EducationSpecialisee.fr

La revue de presse d'educationspecialisee.fr


Revue de presse 11 mai 2019 - Revue de presse 5 mai 2019 - Revue de presse 29 avril 2019 - Revue de presse 21 avril 2019 - Revue de presse 13 avril 2019 - Revue de presse 5 avril 2019 - Revue de presse 26 mars 2019 - Revue de presse 19 mars 2019 - Revue de presse 12 mars 2019 - Revue de presse 3 mars 2019 - Revue de presse 24 février 2019 - Revue de presse 17 février 2019 - Revue de presse 10 février 2019 - Revue de presse 2 février 2019 - Revue de presse 25 janvier 2019 - Revue de presse 15 janvier 2019 - Revue de presse 05 janvier 2019 - Revue de presse 31 decembre 2018 - Revue de presse 24 decembre 2018 - Revue de presse 17 decembre 2018 - Revue de presse 10 decembre 2018 - Revue de presse 3 decembre 2018 - Revue de presse 25 novembre 2018 - Revue de presse 18 novembre 2018 - Revue de presse 11 novembre 2018 - Revue de presse 5 novembre 2018 - Revue de presse 28 octobre 2018 - Revue de presse 21 octobre 2018 - Revue de presse 15 octobre 2018 - Revue de presse 7 octobre 2018 - Revue de presse 30 septembre 2018 - Revue de presse 23 septembre 2018 - Revue de presse 16 septembre 2018 - Revue de presse 9 septembre 2018 - Revue de presse 2 septembre 2018 - Revue de presse 25 août 2018 - Revue de presse 18 août 2018 - Revue de presse 15 juillet 2018 - Revue de presse 8 juillet 2018 - Revue de presse 28 juin 2018 - Revue de presse 19 juin 2018 - Revue de presse 10 juin 2018 - Revue de presse 3 juin2018 - Revue de presse 26 mai 2018 - Revue de presse 19 mai 2018 - Revue de presse 13 mai 2018 - Revue de presse 6 mai 2018 - Revue de presse 29 avril 2018 - Revue de presse 22 avril 2018 - Revue de presse 15 avril 2018 - Revue de presse 08 avril 2018 - Revue de presse 31 mars 2018 - Revue de presse 25 mars 2018 - Revue de presse 18 mars 2018 - Revue de presse 11 mars 2018 - Revue de presse 4 mars 2018 - Revue de presse 25 février 2018 - Revue de presse 18 février 2018 - Revue de presse 11 février 2018 - Revue de presse 04 février 2018 - Revue de presse 29 janvier 2018 - Revue de presse 20 janvier 2018 - Revue de presse 13 janvier 2018 - Revue de presse 6 janvier 2018 - Revue de presse 30 Decembre 2017


Revue de presse 11 mai 2019


Pourquoi le texte sur l’accompagnement des « jeunes majeurs vulnérables » est si décrié

"La proposition de loi, votée à l’Assemblée, a été « vidée de sa substance » selon les associations d’anciens enfants placés.
Avancée notable pour les uns, trahison pour les autres, le vote, mardi 7 mai dans la soirée, de la proposition de loi sur l’accompagnement des « jeunes majeurs vulnérables » vers l’autonomie, qui instaure une prise en charge obligatoire par les départements, n’a pas manqué de provoquer de vifs débats à l’Assemblée nationale, mais aussi en dehors".
Alors que le projet de loi initial prévoyait la généralisation obligatoire des « contrats jeunes majeurs » pour les jeunes jusqu’à 21 ans,un " amendement déposé tardivement par le gouvernement modifie en effet largement l’article premier. Seuls les jeunes ayant été placés pendant dix-huit mois consécutifs, dans les deux ans précédant leur majorité, seront éligibles au dispositif, à leur demande. Sans le formuler explicitement, cet énoncé exclut de fait les mineurs non accompagnés étrangers qui sollicitent la protection de la France et remplissent rarement ces conditions de longévité de prise en charge à leurs 18 ans."
A la reprise de l’examen du texte, mardi, Brigitte Bourguignon assume et même « revendique » le nouveau cadre. « Je n’avais pas envisagé cette condition au départ, toutefois (…) je tire la conviction qu’il ne faut pas pêcher par angélisme », déclare la députée, en évoquant « des filières de passeurs qui se sont organisées pour tirer bénéfice de l’ASE ».
D’anciens enfants placés et des professionnels de la protection de l’enfance manifestent leur désapprobation sur les réseaux sociaux, appelant les députés à ne pas voter cette version de la loi. En vain. Le texte est adopté sans difficulté mardi soir, par 42 voix pour et 8 contre. Seuls les élus de gauche (socialistes et apparentés et La France insoumise) s’y opposent."
Cette situation nous rappelle le précedent qu'a été le projet de RSA jeune. Quand Martin Hirsh avait proposé le projet, 200 000 jeunes étaient concernés. Un amendement déposé tardivement avait limité ce RSA jeunes à ceux ayant travaillé deux ans. La mesure n'a plus concerné que 20 000 jeunes...
Lire l'article du Monde.fr

Thomas Piketty : « L’Europe et le clivage de classe »

Chronique. "Trois ans après le référendum sur le Brexit, et à la veille de nouvelles élections européennes, l’Europe suscite toujours un scepticisme aussi fort, en particulier au sein des catégories sociales les plus défavorisées.
Le mal est profond et ancien. Dans toutes les consultations référendaires depuis un quart de siècle, les classes populaires ont systématiquement exprimé leur désaccord avec la construction européenne telle qu’elle leur était proposée, alors que les classes les plus riches et les plus favorisées la soutenaient.
Lors du référendum sur le traité de Maastricht, en 1992, on constate que les 60 % des électeurs disposant des revenus, des patrimoines ou des diplômes les plus bas ont voté pour le non, alors que les 40 % des électeurs du haut favorisaient le oui, avec un écart assez fort pour qu’au total le oui l’emporte d’une courte tête (51 %). Rebelote avec le traité constitutionnel en 2005, sauf que cette fois seuls les 20 % du haut soutiennent le oui, alors que les 80 % du bas favorisent le non, d’où une nette victoire de ce dernier (55 %). Idem lors du référendum sur le Brexit, en 2016 : cette fois-ci, les 30 % du haut soutiennent le maintien dans l’UE avec enthousiasme. Mais comme les 70 % du bas préfèrent la sortie, cette dernière l’emporte avec 52 % des voix.
Comment expliquer que les votes autour de l’Union européenne se caractérisent toujours par un clivage de classes aussi marqué ? Ce résultat est d’autant moins évident que la structure du vote pour les différents partis a depuis longtemps cessé d’avoir une structure classiste aussi nette, avec les trois dimensions de clivage social (diplôme, revenu, patrimoine) tirant dans le même sens. Depuis les années 1970-1980, les plus diplômés ont nettement basculé pour les partis de gauche dans les deux pays, alors que les plus hauts revenus et patrimoines continuaient de soutenir un peu plus fortement les partis de droite, eux-mêmes en recomposition. En revanche, lors des votes européens de 1992, 2005 et 2016, les élites intellectuelles et économiques des deux camps se sont retrouvées à soutenir l’UE telle qu’elle existe, alors que les catégories modestes de gauche et de droite la rejetaient.
Pour expliquer cette situation, les classes les plus favorisées ont bien une explication : les catégories populaires seraient nationalistes et xénophobes, voire arriérées. Sauf que la xénophobie du peuple n’est pas plus naturelle que celle des élites. Il existe une explication beaucoup plus simple : l’Union européenne, telle qu’elle s’est construite au cours des dernières décennies, s’appuie sur la concurrence généralisée entre territoires, sur le dumping fiscal et social en faveur des acteurs économiques les plus mobiles, et fonctionne objectivement au bénéfice des plus favorisés. Tant que l’Union européenne n’aura pas pris des mesures symboliques fortes pour la réduction des inégalités, par exemple un impôt commun pesant sur les plus riches et permettant d’abaisser celui des plus pauvres, cette situation perdurera.'
Lire l'article du Monde.fr

Joël Pommerat : « Monsieur Blanquer, votre réforme du lycée va dégrader la qualité des enseignements artistiques »

Dans une tribune au « Monde », le dramaturge déplore le peu d’importance accordé, dans la réforme du lycée voulue par le ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse, aux disciplines « à haute valeur ajoutée » que sont les arts.
"Il y a quelques semaines, j’ai signé une pétition lancée par une association nationale de professeurs, d’artistes et de structures culturelles pour défendre la place de l’enseignement artistique au lycée. J’ai signé cette pétition parce que je voudrais qu’une société comme la nôtre continue à offrir à des jeunes gens lycéens la possibilité de découvrir des œuvres, de rencontrer des artistes, et surtout de pratiquer un art. Je pense que l’école est le lieu propice pour une telle rencontre, et même qu’il s’agit de sa mission. A titre personnel, j’ai pu constater les bénéfices extrêmement concrets de ces enseignements artistiques tels qu’ils ont été pensés et mis en place il y a environ trente ans. Bien sûr, on pourrait faire encore mieux, mais ce qui m’inquiète aujourd’hui c’est le risque qu’on fasse moins bien.
Lire l'article du Monde.fr

Le rapport alarmant de l'IPBES : la biodiversité se meurt, nos modes de vie sont en sursis




Revue de presse 5 mai 2019


« Il y a un lien quasi mathématique entre monoparentalité et pauvreté »

Julien Damon : Il y a un lien quasi mathématique entre monoparentalité et pauvreté. Le point capital, c’est que, par définition, dans une famille monoparentale, il y a un revenu au lieu de deux.
La deuxième chose, c’est que, quand il n’y a qu’un seul adulte dans le ménage, il y a forcément des difficultés plus grandes pour garder les enfants, ce qui crée une tension sur la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. Cela peut conduire à réduire l’intensité du travail, via du temps partiel ou via un renoncement à l’emploi ou à la recherche d’emploi.
À ces niveaux de ressources, tout revenu manquant a un fort impact. Quand une pension alimentaire n’est pas payée, cela crée automatiquement un problème, même si ce n’est pas le principal facteur d’entrée dans la pauvreté.
Lire la suite sur La Croix.fr

Ces jeunes vulnérables, à la rue à 18 ans

"Ce lundi 6 mai, une proposition de loi arrive à l’Assemblée nationale afin d’étendre la prise en charge des enfants placés de l’Aide sociale à l’enfance jusqu’à leurs 21 ans.
Leur situation questionne le passage à la majorité d’une partie de la jeunesse.
Ce 6 mai à l’Assemblée, les députés étudient en séance une proposition de loi déposée par la députée LREM Brigitte Bourguignon, afin que les jeunes sortant de l’Aide sociale à l’enfance puissent être accompagnés jusqu’à leurs 21 ans. Et qu’ils ne viennent plus grossir les rangs des sans-abri. Leur sort en effet commence à être connu. Ces anciens enfants victimes, qui ont été retirés à leurs parents, se retrouvent pour certains à la rue le jour de leurs 18 ans, faute d’avoir eu le temps de se former et d’avoir un métier.
Ils sont le visage d’un phénomène plus vaste : le difficile passage à la majorité d’une partie de la jeunesse française vulnérable, pour qui les 18 ans sonnent comme un abandon. « Il y a un trou dans la raquette de notre protection sociale », reconnaît ainsi l’économiste Henri Sterdyniak. En effet, selon l’Insee, 25 % des 18-29 ans vivent avec moins de 50 % du revenu médian, soit 886 € par mois.
La raison ? « Les âges de la vie se sont décalés de cinq ans et les politiques publiques ne l’ont pas anticipé, reprend l’économiste. Désormais en moyenne, les jeunes commencent à gagner de l’argent à 23 ans, soit largement après leur majorité civique et l’arrêt des aides accordées au titre de l’enfance. De 18 à 23 ans, s’ils ont une famille tout va bien, s’ils n’en ont pas, il n’y a rien de prévu pour eux. »
Lire l'article de La Croix

Les cinq engagements du plan pauvreté




Revue de presse 29 avril 2019


Logement • Critique sévère de l’ONU

« J’ai été choquée de voir une telle misère, des souffrances et du dénuement dans un pays riche comme la France ». Après avoir rencontré les personnes vivant à la rue, en squats, dans les parcs, les hôtels, les campements, les tentes dans les bois ou sous les autoroutes, Leilani Farha, rapporteuse spéciale de l’ONU sur le droit au logement a dressé un constat sévère.
À l’issue de sa visite de 10 jours en France, le 12 avril, elle s’est dite impressionnée par l’existence de nombreux droits en France, notamment le droit au logement opposable, mais étonnée de la contradiction entre ces droits inscrits et leurs applications. Ainsi, elle a rappelé qu’en février dernier, 62 900 personnes prioritaires DALO attendaient toujours leur logement.
Leilani Farha a également testé le 115, attendu deux heures avant d’obtenir quelqu’un, constaté que la ligne était débordée et que beaucoup de personnes n’arrivent plus à le joindre. « 80% de ceux qui sont orientés vers un abri ne pourront y rester qu’une nuit, après quoi, ils devront reprendre le cycle depuis le début ». Dans sa déclaration finale, elle ajoute : « Les pressions qui pèsent sur le 115 ont sapé le caractère inconditionnel du droit au logement et, par là même, ont créé des hiérarchies au sein des personnes défavorisées ».
Lire l'article de lien social

centre éducatif fermé, sanction ou protection ?




Revue de presse 21 avril 2019


François Dubet : le temps des passions tristes




"Police, tu l'aimes ou tu la quittes"

"Excédés et fatigués, ils ont préféré quitter la police nationale et se reconvertir pour ne pas sombrer dans le désespoir. Aujourd'hui, ils dressent un portrait sans concession de leur ancien métier. Racisme, violences, carriérisme, pression du chiffre, heures sup, abus... Nicolas et Yann racontent."



28 mesures pour l'insertion des plus fragiles

La fédération des entreprises d'insertion a présenté ce 17 avril, 28 mesures pour faire ensemble, mieux et plus pour les plus fragiles, lors du Printemps de l’inclusion, événement qu’elle organisait à la Fondation Apprentis d’Auteuil, à Paris.
"Ces mesures sont le fruit de plus de six mois de travail au sein de la fédération, entre consultations et réunions, des 550 entreprises d’insertion, des élus et des permanents. Elles ont aussi donné lieu à de nombreux échanges avec les différents réseaux de l’insertion par l’activité économique et les partenaires institutionnels de la fédération. Elles s’articulent autour de trois piliers :


Revue de presse 13 avril 2019


Laurence Boone : « L’égalité des chances doit être une priorité »

"Pour l’économiste en chef de l’OCDE, alors que le pays souffre d’un « fort détérminisme social », l’urgence n’est pas de baisser les impôts mais de mieux cibler les dépenses publiques. Alors qu’Emmanuel Macron s’apprête à présenter de nouvelles mesures pour répondre à la crise des « gilets jaunes », l’économiste en chef de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Laurence Boone, estime que le chantier prioritaire concerne « l’égalité des chances ».
Que faire, en France, pour renforcer la cohésion sociale ?
Le sujet de fond, c’est l’égalité des chances. C’est essentiel car on est très conditionné en France par son milieu de naissance. Le pays est dans le top 3 de l’OCDE pour l’influence du milieu social sur les études. Quelques exemples : alors que 60 % des enfants entre 0 et 2 ans ont accès à un mode de garde formel, c’est le cas de seulement 30 % des enfants dans le tiers de la population le moins aisé. Donc, dès le plus jeune âge, tout un groupe va manquer cette phase d’éveil. Ensuite, une forte proportion des adolescents de 15 ans, comparée au reste de l’OCDE, ne possède pas les connaissances littéraires ou arithmétiques indispensables. Enfin, l’insertion sur le marché du travail est nettement plus difficile pour les personnes moins qualifiées. Or, la France est parmi les pays où les moins diplômés ont le moins d’accès aux formations qualifiantes."
Lire l'article du Monde.fr

« Les travailleurs ubérisés sont les prolétaires du XXIe siècle »

"Pour l’écrivain et enseignant Karim Amellal, l’ubérisation du monde du travail fait voler en éclats tous les acquis sociaux obtenus depuis près de deux siècles.
Dans son dernier ouvrage, La Révolution de la servitude (Demopolis, 2018), Karim Amellal, enseignant à Sciences Po, dénonce les excès de l’économie numérique et ses incidences sur l’emploi. Il appelle à une régulation de l’Etat afin de mieux protéger les travailleurs.
[...]Ce phénomène communément appelé l’« ubérisation » consiste en la mise en relation, par des plates-formes numériques, de clients avec des travailleurs qui nourrissent ces plates-formes de leur force de travail : chauffeurs privés, livreurs de repas à vélo, chargeurs de trottinettes électriques, etc. Cette « économie de plates-formes » a souvent recours à des autoentrepreneurs : des travailleurs qui ne sont pas salariés et n’ont donc pas de contrat de travail. Cela signifie qu’ils n’ont pas d’assurance-chômage, pas de congés payés, pas de congés maladie, pas de salaire minimum, pas de syndicats. Ils cotisent pour une retraite au rabais et n’ont aucune sécurité de l’emploi.
Les risques qu’endossent ces travailleurs « ubérisés » sont loin d’être compensés par leur rémunération, qui reste faible. Prenons l’exemple d’un chauffeur Uber qui travaille quarante heures par semaine. Il perçoit un chiffre d’affaires de 3 680 euros par mois, duquel il faut déduire les charges : la commission prélevée par Uber (la cotisation au régime social des indépendants, le coût de la voiture, etc.), lui reste un salaire net de 560 euros. S’il passe à soixante heures, il gagnera 1 320 euros net par mois – soit un salaire horaire de 5,50 euros, en deçà du taux horaire du smic (7,72 euros).
Lire l'article du Monde.fr

La formation continue à l’aube d’une nouvelle ère

La réforme devrait permettre à chacun d’accéder plus facilement à l’ensemble de l’offre de formation ainsi qu’aux diverses modalités de financement. Universités et grandes écoles s’adaptent.
Rien de plus évident que la nécessité de se former tout au long de la vie. Rien de plus compliqué que le système français de la formation continue. Mais les lignes bougent : la loi avenir professionnel de septembre 2018 le modifie en profondeur, et donne plus de leviers aux individus. La pierre angulaire de ce dispositif est une nouvelle application, qui permettra à chacun de gérer son compte personnel de formation (CPF), désormais monétisé en euros, et d’accéder à l’ensemble de l’offre de formations certifiantes et à des financements. Avec ses 500 euros de crédit annuel sur son CPF – une somme faible au regard des tarifs de certaines institutions – chacun pourra, à partir de la fin 2019, acheter directement un bloc de formation dans une institution, quitte à compléter par d’autres sources de financement."
Lire l'article du monde.fr

Akram Belkaïd - Une autre Algérie est-elle possible ?



"Photographier l'Algérie" : regards croisés de Pierre Bourdieu à Marc Riboud à l'Institut du monde arabe de Tourcoing



Revue de presse 5 avril 2019


Lancement de la concertation sur la protection de l'enfance

"La concertation qui est lancée ce mercredi 27 mars 2019 est issue d’une volonté d’associer l’ensemble des acteurs qui interviennent dans le champ de la protection de l’enfance dans l’ensemble du territoire : départements, établissements publics, administrations, associations, professionnels, représentants des enfants et des familles. Tous ont un rôle à jouer dans la mise en œuvre d’une politique que l’État souhaite davantage réguler pour réduire les inégalités territoriales et répondre aux besoins de l’ensemble des enfants protégés, tout en respectant la décentralisation et les compétences des départements en matière d’aide sociale à l’enfance. La concertation s’appuiera sur six groupes de travail dont les thématiques sont les suivantes :
  1. Sécuriser les parcours de l'enfant : pour éviter les ruptures de parcours et les pertes de chances des enfants protégés.
  2. Développer les modes d’accueil de type familial : pour répondre aux défis de ces métiers et mieux accueillir les enfants.
  3. Mieux accompagner les enfants en situation de handicap : pour répondre aux besoins éducatifs, médicaux et médico-sociaux des enfants qui cumulent mesures de protection et handicap.
  4. Promouvoir l’ambition scolaire des enfants : pour rompre les inégalités de destin, ces enfants vulnérables ont droit comme les autres à une scolarité normale.
  5. Diffuser une culture de la transparence et de la qualité des lieux d’accueil : garantir la sécurité des enfants accueillis et le contrôle des structures.
  6. Renforcer le pilotage de la politique publique et la participation des enfants et de leurs familles : pour une meilleure lisibilité de l’action publique à destination des enfants protégés et pour donner la parole à ceux qui sont directement concernés."

accederau dossier gouvernemental

Inégalités : les écarts de revenus ont augmenté partout en Europe

"Si le Vieux Continent est moins inégalitaire que le pays de Donald Trump, cela tient surtout à son modèle social : dans la plupart des Etats européens, l’accès à la santé et à l’éducation est moins coûteux, voire gratuit. « Les dépenses sociales (santé, éducation, retraite) sont bien plus généreuses en Europe continentale, où elles s’élèvent autour de 28 % du PIB, contre 19 % outre-Atlantique », ajoutent les auteurs.
Plus protecteur, le Vieux Continent n’a, malgré tout, pas échappé au creusement généralisé des écarts de revenus. « Son modèle s’érode peu à peu, notamment à cause de la concurrence fiscale accrue entre les Etats européens, qui a miné la progressivité de l’impôt », expliquent MM. Blanchet, Lucas et Gethin. Exemple : le taux supérieur d’imposition sur les sociétés dans l’Union européenne (UE) est passé de 49 % en moyenne en 1981 à moins de 25 % aujourd’hui. Et la TVA, qui pénalise surtout les bas revenus, a grimpé de 17 % à 21 %. En France, celle-ci représente la moitié des recettes publiques, contre moins du quart pour l’impôt sur les revenus.
En outre, le fossé croissant entre les emplois qualifiés et les jobs précaires, qui s’est encore élargi depuis 2008, a notoirement alimenté le creusement des inégalités de revenus, souligne la Banque mondiale, dans son dernier rapport sur l’Europe. Ces évolutions ont eu une traduction concrète : depuis 1980, les 1 % d’Européens les plus riches ont vu leur revenu moyen croître deux fois plus vite que celui des 50 % les moins aisés. Et aucun pays n’a échappé à la tendance. Pour mieux analyser les dynamiques à l’œuvre, les économistes ont divisé le continent en quatre grandes zones : Europe du Nord, du Sud, de l’Est et de l’Ouest.
Sans surprise, les pays nordiques sont de loin les plus égalitaires, avant comme après impôts – même si, depuis les années 1990, la progressivité de leur fiscalité s’est dégradée. C’est en Europe de l’Ouest que la part du revenu national captée par les 10 % les plus riches, avant impôts, est la plus élevée : 32,5 % en 2017, contre 31,2 % en Europe du Sud et 29 % en Europe du Nord. En Allemagne, cette part a particulièrement augmenté entre 2003 et 2008. Elle est aujourd’hui de 35 %, soit plus qu’en France (32 %).
Ces écarts de revenus sont toutefois corrigés par le système de taxation et de transferts sociaux. Il permet, en effet, de réduire les inégalités de 29 % en moyenne dans l’Europe de l’Ouest, selon les calculs des auteurs. C’est bien plus qu’en Europe du Sud (23 %) ou dans les pays de l’Est (15 %), où la redistribution est moins efficace.
Lire l'article du monde

Histoires de Trolls et de LOL : internet à l’heure du cyberharcèlement




Le secrétaire d’Etat Adrien Taquet veut sensibiliser les travailleurs sociaux à l’autisme

"Le secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance a annoncé au « Monde » la création d’un groupe de travail destiné à réfléchir à l’accueil des enfants autistes par l’aide sociale à l’enfance.
En marge d’un déplacement au sein d’une crèche parisienne accueillant notamment des enfants atteints de troubles du spectre de l’autisme (TSA), le secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance, Adrien Taquet, a annoncé, mardi 2 avril, le lancement d’un groupe de travail qui portera sur l’accueil des enfants autistes pris en charge par l’aide sociale à l’enfance (ASE). « La réflexion portera sur trois axes, a confié M. Taquet au Monde. Une action sur l’accompagnement à la parentalité des personnes handicapées, qui associera les personnes elles-mêmes, la mise en œuvre d’une action de formation à l’autisme en direction des travailleurs sociaux mais aussi des personnels de justice, et la généralisation de la mention du handicap du parent ou de l’enfant, en cas d’information aux services de l’aide sociale à l’enfance, afin qu’un regard croisé expert puisse être mobilisé. »
Ce dernier point est destiné à provoquer une collaboration plus étroite, en cas d’information préoccupante ou de signalement, entre l’ASE et les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), interlocuteur incontournable de ces familles. Certaines d’entre elles alertent en effet depuis des années sur le risque de confusion entre les manifestations des troubles de l’autisme et les signes de maltraitance, ce qui peut conduire à des enquêtes sociales. Le groupe de travail aura notamment pour mission d’élaborer un guide destiné à la fois aux parents et aux travailleurs sociaux.
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 26 mars 2019


Jeunes sortants de l’ASE : « Pour la première fois, ils prennent la parole »

"Plusieurs associations lancent, ce mardi 26 mars, un collectif pour les jeunes majeurs sortants de l’aide sociale à l’enfance.Entretien avec Michèle Créoff, vice-présidente du Conseil national de protection de l’enfance, qui salue une mobilisation venue des jeunes eux-mêmes et qui est désormais inscrite à l’agenda politique."
Michèle Créoff : Je me réjouis que des associations très présentes sur le terrain unissent leurs forces sur cette question. Sans la mobilisation des jeunes placés eux-mêmes, peut-être que ce collectif n’aurait pas vu le jour et peut-être que les deux missions parlementaires actuellement au travail n’auraient pas été créées. Depuis quelques mois, en effet, ces jeunes ont fait irruption dans les médias et sur les réseaux sociaux et nous interpellent. Ils se sont organisés, entre autres, dans le collectif #laruea18ans qui a organisé son premier rassemblement public récemment. Je trouve que cette mobilisation est admirable. Eux qui étaient les oubliés du système, ils nous obligent à nous attaquer à cette très grosse injustice qu’ils subissent."
Lire l'article de La Croix

Le Conseil constitutionnel valide les tests osseux pour les jeunes migrants

"Décriés par de nombreux acteurs, ces tests ont été jugés conformes à la Constitution, en raison des garanties que présente l'article 388 du code civil qui les prévoit.
Le Conseil constitutionnel s’est prononcé, ce jeudi, sur la validité des tests osseux, pratiqués à la demande de la justice lorsqu’un doute subsiste sur la minorité d’un jeune étranger demandant à être pris en charge par l’aide sociale à l’enfance. L’avocate d’un Guinéen déclarant avoir 15 ans à son arrivée en France mais non reconnu comme mineur par la justice avait, en appui de son pourvoi en cassation, déposé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur l’article 388 du code civil qui prévoit ces tests. Lesquels sont décriés, au nom de l’intérêt supérieur de l’enfant et en raison de leur manque de fiabilité, par des acteurs aussi divers que le Défenseur des droits, l’ordre des médecins, le Haut conseil de la santé publique, le comité des droits de l’enfant de l’ONU, le Syndicat de la magistrature, la Cimade, Médecins du Monde, la Ligue des droits de l’homme…
Mais pour les magistrats, dans la mesure où la marge d’erreur de ces tests est bien prise en compte par le législateur, où seule l’autorité judiciaire peut décider d’y recourir, où selon le code civil ces tests ne peuvent pas être la seule base d’une décision de non-reconnaissance de minorité, et où le doute doit théoriquement bénéficier à l’intéressé, l’article 388 du Code civil ne contrevient pas à la loi fondamentale de la Ve République."
Lire l'article de Libération

Alcool en France : les hommes boivent plus que les femmes, les jeunes plus que les vieux

"Selon une étude publiée ce mardi par Santé Publique France, la consommation d'alcool en France a encore de beaux jours devant elle. Toutefois, sans aller jusqu'à une abstinence globale, les spécialistes estiment que certains repères pourraient permettre de réduire son impact sur la santé.
L'étude s'est intéressée aux habitudes des Françaises et des Français vis-à-vis de l'alcool, mais aussi aux méthodes pour émettre des recommandations à la fois efficaces et accessibles à tous. Car l'alcool, comme le reconnait le Pr Mickaël Naassila, président de la Société française d'alcoologie, est un "acteur essentiel de notre culture et de notre économie", mais aussi un moyen de "se conformer à la norme sociale" et un "lubrifiant social".
Ce qui ne doit pas, poursuit-il, empêcher de réfléchir au meilleur moyen de faire boire moins. Car l'alcool, ce sont aussi "des dommages considérables engendrés pour notre santé et in fine notre société". En 2017, un groupe d'experts a ainsi émis un avis pour développer un nouveau repère de consommation d'alcool : l'idée étant, si l'on ne peut pas imaginer pour l'instant faire disparaître la consommation d'alcool, de lui fixer des limites dans lesquelles le risque pour la santé est réduit.
Ce repère contient trois recommandations :
  • Pas plus de 10 verres standard par semaine
  • Pas plus de 2 verres standard par jour
  • Avoir chaque semaine des jours sans aucune consommation

Lire le dossier de France Inter

L'alcool et les dégâts de l'alcoolisme





Quand Yvonne et Charles de Gaulle font le choix courageux à l'époque de garder avec eux Anne, leur fille trisomique



Vu d'ailleurs : Organisation des services sociaux : au Royaume Uni, c’est l’échelon local qui décide

"Au Royaume Uni, ce sont les councils qui sont chargés de fournir les services sociaux aux résidents. Ce sont eux qui décident qui doit payer selon le type d’aide apporté.
Au Royaume Uni, la santé est dispensée gratuitement mais l’organisation des services sociaux pour les personnes handicapées, les personnes âgées, les sans domicile fixe, ou encore la protection de l’enfance relèvent de la responsabilité de chaque nation constitutive – autorité locale – à savoir l’Angleterre, l’Écosse, l’Irlande du Nord et le Pays de Galle, qui délèguent ensuite aux councils, un échelon encore plus local.
C’est le gouvernement central britannique qui verse aux différentes autorités locales une partie des fonds consacrés à l’aide sociale. Le montant des financements distribués dépend de plusieurs critères notamment du nombre d’habitants au sein de chaque nation constitutive et du nombre de personnes remplissant les conditions pour bénéficier de l’aide sociale. Chaque autorité locale gère ces fonds en toute autonomie.
En Angleterre, 152 councils sont ainsi chargés de fournir les services sociaux à leurs résidents. Ces autorités locales, dont la taille varie aussi bien en nombre d’habitants qu’en superficie, disposent chacune de leur propre budget. Outre l’argent provenant directement du gouvernement central et du National Health Service (NHS) – le système de santé publique, il existe plusieurs façons pour les councils d’obtenir des fonds complémentaires pour financer les services sociaux. En Angleterre, depuis 2015, la taxe municipale consacrée à l’aide sociale peut, à l’initiative de chaque council, être augmentée de 2 ou 3%."
Le système d'aide est payant en fonction des revenus, et il est en crise depuis les coupes budgétaires décidées par le gouvernement : les classes "moyennes moins" ne sont pas aidées cequi est particulièrement difficile pour les retraités ayant de petites pensions.
Lire l'article de la Gazette santé-social


Revue de presse 19 mars 2019


Grand débat national, des hauts et des débats




Pipriac et Saint-Ganton se mobilisent pour les chômeurs de longue durée

"Deux communes rurales du sud Bretagne ont fait partie de l’expérimentation du dispositif Territoires zéro chômeur de longue durée. Deux ans plus tard, le bilan est positif tant pour les demandeurs d’emploi que pour le tissu économique local."
Lire l'article de la Gazette santé-social
Voir le documentaire "Objectif zéro chomeur de zone interdite

TRIBUNE : « Il est temps de réintégrer les vieux dans la cité, au cœur de notre vie commune »

"Face au vieillissement croissant de la population, plusieurs personnalités, parmi lesquelles les anciens ministres Bernard Kouchner et Monique Pelletier, appellent, dans une tribune au « Monde », à une réorganisation de la société, notamment en ce qui concerne la gestion de la dépendance.
Extrait : "En ces temps de grand débat national, il est une inégalité choquante dans notre pays dont nous n’avons pas entendu parler jusqu’ici. Elle concerne nos aînés. Chacun le sait, l’expérimente autour de lui, dans sa famille, son quartier, sa commune : notre société vieillit fortement ; 10 % d’entre nous ont aujourd’hui plus de 75 ans, alors qu’ils n’étaient que 5 % il y a trente ans.
Mais qui les voit, ceux-là, et qu’ont-ils à dire ? Personne ne le sait ou ne veut le savoir. Nous avons tendance à les reléguer aux portes de la citoyenneté. La vie commune leur est, si ce n’est hostile, du moins inadaptée. Ils s’y sentent fragiles, vulnérables, peu à leur place. Alors, ils se retranchent, se taisent, se renferment, veulent disparaître.
Les plus dépendants sont cloîtrés dans ces fameux lieux que l’on appelle Etablissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), et dont on nous apprend jour après jour à nous méfier davantage. Ehpad, une honte française (Plon, 2019), le titre éloquent de l’ouvrage récent d’Anne-Sophie Pelletier sur le sujet, conforte la crainte de ceux qui se disent qu’il leur faudra peut-être finir leurs jours en ces lieux."
Lire la tribune sur le Monde.fr

Femmes et retraités sont nombreux à recourir aux aides alimentaires

"Parmi les 8,8 millions de personnes vivant en France sous le seuil de pauvreté, environ la moitié ont recours à l’aide alimentaire. A l’occasion de leurs 35 ans, les banques alimentaires, premier réseau au niveau national, présentent mercredi 13 mars une étude sur les profils de leurs bénéficiaires, qui sont plus de 2 millions. Cette enquête de l’institut CSA – la dernière du genre avait été menée en 2016 – s’appuie sur quelque 2 000 témoignages recueillis par les associations partenaires.
L’étude dessine les contours de la France des « gilets orange », ce vêtement porté par les bénévoles des banques alimentaires. Une France singulièrement féminine d’abord, puisque 69 % des personnes reçues sont des femmes. Les familles monoparentales, à 85 % menées par des femmes, sont surreprésentées. Elles constituent 33 % des bénéficiaires, contre 8 % de la population générale. Le cumul de plusieurs difficultés (temps partiels subis, rémunérations plus faibles…) fait d’elles, depuis plusieurs années, des figures désormais incontournables de la pauvreté.
L’une des variations observées dans l’édition 2019 porte sur la part croissante d’inactifs chez les bénéficiaires. A la différence de précédentes études qui alertaient sur le phénomène des travailleurs pauvres sollicitant une aide alimentaire, les actifs, qui étaient 23 % il y a deux ans, sont aujourd’hui estimés à 14 %, selon cette étude. Les 83 % d’inactifs qui poussent la porte des épiceries sociales et des lieux de distribution sont pour un tiers chômeurs, mais aussi étudiants, demandeurs d’asile ou retraités. Cette dernière catégorie gagne trois points par rapport à la dernière enquête, ce qui confirme la paupérisation de certains retraités, dotés de faibles pensions."
Un autre élément important de cette enquète est qu'elle montre que le recours à l'aide est de moins en moins ponctuel, ce qui est mauvais signe.
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 12 mars 2019


Défenseur des droits, rapport annuel 2018

"Les 140 000 demandes d’intervention ou de conseil adressées au Défenseur des droits en 2018 contribuent à faire de l’institution un lieu d’observation privilégié des difficultés rencontrées par les personnes dans l’accès à leurs droits, des atteintes portées aux droits fondamentaux et des inégalités persistantes dans la société.
En 2018, 94% des réclamations adressées aux délégués du Défenseur des droits soulèvent une difficulté dans la relation des usagères et usagers avec les services publics. Le Défenseur des droits a donc souhaité consacrer une partie de son rapport annuel d’activité aux réalités révélées par ces réclamations toujours plus nombreuses qui renvoient à des problèmes plus profonds, d’ordre systémique, et à des difficultés d’accès structurelles qui amplifient les fractures au sein de la société.
En France, les services publics jouent un rôle essentiel d’intégration civique et sociale. Empreinte de solidarité, leur action doit assurer l’égalité de traitement des usagers en offrant à tous et particulièrement aux personnes en difficultés, pauvres, défavorisées ou exclues, le même accès aux droits.
Or, la réduction du périmètre des services publics, leur privatisation progressive, leur dématérialisation, la complexité des dispositifs, l’éloignement du contact humain ainsi que la restriction des moyens budgétaires qui leur sont alloués contribuent à créer un sentiment diffus et dangereux de rupture entre les usagers, notamment précaires, et les services publics. Le recul des services publics peut accroître les inégalités auxquelles font face certains publics et aggraver le sentiment de relégation de nombreuses personnes, portant dangereusement atteinte à la cohésion sociale."
NB : je conseille particluièrment la lecture du chapitre "l'accès au droit entravé par la dématérialisation et le silence des administations".
Lire le rapport du défenseur des droits


Revue de presse 3 mars 2019


Aide sociale à l’enfance : un référentiel et des sanctions contre les sorties sèches

"Dans le cadre de la Stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, l'Etat vient de présenter un référentiel pour aider les départements à accompagner les jeunes majeurs sortant de l'ASE. 12 millions d'euros sont prévus, mais les territoires qui ne respecteront pas les règles seront sanctionnés.
C’était l’un des points forts des annonces présidentielles en septembre 2018 : dans le cadre de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, les sorties des jeunes à 18 ans de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) ne se feraient plus brutalement. Cinq mois plus tard, Christelle Dubos, secrétaire d’Etat en charge du suivi de la Stratégie, et Adrien Taquet, nouveau secrétaire d’Etat en charge de la protection de l’enfance, ont présenté le 14 février le référentiel pour accompagner les sorties de l’ASE.
« L’élaboration du référentiel est une belle illustration du “choc de participation” prévu par la stratégie pauvreté », a raconté Christelle Dubos. Ce document est en effet issu d’un groupe de travail présidé par Fouzy Mathey, ancienne enfant placée et vice-présidente de Repairs 94, association départementale d’entraide pour les personnes accueillies ou ayant été accueillies en protection de l’Enfance.
« J’ai accepté car la délégation [interministérielle à la prévention et la lutte contre la pauvreté] avait une volonté réelle de “faire avec” les jeunes sortis de l’ASE », explique la jeune femme. Les jeunes étaient d’ailleurs majoritaires dans le groupe, composé également de représentant des départements et des représentants des institutions chargées d’accompagner les jeunes.
Cinq engagements
Christelle Dubos a regretté « le mur » face auquel les jeunes sont confrontés à leurs 18 ans. « Je crois que nous sommes tous déterminés à faire tomber ce mur et à redonner aux jeunes qui sortent de l’ASE les moyens de se dessiner un horizon et de se construire un avenir. » Pour sortir de la situation, le référentiel impose cinq engagements qui devront être suivis par les conseils départementaux."
Lire l'article de la Gazette.fr
Le document de référence: "Accompagner les sorties de l'aide sociale à l'enfance

Grandir en famille dans une chambre d'hôtel

"Les familles constituent une part considérable de la population sans-logement : depuis la fin des années 1990, un nombre croissant d’entre elles, majoritairement étrangères, sont privées de logement et occupent le système d’hébergement.
L’hébergement en hôtel social complète ou supplée, notamment dans les grosses agglomérations, les carences de dispositifs spécialisés dans l’accueil d’étrangers, de demandeurs d’asile en particulier. Pour l’Ile-de-France, en plus des familles hébergées en centre d’hébergement d’urgence (CHU),de réinsertion sociale (CHRS) ou pour demandeurs d’asile (CADA), plus de 21 000 familles ont été hébergées en hôtel social en 2017 (soit 58 247 personnes). Elles étaient un peu moins de 15 000 en 2013 (soit 44 075 personnes). Cette année-là, l’enquête « Enfants et familles sans logement » (ENFAMS2) a permis de décrire les parcours, conditions de vie et état de santé des familles sans logement, en particulier les difficultés d’insertion scolaire et sociale des enfants. Néanmoins, la situation des adolescents n’entrait pas dans le champ de cette enquête. L’objectif de cette étude est de compléter l’enquête ENFAMS, en caractérisant le plus finement possible les existences quotidiennes des adolescents hébergés en hôtel social, leurs modes de sociabilité, leurs façons de s’organiser, de gérer les difficultés et les obstacles qu’ils rencontrent."
Extrait : "L’incertitude permanente sur leur futur résidentiel, couplée aux caractéristiques des lieux environnant leur hôtel, complique alors très fortement l’ancrage dans leur quartier de résidence. Les sociabilités de quartier sont quasiment inexistantes et le rapport des adolescents à leur commune se cantonne à la vie à l’intérieur de la chambre et à la fréquentation de quelques équipements culturels ou sportifs lorsqu’ils existent."
Lire l'étude


Revue de presse 24 février 2019


Nuit de la solidarité : 3 622 sans-abris recensés

"Les premiers résultats de la Nuit de la solidarité 2019 ont été présentés : 3 622 personnes sans abri ont été dénombrées par les 356 équipes déployées à Paris et par les partenaires de la Ville.
L'objectif de ce décompte, mené avec les signataires du Pacte de lutte contre la grande exclusion et 2 000 personnes (400 professionnels et 1 700 bénévoles parisiens) avait pour but de mesurer le nombre de personnes à la rue et d'améliorer la connaissance de leurs profils et de leurs besoins pour adapter les réponses proposées.
NB : une carte très instructive montre les principaux lieux de refuge des sans abris."
Accedez à l'article sur Paris.fr

Hôtel social : des jeunes privés d’une adolescence "ordinaire"

"Entre avril 2017 et mai 2018, les auteurs de "Adolescents sans-logement. Grandir en famille dans une chambre d’hôtel" ont réalisé entre un et six entretiens avec 36 adolescents, dont six résidaient dans l’agglomération de Tour. Les 30 adolescents franciliens ont connu 92 hôtels différents dans 65 communes, selon les données issues du Samusocial de Paris. Mais ce chiffre, déjà révélateur de la mobilité subie par ces jeunes, ne prend pas en compte les autres formes d’hébergement et les changements qu’ils ont pu connaitre en amont ou entre deux hôtels sociaux : hébergement chez un tiers, en campements, en CHRS, en centre d’hébergement d’urgence, en hôtels non enregistrés, ou encore changements de chambre au sein d’un même établissement. Après avoir, pour la plupart, vécu l’expérience migratoire et des ruptures familiales, "à plus d’un titre, l’instabilité résidentielle [...] place [ces adolescents] en situation de vulnérabilité, car ils font face à la quasi-impossibilité de s’en protéger", notent les auteurs de l’étude.
L’hôtel contraint et isole.
Ils ont pu constater, au fil des entretiens, combien la vie en hôtel empêchait les adolescents de s’ancrer dans un territoire, du fait de la mobilité régulière, mais également de l’implantation même des établissements, pour une majorité d’entre eux situés en zone non habitée et souvent éloignés des lieux de scolarisation."
Lire l'article sur le site d'InfoMIE
Lire le rapport du défenseur des droits et l'étude complète

Protection de l’enfance : la HAS publie les résultats de son enquête sur la bientraitance

"En France, en 2016, 299 600 mineurs étaient concernés par une mesure de protection de l’enfance qui se traduit dans environ la moitié des cas par un placement en dehors de leur famille. L’Anesm*, dont la Haute Autorité de Santé a intégré les missions en avril 2018, a lancé une enquête sur la bientraitance dans les structures accueillant des enfants dans le cadre de la protection de l’enfance afin de faire un état des lieux des pratiques et de permettre aux professionnels d’évaluer leurs actions et d’identifier de nouvelles pistes d’action. La HAS publie aujourd’hui les résultats de cette enquête et présente les travaux qu’elle a engagés pour aider les professionnels à améliorer leurs pratiques.
A noter dans ce rapport (page 28), l'importance de la question du délaissement des enfants placés en foyers de l'enfance, ce que montre un sondage portant sur les dix derniers jeunes accueillis dans chacun de ces établissements : "Parmi les dix derniers mineurs accueillis, il y a en moyenne 7,6 mineurs n’ayant reçu aucune visite ou effectué de visite au domicile de l’entourage depuis au moins 3 mois dansles foyers de l’enfance."
Lire l'article sur le site de la Haute autorité de santé
Accedez à l'étude

Loïc Blondiaux : "Il n'y a pas de démocratie sans citoyens qui débattent et qui s'écoutent"




Loi école : ce qu’il faut retenir du texte porté par Jean-Michel Blanquer

"Au terme d’une semaine de débats et de quelque 1 000 amendements, le projet de loi « pour une école de la confiance » a été adopté lors d’un vote solennel à l’Assemblée nationale, mardi 19 février. Le texte comporte quelques ajouts majeurs au projet porté par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Il s’agit notamment de l’adoption d’un amendement déposé par la droite imposant l’affichage des drapeaux français et européen et des paroles de La Marseillaise dans les salles de classe, et de la mesure « parent 1, parent 2 », qui reconnaît les familles homoparentales sur les formulaires administratifs, visant à rassurer l’aile gauche".
Voici les principales dispositions de ce texte : l’instruction obligatoire à 3 ans ; le prérecrutement et la formation des enseignants; la création du Conseil d’évaluation de l’école ; les regroupements école-collège ; des pistes pour une école plus inclusive.
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 17 février 2019


Mineurs non accompagnés : l’ADF appelle à clarifier les compétences entre l’Etat et le département

"Le considérable afflux de mineurs non accompagnés depuis deux ans met en tension le dispositif de protection sans condition auquel ces enfants ont droit dès leur arrivée sur le territoire. En cause les questions du financement, du partage des responsabilités et de l’évaluation de minorité pour laquelle le décret du 30 janvier 2019 instaure un fichier biométrique des jeunes évalués.
L’afflux en France est massif et croissant : + 85 % en 2017 (14 908) et + 14 % pour l’année 2018 au cours de laquelle 17 022 jeunes étrangers ont été reconnus mineurs non accompagnés (MNA).
Des chiffres qui portent le nombre de jeunes suivis par les conseils départementaux à quelque 40 000 au 31 décembre 2018. « Et le mois de janvier 2019 est le plus lourd depuis deux ans avec 2 000 orientations », indique Yasmine Degras, cheffe de la Mission mineurs non accompagnés (MMNA) au ministère de la Justice, à l’occasion du colloque organisé le 8 février par l’École de la protection de l’enfance et le Journal des acteurs sociaux, en partenariat avec l’Observatoire national de l’action sociale (ODAS) et l’Assemblée des départements de France (ADF)."
Lire le dossier de la Gazette santé-social

Mon idée pour la France : « Généraliser les dispositifs d’accompagnement des élèves »

Pierre Mathiot pointe dans cette tribune que "le système scolaire est profondément inégalitaire et il l’est sans doute plus qu’il y a vingt ans.
Ces inégalités sont présentes depuis l’entrée à l’école jusqu’aux diplômes de l’enseignement supérieur et, qu’elles soient sociales, culturelles et géographiques, elles se cumulent souvent. Elles jouent bien entendu contre les élèves de milieux modestes, d’origine étrangère et, aussi, contre ceux qui habitent dans des territoires ruraux éloignés des villes, grandes ou moyennes. Elles fabriquent de l’autocensure, jouent contre l’ambition scolaire, restreignent la mobilité géographique, ce en dépit d’investissements publics souvent massifs destinés à les réduire – 1,7 milliard d’euros par an pour la seule politique dite d’éducation prioritaire.
[...] Parmi ce qu’il faudrait faire plus et mieux il y a la gestion des charnières que constitue le passage en 6e, l’entrée au lycée et l’accès à l’enseignement supérieur. On sait que ces moments clés s’accompagnent de difficultés majorées chez les élèves les plus en difficulté, notamment parce qu’ils sont aussi les plus éloignés de l’environnement scolaire. Or, rater son entrée c’est souvent galérer ensuite, ne pas être en mesure de faire des choix positifs d’orientation vers le lycée ou l’enseignement supérieur. C’est aussi, parfois, on le sait bien, décrocher progressivement pour disparaître purement et simplement du paysage scolaire.
Ma proposition consiste à généraliser les dispositifs d’accompagnement des élèves par des pairs, ou des mentors ainsi que les actions qui permettent aux élèves de construire des projets en dehors des heures de cours mais, bien sûr, en lien avec les enseignements et les professeurs. Ces dispositifs existent ici ou là. Rien au fond n’est vraiment à inventer, tout est à généraliser en commençant bien entendu par les territoires et les établissements qui le justifient le plus, ceux de l’éducation prioritaire et du monde rural « isolé »."
Lire l'article du Monde.fr

Numérisation des emplois : « Il existe un lien fort avec le sentiment d’insécurité économique et les comportements politiques »

"Tribune. Les « gilets jaunes », si divers soient-ils, partagent un certain nombre de traits communs, les fins de mois difficiles, le sentiment d’être pris en étau dans leur vie quotidienne et professionnelle, et une révolte contre les politiques en place. Même s’ils ont un travail, un logement, une voiture, ils sont à la merci du moindre imprévu et voient leur horizon de plus en plus bouché. Cette révolte contre les conditions de vie et d’emploi devenues de plus en plus difficiles pour certains groupes sociaux n’est pas particulière à la France. Elle se retrouve derrière les ruptures politiques à l’œuvre dans la plupart des démocraties des pays développés : montée des partis extrémistes et antisystème dans la plupart des pays européens, Brexit en Grande-Bretagne, trumpisme aux Etats-Unis.
Qui sont ces groupes sociaux ? Le paradoxe déjà souligné à propos des « gilets jaunes » tient au fait que ce ne sont pas ceux qui sont les plus pauvres, les plus précaires qui protestent, mais plutôt ceux qui se sentent menacés de le devenir."
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 10 février 2019


"Gilets jaunes" : peut-on analyser l’histoire en cours ?



En une nuit, 3 622 personnes dormaient dans les rues de Paris

"Lors de la deuxième édition de la Nuit de la solidarité, de jeudi 7 à vendredi 8 février, 3 622 sans-abri ont été recensés dans les rues de Paris soit un peu plus que les 3 035 dénombrés le 15 février 2018, mais dans un périmètre élargi : 353 personnes ont, en effet, été rencontrées dormant dans les parcs, jardins, talus des périphériques et halls d’immeuble du bailleur social Paris Habitat qui n’avaient pas été visités l’an passé.
La maraude a été assurée par 1 700 bénévoles dont 20 % étaient déjà là en 2018, répartis en 353 équipes pilotées par 400 travailleurs sociaux. Les Parisiens ont à ce point répondu « présent » que 400 volontaires qui n’ont pas trouvé place dans les équipes de rue ont, le même soir, participé à des animations et des rencontres dans 22 structures d’hébergement et haltes-nuit.
Les sans domicile fixe (SDF) sont plus nombreux dans les arrondissements périphériques, comme le 12e, avec 140 personnes (125 en 2018), le 13e, 80 personnes (72) et le 14e, 76 personnes (72). Dans le 10e arrondissement, leur nombre a, en revanche, été divisé par deux, passant de 274 à 127, une chute liée à la résorption, par la préfecture, fin janvier, des campements de migrants autour du quai de Jemmapes.
Le 18e accueille, en revanche, 421 personnes, près du double des 246 de 2018, et le 19e en compte 318, contre 215 il y a un an : « La ville avait, l’an dernier, ouvert La Bulle, un centre humanitaire d’accueil de 480 places dont nous avons dû, comme prévu, rendre le terrain pour édifier le centre universitaire Condorcet, explique Dominique Versini, adjointe de la maire de Paris, chargée de la solidarité, de la lutte contre l’exclusion, de l’accueil des réfugiés et de la protection de l’enfance. Nous envisagions d’ouvrir un nouveau centre à La Villette mais l’Etat n’en a pas voulu pour, nous a-t-on dit, ne pas créer d’appel d’air. »
Les agents de la RATP ont, de leur côté, comptabilisé, dans les 246 stations métro et RER, 292 personnes (373 en 2018), ceux de la SNCF, 298 (contre 226) dans les sept gares parisiennes, sans oublier les 100 personnes qui ont passé la nuit dans les 13 services d’urgence des hôpitaux que compte la capitale. Les parkings Indigo abritaient également, ce soir-là, 37 personnes (contre 112), tandis que 24 avaient trouvé refuge dans les halls d’immeuble de Paris Habitat et 74 dans les parcs et jardins."
Lire l'article du Monde.fr

Une pétition contre "la casse annoncée des institutions médico-sociales"

"Les familles d'enfants et de jeunes adultes, en situation de handicap grave, s'alarment de la casse annoncée des institutions médico-sociales, au nom d’une prétendue inclusion. Cet argument masque un choix économique, visant au remplacement de ces établissements par des plateformes désincarnées de services et de prestations.
Nous affirmons, au contraire, que les actuels établissements médico-sociaux sont d’indispensables lieux de vie, de diagnostic, d'éducation et de soins, que personne n'y est enfermé et que les professionnels, fiers de leurs métiers, offrent à chacun au quotidien, les conditions d'une vie digne, accompagnée et durable, en co-construction avec les familles. C'est à leur défense qu'est consacrée cette pétition proposée par des personnes handicapées, des parents, des professionnels, des amis, des universitaires et des élus."
Acceder à la pétititon sur Change.org

Les Nuits de la solidarité, nouvel outil de lutte contre le sans-abrisme

"La Nuit de la solidarité s’installe peu à peu dans le paysage français. Inspiré de pratiques existantes dans plusieurs grandes villes américaines, comme New York et Washington, et testées en Europe à Athènes et Bruxelles, cet événement, qui consiste à faire appel à des bénévoles pour recenser les personnes dormant dehors une nuit donnée, a fait son apparition en France en 2018, à Paris puis à Metz. Cette année, il a déjà eu lieu à Grenoble le 30 janvier et il est organisé le 7 février à Paris. Il aura également lieu le 27 février à Rennes et le 15 mars à Metz."
[...]Comme l’an dernier, près de 1 600 bénévoles formés en début de soirée, encadrés par 400 chefs d’équipes chevronnées, arpenteront les rues, munis d’un questionnaire mentionnant un prénom, l’âge, le sexe, la durée de vie à la rue ou encore les besoins exprimés (logement, repas, douche, soins, démarches administratives, vestiaire, écoute…). L’an dernier, 3 035 personnes sans solution d’hébergement avaient ainsi été décomptées, dont la moitié en errance depuis plus d’un an et deux tiers qui n’appellent jamais le 115."
Lire l'article de La Croix

Incendie à Paris : en psychiatrie, « le vrai problème se trouve dans la rupture de la chaîne de soins »

"L’incendie d’un immeuble du 16e arrondissement de Paris, dans la nuit de lundi 4 à mardi 5 février, a causé la mort de dix personnes et fait 96 blessés, dont un grièvement. Le profil de la suspecte, qui souffre de troubles psychiatriques, relance le débat sur le manque d’accompagnement des malades en France. Marie-Jeanne Richard, présidente de l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapés psychiques (Unafam), dénonce l’abandon des malades psychiques par la société, qui « crée la répétition des moments de crise ». « Aujourd’hui, on attend que ça dérape, et après on crie au loup », juge-t-elle.
Le parcours de la principale suspecte de l’incendie de la rue Erlanger, ponctué de treize séjours dans un établissement psychiatrique parisien entre 2009 et 2019, est-il une exception ?
Marie-Jeanne Richard : Non, malheureusement, c’est ce qu’on appelle le syndrome de la « porte tournante », c’est-à-dire la multiplication des hospitalisations en urgence. Il s’explique par une difficulté d’accès aux soins, surtout en début de symptômes. Les gens qui ne vont pas bien ont du mal à trouver un clinicien pour les aider, ou à obtenir une place dans des centres médico-psychologiques (CMP) débordés. En moyenne, il faut attendre trois ans pour accéder aux soins.
On est contraints d’attendre que la personne soit en état de crise pour avoir accès à des soins psychiatriques en urgence. Or, un hôpital n’est pas un lieu de vie. C’est souvent surpeuplé, dans des bâtiments dégradés. Quand vous rentrez dans ce lieu-là, surtout en état de crise, vous n’avez qu’une idée : c’est en sortir.
On connaît des personnes pour qui le système de soins a fonctionné. Le médecin généraliste travaillait avec des psychiatres, a pu aiguiller la famille, les orienter vers une association d’aide pour répondre à leurs questions. Un tissu médico-social s’est formé autour de la personne pour l’aider à trouver des solutions. Certains malades mènent leur vie sans passer par la case hôpital, sans connaître de crise majeure. Malheureusement, c’est aujourd’hui l’exception."

Lire l'article du Monde.fr

Psychiatrie : des solutions pour sortir de l'état d'urgence



Revue de presse 2 février 2019


Hausse des plaintes pour violences sexuelles

"Selon le ministère de l'Intérieur pour l'année dernière, les plaintes pour viols augmentent de 20% par rapport à 2017. Une hausse également de 17% des agressions sexuelles. Les femmes depuis l'affaire Weinstein sont de plus en plus nombreuses à oser porter plainte."

Réécouter l'émission

Enfants placés, du foyer à la rue

"Dans son rapport annuel, la Fondation Abbé Pierre se penche sur la surreprésentation des anciens enfants placés parmi les sans-abri.
Loïc, 20 ans, ne s’attendait pas à se retrouver à la rue si jeune. Abandonné à deux mois et demi par sa mère, le jeune homme, d’abord placé en foyer, a grandi pendant quinze ans dans une famille d’accueil alsacienne. « J’y étais bien, même si ce n’était pas toujours facile parce qu’il y avait d’autres enfants placés », se rappelle Loïc. Le petit garçon, qui s’implique dès 9 ans dans la caserne des pompiers du village, voit encore son père de temps à autre. Très fragile psychologiquement, il termine sa scolarité secondaire en institut spécialisé.
À 18 ans à peine, à la rue, en plein hiver
Mais ce parcours presque stable vrille quand l’Aide à l’enfance (ASE) lui rappelle, à 17 ans, que son contrat va s’interrompre à sa majorité. «Ils m’ont proposé de retourner chez mon père. Mais là-bas ça s’est très mal passé et il m’a foutu dehors. Je suis alors retourné voir l’ASE mais ils m’ont dit qu’ils ne pouvaient pas me reprendre car dans trois semaines je serai majeur.»
[...] Combien sont-ils ces jeunes qui, comme Loïc, se retrouvent sans-abri sitôt quittée l’Aide à l’enfance ? Selon une enquête Elap sur l’accès à l’autonomie de ces jeunes, 8 % de ceux qui sont sortis depuis moins d’un an ont connu un épisode de rue. Selon l’Insee, 26 % des personnes sans-domicile nées en France sont d’anciens enfants placés. Chez les jeunes sans-domicile, cette proportion grimpe même à 36 %. Une surreprésentation qu’a voulu comprendre le rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre, publié le 1er février, qui zoome sur les parcours des sortants d’institutions, dont l’Aide à l’enfance."
Lire l'article de La croix
Télécharger le 23e rapport sur l’état du mal-logement en France

Protection de l’enfance : quand une enquête de France 3 précipite des décisions gouvernementales

"La télévision fait rarement bouger les lignes de façon significative. L’enquête de “Pièces à Conviction” (France 3) sur les enfants placés, vue par les époux Macron, a pourtant influé sur un processus en cours en l’accélérant.
La diffusion le 16 janvier dernier du magazine d’investigation, Pièces à conviction sur France 3, consacré aux enfants placés (Enfants placés, les sacrifiés de la République), a provoqué des réactions politiques extrêmement rapides. Le gouvernement a annoncé dix jours plus tard la nomination d’un secrétaire d’Etat chargé de la protection de l’Enfance, et annoncé dans la foulée la mise en place d’une « stratégie nationale », autour d’un secteur qui appellait au secours depuis des années : l’enfance en danger. Alors bien sûr, tout celà était dans les tuyaux, mais le constat terriblement inquiétant de l’enquête de France 3 a sans doute servi d’accélérateur. Au-delà des annonces et promesses, il faudra maintenant suivre de près les mesures concrètes et les améliorations sur le terrain promises par le gouvernement."
Lire l'article de Télérama

Protection de l’enfance : la grande Stratégie nationale toujours attendue…

"Longuement attendue, la feuille de route sur la protection de l’enfance a été finalement présentée ce lundi 28 janvier par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la santé, et Adrien Taquet, tout nouveau secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance. Déclinée en trois grandes orientations, cette feuille de route ouvre une période de concertation qui mènera à une Stratégie nationale pour la protection de l’enfance et de l’adolescence présentée en juillet." La Gazette santé-social, présente les grands axes de la stratégie nationale : renforcer la prévention ; mieux repèrer la maltraitance ; remettre à plat les modes d'accueil ; prévoir un parcours de santé coordonné, pris en charge à 100% par la sécurité sociale pour les enfants placés; plus généralement, repenser la guvernance de la protection de l'enfance.
Accedez au dossier de la gazette des communes

Protection de l’enfance : l’Etat français s’est-il désengagé ?

Dominique Versini présente de façon précise la protection de l'enfance et, face au manque d'informations et aux amalgames dans les médias, cette présentation est utile.
Cependant Dominique Versini fait aussi des amalgames en présentant tous les enfants de la protection de l'enfance comme ayant des parents maltraitants. Voir à ce sujet: Les causes des placements d’enfants et d'adolescents en institutions et familles d’accueil


Sans-abri : les associations re-sonnent l'alerte et réclament la mobilisation des locaux vides

Quinze associations nationales ou engagées en Ile-de-France dénoncent "l'intolérable banalisation de la situation" des hommes, femmes et familles laissés à la rue. Qu'il s'agisse de résoudre la situation particulière des migrants sans hébergement, qui s'organisent en campement, ou des autres sans-abris que les services du 115 ne sont pas en mesure de tous prendre en charge, elles pointent du doigt le défaut de volonté politique de l'Etat.
Accedez aux ASH

Le fichier censé mieux prendre en charge les mineurs isolés a été créé

"Le décret suscite l’inquiétude du défenseur des droits, Jacques Toubon, du Conseil national des barreaux, du Conseil national de protection de l’enfance et de plusieurs ONG."
Protection de l’enfance ou lutte contre l’immigration irrégulière ? Le décret créant un fichier des mineurs isolés étrangers, très attendu par les départements pour alléger le fardeau financier de leur prise en charge, a été publié jeudi 31 janvier, ravivant les craintes des associations d’un tour de vis dissuasif.
Le texte paru au Journal officiel « modifie la procédure d’évaluation » des mineurs non accompagnés (MNA) pour « renforcer le concours de l’Etat », avec un fichier centralisant les évaluations menées dans divers départements. La récente loi sur l’asile et l’immigration avait, dans son article 51, prévu la mise en place d’un tel fichier d’« appui à l’évaluation de la minorité » qui compilera l’état civil, la langue parlée, mais aussi « les images numérisées du visage et des empreintes digitales de deux doigts »."
Le nombre de mineurs non accompagnés a triplé en deux ans, pour s’établir à 40 000 pris en charge fin 2018, selon l’Assemblée des départements de France (ADF). L’institution chiffre à 2 milliards d’euros le coût pour les départements, compétents au nom de la protection de l’enfance.
Concrètement, un département pourra envoyer en préfecture le jeune demandant une évaluation, afin que son identité soit prise et comparée avec les données du fichier. S’il sollicite l’aide de l’Etat, le département devra en échange lui transmettre le résultat de son évaluation pour mettre à jour la base de données. Consultable par certains agents des préfectures, du ministère de l’intérieur et des conseils départementaux, le fichier vise à « mieux garantir la protection de l’enfance » mais aussi à « lutter contre l’entrée et le séjour irréguliers des étrangers en France », précise le décret.
Lire l'article du Monde


Revue de presse 25 janvier 2019


Mineurs isolés étrangers : la Croix-Rouge interpellée

"Un collectif d’ONG et d’associations a adressé à Libération et à Lien Social une lettre ouverte au Président de la Croix-Rouge, critiquant sévèrement ses pratiques en matière d’accueil à Paris des mineurs isolés étrangers.
Nous vous la livrons ci-dessous :
" Monsieur le président,
Nous tenons à vous alerter sur la situation critique des mineurs isolés étrangers à Paris. Nous, associations et bénévoles présents sur le terrain, sommes les témoins quotidiens de situations intolérables tant sur les plans humain, médical et juridique. Nous constatons chaque jour des conditions d’accueil et d’évaluation contrevenant à la réglementation française, aux recommandations du Défenseur des droits et aux principes internationaux régissant les droits de l’enfant. Ces observations concernent le dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers (Demie), dont la gestion a été confiée à la Croix-Rouge française par la mairie de Paris. Les dysfonctionnements de ce service sont la source de souffrances qui s’ajoutent aux parcours chaotiques de ces jeunes en demande de protection.
Humanité, impartialité, indépendance et neutralité, ces principes fondent l’action de la Croix-Rouge. Pourtant, à Paris, nous constatons un écart considérable entre ces principes et la pratique de vos services en matière d’accueil des mineurs isolés."
Lire l'article de lien scial

Le député Adrien Taquet nommé secrétaire d'Etat à la Protection de l'enfance

"Elu député pour la première fois en 2017, Adrien Taquet avait déclaré vouloir «bosser sur les angles morts de la République», notamment les sujets de handicap, autisme ou la condition des détenus.
Le nouveau secrétaire d’Etat devra piloter la «stratégie nationale pour la protection de l’enfance et de l’adolescence», qui doit être présentée lundi après plusieurs mois de reports."
Lire l'article de Libération

DÉMOCRATIE Politique : la défiance n’est pas une fatalité

"La crise des gilets jaunes l’a montré, les Français n’ont plus confiance dans leurs institutions politiques. Alors que l’abstention aux élections présidentielles et législatives est en hausse continuelle depuis des décennies, notamment parmi les classes populaires et les jeunes, le dernier « baromètre de la confiance » du Cevipof mesure l’importance de cette défiance : 69 % des sondés affirment ressentir « méfiance » et « dégoût » vis-à-vis des politiques. La démocratie représentative, la Ve République, le « présidentialisme », les partis... ne convainquent plus nos concitoyens. Quelles solutions pour réenchanter les institutions ? Petit tour d’horizon."
Lire l'article d'Alternatives économiques

Famille d’accueil : une vocation en crise ?

Elles accueillent au quotidien près de 85 000 enfants et jeunes majeurs en France. Les familles d'accueil, que l'on appelle désormais les assistants familiaux, sont de moins en moins nombreuses. Estimées à 50 000 il y a sept ans, elles seraient aujourd’hui environ 45 000.
Selon l'inspection générale des affaires sociales (IGAS), qui a mené une enquête en 2013, "le constat commun à tous les départements, avec des degrés inégaux de gravité, est bien celui du net vieillissement des assistants familiaux face à des besoins qui ne diminuent pas" , et pour cause, le nombre de placements a augmenté de 4,6% entre 2016 et 2017."



Revue de presse 15 janvier 2019


Les audiences de surendettement

Ils ont pris un crédit, un deuxième, puis un troisième pour rembourser les intérêts des deux premiers. Certains n'ont tout simplement pas pu payer les factures d'électricité qui se sont accumulées. Ils veulent rembourser, mais ne savent pas comment s'y prendre puisqu'ils n'arrivent déjà pas à finir le mois.
Au tribunal d'Instance d'Arras, dans le Pas-de-Calais, la juge Véronique Delèlis reçoit les personnes convoquées pour examiner leur situation de surendettement. Elles ont toutes demandé une aide de la Banque de France pour trouver la solution la plus juste : effacement de la dette, nouvelles mensualités, vente d’un appartement..."



La France inégale : écarts de revenus, fluctuations territoriales

"Au coeur du grand débat national proposé par le chef de l'état et mis en avant lors de la mobilisation des gilets jaunes se trouve avant tout la question des inégalités de pouvoir d'achat entre les Français. The Conversation France republie la carte d’Hervé Le Bras : «La France inégale : écarts de revenus, fluctuations territoriales»."
Cet artcile d'Hervé Lebras contient des cartes passionnantes de la pauvreté et de la richesse en France, ainsi que la cate des inégalités de revenus.
Lire l'article de the conversation

Lettre aux Français : "déception" des associations car "il n'y a rien sur la pauvreté, les sans-abri, le mal-logement"




Revue de presse 05 janvier 2019


« Nous dénonçons la non-protection de centaines d’enfants en danger »

Après l'alerte des 15 juges des enfants de Seine-Saint-Denis (voir la revue de presse du 10 décembre), dans une tribune au « Monde », "un collectif de professionnels de la protection de l’enfance appelle les pouvoirs publics à faire de cette thématique une cause nationale.
Extrait : "Nous, éducatrices et éducateurs spécialisés, assistantes et assistants sociaux, psychologues, secrétaires, chefs de service du SIOAE 93 de l’Association vers la vie pour l’éducation des jeunes (AVVEJ), soutenons pleinement la tribune des 15 juges des enfants du Tribunal de grande instance de Bobigny du 5 novembre 2018, dans laquelle ils dénoncent le naufrage de la protection des mineurs en Seine-Saint-Denis.
Professionnels de l’enfance et de la famille, nous rencontrons, à la demande du juge des enfants, des familles dont un enfant se trouve en situation de danger, c’est-à-dire lorsque « sa santé, sa sécurité, sa moralité sont en danger (…), ou que les conditions de son éducation, de son développement physique, affectif, intellectuel et social sont gravement compromises » (art. 375 et suivants du Code civil). Ces mesures éducatives judiciaires ont pour objectif d’apporter un éclairage au juge sur la situation et l’histoire familiale, d’apprécier la nature et le degré du danger, et d’accompagner l’enfant et ses parents dans les difficultés rencontrées, afin de tenter d’y remédier.
Nous partageons avec les juges des enfants, le constat dramatique d’une impossibilité de mener à bien les missions qui nous sont confiées par l’Etat et le Conseil départemental. Nous sommes confrontés à une quantité grandissante de mesures éducatives qui viennent grossir les listes d’attente de tous ces enfants dont la situation de danger est avérée, et qui constituent des « mesures fictives » pouvant attendre jusqu’à dix-huit mois.
Nous dénonçons la non-protection de centaines d’enfants en danger : près de 900 enfants sont en attente d’une intervention éducative décidée par le juge, dans le département de la Seine-Saint-Denis. La situation devient alarmante : un enfant de 3 ans qui a été signalé par un membre de sa famille, son école ou un voisin, sera – sauf péril imminent – pris en charge par notre service lorsqu’il aura au moins 5 ans. Or le temps d’un enfant n’est pas celui d’un adulte, et sa construction psychique pourra se trouver entravée de manière parfois irréversible à cet âge."
Lire la tribune dans le Monde.fr

Paralysée par la montée des populismes, l’Europe impuissante face au drame des migrants

"Alors que la Méditerranée est devenue la voie de migration la plus meurtrière du monde, les Etats européens semblent incapables de mettre sur pied une politique commune d’accueil. [...] L’accord européen conclu en juin 2018 sur la création de « plates-formes de débarquement » et de « centres contrôlés » n’a toujours pas été mis en application. A quelques mois d’élections européennes où chaque pays redoute une nouvelle montée de l’extrême droite, la paralysie est totale. La seule « efficacité » de l’Europe semble être, vu la chute des arrivées, les accords conclus avec des pays de transit tels que la Turquie et la Libye. Une efficacité discutable, sinon morbide, quand on connaît les conditions de survie dans un pays en guerre comme la ­Libye. Le HCR appelle les pays européens à « sortir de l’impasse ».
Lire l'article du Monde

Les "stylos rouges", des professeurs en colère

"Après les "gilets jaunes", voici les "stylos rouges", un groupe Facebook d'enseignants qui souhaitent dénoncer les conditions de travail dans l'Éducation nationale. Ils promettent des actions concrètes dans les semaines à venir."



Revue de presse 31 decembre 2018


Logement-hébergement : Les associations poussent un cri d'alarme

"Nous [les associations] ne sommes plus capables de dire aux gens dans la rue que leur situation va s’améliorer…", déclarait, ce mercredi 19 décembre, en conférence de presse, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, en tant que porte-parole du Collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement des personnes sans abri et mal logées (CAU). Des témoignages venus du Samu social de Lyon, du SIAO (service intégré de l'accueil et de l'orientation" de Haute-Garonne, ou encore de Médecin du monde sur la question spécifique des personnes exilées à Paris, ont appuyé cet aveu d’impuissance sur le terrain.
"On passe nos journées à dire ‘on est désolé, on n’a pas de solution’ ", raconte Valérie Gratias, assistante sociale de SIAO, à Toulouse. Au 115, le "taux de décrochés" (appels décrochés par un opérateur) est inférieur à 10 %. Et seules 5 % des personnes sans-abris ayant un interlocuteur au bout du fil se voient proposer une solution. "Concrètement, à Toulouse, c’est une cinquantaine d’hommes par jour auxquels on ne peut donner de solution, entre 15 et 20 femmes et entre 50 et 70 familles…", énumère la travailleuse sociale. Quant à la gestion hivernale, ajoute-t-elle, "contrairement à Paris, elle n’a pas du tout été anticipée : les services de l’Etat ont lancé des appels à projet fin octobre. Le plan hivernal n’a donc pas encore débuté…"."
Lire l'article des ASH

Migrants : l’Etat français accusé de « mise en danger délibérée » par plusieurs associations

"Quatorze associations dénoncent « la faillite de l’Etat » dans la protection et la mise à l’abri des migrants, dans une tribune publiée dimanche dans « Le JDD ».
La charge à l’encontre d’Emmanuel Macron et de l’Etat français est lourde. Celle-ci est à la hauteur de la colère exprimée par les associations qui travaillent auprès des migrants. Médecins du monde, le Secours catholique et douze autres associations accusent l’Etat français de « mise en danger délibérée » des migrants, dans une tribune publiée le 30 décembre par Le Journal du dimanche.
« A ce jour, nous ne pouvons que constater la faillite de l’Etat dans l’exercice de sa responsabilité de protection, de mise à l’abri et d’accueil inconditionnel », écrivent les associations dans une lettre ouverte adressée au président de la République.
Que cela soit « à Paris, en Ile-de-France, mais aussi à Grande-Synthe, sur le littoral nord, ailleurs », le sort des migrants « confine à une mise en danger délibérée » critiquent les associations, qui exigent des réponses « à la hauteur de la situation d’urgence ».
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 24 decembre 2018


Défenseur des droits :« Exilés et droits fondamentaux, trois ans après le rapport Calais »

"Le 6 octobre 2015, le Défenseur des droits publiait un rapport intitulé « Exilés et droits fondamentaux : la situation sur le territoire de Calais » dans lequel il dénonçait les conditions de vie indignes et les atteintes aux droits fondamentaux des exilés à la frontière franco-britannique.
Trois ans après, le Défenseur des droits a souhaité dresser un nouveau bilan – élargi aux campements de Grande-Synthe, Ouistreham et Paris – en s’appuyant sur une quinzaine de visites sur place et l’instruction contradictoire des réclamations qui lui ont été adressées. Ce rapport dresse un constat très préoccupant du traitement des exilés sur le territoire français. Le Défenseur des droits relève des atteintes inédites aux droits fondamentaux des exilés et adresse des recommandations aux pouvoirs publics.
Le Défenseur des droits constate que les entraves persistantes à l’entrée dans la procédure d’asile, la saturation des dispositifs d’accueil des exilés, leur manque d’informations et le contrôle de leur situation administrative lors de leur mise à l’abri conduisent les campements évacués à systématiquement se reformer et contraignent les exilés à subir des conditions de vie que le Conseil d’État a qualifiées, en 2016 et 2017, de « traitements inhumains ou dégradants ».
Le Défenseur des droits recommande à l’Etat de se conformer au droit positif et de garantir aux exilés un droit inconditionnel à l’hébergement, des conditions de vie dignes ainsi qu’une prise en charge de leur santé, notamment de leurs troubles psychiques nés d’un parcours migratoire et d’un accueil difficiles. Quant aux mineurs, le Défenseur des droits souhaite l’adoption urgente de mesures favorisant la pérennité de leur mise à l’abri, de leur évaluation et de leur prise en charge. Il est également nécessaire de simplifier les procédures d’asile et de réunification familiale, aujourd’hui trop peu accessibles."
Lire le rapport du défenseur des droits

« Le mouvement des “gilets jaunes” est avant tout une demande de revalorisation du travail »

"Yann Le Lann est maître de conférences en sociologie à l’université de Lille. Spécialiste du travail, il a coordonné l’enquête du collectif Quantité critique, composé de chercheurs et de doctorants de Lille et de Sciences Po Paris, qui a analysé le mouvement des « gilets jaunes » durant un mois. Le sociologue estime que l’identité du mouvement est centrée sur la reconnaissance du travail."
Extrait : "Quel est le positionnement politique des « gilets jaunes » de votre échantillon ?
On a trois blocs quasi égaux de 20 % entre les abstentionnistes et votes blancs, les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et ceux de Marine Le Pen. On a vu se confirmer une polarité au sein du mouvement entre la gauche radicale et l’extrême droite, avec, au milieu, une zone grise difficile à cerner. Mais le sentiment que le gouvernement ne respecte plus la souveraineté populaire, qu’il est en rupture avec les intérêts du peuple, unifie ces trois pôles. D’une manière générale, nous avons perçu une défiance totale vis-à-vis de tous ceux qui ont été aux affaires depuis quarante ans."
Lire l'article sur le Monde.fr


Revue de presse 17 decembre 2018


Leurs enfants après eux. Dans le Nord, la protection de l’enfance en mode dégradé

"Depuis le mois d’octobre, les travailleurs sociaux du Nord se mobilisent pour dénoncer les mesures d’économies qui frappent la protection de l’enfance.
Réunis au sein du « collectif dégradé », les travailleurs sociaux accusent le Conseil Départemental d’avoir supprimé 700 places en foyer depuis 2015, laissant les enfants qu’il est censé protéger sur le carreau. Ballottés de foyers d’urgence en familles d’accueil provisoires, certains restent parfois même au domicile familial, malgré les ordonnances de placement des juges pour enfants."


Ecouter l'emission

Pauvreté : comment sortir de la honte ?

"A l’origine de cet épisode, il y a une étude menée à l’université d’Oxford. Elle porte sur l’universalité du sentiment de honte qui accompagne la pauvreté. "La honte est une des causes de la pauvreté", décrit le prix Nobel d’économie Amartya Sen.
La lutte contre la pauvreté est vaine si elle ne prend pas en compte la restauration de l’estime de soi, nous explique Claire Hédon, la présidente d’ATD Quart-Monde dans cet épisode. Il y a l'idée que les pauvres profiteraient du système mais derrière il y a aussi "qu'est-ce que vous avez fait pour vous retrouver dans cette situation ?, donc une question de culpabilité"



Le Cese veut un plan d’urgence pour les SDF

"aute d’un volet Logement, le plan Pauvreté ne répond pas aux besoins des personnes sans domicile fixe. La ministre renvoie au plan Logement d’abord. Face à l’urgence, le Conseil économique, social et environnemental préconise trois axes d’actions immédiates : l’accompagnement, notamment par un maillage territorial d’équipes citoyennes ; la sécurité et la dignité des femmes et des jeunes de plus en plus nombreux à la rue, notamment par la création de haltes de jour et de nuit ; et enfin la production de logements très sociaux pour débloquer le système d’accueil et d’hébergement.
Combien sont-ils ? 143 000, a dénombré l’enquête Insee en 2012. Bien plus, de l’avis des professionnels. La Fondation Abbé-Pierre comptabilise 896 000 personnes privées de logement personnel. C’est ceux-là, qui « dorment dans la rue, dans des sous-sols ou des abris de fortune », que cible le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Son avis, « l’urgence d’agir », présenté en assemblée plénière le 12 décembre 2018, a été adopté par 154 voix pour et 12 abstentions."
Lire l'article de la Gazette santé-social

Les gilets de la Somme

"A la veille de la première manifestation du 17 novembre, cinq "gilets jaunes" de Doullens et Péronne, dans la Somme, reviennent sur les raisons de leur colère et racontent comment l’appel Facebook qu’ils ont lancé a déclenché un mouvement très suivi dans leurs communes."



Gilets jaunes : “La symbolique monarchique s’est retournée contre Emmanuel Macron”, par Annie Ernaux

Comment analyser ce mouvement social inédit qui agite la France depuis plusieurs semaines ? Télérama a proposé à plusieurs artistes de livrer leur regard sur les Gilets jaunes. Voici le point de vue de l’écrivaine Annie Ernaux.
Lire l'article de Télérama

Les analyses du géographe Jacques Lévy et du sociologue François Dubet




Revue de presse 10 decembre 2018


Laurent Mucchielli : Deux ou trois choses dont je suis presque certain à propos des « gilets jaunes »

"À la différence de la plupart des commentateurs que l’on peut entendre tous les jours donner leurs avis dans les médias, il est difficile pour un chercheur de s’exprimer sur un sujet sur lequel il n’a pas enquêté. L’enquête en sciences sociales n’a en effet pas grand-chose à voir avec les reportages télévisés que l’on peut voir ou revoir en quelques clics sur Internet, ni avec les verbatim rapportés ici et là par les journalistes et dont on ne peut pas présumer de la représentativité à l’échelle nationale, ni même à l’échelle locale d’ailleurs.
Plutôt que de se précipiter pour mettre des mots d’allure savante sur des choses mal connues, ou pour fournir des interprétations toutes faites informant davantage sur les représentations de leurs auteurs que sur la réalité qu’ils prétendent éclairer, on souhaite ici partager simplement quelques enseignements tirés d’une expérience de sociologue ayant, dans un passé récent, travaillé sur diverses formes de violences sociales et politiques (notamment les émeutes), ainsi que sur les stratégies sécuritaires (notamment le maintien de l’ordre) déployées à leur encontre par les pouvoirs publics."
Lire l'article de the conversation

Débat : peut-on encore gouverner à l’heure des réseaux sociaux ?

"Les autorités de l’État et les élus (et pas seulement ceux de la majorité, ne nous leurrons pas) font face à une défiance d’une ampleur inédite, à laquelle il est bien difficile de trouver une réponse, tant les revendications sont à la fois hétérogènes et individualistes (une par sous-catégorie de la population), irréalistes et contradictoires (davantage de services publics, mais moins d’impôts ; plus de croissance, mais moins de concurrence ; plus de sécurité, mais moins de règles), et déconnectées d’enjeux aussi fondamentaux que le réchauffement climatique ou l’endettement du pays.
Comment expliquer qu’on en soit arrivé là aussi vite ? Le premier constat, c’est que la révolte des gilets jaunes n’est qu’un symptôme de plus d’un mal plus profond, celui qui a conduit au Brexit, à l’élection de Viktor Orban, Donald Trump, Matteo Salvini et Jair Bolsonaro, et qui garantit l’inamovibilité de Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan.
Les causes de ce syndrome sont connues : déclin des idéologies, affaiblissement des corps intermédiaires, pessimisme généralisé, peur du déclin (social, économique, industriel, environnemental, culturel, religieux…), crainte des grands changements (mondialisation, migrations, concurrence internationale, terrorisme, métropolisation…) et opportunisme des marchands de peur et de rêve, qui attisent l’angoisse et la haine, fonds de commerce de leurs prospères PME populistes et médiatiques.
A cela s’ajoutent la toute-puissance des réseaux sociaux, qui bousculent les logiques traditionnelles des mobilisations, de la communication, de l’information et du fonctionnement de l’espace public."
Lire l'article de the conversation

Protection de l’enfance en danger : une journée au Tribunal pour Enfants de Bobigny

"Début novembre, les 15 juges pour enfants du Tribunal de Bobigny publiaient une tribune collective pour dénoncer le manque de moyens humains et financiers qui frappe la justice des mineurs, et plus particulièrement la protection de l’enfance.
En Seine-Saint-Denis, les mesures d’assistance éducatives ordonnées par les magistrats sont soumises à des délais inacceptables, pouvant aller jusqu’à 18 mois, faute d’éducateurs pour les mettre en œuvre. Près de 900 familles sont en attente et 3 893 nouveaux signalements d’enfants en danger sont parvenus au tribunal de Bobigny en 2017, soit 12 % de plus qu’en 2016.
Pourtant, les enjeux sont cruciaux pour toute la société. Car des enfants mal protégés seront des adultes d’avantage vulnérables, plus facilement en proie à toute sorte de violence - physique, sexuelle, et y compris terroriste."
Ecouter l'émission de France Inter


Revue de presse 3 decembre 2018


Didier Dubasque : "Gilets jaunes : la violence peut-elle être contenue ? si oui comment ?

Analysant la violences des conflits sociaux actuels, Didier Dubasque cite Georges Sorel :"Cette « force que l’on use dans la contestation sociale ou dans la répression des conflits sociaux » a été théorisée en 1908 par Georges Sorel dans un ouvrage intitulé « Réflexions sur la violence » que vous pouvez lire ici. Il était philosophe et sociologue, connu pour sa théorie traitant du syndicalisme révolutionnaire. Il peut être d’ailleurs considéré comme un des principaux introducteurs du marxisme en France. Dans son ouvrage Georges Sorel indiquait que « la violence prolétarienne change l’aspect de tous les conflits au cours desquels on l’observe ; car elle nie la force organisée par la bourgeoisie, et prétend supprimer l’État qui en forme le noyau central ». Il semble que nous ne soyons pas si loin de cette description chez certains activistes actuels."
Lire l'article de Didier Dubasque

PORTRAIT A quoi carburent les gilets jaunes ?

"Après deux journées de protestation, un halo de mystère entoure toujours les gilets jaunes. Qui sont-ils ? Que demandent-ils ? Connaît-on des précédents à ce type de mobilisation ? Historiens, géographes, sociologues : de nombreux chercheurs se sont penchés sur ce mouvement inhabituel pour tenter de répondre à ces questions. Si leurs analyses ne remplacent pas une enquête en bonne et due forme, elles permettent d’y voir plus clair sur une contestation bien plus complexe qu’il n’y paraît. Photo de groupe en quatre points."
Extrait : "Incontestablement, les gilets jaunes ont quelque chose de singulier. Selon l’historien Gérard Noiriel, leur nouveauté réside dans « la dimension d’emblée nationale d’un mouvement spontané » : « Il s’agit en effet d’une protestation qui s’est développée simultanément sur tout le territoire français (y compris les DOM-TOM), mais avec des effectifs localement très faibles », grâce notamment aux réseaux sociaux, mais aussi à la bienveillance des chaînes d’information continue, qui ont couvert la mobilisation avant même qu’elle soit effective. « On peut même aller jusqu’à se demander dans quelle mesure nous ne sommes pas en train d’assister à une forme de prophétie autoréalisatrice », s’interroge le sociologue Alexis Spire."
Lire l'article d'Alternatives économiques

« Gilets jaunes » : « La priorité est d’apporter des solutions rapides au recul des services de proximité»

Pour répondre au sentiment d’abandon des campagnes, Dominique Marmier, président national de Familles rurales, dans une tribune au « Monde », suggère à l’Etat de garantir un socle minimum universel de services publics couvrant la santé, l’éducation, la mobilité et le numérique.
La mobilisation des « gilets jaunes », liée à l’augmentation des prix des carburants, exprime une forte colère populaire liée à l’accumulation des taxes et à la baisse du pouvoir d’achat. Elle n’est pas seulement conjoncturelle, mais révèle une cassure structurelle plus profonde.
L’écart se creuse entre une population urbaine vivant dans les grandes métropoles, diplômée, parfaitement intégrée dans la mondialisation et la révolution numérique, et une population vivant à l’écart de ces grands ensembles, dans les territoires ruraux et périurbains, dont les préoccupations quotidiennes divergent du fait du recul des services publics, du manque de solutions de mobilité et de l’explosion des dépenses contraintes.
Au sens large, cette France représente plus de 27 millions de personnes, soit plus de 40 % de la population (Typologie des campagnes françaises, Datar, 2011).
Lire l'article du monde.fr


Revue de presse 25 novembre 2018


Logements indignes, la mort chez soi

Marseille, record d’insalubrité
Triste actualité : déjà en 2015, la fondation Abbé Pierre avait évoqué 40 000 logements indignes marseillais, concernant 100 000 habitants, proportions nulle part vues ailleurs. L’effondrement meurtrier de deux immeubles, le 5 novembre dernier, est venu illustrer ce constat. Arrêtés de péril pris en vain, immeuble visé virtuellement par le plan d’habitat indigne (EHI), copropriété notoirement dégradée… mais le quartier concerné, Noailles, ne compte que 5% de logements sociaux.
Lire l'article de lien social

"Gilets jaunes" : "On aurait tort de réduire ce mouvement à l'extrême droite"

Les revendications sont difficiles à saisir car nous ne sommes pas face à un mouvement structuré, porté par des représentations comme des syndicats ou un parti... Ils le disent tous, d'ailleurs : l'augmentation du carburant est finalement un prétexte, la goutte d'eau qui fait déborder le vase, pour exprimer une colère plus générale.
Les discours sont marqués par le sentiment d'injustice. Ce sont des gens qui ont des budgets extrêmement contraints et des fins de mois difficiles, qui peuvent entendre le fait de devoir se serrer la ceinture, mais il faut que la charge soit équitablement répartie. Clairement, il y a le sentiment que ce n'est pas le cas actuellement.
Lorsqu'on parle avec eux, ils disent qu'ils peuvent faire face à quelques centimes d'augmentation sur les carburants, mais ils parlent du coût de la carte grise, de la CSG dans le cas des retraités... Dans ce contexte, ils refusent par exemple de contribuer au renouvellement de la porcelaine de l'Elysée. Cela peut être poujadiste mais ils ont le sentiment réel qu'ils payent pour que les riches s'enrichissent et que les classes moyennes, elles, ne voient rien venir.
Lire l'article sur France Info

Handicap : malaise dans le secteur « protégé et adapté »

"Salariés sous pression, grèves, conflits… Des travailleurs handicapés et des membres de l’encadrement dénoncent les conditions de travail dans certains établissements et services d’aide par le travail et dans certaines entreprises adaptées.
Pour les personnes lourdement handicapées, les établissements et services d’aide par le travail (ESAT) et les entreprises adaptées (EA) représentent bien souvent la seule porte d’entrée vers l’emploi. Ces structures à vocation sociale, qui composent ce que l’on appelle « le secteur protégé et adapté » ont pour mission d’accueillir les personnes les plus éloignées de l’emploi du fait de leur handicap. Mais tout n’est pas rose au sein de ces établissements. A l’instar des entreprises en milieu « ordinaire », les ESAT et les EA ne sont pas épargnées par des tensions en leur sein."
Lire l'article du Monde

Enfants "cassés", familles d'accueil "épuisées"

""Quand on débute, on s'attend à voir arriver un enfant avec un petit sac sur le dos, un doudou sous le bras, comme dans un film. Et puis finalement, on se prend la misère en pleine figure." Sophie*, 63 ans, est "famille d'accueil" depuis dix ans. Dix enfants ont séjourné chez elle, en Haute-Garonne. Entre 200 et 250, si l'on compte ceux accueillis le temps d'un week-end ou pour les vacances. "
Lire l'article de l'Express


Revue de presse 18 novembre 2018


Aujourd’hui, 21 000 enfants grandissent à l’hôtel social en Île-de-France.

Manifeste du Samu Social :"L’hébergement à l’hôtel est arrivé à saturation. Avec plus de 40 000 personnes hébergées chaque jour à l’hôtel en Ile-de-France, dont la moitié d’enfants, les capacités hôtelières ne permettent plus d’absorber le flux de nouveaux demandeurs. Ce type d'hébergement doit être transitoire pour les familles, avant qu'elles puissent être orientées vers un logement durable.
Ce que nous proposons :
  • Engager un programme d’accès au logement pour les familles
  • Agir ensemble pour l’avenir des enfants
  • Développer les actions de notre programme "Mieux vivre à l'hôtel"
"
Acceder au site du Samu Social

Patrick Lacoste urbaniste à Marseille : "il faut arrêter avec l'indolence [envers les marchands de sommeil]"



Ecouter l'émission


Revue de presse 11 novembre 2018


Le secours catholique publie son état de la pauvreté en France

"Le Secours Catholique-Caritas France publie jeudi 8 novembre son Rapport statistique annuel État de la pauvreté en France 2018. Constats et analyses sur la précarité issus de l’observation sur l'ensemble du territoire national de plus de 86 000 situations (sur les 1 363 000 personnes accueillies en 2017). Pour son rapport 2018, l'association a également mené une enquête auprès de plus de 3 000 personnes afin de définir la base d'une protection sociale inclusive de tous et en particulier des plus fragiles. "
51% des ménages sont des familles avec enfants dont plus de la moitié de familles monoparentales. Les mineurs réprésentent plus de 40% des personnes accompagnées."
Extrait sur le seuil de pauvreté (60% du revenu médian : "« ce seuil de 1000 € est de moins en moins pertinent ». Notamment parce que le prix des biens qui occupent la plus grande place dans le budget des ménages modestes (logement, énergie, transport) augmente plus vite que l’ensemble. « Les personnes qui sont juste au-dessus vont, à un moment donné, devoir arbitrer entre se nourrir, payer leur loyer ou régler leurs factures. »".
Accèder au résumé
Télécharger le rapport

Prix des carburants : des contradictions sociales surmontables

Dans cet article Jean Gardet critique la pensée unique consistant à augmenter les taxes sur les énérgies fossiles pour en limiter l'usage, et montre l'injustice sociale de cette politique.
"En pourcentage du revenu des ménages après impôt, le poids des dépenses énergétiques est de 15 % en moyenne pour les 20 % les plus pauvres et de 6 % pour les 20 % les plus riches. Pour les carburants, ces chiffres sont respectivement de 4,6 % et 2,4 %. Avec de telles inégalités, les politiques actuelles fondées sur les seuls prix sont « antisociales ». Elles creusent encore les écarts.
À cela s’ajoute actuellement, pour la majorité des gens, la conviction que l’injustice fiscale est de mise dans ce pays et que les choses ont nettement empiré avec le « Président des riches », de sorte que la hausse des prix des carburants est pour certains la mesure injuste de trop, vécue comme telle au quotidien, « à la pompe »."
Lire l'article d'Alternatives économiques

L’insertion des immigrés, de l’arrivée en France au premier emploi

La moitié de la population des immigrés d’âges actifs (15-64 ans) est arrivée en France avant 1998. Parmi ceux qui sont arrivés à l’âge de 15 ans ou plus, près de la moitié déclarent avoir émigré pour des raisons familiales.
L’immigration se féminise au fil des années et les femmes sont désormais aussi nombreuses que les hommes à venir étudier en France. La population immigrée est de plus en plus diplômée, pour des raisons qui tiennent à la fois aux niveaux d’études plus élevés atteints par les parents et à la poursuite des études en France de personnes arrivées enfants ou comme étudiants.
Quatre immigrés sur dix ne parlaient pas ou peu le français lors de leur premier emploi en France. Un tiers de ceux qui sont en emploi considèrent qu’ils sont surqualifiés. À caractéristiques égales, le sentiment de surqualification dans le premier emploi occupé en France est plus fort parmi les immigrés qui ne parlaient pas le français.
Parmi les immigrés arrivés en France à l’âge de 15 ans ou plus, un tiers de ceux devenus français ont acquis la nationalité dans les cinq ans qui ont suivi leur arrivée.
Acceder au dossier de l'INSEE

Psychologues et psychiatres réunis à Paris pour un colloque sur la radicalisation

Les États généraux psy sur la radicalisation, organisés par le Centre d’étude des radicalisations et de leurs traitements, se tiennent à Paris jusqu’à dimanche pour savoir où en est la compréhension des mécanismes de la radicalisation, notamment chez les adolescents et la façon de les traiter.
"Toutes les familles sont différentes, "dans leur parcours, dans leur religion ; parfois ce sont des familles très unies, parfois elles ont eu des traumatismes catastrophiques dans le passé, d’autres ont l’air assez banales et assez tranquilles", mais les soignants ont souvent trouvé un phénomène commun, celle d’une emprise familiale autour du jeune. C'est un point de départ pour orienter le travail explique Serge Hefez.
"Toutes ont une connotation un peu, je dirais, sectaire au sens où elles sont très repliées autour de l’adolescent dans des mécanismes d’emprise extrêmement fort.""
Voir l'article de France-Inter

Les expulsions d'étrangers en situation irrégulière en hausse de 20% en 2018

"C'est "une reprise nette des éloignements" pour le ministre de l'Intérieur. Christophe Castaner a annoncé, mardi 6 novembre, devant l'Assemblée nationale, que les expulsions d'étrangers en situation irrégulière avaient augmenté de 20% en 2018. "L'entrée en fonction de ce gouvernement a marqué un tournant" dans la lutte contre l'immigration irrégulière, a affirmé le ministre, qui présentait le projet de budget 2019 de l'immigration.
"Après une hausse de 14% en 2017, nous constatons cette année une nouvelle augmentation de 20% des étrangers quittant le territoire national alors qu'ils ne disposent pas du droit de séjour", a-t-il poursuivi. Il y a eu 14 859 éloignements forcés en 2017, selon les chiffres de la Direction générale des étrangers en France."
Acceder à France-Info

Pourquoi la démocratie vacille-t-elle ?

Dans cet article Kaushik Basu,économiste indien, ancien chef économiste de la Banque mondiale, analyse la multiplication des dirigeants populistes anti-démocrates comme un effet des avancées technologiques et de la mondialisation :
"Nous vivons un tournant historique.
Le progrès technologique rapide (notamment le développement des techniques numériques et de l’intelligence artificielle) transforme la manière dont l’économie et la société fonctionnent. Les nouvelles technologies sont porteuses de nombreux avantages, mais elles posent aussi de graves défis : toute une partie de la population a été abandonnée à un sentiment de vulnérabilité, d’anxiété, voire de colère."
La baisse de la part des salaires dans le PIB est l’une des conséquences des avancées technologiques récentes. Un nombre relativement limité de personnes accaparant une part de plus en plus grande des revenus sous la forme de salaires ou de profits, l’augmentation des inégalités de revenus et de patrimoines suscite un grand sentiment de frustration à l’égard du système économique et politique.
Lire l'article d'Alternatives économiques


Revue de presse 5 novembre 2018


Juges des enfants en Seine-Saint-Denis : « Notre alerte est un appel au secours »

"Nous, juges des enfants du Tribunal de grande instance de Bobigny, souhaitons alerter sur la forte dégradation des dispositifs de protection de l’enfance en Seine-Saint-Denis. Juges des mineurs délinquants, nous sommes, aussi, juges des mineurs en danger. A ce titre, nous devons répondre à l’exigence de protection des enfants, parfois très jeunes, que leur situation familiale met en péril : violences physiques, sexuelles, psychologiques, délaissement parental, négligences dans les soins et l’éducation.
La loi nous permet, dans les cas où une séparation s’impose, de retirer l’enfant de son milieu familial. Elle nous permet aussi d’ordonner des mesures d’investigation ou d’accompagnement éducatif qui permettent, lorsque la situation s’y prête, de la faire évoluer favorablement en maintenant l’enfant dans sa famille, tout en veillant à son bon développement et à son insertion scolaire et sociale.
Les mesures d’assistance éducative, exercées pour la plupart par le secteur associatif habilité, sont actuellement soumises à des délais de prise en charge inacceptables en matière de protection de l’enfance : il s’écoule jusqu’à dix-huit mois entre l’audience au cours de laquelle la décision est prononcée par le juge des enfants et l’affectation du suivi à un éducateur. Près de 900 mesures, soit 900 familles, sont en attente. Nous en connaissons les raisons : un manque flagrant de personnel, lié aux restrictions budgétaires, dans un contexte où la dégradation des conditions du travail éducatif et social en Seine-Saint-Denis rend plus difficiles les recrutements."
Lire la suite de l'appel sur le Monde.fr

Prendre soin...

France Culture rediffuse cette émission de 2016. Hella, Pauline, Farida et Murielle sont aides-soignantes dans une maison de retraite médicalisée (Ehpad) à Marseille. Le résutat de leur témoignage qui montre les liens étroit entre la maltraitance des aide-soignates et celles des personnes agées/ le renvoi; l'interdiction de dire. D'où cette réédition.



USA : ce que cachent les chiffres du chômage

"Les chiffres du chômage aux Etats-Unis sont au plus bas, à moins de 4%. On pourrait ainsi parler du "plein emploi". Mais il y a l'envers du décor, ce que cachent ces chiffres. Plus de 20 millions d'adultes inactifs en rupture sociale ne sont pas comptabilisés dans les statistiques. Par ailleurs, avoir un emploi aux Etats-Unis ne garantit pas de pouvoir en vivre."



Revue de presse 28 octobre 2018


Tribune: Le malaise enseignant mis à nu

Extrait de la tribune d'Hakim Faïdoli, enseignant en lycée professionnel :"La loi du silence est enfin brisée sur les réseaux sociaux ; il a fallu que la réalité dépasse la fiction. Une arme, même factice, pointée sur un professeur et c’est la France entière qui prend conscience du mal-être enseignant. Beaucoup de professeurs repoussés dans leurs retranchements n’osent plus se plaindre du comportement de certains élèves violents ou vulgaires. La peur de se voir reprocher d’être un mauvais professeur est plus grande que l’urgence de porter à la connaissance de la direction des faits gravissimes. Bref, une espèce d’autocensure s’est subrepticement installée dans les esprits.
Cette autocensure s’est développée à la suite de la réaction d’une partie de la hiérarchie qui ne souhaite pas faire remonter les problèmes internes ou inhérents à l’établissement, de peur que l’établissement ait mauvaise presse. J’ai moi-même vu des professeurs, remis en cause dans leur pédagogie, finir par raser les murs suite à une confrontation avec un élève dans le bureau du chef d’établissement."
Lire l'article de Libération

"Violences scolaires : «Le sentiment d’abandon est totalement justifié"

Pour le chercheur Eric Debarbieux, les enseignants sont trop isolés et pas assez soutenus par leur hiérarchie.
"Ancien instituteur et délégué ministériel chargé de la prévention de la lutte contre les violences en milieu scolaire (2012-2015), le chercheur Eric Debarbieux (1), également président de l’Observatoire européen de la violence scolaire, analyse pour Libération ce que révèle le mouvement #PasDeVague.
Que révèle ce hashtag selon vous ? Une fronde anti-Blanquer ou juste un ras-le-bol ? Est-ce un sentiment nouveau dans le corps enseignant ?
Non… Dans une enquête que j’ai menée en 2016 auprès de plus de 12 000 membres de l’éducation nationale (enseignants, CPE, chefs d’établissement, etc.), ils étaient 64 % à ne pas se sentir respectés par la hiérarchie, visant surtout la haute. J’ai publié ces chiffres dans mon livre Ne tirez pas sur l’école ! (Armand Colin, 2017) dans un chapitre intitulé «le grand ras-le-bol des personnels». Ras-le-bol que j’avais déjà noté dans d’autres enquêtes en 2011 et 2013, tant dans le premier que dans le second degré. C’est d’abord un ras-le-bol de la gestion verticale et des effets d’annonce, du «on défait tout et on recommence», mais effectivement aussi actuellement d’un mépris trop manifeste.
Concrètement, y a-t-il une hausse des violences envers les enseignants ?
La réponse doit être extrêmement nuancée. On ne peut certainement pas parler d’une augmentation globale. Mais de difficultés croissantes quand les équipes changent d’année en année et que l’appel à des contractuels augmente dans certains lieux. La stabilité des personnels est un des tout premiers facteurs de protection, or cette instabilité est très forte dans les zones défavorisées. Il faut des équipes stables et «debout». Si les violences physiques contre les personnels n’augmentent pas et restent extrêmement rares, cela ne veut pas dire qu’il faille les minimiser : les victimes, fussent-elles rares, ont besoin d’un suivi fort et de longue durée."
Nous apprécions particulièrement la conclusion de cet interview : "Un sentiment d’abandon ressort du mouvement sur Twitter. Quelle légitimité peut-on lui accorder ?
Il est pour moi totalement justifié. Je me rappelle cette forte phrase de l’ancienne médiatrice de l’Education nationale, Monique Sassier, qui disait que nous avions besoin d’une gestion humaine des ressources… Le système pyramidal qui est tant éloigné de la base est pour moi parfaitement obsolète."
Lire l'article de Libération

Le spectre des « rixes entre bandes » plane sur Paris et ses alentours

"Deux adolescents sont morts dans la nuit du 23 au 24 octobre à Paris et à Sarcelles dans des bagarres de rue. Par rapport à 2017, le nombre de morts a explosé depuis janvier.
(...)Selon Le Parisien, qui publie un rapport des services de police spécialisés, les forces de l’ordre ont dénombré 159 bagarres de bandes en France entre janvier et août, ce qui constitue une légère hausse par rapport à 2017, avec une très forte concentration (plus de 90 %) pour la seule région Ile-de-France. Le nombre de morts a en revanche explosé. En 2017, un seul était recensé. On en compte une petite dizaine déjà cette année."
Lire l'article du Monde.fr

Mathieu Ichou : Les enfants d'immigrés à l'école

"Comment se construisent les inégalités scolaires qui touchent les enfants immigrés ? Alors qu'un enfant sur 4 en France a au moins un parent immigré, et que l'école façonne largement l'avenir professionnel des jeunes, interroger ces inégalités et la construction de la différence est une priorité. C'est aussi un moyen efficace d'interroger les stéréotypes, voir les peurs. Parce que Mathieu Ichou, dans "Les enfants d'immigrés à l'école" (PUF), observe en finesse les différences entre les groupes ethniques et à l'intérieur de ces groupes. Il reconstitue les parcours de ces jeunes et montre l'importance du capital social et culturel acquis avant l'immigration, comme celui de la famille et de la fratrie. Au terme de ce travail de sociologue , tout en nuances, nous touchons du doigt la fabrication de la différence. Et le doigt pointe aussi vers le système scolaire..."
Lire l'article du Café pédagogique

La cour des comptes fait des propositions pour l'éducation prioritaire

La cour des comptes fait un bilan peu flatteur de la politique d'éducation prioritaire : elle n'arive pas à réduire les écarts de résultats scolaires liés aux origines sociales et la France est le mauvais élève de l'OCDE à cet égard. Voici tout d'abord un résumé de ce bilan :
"Cette politique est indispensable pour améliorer l’équité et l’efficacité du système scolaire français. Elle doit être maintenue. Il faut pour autant remédier à la modestie de ses résultats par une analyse de ses causes.
La première d’entre elles tient en une trop faible mobilisation et intensité et à un défaut de ciblage. Ainsi, son outil le plus efficace, la réduction de la taille des classes, a été trop longtemps modeste et insuffisamment orienté vers les REP+ et le premier degré. Les enseignants affectés en éducation prioritaire demeurent les moins expérimentés, l’absentéisme y est plus marqué et les contractuels plus nombreux : l’impact des mesures d’amélioration de l’attractivité des postes et de stabilisation des équipes éducatives a été atténué par les modalités rigides de la gestion des enseignants.
L’absence d’autonomie des établissements, le manque de reconnaissance des réseaux, de responsabilités et de marges de manœuvre confiées aux chefs d’établissement, ainsi que les lacunes du dispositif d’évaluation, ont restreint leur faculté d’adaptation aux réalités locales. Enfin, la labellisation des établissements en réseau d’éducation prioritaire et l’octroi des dérogations à la carte scolaire ont pu encourager les stratégies d’évitement des familles, réduisant encore la mixité des écoles et des collèges et limitant ainsi l’impact de cette politique de compensation."
La Cour formule 17 recommandations réparties en six grandes orientations
Lire la synthèse du rapport
Lire le rapport de la cour des comptes


Revue de presse 21 octobre 2018


341 000 mesures d’aide sociale à l’enfance en cours fin 2017

Cette étude de la Dress gagnerait à être lue par les journalistes et politiques qui confondent une fois sur deux le nombre de meures exercées par l'ASE et le nombre d'enfants placés (52% de smesures).
"Fin 2017, 341 000 mesures d’aide sociale à l’enfance (ASE) sont mises en œuvre par les services départementaux en charge de la protection de l’enfance. Les actions éducatives, exercées en milieu familial, en représentent près de la moitié et sont aussi nombreuses qu’en 2016.
Ces mesures sont très largement prises à la suite d’une décision judiciaire (68 %). Les placements constituent 52 % des mesures d’ASE et leur nombre a davantage augmenté en 2017 que les années passées (+4,2 % en un an, +10,4 % depuis 2013). Ils sont essentiellement réalisés à la suite de décisions judiciaires (79 %). Près de la moitié des jeunes confiés à l’ASE sont hébergés en famille d’accueil."


Dublin, l'impossible réédition

"Convention de Dublin, Dublin II – qui a coulé ce texte dans le droit européen –, Dublin III – qui visait à améliorer la procédure – et, bientôt, Dublin… 0 ? Ce règlement qui détermine quel est le pays responsable d'examiner une demande d'asile est au cœur des discussions qui, -depuis la crise migratoire, empoisonnent la vie de l'Union européenne (UE), et sa réforme est paralysée. -Evoquant le pays de " première entrée " du demandeur, il a été la cible de l'Italie et de la Grèce, qui estiment avoirété laissées seules devant le défi de l'accueil. Et les pays du Nord, qui avant cela fermaient les yeux sur sa non-application, maintiennent aujourd'hui qu'il doit être remis en vigueur tel quel, ou presque. "
“Dublin” a été créé, au départ, dans l'esprit d'une harmonisation des régimes d'asile, à une époque où l'on croyait encore au développement d'une politique européenne commune en matière de migration ", explique François Gemenne, spécialiste des migrations, professeur à Sciences Po Paris, Grenoble et Liège. Il s'agissait d'éviter que les demandeurs d'asile ne déposent une requête dans plusieurs pays, ce qui aurait entraîné un surcroît de travail pour les agences nationales et des imbroglios administratifs en cas de décisions contradictoires. Dublin, censé aussi traduire en droit européen la convention de Genève sur les réfugiés (elle-même désormais contestée par -certains), visait donc à coordonner les demandes d'asile, en répartissant clairement les compétences et en désignant le pays responsable de mener la procédure dans tout l'" espace Dublin ".
" Double injustice "
Le système a-t-il vraiment fonctionné ? " Non, tranche Philippe De Bruycker, professeur du droit des migrations à l'Université libre de Bruxelles. C'est en fait un mécanisme égoïste par lequel les Etats espéraient pouvoir se -décharger sur les autres de leurs responsabilités, chacun étant censé se débrouiller avec les réfugiés arrivant sur son territoire. Et tant pis pour ceux qui en ont plus que d'autres ! Ce qui aurait pu marcher dans un petit groupe de pays, comme les fondateurs de l'espace sans passeport de -Schengen, avec la France, l'Allemagne, et le Benelux, a fini par se révéler inapplicable dans un vaste ensemble élargi au sud et à l'est. "
L'harmonisation des régimes d'asile n'a, elle, jamais été concrétisée, et les voies d'accès sûres et légales vers l'UE se sont peu à peu fermées. " Ces deux phénomènes concomitants ont créé une double injustice, qui a rendu le système caduc ", analyse M. Gemenne. Selon le pays où le -demandeur introduisait sa demande, ses chances -variaient de une à trois. La restriction des voies d'accès -légales a par ailleurs créé un drame humanitaire.
Lire larticle du Monde

Pauvreté : un plan cohérent, mais insuffisant

"Ce que tout le monde appelle le « plan pauvreté », dévoilé par le chef de l’État le 13 septembre dernier est dénommé officiellement « Stratégie nationale de prévention de la pauvreté ». Il vise donc moins la réduction (au moins immédiate) de la pauvreté dans notre pays que sa prévention, c’est-à-dire l’élimination des engrenages qui font que l’on y tombe de manière durable. Il s’agit donc d’un changement majeur par rapport au précédent « plan pauvreté » présenté en 2012, qui tablait notamment (mais pas uniquement) sur une hausse du RSA de sorte que le pouvoir d’achat des allocataires soit revalorisé de 10 % en cinq ans. Ce qui fut fait, mais sans grand effet sur le taux de pauvreté, passé de 14,2 % (2012) à 14 % (2016). Pour une raison simple : le RSA pour une personne seule est de 491 euros (après déduction du « forfait-logement » pour les personnes percevant une allocation logement, soit 92 % des bénéficiaires du RSA), alors que le seuil de pauvreté est de 1 026 euros : en gros deux fois plus. Augmenter de 10 % le montant du RSA ne comble qu’une petite partie de l’écart : cela améliore le sort des pauvres, mais ne les fait pas sortir de la pauvreté [1].
La stratégie qui est proposée aujourd’hui est bien différente et elle est dévoilée par le président de la République quasiment dès le début de son discours de présentation : « si nous voulons que la pauvreté ne soit plus une impasse définitive, nous devons aussi permettre à tous de retrouver le chemin du travail, (…) parce que le travail procure un salaire, un revenu, bien sûr, parce qu’il ouvre la porte à une vie sociale plus dense, plus riche, parce qu’il donne une fierté, une place dans la société et qu’il permet l’émancipation et la mobilité sociale ». En d’autres termes, ce n’est pas par l’amélioration de la protection sociale qu’on y parviendra, mais par l’emploi. Ce n’est pas faux. C’est seulement insuffisant.
Depuis 2008, l’essentiel de la progression de la pauvreté résulte de trois situations : le chômage (+ 300 000 personnes), la monoparentalité (+ 500 000, avec les enfants concernés) et les jeunes de 18 à 29 ans (+ 300 000). Or, le trait commun à ces situations est leur difficulté à accéder à l’emploi : les chômeurs parce qu’ils ne trouvent rien, les familles monoparentales parce que leur charge d’enfant(s) les en empêche, les jeunes parce qu’on ne leur propose que des emplois de très mauvaise qualité (temporaires, « ubérisés » ou à temps partiel)."
Lire l'article sur Inégalités.fr

Ados en burn-out

Soumis à la pression scolaire, sociale et familiale, de plus en plus d’adolescents s’enfoncent dans une souffrance physique et psychologique inédite. Émilie, 15 ans et hospitalisée pour "burn-out", raconte.


Revue de presse 15 octobre 2018


La Goutte d’Or face aux mineurs isolés



La dépression a progressé en France entre 2010 et 2017

Selon une étude du « Bulletin épidémiologique hebdomadaire », le trouble touche de plus en plus les étudiants et les personnes à faibles revenus.
La dépression a progressé en France entre 2010 et 2017, en particulier chez les femmes, les chômeurs, les étudiants, les personnes à faibles revenus et les moins de 45 ans, relève une étude du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) publiée mardi 16 octobre.
A partir d’un questionnaire réalisé auprès de 25 319 personnes, le BEH conclut qu’« en 2017, près d’un adulte de 18 à 75 ans sur dix avait déclaré avoir vécu un épisode dépressif caractérisé ayant eu un retentissement sur ses activités habituelles au cours des douze derniers mois ».
L’épisode dépressif caractérisé ou EDC ne correspond en rien à la « déprime » passagère qui peut gagner tout un chacun, il répond à des critères précis, tels qu’une période de quinze jours au moins de tristesse ou de perte d’intérêt associée à au moins trois facteurs secondaires – baisse ou augmentation du poids, difficultés de sommeil, pensées morbides, etc."
Lire l'article du Monde.fr
Lire le bulletin épidémiologique hébdomadaire

Sous la pression de l’Union européenne, le Maroc fait la chasse aux migrants

Depuis cet été, le royaume est le théâtre d’une vague sans précédent d’arrestations et de déplacements forcés de Subsahariens obligés de se cacher.
"Ils sont arrivés à 5 heures du matin, dans le quartier Boukhalef, à Tanger, tambourinant aux portes et ordonnant aux habitants de sortir de chez eux. « Il y avait plusieurs fourgons avec des policiers et les forces auxiliaires [forces paramilitaires dépendant du ministère de l’intérieur] », se souvient Donatien*, un Camerounais de 35 ans, aujourd’hui à l’abri dans le sud du Maroc.
En bas de l’immeuble, une cinquantaine d’hommes, de femmes et d’enfants sont déjà entassés dans un car. Emmenés au commissariat central, ils y attendront avec des dizaines d’autres ressortissants subsahariens jusqu’à 19 heures, sans eau ni nourriture. « Puis ils nous ont menottés pour nous mettre dans un bus. Dans le nôtre, on était trente-six, mais il y avait plus de quinze bus pleins », précise le Camerounais."
Ils sont ensuite relachés dan sla nuit à 900 kms de Tanger.
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 7 octobre 2018


Conférence : comment les bébés apprennent



Famille, je vous hais" : rompre les liens

Un jour, ils ont décidé de rompre les liens avec leur parent ou leur famille, à jamais résolus à ne plus les voir, à les exclure de leur vie. Trois histoires.


Tribune: Pour une approche médicale individuelle et populationnelle

"Une bonne connaissance de l’épidémiologie de santé d’une population permet d’identifier des problèmes de santé partagés par plusieurs individus et donc d’aller plus vite, avec moins d’errance diagnostic.
L’annonce d’une réforme de la santé vient d’être faite. Le diagnostic est enfin exact, il aura fallu plus de dix ans pour prendre la mesure des dégâts considérables engendrés par la loi de 2007. Tous, politiques et soignants, s’accordent pour amplifier l’activité ambulatoire, organiser l’accès aux soins par proximité, développer un parcours de soins. Au-delà, la médecine semble aussi devoir effectuer une mutation inédite.
(...)Nous avons à défendre une relation soignante qui place l’individu au centre et qui considère aussi l’approche populationnelle. Cette approche ne doit pas être réservée à des zones expérimentales ou à des pratiques d’exercice privé (comme c’est le cas pour les patients prenant leur retraite par exemple). Les cliniciens et les épidémiologistes doivent travailler ensemble pour bien connaître les besoins en santé des populations les plus fragiles mais sans forcément passer par des projets de trop grande ampleur, dont le caractère d’«usines à gaz» offre des résistances immédiates pour la mise en route de projets utiles et pragmatiques."
Lire l'article de libération


Revue de presse 30 septembre 2018


Manque de moyens, surcharge... les déficits criants de la justice française

Selon le Conseil de l’Europe, la France consacre 65,90 euros par an et par habitant à la justice contre 122 euros en Allemagne.
(...)La radiographie comparative des systèmes judiciaires en Europe, livrée tous les deux ans par la Cepej, pointe l’une des caractéristiques du système français : des procureurs de la République à la fois omnipotents et totalement débordés, faute de moyens. « Les parquets les plus chargés se trouvent toujours incontestablement en France, qui compte en Europe quasiment le plus petit nombre de procureurs (2,9 pour 100 000 habitants), mais doit en même temps faire face au plus grand nombre de procédures reçues (7,45 pour 100 habitants), tout en ayant à remplir un nombre record de fonctions différentes (13) », lit-on dans ce volumineux rapport."
Lire l'article du Monde.fr

Infirmières à cœur ouvert



Brève des ASH : Tests osseux : un arrêt de la cour de cassation fait jurisprudence

Le 3 octobre, le pourvoi en cassation d’une jeune Congolaise contestant sa majorité à laquelle concluaient des examens osseux a été rejeté. L’arrêt de la Cour de cassation fait jurisprudence sur la question du "doute" entourant ces tests, à la fiabilité depuis longtemps mise en cause."
Accèdez aux ASH


Revue de presse 23 septembre 2018


Voyage dans l’enfer du crack

"Ce dérivé de la cocaïne est réapparu dans le nord-est de Paris. « Le Monde » a suivi l’errance des consommateurs du « caillou », entre terrains vagues et stations de métro.
(...) En Ile-de-France, ils sont environ quinze mille. Quant à l’ensemble des Français, 0,6 % d’entre eux déclarent avoir une expérience du crack, soit dix fois moins que celle de la cocaïne. « Il est possible que ce ratio soit sous-estimé, prévient Agnès Cadet-Taïrou, médecin responsable du pôle Tendances récentes à l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).
Le crack a une image si négative que peu de personnes sont prêtes à en reconnaître l’usage sous ce nom, préférant considérer qu’elles fument de la “cocaïne basée”, qui désigne exactement le même produit sur le plan chimique. Il peut ainsi être difficile d’établir des ordres de grandeur dans la hausse de la consommation. » Quelques indicateurs en donnent toutefois la mesure : depuis 2011, la distribution de pipes à crack a triplé dans les centres franciliens des associations Charonne, EGO et Gaïa."
Lire l'article du Monde

Plan de lutte contre la pauvreté : espoirs et zones de flou autour de la formation obligatoire jusqu’à 18 ans

"Les partisans les plus résolus de cette mesure la présentent comme une « petite révolution ». Annoncée, le 13 septembre, par Emmanuel Macron dans le cadre du plan de lutte contre la pauvreté, elle instaure une obligation nouvelle : se former jusqu’à l’âge de 18 ans. L’objectif est de réduire le nombre de jeunes sortant de l’école sans diplôme ni qualification, qui figurent parmi les premières victimes de l’exclusion sociale.
Dans l’esprit du président de la République, chaque mineur recevra une « solution », soit en étant scolarisé, soit en suivant une formation, soit en occupant un emploi. L’éducation nationale sera tenue d’assurer « en continu » un « repérage massif (…) de ceux qu’on appelle les décrocheurs scolaires ». Ces derniers se verront ensuite proposer un « parcours d’insertion » par les missions locales, dont la vocation première est d’épauler les 18-25 ans.
L’obligation, « qui entrera en vigueur à la rentrée 2020 », pèsera avant tout sur les acteurs institutionnels. Mais les publics visés auront également des comptes à rendre : si le jeune refuse d’être accompagné, une « mesure d’assistance éducative » pourra être prononcée, avec désignation d’un éducateur qui dialoguera avec lui « pour tenter de le convaincre », selon Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté. Ce type de situation ne fera pas l’objet d’une réponse pénale, a-t-il ajouté, lors d’une rencontre avec des journalistes, le 12 septembre."
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 16 septembre 2018


Le ministère de la Justice veut réduire la population carcérale de 8 000 personnes

"Le gouvernement présente mercredi un plan pour les prisons, qui prévoit notamment la fin de l'emprisonnement pour les très courtes peines.
(...)Le projet, qui sera présenté en Conseil des ministres, réécrit l'échelle des peines pour éviter de courtes peines d'emprisonnement. En dessous d'un mois, llemprisonnement sera ainsi interdit, tandis qu'entre un et six mois, la peine s'exécutera par principe dehors. "On a fait de l'emprisonnement la peine de référence unique, ce qui est inefficace quand elle est de courte durée", justifie la ministre dans cet entretien aux Echos à paraître mercredi, où elle répète son souhait de développer les alternatives à l'incarcération, notamment les travaux d'intérêt général.
Pour lutter contre la surpopulation chronique des prisons françaises, le plan de la ministre prévoit également de créer 7 000 places de prison supplémentaires d'ici à la fin du quinquennat et de lancer d'ici à 2022 la construction de 8 000 autres places, conformément au souhait d'Emmanuel Macron. Parmi ces nouvelles places, 2 500 seront construites dans des maisons d'arrêt avec un "haut niveau de sécurité", a détaillé Nicole Belloubet."
Le dossier de France info

Psychiatrie : «un système de soins à bout de souffle»

"Pierre-Michel Llorca, chef de service au CHU de Clermont-Ferrand et auteur d’un livre à paraître le 12 septembre, décrit une situation devenue « intenable ».
(...)Le système de soins en psychiatrie est à bout de souffle. Depuis le début de la décennie, il a dû absorber 300 000 patients supplémentaires faisant l’objet d’un suivi régulier. En face, l’offre n’a pas suivi. En quarante ans, on a même perdu 40 % des psychiatres. En toute logique, les conditions de travail et donc les conditions de soins n’ont cessé de se dégrader, engendrant de la souffrance pour les malades, leurs proches et les équipes médicales. Dans certains endroits, la situation est aujourd’hui intenable".
Lire l'article du Monde

Plan pauvreté : des associations saluent des avancées, mais s’inquiètent des crédits et de la mise en œuvre

"ATD Quart Monde, le Secours catholique ou le collectif Alerte déplorent l’insuffisance des mesures contre la pauvreté annoncées jeudi par le président de la République.
On l’attendait depuis bientôt un an, cette « stratégie pauvreté » annoncée le 17 octobre 2017 à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère. Prévu pour avril 2018, puis pour juillet, c’est finalement jeudi 13 septembre, depuis le Musée de l’homme, place du Trocadéro à Paris, que le « plan pauvreté » du gouvernement est présenté par le président de la République.
Dès mercredi, son cabinet, celui de la ministre de la santé et de la solidarité, Agnès Buzyn, et Olivier Noblecourt, délégué interministériel à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes, laissaient filtrer qu’il s’agit d’un « plan ambitieux » de 8 milliards d’euros sur les quatre années à venir. Un chiffrage confirmé mercredi soir par Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, dans 20 Minutes.
Le gouvernement veut « s’attaquer aux nouveaux visages de la pauvreté » et « fonder l’Etat providence du XXIe siècle », explique-t-on dans l’entourage de la ministre et du président : « Notre système social, avec beaucoup de prestations monétaires, a permis de stabiliser la pauvreté même en cas de crise, pas de renverser le destin des jeunes les plus touchés et de rompre avec la reproduction de la pauvreté. » Pour Olivier Noblecourt, « les plans successifs ne parviennent pas à éradiquer la précarité. C’est pourquoi il faut sortir de cette impuissance publique ».
Voilà pour les principes. En ce qui concerne la stratégie, le gouvernement la structure autour de trois axes.
Premier axe : l’action pour la petite enfance Troisième axe : la simplification de notre système social
Sur le logement : résorber les bidonvilles.
Lire l'article du Monde.fr

Plan pauvreté Emmanuel Macron annonce le revenu universel d'activité



Immigration : faut-il s’attendre à une « ruée vers l’Europe » ? La réponse des démographes

Une étude publiée par l’INED invalide la thèse d’une invasion prévisible de l’Europe par la population d’Afrique subsaharienne en 2050. "L’Europe de 2050 sera-t-elle peuplée à 25 % d’immigrés subsahariens ? Depuis que l’écrivain Stephen Smith a prophétisé, en début d’année dans La Ruée vers l’Europe (Grasset), que le vieux continent comptera 150 à 200 millions d’Afro-Européens dans trente ans, la question, hier cantonnée à l’extrême droite, a trouvé d’autres porte-voix. Dans le contexte de fermeture de l’Europe, la démonstration de l’universitaire, ex-journaliste (au Monde, notamment) a séduit jusqu’au sommet de l’Etat, où Emmanuel Macron estimait, le 16 avril, que l’auteur avait « formidablement décrit » la menace d’une jeunesse africaine massée sur l’autre rive de la Méditerranée, à qui il ne manque qu’un « go » pour s’élancer vers les capitales européennes.
(...)François Héran,"anthropologue et démographe, meilleur spécialiste français du sujet, répond aujourd’hui que cette invasion est un mirage.
« L’ordre de grandeur le plus réaliste est cinq fois moindre », a-t-il même mesuré, réfutant le spectre d’une Europe à 25 % afro européenne. « Les Subsahariens, qui représentent 1 % de la population européenne [1,5 % de la population française] représenteront tout au plus 3 ou 4 % de la population des pays du nord en 2050 », ajoute-il dans le dernier numéro de Population et Sociétés, la revue de l’Institut national d’études démographiques (INED), qui sort aujourd’hui, où il signe un article intitulé « l’Europe et le spectre des migrations subsahariennes ».
Lire l'article du Monde


Revue de presse 9 septembre 2018


En Seine-Saint-Denis, le 115 désemparé face aux « bébés sans-abri»

"Les services d’accueil lancent un cri d’alarme après que deux femmes et leurs nouveau-nés se sont retrouvés à la rue à la sortie de la maternité, le 29 août.
Namiwata a 36 ans. Allongée au troisième étage de la maternité de l’hôpital Delafontaine, au centre hospitalier de Saint-Denis, elle tient dans ses bras son fils Hamza, qui vient de fêter son premier mois. Le bébé est né le 6 août dernier, trois jours après l’arrivée de sa mère en France. Partie enceinte du Maroc, Namiwata a traversé la Méditerranée puis l’Espagne, espérant trouver en Europe « de meilleures conditions pour accoucher », explique-t-elle. L’accouchement s’est bien passé. Mais un mois après la naissance d’Hamza, la mère et son fils n’ont toujours pas quitté la maternité : sans solutions pour se loger, ils se retrouveraient aussitôt à la rue. « On appelle le 115 tous les jours, toute la journée, explique Namiwata. Sans réponse. »
Lire l'article du monde.fr

Marion Leboyer : "Il faut changer le regard de la société sur les maladies psychiatriques"


Extrait de l'avant propos, par Nicoals Baverez, du livre des psychiatres Leboyer et Llorca "la psychiatrie l'état d'urgence" : "En 2018, les études épidémiologiques montrent qu’un Français sur cinq souffre de troubles mentaux. La dépression (7 à 10 % de la population1), les troubles bipolaires (1,2 à 5,5 %), la schizophrénie (1 %) et les troubles du spectre de l’autisme (1 %) constituent les principales pathologies. La majorité d’entre elles font leur apparition entre 15 et 25 ans mais sont insuffisamment dépistées et traitées.
Le retard, voire l’absence de diagnostic, a des conséquences dramatiques, réduisant l’espérance de vie des malades de dix à vingt ans, notamment du fait des suicides (10 000 suicides et 220 000 tentatives par an). Le défaut de soins est criant envers les personnes en grande précarité, qu’il s’agisse des SDF, des migrants ou des détenus : sur les 68 564 personnes en détention, 80 % des hommes et 70 % des femmes souffrent de troubles mentaux très rarement soignés.
La raison première de cette catastrophe est à chercher dans l’insuffisance, la médiocre qualité et l’hétérogénéité de l’offre de soins. D’un côté, la demande explose avec 2 millions de consultations et 415 000 hospitalisations par an. Depuis le début de la décennie, 300 000 patients supplémentaires font l’objet d’un suivi régulier. De l’autre, l’offre dysfonctionne. La psychiatrie ne représente que 2,4 % des professeurs d’université pour 5,8 % des étudiants en médecine. La pédopsychiatrie est en voie de désertification avec des effectifs en chute, de 1 235 médecins en 2007 à 593 en 2017, dont 80 % sont âgés de plus de 60 ans.
Médecins et infirmiers sont insuffisamment formés et spécialisés. Le territoire est très inégalement couvert avec des vides béants dans l’Ouest et le Nord. Les conséquences sont immédiates : inexistence de la prévention, notamment chez les jeunes ; allongement des délais de consultation qui peuvent dépasser neuf mois ; traitements déficients et non conformes aux recommandations ; recours excessif à l’hospitalisation sous contrainte (92 000 par an) ; usage démesuré de la contention et de l’isolement."
Le livre "psychiatrie, l'état d'urgence, 12 millions de fraçais concernés

Médecins du monde, et le centre Primo Lévi: La souffrance psychique des exilés. Une urgence de santé publique

Des souffrances psychiques graves chez les personnes exilées
Les violences multiples qui ont causé leur départ, les ruptures souvent brutales que cela a occasionné et le parcours d’exil lui-même semé de violences et de pertes peuvent occasionner des troubles psychiques graves. La très grande précarité sociale et administrative dans laquelle la plupart des exilés se trouvent renforce ces troubles, voire en crée de nouveaux, formant ainsi un cercle vicieux dont il devient très compliqué de sortir.
Si la santé est censée être en France un droit inconditionnel, force est de constater que celle des personnes exilées demeure trop souvent un enjeu de polémique politicienne avant d’être considérée pour ce qu’elle est : un enjeu de santé publique.
Dans ce contexte, le Centre Primo Levi et Médecins du Monde, tous deux engagés dans l’accueil et le soin des personnes exilées, ont voulu réunir leurs constats pour dresser un tableau sans concession de la situation et mettre en avant des propositions afin que soit enfin élaborée, au niveau national, une réponse adaptée à l’enjeu majeur que représente la santé mentale de ces personnes.
Lire le rapport de médecisn du monde

Parcoursup : « En France, la sélection par l’échec est une coutume »

« Nous fabriquons des jeunes honteux de ce qu’ils sont », déplore la pédopsychiatre Catherine Jousselme. Elle analyse, dans un entretien, la sélection dans le système scolaire, qui débute bien en amont de Parcoursup.
Eduquer pour faire croître et non pour « casser » les vocations. Tel devrait être le centre de nos préoccupations, selon Catherine Jousselme, pédopsychiatre et chef du pôle enseignement-recherche de la Fondation Vallée, institution de soins en pédopsychiatrie située à Gentilly (Val-de-Marne). Au sein d’une société « méprisante par son élitisme », elle s’inquiète de voir monter le stress chez des jeunes dont les passions et compétences n’ont été ni repérées ni cultivées par le système scolaire."
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 2 septembre 2018


Réforme des diplômes en Travail Social: les textes sont parus !

"Les textes réglementaires (liens ci-dessous) reformant les diplômes de niveau II du travail social (Diplômes d’Etat d’éducateur spécialisé, assistant de service social, éducateur de jeunes enfants, éducateurs technique spécialisé et conseillers en économie sociale et familiales) sont parus le 22 aout 2018, à quelques jours de la rentrée qui accueillera les premiers étudiants futurs titulaires des diplômes réformés.
La réforme des diplômes entrera donc en vigueur pour la promotion 2018-2021 (2020-2021 pour les CESF).
Les textes prévoient la reconnaissance au niveau II (licence) des DEASS, DEES, DEJE, DECESF, DETS dès 2021 et ce sans rétroactivité : comme prévu, seuls seront reconnus au niveau II les titulaires du diplôme réformé obtenu à compter de 2021.
La publication tardive de ces textes (fin août, pour une entrée en vigueur concrète en septembre) interroge et inquiète. En effet, comment préparer efficacement les étudiants à l’obtention d’un diplôme avec des informations délivrées au dernier moment ? Certains ne manqueront pas de se rappeler de la réforme du DEASS de 2004 : les textes étaient parus pendant l’été et les centres de formation avaient navigué à vue, aboutissant à un taux d’échec record !"
Les stages
Trois périodes de stage dont un premier stage de 8 semaines sont prévus pour les étudiants ES, ASS, EJE et ETS. Une première période de stage de 8 semaines est prévue pour l’ensemble des DE (hors CESF) : ce premier stage peut être divisé en deux et réalisé sur deux sites qualifiants.
Les deux anciens stages longs sont remplacés par deux périodes de stage (d’une durée totale de 44 semaines pour les ASS, 48 semaines pour les ETS et 52 semaines pour les ES et EJE) qui peuvent être réalisées sur 2 ou 3 sites qualifiants. Il sera donc possible de diviser l’ensemble des périodes de stage et de cumuler jusqu’à 8 sites qualifiants en 3 ans ! "
Lire l'arrêté du DEES
Lire l'arrêté du DEASS
Lire l'arrêté du DEEJJ
Acceder au dossier Dases-supap-fsu

Rapport du haut conseil de la famille : Accueillir et scolariser les enfants en situation de handicap, de la naissance à 6 ans et accompagner leur famille

"Le Conseil de l’enfance du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) a remis son rapport à Agnès Buzyn, ministre de la Santé et des Solidarités, et à Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées. Le Conseil de l’enfance recommande d’inclure et de socialiser tôt les très jeunes enfants en situation de handicap et en difficultés spécifiques, dans les modes d’accueil et à l’école maternelle, d’aider les familles, de faciliter l’articulation avec la vie professionnelle, et ce faisant, de prévenir les risques additionnels de fragilisation du couple, des fratries et de l’économie familiale.
Entre 60 000 et 70 000 enfants avant 7 ans bénéficient de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH), d’un projet personnalisé de scolarisation (PPS) ou d’un suivi par les centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP). Pourtant, le Conseil de l’enfance du HCFEA, montre qu’il y a un besoin d’accompagnement plus précoce pour 30 000 à 40 000 enfants supplémentaires, toutes réponses confondues.
Pendant la première enfance, les enfants en situation de handicap ne se sentent pas différents des autres et leurs camarades n’ont pas encore un regard façonné par les normes physiques ou comportementales. Le Conseil de l’enfance du HCFEA préconise donc une inclusion très précoce des jeunes enfants en situation de handicap dans les modes d’accueil.
Lire le communiqué de l'hcfea
Lire le rapport

L’alcool associé à 2,8 millions de morts par an dans le monde

"L’analyse de centaines d’études confirme qu’il n’y a pas de consommation sans risque et que l’alcool est la première cause de décès des 15 à 49 ans.
Les risques pour la santé liés à l’alcool sont modérés pour des consommations représentant l’équivalent de 20 à 30 centilitres de vin ou une canette de 37,5 cl de bière par jour, mais s’accroissent de manière importante pour des niveaux plus élevés.
Cette notion reçoit une confirmation de poids avec la parution, vendredi 24 août, dans The Lancet, d’un article émanant du réseau collaboratif international sur la charge mondiale des maladies, Global Burden of Disease. Cette vaste analyse de plusieurs centaines d’études montre que l’alcool est associé à 2,8 millions de morts chaque année dans le monde – un chiffre probablement en dessous de la réalité, estiment les auteurs eux-mêmes.
(...)« Les courbes présentées dans l’étude montrent qu’avec six verres d’alcool par jour, le risque relatif pour l’ensemble des problèmes de santé s’accroît de 50 % et qu’il double avec neuf verres, souligne Michel Reynaud. Les alcooliers font leurs bénéfices avec les gros buveurs. En France, 50 % de l’alcool vendu est consommé par 8 % des Français.»
Lire l'article du Monde


Revue de presse 25 août 2018


Justice des mineurs : «Les garçons se retrouvent plus souvent en prison que les filles»

"Après avoir enquêté cinq ans à Paris et à Créteil, le sociologue Arthur Vuattoux explique comment les stéréotypes de genre imprègnent les tribunaux. La réponse à la délinquance des adolescentes est plus d’ordre médical que celle donnée aux adolescents.
Des plaintes pas toujours enregistrées, des tonnes de dossiers classés sans suite, des stéréotypes trop fréquemment énoncés lors des audiences, des correctionnalisations de viol pas assez questionnées.
Depuis plusieurs mois et la médiatisation de la loi Schiappa contre les violences sexistes et sexuelles (définitivement adoptée le 2 août), le monde judiciaire est pointé du doigt, avec en sous-main cette question : et si la justice participait activement au système patriarcal ? Dans le quatrième numéro de la revue Délibérée, animé par le Syndicat de la magistrature et paru au début de l’été, la rédaction concède dans son édito : «Il faut bien l’avouer, le système judiciaire et la justice en général furent rarement les alliés de ces luttes (féministes).
S’expriment encore trop souvent des préjugés sexistes. Ces violences ne sont évidemment pas toujours conscientes et les clichés jouent parfois en faveur des femmes, mais la justice a bien du mal à se défaire de stéréotypes qui parcourent le droit comme ils traversent notre société.»"
Lire l'article de Libération

Renforcer l’esprit critique des jeunes des quartiers populaires

Le sous-titre de ce rapport rendu au commissariat général à l'égalité des territoires (CGET) : "À l’écoute des jeunes pour mieux comprendre leurs représentations du monde", traduit une redéfinition de la commande par la sociologue Joëlle Bordet : "Sans s’inscrire dans une vision déficitaire de leur esprit critique, il s'agissait d'engager le dialogue avec des jeunes des quartiers populaires sur leur vision du monde, la manière dont ils voient leur avenir et leur place dans la société."
Nous avons été très interessé dans ce rapport par les explications données par les jeunes quant à leur identité revendiquée de musulmans : "Une majorité de jeunes se sont affirmés non pas comme « jeunes de cité » mais comme «musulmans ». C’est pour eux une « fierté », « une dignité ». Tous ne sont pas héritiers de l’immigration, ni convertis de façon religieuse. C’est pourquoi les chercheurs font l’hypothèse que, pour nombre d’entre eux, il s’agit là d’une façon de réagir à la stigmatisation qu’ils ressentent, en particulier dans les médias mais aussi dans les relations sociales quotidiennes. Les entretiens ont été réalisés peu de temps après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Casher de la Porte de Vincennes (janvier 2015). Les réactions qu’ils ont provoquées, dont la manifestation « On est tous Charlie », ont souvent été mal perçues car ne permettant pas l’expression de sentiments contradictoires ou simplement plus nuancés.
Jeunes et adultes ont ressenti une forte hostilité à l’Islam. S’affirmer en tant que musulman est en partie une façon d’intérioriser la stigmatisation et de s’en défendre en revendiquant".
Lire le rapport


Revue de presse 18 août 2018


Médecins du monde : [Podcast] "Le Centre du Monde"

Binge Audio et MSF vous proposent une immersion audio dans le centre de Pantin dédié aux mineurs non-accompagnés.


Accedez à l'ensemble des épisodes

Pourquoi l’espérance de vie recule aux États-Unis

Deux études sur la mortalité expliquent le déclin de l’espérance de vie américaine depuis 2012. "la première étude révèle une hausse alarmante de la mortalité chez les adultes américains d’âge moyen au cours des 17 dernières années et spécifiquement depuis 2012, année où l’espérance de vie américaine a commencé à stagner avant de décliner à partir de 2015. Cette année-là, rapporte la seconde étude menée par Jessica Ho (University of Southern California) et Arun Hendi (Princeton University), une douzaine de pays riches dont la France connaissaient simultanément un déclin significatif de leur espérance de vie par rapport à l’année précédente.
Un phénomène qui n’est donc pas l’apanage des États-Unis. En 2015, toutefois, alors que cette chute était généralement compensée par un rebond, l’Angleterre et les États-Unis faisaient exception. Pire encore, la baisse de l’espérance de vie enregistrée en 2015 Outre-Atlantique, s’est confirmée en 2016.
(...) Il apparaît que les overdoses sont la première cause d’accroissement de la mortalité, dans tous les groupes. Au ravage de la drogue s’ajoute la dépendance d’une partie de la population aux opioïdes, ces puissants antalgiques proches de la morphine, mis sur le marché au milieu des années 1990. Ces psychotropes ont plongé dans la dépendance près de 2 millions d’Américains et sont responsables de plusieurs dizaines de milliers de morts par an aux États-Unis. La situation est particulièrement préoccupante chez les Amérindiens dont le taux de mortalité en lien à l’usage de drogue ou de médicaments a «explosé» de 410 % depuis 2011.
Les chercheurs observent une étroite corrélation entre le taux de mortalité et le niveau de vie des individus. Plus il est faible, plus le « taux de mortalité à mi-vie » est élevé. « Nous soupçonnons que l’inégalité croissante des revenus, les déficiences de l’éducation, la fracture sociale et le stress peuvent jouer un rôle important », explique Steven Woolf."
Lire l'article du Parisien


Revue de presse 15 juillet 2018


Protection de l’enfance : une proposition de loi veut garantir un suivi jusqu’à 25 ans

"Plus de 40 000 jeunes majeurs sortent chaque année sèchement de l’aide sociale à l’enfance, avec pour perspective la rue ou l’errance.
La députée du Pas-de-Calais ne décolère pas. « Nous ne voulons plus de sortie sèche pour les jeunes qui sont confiés à la protection de l’enfance. Le jour de leur majorité, ils se trouvent brutalement privés du soutien de la collectivité. On leur demande d’être autonomes à 18 ans, alors qu’ils sont les plus vulnérables, sans réseau et sans famille. C’est absurde », dénonce l’ex-socialiste Brigitte Bourguignon.
Aujourd’hui élue La République en marche (LRM), elle avait espéré que la promesse d’« aucune sortie sèche » soit l’une des mesures du plan pauvreté que devait annoncer Emmanuel Macron le 10 juillet. Mais l’exécutif en a décidé autrement et a reporté cette annonce à septembre.
Pas question de renoncer pour autant. Mercredi 11 juillet, elle soumet à la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale une proposition de loi sur le sujet. Signé par cent quarante de ses collègues du même groupe, le texte, qui sera examiné en novembre dans l’Hémicycle, a donc toutes les chances d’être adopté, ce qui devrait mettre la pression sur le gouvernement.
Aujourd’hui, un tiers seulement des jeunes placés sous la protection de l’enfance qui atteignent l’âge de 18 ans bénéficient d’un contrat jeune majeur, soit 20 900 par an."


Multiculturaliseme anglais et assimilationnisme français en crise



Revue de presse 8 juillet 2018


Prison : l’imprimerie Artec, «bouée d’humanisme» en train de couler

"A Caen, l’atelier d’impression créé il y a plus de trente ans a permis à de nombreux détenus du centre pénitentiaire de se former à un métier et de retrouver du travail en sortant de prison. Mais l’association d’insertion est menacée par la fin des subventions de la région Normandie."
Lire l'article de Libération


Revue de presse 28 juin 2018

Seine-Saint-Denis. Protection de l’enfance : des services sous tension

PLus de mineurs à suivre, moins d’éducateurs... les agents de l’Aide sociale à l’enfance sont à bout de souffle.
Ils ont en charge des mineurs étrangers arrivés seuls en France ; des ados à la dérive ; de tout jeunes enfants retirés à leur famille pour les protéger… Les agents de l’Aide sociale à l’enfance assuraient, fin 2017, le suivi de 5 612 enfants et adolescents en Seine-Saint-Denis.
Un suivi de plus en plus chaotique et difficile, si l’on en croit les syndicats FSU et CGT. En avril dernier, dans une lettre ouverte à Stéphane Troussel, président (PS) du département (qui chapeaute l’ASE), ils réclamaient un « plan d’urgence », et « des moyens à la hauteur des besoins ».
http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/seine-saint-denis-protection-de-l-enfance-des-services-sous-tension-12-06-2018-7768680.php">Lire l'article du parisien

« Il faut créer des voies légales d’immigration »

"Alors que se tient un sommet européen, le chef de la division des migrations internationales à l’OCDE, Jean-Christophe Dumont, rappelle que le renforcement des contrôles aux frontières ne peut pas résoudre la crise actuelle.
Jean-Christophe Dumont : Une première analyse des pistes constituant le menu du sommet européen montre que les chefs d’Etat se focalisent sur un point : le contrôle des frontières. Il est évidemment essentiel de contrôler les frontières extérieures de l’Union européenne, mais à moyen terme, si on se cantonne à cette unique approche, on risque de ne parvenir à endiguer ni les migrations irrégulières ni l’industrie du passage.
Nos études montrent que si l’on veut, sur le long terme, limiter les départs de manière substantielle et durable, il faut travailler sur deux autres leviers : adapter les voies légales d’arrivée en Europe en fonction des besoins et assécher la demande d’emplois illégaux d’étrangers.
Lire l'article du Monde.fr

Un « changement de regard » sur les étudiants en situation de handicap

Comment améliorer le quotidien des étudiants en situation de handicap ? Après avoir planché en 2017 sur cette question dans l’enseignement scolaire, la médiatrice de l’éducation nationale et de l’enseignement supérieur s’est penchée sur les études supérieures.
Dans un rapport publié mercredi 27 juin, la nouvelle médiatrice, Catherine Becchetti-Bizot, explique son choix par la progression de la population étudiante handicapée, de 13,5 % par an depuis 2006. Du fait de l’inclusion grandissante des enfants en situation de handicap dans l’enseignement scolaire (ils étaient près de 400 000 en 2016-2017), elle projette une poursuite de cette hausse.
Ses conclusions sont claires : les étudiants handicapés, encore plus que les étudiants valides, se heurtent de plein fouet à la rupture entre le monde scolaire et celui de l’enseignement supérieur. L’accompagnement dont a bénéficié l’élève en situation de handicap au cours de sa scolarité (aide d’une auxiliaire de vie scolaire…) disparaît, au moment où le système prévoit en outre une plus grande autonomie dans l’organisation des cours et du travail personnel."
Larticle pointe une foret différence de traitement d'un euniversité à l'autre : "Depuis 2005, des services d’accueil des étudiants handicapés (SAEH) existent dans toutes les universités, mais des disparités de prise en charge et de moyens alloués ont été constatées. Dans certaines universités, le SAEH est composé de dix employés à temps plein, dans d’autres, ils ne sont que deux à temps partiel."
Lire l'article du Monde.fr

Immigration aux USA : un tribunal ordonne de réunir les familles séparées

Depuis mai, plus de 2 300 enfants de migrants ont été séparés de leurs parents et placés dans des centres de détention par les autorités américaines, provoquant un tollé aux Etats-Unis et à l’étranger.
Un tribunal de San Diego a ordonné mardi la réunification des familles de migrants séparées par la police de l’immigration, dénonçant la politique de "tolérance zéro" du gouvernement Trump en la matière.
Sauf s’ils présentent un danger pour leurs enfants, les parents doivent être réunis avec eux sous 14 jours pour les moins de cinq ans et sous trente jours pour tous les autres, selon cette décision de justice, qui demande au gouvernement fédéral de "faire face aux circonstances chaotiques qu’il a créées".


Revue de presse 19 juin 2018


Etats-Unis : de nouvelles images du centre pour enfants migrants qui fait scandale



Prévenir les ruptures dans les parcours en protection de l’enfance

Le conseil économique, social et environnemental formule des préconisations sur deux publics de l’aide sociale à l’enfance (ASE) : les « jeunes en difficultés multiples » et les jeunes majeurs sortants de l’ASE. La situation de ces jeunes est paradoxale : il leur est demandé plus d’autonomie qu’aux autres jeunes de leur âge alors qu’ils et elles ont moins de ressources (familiales, relationnelles, psychologiques, financières, sociales, etc.). Elle est surtout alarmante et appelle des mesures d’urgence afin de sécuriser le parcours de ces jeunes et de mieux les accompagner vers l’autonomie."

Comprendre la crise de l'Aquarius en trois questions



Pour l'OMS, le transsexualisme n'est pas un trouble mental

L'OMS estime que le transsexualisme, le fait d'avoir le sentiment d'appartenir au sexe opposé, ne doit plus être considéré comme une maladie mentale, une décision qui devra être validée par les pays en 2019.
C'est ce qu'il ressort de la 11e version de la Classification internationale des maladies (CIM), publiée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) cette semaine et première mise à jour globale de cette nomenclature depuis le début des années 1990.
Le document, appelé CIP-11, sera présenté à l'Assemblée mondiale de la Santé, en mai 2019 à Genève, pour adoption par les Etats membres, et entrera en vigueur le 1er janvier 2022.
La nouvelle classification comporte de nouveaux chapitres, dont un consacré à la santé sexuelle. Il recouvre des affections auparavant classées ailleurs, comme l'"incongruence de genre", à savoir le transsexualisme, classée jusqu'alors avec les troubles mentaux.
L'un des "très gros problèmes" est que "le fait de lier (le transsexualisme) aux maladies mentales est stigmatisant", a expliqué mardi à l'AFP Lale Say, en charge du département Santé reproductive et recherche à l'OMS.
Aussi, l'OMS s'attend à ce que la nouvelle classification du transsexualisme "réduise la stigmatisation, ce qui pourrait contribuer à une meilleure acceptation de ces personnes par la société (...) et même augmenter leur accès aux soins de santé", a-t-elle dit.


Revue de presse 10 juin 2018


LOI ELAN Handicap : trouver un logement va relever de l’exploit

"C’était une aventure, ce sera une quête. Trouver un appartement accessible va devenir encore plus difficile pour les citoyens handicapés. Vendredi 1er juin, les députés de La République en marche et du Modem ont en effet adopté, en première lecture, le très controversé article 18 de la loi Élan. Il prévoit d’abaisser de 100 % à 10 % la part des appartements, dans des immeubles neufs, devant être accessibles aux personnes en situation de handicap. Les autres devront simplement être « évolutifs ».
Cantonnés aux toilettes et au séjour
Dans ces appartements « évolutifs », une personne en fauteuil roulant ne pourra se rendre qu’au séjour et aux toilettes. C’est bien peu comparé à un logement accessible qui garantit, en plus, l’accès à la cuisine, à une chambre au moins et à la salle de bains (leur surface doit permettre la rotation du fauteuil).
Les logements sont dits évolutifs parce que la mise en accessibilité devra être « réalisable ultérieurement par des travaux simples » Twitter
ls sont dits évolutifs, stipule la loi, parce que la mise en accessibilité devra être « réalisable ultérieurement par des travaux simples ». Par exemple, en cassant la cloison entre les toilettes et la salle de bain pour agrandir cette dernière." https://www.alternatives-economiques.fr/handicap-trouver-un-logement-va-relever-de-lexploit/00085003">Lire l'article d'Alternatives économiques

Attention ! Handicapée méchante. Une femme par-delà le handicap (1/2) Dépasser le handicap


Attention ! Handicapée méchante. Une femme par-delà le handicap (2/2)Le comité de lutte des handicapés.


Revue de presse 3 juin2018


Bénévole auprès de migrants : une expérience « intense » mais qui peut devenir « dévorante »

A Calais, des hommes et des femmes témoignent des traces profondes dans leur propre existence que laisse leur présence auprès d’exilés. Elles nécessitent parfois qu’ils soient aidés à leur tour.
Transformés. Mais aussi, souvent, « affectés ». Qu’ils soient jeunes ou moins jeunes, actifs ou retraités, habitants de la région ou non, les bénévoles qui viennent en aide aux migrants toujours présents dans le Calaisis témoignent d’une expérience « intense », comme le dit Julia, 25 ans, étudiante italienne en coopération internationale, venue prêter main-forte à l’association historique Salam. Cette prise en charge de la douleur des autres n’est pas cependant sans impact sur ces bénévoles. Face à l’urgence du terrain, elle peut s’avérer dévorante et engendrer, dans certains cas, une souffrance personnelle. Dont il peut être difficile de se défaire, car celle-ci est souvent tue.
« On n’est pas habitués à être confrontés à autant de violences », raconte Mathilde, 26 ans, arrivée de Paris pour trois mois, en novembre 2017, à l’Auberge des migrants, à l’issue de ses études pour être avocate, et qui est « toujours là sept mois après ». Venue « avec son bon cœur », la jeune femme, qui accompagne les migrants dans les services de soins, dit avoir « du mal à parler » de son expérience avec ses proches, qui pourtant soutiennent son action — ce qui est loin d’être toujours le cas.
« J’étais le week-end dernier en Italie, mais j’avais la tête ici ! », témoigne Julia avec une émotion palpable, expliquant qu’elle a eu du mal à se retrouver seule, repensant sans cesse à « ces jeunes Afghans de 12-13 ans sans leurs parents » ou « aux démantèlements quotidiens des campements » informels par les forces de l’ordre.
« Troubles du sommeil, stress, tension »
Pour le Collectif d’accompagnement et de soutien aux bénévoles et associations (Casba), qui réunit une dizaine de psychologues, psychiatres et internes en psychiatrie :
« De vrais signes de souffrance, comme des troubles du sommeil, un stress latent et important, une tension permanente sont très négligés. Les bénévoles sont exposés aux traumatismes transmis par les exilés et à des expériences traumatiques vécues sur place. Certains témoignent de leur solitude par rapport à leurs proches, d’un décalage, avec le sentiment qu’il faut le vivre pour comprendre. »
Lire l'article du Monde

Wielfried. Un crime en banlieue



Seine-Saint-Denis : un rapport parlementaire dénonce la faillite d’un État "inégalitaire et inadapté"

La République en échec".Les députés François Cornut-Gentille (Les Républicains, Haute-Marne) et Rodrigue Kokouendo (La République en marche, Seine-et-Marne) arrivent à cette conclusion dans "un rapport d’évaluation de l’action de la puissance publique dans le département", qui sera présenté à l'Assemblée Nationale le 31 mai prochain. Titré "la République en échec", il souligne les défaillances d'un État à la fois "inégalitaire et inadapté" envers le 93.
Le département figure à la troisième place des plus gros contributeurs nationaux à la TVA et attire de nombreuses entreprises, mais rassemble aussi des points bien plus négatifs. Ainsi, la Seine-Saint-Denis accueille les habitants les plus pauvres de la France métropolitaine, possède le taux de chômage le plus élevé de l'Île-de-France, et son taux de criminalité est le plus important du pays.
Manque de moyen critique
Car le 93 est toujours victimes d'un manque de moyens considérable. "Des sous-effectifs injustifiables à mission égale", peut-on lire dans le rapport. À titre d'exemple, les officiers de police judiciaire (OPJ) représentent 9,4 % des effectifs, contre 16,9% à Paris, 15,2 % dans le Val-de-Marne ou encore 12,4% dans les Hauts-de-Seine. "L'absence de véritable stratégie des ressources humaines (…) a fait de la Seine-Saint-Denis une école de formation bis pour les fonctionnaires stagiaires ou débutants", poursuit le rapport.
Ce qui provoque des absences injustifiées en pagaille, dans tous les secteurs où officient des fonctionnaires. Les écoles manquent de professeurs, qui très souvent ne sont pas remplacés, et les affaires judiciaires mettent "un temps très long" à aboutir, comme l'explique Olivier Klein, maire (PS) de Clichy-sous-Bois et président de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine.
La grande méconnaissance du 93
"Le moins bien doté des établissements scolaires parisiens reste mieux doté que le plus doté des établissements de la Seine-Saint-Denis", avance Benjamin Moignard, sociologue interrogé pour ce rapport. À Aubervilliers, le délai pour une audience au tribunal peut atteindre douze mois, contre deux seulement à Paris.
Mais la méconnaissance du département semble être à l'origine de cette situation désastreuse et injuste. Selon les rapporteurs, l’éducation nationale ne connaît pas réellement le niveau des élèves de Seine-Saint-Denis, et les estimations d’étrangers en situation irrégulière sont très vastes, allant de 150 000 à 400 000. Et sans des chiffres précis, les politiques semblent effectivement avoir tout le mal du monde à proposer des réponses adaptées aux problèmes qui gangrènent tout un département depuis des années.
Lire l'article des Inrocks


Revue de presse 26 mai 2018


Migrants à Paris : résumé de la polémique entre Gérard Collomb et Anne Hidalgo

"Actuellement plus de 2 300 personnes seraient installées dans des campements à Paris, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Parmi elles, plus de 1 500 seraient regroupées dans le seul campement dit "du Millénaire", porte de la Villette, dans le 19e arrondissement. Un deuxième camp se situe du côté des rives du canal Saint-Martin et un troisième sur un nœud autoroutier, à la sortie de la porte de la Chapelle.
Les conditions d'hygiène et de misère de ces lieux ont été dénoncées par de nombreux observateurs. Ces migrants "vivent dans une situation absolument abominable", avait condamné le 12 mai sur franceinfo Pierre Henry, directeur général de France Terre d’Asile."
Depuis plusieurs mois, la mairie de Paris et le ministère de l'Intérieur se rejettent la responsabilité. D'un côté, le ministère de l'Intérieur dit ne pas avoir reçu de la part des élus parisiens une demande formelle d'évacuation, ce qui entraînerait de facto un contrôle du droit au séjour des migrants, pouvant déboucher sur des expulsions. Le ministre Gérard Collomb a dénoncé, mercredi 23 mai, une "carence" de la ville, et dit avoir demandé à la préfecture "de concevoir les modalités d’une opération d’évacuation, à mener dans un bref délai". ""Cette situation se répétera indéfiniment si des mesures ne sont pas prises par les autorités locales pour éviter que les campements ne se reconstituent."
De l'autre côté, la mairie de Paris répond qu'"il ne s'agit pas pour la ville de demander l'expulsion", ce qui n'a pas été nécessaire jusqu'ici, mais "pour l'État de prendre en charge" ces migrants. Le 11 mai, Anne Hidalgo a écrit au Premier ministre en ce sens. "Ça fait des semaines que nous demandons une opération de mise à l'abri", abonde Ian Brossat sur franceinfo. L'adjoint à la mairie de Paris en charge du logement, de l'habitat durable et de l'hébergement d'urgence précise que "la mise à l'abri, c'est une compétence de l'État". "C'est l'État qui a la charge d'assurer à toute personne sans-abri et en situation de détresse médicale, psychique ou sociale un hébergement d’urgence", avait noté le Conseil d'Etat, dans une décision en juillet 2016."
Lire le dossier de France Info

Migrants : "Les Français sont sur une attente de fermeté plutôt que d'humanité"

"Jean-Daniel Lévy, directeur du département politique et opinion chez Harris Interactive : Les Français sont plutôt sur une attitude et une attente de fermeté que d'humanité, si l’on doit singulariser les choses. Au cours des années 90, à travers la nature des débats et la sémantique qui pouvaient être utilisées, on parlait de sans-papiers mais pas forcément de clandestins, il y avait une notion d’accueil qui était assez forte, notamment au sein de la gauche. Désormais, depuis un certain nombre d’années et puisqu’il y a parfois des mix qui sont fait dans les notions d’immigration et d’insécurité. On peut voir que, même parmi une bonne partie de l’électorat de gauche, il y a une aspiration à voir les migrants retourner dans leurs pays, peu importe les différentes conditions pour lesquelles ils peuvent être amenés à venir en France.
Par le passé, l’idée de se dire qu’il pourrait y avoir du regroupement familial, des cas nécessitant une intervention médicale particulière de la part de la France, appelait à un regard beaucoup plus ouvert de la part des Français. Aujourd’hui, c’est bien moins le cas et lorsqu’on évoque des situations personnelles qui sont dramatiques ou difficiles, même une partie de l’électorat de gauche n’est plus pour se dire : "La France doit les accueillir ". On peut voir d’ailleurs que les drames des migrants (...) avec les conséquences physiques qui peuvent en résulter, voire la mort pour un certain nombre d’entre eux, ne suscitent pas aujourd’hui d’émotion manifeste dans la société française et même pour une partie de l’électorat qui se situe à gauche sur l’échiquier politique."
Lire le dossier de Francetvinfo

Les prisons confrontées à la hausse inexorable du nombre de détenus

"Le recours croissant à la détention provisoire, contraire aux textes, alimente l’inflation carcérale. Au 1er mai, 70 633 personnes étaient sous les verrous, un record.
Jusqu’où la population carcérale va-t-elle augmenter ? Alors que le président de la République, Emmanuel Macron, a, dans un important discours à Agen le 6 mars, donné sa vision du sens de la peine en s’éloignant du tout carcéral, le nombre de détenus augmente inexorablement, mois après mois. Au 1er mai, selon les chiffres publiés vendredi 25 mai par le ministère de la justice, les prisons comptaient 70 633 détenus. Un nombre jamais atteint dans l’histoire de la pénitentiaire.
Cette hausse s’explique exclusivement par la détention provisoire et les courtes peines. Le nombre de prévenus, les personnes non encore jugées ou en attente d’un appel, atteint lui aussi un record historique, à 20 939. Il progresse de 3 % en un an tandis que le nombre de personnes condamnées est stable.
Cette situation est à l’opposé des principes de la politique pénale. Elle force à « abandonner la fausse simplicité d’une représentation de la prison venant en fin de parcours comme lieu d’exécution d’une sanction décidée auparavant par une juridiction de jugement », peut-on lire dans le rapport de la Commission de suivi de la détention provisoire, bouclé quelques jours avant la fin du mandat de son président, Bruno Aubusson, le 19 mai.
Selon ce rapport, pratiquement deux personnes sur trois entrent en prison sous ce régime des prévenus, seul un tiers y arrive en tant que condamné. Les dernières lois pénitentiaires votées sous la droite (2009) comme sous la gauche (2014) précisent pourtant que le recours à la détention provisoire doit rester l’exception. Un paradoxe puisque l’utilité d’un recours massif à ce type d’incarcération est décriée. La durée moyenne de détention provisoire pour des infractions délictuelles est de 5,3 mois. Un laps de temps trop court pour mettre en place une quelconque action de formation ou de préparation à la sortie par les conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation."
Lire l'article du Monde.fr

L’Irlande rompt catégoriquement avec des siècles de prohibition de l’avortement

"Rurale ou urbaine, masculine ou féminine, jeune ou âgée : l’Irlande tout entière a plébiscité le droit à l’avortement, vendredi 25 mai, lors d’un référendum historique qui rompt avec des siècles de prohibition et confirme spectaculairement la perte d’influence de l’Eglise catholique.
Plus des deux tiers des 3,3 millions d’électeurs – soit 68 %, selon un sondage effectué pour le quotidien The Irish Times à la sortie des urnes, et même 69,4 % pour la radio-télévision publique RTE – ont voté en faveur de l’abrogation du 8e amendement de la Constitution, qui prohibe, de fait, tout avortement, en protégeant « l’enfant à naître » au nom de son droit à la vie « égal à celui de la mère »."
"L’avortement, passible de la prison à vie entre 1861 et 2013, et de quatorze ans de détention depuis, va ainsi être légalisé en Irlande.
Lire l'article du monde.fr


Revue de presse 19 mai 2018


Comment la France maltraite ses vieux

"« Maltraitance », « ghettoïsation », « dénégation », « exclusion collective »… La société française a-t-elle un problème avec ses personnes âgées ? Dans un avis publié mercredi 16 mai, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) dresse un constat extrêmement sévère de la façon dont celles-ci sont considérées et prises en charge, en particulier dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).
Selon l’organisme consultatif, il existe dans notre pays une « dénégation collective » du vieillissement, qui se traduit par une « maltraitance » sous une forme « latente » et « non assumée », vis-à-vis d’une partie de la population âgée.
A l’origine de la réflexion du CCNE, amorcée en octobre 2016, avant les mouvements de grève dans les maisons de retraite, une question : « Quel sens à la concentration des personnes âgées entre elles, dans des établissements dits d’hébergement ? », le pays comptant à ce moment-là plus de 577 000 personnes hébergées dans ce type de structure. A l’arrivée, une réponse « résolument politique » et cinglante : cette concentration constitue une « institutionnalisation forcée » et même une « ghettoïsation ».
Cette mise à l’écart, cette « exclusion de fait de la société », même si elle vise aussi « de façon louable » à sécuriser et à accompagner ces personnes vulnérables, pose « de véritables problèmes éthiques, notamment en termes de respect dû aux personnes », juge le CCNE.
Le sentiment d’« être en trop »
Les résidents doivent ainsi « payer cher » (tarif médian de 1 949 euros par mois) pour être dans un lieu qu’ils n’ont la plupart du temps pas choisi, qui les isole, et dans lequel « les professionnels font du mieux qu’ils peuvent avec des moyens qu’ils n’ont parfois pas ». Conséquence : « Dans un contexte de pénurie de personnels et de rationalisation des soins, le sentiment de solitude ressenti par les résidents est renforcé. »
Ces résidents âgés « intériorisent » en outre la conception négative du vieillissement qui traverse la société française, note le comité d’éthique. Il fait état du sentiment, « fréquemment rapporté » d’« être une charge », d’« être en trop », de « n’être plus ».
Le tableau dépeint est sombre. Les personnes âgées qui n’ont pas fait le choix de vivre en Ehpad « entrent en résilience et se résolvent à leur triste condition, s’adaptent bon an mal an à l’institution ». Quant à celles qui ne se résignent pas, elles développent une « dépression réactionnelle et se laissent mourir ou se font mourir du fait d’un sentiment d’indignité ».
Les auteurs de l’avis posent donc la question sans détour : « Sur quels fondements repose le fait de réduire l’espace d’une personne âgée à celui d’une cellule monacale, de concentrer les personnes âgées entre elles et dans un même lieu ? Les arguments du registre de la rationalité économique, de l’ergonomie et de la sécurité ne prennent-ils pas le pas sur l’importance capitale du respect du souhait de lieu de vie, de l’inclusion des personnes âgées dans le tissu social, dans la diversité des âges et des personnes consubstantielles à la définition d’une société ? »
Lire l'article du Monde

Paris : le SOS des associations humanitaires en faveur des migrants

"Une quarantaine d’associations et de syndicats ont lancé ce jeudi une pétition en ligne pour demander au gouvernement la mise à l’abri d’urgence des 2 400 migrants qui dorment dans trois campements de la capitale.
« Sans intervention rapide des pouvoirs publics, les drames sont inévitables ». Dans une pétition mise en ligne ce jeudi matin, une quarantaine d’associations humanitaires et de syndicats en appellent « à la sagesse et à la promptitude du gouvernement », lui réclamant l’hébergement « en urgence » des 2 400 personnes réfugiées qui vivent dans trois campements au nord de la capitale (dont 1 600 porte de la Villette).
Après la mort par noyade de deux migrants en quinze jours dans les canaux et une rixe dans laquelle un Soudanais a été gravement blessé dimanche, les associations (France Terre d’Asile, Aurore, Croix-Rouge, Médecins du Monde, Emmaüs…) constatent une « dégradation très importante, jour après jour, de l’état sanitaire et psychologique de cette population » dans un texte déjà signé par près de 1 700 personnes ce jeudi après-midi. « La sécurité et la santé des personnes vivant sur les camps, mais aussi des acteurs associatifs et des riverains ne sont plus assurés » ajoutent-elles.""
Lire l'article du Parisien


Revue de presse 13 mai 2018


Tribune - Politiques publiques et malaise des associations

Le secteur associatif ressent un malaise profond. Il a le sentiment de ne plus être reconnu comme un interlocuteur naturel et productif du gouvernement dans l’élaboration des politiques publiques. 13 associations dont APF France handicap font paraître une tribune.
Ce texte a été publié dans Le Monde du samedi 5 mai sous le titre "Face aux politiques publiques, le malaise grandissant des associations".
Le secteur associatif ressent un malaise profond. Il a le sentiment de ne plus être reconnu comme un interlocuteur naturel et productif du gouvernement dans l’élaboration des politiques publiques. Les phases de concertation sont réduites à leur plus simple expression lorsqu’elles ne sont pas simplement supprimées ou remplacées par des consultations sans véritable impact. Elles portent au mieux sur la mise en œuvre des décisions prises mais très rarement sur leur préparation et leurs impacts. La diminution des APL, la réduction drastique du nombre d’emplois aidés, l’intensification du contrôle des migrants, la réduction des crédits, le projet de loi Elan… la liste est longue, des sujets sur lesquels les associations n’ont pas été écoutées par les pouvoirs publics avant de prendre des décisions majeures pour les publics concernés.
C’est bien sûr un signal particulièrement négatif pour les associations dont l’avis ne semble pas intéresser. C’est aussi une perte d’efficacité car le gouvernement se prive de l’expertise de ceux qui sont au plus près des populations concernées. Les associations n’ont pas le monopole de la vérité mais elles ont leur part de vérité.
Changer la société ne se décrète pas d’en haut, les modifications ne peuvent s’effectuer ni sans le public concerné ni sans les corps intermédiaires en l’occurrence dans ce secteur : les associations.
Dans le secteur social de lutte contre l’exclusion un exemple illustre notre propos : la fameuse circulaire du 12 décembre qui impose la visite des services de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration et des préfectures dans les centres d’hébergement pour vérifier le statut juridique des migrants. Ce texte remet en cause à nos yeux plusieurs droits et protections essentiels ; il se révèle d’ailleurs d’une application pour le moins chaotique. Les associations ont déposé un référé devant le Conseil d’Etat. Celui-ci a rejeté la demande d’annulation de la circulaire mais en a fait une interprétation qui donne raison aux associations sur plusieurs points décisifs. Le Défenseur des Droits a, quant à lui, demandé la suspension du texte. N’aurait-il pas été plus productif d‘échanger avant sa rédaction avec les associations qui gèrent les centres d’hébergement ? Des solutions plus acceptables et plus respectueuses auraient sans doute été trouvées. L’avenir des personnes âgées en EHPAD, et plus nombreuses encore à domicile, impose une réflexion et une concertation qui, à ce jour, se limitent au seul encadrement budgétaire et à la stricte machinerie tarifaire. Ceci n’est plus tenable ni pour les seniors, ni pour les professionnels de l'accompagnement et du soin.
Dans le champ du handicap, pourtant priorité affichée par le président de la République, le mode de concertation laisse, aussi, les associations spectatrices de décisions prises en amont ou ailleurs. Le meilleur exemple en est les négociations sur l’emploi des personnes handicapées, dont le taux de chômage reste dramatiquement élevé. Les associations ont dû batailler âprement pour être finalement associées aux discussions. Mais depuis, aucune rencontre incluant l’ensemble des parties prenantes ne s’est tenue…
Certaines mesures positives en apparence cachent, elles, des réalités bien différentes. Ainsi, la revalorisation de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), présentée comme l’une des mesures sociales prises par le Gouvernement, est une réforme en trompe-l’œil qui laisse, à l’issue de manœuvres budgétaires non concertées, de très nombreuses personnes dans la précarité.
Alors que le gouvernement promeut le concept de société inclusive, le projet de loi « Elan » sur le logement présente, lui, un net retour en arrière en termes d’offres de logements accessibles aux personnes en situation de handicap. Une politique en contradiction avec la priorité donnée au maintien à domicile et à l’habitat inclusif dans une société de plus en plus vieillissante. De même, les travaux de transposition de la directive européenne sur l’accessibilité augurent un creusement de la fracture numérique dont la réduction est pourtant censée être au cœur des priorités.
Enfin, la communication bien huilée sur le 4e plan autisme ne répond pas, malgré certaines mesures positives, aux alertes des associations et ne propose pas de mesures à la hauteur des enjeux. Des dizaines de milliers de personnes autistes ne seront jamais diagnostiquées ni accompagnées et seront laissées de côté.
Pourtant, les associations ont une légitimité: celle de connaître les publics concernés, de soutenir leur pouvoir d’agir, et, souvent, d’être leur seul porte-parole. Elles font en sorte que ces personnes soient de plus en plus actives dans leurs instances de réflexion et de délibération. Personne ne peut se passer de leur vision des choses et de leurs avis ; ni les associations, ni le gouvernement. Respecter les associations dans leur capacité à participer à l’élaboration des politiques publiques, c’est aussi respecter les personnes que ces politiques intéressent.
En limitant à la portion congrue la concertation, on nie ce qui fait la spécificité et la richesse des associations et les rend irremplaçables : l’engagement des personnes directement concernées, des bénévoles et des salariés, leur créativité, leur capacité d’innovation qui est à l’origine de la plupart des avancées dans le domaine du social, de la solidarité et de la défense des droits, leur aptitude à créer du lien social dans une société que creusent les inégalités. Prendre le risque de ne pas les consulter, d’en faire des chambres d’enregistrement ou de simples prestataires de service répondant à des appels à projet, c’est remettre en cause leur capacité créative, au bénéfice du moins disant, au détriment de la qualité du service rendu et de l’innovation sociale.
Pour assurer le dynamisme d’un mouvement associatif vigoureux et l’inciter à constamment améliorer l’efficacité du service qu’il rend, il faut le reconnaître comme un interlocuteur majeur, capable d’apporter son expérience, son expertise, son engagement dans la production des politiques publiques. Les associations mobilisent des bénévoles, créent de l’emploi et de la croissance en renforçant la cohésion sociale et en s’attaquant aux inégalités. Dans une société où les réussites économique et financière sont largement valorisées, loin d’être dépassé, le secteur non lucratif doit être considéré comme l’autre versant du choix de société, du vivre ensemble et des valeurs qui fondent notre République.
Il y va, en fait, de l’idée que l’on se fait de la solidarité. Soit on la considère comme l’addition de mesures destinées à éviter les situations les plus dramatiques et dans ce cas, les associations sont des exécutants ; soit on la considère comme impliquant toute la société, bénéficiant à toute la société, comme le fruit d’une mobilisation citoyenne ; alors on a besoin d’associations vivantes, présentes dans le débat public et porteuses, à côté d’autres acteurs, de cette valeur républicaine de fraternité.
Accédez au site de l'APF-Hrance-Handicap

Educateur spécialisé, un métier qui attire moins

"En première ligne face aux maux de la société mais en manque de moyens, la profession, qui recrute, voit néanmoins le nombre de ses diplômés baisser.
(...) Alors que l’éducation spécialisée fait partie des professions « en tension » où l’on recrute, une étude de la direction statistique du ministère des affaires sociales et de la santé a fait état, en décembre 2016, d’une baisse de 5,8 % du nombre de diplômés sortis des écoles entre 2013 et 2015. Si l’on tient compte des ­diplômés par la validation des acquis d’expérience (VAE) et par d’autres voies, la baisse est de 3,5 %. Rien de spectaculaire, mais un signal tout de même.
Le recul étant limité, les centres de formation ne ressentent pas toujours cette moindre attraction pour la profession. En 2015, ces instituts totalisaient encore 13 732 étudiants, soit une baisse de 3,5 % en cinq ans.
(...) on continue de ­recruter des éducateurs d’autres secteurs : les Maisons d’enfants à caractère social (MECS) ou les foyers de l’enfance qui ­accueillent des jeunes placés et des mineurs isolés, les Instituts thérapeutiques, éducatifs et ­pédagogiques (ITEP) où l’on reçoit des enfants ayant des troubles du comportement, les Instituts médico-éducatifs (IME) réservés à ceux atteints de déficience intellectuelle… Comme il s’agit souvent d’internats, cela implique des gardes le week-end et la nuit.
Fabrice Benetti, 41 ans, est éducateur spécialisé à Marseille dans une association d’insertion par le logement, Habitat alternatif ­social. Il a débuté dans une MECS : « C’est le cœur du métier, un travail très formateur. Mais les horaires sont contraignants, surtout si on a une famille, et on est confronté à la violence, notamment verbale. L’usure vient vite avec le risque de burn-out. » Et le salaire n’est pas là pour motiver – pas plus de 1 300 euros net par mois au début.
Il y a aussi l’incertitude qui plane sur une profession en pleine évolution, où l’on doit ­répondre à des appels à projet, jouer la concurrence avec d’autres structures, imaginer des dispositifs pour les publics de demain… « On va vers une formation unifiée qui prépare à un seul métier de travailleur social, déplore Fabrice Benetti. Mais l’éducateur spécialisé n’a pas ­envie de remplir autant de ­papiers que l’assistante sociale. Il est là pour établir des relations, construire la confiance.»"
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 6 mai 2018


Décès de Jean Cartry

Jean Cartry est décèdé 29 avril 2018 à l'âge de 82 ans. Il y un an il faisait le bilan de sa longue expérience d'être famille d'acceuil (38 ans) avec sa femme et ses enfants, écrivant ainsi l'épilogue de la 3° édition de la Petite Chronique d'une famille d'accueil".
Ce texte important montre la complexité de l'accueil familial. Extrait : Un épilogue plein de questions "Vingt-sept enfants ont été accueillis dans notre famille mais nous sommes incapables de faire le bilan de cet accueil. Nos résultats correspondent-ils à l’énergie, énorme, que nous avons déployée pendant presque quarante ans, sont-ils à la hauteur des attentes anticipées dans notre ouvrage « Les Parents Symboliques » ? Il est difficile de concevoir l’outil d’évaluation d’une action qui ne donne pas prise à la statistique et qui, atypique, n’est pas modélisée. Trop de facteurs émotionnels, cliniques, moraux, historiques, psychopédagogiques, économiques s’entrecroisent dans un improbable « bilan ». Et, ici, nous ne parlons plus d’enfants mais de jeunes adultes qui, tant bien que mal, tracent leur vie. (tels beaucoup de jeunes adultes aujourd’hui). La plupart de nos anciens vivent en couple et sont parents. Les filles, arrivées chez nous dans la souffrance carentielle, n’ont pas fait de bébés carencés mais sont souvent dépassées par les difficultés éducatives. Tous ces jeunes parents connaissent des difficultés économiques, nombreux sont « pauvres », ils ont connu ou connaissent le chômage. Certains et certaines d’entre eux n’ont pas surmonté un déficit cognitif lié à une carence précoce et à des troubles de l’attachement . Au plan clinique, il apparaît que ces difficultés cognitives graves ne sont pas réversibles, sans leur interdire toutefois une certaine insertion sociale ni compromettre leur lien avec nous, telles Laure ou Claudine, très vulnérables, dont les vies sont compliquées et difficiles. Chaque fois que possible, nous avons tenté de susciter entre les parents (souvent des mères) de ces jeunes et nous un minimum d’alliance de telle sorte qu’ils puissent exercer en faveur de leur enfant un peu de leur parentalité. Le plus souvent, des difficultés parentales psychiques graves, voire psychiatriques, ont contrecarré nos efforts et un seul des jeunes accueillis est retourné dans sa famille."
Pour lire la suite du texte

« MAL-LOGEMENT, MAL-LOGÉS »

L’Observatoire National de la Pauvreté et de l’Exclusion Sociale (ONPES) publie son rapport annuel « MAL-LOGEMENT, MAL-LOGÉS »
"Pour comprendre l’origine et la portée du présent rapport annuel de l’Onpes « Mallogement,mal-logés », il faut se reporter une petite dizaine d’années en arrière alors que les préoccupations liées à une crise endémique du logement étaient de nouveau vives dans notre pays. Cette crainte partagée par les associations et les pouvoirs publics avait abouti à des initiatives variées, comme l’approbation en 2007 de la loi Dalo suivie par une importante mobilisation (rapport Pinte de 2008 sur l’hébergement d’urgence et l’accès au logement, loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion de 2009) et par une impulsion supplémentaire donnée aux travaux de recherche universitaire et statistique (enrichissement de l’enquête Sans-domicile de l’Insee notamment, groupe de travail du Conseil national de l’information statistique [CNIS] sur le mal-logement). Dans ce contexte, l’Onpes avait été invité par le CNIS en 2011 à approfondir plus avant la connaissance du mal-logement en tant que facteur récurrent de la persistance de la pauvreté et de l’exclusion, au-delà des évaluations régulièrement mises à jour par la Fondation Abbé Pierre (FAP).
Le présent rapport rend compte, près de six années plus tard, des recherches conduites suite à la demande du CNIS alors que persiste dans notre pays le constat d’une crise du logement. Cette situation perdure malgré un accroissement moyen annuel de l’ordre de 280 000 résidences principales entre 1996 et 2013, en France métropolitaine, toujours supérieur à celui de la population. Il se propose d’éclairer la compréhension de cette crise persistante et paradoxale en complétant la mesure quantitative des difficultés de logement par un regard sur la situation des personnes logées ou exclues du logement de droit commun.
Deux questions traversent donc le rapport: comment sont logées les personnes pauvres au regard de l’évolution générale de la situation du logement depuis une vingtaine d’années et particulièrement depuis la crise de 2008 ? Quelle perception ces personnes ont-elles de leurs conditions d’habitat, spécialement celles qui se trouvent de fait exclues du logement de droit commun et vivent au quotidien dans ce que l’Onpes qualifie de situations marginales de logement?"
Lire le rapport de l'ONPES

Thomas Piketty : « Mai 68 et les inégalités»

"Faut-il brûler Mai 68 ? Selon ses détracteurs, l’esprit de Mai aurait contribué au triomphe de l’individualisme, voire de l’ultralibéralisme. En vérité, de telles affirmations ne résistent pas à l’examen : le mouvement de Mai 68 a, au contraire, été le coup d’envoi d’une période historique de très forte réduction des inégalités sociales en France, qui s’est ensuite essoufflée pour de tout autres raisons. La question est importante, car elle conditionne l’avenir."
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 29 avril 2018


Collèges "ghettos" : comment Paris est devenue une ville d'apartheid



"Paris, ville de ségrégation". Le propos est fort, presque provocateur, et on le doit à… Gilles Pécout, recteur de l’académie, un homme extrêmement urbain, spécialiste de l’histoire italienne, faisant preuve en toute occasion d’une tempérance de sénateur romain. Oui, Paris est une ville d’apartheid, c’est dur à admettre, mais c’est une réalité.
Dans tous les quartiers de la capitale un tant soit peu mélangés, le melting-pot culturel et social dont sont si fiers les Parisiens se transforme – dans la sphère scolaire – en une mosaïque complexe d’écoles blanches, noires, ou plus ou moins métissées. Dans les écoles à dominante noire, qui se trouvent être les plus socialement et scolairement défavorisées, les parents blancs, de gauche, se retrouvent confrontés à un choix cornélien : respecter leurs principes en scolarisant leur rejeton dans l’établissement du quartier, ou suivre la grande majorité de leurs pairs qui font désormais le choix du privé.
Cette grande anxiété scolaire n’est pas qu’un ressenti : c’est une statistique brute. Paris a beau s’embourgeoiser encore et toujours, la ségrégation sociale entre collèges reste à des niveaux records – pour la France et même au regard de nos voisins européens. Comme le montre le chercheur Julien Grenet (voir vidéo ci-dessus), proche de Thomas Piketty, cette situation est due aux inégalités territoriales propres à la capitale – tous les quartiers ne sont pas mixtes –, mais aussi au poids de l’enseignement confessionnel, à la fois pléthorique (35% des collégiens y sont scolarisés, contre 20% sur le reste du territoire et… 14% à New York) et très marqués sociologiquement (72% d’enfants "très favorisés" pour… 3% d’enfants "défavorisés"). Voilà qui permet un contournement aisé des collèges de secteur."
Lire l'article de l'Obs
Lire aussi "Les élites se sont progressivement coupées du reste de la population"

Arte radio : que sont-ils devenus?

"Ancienne prof dans une banlieue difficile, ce qu'elle raconte ici en dix petits épisodes, Delphine Saltel retrouve les élèves qu’elle avait enregistrés au collège et confronte leur voix d’enfant à leur parcours d’adulte. 12 ou 15 ans après leur troisième, que sont devenus les petits caïds et les premiers de la classe ? Inattendu, drôle et parfois dérangeant, un podcast documentaire sensible sur l’école, la banlieue et la diversité des destins. "
La reflexion de Delphine Saltel, la parole précieuse de ces jeunes adultes, montrent la force de ce type de radio, recherche-action journalistique;

Pour écouter les quatre épisodes


Revue de presse 22 avril 2018


Aide aux migrants : l’Assemblée assouplit les règles du « délit de solidarité »

"La veille, les députés ont voté le doublement de la durée de rétention à quatre-vingt-dix jours, vivement critiqué par la gauche.
L’Assemblée a assoupli, dimanche 22 avril, à une très large majorité le « délit de solidarité » pour certaines personnes venant en aide aux migrants, un des points sensibles du projet de loi Collomb, y compris pour certains élus de la majorité.
Les exemptions au « délit de solidarité »
Au septième jour des débats sur le texte asile et immigration, les députés ont adopté par 133 voix contre 21 (et deux abstentions) un amendement du gouvernement, similaire à des amendement MoDem et La République en marche (LREM), qui prévoit des « exemptions » à ce délit. La grande majorité des groupes ont affiché leur soutien, à l’exception des Républicains (LR) et du Front national (FN).
Lire l'articledu Monde.fr

Une mère contre les dealers : sortir du réseau

"Almas est tombé à dix-sept ans dans le réseau de drogue. Il a vendu de la drogue pendant quelques semaines avant de se faire arrêter.
Même quand je suis sorti, je voulais encore vendre. A la fin, je me suis fait attraper une 2e fois, et je me suis dit que c’était pas pour moi. Almas
Sa mère, Mali, a tout fait pourtant pour éviter que son fils ne mette un pied dans un réseau de stupéfiants. Ils racontent tous les deux cette histoire."


Revue de presse 15 avril 2018


INSEE formations et emploi, édition 2018

"L'Insee présente avec Formations et emploi les principales analyses sur les sortants du système éducatif, leur insertion professionnelle et la formation tout au long de la vie.
Des poursuites d’études plus fréquentes et une insertion professionnelle toujours difficile pour les moins diplômés.
En France, en 2015-2016, 46 % des jeunes âgés de 14 à 29 ans sont scolarisés, qu’ils soient élèves, étudiants ou apprentis. Depuis 2010, la part de bacheliers dans une génération a progressé, sous l’effet notamment de la réforme de la voie professionnelle en 2008. Les nombres d’inscrits et de diplômes délivrés dans l’enseignement supérieur se sont aussi tendanciellement accrus. Depuis 2008, les effectifs d’apprentis ont diminué dans l’enseignement secondaire, mais ont continué d’augmenter dans le supérieur ; l’apprentissage concerne aujourd’hui près de 5 % de l’ensemble des jeunes de 16 à 25 ans. En 2016, 9 % des jeunes de 18 à 24 ans sont considérés comme sortants précoces : ils possèdent au plus le brevet des collèges et ne suivent pas de formation.
De un à quatre ans après la fin de leurs études, les jeunes sont en phase d’insertion sur le marché du travail. Leur taux de chômage atteint 19,8 % des actifs en 2016. Il décroît avec l’ancienneté pour ne concerner que 8,0 % de ceux ayant terminé leurs études depuis plus de dix ans. Ils sont aussi plus nombreux à appartenir au halo autour du chômage. Les jeunes femmes bénéficient d’une meilleure situation que les jeunes hommes sur ces deux indicateurs, avec un différentiel plus favorable par rapport à celles sorties de formation initiale depuis plus de dix ans. Les jeunes en emploi récemment sortis des études sont plus souvent en sous-emploi ou en emploi à durée limitée et, bien que plus diplômés, perçoivent des salaires moins élevés. Plus dépendants des aléas conjoncturels, ils ont subi plus fortement les effets de la crise économique de 2008-2009.
La formation professionnelle continue peut être un moyen d’améliorer sa situation au regard de l’emploi. En 2016, deux personnes de 18 à 64 ans sorties de formation initiale sur cinq ont suivi dans l’année au moins une formation à but professionnel. Les formations concernent plus les personnes en début et en milieu de carrière et celles en emploi que les personnes au chômage. De plus en plus de diplômes sont délivrés dans le cadre de la formation continue.
Acceder à l'étude

A Hartlepool, les gens meurent plus jeunes qu’ailleurs au Royaume-Uni

"A Hartlepool, dans le nord-est de l’Angleterre, l’espérance de vie recule, pour la première fois depuis un siècle. Elle a baissé d’un an pour les hommes, à 76 ans, et elle n’est que de 71 ans dans les quartiers les plus pauvres." Obésité pour un quart des enfants, chômage, difficile accès aux soins, isolement social des adultes, alcoolisme, magasins fermés. Un signe de la pauvreté est aussi le type de magasins qui restent : " La ville compte essentiellement quatre genres de boutiques : des « charity shops », ces bric-à-brac qui vendent des objets d’occasion et dont l’argent gagné est reversé à des associations caritatives, des « kebabs », des bookmakers, et des prêteurs sur gage."
A voir ce mini-documentaire en photos, il apparait qu'il y a beaucoup de petites villes et de quartiers comparables à Hertlepool en France...
Lire l'article du monde.fr

Projet Daphne : 18 médias poursuivent les enquêtes d’une journaliste maltaise assassinée

"Six mois après l’assassinat de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia, 18 médias internationaux dont Radio France, réunis par l’organisation Forbidden stories, s’apprêtent à diffuser une série de révélations sur la corruption et le blanchiment d’argent à Malte.
Quelques semaines après son assassinat, "The Daphne project" (le projet Daphne) a été lancé par Forbidden stories. Cette organisation, créée par le journaliste d’investigation français Laurent Richard, s’est donnée pour objectif de poursuivre les enquêtes de journalistes emprisonnés ou assassinés.
Depuis 5 mois, dans le plus grand secret, 45 journalistes de 15 pays, représentant 18 médias et organisations enquêtent à Malte et en Europe sur les traces de Daphne Caruana Galizia. Trois médias français, la cellule investigation de Radio France, Le Monde et France 2 ont travaillé en collaboration avec The Guardian, Reuters, La Süddeutsche Zeitung, The New York Times notamment au sein de ce consortium international de journalistes."
Lire l'article de France Inter


Revue de presse 08 avril 2018


Projet de loi asile et immigration : un texte équilibré ?



Migrations et sociétés. Leçon inaugurale de François Héran, chaire Migrations et sociétés

"Selon le dernier bilan de l’ONU, 244 millions de personnes vivaient à l’étranger en 2015, dont près de 20 millions de réfugiés. Au-delà d’une actualité brulante, révélatrice de tensions majeures dans nos sociétés, la question des migrations internationales doit être abordée par le biais de méthodes sérieuses prenant en compte la diversité des phénomènes migratoires et des questions qu’ils soulèvent. Dans ce domaine, plus que dans tout autre, les idées reçues circulent, parfois imperméables aux faits."
L’Assemblée du Collège de France a ainsi décidé de créer une chaire Migrations et sociétés et de la confier à François Héran, directeur de recherche à l’INED, l’Institut national d’études démographiques. « Cette création reconnait non seulement la nécessité d’étudier ces phénomènes de façon aussi scientifique que possible mais elle met en avant les interactions entre migrations et sociétés : il n’y a pas de sociétés sans migrations et les migrations modifient durablement les sociétés. Mon programme ne prétend pas trancher toutes les questions sur la place de l’immigration dans la société ; il entend les poser dans le respect des faits », estime ce dernier.
Ecouter la conférence de François Héran


Revue de presse 31 mars 2018


Arte Radio : "Poudreuse dans la Meuse"

"Le département de la Meuse détient le record de la consommation d'héroïne en France. Pourquoi tant de trafics et de défonce en zone rurale ? Mehdi Ahoudig a rencontré les stups, le procureur et les jeunes coincés sous l'abribus. Une enquête émouvante et passionnante, prix Europa 2015 du Meilleur documentaire radio européen et Prix Grandes Ondes 2016 du Meilleur documentaire au festival de Brest.
Merci au docteur Dominique Guirlet, à l'éducateur Jean-François Deprais (Centraide de Saint Mihiel), au procureur Yves Le Clair (tribunal de Verdun)."


Itinéraire d'un enfant placé

C'est très rare de voir le placement familial au plus près de ce que vit l'enfant placé. La confiance qu'a su construire la réalisatrice avec tous, permet aussi d'entendre les proches de Yanie. Le film est parfois difficile à voir du fait de la violence de la mère, surtout quand elle essaye d'être une mère qui éduque son enfant. Elle est alors inuspoortable. Mais elle est aussi très touchante et juste quand elle explique sa vie, à son fils.
Ce qui étonne c'est que la mère ne semble pas aidée face à sa violence éducative dont elle dit pourtant clairement qu'elle reproduit celle qu'elle a subie. Je conseille de voir à ce sujet l'approche d'Ellen Moss avec les parents ayant un attachement insécurisant.
""On ne t'abandonne surtout pas", martèle Jacques, 70 ans, qui s'occupe avec Myriam de Yanie, placé chez eux depuis ses 14 mois. Aujourd'hui âgé de 14 ans, il doit quitter ces grands-parents de substitution qui prennent leur retraite. Du jour au lendemain, il change de cadre de vie pour habiter chez Vlassia et William, un jeune couple. "C'est pire qu'un choc. C'est comme mourir une première fois", confie ce jeune à la fois révolté et rongé par la peur. Un passage de relais déchirant : Jacques donne à Vlassia un petit carnet dans lequel ils ont consigné les étapes de vie de leur protégé.
Après plus de neuf ans de séparation, Yanie expérimente en parallèle la vie commune avec Virginie, sa mère sortie de prison il y a un an qui réclame la garde de son fils. Dans son appartement sommaire, qui tranche avec la grande maison campagnarde de sa nouvelle famille, la cohabitation est difficile. Maladroite, Virginie impose parfois son autorité avec brutalité, lui rappelant qu'entre elle et le père de Yanie, "c'était pas de l'amour". Entre l'envie de se rapprocher de cette mère qu'il connaît peu, l'amour inconditionnel qu'il porte à Myriam et Jacques, et la recherche d'un foyer stable pour se construire, Yanie peine à trouver sa place.""
Cliquer ici pour acceder au documentaire


Revue de presse 25 mars 2018


Les oiseaux disparaissent des campagnes françaises à une "vitesse vertigineuse"

"Le printemps risque fort d’être silencieux. Le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) annoncent, mardi 20 mars, les résultats principaux de deux réseaux de suivi des oiseaux sur le territoire français et évoquent un phénomène de « disparition massive », « proche de la catastrophe écologique ». « Les oiseaux des campagnes françaises disparaissent à une vitesse vertigineuse, précisent les deux institutions dans un communiqué commun. En moyenne, leurs populations se sont réduites d’un tiers en quinze ans. » Attribué par les chercheurs à l’intensification des pratiques agricoles de ces vingt-cinq dernières années, le déclin observé est plus particulièrement marqué depuis 2008-2009, « une période qui correspond, entre autres, à la fin des jachères imposées par la politique agricole commune [européenne], à la flambée des cours du blé, à la reprise du suramendement au nitrate permettant d’avoir du blé surprotéiné et à la généralisation des néonicotinoïdes », ces fameux insecticides neurotoxiques, très persistants, notamment impliqués dans le déclin des abeilles, et la raréfaction des insectes en général."
Lire l'artcle du Monde

Bien-être à l'école : L'OCDE pointe les déceptions des jeunes issus de l'immigration

"Les flux migratoires modifient en profondeur la composition des salles de classe. D’après les analyses des données PISA, en 2015, dans les pays de l’OCDE et de l’UE, près d’un élève âgé de 15 ans sur quatre était né à l’étranger ou avait au moins un de ses parents né à l’étranger", affirme l'OCDE dans un nouveau rapport basé sur PISA. Le rapport évalue les capacités de résilience des élèves des différents systèmes éducatifs c'est à dire "la capacité des élèves issus de l’immigration à disposer de facultés d’adaptation suffisantes dans différentes dimensions du bien-être". Pour la France, le rapport pointe surtout la difficulté de l'Ecole à remédier aux inégalités socio-économiques et l'écart entre les aspirations éducatives des jeunes et leur réalisation. Autrement dit la déception.
Moins de bien être pour les jeunes issus de l'immigration L'OCDE dévoile quelques particularités des élèves issus de l'immigration. " Les faibles performances académiques se retrouvent chez la plupart des élèves issus de l’immigration mais plus particulièrement chez les élèves immigrés de la première génération. Jusqu’à 51 % des élèves immigrés de la première génération n’ont pas réussi à atteindre le seuil de compétence en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences en 2015, contre 28 % des élèves qui ne sont pas issus de l’immigration.
Il existe également des différences dans la plupart des autres dimensions du bien-être : 41 % des élèves immigrés de la première génération ont mentionné un faible sentiment d’appartenance contre 33 % des élèves non issus de l’immigration ; 31 % des élèves immigrés de la première génération se sont déclarés peu satisfaits dans la vie contre 28 % des élèves non issus de l’immigration ; et 67 % des élèves immigrés de la première génération se sont déclarés angoissés au sujet du travail scolaire contre 61 % des élèves non issus de l’immigration", écrit l'OCDE."
Lire l'article du café pédagogique

Une fracture sexuée, dès l’école

"Depuis « Sauvons les garçons ! », en 2009, Jean-Louis Auduc s’est penché sur le paradoxe français qui veut que les filles réussissent bien mieux à tous les niveaux du système éducatif, mais soient, dans la vie professionnelle, empêchées de progresser aussi vite que leurs comparses masculins
Dans le domaine des inégalités à l’école, le genre est le facteur-clé. C’est la conviction de Jean-Louis Auduc, auteur de Ecole : la fracture sexuée (Fabert, 2016). Pour ce docteur en histoire, la France subit « une triple fracture, sociale, ethnique et sexuée ». Et présente un paradoxe : les filles réussissent bien mieux à tous les niveaux du système éducatif, mais, dans la vie professionnelle, sont empêchées de progresser aussi vite que leurs collègues masculins.
Les enfants des classes sociales supérieures qui échouent à l’école ne sont quasiment que des garçons, alors que les élèves des classes défavorisées qui réussissent sont surtout des filles. Parmi les élèves issus de la première génération d’immigrés, 28 % des garçons sortent du cursus scolaire sans diplôme, contre 9 % des filles. Chez les élèves n’ayant aucun parent immigré, ces chiffres sont de 9 % pour les garçons, et 5 % pour les filles."
Lire l'article du Monde


Revue de presse 18 mars 2018


Ehpad : le constat alarmant de la mission d’information parlementaire

"Dans leur rapport, les députées Monique Iborra (LRM) et Caroline Fiat (LFI) appellent à « changer de modèle ».
La publication ne pouvait pas mieux tomber pour les personnels et directeurs d’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad). A la veille d’une nouvelle journée d’action, jeudi 15 mars, contre la dégradation des conditions de travail et de prise en charge des résidents du fait du manque de personnels, les députées Monique Iborra (La République en marche, Haute-Garonne) et Caroline Fiat (La France insoumise, Meurte-et-Moselle) ont rendu publiques, mercredi 14 mars, les conclusions de leur mission d’information sur les Ehpad.
Celle-ci avait été lancée dans la foulée d’une « mission flash » effectuée par Mme Iborra, en septembre 2017, à l’issue d’une longue grève à l’Ehpad de Foucherans (Jura). Les élues dressent un constat alarmant de la situation dans ces établissements, et leurs préconisations rejoignent les revendications de ce mouvement de mobilisation inédit.
L’introduction du texte semble être adressée au gouvernement, en particulier à la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, qui a mis longtemps à prendre la mesure du désarroi.
« La profonde crise des Ehpad ne peut laisser indifférent, affirment les députées. Que des milliers de professionnels expriment leur désarroi face à la difficulté de ne plus pouvoir exercer dans des conditions humaines et décentes le métier qu’ils ont choisi (…), que leurs directions les soutiennent (…), que les familles s’interrogent toujours davantage sur ces institutions dans lesquelles leurs membres espèrent ne pas avoir à finir leurs jours (…) doit interpeller l’ensemble des décideurs publics.»"
Lire l'article du Monde
Lire le rapport

Stratégie de lutte contre la pauvreté : clôture de la concertation et remise des propositions des 6 groupes de travail

Le dossier vers lequel conduit le lien ci-dessous présente "la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes "CLOTURE DE LA CONCERTATION & REMISE DES PROPOSITIONS DES GROUPES DE TRAVAIL". Il retrace 17 rencontres territoriales et déplacements en région; 1 journée avec les acteurs de l’Outre-mer ; Plus de 40 structures, organismes et lieux visités ; Plus de 2000 personnes rassemblées
Accedez au dossier

"Y'a deux écoles", la question du séparatisme social

"Le choix de l'école raconté à la première personne. Prix Longueur d’Ondes de la création documentaire 2017"
Lors d'une rencontre avec Pascale Jamoulle, nous avons pu voir l'importance fondamentale de l'école dans le séparatisme social à Bruxelles.
Extrait :"J'ai travaillé avec les écoles. Ici, pas de cartes scolaires, c'est le libre marché. Si tu as un capital social et que tu ne veux pas mettre ton enfant dans le collège privé voisin, ton môme aux yeux bleux va être le seul et se faire ramasser et souffrir. Des écoles avec 90% de turcs, 80% de maghrébins.
A Bruxelles 75% des bruxellois ont un ascendant d'origine étrangère. On ne dit pas les vrais problèmes, on reste sur le mythe de l'égalité. Les représentations de l'immigration dans la société sont liées aux représentations dans l'école. S'il y a 10% des immigrés qui sont turcs en Belgique, alors 90% de turcs dans une école, c'est de la discrimination."
La série, "Y'a deux écoles", montre qu'il en est de même à Paris et décrit le processus très finement, de l'intérieur, avec toutes ses ambivalences.

Ecouter le 2° épisode : "le passage à niveau"
Ecouter le 3° épisode : "les vases communicants"
Ecouter le 4° épisode: l'autre rive.

Emploi et handicap : « Les stéréotypes sont le principal frein à l’intégration des personnes handicapées »

"Eric Molinié poursuit un parcours professionnel rare, malgré sa tétraplégie. Il déplore l’énorme retard français."
Pour lui, les principaux obstacles à l'intégration sont " les stéréotypes, les représentations que les personnes valides se font des personnes handicapées. Ce regard qui préjuge avant de dialoguer. Cette idée, lors d’un entretien de recrutement, qu’une personne en fauteuil ne peut remplir le poste proposé, sans même lui poser la question."
La loi de 2005 a permis une inclusion scoalire, mais "80 % des ­handicapés arrêtent leurs études au niveau du bac. A l’université, on ne compte que 1 % à 2 % de handicapés.
Eric Molinié pointe que des choses simples pourraient être faites pour amèliorer l'accessibilité : "La France est très en retard en matière d’accessibilité des bâtiments accueillant du public, et des moyens de transport. La plupart des lieux publics ne sont pas accessibles. Dans 80 % des cas, c’est parce qu’il y a une marche. Une seule. C’est le cas de la moitié des commerces.
Ensuite, les procédures administratives pour percevoir des droits sont extrêmement lourdes. Il faut s’y prendre un an à l’avance pour renouveler, tous les cinq ans, la prestation de compensation du handicap. Un dossier simplifié suffirait pour un myopathe comme moi.
Lire l'article du Monde


Revue de presse 11 mars 2018


Yves Clot : « C’est sur l’axe de la qualité du travail que l’entreprise se remettra en marche »

Dans une tribune au « Monde », Yves Clot, psychologue du travail, observe que réformer la « gouvernance » ou la « mission » de l’entreprise n’aboutira pas si les salariés ne conquièrent pas la liberté de coopérer au travail.
Extrait : "La discussion sur la redéfinition des fonctions sociales de l’entreprise reste confinée aux professeurs de gestion et aux grands patrons, qui délibèrent de leur côté sur la gouvernance et le code civil sans rapport avec le code du travail. Dans le même temps, en pleine crise écologique, les consommateurs, les clients-citoyens, sont sans contrôle sur la mauvaise qualité des produits fabriqués et des services rendus. La nature reste traitée comme une marchandise.
Cette dislocation des questions a deux effets majeurs : l’énergie du travail humain est dissipée dans une gestion disloquée des « dossiers » qui explose en plans d’action séparés. Partout le travail réel étouffe sous des procédures de plus en plus tyranniques. Trop souvent ce travail n’est « ni fait ni à faire ». En conséquence, il resserre, dans un nœud dramatique, dégradation de la santé au travail et altération de la santé publique. L’efficacité s’en trouve même anesthésiée. Et on feint de croire qu’une nouvelle réforme de la formation professionnelle — certes nécessaire — aura raison de ce professionnalisme gâché, destructeur d’emplois et de désirs.
Yves Clot propose une cogestion sur le mode d'une "coopération conflictuelle" centré sur la qualité du travail : "Mais, comme le montrent les résultats de la recherche, cette coopération conflictuelle autour des critères de la qualité du travail doit commencer dans les ateliers, les services ou les bureaux, autour d’une liberté d’action reconquise des salariés ou des fonctionnaires sur leur propre travail".
Lire l'article du Monde.fr

Au centre pour mineurs de Pantin, « on n’imaginait pas l’urgence du suivi psychologique»

Ce sont des “ni-ni”, c'est à dire ni mineurs car, malgré leurs papiers l’aide sociale à l’enfance les déclare majeurs ; ni majeurs car le 115, à partir des m^mes papriers, les considère comme mineurs et refuse de les héberger.
"Lâcher son sac ne lui viendrait pas à l’esprit. Même assis à discuter, il le garde serré, comme si ses affaires le protégeaient des dangers. Abdulai, c’est une frimousse brune, des cheveux frisés et une masse de désespoir bien supérieure à ses 50 kilos. Un de ces gosses en errance, comme les villes françaises et européennes en modèlent, dans le silence général.
La différence entre ce jeune Malien et d’autres mineurs non accompagnés (MNA), selon le vocable administratif désignant ceux qui ont traversé seuls deux continents, c’est qu’Abdulai n’est pas prêt à vivre ce que Paris lui inflige. Parti de Bamako « le sixième mois de 2015 », comme il le dit, il croyait que la France mettrait un point final à sa détresse et effacerait les mauvais souvenirs de l’Algérie, du Maroc ou de l’Espagne. Aujourd’hui, il souffre que sa situation se brouille encore un peu, au point que son avenir devienne incertain.
Lorsqu’il a débarqué à Paris, le 28 décembre 2017, Abdulai était confiant. Quelques semaines plus tard, il a connu la plus grande déception de son voyage : le dispositif d’évaluation des mineurs isolés étrangers parisien a refusé de le reconnaître mineur. Depuis, Abdulai a connu la rue, avec « la peur de tous ceux qui s’approchent la nuit », l’aversion pour la saleté et l’angoisse du froid. « J’ai mal à la tête parce que je suis pas tranquille à l’idée que je peux retourner à la rue », explique-t-il, au chaud pour la journée, au 101, avenue Jean-Lolive à Pantin (Seine-Saint-Denis)
Lire l'article du Monde

Calais : des migrants refusent les repas de l'Etat par "colère de voir leurs abris détruits"

"Le président de l'association L'auberge des migrants à Calais (Pas-de-Calais) a appelé dimanche sur franceinfo les autorités à "débloquer la situation". ertains des 500 à 600 migrants de Calais (Pas-de-Calais) refusent d'aller chercher leurs repas depuis que l'État en assure la distribution. Christian Salomé, président de L'auberge des migrants a dénoncé dimanche 11 mars sur franceinfo la "maladresse" de l'État, qui détruit les abris des migrants en même temps qu'il distribue ces repas après avoir mandaté une association pour le faire. "Il y a une colère de voir leurs abris détruits, et du coup les repas ils n'en veulent pas", a-t-il expliqué. Christian Salomé a aussi justifié le fait de distribuer des repas de substitution le soir si des migrants ont faim. "On ne peut pas affamer des gens même pour une raison d'Etat ce n'est pas possible, on n'est quand même pas dans un monde pareil", a réagi le président de l'association L'auberge des migrants qui appelle les autorités à "débloquer la situation"
Lire l'article de France Info


Revue de presse 4 mars 2018


Le rapport de l'Observatoire National des Violences en Milieu de Santé

Ce rapport comprend une définition des violences qui met au centre les incivilités. Voici l'explication donnée à l'importance de leur prise en compte :
« Parmi les types de violences répertoriés à l’ONVS se trouvent les incivilités. Elles sont une véritable nuisance sociale qui gangrène les règles élémentaires de la vie en société et, de façon insidieuse, portent gravement atteinte à la qualité de la vie au travail. Répétitives au point de devenir habituelles, ces incivilités peuvent générer chez ceux qui les subissent une accoutumance nocive, destructrice de leur personne et du sens et de l’intérêt de leur travail. L’exposition aux incivilités produit les mêmes effets délétères que la violence : stress chronique, mal-être, perte de confiance, démobilisation des équipes, dégradation de l’ambiance générale, dysfonctionnements, absentéisme. Par répercussion, elles portent également atteinte à la qualité des soins dispensés. Il est donc primordial de lutter contre cette sorte de harcèlement moral qui mérite la mobilisation de tous. L’empathie naturelle des personnels de santé ne doit pas aboutir à accepter l’inacceptable.»
L'intérêt de la démarche tient aussi à une approche triangulaire associant prévention des violences et des incivilités, amélioration de la qualité de vie et amélioration de la qualité des soins.
Lire le rapport de l'ONVM

Recommandations en urgence relatives au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne (Loire)

Au Journal Officiel du 1er mars 2018 et en application de la procédure d’urgence, la Contrôleure générale a publié des recommandations relatives au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne.
L’article 9 de la loi du 30 octobre 2007 permet au Contrôleur général des lieux de privation de liberté, lorsqu’il constate une violation grave des droits fondamentaux des personnes privées de liberté, de saisir sans délai les autorités compétentes de ses observations en leur demandant d’y répondre. Lors de la visite du centre hospitalier universitaire (CHU) de Saint-Etienne, du 8 au 15 janvier 2018, les contrôleurs ont fait le constat de conditions de prise en charge portant des atteintes graves aux droits fondamentaux des personnes hospitalisées dans cet établissement.
Les contrôleurs ont en effet observé des conditions d’accueil indignes au sein du service des urgences générales, des pratiques abusives d’isolement et de contention dans les unités d’hospitalisation complète ainsi qu’un défaut d’information des patients sur leurs droits.
Il est à noter que l’évocation lors de ce contrôle des premiers constats du CGLPL a suscité une prise en compte forte de la communauté médicale et soignante de l’hôpital. Un courrier du directeur, adressé au CGLPL le 23 janvier, témoigne d’une réelle volonté de changement. Mais la gravité et le caractère structurel des constats ne permettent pas de laisser l’établissement seul face à ces difficultés
Lire le rapport

Droit d’asile : le gouvernement affiche 6 objectifs prioritaires

"Les 72 propositions du rapport du député LREM Aurélien Taché, "Pour une politique ambitieuse d’intégration des étrangers", remis le 20 février au ministre de l’Intérieur ne sont pas reprises dans le projet de loi "pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif", déposé à l’Assemblée nationale le 21 février 2018. Certaines pourraient toutefois servir à la rédaction d’amendements au cours du débat parlementaire. Le gouvernement a engagé la procédure accélérée sur un texte qui affiche six objectifs prioritaires.
Outre la simplification et la sécurisation du droit au séjour des étrangers en situation régulière, la sécurisation des conditions de délivrance des titres de séjours les plus sujets à la fraude, il s’agit d’accélérer l’instruction des demandes, de trier les étrangers à accueillir et de lutter contre l’immigration irrégulière."
Acceder au dossier de la Gazette Santé-Social

Les ados et la pornographie

"A l'heure d'internet, les plus jeunes sont de plus en plus confrontés à des images à caractères pornographiques, que cela résulte de leur volonté ou des aléas de la navigation en ligne. Mais face à la force des images, ils se retrouvent souvent désarmés par l'absence de discours autour de la sexualité."


PROTECTION DE L’ENFANCE : stratégie nationale en perspective

"Lutte contre les violences, prévention des difficultés et des ruptures, accompagnement des jeunes issus de l’Ase et accès aux soins des jeunes les plus fragiles. Tels sont les quatre axes de réflexion sur lesquels planche actuellement la ministre de la Santé et des Solidarités Agnès Buzyn. Des préoccupations qui rejoignent celles de l’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE) et de l’Odas qui travaillent également avec les départements sur ces sujets. La stratégie nationale de la ministre en matière de protection de l’enfance sera officiellement présentée en mai prochain."
Acceder au Journal des Acteurs Sociaux


Revue de presse 25 février 2018


Des associations dénoncent les comparutions immédiates

Vingt-six associations ont écrit aux parlementaires pour alerter sur une procédure qui envoie 8,4 fois plus en prison qu’une audience ordinaire.
Le gouvernement aurait-il omis de s’emparer de certains leviers pour aborder la question de la surpopulation chronique qui affecte les prisons françaises ? Un collectif de vingt-six associations et syndicats liés à l’univers de la justice le craint et a décidé d’interpeller les députés et sénateurs.
Un courrier adressé le 6 février aux membres des commissions de lois des deux Assemblées les invite à s’interroger en particulier sur les audiences en comparution immédiate, « la procédure la plus pourvoyeuse d’incarcération », affirment-elles dans une note séparée. L’Observatoire international des prisons, le Syndicat de la magistrature, le Secours catholique, la Ligue des droits de l’homme, le Syndicat des avocats de France et la Croix-Rouge figurent parmi les signataires.
Lire l'article du Monde

Education : « Très peu d’expériences sont réalisées en France »

"Esther Duflo est professeure au Massachusetts Institute of Technology (MIT, Etats-Unis), où elle occupe la chaire « Abdul Latif Jameel » sur la réduction de la pauvreté et l’économie du développement. De 2000 à 2015, elle a piloté une expérimentation pédagogique inédite en Inde : elle a montré comment un programme de soutien scolaire pouvait rester efficace, même une fois déployé à très grande échelle."
Lire l'article du monde

Aurélien Taché : "Les politiques ont la responsabilité de dire qu'il n'y a pas de danger à accueillir les étrangers"



Revue de presse 18 février 2018


Découvrir UDEM, la revue de l'université de Montréal

Nous avons découvert un peu par hasard la revue de l'université de Montréal, et des articles de fond en protection de l'enfance dont nous donnons deux exemples ci-dessous : "Enfants en milieu substitut: un facteur diminue la probabilité de réunir les familles", et "ton père est un salaud".

Enfants en milieu substitut: un facteur diminue la probabilité de réunir les familles

Cette recherche québécoise est très importante pour les travailleurs sociaux intervenant auprès d'enfants placés et de leurs parents. elle montre que plus une région concentre les personnes en difficultés socio-économiques, plus leur accès à des services diminue et moins forte est la probabilité d'un retour de l'enfant dans sa famille :
Il existe plusieurs facteurs individuels et familiaux qui influent sur la probabilité qu’un enfant placé en milieu substitut – famille d’accueil, centre de réadaptation – puisse réintégrer sa famille biologique. Mais il en est un nouveau qui s’avère systémique, soit la vulnérabilité socioéconomique, indépendamment de la nature de l’offre des services psychosociaux et des dépenses de l’État qui y sont associées. En fait, plus une région accueille un grand nombre de familles en situation de vulnérabilité socioéconomique, plus la probabilité de réunification des familles diminue, et ce, peu importe l’environnement familial.
C’est ce que mettent en lumière des résultats obtenus par le professeur Tonino Esposito, de l’École de travail social de l’Université de Montréal, et une équipe de chercheurs à l’issue d’une étude longitudinale menée auprès de 40 000 enfants placés dans un milieu substitut.
Tonino Esposito s’intéresse plus particulièrement aux facteurs qui favorisent ou défavorisent la réunification des familles après qu’un enfant a été placé pour plus de 72 heures en milieu substitut. Dans un volet précédent de cette étude, il avait établi que la négligence, la toxicomanie et les problèmes de santé mentale des parents étaient des facteurs déterminants pour le retour des enfants à la maison. À partir de données cliniques provenant du Directeur de la protection de la jeunesse et des 166 centres locaux de services communautaires du Québec (CLSC), il avait observé que le taux global de réunion des familles s’élevait à près de 68 %. Toutefois, ce taux variait de 38 à 92 % selon les territoires des CLSC, soit un écart de 142 %."
Lire la suite sur le site de l'université de Montréal.ca

"Ton père est un salaud

Alors que dans les conflits conjugaux, le "syndrome d'aliénation parentale" est de plus en plus évoqué, cet article de fond montre que les choses sont plus compliquées et que l'enfant joue un rôle actif dans dans les conflits dans lesquels ses parents l'attirent. "Trop longtemps, on a maintenu l’idée que la seule source du trouble résidait dans la malveillance du parent allié qui instrumentalise l’enfant pour atteindre l’autre parent», affirme M. Van Gijseghem. Cela peut se produire, admet-il, mais ce n’est pas la majorité des situations. Selon lui, la réalité est rarement «ou blanche ou noire». Il y aurait plusieurs facteurs en jeu."
le ressentiment d’un parent envers l’autre est susceptible de contribuer au développement d’un tel trouble. Toute action peut être utilisée pour servir sa croisade. L’objectif est clair: faire payer l’autre! Mais rares sont les situations où le parent allié est seul responsable. En fait, il est assez fréquent que le parent rejeté dénigre aussi l’autre parent, qui fait lui-même l’objet de médisances.
(...)Dans ce contexte, l’enfant peut ressentir le besoin «de réparer le parent qu’il perçoit endommagé». «Il lui exprimera son amour indéfectible pour ne pas dire exclusif: il fera la moue quand l’autre parent téléphone ou il se montrera réticent sinon malheureux quand approchent le jour et l’heure où il doit le rejoindre, souligne M. Van Gijseghem. Ce jeu réparateur risque de dramatiser dans l’esprit du parent inquiet sa suspicion.»
Lire l'article sur e site de l'université de Montréal

Polémique autour du nombre de SDF à Paris

"Le président de la Fédération des acteurs de la solidarité Louis Gallois a fustigé dimanche 11 février une « volonté politique de minorer le nombre de SDF », quelques jours après les propos du secrétaire d’État Julien Denormandie qui avait estimé à « une cinquantaine » le nombre de personnes à la rue en Île-de-France."
(...)l’ancien PDG de la SNCF a fustigé des propos « insupportables ». « C’est tellement étranger à la réalité que cela décrédibilise la parole publique, s’insurge Louis Gallois. Le Samu social estime de 2 000 à 3 000 le nombre de personnes durablement à la rue à Paris. »
Le Samu social afirme que ses services sont saturés : "que la pénurie d’hébergements disponibles a un « effet dissuasif », poussant un nombre considérable de personnes à ne pas appeler. « Le 115 reçoit 6 000 appels par jour et seuls 1 500 sont décrochés. Il faut insister au moins quatre fois avant de pouvoir nous joindre », a expliqué Éric Pliez, le président du Samu Social, interrogé jeudi sur Europe 1."
Il s’élève également contre ceux qui affirment, comme le député LREM Sylvain Maillard, que l’immense majorité des SDF dorment à la rue par choix : « En faire une règle générale est très choquant. »"
La ville de Paris va procéder à un comptage "dans la nuit du 15 au 16 février. Ce décompte anonyme, qui nécessitera la mobilisation de 1 500 bénévoles quadrillant toutes les rues de la capitale, « n’est pas une intervention sociale, mais un outil qui a pour finalité de mieux connaître la situation de ces personnes dans le but d’améliorer les réponses qui leur sont proposées », détaille la mairie de Paris."
Lire l'article de la croix

AGNÈS GINDT-DUCROS, NOUVELLE DIRECTRICE DE L’ONPE

"Après l’arrivée d’une nouvelle présidente en novembre dernier (Michèle BERTHY), le GIP Enfance en danger s’est doté en janvier d’une nouvelle directrice pour l’Observatoire national de la protection de l’enfance (ONPE) en la personne d’Agnès Gindt-Ducros. Médecin de santé publique et docteure en sociologie, elle a exercé comme médecin de l’Éducation nationale, puis comme enseignante-chercheuse à l’École des Hautes Études en Santé Publique de Rennes.
Elle vient donc compléter l’équipe de la Directrice générale Anne-Sylvie Soudouplatoff, à la place laissée vacante depuis septembre par Gilles Séraphin qui avait rejoint l’Université de Paris Nanterre en qualité de professeur, responsable du parcours de master « Éducation familiale et interventions socio-éducatives en Europe » (Efise).""
NB : Agnès Gindt-Ducros a écrit un article très remarquable sur l'histoire de la santé scolaire, 70 ans de santé scolaire en France : l’anniversaire oublié d’une vieille dame discrète
Lire l'article du Journal des Acteurs Sociaux


Revue de presse 11 février 2018


Cour des comptes : carton rouge pour l’hôpital public, la CNSA distinguée, les contrats aidés et le service civique sous surveillance

"La situation financière générale reste insatisfaisante aux yeux des sages de la rue Cambon et les projets d’investissement hospitalier doivent être encadrés de façon plus rigoureuse. La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie est reconnue comme un acteur central et légitime du secteur médicosocial et invitée à poursuivre ses progrès dans la répartition des crédits aux agences régionales de santé et la lutte contre les inégalités territoriales.
Les contrats aidés doivent être recentrés sur l’insertion professionnelle et les missions de service civique qualifiées pour répondre aux enjeux de mixité sociale."
Lire le dossier de la Gazette santé-social

Le rôle majeur de la PMI dans la prévention doit faire l’objet d’un consensus

"Pour le Dr Anne Alauzen, la valorisation des missions « cœur de métier » de la PMI suppose de renforcer les actions de préventions précoces universalistes qu’elle porte. Le Dr Roselyne Masson souligne un contexte favorable à cette évolution."
La PMI peut-elle encore être pensée comme un service à vocation universaliste?
Anne Alauzen: Il serait même nécessaire de la renforcer et de la valoriser politiquement au plan national. Notre système de santé a deux assises, l’une préventive et l’autre curative. Aucun acteur public, parapublic, associatif ou privé, n’a cette adaptabilité et cette attention pour la prévention. Si l’on ampute un peu plus la prévention précoce, on creusera le fossé entre les populations les plus vulnérables et celles qui ont les ressources financières ou personnelles pour faire face à des difficultés, sans parler des dépenses de sécurité sociale épargnées du fait de la prévention.
Dans une société qui évolue vers toujours plus de réactivité, de performance, de sécurité, de transparence…, il n’y a que peu de place pour les rencontres empathiques. La PMI fait le pari du développement durable, de l’humain, de soutenir la compétence, ou d’accompagner les difficultés le temps nécessaire, quelles que soient les situations ou les personnes. Entériner le passage de ce service public généraliste, vers un service aux publics précaires ou ASE serait probablement une erreur. La PMI endosserait définitivement la casquette « social », et cela annulerait toutes les capacités de dépistage périnatal et infantile, véritables leviers et enjeux de santé publique."
Lire l'article de la Gazette santé-social


Revue de presse 04 février 2018


Affrontements à Calais : quatre migrants toujours entre la vie et la mort

"Deux jours après le plus violent affrontement entre migrants jamais survenu à Calais, quatre jeunes Erythréens blessés par balle étaient toujours entre la vie et la mort.
Deux jours après le plus violent affrontement entre migrants jamais survenu à Calais, quatre jeunes Erythréens blessés par balle étaient toujours entre la vie et la mort, samedi 3 février, selon la préfecture du Pas-de-Calais. Vingt-deux migrants ont été blessés, dont cinq par balle, dans ces rixes qui ont éclaté en trois endroits distincts entre l’après-midi et le début de soirée jeudi.
Lire l'article du Monde.fr

Michel Wieviorka : "Dans notre société il y a une très grande sensibilité à la violence, plus qu'il y a 50 ans"

"Violences faites aux femmes, agressions antisémites, islamophobes... Comment combattre la violence de nos sociétés ? Éléments de réponse avec le sociologue et directeur d’études à l’EHESS Michel Wieviorka. Il publie le 7 février 2018 "Face au mal, le conflit sans la violence" aux éditions Textuel."


En Californie, des milliers d’amnisties liées à la marijuana

"La ville de San Francisco va examiner jusqu’à 8 000 condamnations et infractions à la lumière de la nouvelle législation, autorisant le cannabis récréatif.
Frontalement opposée à l’administration Trump, la ville de San Francisco, en Californie, a lancé une amnistie pour toutes les condamnations liées au cannabis depuis plus de quarante ans. Le bureau du procureur de l’agglomération a ainsi fait savoir qu’il allait « appliquer rétroactivement la mesure (…) légalisant la possession et la consommation de marijuana à usage récréatif », adoptée en novembre 2016, « à des infractions et condamnations pénales remontant à 1975 ». Jusqu’à 8 000 condamnations et infractions vont ainsi être examinées.
(...) Gavin Newson, l’un des adjoints du gouverneur de Californie et ex-maire de San Francisco, met en avant les « vies brisées par un système pénal de la marijuana coûteux et racialement discriminatoire ».
Lire l'article du Monde.fr

Les pieds sur terre :Trois histoires de honte et de violence sociale.

"Un fils de mineur devenu professeur d'histoire-géographie, une femme française renvoyée à ses origines étrangères, un philosophe qui ne reconnait plus son grand-père laveur de vitres..."


23e rapport sur l'état du mal-logement en France

"La 23e édition du rapport annuel sur L’État du mal-logement de la Fondation Abbé Pierre livre une nouvelle description de la crise du logement. Si le marché de l’immobilier affiche une bonne santé générale, 4 millions de personnes restent mal logées ou privées de domicile, tandis que 12 millions voient leur situation fragilisée par la crise du logement.
Au total, près de 15 millions de personnes sont touchées, à un titre ou à un autre, par la crise du logement.
Au-delà de cette dure photographie, la dynamique ne prête pas à l’optimisme. La qualité moyenne des logements continue de s’améliorer, mais la hausse des prix creuse les inégalités résidentielles et bouche l’horizon des ménages des couches populaires. Comme si des centaines de milliers de personnes, en plus d’être mal-logées aujourd’hui, se voyaient assignées à le rester toute leur vie.
Ce rapport met l’accent sur une des formes de mal-logement les plus difficiles à vivre : le surpeuplement. En déclin sensible pendant des décennies, le surpeuplement connaît une recrudescence inquiétante au cours des dernières années.
Acceder au site de la fondation abbé Pierre

Secrets de famille, rancunes filiales… immersion dans la justice des tutelles

"En France, on évalue à près de 700 000 le nombre de « majeurs protégés ». L’expression est pudique. Elle ne dit pas le désarroi, la vieillesse et ses naufrages, la vulnérabilité et la cruelle lucidité, la révolte impuissante, la soumission poignante, le chagrin des proches, les déchirements fratricides, l’argent qui empoisonne tout quand il y en a beaucoup et ronge quand il manque. Pour cela, il faut pousser la double porte capitonnée des cabinets des juges des tutelles et s’arrimer bien fort, parce que ça secoue.
Dans ces bureaux d’une banalité à pleurer, entre quatre murs vides aux teintes fades, des juges annoncent à des femmes et à des hommes assis sur des chaises en plastique leur petite mort civile. Bien sûr qu’ils ne le disent pas comme ça.
Tous ceux que l’on a rencontrés, à Lille, Douai (Nord), Sens (Yonne), Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), Tours ou Paris exercent leur fonction avec une rare délicatesse. On ne devient pas juge des tutelles par hasard, et on le reste souvent par passion. On ne se collette pas impunément au grand âge, à la maladie, à la dégénérescence, au handicap, à la perte de l’autonomie, aux accidents de la vie. On n’annonce pas le cœur léger à un adulte qu’il n’aura plus accès à sa carte bancaire, à son carnet de chèques, et que, dans ses recommandations, le médecin préconise de lui supprimer le droit de vote.
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 29 janvier 2018


Arte radio : polygame malgré moi

"A 30 ans, Demba, fils d’immigrés sénégalais, menait une petite vie tranquille. Un travail, une femme, un bébé en route, son chemin était tout tracé. Il avait oublié un détail : la promesse faite par ses parents à un oncle alors qu’il était enfant. Pour éviter le déshonneur dans le village dont ils sont originaires, et parce qu’il n’a pas su dire non à ses parents, Demba a épousé sa cousine au Sénégal. Il est ainsi devenu polygame. Il raconte la façon dont le destin bascule. "



La grève dans les Ehpad est aussi l'expression d'un ras-le-bol des normes

"Trop de règles inspirées de celles des hôpitaux rendent le travail du personnel impossible dans les maisons de retraite.
Les conditions de l'accompagnement des personnes âgées, de plus en plus nombreuses dans la société, cristallisent aujourd'hui de forts mécontentements. Un préavis de grève dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et les services d'aide à domicile a été déposé pour le 30 janvier 2018.
Les préoccupations exprimées par les professionnels sont légitimes et doivent être entendues et prises en compte, avec des moyens à la hauteur des besoins et des attentes des personnes accompagnées, de plus en plus dépendantes et de plus en plus requérantes en soins.
Et si la question du financement des Ehpad et donc du reste à charge des usagers doit être clairement posée, assimiler la situation critique de certains établissements au seul manque de moyens tend à méconnaître une réalité aux contours bien plus complexes.
(...) Si les obligations en termes de qualité sont nécessaires, la multiplication des normes a généré des contraintes devenues aujourd'hui ingérables pour les structures médico-sociales, notamment parce qu'elles sont inspirées de celles de l'hôpital, alors que les problématiques sont différentes et les moyens alloués sans commune mesure. L'Ehpad est un lieu de vie autant qu'un lieu de soins. Et on ne peut normer la vie comme on norme le soin."
Lire l'article des echos

La psychiatrie en grande souffrance

"Ecrasés par les restrictions bugétaires, les soignants se disent à bout et dénoncent une « perte de sens » de leur travail.
Il y a chez eux de la fatigue, du désarroi et de la colère. Depuis des mois, des médecins et des personnels soignants du secteur psychiatrique multiplient grèves et lettres ouvertes aux autorités sanitaires pour alerter sur la dégradation de leurs conditions de travail en raison des restrictions budgétaires. Et par conséquent sur la détérioration de la prise en charge des malades.
Après des années de restructurations et de non-remplacement systématique des départs, plusieurs responsables syndicaux estiment que ce service public est désormais « à l’os ». « On nous pressurise depuis des années, on est arrivé à un point de bascule », assure Jean-Pierre Salvarelli, membre du Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) et chef de pôle au Vinatier, à Lyon, l’un des plus gros hôpitaux psychiatriques de France. L’année dernière, 52 postes de soignants ont été supprimés dans cet établissement. « Les infirmières et les aides-soignantes se démultiplient pour boucher les trous, dit-il. Mais les équipes n’en peuvent plus. »
D’un bout à l’autre de la France, les mêmes maux et les mêmes symptômes : des taux d’absentéisme élevés, un fort turn-over des personnels, des postes de médecins non pourvus (il manquerait 900 à 1 000 psychiatres, selon le SPH), des lits en nombre insuffisant dans certains services, notamment aux urgences, et des patients à accueillir toujours plus nombreux. Entre 2010 et 2016, près de 300 000 personnes supplémentaires ont été suivies en psychiatrie. « Les ressources n’ont pas augmenté proportionnellement à la croissance de la file active, constate Magali Coldefy, géographe à l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes). Faute de moyens, la psychiatrie a tendance à se replier sur l’intra-hospitalier et la gestion de la crise et de l’urgence. »
Lire l'article du Monde.fr

Enquête sur le 3eme arrondissement de Marseille : l'arrondissement le plus pauvre de France

"En plein centre de la ville, à dix minutes de la gare et du Vieux-Port, l’arrondissement jouxte Euroméditerranée, l’une des opérations de rénovation urbaine les plus ambitieuses d’Europe. En marge des grands axes rénovés à coup de millions d’euros, les marchands de sommeil continuent à prospérer dans ce quartier aux allures de faubourg, surnommé “la zone des oubliés”, par ses habitants. Samia, 21 ans, et Sherazade, 16 ans, racontent comment elles vivent dans des logements insalubres."


Revue de presse 20 janvier 2018


Formations : Dernière ligne droite pour la refonte des diplômes

La dernière réunion de la commission professionnelle consultative du travail social et de l’intervention sociale (CPC), chargée de repenser les formations, devait avoir lieu le 15 décembre 2017. Mais ce jour-là, seuls les référentiels formation ont été validés. Une nouvelle réunion est donc prévue le 22 janvier en l’absence de validation des travaux sur le socle commun et les référentiels de certification.
À l’approche de cette phase finale des travaux de refonte, certains professionnels et formateurs avaient fait part de leurs inquiétudes. Dans une tribune publiée sur le site de Lien Social, Véronique Jacquet de la Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants (FNEJE), Christine Sovrano (CGT) et Gabrielle Garrigue (Avenir Éducs) s’étaient alarmées d’un « manque de vision d’ensemble de la méthodologie utilisée » pour construire le socle commun.
« Dans ce processus, les représentants des salariés tentent de ramener à tâtons l’essentiel des métiers alors même qu’ils sont peu nombreux dans les groupes métier et encore moins représentés lors des comités de coordination », expliquaient-elles. L’Inter-REgionale des formatrices et formateurs en travail social avait également lancé une lettre ouverte aux directions des écoles de formation et à l’UNAFORIS pour tenter de se faire entendre avant la fin des travaux.
Ils rappelaient l’importance des stages longs en contact direct avec les publics pour élaborer et transmettre les pratiques, soulignaient les spécificités de la construction des métiers du travail social et soutenaient l’importance du travail en équipe et en institution pour forger le cadre des futurs professionnels. La réforme doit émerger des travaux de la CPC dans le courant du mois pour une mise en œuvre dès la rentrée 2018.
Lire l'article de lien social

Prisons : la grève des gardiens continue

"La grogne des surveillants a été ravivée après une nouvelle agression de plusieurs gardiens.
En France, la grève des gardiens de prison continue. A l'appel de plusieurs syndicats, les surveillants de nombreux établissements pénitentiaires ont de nouveau cessé le travail ce mardi. Ils réclament plus de moyens et de sécurité pour exercer leur profession."
Voir le dossier d'Euronews

Les parcours emploi compétences vont remplacer les contrats aidés

"Les contrats aidés, c’est fini. Place aux parcours emploi compétences ! Largement utilisés par les gouvernements successifs comme outils d’ajustement de l’emploi depuis les années 1980, les contrats aidés (des très anciens contrats emploi solidarité aux présents contrats uniques d’insertion) vont donc prendre un nouveau visage dès cette année. L’annonce en a été faite le 16 janvier par la ministre du Travail Muriel Pénicaud, elle-même peu favorable à ces dispositifs, à l’occasion de la diffusion du rapport « Donnons-nous les moyens de l’inclusion » qu’elle avait demandé au délégué général du Groupe SOS, Jean-Marc Borello
À l’origine du rapport et de la refonte des contrats aidés, il y a eu l’été dernier, la levée de boucliers des associations et de l’économie sociale et solidaire contre la suppression inattendue de milliers d’emplois aidés pour les personnes durablement éloignées de l’emploi.
La réponse gouvernementale fut de confier une mission d’expertise à Jean-Marc Borello pour fixer un état des lieux et faire des propositions.
Une transformation radicale des contrats aidés
Le rapport fait la part belle faite aux employeurs associatifs. Les 200 000 parcours emploi compétences délivrés annuellement ne s’adressent plus qu’à eux (et aux collectivités locales) et plus du tout au secteur privé lucratif : croissance oblige !
100 millions d’euros (tirés du Plan d’investissement compétences) seront consacrés annuellement à soutenir les actions de formation et d’accompagnement des structures, 50 millions uniquement pour l’insertion par l’activité économique et 50 millions d’euros pour les autres parcours emploi compétences."
Accedez au dossier de la gazette santé-social

Loi 2002.2 "Participation des personnes accueillies : des progrès, peut mieux faire"

"La loi 2002-02 en fait un principe règlementé : la participation des personnes accueillies au sein d’un Conseil de la vie sociale (CVS) doit être organisée au sein des structures sociales et médico-sociales. Seize ans après la loi, la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) a mené son enquête pour appréhender le processus de participation réel à l’œuvre dans les établissements adhérents au réseau. 356 questionnaires ont été renseignés, majoritairement par des structures du secteur de l’insertion (CHRS pour 50% des répondants) et des travailleurs sociaux, personnes accueillies, directions.
Seuls 8% des répondants ne font état d’aucune forme de participation au sein de leur structure. Pour la FAS, c’est le signe que la majorité des acteurs ont pris en compte ce besoin. Toutefois, les CVS ne représentent que 19% des formes d’expression mises en place et 56% des structures font appel à d’autres formes de participation - réunions, questionnaires de satisfaction, etc. Un résultat dû selon la FAS à une trop grande contrainte des CVS dans leur application, qui impose de réfléchir à une diversification des modes de participation pour les adapter aux différentes structures et publics. La souplesse des autres formes de participation, sans représentants élus par exemple, est plébiscitée notamment dans les centres d’hébergement d’urgence.""
Lire l'article de lien social

"Liberté d’importuner"?



Tension dans les prisons : les syndicats et le ministère de la Justice parviendront-ils à un accord ?

"Une semaine après les premiers blocages d'établissements pénitentiaires pour protester contre les conditions de travail des surveillants, un projet d'accord entre le ministère de la Justice et les trois principaux syndicats est sur la table. Accord que FO ne souhaite pas négocier. Le syndicat appelle à durcir le ton."
Le mouvement a été suspendu samedi dans les prisons par deux des trois principaux syndicats pénitentiaires. L'Ufap-Unsa (majoritaire) et la CGT-Pénitentiaire ont ainsi suspendu les blocages, le temps de soumettre à leurs militants des propositions sur la sécurité et l'emploi. Mais le texte, issu des négociations entamées mardi avec l'administration pénitentiaire, est rejeté d'emblée par FO-Pénitentiaire, farouchement opposé, qui qualifie le texte de "poudre aux yeux" et appelle à durcir le mouvement.
Ce projet d'accord publié vendredi soir prévoit notamment la création de 1 100 emplois de surveillants sur quatre ans, dont cent premiers emplois dès 2018. Le document a également été soumis à la ministre de la Justice Nicole Belloubet.
Lire l'article de France Inter

Travail d’intérêt général : lancement d’une mission sur la future agence nationale

"Emmanuel Macron avait indiqué le 31 octobre dernier devant la Cour européenne des droits de l’homme son ambition de créer une « agence nationale pour le travail d’intérêt général » afin de lutter contre la surpopulation carcérale. Dans cette perspective, le Premier ministre a demandé le 18 décembre au député LREM de Côte-d’Or, Didier Paris, de mener une mission de préfiguration."
Actuellement, suels 7% des peines sont des TIG
Lire l'article de la gazette des communes


Revue de presse 13 janvier 2018


Naissance d'un nouvel hebdomadaire, l'ebdo



Trump traite Haïti et des nations africaines de « pays de merde »

« Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ? » Evoquant plusieurs nations africaines, le Salvador et Haïti, le président des Etats-Unis s’est emporté jeudi 11 janvier lors d’une réunion sur l’immigration, rapporte le Washington Post.
Donald Trump recevait dans le bureau Ovale plusieurs sénateurs, dont le républicain Lindsey Graham et le démocrate Richard Durbin, pour évoquer un projet bipartisan proposant de limiter le regroupement familial et de restreindre l’accès à la loterie pour la carte verte. En échange, l’accord permettrait d’éviter l’expulsion de milliers de jeunes, souvent arrivés enfants aux Etats-Unis."
Lire l'article du Monde.fr

Les bidonvilles, “réservoirs urbains de problèmes… et de solutions”

Un humain sur huit vit dans l’insalubrité et l’insécurité des bidonvilles, ces habitats disparates agglutinés à la frontière des métropoles. La conséquence des migrations contemporaines et d’une urbanisation mal gérée, explique le sociologue Julien Damon.
Le chiffre n’est pas une vérité absolue, mais son ordre de grandeur donne le vertige : un milliard d’humains vivraient dans des bidonvilles, quasiment tous dans les pays en développement. Des formes dégradées et spontanées d’habitat qui s’agglutinent aux abords des villes d’Amérique du Sud, d’Afrique ou d’Asie de l’Ouest. L’urbanisation du monde en est la première cause : au début du XXe siècle, un Terrien sur dix seulement vivait en ville, cent ans plus tard, ils sont plus d’un sur deux. Nous pourrions être 6,5 milliards de citadins en 2050, soit 70 % de la population de la planète."
“La problématique des bidonvilles est intégralement une question de migrations, y compris en France”
Lire l'entretien avec Julien Damon sur Télérama.fe

L’Assemblée nationale se mobilise contre la surpopulation en prison

"La présidente de la commission des lois de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (La République en marche), est décidée à faire de la question des prisons un axe important de son mandat. Elle affirme au Monde que la « surpopulation carcérale est néfaste pour l’ensemble de la société », et dénonce « un manque de vision, comme si l’on se contentait d’écoper un bateau qui prend l’eau dans la tempête ». Au 1er décembre 2017, les prisons comptaient 69 714 détenus (+ 1 % en un an) pour 59 165 places. Le nombre de personnes dormant sur un matelas au sol atteint 1 547 (+ 6 %).
Deux mois après qu’une trentaine de députés sont allés visiter, dont certains par surprise, des établissements pénitentiaires, la commission des lois de l’Assemblée nationale met en place lundi 8 janvier quatre groupes de travail qui devront formuler des recommandations d’ici au 15 mars sur la prise en charge psychiatrique des détenus, l’activité en détention, le lien avec le tissu économique local, et les établissements à sécurité modulée.
L’objectif est d’arriver avant le projet de loi de programmation quinquennale pour la justice que le gouvernement prépare pour le printemps, afin de peser sur les choix. En particulier sur le contenu du programme de construction de 15 000 places de prison.
Lire l'article du Monde.fr


Revue de presse 6 janvier 2018


"La loi de la jungle, c'est aussi la loi de l'entraide"

Une vidéo positive, apportant un peu d'air dans les médias envahis par une succession sans fin de "paniques morales"....
"Tout le monde lutte pour sa propre survie, et c'est toujours le plus fort et le plus égoïste qui s'en sort le mieux". Cette idée reçue, inculquée dès l'école, cette loi de la jungle n'explique pas tout. Longtemps, on a présenté la compétition comme un phénomène inhérent au vivant.
Désormais, explique le biologiste Pablo Servigne, la science montre au contraire l'importance de l'entraide chez les plantes, les animaux… et les hommes.
Dans le livre qu'il a coécrit avec Gauthier Chapelle, "l'Entraide. L'autre loi de la jungle" (paru aux éditions Les Liens qui Libèrent), Pablo Servigne montre comment la biologie du XXe siècle a délibérément surévalué les comportements de compétition dans la nature, en minimisant l'importance de la coopération.
Tous égoïstes ? Non. Les découvertes de cette nouvelle sociobiologie ont des implications majeures..."



Revue de presse 30 Decembre 2017


Analyser les dérives journalistiques de 2017

Pour passer les fêtes, nous vous conseillons une lecture instructive permettant d'analyser les dérivves médiatiques de 2017 et notamment l'envahissement de l'informaion par les tweets de Trump.
En 2006, dans la revue SEMEN, Alain Rabatel et Andrée Chauvin-Vileno pointent « Les dérives énonciatives du discours journalistique » :
«Lorsque l’enjeu de captation est dominant –et il l’est souvent-, la visée informative disparait au profit d’un jeu de spectacularisation et de dramatisation. Il finit par se produire des dérives qui ne répondent plus aux exigences d’éthique qui est celle de l’information citoyenne. ».
« De l’actualité à la suractualité :
Deux procédés discursifs transforment l’actualité évènementielle en « suractualité » en produisant des effets déformants.
Le procédé de focalisation qui consiste à amener un évènement sur le devant de la scène (par les titres des journaux, l’annonce du début d’un journal télévisé ou un bulletin radiophonique). Il produit un effet de grossissement. La nouvelle sélectionnée est mise en exergue, et du même coup elle envahit le champ de l’information, donnant l’impression qu’elle est seule digne d’intérêt.
Lire le dossier de SEMEN

Le débat piégé sur l’âge du consentement à une relation sexuelle avec un adulte

"Le futur projet de loi comportera une présomption de non-consentement. Le débat parlementaire devra fixer l’âge au-dessous duquel elle s’appliquera. Y a-t-il un âge au-dessous duquel une personne mineure ayant une relation sexuelle avec une personne majeure serait par nature non consentante ? Si oui, quel est cet âge : 13 ans, 14 ans ou 15 ans ?
Le gouvernement a choisi de répondre à la première question, et déposera au printemps 2018 un projet de loi pour inscrire dans le code pénal cette présomption de non-consentement. Mais la seconde, plus délicate et lourde de conséquences, c’est au Parlement qu’il reviendra de la trancher. Le débat s’annonce inflammable tant le thème est propice aux émotions.
A l’automne, des élus, des associations et des personnalités de la société civile se sont vite emparés du sujet, alors que l’opinion se montrait profondément choquée par deux décisions de justice. A Pontoise, en septembre, le parquet avait décidé de poursuivre pour « atteinte sexuelle » et non pour « viol » un homme de 28 ans qui avait eu une relation sexuelle avec une fille de 11 ans, estimant qu’il y avait eu consentement de la victime. En novembre, la cour d’assises de Seine-et-Marne a acquitté un homme de 30 ans qui était accusé d’avoir violé en 2009 une enfant de 11 ans, jugeant que le viol n’était pas caractérisé alors que la relation sexuelle n’était pas contestée.
Lire l'article du monde.fr

L'architecture du site est © 2007-2008 Fabrice Fontaine.