de nombreuses mobilisations suivies partout en France, les travailleurs sociaux montent au créneau pour défendre leur métier. Le Media Social leur donne la parole en vidéo."
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Revue de presse 11 avril 2022


Election présidentielle 2022 : une abstention en hausse au premier tour, et massive chez les électeurs les plus jeunes

"Selon les premières enquêtes Ipsos-Sopra Steria, l’abstention a été massive chez les plus jeunes, atteignant 42 % chez les 18-24 ans et 46 % chez les 25-34 ans. Et 67 % des ouvriers sont allés voter, contre 74 % des cadres et 81 % des retraités".
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Angle mort

"Accusées de séparatisme islamiste ou stigmatisées pour une délinquance enkystée, les banlieues auront été, malgré elles, au cœur de la campagne présidentielle. Et pourtant, leurs 6 millions d’habitants seront restés désespérément invisibles dans les débats d’une campagne qui ne s’est jamais véritablement penchée sur les marges de nos villes.
Sur le terrain, les maires ont traversé de nombreuses turbulences au cours des cinq dernières années. Les arbitrages du début de mandat – coup de hache dans les budgets, suppression annoncée des contrats aidés, enterrement du rapport « Borloo » – ont suscité un malaise durable.
Jusqu’à ce que le gouvernement, sous pression d’une mobilisation tous azimuts des maires de banlieue en pleine crise sanitaire, débloque, en janvier 2021, une enveloppe exceptionnelle de 3,3 milliards d’euros, dont 1 milliard au titre du plan de relance. Un geste politique apprécié et même salué par les plus endurcis. « Je n’attendais pas le grand soir, mais le petit matin, c’est le petit matin », se réjouit alors Philippe Rio, maire communiste de Grigny, dans l’Essonne.
Dans ce contexte, le futur exécutif ne commettrait pas pire erreur que de faire l’autruche et d’ignorer l’urgence sociale qui frappe les quartiers populaires. Face au décrochage scolaire, aux inégalités sanitaires, à la pauvreté endémique, les moyens continuent de manquer."
Lire l'article de la Gazette des Communes

Election présidentielle : se passer des travailleurs sociaux est « une folie » (Podcast SMS)

Cette semaine, à quelques heures du premier tour de l'élection présidentielle, les ASH donnent la parole à Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité.
"Asile, sécurité, pouvoir d’achat... ces dernières semaines, les candidats à la présidence de la République ont présenté ce qu’ils souhaitent voir s’inscrire dans notre pays ces cinq prochaines années. Au cœur des différents débats, peu de place sur la situation des personnes les plus fragiles et des professionnels qui les accompagnent".


Tribune de Denis PIVETEAU

"Dans un récent rapport établi à la demande du Premier ministre [1], je me suis efforcé d’attirer l’attention sur le fait que le « développement du pouvoir d’agir » (qualifié aussi, mais avec des nuances et des différences dans lesquelles on ne rentrera pas ici, « d’empowerment » ou « d’autodétermination »), loin d’être le dernier concept à la mode pour l’accompagnement des personnes en situation de vulnérabilité, se posait en réalité en matrice globale du travail social d’accompagnement.
Et surtout, que sa prise au sérieux – c’est-à-dire tout simplement la compréhension de ce qu’il s’agit d’un passage inévitable, tout le reste n’étant qu’une fuite en avant de l’Etat-providence dans une spirale d’inefficacité et de découragement – que sa prise au sérieux, donc, est un choc systémique sur nos organisations, publiques et privées.
L’affirmation n’a rien d’excessif. Pour des raisons qu’on peut dire en cinquante pages (c’était l’objet de ce rapport) mais qu’on peut aussi bien formuler en quelques mots, qui sont que le « pouvoir d’agir » ne se divise pas".
Lire la tribune

HAS : Comprendre la nouvelle évaluation des ESSMS

"En France, quelque 40 000 établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS) accompagnent les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les enfants protégés et les personnes confrontées à des situations de grande précarité ou concernées par des addictions.
Depuis la loi du 2 janvier 2002rénovant l’action sociale et médico-sociale, les ESSMS ont l’obligation de procéder à une évaluation régulière de leurs activités et de la qualité des prestations qu’ils délivrent. L’objectif était d’apprécier la qualité des activités et prestations délivrées par ces structures aux personnes accueillies par des organismes habilités.
Dans un objectif d’amélioration du dispositif d'évaluation, la loi du 24 juillet 2019a fait évoluer les missions de la HAS. Elle lui a confié la responsabilité d’élaborer :
  • une nouvelle procédure d’évaluation nationale, commune à tous les ESSMS ;
  • un nouveau cahier des charges fixant les exigences requises pour devenir un organisme autorisé à réaliser ces évaluations.
Pour rappel, les évaluations de la qualité des ESSMS ne sont pas des missions d’inspection ou de contrôle ni des contrôles de conformité aux normes.
Qu’est-ce qui change concrètement ? Que porte le référentiel national ? Comment a-t-il été construit ? Explications.
Accèder au dossier de la Haute Autorité de Santé
Lire le référentiel d'évaluation de la qualité des ESSMS


Revue de presse 4 avril 2022


Inceste : au cœur de la Ciivise, une commission pour écouter et réparer

"L’inceste est l’un des tabous les plus tenaces en France. Pourtant, selon les estimations de l’Inserm pour la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Eglise (Ciase), un Français sur dix a subi des violences sexuelles durant son enfance.
En janvier 2021, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a vu le jour. En six mois, elle a reçu plus de dix mille témoignages. Jeudi 31 mars, elle a publié ses conclusions intermédiaires et formulé une vingtaine de recommandations en vue d’améliorer la « culture de la protection » des mineurs.
Comment la Ciivise a-t-elle travaillé pour obtenir tant de témoignages ?
Quelle est l’ampleur du phénomène en France ? Que propose cette commission pour protéger les enfants ?
Solène Cordier, journaliste au service société du Monde, suit cette commission depuis sa création, et a assisté à des réunions publiques dans lesquelles des victimes, désormais adultes, sont venues témoigner. Dans cet épisode du podcast « L’Heure du Monde », elle raconte comment cette commission est parvenue à récolter des milliers de témoignages."
Ecuter le Podcast du Monde

La protection de l’enfance en confinement

"L’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE) a rendu ses "chiffres clés", provisoires, pour le 31 décembre 2020, et sa note statistique annuelle met en lumière les effets très disparates qu’a pu avoir l’irruption du Covid-19 sur la jeunesse en danger. A l’inverse, après dix années de hausse continue, le nombre des mineurs suivis en protection de l’enfance recule légèrement en 2020 – avec 308 000 enfants accompagnés en décembre, soit 1,5 % de moins qu’à la fin 2019. Comme le relève l’ONPE, en 2020 "les juges des enfants ont été saisis de la situation de 102 678 nouveaux mineurs, soit une diminution de 9 % en un an", inédite depuis 2007 au moins. "Cette situation semble pouvoir, en partie au moins, s’expliquer par des effets de la crise sanitaire et les périodes de confinement successifs", non seulement sur le repérage et les évaluations des situations de danger, mais aussi sur l’activité des juges.
Elle est aussi à "mettre en relation avec la baisse drastique du nombre de jeunes reconnus mineurs non accompagnés en 2020", en cette année de fermeture de frontières - avec seulement 9 524 ordonnances et jugements de placement contre quasiment 10 000 de plus en 2019."
Lire l'article du Media social

Bipolarité : « La pair-aidance n’a pas connu la reconnaissance et la légitimité nécessaires à son éclosion »

"Alors que se tient, mercredi 30 mars, la Journée internationale de la bipolarité, Maxime Perez Zitvogel et Solal Hohn, deux jeunes bipolaires, expliquent dans une tribune au « Monde » que l’institutionnalisation n’est pas adaptée aux besoins changeants des personnes atteintes par des troubles psychiques et demandent qu’une réforme sociétale par la pair-aidance soit appliquée à la santé mentale."
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Martin Hirsch : « L’obligation d’activité pour les allocataires du RSA pose plus de problèmes qu’elle n’en résout »

Dans cet article Martin Hirsh pointe la faiblesse de l'accompagnement vers l'emploi. " Comme le démontre un très récent rapport de la Cour des comptes : « Six mois en moyenne s’écoulent entre l’ouverture des droits au RSA et le premier entretien avec le conseiller référent. » "
"La transformation du RMI en RSA a permis de réduire considérablement les « trappes à pauvreté », c’est-à-dire les situations où le retour au travail conduisait à une perte de revenus. Tous les travaux le démontrent : il a été mis fin à ce mécanisme pervers et choquant. Cela a pris plus de vingt ans et c’est un progrès majeur, sur le chemin de la justice et de l’efficacité. Il faut maintenant se retrousser les manches pour que l’accompagnement à l’emploi soit une réalité pour tous, pour que les pouvoirs publics respectent leurs obligations et que les allocataires du RSA soient effectivement soumis aux mêmes droits et devoirs que les autres demandeurs d’emploi. Et qu’on résiste à la tentation récurrente d’opposer les pauvres entre eux !"
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Christophe Dejours. Le syndrome d'épuisement professionnel

Dans cette vidéo, Christophe Dejours disitingue tout d'abord le "burn out " et le syndrome d'puisement professionnel. Le burn out, apparu au milieu des années 70, désignait l'épuisement de professionnels de la relation d'aide -infirmières, travailleurs sociaux- confrontés à l'échec professionnel, face à la toxicomanie, la grande pauvreté...avec une perte de motivation, des dépressions. Puis l'expression est venu nommer toutes les formes d'épuisement professionnel, toutes les relations de service (commerciale, aux malades, aux justiciables, etc.). Christophe Dejours propose de penser l'épuisement comme une étape avant des conséquences, qui peuvent aller jusqu'au suicide.



Revue de presse 28 mars 2022


Que change la loi de protection des enfants ?

"La loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants couvre des champs variés, allant des modalités de prise en charge des mineurs et jeunes majeurs confiés à l'aide sociale à l'enfance à l'accompagnement des familles, en passant par la réforme du métier d'assistant familial.
L'interdiction de l'hébergement à l'hôtel, la « fin des sorties sèches » de l'aide sociale à l'enfance (ASE) et la recherche systématique d'un proche à qui confier l'enfant : voici les trois marqueurs forts de la loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants.
Lire l'article du Media Social

Texte de l’intervention de Joran LE GALL à la table ronde sur la protection de l’enfance au Sénat le 11 mars 2022

"L’ANAS a été invitée par Xavier IACOVELLI à une table ronde le 11 mars 2022 sur la protection de l’enfance et plus particulièrement sur le sujet des solutions à la crise des métiers de l’humain. L’intervention, préparée par Christophe ANCHÉ, Isabelle BOISARD et Joran LE GALL, a été présentée par Joran LE GALL lors d'un événement hybride, à la fois en présentiel et en visioconférence."
Extrait : "La première de ces difficultés, c’est l'abandon du terrain par les grandes institutions publiques et de sécurité sociale en charge des politiques sociales et familiales. Le manque d'interlocuteurs qui font face aux personnes et les aident à s'orienter face à leurs problèmes est criant et cette situation ne cesse de se dégrader. Car le recul des services publics, des points d’accueil, des guichets, amène les personnes à s’adresser à des services sociaux pour accéder à leurs droits, par exemple la polyvalence de secteur. Cela abîme autant nos professions que la situation des personnes que de voir ce départ acté des institutions auquel il faut pallier".
Lire le texte de l'intervention

Le bilan des 5 ans. Handicap : à l'école, une inclusion faussée ?

"Invitée de la radio France Inter le 12 janvier dernier, elle rappelait qu'en 5 ans, 100 000 enfants de plus en situation de handicap ont été scolarisés en milieu « ordinaire » - ils sont aujourd’hui 400 000 au total.Et que les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) ont vu leur effectif augmenter de 35 % pour atteindre 125 500, défendant au passage « une vraie prise en considération de leur statut, beaucoup moins précaire qu’avant ».
Pour Caroline Boudet, journaliste et mère d’une petite fille de 7 ans en situation de handicap scolarisée en grande section de maternelle, « soit Sophie Cluzel ne sait pas ce qu’il se passe, soit elle ment ».Elle ajoute : « La déception est à la hauteur des espoirs suscités. Alors oui, on a énormément entendu le mot inclusion, mais il ne suffit pas de plaquer le mot partout pour que cela existe ».
Un statut « honteux »
La mère de la petite Louise, accompagnée 15 heures par semaine par une AESH, s’agace de cette mise en avant des chiffres et rappelle les limites imposées dans la réalité. « Encore aujourd’hui, au-delà de 15 heures, la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) estime que votre enfant n’est pas adapté à l’école ! Et que dire du statut honteux des AESH ? Le mépris envers cette fonction démontre par ricochet un mépris pour les élèves handicapés. »
Sous le seuil de pauvreté
Peu ou pas formés, non reconnus fonctionnaires, ne touchant pas de prime REP +, les AESH, payés au Smic horaire et bénéficiant le plus souvent de contrats de 24 heures, vivent sous le seuil de pauvreté avec environ 760 € de salaire net.« Mais le temps école c’est 24 heures : elles [les AESH] sont donc souvent sur un contrat de 24 heures », expliquait Sophie Cluzel dans la première matinale de France".
De plus les AESH ne bénéficient pas de temps pluriprofessionnel.

Le témoignage d'Aurélie Chassaing, AESH


Lire l'article du média social

« Dans le contexte actuel, nombre de jeunes éprouvent un empêchement à imaginer l’après »

"L’actualité ressemble à un millefeuille étouffant dont les couches s’empilent une à une jusqu’à l’asphyxie. Urgence climatique, crise sanitaire depuis deux ans, maintenant guerre en Ukraine… Pour Christophe Ferveur, psychologue de la Fondation santé des étudiants de France, au Relais étudiants lycéens à Paris, et vice-président du Réseau de soins psychiatriques et psychologiques pour les étudiants (Resppet), ce nouvel événement dramatique vient s’ajouter à une vague de détresse déjà très présente chez nombre de jeunes, qui ont beaucoup souffert des différents confinements."
S’agit-il encore, en priorité, de soigner les conséquences du Covid-19 ?
On est en plein dedans. Quand les cours ont recommencé en présentiel en septembre dernier, quand la vie a repris, le nombre de consultations a explosé. Un certain nombre de jeunes restent sidérés et n’arrivent pas à resocialiser. C’est au moment où la situation semble moins dangereuse qu’ils dépriment, qu’ils passent de l’anxiété à l’angoisse.
On s’installe dans des crises incontrôlables qui dépassent l’individu, et particulièrement les jeunes : on leur dit qu’ils doivent s’engager, se projeter dans l’avenir, tout en leur répétant que ce monde va s’effondrer. Pour eux, c’est la double peine. Ils éprouvent une sorte de blanc de pensée, d’empêchement à imaginer l’après, dans une société du dépassement de soi et du culte de la performance. Il faut que je m’épanouisse, que je sauve le monde, alors que je me sens vulnérable et que je ne dois surtout pas dire que ça ne va pas. C’est le risque attaché à l’idéal de la bonne santé mentale : quelles que soient ses défaillances, on doit s’accomplir, voire se dépasser".
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Revue de presse 21 mars 2022


"Handicap à vendre" : gare à l’ "Esat bashing"

"Après la parution du livre du journaliste Thibault Petit, enquête à charge contre les Esat, de nombreux directeurs dénoncent une vision partiale et éloignée de la réalité de l’ensemble du secteur. Point par point, ils défendent leur mission, complexe et évolutive, dans une société toujours aussi peu inclusive.
En feuilletant le livre « Handicap à vendre » de Thibault Petit, un souvenir surgit chez les plus anciens directeurs d’établissements et services d'aide par le travail (Esat) : la parution en 2002 de « L’enquête interdite » de Pascal Gobry.
Ce haut fonctionnaire, ex-administrateur de l’Insee, dressait déjà un tableau noir des centres d’aide par le travail (CAT, selon la terminologie de l'époque), qu’il dépeignait en « usines » exploitant des « handicapés » pour 400 francs par mois à raison de 39 heures de travail par semaine.
Vingt après, Thibault Petit utilise le même vocabulaire, « usine pour handicapés », « usine pour chômeurs » dans son ouvrage en forme d’enquête à charge sur les Esat dont aucun, à le lire, ne présenterait la moindre vertu."
Lire l'article du Media social

Qu'est-ce qui nous rend fous ?

"La pandémie actuelle amène insidieusement nombre de personnes à ressentir des troubles psychiques plus ou moins graves... Comment en sommes-nous arrivés là ?
Deux spécialistes, Françoise Davoine, psychanalyste, et Philippe Jeammet, neuropsychiatre et pédopsychiatre, nous aident à y voir plus clair.
Parmi les craintes issues de la pandémie, des confinements et du moment présent en général, il y en a une qu’on ose à peine nommer : c’est la folie.
Mais c’est comme si chacun en sentait la menace, individuelle, collective peut-être. Il faut donc l’affronter. Et peut-être la pandémie, le confinement nous y aident, en nous aidant à comprendre « ce » qui nous rend fous. "
Ecouter l'émission de France Culture

Dans les CMPP, "notre principal frein est celui des ressources humaines

"Alors qu’un chantier est lancé pour rénover la base juridique des centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP), la Fédération des CMPP publie un document présentant leurs missions. Objectif : défendre ce modèle, expliquent Amandine Buffière et Denise Wohl, respectivement présidente et vice-présidente de la FDCMPP.
Le contexte - Le 8 mars, une première réunion de travail a réuni les administrations (DGOS, DGCS, Éducation nationale), les représentants des agences régionales de santé (ARS), des départements ainsi que l’Association nationale des Camsp, la Fédération des PEP et la Fédération des CMPP.
L’objectif de ce chantier est de rénover les textes juridiques qui régissent les CMPP et les Camsp via la publication d’un nouveau décret à l’automne. "
Lire l'article du Mdia social

Le Contrat d'Engagement Jeune, qu'est-ce que c'est ?

Un nouveau contrat est mis en place pour les jeuens (non étudiants) rencontrant des difficultés dans l'accès à l'emploi. En voici la présentation : "Un parcours entièrement personnalisé qui peut durer de 6 à 12 mois* en fonction de mon profil, pour m'aider à définir mon projet professionnel et à trouver un emploi.
Quand je signe mon contrat, je bénéficie de :
  • Un accompagnement personnalisé avec un conseiller dédié qui me suit tout au long de mon parcours et jusqu'à ce que j'accède à un emploi durable
  • Un programme intensif de 15 à 20 heures par semaine composé de différents types d'activités
  • Une allocation pouvant aller jusqu'à 500 euros par mois en fonction de mes ressources et à condition que je respecte mes engagements.
*La durée de l'accompagnement peut exceptionnellement aller jusqu'à 18 mois
Voir la présentation sur le site 1jeune1solution


Revue de presse 14 mars 2022


Le livre vert du travail social

"Missionné par le ministre des Solidarités et de la Santé, le HCTS a remis au Gouvernement, le 10 mars 2022, le Livre Vert du travail social.
Le rapport formule une série de constats et de pistes de travail notamment sur le chantier de la formation, l’évolution des pratiques professionnelles, les conditions d’exercice et le pouvoir d’agir des travailleurs sociaux.
Un livre blanc relatif à la modernisation des métiers du travail social et une contribution au nouveau référentiel des formations sont désormais attendus dans les mois à venir. La fédération portera, dans ce cadre, des éléments de réflexion sur les besoins et les spécificités du champ de la protection de l’enfance."
Lire l'article de la CNAPE
Lire le livre vert

Réfugiés : « La résistance des Ukrainiens entraîne une émotion et une volonté d’accueil puissante », relève le président de France Fraternités

"Alors qu’un élan de générosité à l’égard des réfugiés ukrainiens inonde l’opinion française, Pierre Henry, président de France Fraternités, dénonce « les approches basées sur des questions de religion ou de couleur de peau ». Interview"
Lire l'article de Public Sénat

[Vidéo] Les travailleurs sociaux s'expriment en vue de l'élection présidentielle

"Reconnaissance, conditions de travail, manque de personnel… À l'occasion de la journée mondiale du travail social du 15 mars, et avant le premier tour de l'élection présidentielle, des travailleurs sociaux prennent la parole pour défendre leur métier. Découvrez leurs témoignages en vidéo."
Acceder aux vidéos sur le Media social

Un guide pour mieux appréhender la santé mentale des migrants

"L’Observatoire national sur la santé mentale et les vulnérabilités sociales (Orspere-Samdarra) publie un guide à destination des intervenants sociaux qui accompagnent des personnes en situation de « migration contrainte ».
Construit avec des professionnels du territoire de la région Auvergne-Rhône-Alpes, ce guide présente les spécificités en santé mentale liées aux événements vécus dans le pays d’origine et lors du parcours migratoire, et aux difficultés rencontrées à l’arrivée en France. Il détaille les différentes structures, médicales et sociales, qui peuvent accueillir ces personnes.
De nombreux conseils et ressources sont donnés pour aider à mieux repérer et accompagner les migrants au quotidien. Le document évoque également l’impact de cette prise en charge sur la santé mentale des intervenants".
Lire l'article du Média social
Télécharger le guide


Revue de presse 07 mars 2022


Crise des vocations : le Cese lance une consultation publique sur le travail social

"Face aux manques d’attractivité et de reconnaissance que connaît le champ du social, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) a lancé le 1er mars une consultation citoyenne en ligne. Jusqu’au 15 avril, la troisième assemblée constitutionnelle française appelle les professionnels, les formateurs et étudiants en travail social, ainsi que les bénéficiaires à témoigner. Par le biais d’un questionnaire en ligne, les participants peuvent partager leurs pratiques, les difficultés qu’ils rencontrent et leur « vision du métier ».
« Le Cese souhaite aller au-delà de la question financière, afin de s’intéresser aux causes profondes de malaise qui traversent ce champ professionnel », rapporte l’organisme dans un communiqué de presse. Grâce aux réponses recueillies, le Cese rendra en juillet prochain un avis et des préconisations. Un webinaire sur le sujet doit également être organisé cet été."
Lire l'article des ASH

Sans-abri : des solutions mises en œuvre pour pallier l'absence de volonté politique

Le podcast de ASH propose un "un entretien avec Sophie Jansen. Elle est directrice des établissements d'hébergement et d'insertion par l'activité économique de l'Armée du Salut, à Lyon.
Les habitats modulaires, alternatifs, tiny houses et autres expérimentations fleurissent en France. L'urbanisme transitoire s'installe progressivement, avec ses avantages et ses risques. Mais Sophie Jansen nous explique aussi comment les deux tiers des personnes accueillies par l'Armée du Salut pourraient s'insérer, très rapidement et sans grand besoin d'accompagnement".Des adultes et des familles tout à fait capables de s'insérer sans aide sont empêchés de le faire faute de papiers.


Handicap : une meilleure accessibilité téléphonique d’ici 2024

"Prendre un téléphone, composer un numéro et échanger avec son interlocuteur. Pour la grande majorité des Français, ces gestes sont anodins. Pour les personnes sourdes, malentendantes, sourdaveugles ou aphasiques (qui présentent des troubles du langage), tout est évidemment plus complexe, voire impossible.
Des solutions techniques existent aujourd’hui, mais trop multiples et nébuleuses. Elles obligent les usagers à naviguer entre différentes portes d’entrée selon l’interlocuteur à joindre. Et malgré des obligations légales, l’accessibilité de certaines administrations ou entreprises reste problématique.
Face à ces constats, le gouvernement a annoncé, suite au Comité interministériel du handicap du 3 février, la mise en place « d’une solution universelle de l’accessibilité téléphonique à l’horizon 2024 ». Elle doit permettre de pouvoir appeler ou recevoir des appels quel que soit l’interlocuteur (services publics, entreprises, etc.), « grâce à une interprétation en direct en langue des signes française ou en langage parlé complété, ou encore à une transcription texte », indiquent, dans un communiqué commun, Amélie de Montchalin, Sophie Cluzel et Cédric O, respectivement ministre de la Transformation et de la fonction publiques, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, et secrétaire d’État chargé de la Transition numérique. Le choix a été fait par le gouvernement de la mise en place d’un marché concurrentiel de l’accessibilité téléphonique. Autrement dit, les utilisateurs pourront choisir entre différents fournisseurs de services d’accessibilité. Ces solutions se présenteraient sous la forme d’applications mobiles ou de sites internet gratuits."
Lire l'article de Lien social

Que change la loi de protection des enfants ?

"La loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants couvre des champs variés, allant des modalités de prise en charge des mineurs et jeunes majeurs confiés à l'aide sociale à l'enfance à l'accompagnement des familles, en passant par la réforme du métier d'assistant familial.
L'interdiction de l'hébergement à l'hôtel, la « fin des sorties sèches » de l'aide sociale à l'enfance (ASE) et la recherche systématique d'un proche à qui confier l'enfant : voici les trois marqueurs forts de la loi du 7 février 2022 relative à la protection des enfants.
Ce texte, qui complète la « stratégie nationale de prévention et de protection de l'enfance » pour 2020-2022, se veut porteur d'une vision qui « part de l'enfant, de ses besoins fondamentaux » selon les mots d'Adrien Taquet, secrétaire d'État en charge de l'Enfance et des Familles. L'objectif affiché de ce texte de 42 articles ? Assurer « un socle commun de droits pour tous les enfants », soutenir les professionnels (en particulier les assistantes familiales) et « construire une nouvelle étape dans la politique publique de la protection de l’enfance en veillant au partage des compétences ».
Publiée quelques semaines avant la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron, cette loi nécessite encore de nombreux décrets d'application pour ne pas rester au stade des bonnes intentions.
L'autre grande inconnue porte sur le financement des mesures, qui n'ont pas été budgétées dans le cadre de la loi de finances pour 2022. Bien qu'une compensation financière soit promise par l'État, les départements principalement en charge de leur application, seront-ils en capacité de les mettre en œuvre alors que leurs finances sont exsangues et que leur autonomie financière est quasi inexistante ?"
Lire l'article du Media social


Revue de presse 28 février 2022


Anne-Christine Lang : « La réforme du collège est un enjeu de société majeur »

"C’est entre la 6e et la 3e que se cristallisent et s’accroissent les fragilités, que se creusent les inégalités et l’échec scolaire, que survient le décrochage, qu’apparaissent parfois les violences et le harcèlement. C’est le moment où les enfants peuvent se perdre, où les parents s’inquiètent du climat scolaire et où se renforce le phénomène de contournement de la carte scolaire. Le passage du CM2 à la 6e est une rupture, souvent redoutée par les enfants et leurs parents eux-mêmes, qui gardent rarement un bon souvenir de cette étape de leur scolarité.
Les difficultés sont identifiées depuis longtemps : elles sont dues à une erreur dans la conception même du collège, construit dès l’origine comme un petit lycée dont il a calqué le fonctionnement et l’organisation, alors qu’il aurait dû être pensé comme le prolongement naturel de l’école primaire.
En effet, la multiplication brutale des disciplines, le triptyque « une heure, une classe, un enseignant » et la distance ainsi créée entre les enseignants et les élèves apparaissent totalement inadaptés à la prise en charge nécessairement globale d’élèves de 11 ans. Une telle fragmentation des horaires et des disciplines ne permet ni de donner du sens aux apprentissages, ni de passer du temps avec ses élèves, ni de nouer sur la durée une relation de confiance entre les enseignants, les élèves et leurs familles, ni d’apaiser le climat scolaire, ni de détecter les fragilités des élèves et les violences dont ils pourraient être victimes à l’école et en dehors de l’école. Cette organisation fragmentée est particulièrement inadaptée pour prendre en charge le harcèlement scolaire, par exemple, qui devrait, du reste, être considéré comme une grande cause nationale".
Lire l'article du Monde

Lire Fernand Deligny pour repenser l’inclusion scolaire ?

"Paradoxale et méconnue, la figure de Fernand Deligny revient dans l’actualité éditoriale et les débats sur l’éducation, comme en témoignent les travaux coordonnés par Pierre François Moreau et Michaël Pouteyo autour de sa philosophie, l’essai de Catherine Perret sur sa vie, ou encore le film de Richard Copans, Monsieur Deligny, vagabond efficace.
Lui qui ne souhaitait en aucun cas être vu comme un spécialiste de l’enfance, qu’elle soit délinquante, inadaptée, autiste, ni comme un modèle, continue toutefois de nous éclairer plus de vingt-cinq ans après sa mort en 1996.
Depuis l’asile d’Armentières jusqu’à l’expérience des Cévennes, Deligny n’a de cesse de questionner la prise en charge de l’enfance. Il propose des modalités pédagogiques à contre-courant de celles ayant cours à l’époque, faisant de lui un précurseur de l’éducation spécialisée.
Son refus de l’enfermement, qu’il soit asilaire ou pénitentiaire, et de la punition, la place laissée à l’autre pour être, sans volonté de le faire correspondre aux normes dominantes ou aux attentes d’une société qui ne se soucie que de maintenir l’ordre, nous amène à penser autrement la prise en charge des enfants handicapés ou délinquants".
Lire le dossier de The Conversation

Magali Panova, itinéraire d'une enfant placée. Ep01: le schéma de la honte

"Magali adorait l'école et aurait aimé faire de longues études. Il n'en n'a rien été. Déscolarisée dès l'entrée au collège, quand elle a été placée à l'Aide Sociale à l'Enfance, elle intervient aujourd'hui auprès des professionnels de la protection de l'enfance pour témoigner des failles du système."



Manifeste pour un service public plus humain et ouvert à ses administréEs

Extrait : "La dématérialisation des services publics entraîne fréquemment, et plus que jamais depuis le début de la crise sanitaire, la fermeture des points d’accueil du public : démarches à effectuer en ligne, rendez-vous à obtenir via le site Internet, etc.
Ces choix politiques ignorent la fracture numérique dont sont victimes les personnes ne disposant pas de matériel informatique, de connexion adéquate, de possibilité de scanner des documents, ou des compétences techniques. Ce sont les personnes vivant une grande précarité, allophones, âgées, en situation de handicap ou en situation d’illettrisme (4 millions de personnes en France d’après une enquête Insee de 2011), qui se trouvent entravées dans l’accès aux droits.
L’aggravation de la précarité est, en France, l’une des nombreuses conséquences de la crise sanitaire et appelle, pour les personnes qui en sont victimes, un accompagnement renforcé par les pouvoirs publics. Mais c’est l’inverse qui se produit : la fermeture de trop nombreuses administrations pendant le confinement du printemps 2020 a conduit à l’explosion de la dématérialisation, sans considération sérieuse pour l’impact pour les personnes en précarité. Encore aujourd’hui, la situation sanitaire sert trop souvent à justifier la fermeture au public des portes des administrations, alors que l’objectif de l’entière dématérialisation des services publics préexistait à la crise sanitaire. L’administration s’éloigne ainsi du public et d’abord de celles et ceux qui en ont le plus besoin : défaut d’alternative physique, absence de dialogue, d’accompagnement et de conseil, interface web complexe ou incomplète, absence de recours dès lors que les démarches en ligne ne peuvent aboutir".
Lire le manifeste sur le site de l'Anas


Revue de presse 21 février 2022


Le premier ministre étend aux travailleurs sociaux les revalorisations salariales accordées aux soignants

"La crise sanitaire a rendu très concrète, aux yeux de l’opinion, la difficile condition des personnels soignants et provoqué la grande consultation baptisée « Ségur de la santé ». Elle a abouti à plusieurs décisions, notamment à une revalorisation salariale d’au moins 180 euros net par mois pour les personnels soignants non médecins des secteurs public et non lucratif.
Le rôle – tout aussi essentiel – des travailleurs sociaux, qui, eux, prennent soin des personnes les plus vulnérables, handicapées, dépendantes, et assurent la protection de l’enfance, n’a pas joui de cette reconnaissance et la profession souffre, comme celle de soignant, d’une désaffection inquiétante : 15 % à 30 % des postes sont vacants, 70 % des employeurs rencontrent des difficultés de recrutement, enregistrent des démissions et déplorent un important turnover.
C’est ce dont semble avoir pris conscience l’exécutif à son plus haut niveau puisque le premier ministre, Jean Castex, accompagné d’une dizaine de membres du gouvernement (à commencer par Olivier Véran, le ministre de la santé et des solidarités, tutelle des professionnels du social), doit présider, vendredi 18 février, une Conférence des métiers de l’accompagnement social et médicosocial. A cette occasion, il devrait annoncer une revalorisation immédiate des salaires, à hauteur de celle accordée, en décembre 2020, aux soignants, soit 183 euros net mensuel".
Lire l'article du Monde

Survivre ne suffit pas. Handicap, les luttes pour l’égalité

"Les actions sociales de Mai 68 déclenchent une prise de conscience dans la communauté handicapée : leurs revendications pour l'égalité sont politiques et doivent être menées comme les autres luttes du moment. Des militants se regroupent alors en différentes associations et organisent des actions pour présenter leurs revendications : manifestations, grèves de la faim, occupation de bâtiments publics, journaux contestataires. Leur but ? Accéder à l’égalité entre les personnes handicapées et les personnes dites valides, en commençant par l’accès aux lieux publics et à la mobilité.
Aujourd'hui, par les lois de 1975 et 2005, l'accessibilité et l'égalité des personnes handicapées sont garanties, mais sont-elles effectives ? Alors que reste-t-il à faire ? Quel est l'héritage des premières luttes des années 1970 ?"
Ecouter l'émission le cours de l'histoire

Réfugiés : des conditions de travail instables et précarisantes

"Dans une étude parue le 16 février, des chercheurs de l’Institut français des relations internationales (IFRI) réalisent un état des lieux de l’emploi des personnes réfugiées, et émettent des recommandations pour développer une dynamique encore « à l’état embryonnaire »."
Extrait : "l’entrée sur le marché du travail des personnes réfugiées est longuement retardée par la lourdeur des démarches administratives. D’où la préconisation d’accélérer la délivrance des titres de séjour au moment de la reconnaissance du statut de réfugié, de faciliter leur accès au permis de conduire et l’ouverture de comptes bancaires. Les chercheurs proposent également de leur ouvrir l’accès aux professions réglementées, de simplifier les dispositifs de validation des acquis et la reconnaissance des diplômes. Enfin, ils proposent de faciliter le droit au travail dès la demande d’asile pour leur permettre de s’assumer financièrement, de pratiquer la langue française et de construire leur projet professionnel en France en attendant la reconnaissance d’une protection internationale."
Lire l'article des ASH


Revue de presse 14 février 2022


Crise des métiers sociaux : « Les associations de solidarité lancent un cri d’alarme »

"Les dirigeants d’une trentaine d’associations de solidarité, parmi lesquels Daniel Naud, président de l’Armée du salut, Marie-Hélène Franjou, présidente de l’Amicale du nid et Bernard Devert, président d’Habitat et humanisme, alertent dans une tribune au « Monde » sur le manque d’attractivité des métiers du social et du médico-social. Il est urgent d’augmenter les salaires.
Tribune. La situation des établissements, des services, des accueils, des soins, aux personnes âgées, aux personnes en situation de handicap, en situation de précarité ou sans abri, en difficulté avec des addictions, de protection des enfants, est en danger imminent ! Avec un risque quant à la qualité d’accompagnement des personnes confiées ou suivies.
En cause ? La perte d’attractivité des métiers du social et du médico-social. Les remontées des associations démontrent un manque de 10 % à 15 % de salariés (30 % à 40 % dans certaines structures, hors solutions d’urgence palliatives), d’après les données compilées par les associations adhérentes de l’Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés sanitaires et sociaux. Près de 64 000 postes sont aujourd’hui vacants, selon la délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal).""
Lire l'article du Monde

Un réseau social dédié à l’insertion et à la jeunesse

"Le 8 janvier, l’association Un début de réseau a lancé une plateforme pour mettre en lien des salariés avec des jeunes en insertion accompagnés par une structure sociale. Objectif : permette aux jeunes de se constituer un réseau.
D’après Pôle emploi, 60 % des personnes entrent dans le monde du travail grâce à leur réseau. Cette donnée confirme la reproduction des inégalités sociales observées durant la scolarité, particulièrement flagrantes lors du stage de troisième. Faute de réseau, la fille de la femme de ménage a de fortes chances de se retrouver en observation auprès d’un agent d’entretien, quand celle du cadre va passer une semaine avec un juge. Autre symbole de l’échec de l’Éducation nationale, chaque année cent mille jeunes quittent le système scolaire sans diplôme, ni qualification.
Depuis 2012, la société coopérative et participative Ça me regarde cherche à construire des passerelles entre le monde de l’entreprise et ces décrocheurs. Avec les RTT solidaires, elle a commencé par proposer une autre manière de resserrer les liens entre collègues en proposant des actions solidaires plutôt que du saut à l’élastique. Depuis le 8 février, la SCOP développe la plateforme Un début de réseau, pour offrir aux 16-25 ans qui ne peuvent pas bénéficier d’un réseau parental, la possibilité de s’appuyer sur des professionnels désireux de leur fournir un coup de pouce."
Lire l'article de Lien social

Numéros d’appel nationaux : écoutant, un métier qui exige d’être formé

"Discriminations, dépression, maltraitance des enfants ou des personnes âgées... que ce soit dans le social ou le médico-social, les plateformes d’écoutes téléphoniques se démocratisent. Derrière ces numéros, pour répondre à la détresse des appelants, les profils des écoutants sont multiples. Si certaines structures ou associations mobilisées font appel à un corps de métiers spécifique, la plupart favorise des équipes pluridisciplinaires composées de travailleurs sociaux, de juristes ou de psychologues."


Entretien avec Arnaud de Broca, président du Collectif Handicaps

"Dix-sept ans après la promulgation de la « Loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », il reste encore pas mal de chemin à accomplir. Arnaud de Broca, président du Collectif Handicaps qui regroupe 51 associations, dénonce le manque de volonté politique et de moyens engagés.
Extrait : "En matière d’éducation, on constate que le nombre d’enfants scolarisés a augmenté. Mais qu’en est-il de la qualité de l’accueil ?
Beaucoup d’efforts ont été faits, notamment lors de ce dernier quinquennat. Mais cela ne veut pas dire que la situation est réglée. L’accompagnement souvent mutualisé n’est pas suffisant. Le statut des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) reste précaire. Et qui dit précarité, dit turnover important et manque de formation. Là aussi, il faut mettre davantage de moyens."
Lire l'article de Lien social

ORPEA : parmi les 1ers de la classe selon les notations ESG

"En attribuant des notes (ratings) aux entreprises sur leur performance extra-financière, les critères ESG permettent de créer des fonds, qu’on peut faire labelliser ISR, investissement socialement responsable, ce qui vous permet annonce le site du label ISR, de "contribuer via votre investissement à l’élaboration d’une économie plus vertueuse, plus responsable".
Responsabiliser les entreprises au-delà de leurs résultats financiers, on en parle beaucoup de nos jours, mais ce n’est pas une idée nouvelle. Depuis 2001, les entreprises cotées en bourse ont l’obligation de publier un rapport sur leur Responsabilité Sociétale et Environnementale, on dit RSE.
Il y a de nos jours un responsable RSE et une stratégie RSE dans quasi toutes les grandes entreprises, et c’est le cas aussi chez ORPEA.
Or à la lecture du dernier rapport RSE publié par le groupe privé de maison de retraite en 2021, qu’apprend-on ? Qu’ORPEA est l’une des entreprises les mieux classées de son secteur.
5ème sur 113, 14 places de plus en un an selon Sustainanalytics. Vigeo Eiris (société créée à la base par Nicole Notat, l'ancienne dirigeante de la CFDT, et rachetée par Moodys) autre classe ORPEA 4ème sur une liste de 47 entreprises spécialisées dans l’accueil des personnes âgées. Degré de transparence 80% assure un troisième évaluateur.
Que valent ces notes aujourd’hui, alors que le livre Les Fossoyeurs décrit le rationnement des fournitures médicales, de la nourriture, la maltraitance chronique des résidents, et la pression du siège sur les objectifs financiers ?
Pas grand-chose… mais ce discrédit n’est pas nouveau. Volkswagen avait aussi de très bonnes notes en 2015 quand fut révélé le Diesel Gate. Le constructeur allemand sous déclarait sciemment ses émissions polluantes, leur valeur réelle pouvant parfois dépasser 40 fois les normes autorisées.
Comment ces agences, censées juger les entreprises, peuvent-elles manquer à ce point de flair ?
En vérité, on ne peut même pas leur faire ce reproche car les failles de leurs évaluations sont inhérentes à leur méthode qui consiste, sauf rares exceptions, à ne jamais se rendre dans l’entreprise notée.
Lire l'article de France Culture


Revue de presse 07 février 2022


« Allez visiter nos prisons, leurs cellules ! »

"Alertant à nouveau sur les conditions d’incarcération en France, la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté invite législateurs et juges à se confronter à la réalité des établissements pénitentiaires et à adopter les solutions qui s’imposent.
Tribune. Entrez dans les prisons ! Venez découvrir les colonnes de cafards qui cavalent en rangs serrés et les rats qui grignotent dans la cour ! Voyez ces trois hommes dans 4,30 mètres carrés d’espace vital qui montent la télé à fond quand l’un d’eux va aux toilettes. Ecoutez ce que me dit celui-ci : « Je suis dans un trou qui s’appelle une prison, à trois dans une cage pour un. Ils nous ont mis un gamin de 22 ans qui fait crise d’épilepsie sur crise d’épilepsie. On le relève quatre fois par nuit et, à chaque crise, il s’arrête de respirer, on croit qu’il va mourir à côté de nous. » Et celui-là : « J’ai 79 ans et jamais je n’aurais pensé terminer ma vie dans de telles conditions. C’est une ambiance létale. La cellule en dessous de moi, il y a un aveugle, l’autre nuit, il a voulu aller aux toilettes, il est tombé du lit. Il n’a été relevé qu’à 7 heures du matin. » Entendez cet autre qui a fini par percer lui-même l’abcès dentaire dont il souffrait depuis des jours. Impossible de voir un dentiste. Trop longue liste d’attente, trop peu de véhicules d’extraction médicale.
Venez, écoutez les surveillants, les directeurs pénitentiaires dire leur colère, leur désespoir. Vous décrire leurs tâches rendues folles par la folie des cellules qui débordent. Ils vous diront avoir débuté il y a une quinzaine d’années à un surveillant pour 53 détenus, et être passés à un pour 150… Rassurez-les, dites-leur qu’il est normal que leur tâche ait triplé.
Quelque 1 600 détenus à même le sol...
Lire l'article du Monde

« Ce qui devrait surprendre, ce n’est pas le tumulte provoqué par les révélations sur Orpea, mais le silence assourdissant qui les a précédées »

"Chronique. Deux semaines après l’éclatement du scandale Orpea, un sentiment de malaise s’est installé dans l’opinion publique. Au-delà du tourbillon d’indignations provoqué par Les Fossoyeurs (Fayard, 400 pages, 22,90 euros), l’enquête du journaliste Victor Castanet, qui décrit par le menu les méthodes peu recommandables du groupe d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) afin de maximiser ses profits, il y a la matérialisation d’une situation largement connue, mais que la société française a, jusqu’à présent, préféré faire semblant d’ignorer.
Voilà des années que les regards se détournent du sort réservé à nos aînés. Nous avions collectivement les moyens de savoir ce qui se tramait. Nous n’en avons rien fait, en laissant s’imposer une invisibilisation du vieillissement. A l’exception de quelques familles directement concernées et de professionnels dévoués qui avaient le sentiment qu’ils ne pouvaient plus exercer leur métier dans des conditions acceptables, les réactions se sont cantonnées à une forme de déterminisme, voire d’indifférence patiemment nourrie par le lobby de groupes comme Orpea, la lourdeur administrative des services publics et la procrastination des dirigeants politiques. Ce qui devrait surprendre, ce n’est pas le tumulte provoqué par ce livre, mais le silence assourdissant qui l’a précédé. "
Lire l'article du Monde

Ehpad : après Orpea, le groupe privé Korian également dans la tourmente

"Quelques jours après la publication du livre Les fossoyeurs de Victor Castanet, le 26 janvier, le groupe d’Ehpad privé à but lucratif Korian est épinglé. Lundi 7 février, nos confrères du Parisien indiquaient que celui-ci était également mis en cause pas « plusieurs dizaines » de familles, qui l’accusent de maltraitance. Selon l’avocate Sarah Saldmann, qui assure déjà la défense des familles de résidents contre Orpea, le dépôt de plainte auprès du parquet interviendra en avril prochain.
« Toutes ces familles me demandent de les aider car elles ont vécu des situations qu'elles considèrent comme analogues à celles d'Orpea », renseigne l'avocate en parlant de témoignages parfois accompagnés de « photos insoutenables ». « Cela porte souvent sur l’alimentation, notamment des rationnements, la perte de poids, l’hygiène, avec les couches, et l’absence de communication lorsqu’il y a des fractures ou d’autres problèmes de santé », indique Sarah Saldmann dans Le Parisien".
Lire l'aericle des ASH

Nuit noire aux urgences

"Près d'une trentaine d'hôpitaux en France ont été contraints de fermer ou réduire leurs services d'urgences, faute de médecins. Au CHU de Voiron dans l'Isère, les urgences sont fermées la nuit depuis le 1er novembre. Les soignants, épuisés, racontent et alertent.
Extrait : "La culpabilité est un sentiment partagé par l’ensemble des soignants interviewés. Damien la ressent quand un patient décède aux urgences, ou quand il perd patience au téléphone. Il raconte la fois de trop celle qui l’a conduit à se mettre en arrêt de travail, à commencer un suivi psychologique et même à penser à une reconversion. Il n’est pas le seul à avoir subi un burn-out. Véronique, soixante-et-un ans, travaille à l’hôpital de Voiron depuis quarante ans. Elle aussi a subi un burn-out et a dû réduire son temps de travail. Pour elle, c’est extrêmement douloureux de ne pas pouvoir accorder autant de temps et d’attention qu’elle le voudrait aux patients, faute de temps."
“C’est pas comme ça qu’on a envie de travailler, c’est pas notre boulot.” Véronique.
Ecouter l'émission de France Culture

Priorités pour 2022 de la politique d’intégration des étrangers primo-arrivants

"Une instruction publiée le 1er février fixe aux préfets les grandes orientations en matière de politique d’intégration des étrangers primo-arrivants, dont les réfugiés, dans la continuité des décisions prises le 5 juin 2018 par le comité interministériel à l’intégration et le 6 novembre 2019 par le comité interministériel à l’immigration et à l’intégration.
L’instruction réaffirme la priorité absolue de l’intégration par l’emploi, pour laquelle l’expertise locale et l’adaptation territoriale sont déterminantes. L’emploi des femmes devra faire l’objet d’actions renforcées.
L’instruction fixe également le cadre du déploiement, dans 27 départements en 2022, du programme d’accompagnement global et individualisé des réfugiés (AGIR), devant permettre à terme à l’ensemble des bénéficiaires de la protection internationale le nécessitant de bénéficier d’un accompagnement vers l’emploi et le logement durables.
L’instruction appelle par ailleurs les préfets à soutenir des actions visant à renforcer les interactions entre les étrangers et la société d’accueil, notamment par des programmes de parrainage et de mentorat.
Lire l'article de la Gazette des communes


Revue de presse 28 janvier 2022


Une nouvelle loi pour mieux protéger les enfants placés

"Le Parlement a définitivement adopté mardi 25 janvier le projet de loi relatif à la protection des enfants placés par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). En discussion depuis juin 2021, ce texte prévoit tout un arsenal de mesures visant à mieux protéger les jeunes et à les rendre plus autonomes. Fin des sorties « sèches » à la majorité, droit de retour, contrôle des antécédents de la famille d’accueil, le Parlement a adopté mardi 25 janvier le projet de loi relatif à la protection des enfants placés. Après plusieurs mois de navette parlementaire, ce projet porté par le ministère de la santé devrait permettre une meilleure protection des enfants placés par l’Aide sociale à l’enfance (ASE).
Muscler la protection des jeunes majeurs
Le jeune ne sera plus obligé de plier bagage le jour de son 18e anniversaire car la loi met définitivement un terme au régime des sorties« sèches ». En cas de besoin, il aura la possibilité de retourner à l’ASE avant ses 21 ans. Il pourra toujours bénéficier d’une prise en charge prolongée afin de l’accompagner vers son insertion professionnelle. Enfin, il sera considéré comme public prioritaire lors de sa demande de logement social.
Lire l'article de La Croix

Tiers dignes de confiance : entre méfiance et manque de moyens

"La rédaction des ASH vous propse un nouvel épisode du podcast SMS. Cette semaine, la parole est donnée à Jean Marc Piccard, tiers digne de confiance qui s’occupe de ses deux petits enfants depuis plusieurs années.
Ce mardi 25 janvier, le Parlement a adopté le projet de loi relatif à la protection des enfants placés par l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Parmi les objectifs du projet : renforcer le recours aux tiers digne de confiance, c’est-à-dire confier l’enfant placé à un membre de l’entourage proche ou de la famille. Une solution peu utilisée : seuls 7 % des enfants placés vivent avec un de leurs proches".


Chômage • Écouter les personnes concernées

"Les chercheurs d’emploi veulent être entendus. « On a l’impression que ceux qui décident de l’évolution des politiques publiques méconnaissent totalement quel parcours du combattant c’est de trouver un nouveau job, témoigne l’un d’eux. Idem pour les organismes chargés du retour à l’emploi, lorsqu’ils modifient quelque chose (système informatique, site internet) […] ».
Le collectif Pour la parole de chômeurs publie : « Le livre blanc Paroles de chômeurs » (1). Il fait suite à une enquête menée entre février et juin 2021 par les 20 associations membres du collectif, auprès de personnes en situation de chômage, premières concernées par les conséquences de la crise sanitaire et la réforme de l’assurance chômage. Les réponses des 270 participants mettent en évidence les faiblesses du système actuel de soutien aux chercheurs d’emploi, confirment la vision pas toujours juste de l’opinion publique sur le chômage, mais manifestent aussi les désirs et les capacités des personnes privées d’emploi.
Les thématiques abordées structurent les chapitres de cet ouvrage collectif : leur situation et la façon dont elles vivent cette période ; le changement de regard nécessaire sur ces personnes actives et non « assistées » ; le chômage vu comme une possible transition permettant de préparer leur avenir ; le besoin de faire évoluer l’accompagnement qui leur est proposé ainsi que la problématique du manque d’emplois disponibles et accessibles".
Lire l'article de Lien social

Enfants maltraités : les pédopsys sous pression

"Les médecins qui recueillent la paroles des enfants subissent de plus en plus de pressions. Eugénie Izard et Françoise Fericelli sont pédopsychiatres. Elles ont été confrontées à des sanctions après avoir signalé des maltraitances sur des enfants qu’elles suivaient en thérapie. Elles racontent."
Ecouter l'émission sur Franceculture.fr

Le Danemark et l'Autriche lèvent les restrictions : le raisonnement sur la pandémie s'inverse en Europe

"Deux pays européens avancent à leur tour vers une levée des restrictions face à la pandémie : le Danemark et l’Autriche l’ont annoncé ce matin.C’est très révélateur : la façon de regarder et de combattre la maladie est en train de se transformer complètement en Europe. Un tournant politique est en cours, en Europe occidentale en tout cas : un changement complet de regard. La priorité cesse d’être la vaccination pour devenir la levée des restrictions.
Le risque social plus élevé que le risque sanitaire
Il y a des raisons sanitaires pour explique cet arbitrage : un taux de vaccination élevé (87% en Espagne, 84% au Danemark, la France n’est pas loin derrière, à 80%).
Et une immunité croissante avec un variant Omicron peu virulent.Donc le risque diminue, hormis pour les non-vaccinés. L’obligation vaccinale, on l’a vu, crée des tensions, voire des manifestations d’opposition, violentes aux Pays-Bas, en Belgique, en Autriche. Plus largement, la persistance des restrictions finit par démoraliser les populations.
Une enquête passionnante vient de paraitre sur le sujet en Allemagne. Les ¾ des Allemands se disent mentalement affectés par ces restrictions, et près d’un tiers comprend les mouvements de protestations. C’est d’ailleurs ce qui rend improbable l’adoption d’une obligation vaccinale en Allemagne, même si le sujet est au menu du Bundestag depuis aujourd’hui.
Autrement dit, l’impact des restrictions de liberté sur le tissu social devient trop lourd, quand on le compare au bénéfice sanitaire stricto sensu".
Lire l'article sur Franceinter.fr


Revue de presse 14 janvier 2022


"J'ai honte", "ce n'est plus mon métier", "je suis épuisé" : 50 profs nous disent pourquoi ils font grève

"Nous leur avons demandé pourquoi ils faisaient grève. Signe d'une mobilisation et d'une colère sans précédent, ils ont été près d'un millier à répondre à notre appel à témoignage. "Mépris" : le mot revient plusieurs dizaines de fois dans les témoignages reçus par France Inter. Méprisés, lassés, épuisés... Voilà dans leurs mots pourquoi ils vont faire grève jeudi. La mobilisation sera massive. Le Snuipp-FSU, le premier syndicat du primaire, prévoit 75% d’enseignants du premier degré en grève et la moitié des écoles seraient fermées. A ce mouvement de contestation, se joignent les personnels de direction, de l'inspection pédagogique, mais aussi des CPE, des AESH ou encore des infirmières scolaires.
Ces témoignages font ressortir la rancœur d’une partie du corps enseignant envers leur ministre de tutelle, Jean-Michel Blanquer. Ils critiquent les protocoles sanitaires à répétition -trois différents depuis la rentrée des vacances de Noël- et l’annonce tardive dans les médias. Même le président Emmanuel Macron n’a pas apprécié que le protocole soit dévoilé la veille de la rentrée dans un article de journal, en ligne et payant. "La coupe est pleine" résume un enseignant. Entre exaspération, ras-le-bol et volonté de ne pas lâcher les élèves, voici 50 paroles de grévistes".
Lire l'article sur Franceinter.fr

Pour la Cour des comptes, le RSA ne mène pas assez à l’emploi

"Un rapport publié ce jeudi 13 janvier souligne une « défaillance de l’accompagnement » de ce revenu de solidarité qui compte 2,1 millions d’allocataires".
Le rapport fait le point sur l'efficacité du RSA, "qu'il critique sévèrement sur son volet d’accompagnement social et d’aide au retour vers l’emploi.
600 000 ménages laissés de côté
Les magistrats de la Cour des comptes constatent d’abord que le public ciblé est insuffisamment atteint, puisque le « non-recours » – soit le nombre de personnes éligibles qui ne le perçoivent pas, délibérément ou par manque d’information – concernerait « 30 % de la population cible », ce qui laisse plus de 600 000 ménages de côté.
Créé en décembre 2008 en remplacement du revenu minimum d’insertion, le RSA constitue, désormais, le principal instrument de lutte contre la pauvreté, pour un coût annuel à la charge de l’Etat de 15 milliards d’euros (chiffre 2019, intégrant prime d’activité et dépenses d’accompagnement) au bénéfice de quelque 2,1 millions d’allocataires.
Autre critique, le RSA ne permet pas de sortir de l’état de pauvreté. Ainsi, 65 % des allocataires – dont beaucoup de femmes seules avec enfants, d’étrangers, de jeunes de moins de 25 ans et de résidents des quartiers prioritaires de la ville – vivent sous le seuil de pauvreté monétaire, fixé à 60 % du revenu médian français, soit 1 102 euros par mois, pour une personne seule, tandis que le RSA plafonne à 559,74 euros (chiffres 2019)."
Lire l'article du Monde


Revue de presse 07 janvier 2022


Covid-19 : un début d’année 2022 bien triste et morose

"Cette première semaine de l’année 2022 est bien particulière : des centres d’affaires moins fréquentés, des rames de métro bien clairsemées et quasi personne dans les rues. À Paris, les habituels embouteillages matinaux ne se sont pas fait ressentir. Mais cette absence de monde peut rendre le quotidien morose. Dans les centres commerciaux, les journées paraissent longues pour certains commerçants.
Si les passants dans les rues, les salariés dans les entreprises, se font rares, devant les pharmacies en revanche, c’est l’afflux. Parfois, il est possible de devoir patienter deux heures dans une file d’attente, pour un test antigénique. Les professionnels de santé commencent à ressentir une certaine forme de lassitude, eux qui réalisent près de 80 tests par jour depuis deux mois. Alors que la fin de cette vague est difficile à prédire, certaines pharmacies n’hésitent pas à embaucher afin de répondre à la demande massive de la population. Entre le 31 décembre et le 6 janvier, 9,5 millions de tests ont été réalisés".
Lire l'article de FranceInfo

Aide sociale à l’enfance : les jeunes expriment leurs attentes

Après avoir recueilli pendant six mois la parole des enfants placés, fin novembre, Gautier Arnaud-Melchiorre remettait au gouvernement son rapport baptisé « A (h)auteur d’enfants ». Rendu public ce mercredi 5 janvier, le document met notamment en exergue l’importance de mieux considérer le « temps de la nuit » au sein des structures et de former les professionnels aux questions affectives et sexuelles.
« Je me sens protégé mais parfois j’aimerais être un peu plus libre. » « Dans ma vie d’adulte, je me projette positivement, j’aimerais devenir infirmier puériculteur. » « Ma famille d’accueil a très bien fait son travail, c’est vraiment l’aide sociale à l’enfance et son organisation, le problème. » « On m’a demandé à mes 18 ans d’être autonome, d’avoir un logement, d’avoir un travail fixe (…). Cela m’a un peu interpellé, je suis ressorti de la réunion, j’avais peur »…
Plus de 1 500 enfants protégés par l’aide sociale à l’enfance (ASE ) et jeunes majeurs ont été entendus dans le cadre de la mission confiée par Adrien Taquet, secrétaire d’Etat chargé de l’enfance et des familles, à Gautier Arnaud-Melchiorre, étudiant en droit de 26 ans et ancien enfant placé. [...]Le bilan tiré de ces nombreux entretiens est en demi-teinte. Si les enfants font état des bons moments passés avec les travailleurs sociaux et soulignent leurs qualités professionnelles, de nombreux dysfonctionnements sont pointés du doigt. En premier lieu, les jeunes souhaiteraient davantage rencontrer leur référent ASE. Un besoin unanimement partagé. « La plupart, mineurs comme jeunes majeurs, regrettent la faible fréquence des rencontres avec le référent, le peu de disponibilité, l’insuffisante attention qu’il accorde aux demandes de chacun », explique le rapport. Les jeunes interrogés pointent par ailleurs une stigmatisation du fait de leur placement, notamment à l’école".
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URIOPSS PAYS DE LA LOIRE. "Sécuriser les parcours des jeunes en protection de l’enfance"

La question de l’accession des jeunes à l’autonomie, et notamment celle des « jeunes majeurs » sortant des dispositifs de protection de l’enfance est de plus en plus investie, devenant, depuis quelques années, une préoccupation croissante des acteurs publics et associatifs. Le projet de loi protection des enfants paru le 16/06/2021 faisait de ces jeunes adultes les “grands oubliés” de la réforme. Toutefois, un amendement du 06/07/2021 est venu mettre fin aux sorties sèches de l’Aide Sociale à l’Enfance (systématisation de l’accompagnement jusqu’à 21 ans avec le contrat jeune majeur et la garantie jeune en parallèle). Au début du mois, le revenu d’engagement jeune, tant attendu, annoncé au début de l’été a été précisé et s’est transformé en contrat d’engagement jeune. Ce nouveau renoncement du gouvernement dans la lutte contre la pauvreté des jeunes, catégorie d’âge la plus durement frappée par cette dernière, aurait pu constituer une réelle avancée dans l’exercice des droits fondamentaux des jeunes majeurs sortant de l’ASE. Dans l’étude « Sécuriser les parcours des jeunes en protection de l’enfance », présentée ce lundi 22 novembre 2021, l’Uriopss et la Direction Régionale de l’Économie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (DREETS) des Pays de la Loire font suite à une collaboration autour de l’étude publiée en 2019 sur les “Jeunes 18-25 ans, en situation d’exclusion ayant eu un accompagnement/un parcours en protection de l’enfance”.
Cette étude d’octobre 2021 poursuit deux principaux objectifs :
  • Produire un état des lieux du cadre juridique et des politiques menées en France autour de l’accompagnement à l’autonomie des jeunes majeurs.
  • Améliorer les connaissances disponibles, par l’observation d’actions socio-éducatives mises en oeuvre sur le territoire ligérien".

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« J'exerce un métier social et pas médico-social »(Podcast SMS)

"La rédaction des Actualités sociales hebdomadaires propose un tout nouveau format pour son Podcast SMS. Chaque épisode sera désormais consacré à la parole d’un professionnel sur une thématique donnée. Aujourd’hui, on aborde les métiers à la frontière du travail social. Céline Deboudt, assistante de vie dans le département du Nord, se confie sur son quotidien et sur ses attentes au regard des responsabilités qui lui incombent".
En complément des observations et analyses de cette professionnelle, et les difficultés du "travail ensemble" qu'elle pointe entre ceux qui soignent et ceux qui prennent soin, je propose de lire ce texte de Marc Fourdrignier, "De nouvelles formes de travail ensemble?"


Comment l’obésité gagne la planète (et pourquoi l’alimentation ne fait pas tout)

"Les humains meurent aujourd’hui davantage de surpoids que de malnutrition. Des chercheurs étudient comment l’obésité est devenue, en quarante ans, une autre « épidémie mondiale ».
Une fois la vidéo terminée, tentez un test pour calculer votre niveau d’activité physique et de sédentarité".
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Obésité et environnement social

Voici un dossier très complet sur les liens entre obésité et environnement social, présentant notamment la notion de "territoire obésogène". Voir à ce sujet la notion de « marécages alimentaires » (de l’anglais food swamp) pour désigner les quartiers où il est plus facile de se procurer des aliments ultra-transformés que des produits frais. Les études démontrent que les déserts alimentaires, et plus particulièrement les marécages alimentaires, concentrent les plus hauts indices de masse corporelle du pays".
Mais il ne faut pas faire des déserts ou des "marécages" alimentaires l'explication ultime : "L’offre alimentaire commerciale ne serait qu’un facteur explicatif parmi d’autres dans le cadre de vie des individus : les formes d’habitat, les moyens de transport disponibles, la marchabilité du quartier… mais aussi des éléments plus difficilement mesurables tels que les préférences alimentaires, les normes socio-culturelles ou encore l’attrait ou non pour les tâches culinaires".
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